Avertir le modérateur

31/12/2007

Actos, Avandia: risque d'insuffisance cardiaque augmenté de 70%

Un article paru en 2003 dans une revue américaine spécialisée.

Le contenu est toujours d’actualité, puisqu’il est Actos 1.jpgquestion des effets indésirables non seulement d’Avandia (rosiglitazone), mais aussi d’Actos pioglitazone).

Actuellement, le laboratoire producteur d'Actos, Takeda Abbott, se frotte les mains et profite de la débâcle de son principal concurrent, Avandia de GSK. Mais Actos n'est pas moins nocif, même s'il ne semble pas avoir attiré autant l'attention sur lui pour des attaques cardiaques.

Mais le profil de sécurité de ces médicaments est quasiment identique, puisqu'ils font partie de la même famille et que leurs effets secondaires sont des effets de classe. Autrement dit, ils sont bonnet blanc et blanc bonnet, comme je l'ai dit dans une note antérieure (Glitazones: encore sur le marché??)

 

Ce n’est pas pour rien que la revue « Prescrire » dit que médecins et patients doivent se passer de toute la classe de thiazolidinediones ou glitazones… La revue allemande indépendante "Arznei-Telegramm" dit la même chose depuis plusieurs années. Cette classe de médicaments n'a plus de raison d'être autre que l'intérêt financier des firmes pharmaceutiques...

 

A titre informatif, voici le RCP (résumé des caractéristiques du produit) établi par l'agence européenne du médicament (EMEA)

 

*

 

Les grandes lignes de l’article de 2003 reprises sur ce site belge. C'est rare de trouver quelque chose en français...

*

"Les Thiazolidinediones (TZD) augmentent le risque d'insuffisance cardiaque de 70% chez les patients porteurs d'un diabète type 2

Les Thiazolidinediones (TZDS) augmentent le risque d'insuffisance cardiaque chez les patients porteurs d'un diabète type 2 et de tels médicaments ( Actos, Avandia ) devraient être employés avec prudence quand des symptômes d'insuffisance cardiaque sont présents. La nouvelle recherche révèle que ce risque est de près de 70%, et vient de paraître dans le numéro de Novembre de Diabetes Care. Elle est basée sur une étude rétrospective de 33.544 diabétiques de type 2 traités par un médicament hypoglycémiant oral de 1995 à 2001. Parmi ceux ci 5.441 patients ont été traités avec un TZD et 28.103 n'en ont pas reçu. L'incidence d'insuffisance cardiaque après 40 mois de suivi fut de 8.8 % et 5.5%, respectivement dans le groupe TZD et le groupe de contrôle.
Le message pour les cliniciens est que ces médicaments ne devraient pas être prescrits aux patients insuffisants cardiaques et que lorsqu'ils sont donnés à d'autres patients un ajustement des doses peut être requis si des symptômes d'insuffisance cardiaque apparaissent.

Diabetes Care 2003;26:2983-2989."

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

Mise à jour avril 2011

Tous les articles sur les effets secondaires des glitazones (Avandia, Actos...) et d'autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (lantus et autres insulines, etc.) sont accessibles en descendant sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/diabete_avandia_actos_insuline/


28/12/2007

Un superviseur d'Avandia recasé dans l'humanitaire et la pharmacovigilance ou L'ubiquité des conflits d'intérêts

De la nouvelle loi sur la sécurité sanitaire aux USA à Avandia et aux vaccins... ou comment tout se tient...

Un dirigeant de GSK impliqué dans le scandale Avandia (voir les notes à ce sujet, sous la catégorie "Diabète, insuline, Avandia, Actos, Lantus...") en quête de nouveaux marchés et moyens d'influence?

Bush aura rendu service jusqu'au bout à ses copains industriels… Fin septembre a été votée aux Etats-Unis une nouvelle loi sur les attributions de la FDA (Agence américaine de sécurité sanitaire). Elle facilite l’emprise financière de l'industrie pharmaceutique sur la FDA, à travers la taxe que les laboratoires paient pour voir leurs médicaments examinés rapidement en vue d’une homologation (obtention d’une autorisation de mise sur le marché ou AMM). C'est une forme de conflits d'intérêts et un moyen d'influence, puisque le contrôlé paie le contrôleur et que plus l'agence du médicament autorise de nouvelles molécules, plus elle gagne d'argent. Il en va de même de l'homologue française de la FDA: l'AFSSAPS (sécurité des produits de santé). La fondation indépendante Public Citizen en livre une excellente analyse:

http://www.autodealerscam.org/pressroom/release.cfm?ID=12...

