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03/04/2008

La Commission européenne abandonne l'information médicale aux firmes pharmaceutiques. Vive la publicité pour le profit! (Communiqué du Collectif Europe et Médicament)

"Le Collectif Europe et Médicament, Health Action International (HAI) Europe, l’International Society of Drug Bulletins (ISDB) et l’Association Internationale de la Mutualité (AIM) déplorent l’absence de véritable débat démocratique et le refus de la Commission de considérer les options privilégiant d’abord l’intérêt des patients et des citoyens européens."

Voici le document PDF intitulé "Les propositions de la Commission menacent la santé des citoyens européens et la pérennité financière des systèmes de santé des États membres" LettreOuverteInfoCommissairesEU Europe et médicament.pdf

Et la Lettre ouverte conjointe de 11 organisations aux membres de la Commission ENVI du Parlement européen, en particulier aux coordinateurs de cette Commission censée se soucier d'environnement, de santé publique et de sécurité alimentaire... Sans commentaires... La lettre s'intitule « "Information-patient" provenant des firmes pharmaceutiques : un débat confisqué ? LettreAuParlementRapport Europe et méd 31 mars 08.pdf

Lire aussi le communiqué du 22 février 2008:

Communication directe des firmes pharmaceutiques avec le public : La Commission européenne s’entête malgré l’opposition de la société civile


Quelques extraits (c'est nous qui soulignons en rouge) : 

"Après avoir pendant des mois prétendu que l’Europe est un désert d’information que seules les firmes pharmaceutiques seraient en mesure de combler, la Commission a finalement dû reconnaître l’existence de nombreuses sources d’information indépendantes de qualité, accessibles dans les différents États de l’Union européenne (c) (9). Pour tenter de justifier malgré tout son projet d’autorisation de la communication directe des firmes pharmaceutiques auprès des patients, les arguments de la Commission sont peu convaincants (1,9). Elle insiste à présent sur la nécessité « d’harmoniser les pratiques d’information-patient dans les États membres », dans une volonté d’égalité entre les citoyens européens. Mais égalité ne doit pas signifier nivellement par le bas, comme l’a montré l’expérience de la fiche diabète (d).

La Commission et les firmes se défendent de vouloir autoriser la publicité grand public pour les médicaments de prescription ; mais la Commission propose d’autoriser les firmes à communiquer auprès du public par tous les médias possibles : télévision, radio, documents imprimés activement distribués ou publiés dans les médias, matériel audiovisuel et écrit transmis par les professionnels de santé ! (1,10) Comment peut-on penser qu’une émission de télévision produite par une firme serait moins efficacement publicitaire qu’un écran publicitaire de 30 secondes ?

Préserver la liberté de choix des patients

Informer les patients, en s’adaptant au plus près à leurs attentes, implique une relation de confiance qui s'inscrit dans le coeur de métier des professionnels de santé, dans le quotidien de l’entourage du patient, dans le travail des associations de malades indépendantes et dans la mission des bulletins indépendants destinés au public (2,8).

L’information des patients doit leur permettre d’analyser ce qui les préoccupe, leur donner une idée réaliste de l’évolution de leur état de santé, les aider à comprendre si des investigations sont nécessaires, si des traitements existent et ce qu’ils peuvent en attendre, et les aider à partager ou à faire des choix parmi les options disponibles.

Pour être en mesure d’effectuer des choix véritablement éclairés, les patients ont avant tout besoin d’une information comparative fiable. Or ce critère majeur est justement arbitrairement exclu des critères de qualité proposés par la Commission européenne : « les comparaisons entre les médicaments ne doivent pas être autorisées » (1) ! Une information sur un seul médicament est lacunaire et biaisée dès lors qu’elle n’est pas replacée dans un contexte comparatif et qu’elle ne s’appuie pas sur une recherche documentaire méthodique et non biaisée. Prendre en compte les évolutions de la société européenne (vieillissement de la population, obésité, mais aussi passage en automédication de plus en plus de médicaments), nécessite, afin d’aider au mieux les patients, de renforcer et valoriser le rôle d’information des soignants de proximité et de faire cesser la confusion des rôles entre les différents acteurs (2).

Information provenant des firmes pharmaceutique = publicité.

L’argument selon lequel les firmes disposent d’informations clés pour justifier leur accès direct aux patients est hypocrite : quelles informations clés les firmes vont-elles donner aux patients qu’elles n’auraient pas données aux autorités et aux professionnels de santé ? Quelles informations clés les firmes vont-elles donner aux patients qui ne seraient pas présentées dans la notice ou les rapports d’évaluation disponibles en permanence sur la base de données européenne Eudrapharm et sur les sites des autorités sanitaires des États membres, conformément à la réglementation ? De nombreux exemples récents démontrent que les firmes n’ont pas pour habitude de divulguer certaines informations clés dont elles disposent, telles que les informations sur les risques liés à leurs médicaments (Vioxx°, Zyprexa°, Avandia°, Seroxat°, etc.) (e).

Le « manque d’une distinction claire entre publicité et information » est un écueil dans lequel la Commission est déjà tombé en 2002 (1). La définition de l’information proposée par la Commission est une définition par défaut : « la communication qui n’est pas couverte par la définition de la publicité doit être considérée comme de l’information » (f). Or, les critères de qualité proposés par la Commission européenne « pour distinguer l’information qui est autorisée de celle qui ne l’est pas » n’ont pas fait l’objet de consensus au sein du Forum pharmaceutique (11) et sont insuffisants par rapport aux besoins des patients (8). D’ailleurs, lors de la consultation organisée par la Commission en juin 2007, les firmes pharmaceutiques ont reconnu elles-mêmes que les frontières entre les informations qu’elles fournissent et la publicité ne sont pas claires (6). Les prétendus garde-fous quant au contenu des informations dispensées ne permettent pas de dissiper cette confusion. Au contraire, prévoir d’autoriser les firmes à « communiquer sur les études en cours » est une pratique marketing dangereuse. Elle encourage la création de la demande, favorisant ainsi le lancement commercial de médicaments étudiés dans de nouvelles indications sur la base de résultats partiels, ne permettant pas de recul quant à l’efficacité et à la sécurité d’emploi du médicament dans ces indications (1).

Dans un environnement très concurrentiel, les firmes pharmaceutiques sont tenues de défendre les médicaments qu’elles commercialisent au détriment des autres moyens préventifs ou curatifs, rendant l’"information" qu’elles délivrent promotionnelle par nature. Leurs conflits d’intérêts sont insurmontables. Les contrôles inefficaces, laissant le champ libre aux abus. Les contrôles de la publicité directe auprès des patients aux États-Unis ou de la publicité directe auprès des médecins en Europe sont un échec qui démontre leur inefficacité. Les autorités de contrôle se limitent à constater trop tard les abus, souvent après les premiers dégâts, et peinent à faire appliquer leurs sanctions (12,13).

À l’heure où l’Agence étatsunienne vient de renforcer son budget de plusieurs millions de dollars pour mieux surveiller la communication notamment télévisuelle des firmes en direction du public (14), les propositions de la Commission concernant le contrôle de l’information-patient relative aux médicaments de prescription sont minimalistes. Aucun contrôle a priori n’est prévu (…). Il est prévu que les sanctions interviennent a posteriori, une fois l’"information" diffusée et les premiers dégâts de santé publique constatés, et seulement « dans les cas de non respect sévères et répétés » (1) !" (...)

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