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31/07/2008

Alzheimer: Des effets d’annonce déments pour les pseudo-"nouveautés", tout aussi inefficaces que les anticholinestérasiques et la mémantine

On se demande si une telle multiplication d’annonces, qui mènent forcément à des illusions thérapeutiques - est bien raisonnable… Cela me 525596846.gif1565332535.gifrappelle ce qu’on disait du cancer il y a deux ou trois décennies : qu’il serait vaincu en moins de deux. Il se montre pourtant très tenace, et les progrès thérapeutiques sont minimes, du moins en terme de guérison.

Mes commentaires spontanés en marge des annonces faites en une semaine (!) cherchent simplement à dire qu’une sérieuse interrogation éthique s’impose lorsqu’on voit cette médiatisation irresponsable des promesses de l’industrie pharmaceutique. Mais il n’y a pas qu’elle qu’il faut montrer du doigt. Il faut remettre en question le laxisme irresponsable de la société face à une médecine dévoyée et réduite à ses modalités techniques… C’est l’humain et l’humanité qui se sont perdus en chemin vers le "plateau technique". Où on ne soigne plus, mais où on gave les malades de médicaments. Y compris avec des médicaments dont l'inefficacité est patente (anticholinestérasiques, mémantine), et dont les effets indésirables sont tout aussi patents...

Depuis que l’espèce humaine développe des techniques pour appliquer les technosciences, aucune n’a été en mesure de produire ne serait-ce qu’un minimum de réflexion morale-déontologique et de s'autolimiter. La médecine non plus.


Photo: Ophtasurf

Mêmes illusionnistes, mêmes pigeons, même cirque

Plus ça change, plus c’est la même chose.

Une étude publiée il y a très peu de temps confirmait encore une fois l’inefficacité des médicaments anti-démence, vendus pendant un bon bout de temps comme de véritables révolutions thérapeutiques. Même la HAS (Haute Autorité de Santé ne leur accorde que le niveau le plus faible de SMR (service médical rendu), et encore, c'est beaucoup trop d'honneur pour ces molécules qui ne sont pas seulement inutiles et inefficaces, mais sont surtout dangereuses par leurs effets secondaires. La littérature médicale internationale s'en est émue à plusieurs reprises, des études ont été publiées, des commentaires et lettres à l'éditeur envoyés, et pourtant, rien n'y fait. On les prescrit larga manu, souvent en association avec des neuroleptiques pour transformer ces pauvrees personnes âgées en légumes et ainsi moins solliciter le personnel.

En mai 2009 paraissait dans la revue Archives of Internal Medicine l'article "Syncope and Its Consequences in Patients With Dementia Receiving Cholinesterase Inhibitors", signé par Gill Sudeep et al. (Arch Intern Med. 2009;169(9):867-873).

Selon cette étude observationnelle qui a inclus 19 803 patients, les inhibiteurs de la cholinestérase, classe de médicaments à laquelle appartiennent les trois médicaments donépézil [Aricept°], galantamine [Réminyl°] et rivastigmine [Exelon°]) prescrits quasi automatiquement (avec la mémantine ou Ebixa°) dans la maladie d'Alzheimer, provoquent des effets secondaires tels des syncopes, de la bradycardie, des affections cardiaques nécessitant l'insertion d'un pacemaker ainsi que des fractures de la hanche.

Les auteurs concluent à une nécessaire réévaluation du rapport bénéfice - risque au cas par cas, vu les effets indésirables potentiellement sévères.

Le même mois, l'agence britannique du médicament (MHRA) a émis une mise en garde et rappelé aussi les recommandations du NICE (National Institute for Clinical Excellence), qui limite les prescriptions à la démence modérée, seule forme dans laquelle ces médicaments ont montré un léger bénéfice.

De plus, les études favorables aux anticholinestérasiques, financées par les laboratoires producteurs, donc ayant d'emblée cinq fois plus de chances d'être favorables pour les médicaments de la firme qui paie, ont souvent été contestées, notamment pour des biais et autres défauts méthodologiques.

