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03/06/2008

Les conflits d’intérêt: tare de naissance du Gardasil. Constella Group fait de la pub pour Merck et GSK, établit la liste d'agents oncogènes et recueille les effets secondaires au VAERS...

Il faut remonter un peu dans le temps pour mieux comprendre à quel point ce vaccin est un énorme conflit d’intérêts et sa généralisation une 357304613.jpg« folie » dans un vide démocratique qui permet des collusions d'intérêts entre politiques et firmes pharmaceutiques, comme le disait le Pr Alvarez-Dardet. Lorsque des hommes politiques nous vendent un vaccin avant même que les "experts" se prononcent là-dessus, on sait d'avance quelle sera la décision...

(C’est Alvarez-Dardet et l’excellente revue allemande indépendante Arznei-Telegramm qui ont ouvert le feu de la critique en Europe. Et l’opinion publique allemande est de plus en plus hostile au Gardasil (nous avons parlé de cela comme des analyses de la revue dans plusieurs notes réunies sous les catégories Gardasil (divers) et Gardasil : très critiqué à l’étranger).)

L’article d’un chien de garde (« watchdog ») américain, paru dans le Journal Sentinel en avril 2007, parle des débuts de l’affaire Gardasil, aux Etats-Unis, avec Merck dans le rôle principal (de distributeur de billets) et les institutions de santé publique comme figurants plumés… Entre les deux, l’une de ces sociétés privées spécialisées dans la sous-traitance médicale, travaillant par projets, sous contrat soit avec une institution publique soit avec un laboratoire privé. D’où leur nom : contract research organizations (CRO) ou sociétés de recherche sous contrat (SRC).

Mais il y a comme un léger problème quand la même CRO est payée en même temps par les autorités fédérales américaines et par un laboratoire, et ce pour travailler sur le même sujet… Un énorme conflit d’intérêt qui devrait suffire à lui seul à discréditer les produits de ce travail… Le Gardasil, en l’occurrence, puisque la CRO Constella Group a été partie prenante dès le départ.


Elle a par ailleurs été propriétaire d'une autre CRO appelée Future, d'où le nom qu'on voit apparaître ici ou là : Constella Futures.

Mais prenons les choses dans l’ordre (même s'il faut dire que la confusion et la complexité sont dans les faits et qu'il est impossible de les réduire...).

La CRO Constella Group a été payée en 2003 par les National Institutes of Health (institution publique gardasil merck lobbying,gsk cervarix lobbying,gardasil conflits d'intérêts,papillomavirus cancérigène gardasil,hpv agents cancérigènes constella,vaers constella merck gardasil,effets secondaires gardasil,société de recherche sous contrat pharmaceutique,hpv liste agents cancérigènes constella etats-unis,recherche médicale conflits d'intérêts,recherche médicale publique pharmaceutique,complexe médico-pharmaceutique vaccins conflits d'intérêtsqui chaperonne tout la recherche médicale publique et distribue les fonds) pour actualiser la liste fédérale des agents carcinogènes et y a introduit les HPV (papillomavirus humains), qui n’y figuraient pas auparavant. Elle l’a fait alors même qu'elle travaillait pour les firmes Merck et GSK (Gardasil et Cervarix), sans en dire un mot

Cela semble incroyable, et pourtant, une telle CRO n’a aucune obligation de déclarer ses clients privés. Il paraît qu'elle les avait déclarés par le passé, mais qu’elle ne le fait plus. Eli Lilly, AstraZeneca et Novartis figuraient parmi ces clients.

On imagine aisément l’aubaine et l’argument marketing extraordinaire pour Merck, que de pouvoir dire que le Gardasil protège contre deux virus reconnus par les autorités fédérales comme oncogènes. (Il faut dire ici que cela devait arriver de toute façon, puisque la grande majorité des chercheurs pensent effectivement que certains types de HPV sont oncogènes. Même si certains détails restent controversés, comme l'existence dun petit nombre de cancers du col sans trace de papillomavirus et le fait que d'autres co-facteurs sont nécessaires pour qu'une infection ne soit pas éliminée par le système immunitaire et évolue lentement vers une dysplasie de moyen puis de haut grade et éventuellement vers un cancer).

On voit bien qu’une telle société de recherche sous contrat n’est pas là pour faire de la « science » sans intérêts autres… Le dévouement à son client Merck est exemplaire. Il n’en va pas de même pour les clients publics, mais ceux-ci ne sont certainement pas en mesure de payer aussi bien… N’empêche, apparemment la politique de la maison est de manger à tous les râteliers, vu que Constella Group est aussi sous contrat avec les autorités publiques pour recueillir les… effets secondaires des vaccins et les transmettre aux autorités fédérales. Il s’agit de tous les vaccins, incluant donc ceux commercialisés par les clients privés de la CRO et dont elle-même supervise certains essais cliniques ou la commercialisation.

