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28/11/2016

Enantone / Lupron: autorisation en endométriose et fibromes basée sur une fraude massive

J'ai à nouveau un souci technique. Le texte sera publié plus tard. Mes excuses.

Mon intention était de n'aborder que la fraude, en fragmentant les informations, afin d'éviter mes habitudes de textes trop longs, trop touffus (et modifiés plusieurs fois pendant les quelques jours suivant la parution). Mais en cherchant un lien, j'ai trouvé des informations inattendues et suis en train de les approfondir.  Il y a beaucoup de choses à lire. Le texte sera donc bien plus long que prévu.

Les autres textes sur l'endométriose et ses traitements sont accessibles en descendant sur cette page. Le dernier a été posté le 24 novembre, sous le titre "Endométriose: exérèse curative vs. marchandisation à vie. Risques d'une chirurgie sous traitement hormonal." Il vaut le détour et complète l'article qui comprend une très longue introduction, exposant les principaux aspects controversés du traitement de l'endométriose, précédant la traduction d'un texte écrit par le Dr David Redwine, qu'il faut absolument lire. Le tout s'appelle: ""Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne". Dr David Redwine sur l'endométriose et sur l'exérèse complète conservant les organes". Tous les textes sur l'endométriose et ses traitements sont accessibles en descendant sur cette page.

 

Pétition "Oui à l'extension du délit d'entrave numérique à l'IVG!" Semaine de la laïcité, garante des droits des femmes

Mise à jour du 6 décembre 2016: La proposition de loi doit désormais être discutée au Sénat, donc ce n'est pas encore fini!

J'ai rajouté un extrait de la pétition, le nom des trois principaux sites internet qui désinforment, ainsi que plusieurs paragraphes à la fin de l'article, notamment sur les discriminations à l'égard des femmes dans les pays de l'Amérique latine, avec des interdictions totales de l'avortement. Dans ces pays, l'influence de l'église catholique est majeure. Mais l'église protestante ne fait pas mieux, et l'influence des évangélistes s'étend de plus en plus. Quelle que soit la religion, là-bas ou ailleurs, elle consacre la discrimination des femmes à tous les niveaux. La laïcité est vitale pour les femmes partout dans le monde.

J'espère que nous serons nombreux à signer la pétition "Oui à l'extension du délit d'entrave numérique à l'IVG!", dont le texte d'appel est sur cette page. La Commission des Affaires sociales a adopté ce texte le 26 novembre, à l'unanimité, mais en l'absence des parlementaires du parti Les Républicains. (D'ailleurs, la séance du 23 novembre a dû être suspendue, à cause de l'attitude de ces derniers qui sont allés jusqu'à proférer des insultes et ont quitté la salle).

Il faut se mobiliser, parce que la proposition de loi sera discutée le 1er décembre à l'Assemblée nationale, en plénière, avant d'être à nouveau soumise au Sénat.

La pétition souligne à quel point les extrémistes, les prétendus "pro-vie" - car sacraliser un amas de cellules de quelques jours, quitte à détruire la vie d'une femme, je n'appelle pas cela pro-vie! - mènent des campagnes de culpabilisation et de désinformation, diffament le Planning familial, livrent des arguments justifiant plus ou moins directement les violences faites aux femmes, y compris le viol conjugal.

Extrait: " (...) il y a, en sous texte [donc sous-entendu par tous les pro-life, tous ceux qui désinforment sur l'IVG], toujours ce même jugement : les femmes qui ont recours à l'IVG sont des meurtrières, égoïstes, leurs actes ne sont motivés que par leur confort. Selon eux, une femme violée et enceinte n'a aucune raison de « tuer » son enfant, sans doute parce que, si une femme tombe enceinte de son violeur, c'est qu'elle n'a pas vraiment été violée (« le corps des femmes est fait de telle façon qu'en cas de viol, il y a un système naturel bloquant la fécondation », Emile Duport, créateur des Survivants)."

Il y a trois principaux sites qui sont anti-IVG, qui désinforment et cherchent à dissuader les femmes, tout en affichant une neutralité apparente:  "afterbaiz.com", "ivg.net", "ecouteivg.org". Le délit d'entrave à l'IVG doit pouvoir s'appliquer à ce type de sites.

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24/11/2016

Endométriose: exérèse curative vs marchandisation à vie. Risques d'une chirurgie sous traitement hormonal

Je reprends ici l'un de mes anciens textes, paru le 15 juillet 2009 sur le blog de l'association AVEAG (victimes des analogues agonistes GnRH), sous le titre "Endométriose: la guérir par exérèse complète ou la chroniciser par des traitements hormonaux?" Il devait servir d'introduction à la traduction du texte du Dr David Redwine, "Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne". Cette traduction est parue d'abord sur le même blog, puis postée sur Pharmacritique en 2011, sur cette page, avec une très, très longue introduction dans laquelle j'ai voulu faire une présentation synthétique des problèmes majeurs que pose le traitement de l'endométriose, complétant les propos du Dr Redwine. C'est un texte complet, qu'il faut absolument lire. 

Le texte de 2009 repris ci-après a été retiré pendant quelque temps, pour réécrire un paragraphe et actualiser les liens, puis reposté, avec des difficultés d'affichage. J'ai modifié en 2011 les derniers paragraphes et des tournures de phrase ici ou là, mais aussi lorsque j'ai repris le texte.   

J'aborde la question de la marchandisation de l'endométriose, d'une véritable industrie de l'endométriose, montrant comment elle se fait pour qu'un maximum de spécialités médicales, de guérisseurs et d'industriels en profitent. J'aborde évidemment la question de l'inutilité des traitements de suppression hormonale et certains de leurs risques, la question essentielle de l'exérèse et des conditions dans lesquelles elle doit être faite pour maximiser les chances de guérison en une à deux interventions qui éradiquent en même temps toutes les localisations de la maladie.

Mais si je reprends ce texte ici, c'est surtout parce que j'y aborde un aspect qui me semble fondamental, laissé de côté parce qu'il est un puissant argument contre l'utilisation des analogues agonistes de la GnRH en préopératoire : les enseignements tirés de la chirurgie du cancer de la prostate. Pendant une bonne dizaine d'années après la mise sur le marché du premier agoniste GnRH, Enantone (acétate de leuproréline, appelé Lupron aux Etats-Unis et au Canada), qui s'est faite avec une AMM dans l'indication cancer de la prostate hormonodépendant, toutes les interventions chirurgicales sur la prostate ont été faites avec Enantone en pré-opératoire, l'intention principale étant de baisser le taux de testostérone, diminuer la taille des tumeurs, etc., de la même façon que baisser le taux d'oestrogènes en endométriose et diminuer temporairement  la taille des lésions... D'autres agonistes de la GnRH (Décapeptyl, Zoladex,...) ont eux aussi été utilisés, avec les mêmes résultats, puisqu'ils sont tous bonnet blanc et blanc bonnet.

De nos jours, la chirurgie du cancer de la prostate n'est plus faite sous traitement hormonal (blocage androgénique), et une telle hormonosuppression est déconseillée par les sociétés savantes, etc. Elle est contre-productive, condamnant d'avance les chances de succès d'une chirurgie avec un rapport bénéfice-risques correct, et ce quelle que soit la technique et l'instrument. Le chirurgien emportera soit trop - avec des dégâts pour les tissus et les structures nerveuses voisines - soit pas assez, laissant donc en place des cellules malades. Une intervention soit incomplète, soit trop invasive, donc. Voici pourquoi:

En atrophiant indistinctement les tissus sains et la tumeur, l'agoniste de la GnRH rend difficile, voire impossible, l'identification des plans de clivage. La dissection sera moins aisée, avec les conséquences déjà évoquées. J'explique cela dans le texte. Le même effet néfaste est constaté dans la chirurgie des myomes utérins, s'il y a un traitement hormonosuppresseur en préopératoire: le plan de clivage entre le fibrome et la pseudocapsule est "masqué" (Tinelli et al. 2015).

Il y a d'autres exemples des conséquences de l'atrophie tissulaire induite par des agonistes GnRH en préopératoire. Puisqu'on parle des fibromes et que les agonistes GnRH ont une AMM dans cette indication (s'ils permettent de diminuer la taille des fibromes et ainsi de recourir à une technique chirurgicale moins invasive), je mentionne quelques-uns des problèmes les plus souvent rencontrés : l'atrophie du col de l'utérus (entre autres), rendant son ouverture difficile, avec des blessures causées par les instruments qui forcent le passage, ou encore la dégénérescence des fibromes, avec nécrose et saignements. D'ailleurs, cette atrophie du col de l'utérus pose problème dans toutes les interventions chirurgicales nécessitant de mobiliser l'utérus, y compris l'endométriose. L'atrophie est aussi un frein à la fertilité, logiquement.

La comparaison des pratiques chirurgicales dans le cancer de la prostate avec celles de traitement chirurgical de l'endométriose est directement possible, en particulier avec l'intervention sur l'ovaire, appelée kystectomie si elle est faite par exérèse des endométriomes.

Alors que nous avons des dizaines de milliers de cas d'hommes qui ont subi les conséquences d'un traitement médical préopératoire, consistant soit en une intervention chirurgicale incomplète - donc des parties de la tumeur sont restées et ont continué -, soit en une chirurgie trop invasive, dont la premier effet néfaste est sur les nerfs impliqués dans l'érection et la miction.  Les urologues ont fait marche arrière, mais il a fallu du temps... Pourquoi ne pas apprendre des erreurs passées et éviter de refaire le même scénario en endométriose ? Cela doit faire une vingtaine d'années qu'on utilise les analogues agonistes GnRH en préopératoire en endométriose, malgré toutes les mauvaises expériences, ce qui démontre la puissance de l'industrie pharmaceutique et son impact.

En ne finançant que des essais cliniques qui incluent leurs médicaments, les firmes ont biaisé l'evidence based-medicine (médecine fondée sur le niveau de preuve) et fait en sorte qu'il n'y ait que très peu de données concernant l'exérèse bien faite et sans aucun traitement médical préopératoire. 

PS rajouté le 27 novembre: parler de "marchandisation à vie" peut paraître exagéré. Mais c'est bien ce qui est proposé - et diffusé par une communication extrêmement poussée et avec le soutien d'associations de patientes pensant bien faire - par l'équipe du CHU de Rouen, autour du Pr Horace Roman. Dès que le diagnostic d'endométriose est posé, il faudrait une "stratégie thérapeutique à vie", multidisciplinaire. Des médicaments de toute sorte au moins jusqu'à la ménopause, plus quelques chirurgies délibérément incomplètes, avec des pauses seulement pour les grossesses (par PMA, donc avec d'autres médicaments). Et évidemment, il faudra d'autres médicaments pour traiter les effets indésirables inéluctables d'une hypoestrogénie pendant des décennies. Ne serait-ce que l'ostéoporose. La destruction osseuse commence dès le 14ème jours sous analogue agoniste de la GnRH, à raison de 1% par mois (selon les industriels...) A partir de 10% de perte osseuse, les risques de fracture sont multipliés par 2 ou par 3 (idem). Mais il y a des biphosphonates, pourrait-on dire, donc une autre classe de médicaments problématiques, pour les effets indésirables desquels il faudra d'autres médicaments... Rien que cet aspect, sur cet effet indésirable-là, montre comment on arrive à une marchandisation à vie, pour les profits de tout le complexe médico-pharmaceutique, plus les guérisseurs, etc. Le profit de tous, sauf des patientes. Je reviendrai en détail sur tout cela, noms et exemples à l'appui.

Voici le texte de 2009:

Guérir l'endométriose soignée à perte ou la chroniciser pour le profit de tous?

Soigner correctement l’endométriose, dans une optique maximisant les chances de guérison, ne rapporte rien, car l’exérèse complète se fait à perte. Chroniciser l’endométriose, grâce à des techniques chirurgicales dont on sait l’inefficacité, puisque ce sont des nouvelles versions d’anciennes techniques, c’est un marché assuré pendant 20 à 30 ans…

L’endométriose ne rapporte rien lorsqu’elle est bien traitée, c'est-à-dire traitée en cherchant à la guérir. Comme le traitement curatif est uniquement chirurgical, toutes les autres spécialités médicales n’ont rien à y faire. Imaginez la perte pour les gynécologues médicaux qui voient ces patientes deux-trois fois par an pendant deux dizaines d’années. Même chose pour les endocrinologues, les généralistes, les urologues, les gastro-entérologues, les radiologues (qui renouvellent les examens radiologiques lorsque la maladie est chronicisée), les sexologues, les psychiatres (pour certaines conséquences psychiques de la torture physique et morale vécue au quotidien), les guérisseurs de toutes sortes, et ainsi de suite.