Dans une méta-analyse de toutes les RCT (randomized controlled trials - études randomisées contrôlées) menée en 2005 par Hanna Kaduszkiewicz et al et parue dans le British Medical Journal (vol. 331, no7512, pp. 321-323) sous le titre "Cholinesterase inhibitors for patients with Alzheimer's disease : systematic review of randomised clinical trials", les auteurs concluent que le fondement scientifique des recommandations à prescrire les inhibiteurs de la cholinestérase dans la maladie d'Alzheimer est discutable:

"Methodological assessment of all studies found considerable flaws-for example, multiple testing without correction for multiplicity or exclusion of patients after randomisation. Conclusion: Because of flawed methods and small clinical benefits, the scientific basis for recommendations of cholinesterase inhibitors for the treatment of Alzheimer's disease is questionable."

Ce ne sont que deux exemples - dont une méta-analyse, quand même - parce que ce n'est pas le sujet de l'article. Mais les études et contestations sont nombreuses, et elles feront l'objet d'un article à part, qui rappellera aussi les prises de position du professeur de pharmacologie Peter Schönhöfer, rédacteur de la revue allemande indépendante Arnzei-Telegramm, jusqu'à son audition par le Parlement allemand. Il démolit ces médicaments ainsi que la mémantine  et les autres médicaments prescrits inutilement dans l'Alzheimer (nootropes, vasodilatateurs...). Il évalue leur coût et se désole du gaspillage des moyens qui pourraient être alloués à la seule "thérapie" qui a vraiment fait ses preuves, à savoir l'accompagnement humain. Ces médicaments ne retardent pas l'apparition des symptômes, ni l'entrée dans une maison spécialisée, ils ne ralentissent pas la progression de la maladie. Inutiles, ils sont quand même dangereux, par leurs effets secondaires, en particulier cardiovasculaires.

Entre 2000 et 2005, Arznei-Telegramm a publié une série d'articles sur les anticholinestérasiques et la mémantine, tous déconséillés car à utilité et efficacité non prouvée, mais avec des effets secondaires sévères: en plus des effets cardio-vasculaires, il faut noter aussi le fort taux de dépression, les suicides, les pancréatites mortelles ou très graves...

Ce mois-ci, la revue Prescrire publie un mini-dossier sur ces médicaments, et l'appréciation n'est pas positive non plus...

A détailler plus tard.

Et l'AFSSAPS ? Et les sociétés savantes, vitrines de l'industrie pharmaceutique? Et la presse médicale, financée de part en part par les firmes? Et les associations de malades, recevant souvent des "dons" et ayant dans leur comité scientifique des leaders d'opinion (les grands pontes) qui ont plein de conflits d'intérêts de par leur travail pour les laboratoires?

Aucune réaction, comme d'habitude...


Nous n’avons rien appris de cet énorme coup de bluff à prix d’or que sont les anticholinestérase et autres mémantine, nootropes, vasodilatateurs et poudres de perlimpinpin. Puisque nous voilà prêts à succomber à de nouvelles illusions, avant même d’avoir balayé les précédentes. Avec de tels pigeons, les firmes pharmaceutiques n’ont décidément rien à craindre.

Rien qu’en une semaine, il y a eu plusieurs publications sur des médicaments censés améliorer les symptômes de l’Alzheimer, voire prévenir cette maladie ou les symptômes neuropsychologiques (troubles cognitifs). Au premier plan de ces derniers figurent les troubles touchant les divers types de mémoire, mais aussi la concentration, l’attention, l’orientation spatio-temporelle, les capacités d'abstraction et de logique… (Ces fonctions cognitives ne sont bien entendu pas séparées, et c’est pourquoi l’amélioration d’une d’entre elles incite à espérer une amélioration d’ensemble).

J’ai renoncé à vérifier dans les revues médicales ou ailleurs sur le web, pour ne pas encombrer ma propre mémoire de trop de détails… L’exercer trop pourrait lui nuire, on ne sait jamais… Je donne les liens des dépêches de Reuters qui rendent compte des études et en profite pour pousser mon coup de gueule… en attendant qu’une étude montre que les coups de gueule préviennent l’Alzheimer.

Marqueurs biologiques et "prévention" du "destin" (sic)

Biomarkers identified for preclinical familial Alzheimer disease : "Des marqueurs biologiques identifiés à un stade préclinique de l’Alzheimer familial", nous dit une étude publiée il y a une semaine, la plus "ancienne" dans cette "revue" ad hoc. On identifierait donc l’Alzheimer avant que la démence ne se déclare, et avec l’espoir de la prévenir chez des personnes "destinées à développer la maladie".