La loi donne de nouvelles prérogatives de pharmacovigilance à la FDA, tout en restant dans le flou artistique quant aux modalités concrètes. Et quand on veut noyer le poisson, on forme une commission de "réflexion", telle la Commission Reagan-Udall aux Etats-Unis, dont certains membres ont déjà défrayé la chronique par leurs liens financiers avec l’industrie pharmaceutique.

Tadataka YAMADA était le chef du département GSK qui supervisait l’essai clinique de la rosiglitazone (Avandia) du temps où la firme faisait pression sur le Dr John Buse, spécialiste du diabète, conseiller de GSK et investigateur principal de ce médicament (cf. les notes précédentes). Les méthodes de ce dirigeant de GSK sont détaillées aussi dans le rapport sénatorial américain sur le scandale Avandia.

The Intimidation of Dr. John Buse and the Diabetes Drug Avandia http://finance.senate.gov/press/Bpress/2007press/prb11150...

*

Eh bien, compte tenu de son « expérience », Tadataka Yamada a été nommé dans la Commission Reagan-Udall, créée par la nouvelle loi pour "réfléchir" à de nouvelles méthodes que la FDA pourrait appliquer afin de concilier science, efficacité et … profil de sécurité ( !) des médicaments et dispositifs médicaux. Selon le blog PharmaLot - excellente source d’information médicale indépendante -, cela équivaut à nommer le renard gardien du poulailler…

http://www.pharmalot.com/2007/11/foxes-enter-fda-foundati...

Voici donc un gros bonnet débordant de conflits d’intérêts (et autres allégeances) chargé de décider comment les autorités sanitaires publiques doivent évaluer le rapport bénéfice - risque des médicaments… S’il généralise sa méthode - museler les scientifiques qui attirent l’attention sur les risques, tels le Dr Buse avec Avandia – il est possible que les notices des médicaments ne comportent plus de paragraphe « effets secondaires »... On pourra toujours dire que ça évite les angoisse des patients…

*

Cerise sur le gâteau, Yamada est passé récemment de GSK à la Fondation Bill et Melinda Gates, où il est chargé de questions de santé… humanitaire ( !). La fondation pensait se servir de son carnet d’adresses, par exemple pour convaincre la firme GSK de développer un vaccin contre la malaria…

Bel exemple de la perversion qu’entraînent les conflits d’intérêts et les vassalités de toute sorte. L’humanitaire va créer un marché pour un vaccin et d’autres médicaments, la charité va amener des cobayes pour des essais cliniques Le laboratoire GSK a déjà de l’expérience dans l’instrumentalisation du tiers monde à des fins de profits (cf. les deux vidéos citées dans la note sur Avandia, Deroxat, GSK, et plus généralement les notes de la catégorie "Nord-Sud: cobayes, corruption, humanitaire...").

Quant aux vaccins, nul doute que la position de Tadakata Yamada au sein de la FDA aidera GSK à faire homologuer le Cervarix. Ce vaccin produit par GSK et censé protéger contre le cancer du col de l'utérus - en fait contre deux souches de papillomavirus (HPV 16 et 18) - a été recalé pour le moment par la FDA. Mais autorisé très rapidement en Europe... Sans doute parce qu'il y a des humanitaires tels Monsieur Yamada bien placés dans les commissions européennes "compétentes"...

On avait vu l’humanitaire servir des fins militaires, on le voit servir des fins industrielles et des fins "d'image" de Microsoft. Dans tous les cas, c’est l’argent qui parle et qui ne laisse plus rien d'humain là-dedans.

Quant à la FDA, on pourrait dire qu’un conflit d’intérêts de plus ou de moins… Tant que l’administration Bush est là et que les républicains (droite américaine) gardent des moyens suffisants pour garantir les intérêts des firmes, la situation n'a aucune chance de s'améliorer.

Toute analogie avec la France est justifiée, en pire, même, puisque nous n’avons aucun moyen législatif et juridique qui permettrait d’agir et de résister ! Et que nos journalistes comme nos hommes politiques ont d’autres… intérêts !