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18/10/2016

"Maladies à vendre": documentaire et conférence-débat sur le façonnage de maladies

La 12ème édition du festival Sciences en Bobines - organisé chaque année par Sciences Citoyennes en Bobines 12 logo 2016.pngpartenariat avec diverses associations - bat son plein dans 26 villes. Le programme complet, ville par ville, avec le nom des intervenants et des documentaires - est disponible sur le site du festival.

A l'invitation de Madame Josette Pouget, de l'association Peuple et Culture, j'aurai le plaisir d'intervenir le mercredi 19 octobre à Tulle, pour une conférence-débat avec le public, après la diffusion du documentaire "Maladies à vendre", réalisé par Anne Georget et Mikkel Borch-Jacobsen. Le sujet est évidemment le disease mongering - traduit par "façonnage de maladies", "invention de maladies", etc. -, que j'ai commencé à faire connaître en France dans des textes en libre accès à partir de 2008, en décortiquant les stratégies du marketing pharmaceutique, de désinformation et d'influence sur l'ensemble du système de formation, d'information et de recherche médicales.

La présentation et la bande annonce du documentaire "Maladies à vendre" sont sur cette page. La projection aura lieu le mercredi 19 octobre à à 20h30 à la Salle des Fêtes Latreille de Tulle (située au 10 Impasse Latreille, voir le plan d'accès sur cette page). La session sera précédée de la diffusion de deux courts-métrages: "200 000 fantômes" de Jean-Gabriel Périot (2007-10’) et "Copier cloner" de Louis Rigaud (2009-4’).

Mes remerciements à Madame Pouget.

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Si j'avais à résumer le façonnage de maladies, je dirais avant tout qu'il est l'un des moyens majeurs par lesquels s'opère la médicalisation de l'existence - autre sujet largement abordé sur Pharmacritique - qui traduit l'extension de la juridiction de la médecine à des domaines de plus en plus étendus dans nos sociétés occidentales industrialisées qui dessaisissent les citoyens de toutes leurs compétences au profit de "spécialistes", de techniciens, bref, d'"experts" porteurs d'intérêts particularistes et corporatistes.

C'est typique de l'individualisme néolibéral de prétendre - dans les formulations idéologiques - mettre l'individu au centre de tout, alors même que tout est fait pour qu'il soit un objet subissant passivement, autrement dit un sujet obéissant aux stratégies de profit des industries de la santé comme de toutes les autres. Le façonnage de maladies permet de mettre en place des stratégies d'uniformisation, de normalisation, de mise au pas des individus encore plus efficaces, parce qu'elles semblent s'effectuer dans l'intérêt de leur santé, par exemple pour anticiper les maladies dont ils pourraient souffrir. Sans parler de la promesse de rendement personnel accru, de "booster" les performances, promesse derrière laquelle se cachent des desseins tels que ceux du transhumanisme, voulant utiliser les technosciences pour fabriquer un "homme augmenté". Un dessein qui s'impose pas à pas dans les têtes, acquis par acquis, petit dispositif par petit dispositif (révolutionnaire, bien entendu!)

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NB: Qu'il s'agisse d'expliquer les grandes lignes du phénomène dans son ensemble, situé dans le contexte des autres tares du monde médico-pharmaceutique et du pseudo-système de santé français, ou alors de d'insister plus sur certains exemples (cholestérol, ostéoporose, DSM et troubles mentaux, etc.) permettant de faire comprendre de quoi il s'agit et en quoi le façonnage de maladie concerne chaque citoyen au quotidien, j'ai abordé tout cela principalement dans des articles sur Pharmacritique, qui sont accessibles en cliquant sur la catégorie disease mongering, mais aussi dans des interviews et des participations à des documentaires, ainsi que lors de débats et colloques dont il faudrait archiver les présentations powerpoint et les enregistrements. Mais sachant que je suis un contre-talent en matière de communication et que je n'ai même pas le temps de tenir le blog, ces temps-ci...  Quoi qu'il en soit, les articles parus sur Pharmacritique abordant diverses facettes de l'invention des maladies et de leur redéfinition restent d'actualité. Malheureusement...

15/04/2016

Formes d'expertise et d'action citoyennes: conférence-débat au Festival EcoLOT toi-même

Le samedi 16 avril 2016 aura lieu à Limogne-en-Quercy la dixième édition du festival EcoLOT toi-même, EcoLOT toi même affiche.jpgorganisée par l'association Coqueli'Causse. Le programme et les informations utiles sont sur cette page.

Pardon pour cette note tardive et faite à la va-vite. J'aurai le plaisir d'intervenir - donner une conférence, mais je n'aime pas le terme et veillerai à ce que cela se déroule de façon plus spontanée - à 14 h 30 sur les formes d'expertise et d'action citoyennes telles que les théorise Sciences Citoyennes (et telles que j'ai essayé d'en pratiquer quelques-unes sur divers supports, de façon plus ou moins publique).

Je partirai de l'actualité et de mon expérience, pour parler des lanceurs d'alerte, pour dire à quel point les révélations médiatiques des actes de quelques personnes largement médiatisées - car n'est lanceur d'alerte que celui qui est ainsi adoubé par certains media - eh bien révèlent les failles de l'Etat, des organismes de contrôle, de notre législation, etc. Sciences Citoyennes travaille beaucoup sur la question des lanceurs d'alerte - leur définition, leur protection, ... - pour qu'il y ait une législation claire là-dessus. Notre site contient une note de synthèse qui peut être lue avant de parcourir les dizaines d'articles sur la question.

Je parlerai évidemment des pseudo-débats publics actuels, pour critiquer la démonétisation de termes tels que expertise citoyenne, démocratie participative, participation des citoyens à la décision publique, conférence citoyenne, etc. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, contribue à la destruction de tout ce que le champ sémantique autour de la citoyenneté, du politique et de la cité veut dire. Il suffit de penser aux fameuses "grandes concertations citoyennes" sur le dépistage organisé du cancer du sein et sur la vaccination qui agitent actuellement quelques media et quelques politiques qui ont fait quelques propositions suite à la démission de Thomas Dieterich, ancien directeur de la Conférence nationale de santé.

Je reviendrai sur ces sujets - abordés depuis des années sur Pharmacritique -, et notamment sur la façon dont ils sont expédiés par une ministre de la Santé et par les instances gouvernementales qui disent vouloir consulter les citoyens et les faire participer à la décision... Pour les amener à accepter les objectifs fixés d'avance, donc ne plus rechigner à accepter le dépistage organisé du cancer du sein par mammographie (voir quelques articles critiques en descendant sur cette page, en particulier le texte du Dr Bernard Duperray et le mien sur la construction sociale autour de certaines représentations) et accepter tous les vaccins que l'industrie pharmaceutique propose et qu'elle impose en organisant une pénurie de certains vaccins en faveur de ceux multivalents.

Ces pseudo-débats publics, ces pseudo-concertations consistant à mettre en place un site sur lequel qui voudra pourra s'exprimer comme sur les réseaux sociaux, de même que des "conférences" séparées pour les citoyens, les experts et les professionnels de base (!), - tout cela servira évidemment d'alibi permettant d'éliminer une véritable consultation et décision citoyenne - par des convention de citoyens. Avec pour objectif final d'éliminer les critiques en disant qu'il y a eu consultation et décision citoyenne, donc le peuple souverain a parlé et sa décision n'est pas à remettre en cause à l'infini...

On voit fleurir partout des formes tronquées de "conférence citoyenne", de jury citoyen, conseil citoyen, etc. Cela n'a rien à voir avec ce que Sciences Citoyennes entend par "convention de citoyens", dont l'acception et la méthodologie sont expliqués dans le dossier sur notre site.

27/03/2016

Manifeste pour une recherche scientifique responsable

La Fondation Sciences Citoyennes s’engage et publie un Manifeste, appelé à interpeller et à encourager le sciences citoyennes,démocratisation de la science,recherche scientifique responsble,responsabilité des scientifiques,manifeste pour une recherche responsable,lobbying recherche scientifique,indépendance de la recherche,indépendance de la science,financement industriel de la science,rapport science société,technosciences néolibéralisme,recherche fondamentale,Etat responsabilité science,responsabilité sociale et environnementale,science transition écologique,science finalités éthiques,science biens communs,science scientisme technosciences,science capitalisme profit,neutralité de la science,liberté du chercheurdébat concernant les finalités de la recherche, les moyens de les mettre en oeuvre et les responsabilités individuelles et collectives.

 

MANIFESTE POUR UNE RECHERCHE SCIENTIFIQUE RESPONSABLE

Constatant en préambule que :

>> L’ampleur et l’irréversibilité des interdépendances créées entre les êtres humains, entre les sociétés et entre l’humanité et la biosphère constituent une situation radicalement nouvelle dans l’histoire de l’humanité, qui exige une réponse globale et urgente.

>> Face aux risques sanitaires et écologiques, nos sociétés sont devenues des sociétés à irresponsabilité illimitée :

> Irresponsabilité des États, enfermés dans une vision dépassée de leur souveraineté et plus préoccupés par des compétitions économiques, policières et militaires que par le bien commun des populations ;

> Irresponsabilité des entreprises, dont les préoccupations vont quasi-exclusivement vers les profits, en s’exonérant de toute responsabilité dès lors que la connaissance des risques est insuffisante ou occultée, et en s’affranchissant de tout contrôle par les citoyens ou les États ;

> Irresponsabilité des décideurs institutionnels et politiques, et de tous ceux qui prennent des décisions non éthiques ou allant à l’encontre de la santé des populations et de la protection de l’environnement, niant les nombreuses incertitudes en se réfugiant derrière l’avis d’experts savamment choisis – mais rarement indépendants – tout en faisant fi de la richesse et de la diversité des savoirs ;

> Irresponsabilité des chercheurs, qui estiment que leur responsabilité n’est engagée ni comme scientifiques, ni comme experts.

 

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Découvrez Sciences Citoyennes à l’occasion de son Assemblée générale le 2 avril 2016

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Cher-e-s adhérent-e-s et sympathisant-e-s,

La quatorzième assemblée générale (AG) de l’association Pour une Fondation Sciences Citoyennes se tiendra samedi 02 avril de 09h15 à 16h30 dans les locaux de la Fondation pour le Progrès de l’Homme, 38 rue Saint Sabin 75011 Paris, M° Chemin Vert (ligne 8) ou Bréguet Sabin (ligne 5)

L’AG est un moment important dans la vie de notre association pour échanger, faire le point et dessiner nos projets pour l’année à venir. Aussi, nous espérons vraiment pouvoir compter sur votre présence d'autant plus que cette année est un peu particulière. Nous sommes contraints, pour des raisons administratives, mais aussi par une volonté du conseil d'administration (CA), de faire évoluer le nom de l'association. Il sera fait des propositions en ce sens. Une discussion et un vote sur ce sujet interviendront l'après-midi du jour de l'AG.

L’AG est ouverte aux adhérents actuels et à tous ceux qui veulent en savoir plus sur nos activités. Aussi n’hésitez pas à convier les personnes de votre entourage qui pourraient être intéressées.

 

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09/10/2015

"Non à la contention!" "La sangle qui attache tue le lien humain qui soigne" Appel du Collectif des 39

L'Appel « Non à la contention! » (à signer sur cette page), adressé aux députés et aux collectif des 39.jpgsénateurs et dont le sous-titre est « La sangle qui attache tue le lien humain qui soigne », est la dernière action en date du Collectif des 39.

En continuité avec toutes ses actions pour une vraie « hospitalité pour la folie », contre la « nuit sécuritaire », contre toute forme d’abus de pouvoir en psychiatrie - débouchant sur des pratiques dégradantes et non respectueuses de la dignité des êtres humaines -, le Collectif des 39 alerte « sur l’augmentation et la banalisation des pratiques d’enfermement, de contrôle et d’entraves des corps en psychiatrie. Opacité et silence recouvrent encore ces différentes formes de contention qui sont la pointe émergée d’une évolution liberticide et sécuritaire contre laquelle » il se mobilise et veut mobiliser les citoyens. Pour que soient élaborées et mises en place des « stratégies thérapeutiques plus complexes que la seule médication et «la mise au pas» par l’emprise », qu’il s’agisse de la contention physique et médicamenteuse, des chambres d’isolement  et de tout autre moyen qui isole aussi socialement la personne et l’exclut, la condamnant à la mort sociale. (Ce sont des sujets que j’ai abordés dans les dizaines de notes sur la médecine comme agent de contrôle social, sur les dérives de la psychiatrie (en particulier du fait des conflits d’intérêts et de son instrumentalisation), sur les psychotropes, les méthodes de normalisation, d’uniformisation, d’extirpation de la différence, sur le disease mongering, la surmédicalisation, le DSM, etc.. Toutes les notes sont accessibles à partir de la liste alphabétique de sujets dans la colonne de gauche du blog).  

