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25/06/2008

Déremboursements et limitations touchant les affections de longue durée (ALD) : déclaration de guerre aux malades, accusent Act-up et les syndicats

C'est dans le journal Les Echos que Frédéric van Roekeghem, directeur de la CNAM, a annoncé son projet de déremboursements 1538862590.jpgtouchant les affections de longue durée (ALD) et de restriction d'accès d'un malade chronique au "statut" ALD. Le plan de redressement de l'assurance maladie suscite un tollé général, titrent Les Echos en date du 24 juin. Les grandes lignes du plan sont exposées dans cet article. Et voici l’interview de Van Roekeghem dans Les Echos : Plus les mesures seront mises en oeuvre vite, plus le retour à l'équilibre sera conforté.

Et voici le communiqué d’Act up Paris (suivi d'autres liens) : Fin du 100% : l’Etat déclare la guerre aux malades. "La fin de la prise en charge à 100 % des Affections de Longue Durée confirmerait la mort de l’assurance maladie".


(C'est Act up qui souligne en gras). 

« Comme le laissaient entendre les annonces de ces derniers mois, la fin du 100 % est désormais très sérieusement envisagée, si l’on en croit les déclarations de Frédéric Van Roekeghem dans Les Échos ce mardi. Le directeur de l’Assurance Maladie préconise en effet de ne plus rembourser qu’à 35% certains médicaments des patients souffrant d’Affections Longue Durée (ALD). Eric Woerth a beau démentir (ce matin sur France Culture), nous ne sommes pas dupes : il s’agit bien là d’un ballon d’essai pour aller un cran plus loin dans le démantèlement des droits des malades.

Les arguments sont les mêmes que pour toutes les autres mesures prises ces dernières années qui, une à une, réduisent en peau de chagrin le système français solidaire de sécurité sociale : forfait hospitalier, dépassements d’honoraires, déremboursements de médicament, franchises médicales. Il s’agit toujours de faire payer davantage les plus malades pour réduire le déficit de l’assurance maladie. Et de tout faire reposer sur une logique exclusivement budgétaire et comptable de la santé. Dans cette optique, il ne s’agirait pas de prendre en charge la santé publique et donc celle des assuréEs mais de réduire au minimum cette prise en charge par l’Etat et de faire peser la solidarité sur les mutuelles et les assurance privées.

Ces mesures sont catastrophiques tant en termes de Santé publique que de celle du Trésor Public : en effet, pour l’une et l’autre, les mesures adoptées et envisagées ne donneront sur le moyen et long terme que le résultat inverse de celui proclamé.

Cette obsession des hiérarques de l’assurance maladie, qui, tout à leurs problèmes comptables, n’ont aucune idée des conditions de vie des malades [1] est insupportable. Il s’agit là pour nous d’une véritable déclaration de guerre. Nous tiendrons Frédéric Van Roekeghem pour personnellement responsable si ses recommandations aboutissaient à une remise en cause du 100% pour les ALD. Et nous ne nous laisserons pas faire.

Nous invitons une fois de plus Frédéric Van Roekeghem, Eric Woerth et Roselyne Bachelot à venir rencontrer les malades qui viennent à la permanence Droits Sociaux d’Act Up-Paris chaque mercredi après-midi, pour constater l’état de précarité de bon nombre de malades du sida en ALD. Et pour voir de près les effets dévastateurs de leurs logiques comptables et de leurs politiques criminelles. »

Notes

[1] 50 % des personnes vivant avec le VIH en France sont en-dessous du seuil de pauvreté. 22 % n’ont pas de logement. (Source enquête Vespa / ANRS)

Le site de France 3 contient un article assez complet, avec des liens pour approfondir la question. La chaîne a interrogé Roselyne Bachelot et reprend beaucoup de commentaires d’hommes politiques et de syndicalistes. Affections longue durée : quel remboursement ?

A noter une autre restriction qui va exclure un certain nombre de malades ou du moins limiter leur accès aux soins, ce qui revient au même : la proposition d’économiser 165 millions sur les "soins ambulatoires", dont les prescriptions de transport médical et les arrêts maladie. Et 250 millions supplémentaires à travers le "développement de la productivité" dans les hôpitaux.

La course à la productivité et à la rentabilité des hôpitaux publics a déjà cours en Allemagne, avec des conséquences catastrophiques. Les exemples sont nombreux. Les hôpitaux se battent, par exemple, pour garder des malades qu’ils ne peuvent pas soigner correctement, mais pour lesquels ils sont payés plus par l’assurance-maladie. Un article de l’hebdomadaire Der Spiegel donnait il y a quelque mois l’exemple d’une surmortalité des nouveau-nés dans certaines maternités non équipées qui ne voulaient pas adresser les bébés à des hôpitaux dotés d’équipements adéquats, et ce pour des raisons comptables. Il ne s’agissait pourtant pas de grands prématurés, dont la survie aurait été gravement menacée, mais juste de bébés qui auraient nécessité une opération ou un soin particulier après la naissance.

C’est à cela que conduit la logique financière dans les hôpitaux publics qui se battent pour survivre et gagner de l’argent, quitte à mettre des malades en danger de mort…


Elena Pasca

Commentaires

J'arrive après la bataille, je viens de rentrer en france et j'ai vu votre article sur wikio, merci pour cette information en tout cas!
Bon week-end à vous, nicolas de http://www.www-sante.com

Écrit par : www sante | 24/10/2008

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