Ah oui ? "Destinées" ? Il est proprement stupéfiant de voir la médecine reprendre les clichés les plus éculés de la pensée humaine tels le "destin"… Si la médecine croit au destin, autant envoyer tous les patients directement à Lourdes, c’est moins invasif, moins coûteux pour l’assurance-maladie, sans parler du fait qu’il n’y a pas de risques d’effets secondaires des "traitements". Et que la communion dans la croyance peut entretenir l'illusion d'une humanité qui n'aurait pas encore été laminée par certains produits de l'espèce humaine.

Une autre question à poser est : comment peut-on parler avec autant de nonchalance d’Alzheimer familial ? Où est la responsabilité de cette médecine qui parle de marqueurs ou de tel gène qui favorise le cancer, par exemple, mettant une épée de Damoclès au-dessus de la tête des gens ? Ce faisant, la médecine se rabaisse au niveau des horoscopes, de la chiromancie et d'autres types de voyance, mais avec un impact bien plus important sur la santé mentale des gens, d’abord; puis sur la santé physique, puisqu’on imagine tout ce que les personnes pré-"destinées", marquées du fer rouge de la maladie, sont prêtes à avaler pour échapper au "destin"…

L’industrie pharmaceutique : nouveau prophète ?

Y a-t-il quelqu’un pour croire qu’on prévient la démence en disant aux gens : voilà, vous avez un marqueur qui dit que vous perdrez vos facultés mentales ? Tout être raisonnable se dirait qu’il y a un grand risque que cela encourage l’apparition de troubles là où il n’y aurait rien eu… Cela relève de la "self-fulfilling prophecy" : la prophétie qui s’accomplit par le simple fait d’avoir été formulée. Sa formulation crée directement ou indirectement les conditions pour qu’elle devienne vraie, alors qu’elle n’avait rien de nécessaire, de causal, de logique, etc. On en a des exemples tous les jours avec l’économie néolibérale, qui applique une variante de cette spécificité de la pensée humaine.

Si la divagation était un symptôme d’Alzheimer, je serais en grand danger… Mais un simple regard jeté sur les exploits douteux de la technomédecine devrait pousser les gens à divaguer, exercer une subjectivité qui ne rentre jamais dans les cases d’un test neuropsychologique, pour la simple raison qu’elle n’est pas quantifiable. Pour le dire en des termes très peu politiquement corrects, mais profondément philosophiques : lorsque les potentialités de la subjectivité se déploient, on assiste souvent à un bras d’honneur par lequel l’esprit humain répond à certaines des conneries qu’il a lui-même déployées. Et ce bras d’honneur est proprement splendide, "humain, trop humain" (Nietzsche).

C’est un véritable dilemme moral : faut-il tout savoir sur les facteurs de risque et autres "prédestinées"? Ne risque-t-on pas de retomber dans une pensée plus déterministe que jamais ? Tel marqueur ou tel gène mènent à telle maladie ? N’est-ce pas un exemple de pensée magique ? Compréhension monocausale, monofactorielle, comme dans le cas du LDL cholestérol, qu’on traite depuis des décennies sans qu’il y ait de résultats en termes de diminution globale de la mortalité cardiovasculaire…

Qu'on réfléchisse à une chose: appliquer des schémas déterministes, quasiment mécanistes, alors qu'on a les moyens conceptuels de penser autrement est une faute morale. On ne peut plus se justifier en invoquant l'indigence des outils théoriques, qui pouvait encore légitimer la naïveté d'antan. Là, c'est une question de choix collectif, d'ignorance choisie, et donc de responsabilité collective. C'est cette dimension-là qu'occultent toutes les théories du complot et/ou de la grande conspiration et/ou manipulation dont seuls quelques méchants seraient responsables. Quelques méchantes multinationales, quelques lobbies, quelques institutions mondiales néolibérales, quelques politiciens à la tête de quelques pays. Et tous les autres seraient des victimes, manipulées "à l'insu de leur plein gré", selon la formule consacrée.