Avant de donner des détails et le texte de l’Appel aux parlementaires, je rappelle que le Collectif des 39 – dont la présentation et les actions sont exposées en détail sur son site - est un rassemblement de psychiatres et autres soignants dans le domaine de la psychiatrie. Je leur ai tiré mon chapeau maintes fois et le fais à nouveau, parce que leurs actions devraient servir d’exemple à tous les soignants, tant elles préfigurent ce que devrait être une relation soignant-soigné dans laquelle le soignant est mandataire des intérêts de ses patients – surtout des plus faibles, qui sont les moins à même de les exprimer et de les défendre par eux-mêmes – et ne conçoit pas d’être un exécutant de pratiques qui contreviennent à ces intérêts, pratiques qui, de plus en plus, n’ont de « médical » que le nom…

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06/10/2015

"Les Médicamenteurs": vérités et mensonges 6 ans après. Projection et débat à Grenoble

Le documentaire « Les Médicamenteurs », réalisé par Stéphane Horel et commenté dans cette note sur Pharmacritique, a été diffusé pour la première fois en juin 2009. Beaucoup d’annonces ont été faites depuis, surtout en marge de scandales, dont le plus médiatisé a été celui autour du Médiator. Une loi a été adoptée en décembre 2011, des comités et commissions de déontologie et de transparence ont été mis en place, tout comme des initiatives de déclaration des liens d’intérêt, notamment pour les experts auprès des autorités sanitaires.

Alors qu’en est-il six ans après ? Notre système de formation, d’information et de recherche médicales, dont j’ai toujours dit qu’il était fondamentalement et structurellement pharma-amical, a-t-il vraiment changé ? Le journalisme d’investigation mérite-t-il enfin son nom ou ne fait-il que reprendre des sujets qui circulent depuis des années, enfonçant les portes ouvertes par des lanceurs d’alerte qui ne sont pas mentionnés - même pas en petites lettres sur le générique de fin –, alors qu’ils se sont pris plein la figure quand ils ont fait le travail... Cash Investigation – mais aussi Pièces à conviction du temps où Elise Lucet était rédactrice en chef – et Pharmacritique, c’est toute une histoire, avec des sources qui, une fois exploitées, restent invisibles sur les génériques, dans les remerciements, etc., comme ça, le public pense vraiment que c'est l'équipe de journalistes qui a fait de l'investigation poussée (pas celle qui s'arrête aux premiers résultats dans une recherche sur google, prend tout ce qui est dit sur un blog, demande de longues explications à l'auteur, puis oublie de le mentionner...) J'ai beaucoup d'exemples, aussi avec d'autres journalistes, avec des auteurs de livres (médecins compris), de sites, de blogs, etc., et en parlerai le moment venu.

Les pratiques médicales ont-elles changé depuis « Les Médicamenteurs », de façon à prendre en compte les effets indésirables, de les signaler, d’en informer les patients ? La médicalisation – surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements, … - a-t-elle diminué ? Quid des méthodes des "médicamenteurs" qui ne jurent que par les remèdes naturels, dont on n’aurait même pas le droit de demander des preuves d’efficacité, sous peine de passer pour un suppôt de l’industrie pharmaceutique qui s’attaquerait aux faibles défenseurs désargentés de la nature ? Quid du sensationnalisme des journalistes se livrant à des surenchères, cherchant un scandale à dénoncer ?  Quid de la démonétisation de l’alerte, parce que tout et n’importe quoi peut être mis en cause, sur des réseaux sociaux où celui qui gueule le plus fort l’importe, n’en déplaise à ceux qui rêvent d’une « intelligence collective » qui surgirait du web 2.0.

J'ai toujours dit que la transparence sur les conflits d'intérêts n'est qu'une étape dans la lutte visant à éliminer lesdits conflits d'intérêts, et que s'arrêter là-dessus serait illusoire, voire contre-productif. Qu'il s'agissait d'un système de désinformation organisée, dominé par le marketing qui cache l'absence de progrès thérapeutique et l'absence d'innovation, marketing dont il fallait décortiquer les méthodes - méthodes d'influence, de persuasion, tirées des méthodes classiques de lobbying et de communication utilisées partout. Et j'ai donné moult exemples, y compris dans la construction sociale du dépistage organisé du cancer du sein, que je mentionne au vu de la nouvelle campagne de communication qui commence avec "octobre rose" et la "concertation citoyenne et scientifique" annoncée comme une forme de cette "démocratie sanitaire" qu'on nous annonce comme une berceuse pour mieux nous endormir sur le fait que rien n'est fait pour que le système change, structurellement, de façon à profiter à l'intérêt général, à l'intérêt de la santé individuelle et publique, et non pas aux affaires des industriels et de professionnels de santé. Dans la concertation citoyenne sur le dépistage du cancer du sein, autorités sanitaires et autres intéressés dans le maintien du système emploieront à fond ces mêmes méthodes d'influence pour aboutir au résultat voulu - un meilleur taux de participation au dépistage qui ne dépend en rien de la décision citoyenne.

Ai-je eu tort ou raison?  La liste de questions est longue…

La projection des « Médicamenteurs » permet de faire une comparaison sur les points évoqués dans le documentaire, et aussi d’aborder des points qui ne l’ont pas été, compte tenu des limites inhérentes. Ainsi tout ce qui relève de la santé environnementale, des causes et co-facteurs environnementaux, mais aussi de la surprescription – autre facette de la surmédicalisation -, et de l’expertise citoyenne, de l’indépendance des usagers, qui ne doivent pas juste changer de « maîtres », passant de la dépendance à l’égard des médecins ayant des conflits d’intérêts au suivisme et à un rôle de perroquet des médecins indépendants… Etc.

La projection aura lieu le 7 octobre; elle commencera à 20:00, suivie du débat à 21:10. Débat auquel je participerai aux côtés de Philippe Perrin, éco-infirmier, fondateur de Santé Environnement Rhône-Alpes (SERA).

L’annonce détaillée du programme de Sciences en Bobines à Grenoble est sur cette page. L’adresse : Maison des Associations, 6 rue Berthe de Boissieux, Grenoble. (J’apprends au dernier moment que le débat aura lieu 150 mètres plus loin, au Pavillon de Bonne, situé au 50 Bd Gambetta).

02/10/2015

Rencontres Emile Durkheim à l’Université de Bordeaux: Quand le citoyen interroge la science

Le 2 octobre 2015, j’aurai le plaisir de participer aux premières rencontres bisanuelles organisées par la Ligue des Droits de l’Homme de Bordeaux, en partenariat avec d’autres associations et avec le soutien de la Région Aquitaine. Ce premier évènement de la série s’appelle « Rencontres Emile Durkheim », avec le titre thématique « Quand le citoyen interroge la science ». Les rencontres auront lieu à l’Université de Bordeaux 2 Victoire, Amphithéâtre Broca, 3 ter Place de la Victoire, tram B arrêt Victoire) et se dérouleront en deux parties. La première, qui est réservée aux étudiants et chercheurs, commence à 14 h 00 et comprend le séminaire de Dominique Pestre et l’échange qui suivra; la deuxième partie, qui commence à 18 h 00, est ouverte au public (voir programme et liste des intervenants plus bas). Je participerai à l’échange autour du séminaire de Dominique Pestre et interviendrai, au nom de Sciences Citoyennes, lors de la table ronde prévue à 18 h 30.

Les associations partenaires – Sciences Citoyennes, Controverse, Arbre de Connaissance et d’autres - y auront un stand ; celui de la Fondation Sciences Citoyennes sera tenu par la déléguée générale, Aude Lapprand.

Voici l’annonce par Jean-Claude Guicheney, président de la Ligue des Droits de l’Homme de Bordeaux, suivie du programme, que vous pouvez lire en intégralité dans ce fichier PDF (qui contient aussi toutes les informations pratiques, mais a été modifié quant aux intervenants).

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28/09/2015

Colloque "Une loi globale pour la protection des lanceurs d’alerte en France", le 29 septembre à l’Assemblée Nationale

La Fondation Sciences Citoyennes et Transparency International France organisent en 2015 sciences citoyennes lanceur d'alerte,lanceur d'alerte colloque,lanceur d'alerte protection,lanceur d'alerte protection loi,maison des lanceurs d'alerte,whistleblowing international network,alerte santé,michèle rivasi,christian vigouroux,whistleblower protection,assemblée nationale colloque lanceurs d'alerte,transparency international lanceurs d'alerte,lanceur d'alerte recommandations européennesun cycle de colloques pour l’amendement de notre législation de l’alerte éthique (signalement dans l’intérêt général). Nous travaillons également à un texte de loi, qui pallierait la stratification du dispositif français (6 lois sectorielles). Une proposition de loi devrait être présentée lors de la prochaine session parlementaire.

Nos deux premiers colloques ont traité de la sécurisation des canaux et procédures, et de la création d’un fonds de dotation pour les victimes / d’une Maison des Lanceurs d’Alerte.

Notre troisième colloque se tiendra à l'Assemblée nationale (Salle Colbert, 126 rue de l’université, 75007 Paris) le 29 septembre de 14h à 18h, sur le thème :

« Une loi globale pour la protection des lanceurs d’alerte en France ».

Dans la première session nous aborderons, avec ses auteurs, le cadre pionnier et solidaire que construit l’Europe et notamment la Recommandation du Comité des Ministres aux états membres du Conseil de l’Europe (2014), ou les enseignements tirés des meilleures lois et expériences nationales. Dans la seconde session, nous débattrons, avec des parlementaires français, des contenus d’une loi française, au regard de ce cadre et de notre projet de société.

Ce colloque sera organisé avec le soutien de la Fondation Charles Léopold Mayer et sous le parrainage du Député Yann Galut, avec la participation notamment de:

Rosita Agnew (Bureau du Médiateur Européen), Eric Alauzet (Député), Eric Bocquet (Sénateur), Francesco Crisafulli (Président du Comité européen de coopération juridique, Conseil de l’Europe), Charles de Courson (Député), Laure de la Raudière (Députée), Yann Galut (Député), Nicole Marie Meyer (Transparency International France), Anna Myers (Directrice du Whistleblowing International Network), Michèle Rivasi (Députée), Christian Vigouroux (Président de la secteur de l’intérieur, Conseil d’État)

et sous réserve Anabela Gago (Directrice de la lutte contre le crime organisé, Commission européenne) et Christiane Taubira, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.

Sachant que le nombre de places de la salle est limité mais que le sujet suscite un vif intérêt, nous vous prions de bien vouloir nous confirmer votre présence à l'aide du formulaire d'inscription sur notre site

http://sciencescitoyennes.org/colloque-lanceurs-dalerte-2...

Vous pouvez télécharger les communications du premier colloque de ce cycle « Lanceurs d’alerte – La sécurisation des canaux et des procédures » qui s’est tenu à l’Assemblée nationale le 4 février 2015 : http://sciencescitoyennes.org/colloque-sur-les-lanceurs-d...

(ou ici sous forme PDF: le compte-rendu synthétique des communications)

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Pour Transparency International France et la Fondation Sciences Citoyennes,

Nicole Marie Meyer et Glen Millot

23/09/2015

Sciences citoyennes: 11ème édition du festival de films et débats "Sciences en Bobines"

Cette année, pour la onzième édition coordonnée par Glen Millot pour Sciences Citoyennes, le sciences en bobines 11e édition,fondation sciences citoyennes,lobbying pharmaceutique,les médicamenteurs,elena pasca,décroissance développement,agrécologie,transhumanisme médecine,biologie synthétique,biens communs,lanceurs d'alerte,conflits d'intérêts pharmaceutiquefestival Sciences en Bobines continue d’essaimer, puisque 27 projections suivies de débats auront lieu dans 17 villes, à partir du 1er octobre et jusqu’au 18 octobre inclus. Le programme détaillé est accessible en cliquant sur chaque ville. 