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

Mise à jour:

vous pouvez accéder à toutes les notes sur Avandia, Actos et les autres glitazones, Competact et les autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (Lantus...) à partir de cette page (descendre sur la page pour un accès aux articles, du plus récent au plus ancien).

21/12/2007

Vidéos sur GSK: Avandia, Deroxat, pratiques douteuses...

Deux excellentes vidéos anglophones nous apprennent pas mal de choses sur le laboratoire britannique GlaxoSmithKline, GSK logo 2.jpgproducteur d’Avandia et du Deroxat (Seroxat, Paxil, paroxétine), entre autres. Deroxat qui a été l'objet d'un scandale dont on n'a pas entendu grand-chose en France, comme d'habitude... GSK se dispute la première place mondiale avec Pfizer, avec un chiffre d’affaires qui donne le tournis. En 2006, les rentrées de GSK étaient de 31.000 dollars par minute… Sans surprise, la firme soutient un candidat républicain à la présidence américaine…

RealGlobalNews.Com - GSK: http://www.youtube.com/watch?v=0OhcmaAf_zE

L’histoire de GSK semble assez mouvementée, même pour une firme pharmaceutique… Corruption massive de médecins révélée en Italie, pour faire prescrire ses produits, fraude et inflation des prix aux Etats-Unis, scandales pour avoir essayé d’empêcher la commercialisation massive de génériques et la production de copies bon marché de médicaments anti HIV, amendes faramineuses payées aux Etats-Unis à cause de ses pratiques peu recommandables, implications pas très claires dans la guerre en Irak, etc.

L’une des vidéos rappelle que le PDG de GSK, Jean-Pierre Garnier, quittera la direction de la firme en mai 2008 et se demande si cette retraite sera profitable à sa conscience, au moins tout autant qu’à ses comptes en banque…

GSK-JP Garnier-Seroxat-Avandia

http://www.youtube.com/watch?v=CsQlmB6qPCY&feature=related

*

Ce n'est pas par hasard que l'on évoque le PDG de GlaxoSmithKline, puisque, selon l’enquête sénatoriale américaine sur Avandia (rosiglitazone), il était au courant des pressions exercées sur le Dr John Buse, spécialiste du diabète, conseiller de la firme et investigateur principal dans l’essai clinique. Ce médecin a parlé publiquement des risques cardiovasculaires dès 1999, puis a averti la FDA (agence américaine du médicament), avant d’être réduit au silence par GSK.

On le sait moins, mais c’est Buse qui a averti le Dr Steven Nissen, cardiologue réputé et auteur principal de la méta-analyse publiée par le New England Journal of Medicine, qui a mis en évidence un risque augmenté de plus de 40% d’avoir une complication cardiaque sous Avandia (détails dans la note qui reprend les grandes lignes de l'article). C’était la première d’une série d’études et éditoriaux dans des grandes revues médicales, avec des conséquences concrètes grâce à l'enquête parlementaire américaine.

The Intimidation of Dr. John Buse and the Diabetes Drug Avandia

http://finance.senate.gov/press/Bpress/2007press/prb111507a.pdf

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

Mise à jour avril 2011

Sur Avandia et ses effets secondaires, ainsi que sur les autres glitazones, il y a beaucoup d'articles sur Pharmacritique, que vous pouvez lire à partir de cette page.

18/12/2007

Glitazones, Avandia - encore sur le marché??

Des commentaires découlant des deux notes précédentes et qui se résument à une question :

 

 

Pourquoi les glitazones / thiazolidinediones ont-elles été autorisées et sont-elles encore sur le marché ? Pourquoi testons-nous (oui, nous, les cobayes humains!) encore ce type de médicaments, puisqu’ils se sont révélés tellement nocifs ? Car c’est bien d’une expérimentation grandeur nature qu’il s’agit, puisqu’il suffit d’ouvrir notre vénérable Vidal pour lire qu’AVANDAMET (rosiglitazone + metformine, un antidiabétique classique) n’a jamais été testé, par exemple !! Personne ne peut dire ce qu’il fait ou ne fait pas, il n’y a pas eu d’essais cliniques avec ce médicament ! On l’administre en masse, on empoche les profits, et advienne que pourra !

 

En partie parce que les firmes cachent les résultats négatifs des études et essais cliniques c’est l’un des multiples moyens de désinformation dont ils se servent. (Il faudra revenir sur cet aspect et donner quelques références, parce qu’il s’agit d’une pratique courante et régulièrement dénoncée dans la presse médicale indépendante).