Loin de moi l'idée que toutes ces entités seraient innocentes... Mais une telle vue unilatérale relève de l'aveuglement et permet d'évacuer sans la moindre réflexion la question qui fâche: celle de la responsabilité individuelle et collective, pour chaque petite lâcheté, pour chaque concession, pour chaque compromission et complicité, pour chaque renoncement à une parcelle d'humanité.

La panacée universelle : les statines, bien entendu

J'évoquais le cholestérol un peu plus haut. Ce n'est pas un hasard, puisque d’autres chercheurs disent que les… statines auraient des effets bénéfiques dans la démence d’Alzheimer et dans les troubles cognitifs sans démence : New study supports neuroprotective benefit from statins ("Une nouvelle étude étaye le bénéfice neuroprotecteur des statines"). A se demander si le taux d'Alzheimer a baissé depuis qu'on abreuve l'humanité industrialisée avec ces médicaments anti-cholestérol...

Newsweek n’a pas de doutes, au vu de l’article Your Brain on Statins. On peut imaginer les neurones baignant littéralement dans de la simvastatine, pravastatine et autres lovastatine, qui relèvent désormais du folklore. Si, si, vous avez vu comment ces noms a priori barbares me viennent tout "naturellement"?

Ces médicaments sont déjà les plus vendus au monde avec les psychotropes, mais apparemment, il y a toujours de la place pour élargir le marché… A quand une fonction protectrice des psychotropes en prévention de l’Alzheimer ? Ou en traitement des dysfonctions cognitives ? (Si ça se trouve, de telles études existent déjà…)

Un spray nasal améliorerait la mémoire

Et voilà qu’un spray nasal expérimental améliorerait la mémoire chez les patients ayant des dysfonctions cognitives légères, qualifiées avec une facilité prophétique de "pre-Alzheimer" : Investigational drug boosts memory in pre-Alzheimer patients. C’est peut-être la plus grande proximité avec le cerveau qui fait ça…

Un traitement spécifique du diabète serait polyvalent

Si cela ne suffit pas à enrayer l’Alzheimer, voilà la solution que nous propose le complexe médico-pharmaceutique : faisons un diabète pour prévenir l’Alzheimer ! Voyez-vous, des chercheurs se seraient rendu compte que certains diabétiques auraient moins d’altérations cérébrales liées à l’Alzheimer que des patients qui ne souffrent pas de diabète. Le secret est médicamenteux, bien entendu : "Dual diabetes treatment may help stave off Alzheimer's disease". Un traitement du diabète par l’association d’insuline et d’un médicament hypoglycémiant par voie orale – une sulfonylurée, la plupart du temps - diminuerait le risque de développer l’Alzheimer. C’est ce qui résulterait de l’analyse post-mortem du cerveau de 124 diabétiques et de 124 non-diabétiques. Les diabétiques auraient 80% de plaques (bêta-)amyloïdes en moins.

Je propose qu’on prescrive massivement ce traitement dual du diabète à des non-diabétiques qui donneront leur cervelle à la technomédecine, ce qui lui permettra de valider ou non sa théorie. Parce que toute personne ayant une mémoire suffisamment bonne doit se souvenir qu’il faut que l’industrie pharmaceutique fasse des profits immensens en vendant ses médicaments en masse, pour pouvoir financer des études de ce type. Qui permettront d’élargir le marché.

Une autre molécule expérimentale

Un autre médicament en cours d’essais précliniques, ayant quelque chose à voir avec l’influence de certains métaux sur la formation des plaques amyloïdes, permettrait lui aussi de réduire le taux de bêta-amyloïdes - dans le liquide céphalo-rachidien, cette fois-ci. Il améliorerait aussi deux paramètres des tests neuropsychologiques.

Et une piste à explorer : the TSH connection

Qui mérite une note à part… D'autant plus que mes fonctions cognitives à moi ont besoin de se refaire une beauté - et que je n'ai pas de statines entre les neurones, ni de spray dans le nez.

Toutes ces bulles-là en une semaine...

***

MISE A JOUR :

une annonce de plus! Elle est reprise par l'Humanité en date du 30 juillet: Alzheimer: un traitement qui ralentirait la maladie.