Les sujets sont variés, mais toujours en lien avec les axes de travail de Sciences Citoyennes : critique du lobbying et des stratégies d’influence des politiques publiques et de l’information santé par l’industrie pharmaceutique, lanceurs d’alerte et chercheurs engagés exposés à des représailles, modes de développement possibles en dehors des sentiers battus de la croissance (développements alternatifs, possibilités de transition écologique, y compris en matière d’alimentation et de réflexion sur les biens communs), questions controversés âprement défendues par les industriels respectifs telles que les nanotechnologies, les ondes électromagnétiques (et l’électrosensibilité), etc. Sans oublier les dossiers très à la mode de la biologie synthétique et du transhumanisme, qui s’imposent insidieusement, peu à peu, dans notre vie quotidienne, par le biais des campagnes de communication qui cherchent à survaloriser leurs potentiels apports à une médecine personnalisée.  

En tant que lanceur d’alerte ayant travaillé sur le lobbying, les conflits d’intérêts, les stratégies de communication et d’influence de l’industrie pharmaceutique et ses méthodes pour imposer une désinformation organisée dans le système de formation, de recherche et d’information médicales, j’aurai le plaisir de participer à la projection-débat prévue le 7 octobre à 20h15 à la Maison des Associations de Grenoble. Le débat partira du documentaire réalisé par Stéphane Horel, Les Médicamenteurs, avec Philippe Perrin, éco-infirmer et fondateur de SERA (Santé Environnement Rhône-Alpes).

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Voici l’annonce du Festival Sciences en Bobines, suivie de l'affiche en version lisible ; sur le site du festival, vous pourrez trouver les programmes complets, ville par ville, ainsi que toutes les informations complémentaires (infos pratiques, plans d’accès, horaires, etc.).

« Les savoirs scientifiques et techniques ne sont pas neutres. Ils sont construits par les hommes et sont soumis, comme toute création humaine, à des enjeux politiques, économiques et sociaux. Ainsi, ceux qui affirment que les sciences sont « naturellement » porteuses de bonheur et de progrès ne visent qu’à museler la critique et à conforter leur propre pouvoir. Les crises et les scandales sanitaires, écologiques, économiques et humanitaires qui se multiplient révèlent le visage d’une science soumise aux intérêts des lobbys industriels et financiers.

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21/04/2015

Lobbying et conflits d'intérêts: formation organisée par Sciences Citoyennes

Le mardi 21 avril 2015, j'aurai le plaisir de co-animer une session du cycle de formations organisé par conflits d'intérêts formation,cycle formations sciences citoyennes,martin pigeon,efsa lobbying,corporate europe observatory lobbying,elena pasca,conflits d'intérêt typologie,plaidoyer citoyen vs lobbying,transparence conclits d'intérêt,biais conflits d'intérêt,fraude conflits d'intérêt,corruption conflits d'intérêt,conflits d'intérêt santé médecine,méthodes de manipulation,méthodes d'influence,fabrique de l'opinion,manipulation opinion mediaSciences Citoyennes (dont la description et le programme complet sont sur cette page).

[Mes excuses aux lecteurs pour les silences, les absences, l'absence d'articles et de réponses aux commentaires; j'en donnerai bientôt les raisons dans une note à part. Désolée d'annoncer tardivement - ou de ne pas annoncer du tout... - de telles activités pour Sciences citoyennes ou des interventions dans d'autres contextes. Je n'ai jamais été performante en matière de communication. Je n'ai que très peu de temps, alors autant le fructifier dans l'agir et les interventions en tant que telles, et laisser la communication de côté. Il y a une sorte d'auto-publicité qui m'a toujours gênée, comme l'idée de faire une revue de presse, suggérée par des lecteurs. J'invite les lecteurs à s'inscrire à la lettre d'actualités de Sciences Citoyennes et à regarder régulièrement son site. Et puis, les lecteurs s'informent habituellement sur les sites des associations qui organisent les débats, colloques, etc. auxquels je participe. Ces deux dernières années, j'ai travaillé sur d'autres sujets et accumulé des matériaux qui seront utilisés dans des articles à venir.]

Voici la présentation de la formation sur le lobbying et les conflits d'intérêts, que j'aurai le plaisir de co-animer conflits d'intérêts formation,cycle formations sciences citoyennes,martin pigeon,efsa lobbying,corporate europe observatory lobbying,elena pasca,conflits d'intérêt typologie,plaidoyer citoyen vs lobbying,transparence conclits d'intérêt,biais conflits d'intérêt,fraude conflits d'intérêt,corruption conflits d'intérêt,conflits d'intérêt santé médecine,méthodes de manipulation,méthodes d'influence,fabrique de l'opinion,manipulation opinion mediaavec Martin Pigeon du Corporate Europe Observatory (CEO), dont j'apprécie le travail. Le CEO est l'un des membres fondateurs du réseau européen ALTER-EU (Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation), dont Sciences Citoyennes fait aussi partie, tout en gardant des différences spécifiques importantes, y compris sur des notions fondamentales telles que le lobbying. Sciences Citoyennes ne se définira jamais comme un lobbyiste et ne s'inscrira jamais dans le registre des lobbyistes, contrairement à bon nombre d'ONG et associations qui jouent un jeu dont les règles sont définies par les lobbyistes, qui mènent ainsi la danse... A Sciences Citoyennes, nous faisons du plaidoyer citoyen, qui se distingue en tous points du lobbying, que ce soit par les objectifs, les méthodes, les moyens, l'absence de concessions, la poursuite de l'intérêt général et non pas d'intérêts particularistes, l'absence de conflits d'intérêts, etc.

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10/02/2015

"Décider aujourd'hui pour demain". Journée de débats d’Alterre Bourgogne

« Décider aujourd'hui pour demain ». De la difficulté et du risque de prendre des décisions alterre bourgogne conférence,décider aujourd'hui pour demain,prise de décision politique,décision incertitude,décision expertise scientifique,expertise citoyenne,convention de citoyens,sciences citoyennes,elena pasca,développement soutenable,néolibéralisme décision politique,citoyenneté capacitaire décision,néolibaralisme utilitarisme,corruption conflits d'intérêts,démocratie participative convention de citoyens,consultation décision politique,néolibéralisme écologie,néolibéralisme expertise scientifique,néolibéralisme sound science,néolibéralisme junk sciencequi engagent sur le long terme

Conférence annuelle d’Alterre Bourgogne

 

Le 10 février, j’aurai le plaisir de participer, au nom de Sciences Citoyennes, à une journée de débats organisée par Alterre Bourgogne, l’agence régionale pour l’environnement et le développement soutenable. Les débats auront lieu à Dijon, au cinéma Olympia (16 Avenue Maréchal Foch). Le programme final figure sur cette page, suivi par les informations pratiques, la présentation des intervenants, des éléments bibliographiques, etc. Le dépliant en format PDF est sur cette page.

PROGRAMME DETAILLE

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04/01/2015

Appel pour une opération Mains Propres sur la santé, présenté lors d'une conférence de presse le lundi 5 janvier 2015 à 11h

Le lundi 5 janvier 2015 à 11 heures aura lieu à la Représentation du Parlement européen à appel opération mains propres sur la santé,michèle rivasi,conflits d'intérêts médecine,prix des médicaments régulation,transparence lobbying conflits d'intérêts,elena pasca,conflits d'intérêts autorités sanitaires,experts conflits d'intérêts,industrie pharmaceutique conflits d'intérêts,prix recherche et développement médicament,réforme visite médicale,surmédicalisation actes inutiles,surconsommation de médicaments,optimisation prescription médicaleParis (288, Bd Saint-Germain) une conférence de presse lors de laquelle sera présenté l’ « Appel pour une opération Mains Propres sur la santé », à l’instar de ce qui s’est fait en Italie à l’orée des années 90.

Une centaine de personnes font partie des premiers signataires de l’Appel : parlementaires de divers horizons, professeurs de médecine, chercheurs, représentants associatifs luttant contre la corruption et pour un égal accès aux soins…
Nous présenterons à cette occasion : l’étude comparative réalisée sur le prix du médicament en France et en Italie ; les situations de conflits d’intérêts patentes des anciens ministres, conseillers ministériels, hauts fonctionnaires, associations du secteur de la santé… et nos propositions de réforme de la politique du médicament en France et en Europe.

En présence de:

  • Michèle RIVASI (députée européenne EELV),
  • Serge RADER (pharmacien, lanceur d’alerte),
  • Philippe EVEN (ancien doyen de la faculté de médecine de Paris et président de l’Institut Necker),
  • Jean-Sébastien BORDE (médecin néphrologue, président du Formindep)
  • Roger LENGLET (philosophe, journaliste, Anticor)
  • Dominique BOURG (philosophe)
  • Elena PASCA (philosophe, Sciences Citoyennes, Pharmacritique)
  • Aline ARCHIMBAUD (sénatrice EELV, vice-présidente de la Commission des Affaires sociales)

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APPEL  POUR  UNE  OPERATION  MAINS  PROPRES  SUR  LA  SANTE

  • Pour en finir avec les conflits d’intérêts
  • Pour réaliser 10 milliards d’euros d’économies en révisant la politique du médicament

Notre République est victime d’une profonde crise démocratique et est sapée par la généralisation de la corruption qui met en péril notre Etat de droit. Ce phénomène se nourrit notamment de la banalisation des conflits d’intérêts, du lobbying institutionnel des multinationales et de la faiblesse des moyens de contrôle démocratique dans l’exécution des politiques publiques.

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20/12/2014

"Lanceurs d’alerte. La sécurisation des canaux et des procédures". Colloque de Sciences Citoyennes et Transparency International France à l’Assemblée nationale

Le programme détaillé est sur cette page.

Depuis de nombreuses années, la Fondation Sciences Citoyennes (FSC) et Transparency International Sciences Citoyennes colloque,Transparency international france colloque, lanceur d'alerte lois,marie-angèle hermitte lanceur d'alerte,lanceur d'alerte guide pratique,sciences citoyennes corruption,transparence corruption,protection lancceur d'alerte,Lionel Benaiche,françois badie,lanceur d'alerte colloque 4 février 2015,jean-louis nadalFrance (TIF) interrogent et développent les notions d'alerte, les modalités et la législation à mettre en œuvre pour protéger les lanceurs d'alerte.

De 2007 à 2013, cinq premières lois ont été adoptées en leur faveur, grâce à la coordination constituée avec associations et ONG de la société civile.

 Il nous faut à présent amender cette première législation lacunaire (œuvrer à une loi globale), la compléter par une autorité indépendante pour le traitement de l’alerte et une Maison ou une fondation pour les lanceurs d’alerte.

Pour poursuivre nos réflexions et travaux, nous organisons le 4 février 2015 à l’Assemblée nationale (salle Colbert, 126 rue de l’Université) un colloque intitulé « Lanceurs d’alerte. La sécurisation des canaux et des procédures ». Des représentants des corps intermédiaires (ONG, associations, organisations professionnelles...), des institutions, des chercheurs et lanceurs d'alerte seront conviés pour échanger et élaborer des recommandations.

Nous serions ravis et honorés de vous compter parmi les participants à ce colloque qui nous fournira l'occasion de :

  • rappeler  que la protection des lanceurs d'alerte et les processus de traitement  des alertes doivent être encore sérieusement amendés et ce, malgré les évolutions législatives récentes ;
  • réfléchir aux problématiques complexes ouvertes par ce nouveau droit notamment en termes de sécurisation des canaux (confidentialité et anonymat, Sécurité nationale, affaires étrangères, secret des affaires, devoir de réserve, etc.)

Ce colloque se déroulera avec le soutien de la Fondation Charles Léopold Mayer et la participation de François BADIE (Directeur du Service Central de Prévention de la Corruption), Lionel BENAICHE (Vice-procureur du tribunal de Grande Instance de Nanterre), Jean-Paul BOUCHET (Secrétaire général de la CFDT Cadres), Yann GALUT (Député), Marie-Angèle HERMITTE (Directeur de recherche au CNRS), Jacques MONTACIE (Secrétaire général de la LDH), Edwy PLENEL (Président de Mediapart), et (sous réserve) Jean-Louis NADAL (Président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique)

Sachant que le nombre de places de la salle est limité mais que le sujet suscite un vif intérêt, nous vous prions de bien vouloir nous confirmer votre présence par courrier électronique (colloque0402@sciencescitoyennes.org), par téléphone (01 43 14 73 65) ou par courrier postal avant le 27 janvier 2015. 