On apprend en lisant cet article que Constella Group a de nouveau remporté ce "marché", doté de 21 millions de dollars, pour gérer le VAERS (Vaccine Adverse Event Reporting System) pendant sept années supplémentaires, pour le compte du CDC (Centers for Disease Control and prevention) et de la FDA (agence états-unienne du médicament). C'est l'une de ses filiales, Constella Health Sciences, qui s'en occupe.

On peut dire sans risque de se tromper que Constella a une vue panoramique sur le Gardasil : depuis la liste des carcinogènes et des objectifs des firmes jusqu’à la production du vaccin et à ce que le grand public et les institutions publiques de santé apprennent sur les effets secondaires. En plus des National Institutes of Health, elle travaille aussi pour la FDA (agence américaine de sécurité sanitaire), le ministère de la défense, celui de l’environnement, le CDC (Centre for Disease Control, le plus important centre d’épidémiologie et référence mondiale).

L'article du Journal Sentinel mentionne entre autres la réaction du CDC à cette révélation sur la duplicité de Constella Group disant qu’il ne faudrait pas en tirer des conclusions hâtives, puisque dans ces entreprises, la main gauche ne sait pas toujours ce que fait la main droite… La CRO elle-même se défend en disant qu’elle a un comité d'éthique et des directives internes permettant de séparer le travail pour le public du travail pour le privé. Voilà une schizophrénie qui n'est pas de nature à nous rassurer!!

L’article original du Journal Sentinel s’appelle Research triggers conflict concerns. Booming private industry serves drug companies and government clients

L’article a été commenté en long et en large, par exemple sur l’un des blogs les plus actifs en matière de pharma-critique : Pharmalot, sous le titre : Greasing the Skids for HPV Vaccine (Graisser les patins du vaccin anti-HPV). Les rouages sont bien huilés, c'est une affaire qui roule, c'est le cas de le dire.

Et le Congrès américain a ouvert une enquête sur la question, considérant – à juste titre - que c’est la santé publique qui est mise en danger par ces conflits d’intérêts public - privé : National Institutes of Health and Constella are Investigated For Possible Conflicts of Interest. Les chiens de garde et autres critiques ne se privent pas de dire que c’est ce qui arrive forcément lorsque les institutions publiques et les autorités sanitaires sous-traitent la recherche et les questions de santé publique à des entreprises privées à but lucratif. Privatisons nos universités, que dis-je, privatisons toute la santé, on sait d’avance ce que ça donne. Cela nous évitera de tomber de haut…

D’autres détails sur Constella dans cette présentation faite par Source Watch, le point le plus intéressant étant les liens politico-industriels faramineux de cette CRO…
Il existe meme un blog officieux des employés et anciens employés de Constella, qui porte le titre suggestif ConstellaNut. Les archives valent la peine. On apprend qu’il y a eu une épidémie de départs, y compris au niveau européen, lors de l'achat, puis de la revente de Futures, cette autre CRO plus petite. Le sous-traitant du sous-traitant, autrement dit. Les notes portent aussi sur les conflits d’intérêts.

J’arrête là; ça devient répétitif. Et tout le monde imagine la suite. Il faudrait quelques journalistes d'investigation pour se pencher sur ces choses-là côté européen et français aussi. Mais d'où les sortir en France?

Elena Pasca

Commentaires

Oui con a hélas affaire à un journalisme profondément défficient et ceci est TRES grave en terme de démocratie sanitaire et de démocratie tout court.

Je viens encore aujourd'hui de constater le gâchis journalistique qui existe en terme d'investigation manquée tout ça pour être aux bottes de Big pharma, c'est une HONTE.

Voyez ici au lien suivant un journaliste qui vient....chercher des témoignages de gens qui hésitent à se faire vacciner (évidemment pour leur demander pourquoi ils hésitent et travailler à des stratégies pour mieux les manipuler) et des gens qui auraient des "ficelles" pour ne pas oublier ses rappels de vaccin (pour avoir un feed back sur l'efficacité des mesures commerciales comme l'envoi par sms et le mail des dates de rappel):

http://forum.aufeminin.com/forum/f640/__f234_f640-Journaliste-sante-recherche-temoignages.html

Cordialement

Écrit par : Caroube | 05/06/2008

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