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06/06/2008

Une étude comparant 22 pays européens confirme que les inégalités en santé résultent de celles socioéconomiques

Il s’agit d’une étude parue dans le numéro d'hier du New England Journal of Medicine (NEJM), dont le texte intégral est accessible sous le titre : Socioeconomic Inequalities in Health in 22 European Countries (« Inégalités socioéconomiques de santé dans 22 pays européens »).

Et un commentaire, lui aussi en libre accès : Beyond Health Care - Socioeconomic Status and Health (« Au-delà des soins. Statut socioéconomique et santé »).

Les résultats sont assez homogènes dans tous les 16 pays ayant des données complètes sur la mortalité : les pauvres ont des taux de mortalité plus élevés. « Il est remarquable que ce rapport entre classe sociale et mortalité soit à ce point-là généralisé, compte tenu du fait que la prévalence des maladies et des facteurs de risque diffère entre les pays. De plus, le rapport entre classe et mortalité est cohérent dans presque chaque cause de mortalité prise à part, exception faite de certains cancers ».

Les commentateurs soulignent à juste titre qu’on ne peut pas régler ces inégalités en santé en agissant uniquement par la médecine et les soins au sens individuel. Loin de là. Il faut améliorer les conditions de vie des pauvres dans l’ensemble, et cela relève d’abord et avant tout d’une politique sociale et économique plus redistributive. Qui s’attaquerait à la pauvreté, serait moins injuste quant aux revenus, porterait sur l’éducation, l’emploi, les moyens de transport, l’environnement, l’alimentation…

Vaste programme… Qui devrait quand même inclure la sensibilisation des médecins et autres professionnels de santé à ces inégalités en santé. Par une vision plus globale, de santé publique, voire de médecine sociale… Ce qui ne va pas de soi, si l’on pense que beaucoup de médecins sont non seulement indifférents, mais creusent eux-mêmes les inégalités en pratiquant l’exclusion à large échelle, que ce soit par le refus de la CMU, le dépassement d’honoraires, la démographie médicale très inégalitaire, etc. Mais notre beau pays souffre, là encore, d’un déficit législatif et juridique qui aiderait à traduire en pratique les principes républicains. Par exemple en réprimant le refus de la CMU. N’oublions pas qu’aussi libérale qu’elle veuille l’être, la médecine est financée de part en part par la collectivité.

Une certaine comparaison avec les Etats-Unis et leurs inégalités de santé est possible en lisant notre note sur le rapport de mars 2008 du CDC (Center for Disease Control), qui porte sur l’état de santé des Américains entre 1997 et 2007, en fonction de certains critères.

Le rapport officiel étatsunien sur la question (78 pages) peut être lu ici : Income, Poverty, and Health Insurance Coverage in the United States: 2006 ("Revenu, pauvreté et assurance-maladie en 2006 aux Etats-Unis").

Il faut toujours prendre les Etats-Unis comme terme de comparaison en matière de santé et d'assurance-maladie, puisque la situation de ce pays nous montre ce qui nous attend, compte tenu du démantèlement frénétique du système de protection sociale et de la privatisation de la santé auxquels on assiste aujourd'hui en France. On laisse faire... Eh bien, regardons où notre passivité nous mène: droit dans le mur! On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas!

 

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