A titre d’information, vous pouvez télécharger les actes du colloque « Alerte, expertise et démocratie » du 17 décembre 2013 organisé par Fondation Sciences Citoyennes :

http://sciencescitoyennes.org/actes-du-colloque-alerte-ex...

ainsi que le guide pratique à l’usage des lanceurs d’alerte réalisé par Transparency International France :

http://www.transparencyfrance.org/e_upload/pdf/gp_a_lusag...

Contacts : Nicole Marie Meyer et Glen Millot

colloque0402@sciencescitoyennes.org

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Programme détaillé

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29/09/2014

Sciences en Bobines: 10ème édition du festival de films et débats de Sciences Citoyennes

Voici l'annonce par Sciences Citoyennes. Tous les détails sont sur le site dédié au festival Sciences en Bobines.

"Les savoirs scientifiques et techniques ne sont pas neutres. Ils sont construits par les hommes et fondation sciences citoyennes,sciences en bobines 10e,lanceurs d'alerte,lobbying science recherche,jacques testart,science conflits d'intérêts,recherche conflits d'intérêts,financement recherche,participation citoyenne,technosciences critique,neutralité de la science,nanotechnologies,biologie de synthèse,agroécologiesont soumis, comme toute création humaine, à des enjeux politiques, économiques et sociaux. Ainsi, ceux qui affirment que les sciences sont « naturellement » porteuses de bonheur et de progrès ne visent qu’à museler la critique et à conforter leur propre pouvoir. Les crises et les scandales sanitaires, écologiques, économiques et humanitaires qui se multiplient révèlent le visage d’une science soumise aux intérêts des lobbys industriels et financiers. La Fondation Sciences Citoyennes juge essentiel de mettre en évidence une autre approche : celle d’une recherche désireuse d’affronter les grands défis de nos sociétés, de dialoguer avec des savoirs autrefois dévalorisés et celle de citoyens qui revendiquent leur droit à participer aux choix scientifiques et technologiques qui conditionnent leur avenir.


Le festival « Sciences en Bobines » propose une riche palette de films critiques et militants et des débats pour que le dialogue s’engage entre chercheurs et citoyens dans le but de privilégier le bien commun… pour des futurs meilleurs !

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10/09/2014

Avonex dans la sclérose en plaques: Essai clinique biaisé et mauvaise évaluation rapportent 28 milliards à Biogen

Par le Dr Alexis CLAPIN 

Je suis neurologue de formation et j’ai travaillé pendant 20 ans dans l’industrie pharmaceutique. Lors de la mise sur le marché d’Avonex, je travaillais chez Serono comme responsable médical. J’ai quitté l’industrie pharmaceutique il y a quatre ans. [Plus de détails et déclaration publique d'intérêts à la fin de l’article.]

 

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Comment Biogen a engrangé 28 milliards de dollars avec un essai clinique biaisé

Avonex est un interféron bêta autorisé à la fin des années 90 dans le traitement de la sclérose en plaques évoluant par poussées. La Food & Drug Administration (FDA, agence d’évaluation des médicaments aux Etats-Unis) et l’Agence Européenne des Médicaments  (EMA - European Medicines Agency) ont approuvé Avonex en surestimant ses bénéfices. Pourtant, la FDA avait vu que l’essai était biaisé et que le fabricant/sponsor Biogen avait défendu l’efficacité d’Avonex par des propos trompeurs. L’EMA, qui ne ré-analyse pas les essais cliniques à partir des données individuelles, n’a pas vu le biais et a vanté les bénéfices d’Avonex conformément aux propos trompeurs rédigés par Biogen dans le rapport d’essai clinique remis aux autorités sanitaires.

Dès lors, de très nombreux patients ont reçu un traitement dont les bénéfices étaient surestimés. Avonex est devenu le leader du marché et a permis à son fabricant d’engranger à la fin 2013 plus de 28 milliards de dollars, dont trois en 2013.

Le cas « Avonex » permet de souligner les difficultés à obtenir une évaluation initiale fiable des médicaments et surtout les difficultés à obtenir une remise en cause des mauvaises évaluations passées. L’EMA, responsable de l’évaluation initiale biaisée, ne se donne pas les moyens de se détromper.


Rappel historique sur les interférons dans le traitement de la sclérose en plaques

La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire du système nerveux central. La maladie se caractérise par la survenue de lésions inflammatoires, dans le cerveau et la moelle épinière, détruisant les connexions nerveuses. Ces lésions, vues sous la forme de petites plaques sur les examens d’imagerie par résonance magnétique, sont responsables des troubles cliniques. Généralement, la sclérose en plaques débute par des troubles neurologiques évoluant par poussées qui peuvent apparaître en quelques heures et persister quelques semaines. Ces poussées peuvent ou non laisser des séquelles, telles qu'un déficit visuel, un déficit moteur ou sensitif… L’évolution est très variable d’un patient à l’autre. Certaines formes de sclérose en plaques évoluent très lentement, avec très peu de poussées et de déficit résiduel, d’autres évoluent malheureusement plus ou moins rapidement vers un déficit neurologique responsable d’un handicap sévère.

Certains patients ont une forme différente de sclérose en plaques, dite progressive, évoluant d’emblée par une progression continue du handicap.

Les corticoïdes ou l’ACTH (AdrenoCorticoTrophin Hormone stimulant la sécrétion endogène de corticoïdes), puissants anti-inflammatoires, sont les premiers traitements de la sclérose en plaques. Ils sont administrés lors des poussées.  

Les premiers traitements, dits de fond et administrés au long cours, sont les interférons bêta. Ils ont été évalués dans cette indication en raison de leur activité anti-inflammatoire. Depuis leur autorisation de mise sur le marché, à la fin du siècle dernier, de nombreux autres produits ont été approuvés. Certains sont prescrits en première intention, au début de la maladie. D’autres traitements ne sont prescrits qu’en cas d’échec des produits de première intention ou en cas de formes graves (mitoxantrone, natalizumab, alemtuzumab, fingolimod, par exemple). Ils sont prescrits en deuxième intention en raison de risques d’effets indésirables graves.

L’évaluation de l’efficacité des traitements de fond de la sclérose en plaques évoluant par poussée est basée sur trois critères : la survenue de poussées, la progression du handicap et la survenue de lésions vues sur l’imagerie par résonance magnétique nucléaire.

Les trois premiers interférons bêta approuvés par la FDA et par l’EMA dans l’indication sclérose en avonex,sclérose en plaques,avonex ema epar,avonex fda,avonex efficacité,biais essais cliniques,open access essais cliniques,accès aux données essai clinique,has avonex,avonex revue prescrire,biais recherche médicale,sclérose en plaques traitement,interférons efficacité,interférons sclérose en plaques,alexis clapin,biogen profit,rebif efficacité,betaferon efficacité,avonex bénéfices-risques,afssaps évaluation médicaments,sclérose en plaques immunomodulateurs,profit pharmaceutiqueplaques évoluant par poussées sont Betaferon, Avonex et Rebif.

Betaferon  (Betaseron aux Etats-Unis) du laboratoire Schering AG (Chiron associé à Berlex aux Etats-Unis) est le premier mis sur le marché, approuvé en 1993 par la FDA [1] et en 1995 par l’EMA [2]. Il lui est accordé aux Etats-Unis, conformément à l’Orphan Drug Status, une période monopolistique de sept ans.

Mais en 1995 [3], la FDA accorde à un autre interféron bêta, Avonex, développé par Biogen et Rentschler Technology, une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans la même indication thérapeutique. Avonex annule l’Orphan Drug Status de Betaseron sur des critères de tolérance. Berlex a bien essayé de s’opposer à l’arrivée d’Avonex, mais sans succès. L’argument utilisé par Berlex était le suivant : la formulation d’Avonex commercialisée est différente de celle utilisée dans l’essai clinique [4]. Effectivement, Avonex peut être considéré comme le premier biosimilaire autorisé par la FDA, puisque l’étude clinique a été réalisée avec un interféron obtenu sur une lignée cellulaire différente de celle utilisée pour la fabrication du produit commercialisé.

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01/06/2014

Science et éthique au quotidien; atelier-débat lors de la "Semaine de l'éthique" de l'Université de Fribourg

J'aurai le plaisir de participer, au nom de Sciences Citoyennes, à la semaine de l'éthique organisée par la professeure Vivianne Châtel dans le cadre du Master Ethique, responsabilité et développement, formation dispensée par le Département de Sociologie, Politiques sociales et Travail social de l'Université de Fribourg (Suisse). La semaine de l'éthique commence le 2 juin par un débat sur l'éthique dans les sciences. Voici l'affiche, suivie de la présentation telle qu'elle figure dans le programme. L'exposition a été organisée par les étudiants du Master. Merci à Mme Vivianne Châtel et à Mme Séverine Moll-Lauper pour l'organisation d'ensemble et pour l'invitation.

 

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"L'éthique au quotidien" annonce l'ambition interactive de cette manifestation inscrite dans la mouvance qui relocalise les débats dans des lieux interactifs, des lieux de passage quotidien pour les citoyens, espérant les arrêter dans leur course prédéterminée (et même au sens propre du terme: dans leurs courses), pour les faire réfléchir à des trajectoires citoyennes qu'ils peuvent emprunter dès lors qu'ils s'approprient toutes les dimensions de la vie de la cité et se donnent les moyens de quitter le statut d'ignorance confortable de réceptacles passifs de décisions et d'expertises qui les concernent tous, dans la mesure où elles changent leur mode de vie, y compris dans les actes quotidiens - quitter la passivité pour devenir des citoyens au sens plein du terme: acteurs actifs transcrivant en pratique les droits de participation, l'autonomie publique théoriquement garantie par nos démocraties. Celle-ci est rarement mise en pratique, faute d'engagement, de participation et de réflexion globales, dépassant les questions particularistes et les intérêts privés. Or c'est à ce type de participation que de tels débats incitent les citoyens: faire un usage public de leur raison, afin de s'inscrire dans le débat public politique qui permet, par abstraction successives, de dégager des intérêts universalisables (pour paraphraser Jürgen Habermas). [Elena Pasca]

 

Voici la présentation et les intervenants, selon le programme:

La semaine de l’éthique

L’ÉTHIQUE AU QUOTIDIEN

Journée du lundi 2 juin 2014 : La science

Lieu : Fribourg centre, Mall central (en face de la Fnac), de 14:00 à 16:00
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Intervenants lors de cet atelier-discussion:

  • Bernard VERMEULEN, Directeur médical et directeur général suppléant, Hôpital cantonal,
  • Mr Marc-Henry SOULET, Professeur ordinaire de Sociologie, Doyen de la Faculté des Lettres, Université de Fribourg,
    Vincent  BOURQUIN,  Professeur,  responsable  de  l’Institut  SeSi  (Sustainable
      Engineering Systems Institute), École d’ingénieurs et d’architectes de Fribourg,
    Marlise COLLOUD, Enseignante, École d’ingénieurs et d’architectes de Fribourg,
    Elena PASCA, Philosophe, Fondation Sciences citoyennes,
  • Gilbert CASASUS, Professeur, Etudes européennes, Université de Fribourg

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22/04/2014

Surmédicalisation, sous-médicalisation, surdiagnostics, surtraitements: programme du 3ème colloque de Bobigny (25 et 26 avril 2014)

NdR: J'ai été absente au moment de la répartition des ateliers et des premières discussions, y compris sur le choix des personnalités invitées à donner des conférences introductives. Tout le monde connaît mes positions quant à l'existence même des ordres professionnels, donc de l'ordre des médecins. Aussi, je n'aurais pas invité le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l'Ordre des médecins. Et encore moins le président de la Haute Autorité de Santé, le Pr Jean-Luc Harousseau, au vu de mon article sur ses conflits d'intérêt, et plus particulièrement les plus de 200.000 euros perçus à titre d'honoraires personnels dans les trois ans précédant sa nomination (et non déclarés dans sa première déclaration d'intérêts). J'essaierai d'évoquer cet aspect lors du colloque. 

Cette année je ne (co)animerai pas d'atelier, d'une part parce que j'ai été absente et ne veux pas me greffer tardivement sur le travail de quelqu'un d'autre, ni créer des complications en cas de divergences d'opinion, d'autre part parce que je n'assume pas tous les aspects organisationnels. Mon absence lors de l'édition 2013 était aussi une façon de marquer une distance. Je m'y suis investie, malgré certains problèmes. Mais au final, pourquoi faire l'effort d'y aller alors que mes collègues du groupe Princeps ont invité une plagiaire à faire une contribution, malgré les objections que j'ai soulevées dès que son nom a été prononcé ? J'ai dit alors que ce serait elle ou moi, ce qu'ils n'ont pas pris au sérieux, et j'ai agi en conformité avec mes principes.

Par contre, je ferai deux communications, l'une dans l'atelier sur la sous-médicalisation (La "maltraitance ordinaire": tare systémique en santé, source de sous-médicalisation et de surmédicalisation), l'autre dans l'atelier sur la surmédicalisation hier et ailleurs (Causes et formes de surmédicalisation et de sous-médicalisation dans le système allemand de santé. Un exemple à suivre, vraiment ?)

La "maltraitance ordinaire" par les professionnels de santé est l'un des sujets sur lesquels j'ai travaillé pendant tous ces mois de silence, accumulant des faits, des preuves et des témoignages qui seront exposés dans des articles à venir. Il fallait lancer le sujet aussi dans le contexte de la discussion sur la surmédicalisation et la sous-médicalisation, d'autant que je m'intéresse depuis longtemps aux causes de ces phénomènes (cf. par exemple ma contribution à l'édition 2012 du colloque sur la surmédicalisation). La maltraitance en fait partie, et elle dépasse très largement la relation soignant-soigné à laquelle on la cantonne, ce qui est l'une des façons de la minimiser. Il faut exposer les composantes de la "maltraitance ordinaire", sortir des préjugés qui limitent les pratiques de maltraitance aux violences essentiellement physiques infligées à des personnes dépendantes, âgées, handicapées. (Nous sommes par ailleurs tous dépendants lorsque nous nous retrouvons cloués à un lit, à un fauteuil, etc.) Maltraitance, c'est aussi la privation de soins, le défaut de soins, d'écoute et de parole; ce sont les mauvais traitements, dans tous les sens du terme, y compris dans le vaste champ de l'erreur médicale, du remplacement du soin humain (le care anglophone) par de la médecine au sens large du terme, réduite à ses dimensions pharmacologique et technique, de nos jours...

Il faut conceptualiser - comprendre et expliquer, selon le couple herméneutique - donner des catégories d'analyse et de réflexion, contribuer à une prise de conscience sur les raisons qui expliquent l'aveuglement sociétal quant aux pratiques de maltraitance, leur permettant de perdurer, entre autres pour maintenir nos illusions et auto-mystifications sur le meilleur système de santé au monde... J'ai déjà eu droit à un certain nombre de critiques, rien que pour vouloir aborder le sujet, de la part de personnes qui ne nient pas le phénomène, mais préfèrent que l'on n'en parle pas, vu les conséquences que cela pourrait avoir et vu le risque d'instrumentalisation. J'ai aussi eu droit à un nouvel acte d'intimidation, dont je parlerai le moment venu. Raison de plus d'en parler...

Elena Pasca

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Le groupe Princeps annonce le programme définitif de l’édition 2014 du colloque de Bobigny (qu'il organise avec le soutien logistique du Département de Médecine Générale de la Faculté de médecine de Bobigny, de la Société de Formation Thérapeutique du Généraliste et de l'association Civic Santé). Le colloque aura lieu vendredi 25 avril 2014 de 9h à 17h et samedi 26 avril 2014 de 9h à 13h, à la Faculté de Médecine de Bobigny, UFR Santé Médecine Biologie Humaine, 74 rue Marcel Cachin 93000 Bobigny (entrée du parking - et des piétons – par l’avenue de la Convention) sous le titre

Surmédicalisation, sous-médicalisation, surdiagnostics, surtraitements

L’inscription peut se faire sur place, au tarif de 30 euros ou de 10 euros pour le tarif réduit (exclusivement par chèque à l’ordre de la SFTG, en précisant « Colloque surmédicalisation 25 et 26 avril 2014 »). Les frais incluent le repas de vendredi midi. Pour plus de détails pratiques, voir le blog du groupe Princeps : http://surmedicalisation.fr/

 

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02/04/2014

"Gardasil: un scandale international ?" Conférence de presse avec des experts et des lanceurs d’alerte)

J'aurai le plaisir d'intervenir demain lors de la conférence de presse qui aura lieu le 2 avril à Paris, à la représentation du Parlement européen, au 288, Bd Saint-Germain. J'interviendrai sur les conflits d'intérêts. Le lien vers le dossier de presse (accessible en ligne, fort détaillé) sera rajouté après la conférence de presse.

Après le programme de la conférence de presse, je voudrais évoquer, dans un billet d'humeur, les difficultés que j'ai eu à faire entendre une voix critique sur le Gardasil, dès l'automne 2007, et parler pour la première fois d'un projet sur lequel j'ai beaucoup travaillé, qui a capoté à cause du Dr Alain Siary et de la SFTG. J'espère qu'ils assumeront ces actes. Et qu'ils réfléchiront aux conséquences, en pensant par exemple aux victimes qu'il y a eu depuis la fin 2011, à ces jeunes filles qui n'auraient peut-être pas eu le Gardasil si le projet que j'avais imaginé n'aurait pas capoté par la responsabilité du Dr Alain Siary et de la SFTG. Libre à eux de changer d'avis sur leur engagement, mais pas de tergiverser pendant 10 mois, puis de nier l'existence et l'intérêt même de cet engagement.


Mercredi 2 avril 2014 à 10h
 
Vaccin Gardasil : un scandale international?

 
A la Représentation du Parlement européen, 288 bd Saint Germain, 75007 Paris

                                                            

En présence de :
 
Christopher SHAW, neurologue, University of British Columbia, Canada
 
Lucija TOMLJENOVIC, PhD, Neural Dynamics Research Group, Dept. of Ophthalmology, University of British Columbia
 
Jean-Jacques BOURGUIGNON, père d'Océane, victime d'une SEP [sclérose en plaques] suite à une vaccination au Gardasil et Marie-Christine LOCHU, mère d’Orianne Lochu, victime d’effets secondaires graves du vaccin, Me Jean-Christophe COUBRIS, avocat de jeunes femmes victimes du Gardasil

François-Jérôme AUTHIER, professeur de neurologie à l'Hôpital Henri Mondor (avec le Pr Romain GHERARDI, sous réserve)

Laurent BELEC, virologue à l'Hôpital Georges Pompidou
 
Serge RADER, pharmacien, auteur d’une étude sur l'évolution des prix des vaccins
 
Elena PASCA, philosophe, membre du Conseil d’Administration de Sciences Citoyennes, créatrice du blog Pharmacritique

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17/12/2013

Colloque "Alerte, expertise et démocratie", le 17 décembre au Sénat

J'aurai le plaisir d'intervenir lors de ce colloque dont voici l'annonce et le programme détaillé. Mon exposé portera sur les législations et réglementations étrangères (dispositifs juridiques et lois, mais aussi les débats en vue de les changer) en matière d'encadrement de l'expertise, autrement dit, sur les réglementations qui servent de garde-fous, permettent de réprimer les abus et de dissuader les dérapages, qu'il s'agisse de fraudes manifestes, de conflits d'intérêts et leurs conséquences, de corruption sous ses divers aspects, etc.

Il y a beaucoup de modèles juridiques et administratifs dont la France pourrait s'inspirer pour faire évoluer sa législation, sa réglementation et les mentalités archaïques qui perdurent dans notre pays toujours "gouverné" par les corporations (ordres professionnels, syndicats et autres organisations professionnelles, ...) et leurs multiples réseaux de lobbying, d'influence et de manipulation. Une manipulation qui vise tout autant les décideurs politiques et administratifs que les citoyens, notamment à travers les techniques communicationnelles, de marketing, de désinformation, de persuasion, de manipulation, bref, toutes les techniques qui fabriquent l'opinion et assurent ainsi le maintien du statu quo.

L'absence de législation, la désinformation, l'instrumentalisation d'un système sclérosé et verrouillé permettent la reproduction du système établi, au prix de quelques ajustements de surface, qui ne sont que des trompe l'oeil. Comme la loi de décembre 2011 sur la sécurité de la chaîne du médicament, comme les accords sur les dépassements d'honoraires et toutes les pseudo-avancées en matière de santé individuelle et publique, etc. Par exemple, rien n'a changé sur l'auto-régulation (sic) des professions de santé (l'ordre des médecins, l'ordre des pharmaciens, etc.) qui fournissent l'expertise d'apparence neutre, car traduite en langage scientifique (cf. cet article pour l'explication), sur laquelle se basent les décisions de santé publique. Dans les faits, cette expertise n'est toujours pas encadrée, elle est toujours aussi arbitraire, régie par des conflits d'intérêts, par des idéologies, et non pas par des cadres scientifiques éprouvés. Ces ordres professionnels échappent toujours à la loi républicaine, alors que leurs activités et exigences sont de plus en plus anachroniques, car contradictoires avec les besoins des citoyens, avec les exigences de raison d'une économie de santé publique. Et les citoyens sont toujours exclus de la décision, toujours condamnés à être les objets passifs des soins - et à payer pour toutes les conséquences pratiques des désordres professionnels et de notre propre inertie. Le changement ne viendra pas des corporations et des ordres qui vivent du système de surmédicalisation sans frein juridique efficace, ni de leurs satellites qui en profitent eux aussi.

Voici l'annonce, le programme et les informations pratiques.

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02/05/2013

Surmédicalisation, sous-médicalisation, surdiagnostics et surtraitements - programme du colloque 3 et 4 mai à Bobigny

Le groupe Princeps organise, en coopération (pour la logistique) avec le Département de Médecine Générale de la Faculté de médecine de Bobigny et la Société de Formation Thérapeutique du Généraliste

Le 2ème colloque de Bobigny: "Sur- et sous-médicalisation, surdiagnostics, surtraitements", qui aura lieu le vendredi 3 mai de 9h à 17h et le samedi 4 mai de 9h à 13h, à la Faculté de Médecine de Bobigny, UFR Santé Médecine Biologie Humaine, 74 rue Marcel Cachin 93000 Bobigny. (Entrée du parking-et des piétons- avenue de la Convention)

PROGRAMME

Vendredi 3 mai 8h30 – 9h

Accueil café

Vendredi 3 mai – 9 heures

  • Introduction par le Doyen de la faculté de médecine de Bobigny (ou son représentant)
  • Présentation introductive du Pr Didier Sicard : "Autour du dépistage"

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Vendredi 3 mai – 9h30 – 11h30

Atelier N° 1 (modérateurs Jean-Claude Salomon et Omar Brixi):

Approche théorique : Comment se construit la médicalisation, ses excès, ses carences.

Intervenants:

  • E. Galam : Surmédicalisation, croyances et transmission
  • Florence Amrouche : La progression de la pauvreté et ses effets sur la santé
  • Marc Jamoulle : La prévention quaternaire
  • Michèle Le Barzic : Obésité : surmédicalisation ou médicalisation abusive ?

 

Atelier N° 2 (modérateurs François Pesty et A. Siary):

Surmédicalisation: État des réflexions et des actions dans différents pays.

Intervenants par vidéo :

  • S. Woolf : The US disadvantage: Shorter lives, poorer health
  • M. Kale : Trends in overuse, underuse and misuse
  • A. Elshaug : The Value of Low-value lists
  • Ch. Cassel : The Choosing Wisely campaign
  • H. Krumholz : Shared decision making
  • T. Quill & J. Temel : Early Palliative Care
  • J. Avorn : Academic detailing
  • S. Svensson : Surrogate End Points in clinical trials
  • L. Bero : Management of conflicts of interest

 

Vendredi 3 mai – 11h30 – 11h45

Pause café

Vendredi 3 mai – 11h45 – 12h 45

Séance plénière, Modérateur : M. Doré

Vendredi 3 mai – 12h45 – 14h

Déjeuner de travail sur place

 

Vendredi 3 mai – 14h – 16h

Atelier N° 3 (modérateurs Elena Pasca et Michel Thomas):

Le disease mongering (façonnage de maladies): formes méthodes et conséquences

  • Elena Pasca: Méthodes de disease mongering et leurs conséquences concrètes
  • Jean-Claude St Onge: Médicalisation de la détresse psychologique. Surdiagnostic et surtraitement
  • A. Giami: La médicalisation de la sexualité: un exemple paradigmatique
  • Xavier Briffault : Le rôle de l’évaluation par les échelles dans la sur-prescription des psychotropes
  • Rachel Campergue : Comment les techniques classiques de marketing sont utilisées dans la campagne de dépistage du cancer du sein

 

Atelier N° 4 (modérateurs Omar Brixi et Michel Doré):

Le dépistage en cause ? La prévention : une cause.

  • C. Vassy : Le dépistage de la trisomie 21 en France : une surmédicalisation ?
  • A. Siary : Cancer du sein et iatrogénèse
  •  E. Pasca : Le dépistage du cancer du sein : une construction sociale érigée en science
  • G. Delépine : Dépistage des cancers de la prostate par le PSA : scandale financier, gâchis humain
  • M. Yver : Surdiagnostic du cancer de la prostate : rôle de l’anapath

Vendredi 3 mai – 16h – 17h

Séance plénière, Modérateur : J.C. Salomon

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Samedi 4 mai  8h 30 :

Accueil café

Samedi 4 mai 9h – 11h

Atelier N° 5 (modérateurs A. Siary et Maïlys Michot-Casbas):

Pour une meilleure efficience: Actions et évaluations

  •  Sylvain Duval : Meilleure efficience dans la prescription de 2 anti-cholestérol
  •  François Pesty : Efficience des médicaments de l’hypertension
  •  E. Foisset : Influence de la visite médicale
  •  (...)

 

Atelier N° 6 (modérateurs M. Doré et M. Thomas):

Pour une meilleure efficience: Les médicaments essentiels

  •  J.C. Salomon : Médicaments essentiels : pourquoi une liste courte
  •  J. Doucet, E Boisdin, O. Nicol et coll : Etude des déterminants de la dé-prescription des médicaments en médecine générale
  • Cam Anh Khau, H. Vaillant, M. Doré : Génèse d’une liste de 100 médicaments essentiels des généralistes
  • Michel Thomas : Les 151 médicaments essentiels

 

Samedi 4 mai – 11h – 11h 15 :

Pause café

Samedi 4 mai 11h 15-12h 15

Séance plénière, Modérateur : O. Brixi

Samedi 4 mai 12h-12h15

Conclusions générales

Samedi 4 mai 12h15

Fin du colloque

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27/03/2013

2ème colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements". Ateliers et appel à contributions (3 et 4 mai 2013 à Bobigny)

Le groupe Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas) organise les 3 et 4 mai 2013 le deuxième colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », à la Faculté de Médecine de Bobigny. Pour la logistique, le groupe Princeps collabore avec le Département de Médecine générale de la Faculté de Médecine de Bobigny et avec la SFTG.

A partir de cette page, vous pouvez accéder aux actes du colloque – textes complets, powerpoints, comptes-rendus, graphiques… - et à toutes les informations concernant le premier colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », qui a eu lieu les 27 et 28 avril 2012 à Bobigny, avec les mêmes organisateurs. Les introductions détaillées que j’ai faites sur plusieurs pages, portant sur la médicalisation et la surmédicalisation, restent toujours d’actualité, tout comme le communiqué de presse et les autres documents collectifs. 

Les thèmes proposés pour la deuxième édition – 3 et 4 mai 2013 - sont exposés en détail après mes remarques préliminaires, dans des textes introductifs faits par les modérateurs de chaque atelier. Ces textes présentent le cadre de référence thématique ; ils ne sont pas exhaustifs. Le programme final sera établi par le comité d’organisation en fonction des contributions proposées et acceptées.

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26/03/2013

A qui appartient la santé des Français ? Scandales sanitaires, recherche en panne… Débat le 28 mars à Tours (Sciences en Bobines)

Le festival Sciences en bobines, organisé chaque année par la Fondation Sciences Citoyennes, en est à sa 8ème édition, qui a lieu dans 13 villes. La dernière séance aura lieu le 28 mars à Tours ; elle s’inscrit dans les « jeudis du CNP », puisqu’elle est co-organisé par Sciences Citoyennes et le Cinéma National Populaire. Le CNP est une associatiation (voir son site) qui se veut « un lieu de remise en question citoyenne, d'explication et de décryptage d'une société aux enjeux multiples » ; les événements qu’il organise visent à « mettre à jour l'idéologie qui sous-tend les discours et les actes politiques, économiques, sociaux, culturels du pouvoir ».

Date et lieu : 28 mars à 20 h 00 au cinéma Les Studios, situé au 2, rue des Ursulines à Tours.

  • 20 h00 : projection du documentaire de Stéphane HOREL, « Les Médicamenteurs »
  • 21 h 00 : débat avec Elena PASCA, philosophe, membre du CA de Sciences Citoyennes, administratrice du blog Pharmacritique.

Elena Pasca fera d’abord une introduction complétant et actualisant les thématiques abordées dans le documentaire « Les Médicamenteurs ». Cette introduction sera suivie d’un débat avec la salle, au cours duquel Elena Pasca répondra aux questions et développera certains points. 

Sur cette page, vous trouverez des informations pratiques (plan d’accès au cinéma Les Studios…). Une participation aux frais de 4 euros est demandée par le co-organisateur, Le Cinéma National Populaire.

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Voici un court texte introductif que j'ai fait en reprenant certains leitmotivs de mes articles et interventions lors de débats et auditions ainsi que dans les media.

Je poserai les jalons de la discussion avec le public en identifiant les problèmes majeurs du système de santé et de soins, à commencer par la médicalisation (des émotions, des états physiologiques, des étapes de la vie), surmédicalisation, conflits d’intérêts, disease mongering/façonnage de maladies, rhétorique de la prévention…).

Puis je parlerai des spécificités de l'oligopole que forment les multinationales pharmaceutiques et esquisserai le contexte socio-historique et idéologique (surtout le néolibéralisme...) qui a rendu possible l'avènement d'un système déformé de part en part par la surmédicalisation. S'agissant plus spécifiquement de l'influence de l'industrie pharmaceutique - qui a atteint un degré tel que l'on parle désormais de "ghost management" (gestion invisible, mais omniprésente) du système de formation, de recherche et d'information médicale -, je reviendrai sur les changements structurels induits par l'évolution du marché: la panne de l'innovation et l'absence de progrès thérapeutique (exemples à l'appui pour ces dernières années), expiration des brevets de nombreux blockbusters, nécessité de s'adapter à l'explosion du nombre de maladies chroniques et de maladies neurodégénératives, nécessité de trouver d'autres façons de garantir les profits, d'où la prédominance du marketing et l'inversion entre marketing et recherche et développement. D'où aussi la publicité faite pour des médicaments et des actes médicaux sans utilité médicale, mais désormais acceptés socialement (médicaments de confort / lifestyle drugs), interventions de confort, médecine et chirurgie esthétique, interventions visant à booster/renforcer la performance, voire le corps tout entier, alors que la société est de plus en plus perméable à des thèses telles que celles des transhumanistes...

Nous sommes tous co-responsables de laisser se reproduire - au prix d'actualisations minimes, de surface, ce système qui traduit la logique mercantile et les dogmes de l'individualisme néolibéral, y compris dans ce segment de marché qu'est la santé marchandisée. Nous sommes tous responsables de nous conformer en acceptant la médicalisation de notre existence, en acceptant la "correction médico-pharmaceutique" qui nous uniformise, nous met au pas, nous normalise et extirpe la différence.

Passés par l'interventionnisme médical omniprésent, les individus - qui pensent, qui plus est, que la médicalisation est l'expression d'un droit et de la démocratisation de l'accès égalitaire aux soins, finissent potentiellement interchangeables; ils sont uniformisés en tant que force de travail dont la maintenance est assurée par la médecine, comme ils sont uniformisés par d'autres segments du marché néolibéral, qui les gardent et entretient leur force de travail (entertainment, Unterhaltung...) dans l'enclos de l'industrie des loisirs, elle aussi passive et ne demandant que de s'y conformer sans penser, sans exercer l'esprit critique qui pourrait permettre une distance critique par rapport au système. De fausses solutions sont créées par le système lui-même, comme les médecines alternatives (médecines douces, etc.), qui donnent l'impression d'être hors système, voire contre le système, alors qu'elles reposent sur la même logique de médicalisation (tout problème relève de la médecine (ou d'un substitut) et a donc une solution médicale (ou homéopathique, etc.).

Je donnerai quelques pistes pour indiquer des solutions possibles.

J'insisterai particulièrement sur les dispositifs étrangers peu connus, voire inconnus en France (lois, réglementations et dispositifs permettant de réprimer et de dissuader la fraude, la corruption, les conflits d’intérêts, mais aussi d'autres lois protégeant les lanceurs d'alerte et servant de garde-fous pour garantir un minimum d'indépendance de l'expertise en médecine et en santé publique).

Puis je parlerai des médicaments essentiels et donnerai des exemples de campagnes telles que Choosing wisely, Essential Health Benefits, Selling Sickness…), qui tentent de résoudre certaines dimensions de la surmédicalisation et du mésusage (underuse, overuse, misuse…) des médicaments, bref, de tout ce qui s’oppose à un usage rationnel des médicaments et des actes médicaux dans le cadre d’une médecine raisonnée.

Tous ces thèmes sont abordés en détail dans les centaines d’articles que j'ai publiés sur le blog Pharmacritique et ailleurs. Le colloque qui a eu lieu les 27 et 28 avril à la Faculté de médecine de Bobigny, "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements", a été consacré à certaines de ces thématiques. La deuxième édiction aura lieu les 3 et 4 mai sous le même titre, organisé toujours par le groupe Princeps, dont je fais partie. J'aurai le plaisir d'animer un atelier sur le disease mongering/façonnage de maladies et d'y faire un exposé. Retenez la date. Je donnerai plus de détails sur les ateliers dans l'appel à contribution, posté bientôt.

Elena Pasca

09/03/2013

Trente ans de dépistage du cancer du sein : bonne intention et obstination dans l’erreur pour un résultat monstrueux

Par le Dr Bernard DUPERRAY 2ème colloque de bobigny surmédicalisation

(DPI / présentation de l’auteur en fin d’article)


Le cancer du sein fait l’objet depuis plus de vingt ans d’un dépistage mammographique individuel ou de masse organisé, associé à une énorme propagande purement démagogique, qui vante ses effets bénéfiques et occulte ses effets délétères.

Le cancer du sein reste encore en 2012 un problème majeur de santé publique, le cancer le plus meurtrier chez les femmes.

Il n’a pas été observé de baisse significative de la mortalité par cancer du sein. Là où cette baisse s’amorce, elle est retrouvée de façon identique chez les femmes dépistées et non dépistées. (1)

La France, où l’on fait proportionnellement 4 fois plus de mammographies qu’en Angleterre, obtient un résultat sur la baisse de mortalité par cancer du sein bien moins bon et l’un des plus mauvais avec la Suède en Europe occidentale.

Le recul de la mortalité par cancer du sein est beaucoup moins marqué que le recul global de mortalité toutes causes confondues dans la population générale, en dépit du fait qu’on en a fait une priorité avec le dépistage et qu’on lui a consacré plus de moyens qu’à d’autres pathologies. (2)

Il est par ailleurs remarquable que, même dans les pays où le dépistage est réalisé depuis longtemps, on n’observe pas de recul des formes avancées de cancer du sein. (3) Contrairement à ce qui est souvent affirmé, le nombre de mastectomies totales continue d’augmenter, et plus encore chez les femmes dépistées. (4-6)

Un bref rappel historique montre que l’on n’a pas tiré les leçons des erreurs pourtant patentes :

 

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06/03/2013

Etude Séralini sur la toxicité du maïs OGM et du Roundup: réflexion sur les technosciences et les cobayes humains

Gilles-Eric Séralini, André Cicolella et moi sommes intervenus de concert lors de la table ronde sur les gilles-eric séralini,ogm rats tumeurs,florence poirier,toxicité roundup,ogm risques santé,pesticides risques santé,monsanto séralini,monsanto lobbying ogm,lobby agroalimentaire monsanto,scientisme technosciences,pétition séralini,séralini réponse critiques,maïs ogm roundup toxicité,séralini méthodologie étude ogm,séralini financement ogm,criigen ogm roundup,afbv conflits d'intérêts,séralini conflits d'intérêts,ethique expertise scientifique,reposabilité chercheurproblèmes majeurs du système de santé en France, lors du colloque Ecomédecine qui a eu lieu les 26 et 27 octobre 2012 à Paris. Dans son exposé, Gilles-Eric Séralini a largement répondu aux critiques reprises en choeur par les media. Peu de journalistes se sont intéressés aux faits, et très rares sont ceux qui sont allés lire par eux-mêmes l'étude [1] en entier - ce qui permet de voir immédiatement  la faiblesse conceptuelle de ces critiques... Heureusement, des scientifiques se sont mobilisés pour le défendre, en lançant une pétition et en intervenant dans tous les media qui ont bien voulu être un peu plus ouverts, de même que pour démonter, avec l'aide de militants écologistes, certaines rumeurs lancées pour tenter de discréditer Gilles-Eric Séralini (il n'aurait pas eu de bonnes évaluations par ses pairs, il aurait eu des intérêts personnels dans ce qui serait une bonne "affaire" pour les enseignes de grande distribution qui ont co-financé l'étude, etc.)

Je n'ai pas eu le temps de faire un article au moment de la réponse de Gilles-Eric Séralini, mais ai contribué à diffuser ses arguments en faisant suivre des documents aux personnes et aux organisations que je connais. Je profite de la reconstruction de la première partie de cette page pour reprendre ses arguments dès que possible. En attendant de reprendre ces documents-là, des réponses sont disponibles sur le site du CRIIGEN (voir plus bas).

La deuxième partie de la page reste telle quelle, avec mes commentaires.

Le monde selon les technosciences: des cobayes de laboratoire aux cobayes humains

Au cours de son exposé lors du colloque Ecomédecine (26 et 27 octobre 2012 à Paris), présentant les OGM sous l’angle de l’impact potentiel sur la santé publique, Gilles-Eric Séralini a formulé des réponses claires et détaillées aux critiques portant sur les supposées faiblesses méthodologiques de son étude. Ces réponses étant donc formalisées et disponibles, il m’a paru essentiel qu’elles soient diffusées et évoquées lorsque le sujet est abordé, pour ne pas donner l’impression d’une défense qui ne serait pas basée sur les faits, mais serait partiale, car faite par des scientifiques ou des militants ayant les mêmes positions quant aux OGM.

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05/03/2013

Contraception, désinformation et le Planning familial comme bouc émissaire... A quand la décision médicale partagée?

Le 4 février, lors du débat avec Renaud Lambert sur les conflits d’intérêts dans l’expertise, organisé planning familial,contraception risque,contraception méthodes,pilules 3ème 4ème génération,véronique séhier,misogynie médicalepar l’Association des Amis du Monde diplomatique à Villeneuve sur Ascq, j’ai eu le plaisir de pouvoir discuter plus longuement avec Véronique Séhier, du conseil d’administration du Planning familial. Je lui ai fait part de l’immense respect que j’ai pour le combat de cette association, qui ne s’est pas arrêté à des discours lénifiants et des vœux pieux, mais a œuvré qu quotidien pour l’information des femmes et pour la concrétisation de leurs droits. L’un de ces droits fondamentaux est la maîtrise de leurs corps par les femmes et rien que par elles, ce qui implique la maîtrise de la reproduction, le choix d’avoir (ou de ne pas avoir) d’enfant.

Dans ce billet d'humeur spontané et sans aucune recherche de synthèse ou de conclusions, je me demande qu'est-ce qui se cache derrière ces attaques contre le Planning familial (dont les trois derniers communiqués à propos des pilules de la 3ème et de la 4ème génération et de Diane 35 sont repris après mes commentaires). Je reviens pêle-mêle sur la désinformation ambiante en matière médico-pharmaceutique, sur la médicalisation du corps des femmes à des fins de profits - dans un système de soins surmédicalisé et sans empowerment, ni décision médicale partagée -, sur la misogynie médicale et culturelle et sur d'autres facteurs qui composent un contexte délétère pour la santé des femmes. Les soins se font dans le cadre d'une relation médecin/patient déséquilibrée, teintée de pouvoir, de commerce - offre qui crée la demande, d'une part, comportement consumériste, d'autre part - et d'autres influences externes qui la déformentet et la réduisent à un instrument de la logique mercantile néolibérale.

Dans un tel contexte, rien ne permet un changement du système menant à l'avènement d'un système dans l'intérêt de la santé. Le système structurellement déformé par la surmédicalisation se reproduit avec des adaptations infimes, en surface, qui arrivent après des scandales médicaux et médicamentaux. Les media, jadis silencieux sur toutes ces questions, ont adopté une démarche sensationnaliste, cherchant le scandale, gonflant la moindre information sur des risques. Au lieu d'élaborer une politique cohérente de santé qui induirait une refonte globale du système de santé et de soins et limiterait la surmédicalisation, les autorités réagissent au coup par coup, au gré des scandales, par des décisions arbitraires. Un médicament a-t-il des risques non décrits dans les RCP françaias auparavant ? Un médicament a-t-il été prescrit dans des indications hors AMM? Au lieu d'en limiter l'usage aux cas où son indication est raisonnable, aux cas des patients qui en ont besoin et n'ont pas d'autre recours, bref, au lieu de justifier leur démarche et de responsabiliser l'ensemble de la chaîne du médicament, les autorités jouent de plus en plus souvent la carte du retrait pur et simple du marché. Or on sait que beaucoup de médicaments peuvent être utiles et avoir un rapport bénéfices/risques favorable dans une certaine population restreinte, aux caractéristiques particulières. Le rapport bénéfices/risques devient défavorable lorsque les médicaments sont prescrits larga manu, à des patients qui ont d'autres caractéristiques, d'autres médications, d'autres risques... Et l'on sait que l'industrie pharmaceutique pousse à la prescription de plus en plus large. Dans un tel cas, l'attitude raisonnable consiste-t-elle à retirer les médicaments du marché ou à réglementer pour mieux encadrer l'usage par diverses populations? Quid des médicaments prescrits hors AMM dans des maladies rares, pour lesquelles il n'existe aucune indication? Lorsqu'un médicament est utile à un patient grâce à un effet secondaire, faut-il interdire la prescription parce qu'il ne s'agit pas de l'AMM? C'est là l'un des effets pervers de l'affaire Médiator, qui pose de nombreux problèmes, parmi lesquels la disparition de la liberté de prescription et la prévalence de la bureaucratie sur l'intêrêt de la santé du patient

L'intérêt de la santé du patient exigerait un traitement/une prescription au cas par cas, et non pas une démarche administrative générale, gérée par les ordinateurs de la Sécurité sociale, qui peuvent rejeter une ordonnance sans recours possible. Nous allons vers un monde à la Kafka, avec des réglementations absurdes, des décisions non fondées, non explicitées, une bureaucratie et une administration illisibles. Le "monde administré" craint par les théoriciens de l'Ecole de Francfort, nous le vivons déjà: depuis l'administration qui pousse à la médicalisation et surmédicalisation (fortes incitations à des dépistages réguliers de cancers (et autres maladies) et à des bilans réguliers inutiles, qui déforment toute notion de prévention) jusqu'à l'administration qui fait des ordinateurs de la caisse primaire d'assurance maladie les seuls juges d'une prescription, sans régulation humaine possible.

Et nous, usagers et patients, nous continuons à accepter ce monde administré par diverses technosciences, qui met notre vie en coupe réglée; nous continuons à nous dire victimes, sans changer notre comportement, donc sans chercher à imposer en France aussi une variante de l'empowerment reconnu ailleurs comme la seule issue possible. Certes, l'empowerment et ce qu'il implique - décision médicale partagée, exercice de l'esprit critique, responsabilité partagée, etc. - ne serait pas aussi confortable que notre ignorance, puisqu'il nous enlèverait nos illusions de tranquilité, de risque zéro et d'abandon de la responsabilité aux techniciens experts du domaine médical.

Absurdités administratives, lâchetés du monde médical comme des usagers, recherche de profit - le système actuel pousse à la recherche de boucs émissaires et de pseudo-solutions qui permettent la reproduction de l'essentiel au prix de modifications cosmétiques, en surface. Le Planning familial est pris comme bouc émissaire dans une querelle aux contours bien plus vastes, qui fait ressortir nombre de défauts systémiques et de vieux démons - remise en cause de la contraception et de certains droits des femmes - qui ressurgissent régulièrement, comme un retour du refoulé...

La rencontre avec Véronique Séhier me replonge dans un domaine dans lequel j’ai été très investie pas le passé : militer pour le droit des femmes, réfléchir à tout ce qui entrave ces droits, étudier la littérature féministe, en développer certains aspects et contribuer à faciliter leur compréhension, leur connaissance et leur applicabilité aux questions de la vie quotidienne, puis formuler des analyses critiques de la double socialisation et de la double domination – masculine et capitaliste – que subissent les femmes.

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03/02/2013

Expertise et conflits d’intérêts: les deux bouts de la même lorgnette? (Débat le 4 février)

Dans le programme de l’Association des Amis du Monde diplomatique (voir son site): prochaine amis_md_LOGO.jpgconférence à la scène nationale de la Rose des Vents (Boulevard Van Gogh à Villeneuve d’Ascq, métro Hôtel de ville)

Lundi 4 février à 20h:
Expertise et Conflits d’intérêts : les deux bouts de la même lorgnette ?

Avec

  • Elena PASCA, philosophe, administratrice à la Fondation Sciences Citoyennes, animatrice du blog « Pharmacritique »
  • Renaud LAMBERT, journaliste, rédacteur en chef adjoint au Monde diplomatique, membre de l’observatoire des médias ACRIMED

« La presse se targue d’inviter les meilleurs experts pour parler de l’actualité. Nos élus font de même avant d’imposer une décision forcément éclairée. C’est aussi le cas de nos grands entrepreneurs pour ouvrir de nouveaux marchés. Ces experts occupent aujourd’hui des positions stratégiques. Les conflits d’intérêts ne sont pas loin lorsque qu’un économiste universitaire, membre d’un conseil d’administration d’une institution financière, peut servir la même soupe aux trois secteurs précédents. Que dire aussi de médecins affiliés à de grandes entreprises pharmaceutiques, qui se trouvent en même temps dans des organismes de veille sanitaire ou du médicament. Parfois, le réseau d’influences est tellement étendu qu’on parle de « ghost management » : une gestion invisible mais omniprésente. Ce réseau s’exerce de la conception à la réalisation de recherches, jusqu’aux applications techniques et à l’information du public comme des professionnels.
Pour avoir des expertises indépendantes, et donc une réduction des risques, ne faut-il pas mettre en œuvre une déontologie de l’expertise ? Les citoyens ne doivent-ils pas exiger un cadre législatif et juridique qui protège leurs intérêts et leur assure une information transparente et complète sur les conflits d’intérêts ? »

**

Merci à Bertrand Bocquet et à toute l'équipe Lille et Nord de l'Association des Amis du Monde Diplomatique chargée de l'organisation, de l'accueil, du programme de débats, etc. 

27/12/2012

"Mourir sur ordonnance: Un père enquête sur l’industrie pharmaceutique"...

Terence H. YOUNG, Mourir sur ordonnance : Un père enquête sur l’industrie pharmaceutique, pierre biron,terence h young,mort sur ordonnance,prepulsid effets indésirables,médicaments décès,effets indésirables pharmacovigilance,cisapride effets indésirables,cisapride effets cardiovasculaires,prescription hors amm,reflux gastro-oesophagien médicaments risques,johnson & johnson,information effets indésirables,médecine profit commerce,industrie pharmaceutique profit,médecins responsabilitéMontréal, Écosociété, 2011, 352 pages. Préface de Jean-Claude St-Onge (auteur de L’Envers de la pilule). Traduction par Françoise Forest et Geneviève Boulanger

Légende de la photo :

La première de couverture de la version française montre une épitaphe (fictive) : VANESSA CHARLOTTE YOUNG (l984-2000) PREPULSID – POSOLOGIE 50 MG PAR JOUR

Recension par Pierre BIRON*

Professeur honoraire de pharmacologie à l’Université de Montréal (auteur de l’Alterdictionnaire médico-pharmaceutique anglais-français, présenté en détail à la fin de cet article).

« Une nuit de terreur » est le titre approprié du chapitre premier d’un livre remarquable qui se lit comme un roman sauf que tout est vrai. L’ouvrage constitue un documentaire dramatique rédigé par un député fédéral canadien du parti Conservateur (comparable à l’UMP) d’une ville de la province de l’Ontario, Canada, dont la jeune fille est morte devant lui d’un effet indésirable rare mais grave d’un médicament qui n’aurait jamais du demeurer sur le marché au Canada et n’aurait jamais du être prescrit à sa fille.

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