Des informations telles que le New England Journal of Medicine (cf. note précédente)en livre sur le sort des glitazones déjà testées et abandonnées sont très précieuses lorsqu’il s’agit de se prononcer sur un autre médicamentde la même classe, compte tenu du fait que la toxicité cardiovasculaire semble être un effet de classe… Cela dit, la plupart du temps, ces données sont inaccessibles, bien cachées par les firmes qui ont le droit de s'asseoir dessus (secret industriel, secret de production, etc.). Même pour un médicament déjà approuvé, les laboratoires ont le droit de ne publier que les études dont les résultats sont favorables au médicament. S’il y a 10 études sur le médicament X, dont 7 défavorables pour cause d’effets secondaires, 1 passable et 2 plutôt favorables, rien ni personne n’oblige le laboratoire à publier les 7 études défavorables.

D’où l’importance d’un registre public de tous les essais cliniques, facilement accessible par tous, avec l'obligation de publier les résultats et de ne rien passer sous silence. Ce qui éviterait qu’un médicament que tel laboratoire a laissé tomber pour cause de toxicité soit repris quelques années après, avec des modifications de surface et dans d’autres indications, et que les investigateurs excluent d’emblée de l’analyse les paramètres qui posaient problème auparavant. Si on ne mesure pas tel paramètre, l’effet cardiovasculaire, par exemple, on ne risque pas d’avoir des résultats négatifs de ce type… C’est le maquillage d’un agent toxique en médicament miracle dans une autre indication… et il faut du temps pour que les effets secondaires se manifestent et à large échelle, qu’ils soient pris au sérieux par les autorités sanitaires (AFSSAPS, HAS en France) dont la tendance naturelle est de protéger les laboratoires, leur propriété intellectuelle, en minimisant les effets secondaires… Si jamais les médecins signalent les effets secondaires, ce qui est une obligation prévue par la loi, mais largement ignorée par les médecins français… Il y a plein de prétextes de ce genre pour que les laboratoires continuent à faire des profits le plus longtemps possible, même en sachant que tel médicament devra être retiré du marché à terme…

*

Un article de Philippe Masquelier sur le site du Formindep aborde le sujet des études non publiées : La transparence de l’industrie pharmaceutique s’arrête là où ses intérêts financiers commencent .

On aimerait voir plus d’articles de ce type sur ce site prometteur, mais un peu trop uniforme et trop centré sur la formation médicale continue. La formation des médecins n’est qu’une infime partie d’un problème que le Formindep gagnerait à analyser plus en profondeur, dans toutes ses dimensions. Et en offrant la possibilité aux usagers de s’associer à la critique, sur des aspects qui peuvent susciter un débat public et déboucher sur un mouvement éthique.

Voir les autres articles sur les effets indésirables d'Actos, Avandia, Competact (des glitazones en général), accessibles en descendant sur cette page.

Elena Pasca

Avandia (rosiglitazone): usage fortement limité au Canada

Article paru initialement sur le site du Formindep

Avandia® – rosiglitazone : restrictions drastiques au Canada. Que fait l’AFSSAPS en France ?

"Le ministère canadien de la santé, Santé Canada, a récemment rendu publique sa décision de limiter fortement l’usage de la rosiglitazone (Avandia®), sous forme d’une lettre du Directeur Médical de GlaxoSmithKline, datée du premier novembre 2007 adressée aux professionnels de santé. Cette décision fait suite aux études mettant en évidence l’augmentation importante des risques cardiaques. Au mois de juillet, l’agence américaine du médicament (FDA) estimait à 83 000 le nombre d’attaques cardiaques dues à la rosiglitazone (Avandia®), commercialisée dans le traitement du diabète de type 2. Ce dont le Formindep a rendu compte récemment, en rappelant que l’enquête diligentée par des hommes politiques étatsuniens depuis mai 2007 avait permis de faire éclater publiquement la vérité, bâillonnée à la fois par la firme GSK et par la FDA.