Extrait : "Le traitement, baptisé Rember, cible les amas de protéines tau qui se forment à l’intérieur des cellules du cerveau des malades d’Alzheimer et les détruisent, provoquant ainsi des troubles de la mémoire caractéristiques de la maladie.

Ces résultats "sont l’avancée la plus significative dans le traitement des amas depuis leur découverte par Alois Alzheimer en 1907", a affirmé le professeur Claude Wishik de l’université d’Aberdeen en Ecosse, cofondateur de l’entreprise à l’origine de la découverte.

Une première étude des effets du traitement a été menée sur 321 patients aux stades précoce et moyen de la maladie en Grande-Bretagne et à Singapour. Les malades qui avaient pris ce nouveau traitement ont vu le déclin de leurs capacités mentales se réduire de 81%, par rapport au groupe témoin, ont annoncé les scientifiques."

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

Commentaires

ce nouveau médicament dont on parle n'est qu'un antiseptique local ancien et archi connu: le methylthioninium .
D'après ce que j'en ai lu hier sur le site de la BBC, le chercheur a par inadvertance laissé tombé une goutte de cet antiseptique dans une éprouvette contenant des protéines amyloïdes de la maladie d'Alzheimer, et là surprise il a constaté la disparition de ces protéines.

Écrit par : justin | 31/07/2008

je viens de (re)decouvrir ce blog très interessant pour moi etudiant en pharma, merci aux auteurs du temps qu'ils passent a collecter toutes ces infos, et ici merci a justin pour la precision concernant la molecule! comme quoi dans de nombreux cas, les remedes de grand mère ou autres "medicaments" connus depuis très longtemps peuvent parfaitement convenir pour des maladies "récentes" même si ils ne guerissent pas.

Écrit par : dentistefou | 31/07/2008

Dentiste fou, merci pour ces mots très sympas et qui font du bien!!

Justin, en fait je parlais d'autre chose: de 5 autres possibilités nouvelles, dont deux molécules expérimentales, parce que je voulais m'en tenir à la revue de presse de Reuters...
Mais je suppose que vous voulez parler du Rember, donc une sixième annonce de la semaine... Je l'ai rajouté après, en guise de mise à jour à la fin de la note, puisqu'on en a parlé en France aussi (dépêche reprise par l'Humanité).

Si avec tout ça il y aura encore des malades d'Alzheimer...

Merci pour la précision, ces détails que je ne connaissais pas. Comme quoi les erreurs font bon ménage avec la science. Bon, je sais que ce n'est pas nouveau...

Bonne journée à tous les deux!

Écrit par : Pharmacritique | 01/08/2008

Bonjour,

Effectivement il s'agit du Rember. Notez que ce nom commercial ne veut rien dire en lui-même et que sa fonction c'est de faire croire qu'il s'agit d'un médicament nouveau alors que c'est archi faux (encore une tromperie de Big Pharma!): c'est en fait un antiseptique et un colorant bleu connu depuis Mathusalem, le chlorure de méthylthioninium,( commercialisé en France sous forme de collyre mais sous forme d'hydroxyde). Le professeur en question a fait tomber sa goutte de colorant dans le tube de protéines il y a 20 ans:
http://news.bbc.co.uk/2/hi/health/7525115.stm
( on aimerait que ce soit le même conte de fées qu'Alexander Fleming mais j'en doute fort)


Si c'est un nom commercial c'est assez inquiétant car cela pourrait être le signe d'une commercialisation imminente, or je rappelle qu'il n'a été testé que sur 300 patients d'après l'article. A mon avis on manque singulièrement de recul pour juger de l'efficacité car bien sûr ce n'est pas parce qu'on a observé qu'il fait disparaître des protéines dans un tube qu'il est efficace chez des malades: encore un effet d' annonce dément?

Sera-t-il le premier médicament efficace dans l'Alzheimer? J'en doute fort s'il suit le même chemin que les anticholinestérasiques et autres Mémantine.

Bonne journée à tous

Écrit par : justin | 01/08/2008

Étudiant en médecine et lecteur régulier de ce site, je n'avais pas pensé à vous remercier pour toutes ces informations et pour le temps passé à les collecter/organiser/synthétiser. Voila chose faire : Merci beaucoup.

Bonne continuation.

