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09/08/2009

Tous les antipsychotiques augmentent le risque d’hyperglycémie grave chez les diabétiques âgés, entre autres effets secondaires sévères

Une étude publiée dans le numéro du 27 juillet des Archives of Internal Medicine par Lipscombe et al. sous le titre “Antipsychotic Drugs Démence.jpgand Hyperglycemia in Older Patients With Diabetes” (Arch Intern Med. 2009;169(14):1282-1289) montre que les personnes âgées diabétiques qui se voient prescrire un antipsychotique / neuroleptique pour la première fois ont un risque augmenté de faire un épisode sérieux d’hyperglycémie, tout particulièrement pendant les deux premières semaines de traitement. Cela s’ajoute aux nombreux autres effets secondaires sérieux, et notamment aux troubles cardiovasculaires et au diabète que ces médicaments peuvent provoquer.

Il faudrait penser aussi à la quantité souvent astronomique de médicaments que les personnes âgées prennent depuis des années, avec des risques très élevés de iatrogénie, ne serait-ce qu'à cause des interactions médicamenteuses non surveillées.

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23/06/2009

Cyclothymie et psychodiversité. Les traitements en question

Par Régis Blainmédocs ou pas Flickr creative commons.jpg

La réintroduction du concept de cyclothymie permet un débat sur la définition de la bipolarité, du choix des traitements pharmacologiques ou non et surtout sur la notion de psychodiversité dans une société néo-libérale "productiviste" déshumanisée.

Crédit photo: Creative Commons/ Flickr

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09/10/2008

Eli Lilly : 62 millions de dollars pour les dégâts causés par le Zyprexa prescrit hors AMM. Et le pire est à venir

Le New York Times du 6 octobre nous informe que la firme Eli Lilly doit payer 62 millions de dollars à 33 Etats américains qui l’ont Zyprexa News.jpgpoursuivie en justice au nom des lois de la protection des consommateurs.  En attendant l’issue du procès intenté par l’Etat fédéral, les assureurs et les actionnaires, selon la loi RICO réprimant les organisations mafieuses et corrompues (cf. notre note).

Des analystes estiment que le procès à venir devrait aboutir à un milliard de dollars d’amendes et de restitutions à ces tierces parties qui ont payé pour rembourser le Zyprexa° (olanzapine) ou ont investi sur la base des affirmations mensongères d’Eli Lilly, qui a délibérément occulté les effets secondaires pourtant connus depuis les essais cliniques. La firme devrait plaider coupable, là encore, de marketing illégal.

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18/09/2008

Eli Lilly sera jugée pour Zyprexa selon la loi RICO, réprimant les organisations mafieuses et corrompues…

Les procureurs états-uniens et le milieu juridique fédéral avaient averti il y a quelque temps les firmes pharmaceutiques que, vu les dérapages Mafia 2.jpgde plus en plus nombreux, le moment allait venir où la justice sortirait de plus en plus facilement l’artillerie lourde, à savoir la loi RICO : the Racketeer Influenced and Corrupt Organizations Act… Cette loi a été promulguée dans les années 70, afin de créer un outil juridique capable d’instruire et de réprimer toutes les dimensions du crime organisé perpétré par des organisations de malfaiteurs telles la Mafia…

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23/07/2008

"Complément d'enquête" sur les effets indésirables du Zyprexa et les pratiques d'Eli Lilly

Extrait de l'émission "Complément d'enquête" en date du 21 janvier 2008 sur les effets indésirables du Zyprexa (olanzapine), son efficacité douteuse et les méthodes d'Eli Lilly pour le vendre; et ce non seulement dans la schizophrénie, mais aussi dans la migraine, l'addiction au jeu, le bégaiment, la nausée, le trouble bipolaire, chez les enfants... Même une promotion très lourde, dont fait état ce rapport de l'Etat du Vermont, par exemple, n'arrive pas à cacher longtemps les défauts du Zyprexa. Lisez aussi la note parlant de la charge violente du juge Weinstein contre les autorités sanitaires qui ont fermé les yeux. Puis regardez cet ancien visiteur médical d'Eli Lilly qui nous dit que la firme a choisi d'occulter les effets indésirables du Zyprexa.

Procès Zyprexa: charge virulente du juge contre les autorités sanitaires qui ont laissé faire Eli Lilly

Le juge new-yorkais Jack Weinstein a prononcé le 17 juillet les arguments en ouverture du procès contre Eli Lilly pour les effets indésirables 1908805734.jpgde l'antipsychotique Zyprexa (olanzapine). Pharmalot a scanné le texte, qu’on peut lire sur cette page.

Il contient une charge d’une rare véhémence contre les instances publiques de régulation, les autorités sanitaires et particulièrement contre l’agence du médicament (FDA). Que ne donnerions-nous pas pour avoir un jour un cadre législatif-juridique qui permette à nos juges de nommer un chat un chat, et ce publiquement ! On peut toujours rêver…

Quelques liens sont insérés à la fin du texte, pour plus de détails sur l'affaire Zyprexa.

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24/05/2008

"Selling Sickness", documentaire sur le disease mongering ou façonnage de maladies. Médicaliser les bien-portants pour vendre plus de médicaments

Titre complet : “Selling Sickness. An Ill for Every Pill” (Vendre des maladies. Une maladie pour chaque médicament), 2005. Co-écrit par Ray Moynihan et inspiré du livre de Moynihan et Alan Cassels évoqué dans cette note.

Le documentaire peut être visionné sur cette page. A noter qu'une conférence internationale a eu lieu, sous le même titre (Selling Sickness), en avril 2006 à Newcastle (Australie). Les thèmes habituellement évoqués y ont été traités, c'est-à-dire des symptômes ou gênes divers vaguement définis comme des maladies ou des syndromes afin de vendre ou de recycler des médicaments ou des me-too - ou encore afin d'élargir la part de marché de telle classe de médicaments; il s'agit la plupart u temps d'antidépresseurs ou autres psychotropes.

Les maladies inventées en question sont telles que: dysfonction sexuelle féminine, trouble bipolaire (redéfinition d'une psychose maniaco-dépressive dont la vieille description ne faisait pas vendre et ne donnait pas envie de s'identifier aux symptômes...), mais aussi des entités controversées dont il n'est pas sûr qu'il s'agisse de maladies inventées: et je pense notamment au syndrome des jambes sans repos.

Les limites du concept sont visibles ici aussi, car si l'apport de cette critique de la médicalisation (surmédicalisation, surmédicamentation - surconsommation et consumérisme - marketing et conséquences de la recherche du profit à tout prix) est indéniable, il ne faudrait pas que le disease mongering / condition branding serve de prétexte pour ignorer ou rejeter des syndrômes ou des maladies que la médecine ne connaît pas bien ou ne peut pas suffisamment bien définir ni objectiver par l'imagerie ou la biologie médicale. 

A noter que la revue PLoS Medicine a publié les écrits de la conférence de 2006 à Newcastle, qui sont accessibles sur cette page.

*

Dans le documentaire, il est question - à partir de la critique du « disease mongering » ou « condition branding » (« branding diseases »: inventer / fabriquer des maladies ou élargir la définition de celles existantes) - des méthodes sans scrupules de l’industrie pharmaceutique pour augmenter ses profits et de leurs conséquences. Les psychotropes, et surtout les antidépresseurs tels le Deroxat/ Seroxat/ Paxil de la firme GSK, sont les exemples les plus significatifs. La médicalisation de l’enfance aussi, quand on diagnostique des troubles de comportement partout…

Et comme le dit le psychiatre David Healy, tant que les données brutes - et non édulcorées - des essais cliniques ne seront pas accessibles, le marketing continuera son travail d’érosion de la science médicale. Parce que, contrairement à ce que pense le grand public, on ne peut pas séparer la publicité, qui serait du marketing pur, des essais cliniques qui, eux, seraient de la science pure. Non, on en est arrivé au point où les essais cliniques eux-mêmes, manipulés et réécrits, sont le principal outil de marketing, souligne Healy.

(On peut se référer au récent éditorial du JAMA, traduit par Pharmacritique, pour voir qui écrit les études médicales et comment la manipulation se fait de la rédaction jusqu'à la publication et aux commentaires dans la presse médicale, bien avant d'en arriver aux campagnes de publicité directe...) 

Et la question fondamentale que pose cette médicalisation, cette normalisation par les médicaments, est celle d’une véritable mutation anthropologique que risque d’entraîner l’industrie pharmaceutique à travers la médecine : un changement profond de la perception de ce qu’est un être humain, conclut Healy.

 

L’humanité, c’est une infinité de potentialités, de nuances psychiques, comportementales, relationnelles, biologiques, psychosociales… C’est l’unicité et la spécificité de chaque être humain qui risque de disparaître au profit d’individus permutables, interchangeables, taillés dans le même moule et identifiés à leurs rôles socio-économiques, comme je l’ai dit dans les notes réunies sous la catégorie Normalité, contrôle social, culture psy.

 

Voir aussi les notes de la catégorie "Disease mongering, façonnage de maladies, invention de maladies", accessibles à partir de cette page, ainsi que les notes sur la prévention et l'abus de prévention, sur la surmédicalisation et surmédicamentation, etc. 

 

Elena Pasca

 
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