Voici les principales mesures annoncées par Santé Canada :

  • « L’emploi de la rosiglitazone (Avandia®) n’est plus approuvé en monothérapie pour le traitement du diabète de type 2, sauf lorsque l’emploi de la metformine est contre-indiqué ou non toléré.
  • L’emploi de la rosiglitazone n’est plus approuvé en association avec une sulfonylurée [1] sauf lorsque la metformine est contre-indiquée ou non tolérée.
  • Le traitement par les produits contenant de la rosiglitazone est maintenant contre-indiqué chez les patients présentant tout stade d’insuffisance cardiaque (c.-à-d. classes I, II, III ou IV selon la NYHA). »

Cette politique volontariste de Santé Canada contraste avec la réaction somme toute timorée de la FDA, qui s’est limitée à apposer un deuxième label noir [2], sans interdire l’usage de la rosiglitazone en première intention. Ce qui permet à GSK de réaffirmer, sans rire, dans un communiqué de presse du 14 novembre 2007, que la rosiglitazone reste un traitement de référence dans la plupart des cas de diabète de type 2 et qu’elle a « un profil de sécurité et d’efficacité approprié et bien décrit ».

Attendra-t-on des années avant de voir l’AFSSAPS en France réagir et informer professionnels de santé et patients ? Attendra-t-on des années avant de voir une lettre de la firme GSK mettant en garde les professionnels de santé français ? Ou bien la firme applique-t-elle des critères différents en France, aux Etats-Unis et au Canada ? Il y a lieu de le croire, dans la mesure où GSK indique que ses communiqués de presse peuvent ne pas être les mêmes « sur chaque marché sur lequel opère GSK » [3]…

Ce qui nous amène à la racine du problème : attendra-t-on des années avant de voir les hommes politiques français s’intéresser à la santé de leurs électeurs et diligenter des enquêtes sur les pratiques des firmes et l’inertie des autorités sanitaires ? "

Elena Pasca

Les notes ont été ajoutées par le Dr Philippe Foucras, président du Formindep, que je remercie.

______________________________________________________________

[1] sulfamides hypoglycémiants

[2] Le “label noir” ou "black label warning" ou “black box warning” ou "boxed warning" est une mention obligatoire encadrée par un liseré noir qui est apposée aux Etats-Unis sur chaque boîte d’un médicament pour lequel existent des effets indésirables graves. C’est l’avertissement le plus fort exigé par la FDA.

[3] voir sur le site GSK.com, page Media Centre

Avandia (rosiglitazone) : crises cardiaques. Détails.

Quelques exemples pour étayer le propos de la note précédente par les faits cités dans une méta-analyse. Le New GSK logo 2.jpgEngland Journal of Medicine publiait en juin 2007 une étude passant en revue 42 études sur la rosiglitazone (Avandia) et mettant en évidence « Les effets de la rosiglitazone sur le risque d’infarctus du myocarde et de mort cardiovasculaire » .

Le texte intégral en anglais : http://content.nejm.org/cgi/content/full/NEJMoa072761</FO...< a>

Les risques cardiovasculaires sont tellement accrus que même les études financées par le laboratoire GSK les remarquent, ce qui ne va pas de soi… Sachant qu'une étude financée par un laboratoire pharmaceutique a cinq fois plus de chances d'être favorable au médicament étudié, on peut se demander quels auraient été les résultats d'une étude indépendante, sans conflits d'intérêts...

Les auteurs de la méta-analyse soulignent qu’une durée relativement courte de « traitement » (les guillemets sont de mise ici) suffit à provoquer une attaque cardiaque ou une mort par autre cause cardiovasculaire. Ce qui ne joue pas non plus en faveur du médicament, c’est le moins qu’on puisse dire… L’âge moyen des participants était de 56 ans, donc les attaques cardiaques et les morts n’étaient pas imputables à une "involution" naturelle…

Comment explique-t-on ces effets aussi néfastes d’Avandia (rosiglitazone) ?

Les auteurs ont avancé plusieurs explications, montrant en fait qu’une seule de ces explications pouvait provoquer un infarctus ; sans parler de leur conjonction qui donne un cocktail explosif :

Avandia a un impact néfaste sur les lipides sériques, par exemple par la hausse du taux de LDL-cholestérol (le « mauvais » cholestérol, celui à densité réduite) et l’on connaît les effets délétères d’une telle hausse sur l’appareil cardiovasculaire.

-        Avandia provoque ou précipite aussi une insuffisance cardiaque congestive ; celle-ci a pour conséquence une demande accrue d’oxygène pour le myocarde, ce qui peut entraîner une attaque cardiaque.