Écrit par : Dorian G | 01/08/2008

Justin, merci pour vos remarques et pour le lien. Je n'ai pas encore eu le temps, mais irai lire cette histoire.
Oui, le Rember est bien un nom commercial, et la molécule a été testée chez 321 patients, comme l'indique l'article cité dans la mise à jour dont j'ai parlé dans ma réponse précédente.
L'avenir nous dira...
Bon week-end!

Écrit par : Pharmacritique | 02/08/2008

Mille merci, Dorian, pour ces mots fort encourageants!

Ces pages auront déjà atteint l'un de leurs objectifs si votre future pratique de la médecine n'ira pas dans le sens de votre pseudonyme ;-))) Allusion au fait que la médecine ne cherche plus tellement à guérir de nos jours, mais bien plus à rajeunir, lifter, siliconner, uniformiser, etc... Dorian Gray et la jeunesse éternelle... En toute beauté, bien sûr...

N'hésitez pas si vous avez des histoires à raconter sur la façon des firmes de s'insinuer dans les universités et sur les campus, etc.

C'est comme ça qu'on apprend, les uns des autres, en partageant des expériences.

Bonnes vacances!

Écrit par : Pharmacritique | 02/08/2008

les traitements actuels sont veritablement decevant et je me demande bien comment ils ont pus obtenir des A.A.M.
mais il s'agit d'une maladie a la mode touchant une population qui vote .
et notre Sarkozi d'y aller de ses rodomontades , suant le bonisme le plus vil, du genre:"comment !! vous ne voudriez consacrer tout les moyens a la lutte contre ce fléau dont son victimes nos chers ainés". Si tu reponds Non tu es un salaud et un ingrat, et si tu reponds Oui .. tu es piégé.
technique maintes fois rebatue, mais jamais usée , de la question a double propositions liées , de celles qui vous ont planté depuis l'enfance :
" tu aime ta Maman ?... , alors mange ta soupe! "
adaptable sans peine a tout les sujets : repression routiere, sans papiers, grippe etc

Écrit par : sokolow | 15/09/2009

Conformément à la "politique" du blog, j'ai supprimé un message signé "Pierre" appelant aux dons pour un institut privé qui travaille entre autres sur des questions liées à Alzheimer.
Je ne peux pas cautionner de tels appels pour quelque institut ou quelque association que ce soit - et n'ai d'ailleurs pas les moyens de vérifier si les dons en question vont bien là où ils sont censés aller. Pour éviter tout dérapage et toute instrumentalisation du blog à des fins publicitaires, il vaut mieux ne rien laisser passer de tel.
Bien à vous.
Elena / Pharmacritique

Écrit par : Pharmacritique | 27/01/2010

je suis catastrophée on vient de diagnostiquer une demence fronto temporaleà mon mari et aussitôt 2 "médicaments "sont prescrits EBIXA et stablon ce dernier présenté comme un anti dépresseur efficace et sans effet secondaire horreur sur le site Theriaque il est mentionné que ce médicament n'est donné que pour les cas sévères de dépression et la liste des effets secondaire est impressionante

Écrit par : pointu | 17/02/2010

Je découvre ce site par hasard...
Juste mon expérience : mon père a eu une démence sénile "type alzheimer", à 62 ans. Ses deux frères aussi : l'un à plus de 70 ans, l'autre à 80 ans.
Leur soeur, de 77 ans, commence à en ressentir certains symptômes....

Un jour un médecin m'a expliqué le mode de développement de la maladie : évidemment, on ne peut que ralentir sa progression, qui est inéluctable.

Je n'y connais rien en lobbys pharmaceutiques et en excès de prescription, mais LA chose essentielle, ds ce type de maladie, est d'AIDER et d'ACCOMPAGNER le malade et ses proches, car c pas une partie de plaisir.

Je ne sais s'il y a des "gènes" prédisposants, mais je peux vous assurer que mes cousins-cousines et moi-même, qui avons un tel passif familial, on la sent, l'épée de Damoclès, et elle est devenue, au fil des ans, très présente.
Je ne pense pas qu'une "prophétie" s'accomplisse parce qu'elle a été énoncée...
Il s'agit d'une maladie neurologique bien complexe........

Écrit par : anne | 07/01/2011

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