 

-        La rosiglitazone réduit le taux d’hémoglobine, ce qui a un impact délétère sur l’oxygénation dans son ensemble et crée un « état de stress physiologique » pouvant mener à l’infarctus du myocarde.

-        Des études sur des rats ont montré que les animaux traités par rosiglitazone (Avandia) chez lesquels on induisait une attaque cardiaque expérimentale avaient plus de risques de mourir de cette attaque que des animaux subissant des crises cardiaques induites qui n’étaient pas traités par cette molécule.

D’autres détails en français dans la revue « Prescrire », qui conclut à juste titre que tous les médicaments de cette famille (glitazones) ont un rapport bénéfice – risque défavorable.

http://www.prescrire.org/aLaUne/dossierDiabeteGlitazones....

Les GLITAZONES ou THIAZOLIDINEDIONES : une famille de choc (cardiaque…), de génération en génération !

L’article du New England Journal of Medicine nous apprend que les laboratoires ont essayé une cinquantaine de médicaments de ce type appelés en jargon glitazones ou thiazolidinediones . Ils ont tous été rejetés par l’Agence américaine du médicament (FDA: Food and Drug Administration) ou alors les essais cliniques ont été interrompus à cause de leur toxicité, notamment cardiovasculaire

Cette toxicité a été constatée soit dans les études précliniques sur les animaux, soit dans les essais cliniques préliminaires sur les humains. Le MURAGLITAZAR a été rejeté par la FDA pour cause de toxicité cardiovasculaire trop importante. La TROGLITAZONE a été autorisée puis retirée du marché à cause de son hépatotoxicité…

Avec un tel palmarès, cette classe de médicaments aurait dû être condamnée depuis longtemps. Et pourtant, il y a toujours la rosiglitazone, seule ou entrant dans d’autres composés tels AVANDAMET. Et puis la PIOGLITAZONE (ACTOS), qui n’a pas de quoi inspirer confiance non plus…  On en reparlera.

La revue allemande indépendante Arznei-Telegramm a fait une excellente analyse des données de la méta-analyse du New England Journal of Medicine et a aussi pris en compte l'enquête sénatoriale américaine sur les pressions à l'encontre du Dr John Buse et des scientifiques de la FDA, qui réclamaient depuis un an un "label noir" (avertissement le plus fort sur l'existence d'effets secondaires graves) au moins pour l'insuffisance cardiaque.

Cf. la page 62 d'Arznei-Telegramm (reproduite ici avec d'autres pages):

"Plus d'infarctus du myocarde sous Avandia (rosiglitazone). Soupçon renforcé de cardiotoxicité " http://www.geburtshaus-bamberg.de/pdf/arznei-telegramm-HPV.pdf

*

POUR EN SAVOIR PLUS

Voir aussi cet article où j'ai parlé de l'alerte donnée aux Etats-Unis estimant le nombre potentiel de décès ainsi que du rôle du sénateur Charles Grassley dans l'affaire Avandia et d'autres alertes sur les risques des médicaments: "Avandia (rosiglitazone): 83.000 attaques cardiaques selon la FDA et le sénateur Charles Grassley".

Mise à jour:

D'autres articles sur Avandia, mais aussi sur d'autres traitements antidiabétiques sont accessibles à partir de cette page (catégorie "Diabète, Avandia, insuline, Actos, Lantus...")

Elena Pasca

copyright Pharmacritique

17/12/2007

Avandia (rosiglitazone): 83.000 crises cardiaques, infarctus... selon la FDA et le sénateur Charles Grassley

Ce médicament pourrait bien être un nouveau Vioxx, vu l’estimation faite par l’agence américaine du médicament sur les Avandia GSK.jpgattaques cardiaques attribuées à Avandia. L’information vient d’être rendue publique en France par un article que j'ai publié initialement sur le site du Formindep, avant de le reprendre ici. Voici le texte original, suivi d'explications et de liens informatifs.

« Rosiglitazone - Avandia©. Un médicament de la firme GSK aurait provoqué des dizaines de milliers de crises cardiaques »

"83 000 crises cardiaques supplémentaires depuis l’homologation de la rosiglitazone (Avandia®), selon des estimations de la FDA citées par la Commission des Finances du Sénat des Etats-Unis.

Lire la suite

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu