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22/08/2008

L’"attirance sexuelle" et affective entre visiteurs médicaux et médecins: outil de manipulation efficace, dit Shahram Ahari

Je rends compte ici d'un témoignage et d'un débat dans les media et dans certains milieux politiques des Etats-Unis. Il ne s'agit pas de prendre parti, ni de stigmatiser toute une profession. La situation est différente en France, la formation des visiteurs médicaux et leurs pratiques sont différentes. A lire donc avec les précautions et les réserves de rigueur.

 

Shahram Ahari, ancien visiteur medical pour le compte d’Eli Lilly, a témoigné au mois de mars dans une audition du Sénat des Etats-Unis 1777635602.jpgpréparant des dispositions législatives sur la limitation de l’influence de l’industrie sur les médecins par la mise en place d'un réseau d'information médicale indépendante ("visite académique"). Son témoignage est édifiant quant aux tactiques de vente des firmes pharmaceutiques et les instructions qu’elles donnent à leurs VRP pour influencer les médecins et leurs prescriptions, y compris en créant puis en exploitant une "attirance sexuelle", un climat ambigu de quid pro quo lors des visites "médicales". L'image, tirée de Radio Canada, renvoie à un récepteur aux phéromones dans l'organe voméro-nasal des humains (détectant les odeurs sexuellement attirantes).


Shahram Ahari a été repéré par nos amis de Prescription Project (pour une prescription et un usage rationnels des médicaments) ainsi que par le projet pharmacritique et de désenvoûtement PharmedOut, que nous citons souvent dans ces pages (et qui ont plein de supports éducatifs intéressants, y compris des affiches éducatives pour les murs des cabinets médicaux…).


 

Ils ont enregistré son témoignage sur les techniques de vente d’Eli Lilly, pour des psychotropes tels Prozac et Zyprexa. La vidéo et le résumé en français sont dans cette note : « Eli Lilly : cynisme et désinformation délibérés sur les effets indésirables du Zyprexa. Un visiteur médical parle ».

 

Et Shahram Ahari a coécrit avec la directrice du programme Pharmed Out, Adriane Fugh-Berman, un article sur les diverses combines des firmes pour influencer les médecins: "Following the Script: How Drug Reps Make Friends and Influence Doctors" (Appliquer la bonne recette: comment les visiteurs médicaux nouent des amitiés et influencent les médecins). Il mérite une note à part.


Intervention sur ABC

 

La chaîne de télévision états-unienne ABC rend compte du témoignage devant le Sénat (préparant le projet de loi sur le financement public d'une information indépendante) dans un article paru sur son site : Ex-Drug Sales Rep Tells All (Un ancien visiteur médical lève le voile).

 

On voit que l’enquête de PeopleMetrics Rx parlant de l’efficacité de l’implication affective du médecin suite aux efforts déployés en ce sens par les visiteurs médicaux peut être interprété même dans un sens plus poussé, où l’affectif est plus directement d’ordre libidinal et sexuel. (Nous avons amplement analysé les résultats de cette enquête, à l’aide de nombreux liens, dans la note « Oubliez l’EBM et la science ! Les visiteurs médicaux tiennent bien les médecins par les tripes ».


 

Selon Ahari, les firmes aiment bien embaucher des “meneurs”, des anciens mannequins, athlètes et militaires, attirants, gais, bienveillants et apparemment fascinés par le dur labeur des médecins… La plupart de ces personnes qui iront donner des « informations » sur les médicaments et « éduquer » les médecins n’ont aucune formation scientifique, et encore moins médicale. « Parmi les 21 recrues et les 2 formateurs que j’ai rencontré le premier jour de ma formation, j’étais le seul à avoir un niveau scientifique universitaire », témoigne l’ancien VRP. Qui détaille certaines des instructions reçues pendant les 5 semaines ( !) de formation sur les tactiques de manipulation, incluant « l’emploi de l’amitié et des cadeaux personnalisés afin de construire une relation ambiguë » et les modalités « d’exploiter une attirance d’ordre sexuel ».


 

Du commerce pharmaceutique au témoignage sur l’immoralité des firmes et à la formation des jeunes au scepticisme


 

Shahram Ahari témoigne dans divers procès locaux et fédéraux sur les stratégies promotionnelles mensongères des firmes pharmaceutiques. Il est invité aussi à former des étudiants en médecine lors de séminaires consacrés au déchiffrage des combines de l’industrie et à la lecture critique de ce qu’elle propose, afin que les futurs médecins résistent aux tentations de toute sorte.

 

Intervention sur NECN


 

Il a été invité aussi aussi sur la chaîne régionale américaine NECN (New England Cable News) : Shahram Ahari on the ethics of selling 1348914384.jpgdrugs (Il y est question de l'éthique (sic) de la vente de médicaments... De quoi en inspirer plus d'un philosophe pour les traités de morale...).

 

La chaîne donne quelques détails d’ordre général : il y a 90.000 visiteurs médicaux aux Etats-Unis ; les firmes dépensent 30 milliards de dollars par an (toujours aux USA) pour faire de la publicité à leurs médicaments ; sur ces 30 milliards, 7.2 milliards vont directement aux médecins, ce qui fait une moyenne de 8.800 dollars par médecin pour qu’ils prescrivent les médicaments voulus.


 

Là encore, Ahari revient sur les attributs essentiels d’un visiteur médical : « être attirant et charismatique » et savoir créer de l’amitié au moyen des attentions matérielles offertes aux médecins, d’une part. Mais aussi par leur façon d’ « entrer dans le cabinet du médecin tel un rayon de soleil (…), comme un membre de la famille qui vient demander si ça va ». Quant à l'"attirance sexuelle", Ahari explique que le visiteur médical choisi pour s’occuper de tel médecin est celui (ou celle) qui arrive le mieux à créer cette sorte de contact personnel et à en tirer profit. Il n’y a pas de limites formelles et d’interdits canalisant cette ambiguïté et les visiteurs médicaux peuvent même sortir avec les médecins ou les accompagner dans certains bars ou clubs de strip tease, dit Ahari.

Il ne manque pas d’ajouter à quel point cette amitié est hypocrite, puisqu’elle sert à obtenir du médecin qu’il fasse ce que veut la firme qui paie.


 

Donner des cadeaux crée une obligation de réciprocité : petit cadeau, grande obligation


 

Daniel Carlat a longtemps été un leader d’opinion de l’industrie, pour laquelle il a fait vendre surtout l’antidépresseur Effexor (venlafaxine). Nous avons raconté son histoire exemplaire dans la note « Les leçons du cas Carlat, psychiatre VRP des firmes récemment sorti de l'hypnose industrielle ».


 

Carlat a rendu compte sur son blog de l’exposé de Shahram Ahari à la Tufts University, où il a été invité au mois de mars 2008 par une association étudiante pharma-sceptique. L’ancien visiteur médical a éclairé les futurs médecins sur le fait que les VRP ne maîtrisent rien en médecine, mais tout dans l’art de la conversation et du small talk, orienté de façon à glaner un maximum d’informations sur les médecins, afin d’en établir le profil et faciliter les liens d’ « amitié ».

 

Parce que l’amitié s’achète, dans ces sphères-là…

 

"Rien n'est gratuit" et "un cadeau n'est jamais qu'un cadeau" (Ashley Wazana)


 

« Ce business, c’est du donnant-donnant par excellence », soulignait Ahari sur ABC. Ce qui implique les dîners bien arrosés ou alors le paiement d’une « hôtesse » pour tenir compagnie à tel médecin en manque d’humanité et frustré par les malheurs que les patients déversent à longueur de journée. En contrepartie de quoi les prescriptions seront elles aussi généreuses, et porteront notamment sur les médicaments des firmes qui paient ces « récréations » et petites sauteries. "Rien n'est gratuit", c'est le sens général de "No Free Lunch!", mais cela s'applique tellement bien aux menus services, repas et autres "soutiens"psychologiques offerts par l'industrie pharmaceutique aux professionnels de santé que cette devise a même donné son nom à la toute première association anti-cadeaux, anti-corruption, qui s'est étendue jusqu'à l'Europe. La petite dernière de la fratrie étant l'espagnole No gracias!

  • « Donner des cadeaux, c’est essentiel », dit Ahari dans l'exposé cité par Carlat. « Les êtres humains sont programmés à la réciprocité. Ils se sentent obligés de répondre par des faveurs [en prescrivant les médicaments promus par les VRP, pour leur faire plaisir et ne pas avoir le sentiment de la dette]. C’est un fait incontestable que plus le cadeau est petit, plus le sens de l’obligation est grand ». Ce qui a été prouvé plus d’une fois par des études et des enquêtes, telles celles de Dana et de Wazana.
  • Quant aux échantillons gratuits, ils sont « un outil de marketing créant des liens. Habituellement, nous donnions des échantillons couvrant deux semaines de traitement. Ce qui était la quantité la plus adéquate, calculée de la même façon que le fait un dealer de drogues : la première semaine est gratuite, et après, on vous tient ».
  • Un autre outil marketing efficace, ce sont les repas offerts, qui rendent les médecins plus réceptifs et plus influençables… D’où les efforts des VRP pour apprendre les goûts alimentaires des médecins et se rendre indispensables dans la satisfaction des plus luxueux. Mais aussi pour que les cliniques et les hôpitaux aient le réflexe de faire appel à eux lorsqu’ils veulent faire plaisir à leur personnel médical.
  • Mais « l’arme la plus sinistre de tout l’arsenal » des VRP, c’est leur ordinateur, utilisé notamment pour le data mining : fouiller partout et rassembler toutes les données sur les prescriptions des médecins et leur traits de personnalité, afin de mieux cibler les efforts promotionnels et de se découvrir des affinités « spontanées » avec les médecins – base d’une amitié solidement ancré dans le business…

Et en France ?

 

On se plaint des Etats-Unis, mais en France, c’est de l’ordre de 23.000 euros de cadeaux par médecin généraliste, pour influencer ses prescriptions, comme l’indique le rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) sur l’information des médecins généralistes… Les chiffres sont détaillés dans les notes réunies sous la catégorie Rapport de l’IGAS/ Cour des comptes / Que choisir. Dommage que cet organisme ne se soit pas penché sur les aspects un peu plus ambigus qui poussent les médecins à recevoir les VRP des firmes.


 

Un conseil désintéressé (un peu d'humour)982931604.jpg

 

Apparemment, il arriverait qu'on joue au docteur lors des visites "médicales"... Alors pourquoi ne pas imaginer une campagne éthique tout autant que personnelle menée par les compagnes ou compagnons, épouses ou époux des médecins qui diraient comme la revue Prescrire : "Visite médicale, non merci!" et feraient pression pour que les professionnels de santé ne reçoivent plus les visiteurs médicaux. Il vaut mieux éviter les tentations…

 

Un autre conseil concerne la possibilité d'obtenir facilement des preuves de divorce... C'est ironique, bien entendu. Il n'est pas question de mettre tous les visiteurs médicaux dans le même sac en généralisant. Ni de sous-entendre que les liens émotionnels se transforment en pratiques charnelles. Simplement de dire que les moyens d'influence sont de tous ordres, et peuvent jouer même sur les affects.

Dessin: blog Pharmalot, pour illustrer le compte-rendu de l'enquête de PeopleMetrics Rx.

 

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique


Commentaires

Je crois que j'aurais tout lu sur les visiteurs médicaux.
Je suis écoeurée de lire cet article. Je suis VM depuis 17 ans et je n'ai jamais joué de mes charmes pour faire prescrire une boite et mon entreprise ne me l'a jamais demandé.
Autant le dire, si je lis bien, on nous prend carrément pour des putes!!!!!!!!!!

Bravo pour cette "scientifique" analyse de très haute volée.

Écrit par : vmpoulette | 22/08/2008

je suis médecin, j'ai reçu pendant des années la visite médicale, il est évident que les visiteuses médicales sont des charmantes créatures qui jouent de leurs charmes (idem pour les visiteurs médicaux pour mes consœurs)
et il est évident que ces jeunes personnes sont choisies pour leur apparence physique, pas des "putes" pour reprendre le mot vmpoulette, mais des vendeuses pour leurs produits effectivement.
Certes elles ne se vendent pas, mais elles vendent bel et bien quelque chose.
(un ami me le disait: chez le Dr untel il y a de ces bombes!)
Excellent article donc et qui reflète bien la réalité, n'en déplaise à vmpoulette.
et je suis très content de ne plus les recevoir: gain de temps, de repos et d'argent!
et elles(ils) ne me prennent plus pour un imbécile.

Écrit par : Don diego de la Vega | 22/08/2008

Y a de tout dirait mémé ! Ca se peut et cela arrive sans doute comme dans toutes les professions et certaines visiteuses sont vraiment charmantes mais pas toutes... Les critères de selection ne sont quand même pas d'abord physique et de là à y voir une telle opération menée en trés grande envergure ? Holà ho ho ho .... !!!!

Il y a aussi beaucoup de visiteurs mâles et la profession médicale ne comporte pas une majorité de femmes alors ?

Pas ici en france en tout cas il me semble...

Écrit par : jaja | 01/09/2008

Il y a de tout, comme vous dites, Jaja! Don Diego témoigne d'une dimension, VM poulette d'une autre.

VM poulette, je ne pense pas que Shahram Ahari ait voulu dire que tous les visiteurs médicaux sont obligés d'aller très loin. Il y a le plaisir de l'interdit aussi, les nuances, la complicité, l'attirance sans lendemain, mais qui crée du lien, et plus particulièrement entraîne une réciprocité.

Shahram Ahari a quand même témoigné devant le Congrès des Etats-Unis et travaille avec des cercles indépendants de médecins qui ne seont certainement pas du genre à faire des insinuations à deux sous et à inventer des histoires d' "attirance sexuelle" et d'importance du critère physique et de la "présentation"...

Dans son argumentation, aucune firme ne demande explicitement quoi que ce soit; chaque visiteur médical se débrouille pour influencer les médecins à sa manière. Mais les plus efficaces - ceux dont les médecins prescrivent les médicaments souhaités - sont quand même bien recompensés.

Jaja, pour compléter votre remarque: je lisais quelque part que les femmes dépassent les 50% en médecine générale, et que près de 70% des étudiants en médecine sont des femmes...

Ce que je voulais souligner avant tout - et c'est pourquoi j'ai pris les textes de Mansfield à témoin - c'est qu'en tout cas la visite médicale s'adresse à l'irrationnel et aux tripes, à l'affect; après, je n'en sais rien.

C'est par contraste que j'ai parlé de la visite académique, censée s'adresser à la raison.

Il me semble que ces articles sur les "tactiques" un peu plus "chaudes" de certains visiteurs ont eux aussi leur importance dans une argumentation d'ensemble.

VM poulette, personne ne vous regarde comme des putes! Mais - pardonnez-moi de le dire aussi abruptement - il est certain que votre profession n'est pas une que le public devrait apprécier, vu les dangers qu'entraîne le point de vue commercial que vous représentez sur la santé individuelle et publique. Ca n'a rien de personnel.

Je crois que la plupart des visiteus ont des qualités d'écoute et de compréhension psychologiques ainsi que des capacités de persuasion et des facilités relationnelles qui pourraient servir dans d'autres métiers, à des causes plus justes.

Bonne fin de semaine!

Écrit par : pharmacritique | 06/09/2008

moi je reçois très peu de visiteur médicaux et je les écoute pour la qualité de leurs discours scientifique , dès lors qu'elles commencent à partir hors sujet je les recadre immédiatement ! Beaucoup ne reviennent jamais après un premier passage! et c'est tant mieux!

Écrit par : Dr JEPAUL | 07/09/2008

Sommes nous des carabins, des épicuriens? A lire tous ces propos, je comprends que l'hypocrisie est une vertu sensuelle faites d'aléas peu digne d'une certaine éthique! Alors qu'en est-il de la relation médecin/patient? L'attirance sexuelle n'a de droit que chez les animaux: en effet, ces derniers n'ont pas de problème de langage... le secret sera bien gardé...
Couilles ou clitos, soyez épicuriens pour votre propre bien moral, avec ou sans VM, dans l'intérêt d'un cerveau bien fait et sinon adoptez la bure, vous aurez droit à un miracle!

Écrit par : zorro | 07/09/2008

je n'ai pas reçu les 23000 Euros de cadeau en tant que medecin generaliste. oû dois je m'adresser?

Écrit par : vilella | 08/09/2008

au LEEM ;-)

Écrit par : Pancho Villa | 08/09/2008

les 23000 euros en question ne sont pas des cadeaux mais à mon avis le cout par médecin toutes prestations confondues, rien ne dit par ailleurs que le cout par médecin hospitalier soit différent. Il faut éviter de raconter n'importe quoi. Sérieusement, même en incluant un ou deux congres d'intérêt scientifique de niveau Z, il est difficile d'approcher les 23000 euros annoncés de "cadeaux", en tout cas pour des libéraux. L'essentiel de cette somme correspond aux salaires et formations des VM rapportés au nombre des médecins, pardi.
L'alternative à la VM labo est bel et bien la "visite académique" utilisée dans plusieurs pays anglo-saxons. Une expérimentation de ce type a été menée en Bretagne, à la grande satisfaction des médecins qui ont été engagés dans cette démarche, qu'ils soient volontaires ou non ( càd des gens qu'il a fallu convaincre d'accepter des VM indépendants de l'Industrie). Le financement s'est interrompu lorsque l'assurance maladie a sorti de son chapeau la carte des DAM (délégués de l'assurance maladie) qui, eux, sont les envoyés expres de la sécu et ne peuvent dissimuler leurs objectifs comptables. Ils ne disposent pas des capacités à répondre sur le plan scientifique, pas plus que les VM industrie. Il faut donc élever le niveau de la VM, ce devrait être l'ambition de cette VM académique, évidemment indépendante de l'industrie mais aussi des assureurs... Ce n'est pas une utopie, c'est possible mais...ça coûte cher...
HLN

Écrit par : le néel | 08/09/2008

il ne s'agit pas de cadeaux mais du coût des moyens mis en oeuvre pour désinformer le médecin: visite médicale, presse gratuite, sponsorisation de FMC, repas au restaurant, etc, etc
il faut lire de rapport de l'IGAS à ce sujet qui est une référence incontestable:
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/074000703/0000.pdf

cordialement

Écrit par : justin | 08/09/2008

Justin a raison; j'ai utilisé le terme "générique" "cadeaux", comme cela se fait dans la littérature anglo-saxonne à ce sujet, parce qu'on ne peut pas à chaque fois détailler toute la liste (échantillons gratuits, prise en charge des frais d'inscription etc., à tel congrès, repas, petites babioles, mais aussi cadeaux plus importants).

J'ai donné le lien vers le compte-rendu des deux derniers rapports de l'IGAS, y compris celui d'où est tirée la somme de 23.000 euros. (Et donc les liens pour pouvoir lire les rapports directement). Il s'agit d'une moyenne, ce qui laisse penser qu'il y a des généralistes qui rendent des services plus importants aux labos et se font payer en conséquence.

Le néel, cette somme n'inclut pas les salaires et formations des VM, quand même...

je ne voudrais pas qu'à trop noyer le poisson, à trop relativiser, on oublie qu'il s'agit quand même de sommes ou de cadeaux que les médecins ne devraient pas accepter, puisqu'il y a corruption...

Les médecins doivent payer eux-mêmes au moins une partie de leur FMC, comme il a été dit dans les articles parus dans le BMJ et que j'ai traduit. Ils doivent payer eux-mêmes leurs repas, etc.

Le Néel, vous n'avez peut-être pas lu les notes sur la visite académique (cf. catégorie "visite académique", si elles ne figurent plus sur la page principale); je parle des mêmes choses et pose aussi la même question quant aux DAM. Cela m'intéresserait d'avoir votre avis sur ma façon de comprendre et de présenter la visite académique dans ces notes. Merci d'avance!

PS: L'avis de tout le monde m'intéresse! D'autant plus que je ne suis pas médecin et n'ai donc pas toutes les données en main sur ce que pourrait apporter ou non la visite académique.

Écrit par : pharmacritique | 12/09/2008

Question au Dr Jepaul, en réponse à sa remarque:

s'agit-il vraiment d'un discours scientifique (des visiteurs médicaux)? J'ai un peu de mal à l'imaginer, vu qu'ils n'ont pas de formation médicale ni même scientifique pour la plupart, et que, à en croire les anciens visiteurs médicaux anglo-saxons, ils sont embauchés selon d'autres critères.

Pensez-vous qu'il peuvent tenir un discours autre que celui que leur apprend le service marketing du laboratoire qui les emploie? Autrement dit: peuvent-ils avoir un discours autre que (plus ou moins directement) commercial?

Écrit par : pharmacritique | 12/09/2008

Je viens de commencer une formation VM... eh oui ! il y en a encore qui sont intéressés par ce métier D'INFORMATION.

Ce que je viens de lire me choque énormément... et je voudrais développer rapidement les quelques points qui reviennent systématiquement :

- connaissez-vous réellement la formation qu'on propose aux VM ?
Cela fait une semaine que l'on a commencé et croyez-moi ou non mais on commence très fort. Et il faut savoir qu'on doit, pour réussir, se "coltiner" l'équivalent de 2 années de pharma et cela en moins de 6 mois... --> et on n'aurait pas de connaissances scientifiques ? cela serait trop facile... idiots s'abstenir donc !

- des techniques commerciales ? désolée mais ce n'est pas au programme... ce sont les labo ensuite qui entraînent les VM à être convaincants... (esprits très mal tournés passez...)
Nous avons eu la chance de rencontrer des anciens de la promo qui n'ont pas la langue dans leur poche et en effet, il ne faut pas se leurrer, c'est de la vente qu'on nous demande de faire... je pense que d'un côté comme de l'autre, personne n'est dupe.

- nous sommes une petite promo et la moitié sont des hommes...
eux aussi doivent montrer leurs jambes pour réussir ?

- personnellement je suis une jeune femme et s'il y a bien une chose que je n'ai pas envie, c'est de me vendre pour réussir... Médecins faciles s'abstenir !

- les Américains ont toujours été des extrêmistes, et vous transposez sans aucun problème ce qui se passe là-bas avec ce qui se "passerait" en Europe ? Cette assimilation est réellement fondée sur quoi ?

- NOTE AUX MEDECINS : si vous décriez tellement cette profession, pourquoi acceptez-vous d'en recevoir ? On entend encore énormément de VM dire qu'il y a des médecins désagréables avec eux... le VM est-il une sorte de pushing-ball ? dites-le moi franchement que je commence à prendre des cours de self-defense !

Moi j'ai une solution très simple : vous ne nous aimez pas, ne nous acceptez pas ! parce que ce n'est pas seulement vous dans ce cas qui perdez du temps.. mais c'est à nous que vous en faites perdre...

..................................et oui, on travaille nous aussi.......................................

une future VM

Écrit par : ticanard100 | 30/09/2008

Non, c'est un métier de DÉSINFORMATION

Les visiteurs médicaux sont interdits chez moi, 10 ans à écouter leurs fadaises ça suffit!

Gigantesque perte de temps, gigantesque perte de chance pour les patients!!

Cordialement

Écrit par : justin | 30/09/2008

je suis VM je représente une firme de renommée mondiale et qui a toujours insisté de respecter l'éthique.
je pense que la personne qui a écrit l'article ne connait pas la profession ;Ainsi que son témoin le "VM".
Les médecins qui ne reçoive plus de VM peuvent le regretter un jour à cause de manque d'informations réelles et qui émanent directement des laboratoires sans intermédiaires

Écrit par : ali | 04/11/2008

à ali

les labos sont des empoisonneurs, des menteurs, des pervers.

Heureusement ils ne me contaminent plus, ils ne me trompent plus

je ne les recevrai jamais plus jusqu'à ma mort, ces pervers!

Écrit par : Don Diego de la Vega | 04/11/2008

De quelle éthique (sic) parlez-vous, Ali?

Celle consistant à manipuler les essais cliniques (cf. textes de Marcia Angell, Arnold Relman, etc.), à utiliser des ghostwriters (auteurs fantôme qui réécrivent les études pour qu'elles paraissent favorables aux médicaments), à minimiser (ou occulter totalement) les effets secondaires pourtant connus, juste pour faire marcher le commerce?

Ou peut-être parlez-vous de l'éthique toute particulière qui consiste à payer des centaines de milliers, voire des millions de dollars ou d'euros à des médecins leaders d'opinion pour qu'ils fassent de la publicité à certains médicaments et jouent eux-mêmes le rôle de visiteurs médicaux de luxe ?

Ou de l'éthique de ces visiteurs médicaux qui donnent des cadeaux et autres à-côtés aux médecins pour qu'ils prescrivent ce qu'on leur dit de prescrire?

Ces visiteurs médicaux qui ont défendu le Vioxx, le Zyprexa ou l'Avandia jusqu'au bout?

Etc. Etc.

Je vous rappelle que, comme il est dit dans l'article, Shahram Ahari a témoigné devant le Congrès des Etats-Unis et donne actuellement des cours à des étudiants en médecine et à des médecins pour leur apprendre à ne pas tomber dans les pièges tendus par les visiteurs médicaux.

Il ne s'agissait pas juste de faire parler de lui...

Il y a d'autres exemples de visiteurs médicaux dans ces pages, d'ailleurs...

Quant à ce que vaut le code d'éthique (sic) du LEEM, de l'EFPIA ou de PhRMA, dont il est clairement dit qu'il est volontaire et non obligatoire, Pharmacritique en a parlé dans la catégorie
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/ethique-et-pharma-firmes-et-leem/

C'est un sentiment largement partagé.
Désolée pour vous, si vous fermez les yeux sur le fait que les visiteurs médicaux ont recours aux moyens les plus efficaces pour vendre, et peu importe ce qu'ils vendent, comme on l'a vu trop souvent dans les scandales sanitaires qui ont fait tellement de victimes.

J'espère pour vous que vous agissez autrement.

Personne ne dit - et Shahram Ahari non plus, d'ailleurs - qu'il s'agit de coucher, mais d'exploiter, le cas échéant, une attirance sexuelle dans le but d'augmenter les ventes de médicaments. Il est clair, en général, qu'un désir peut être bien plus payant qu'un acte consommé.
Je le répète, pour qu'il n'y ait aucun malentendu.

Il ne suffit pas de se donner bonne conscience en protestant et en évoquant l'éthique (et quelle éthique: celle des laboratoires!!). L'éthique, c'est des actes, des engagements respectés, en accord avec des principes, pas des paroles dans le vent, de la poudre aux yeux pour redorer une image écornée...
Si vous voulez agir en accord avec l'éthique, je crois qu'il vous faudrait envisager de changer de métier. Ne le prenez pas personnellement, je ne vous connais pas, ne vous juge pas en tant que personne; je le dis en général, vu le rôle éminemment commercial de la visite médicale.

Écrit par : pharmacritique | 04/11/2008

'exploiter, le cas échéant, une attirance sexuelle dans le but d'augmenter les ventes de médicaments.

je confirme ayant reçu les jolies créatures pendant des années.

Merci pharmacritique pour votre mail précédent qui est une excellente mise au point sur les i avec "tact et mesure"

moi j'en suis incapable: je ne supporte plus leur hypocrisie, leurs mensonges, quand je les entends mentir je vois rouge.

Écrit par : Don Diego de la Vega | 04/11/2008

Chaque personne, quelle que soit sa profession - donc y compris les visiteurs médicaux - a besoin d'"habiller" sa profession par des rationalisations qui lui permettront de ne pas voir le mauvais côté de ce qu'elle fait et de se protéger en croyant à son intégrité et à l'utilité de son travail.

Il faut ces rationalisations pour tenir le coup psychologiquement dans des métiers contestés, et je crois que beaucoup de visiteurs médicaux finissent vraiment par croire qu'ils sont utiles et indispensables pour que des informations médicales circulent.

Ils n'ont pas été formés pour se poser des questions sur la nature de cette information et peuvent se dire, en cas de problème, qu'ils n'ont été qu'un maillon dans la chaîne et n'ont pas eu une vue d'ensemble sur la totalité des données concernant tel médicament problématique.

Cette taylorisation du travail fonctionne très bien dans tous les domaines où des actes en apparence anodins (inviter un médecin à un repas et le mettre à l'aise) peuvent avoir des conséquences catastrophiques, surtout lorsqu'une armée de visiteurs médicaux font la même chose et que le médicament dernier cri - prenons le Cymbalta ou le Byetta, très en vogue actuellement - se retrouve prescrit massivement, y compris hors AMM, alors qu'on est loin d'avoir le recul nécessaire.

Le Neurontin (gabapentine) n'at-il pas été vanté pendant des années comme l'antalgique miracle, jusqu'à ce qu'on voie qu'en fait rien ne prouvait son efficacité en dehors de l'épilepsie?
cf. "Pfizer accusé de manipulation des études sur l’efficacité du Neurontin. Qu’en est-il du Lyrica ?"
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2008/10/11/pfizer-accuse-de-manipulation-des-etudes-sur-l-efficacite-du.html

Alors je me demande combien de visiteurs médicaux sont allés dire aux médecins: Vous savez, il y a des nouvelles infos des Etats-Unis: en fait, Pfizer a manipulé des données, alors arrêtez de prescrire le Neurontin dans les douleurs chroniques, parce que ça ne marche pas. Etc. C'est cela qui aurait été une attitude éthique: agir en accord avec les impératifs éthiques, quitte à faire perdre de l'argent à sa firme. Parce que c'est de la santé d'êtres humains qu'il s'agit.

Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.

Pour le Cymbalta et le Byetta, il y a d'ailleurs déjà des changements dans les RCP états-uniens côté effets secondaires. Pancréatites sous Byetta, Arznei-Telegramm a aussi écrit là-dessus; il faudrait que j'en parle, mais je suis submergée... Et j'ai vu passer quelque chose sur le Cymbalta.

Je divague.
Je voulais dire que j'essaie de ne pas m'en prendre aux visiteurs médicaux personnellement, mais au rôle qu'ils jouent.

Un visiteur médical m'a dit une fois que j'étais insensible à ce qu'ils devenaient, puisque je venais de rendre compte de la suppression de 800 postes de VM chez Sanofi, sans un mot pour leur avenir.

Je vais faire une comparaison osée et exagérée: je ne peux pas approuver la guerre et la soutenir seulement parce que je me demande ce que vont devenir les mercenaires si la guerre s'arrête et qu'ils n'ont plus d'engagement. Chaque soldat m'est sympathique, j'ai de la pitié pour lui, je comprends ses raisons (nécessité alimentaire, etc.), mais cela ne me fera en aucun cas légitimer leurs actes ou la guerre en général.

Écrit par : pharmacritique | 04/11/2008

en plus des pancréatites sous exénatide (byetta) il y a eu aussi des insuffisances rénales avec dialyse!! (voir Prescrire septembre ou octobre 2008)

Écrit par : Don Diego de la Vega | 04/11/2008

Bonjour à toutes et à tous!

Je ne sais pas trop écrire, mais c'est important...

Voici donc ma situation :

Demain 13h30, le petit Sébastien sera devant une personne pour un entretien d'embauche afin de devenir délégué médical...

L'entretien se passe comme ceci :

A première vue, je dois vendre un objet ayant le même contenu que la concurrence mais ayant une apparence différente...

Pourquoi à première vue? Car 2 amis à moi ont été pour cet entretien et ont échoués... et ils ont du vendre :

- pour le premier : une boite de lait ayant le même lait que la concurrence mais un emballage différent.

- pour le deuxième : un livre abimé et de couleur différente de la concurrence...

Voilà, j'aimerai donc savoir comment faire vendre un produit quasi identique à la concurrence, mais ayant juste une différence minime et parfois même moins attrayant!

D'avance merci, bien à vous et bonne journée.

Pourriez-vous me répondre à sebastien_sf@hotmail.com

Écrit par : Seb | 04/11/2008

Bonsoir,

Je crois franchement que vous êtes au mauvais endroit pour parler techniques de vente et formation de visiteur médical...

Mais c'est un témoignage très intéressant, parce qu'on apprend ce que les visiteurs médicaux doivent apprendre à vendre aux médecins: des médicaments pas meilleurs, voire pire, que ceux des firmes concurrentes...

C'est représentatif de la panne d'innovation thérapeutique qui force les firmes à présenter - à travers des visiteurs médicaux inventifs, qui doivent avoir plus d'une corde à leur arc - des copies de médicaments anciens comme des remèdes révolutionnaires... Tout se joue sur l'emballage, sur l'apparence et le blabla du visiteur médical - ou plutôt VRP, parce que c'est de commerce qu'il s'agit.

Merci de votre témoignage et, franchement, réfléchissez à d'autres métiers quand même...
Bien à vous.

Écrit par : pharmacritique | 04/11/2008

et bien je tombe sur ce forum et il tient le pompom dans la categorie amalgame.

Pharmacritque et de la vega ca brille pas pour l honneteté . plutot egris non les bonhommes .

alors ouiiiiii l industrie pharma n est toute rose , mais la situation en europe et en france n'a rien a voir avec c elle des usa .

A force de crier haro sur la visite et de compliquer les choses agissez comme la majorité des medecins qui je le rappel sont assez responsables . ecoutez nous prenez ce qui vous interesse et jeter le reste .

et surtout renseigner vous ailleurs .

quand aux etudes falsifiées nos grands medecins ethiques ont tout fait pour les eloignes des controles europeens en imposant sans cesse de nouvelles contraintes .
resultats les etudes se font chez le anaphabetes c est plus simples !!!!!!

je suis délégué hospitalier et je deplore ce genre de propos ou tout est mis dans le meme sac

quand aux déléguées et aux délégués , il y en a qui couchent d'autres pas comme les medecins !!!!!

Écrit par : MARLOT | 11/11/2008

Pas "egris" ni aigris, simplement les yeux ouverts et prêts à combattre et à refuser les manœuvres et les manipulations de votre industrie pourrie.

C'est vous qui mettez en doute mon honnêteté? Balayez devant votre porte bande de bandits!

Je refuse la visite médicale et je n'ai qu'à m'en féliciter comme mes nombreux confrères qui la refusent. Enfin on n'écoute plus vos mensonges pervers.

"les etudes se font chez le anaphabetes c est plus simples !!!!!!" (trois fautes dans une phrase!)

cette remarque vous déshonore. Outre que vous nous mentez ici, vous faites, vous les labos, vos essais cliniques dans le tiers-monde pour pouvoir tuer en toute impunité les cobayes humains que vous enrôlez au mépris de l'éthique (voir Cobayes humains Sonia Shah)

"quand aux déléguées et aux délégués , il y en a qui couchent d'autres pas"

merci de le confirmer

au plaisir de ne jamais vous voir.

(un médecin qui ne reçoit plus la visite médicale depuis 2000, membre du réseau d'observation de la visite médicale de la revue Prescrire depuis 1996, entièrement libre et non perverti par les labos)

Écrit par : Don Diego de la Vega | 11/11/2008

Je pense qu'il ne faut pas généraliser. Et une précision, en France, les VM ne peuvent plus inviter les médecins au resto ou leur donner des 'cadeaux', pour éviter justement de les "acheter". L'industrie pharma est très réglementée et la pratique des VM aussi.

Écrit par : marie | 02/01/2009

Marie, l'illusion de réglementation apaise le mental des gens qui ont peur de voir la situation telle qu'elle est MAIS ça n'empêche hélas pas les accidents gravissimes de se produire! La relation incestueuse entre industrie et corps médical continue A PLEIN REGIME dans les FAITS!
Ainsi, en Belgique, alors que l'industrie a là aussi voulu insisté sur son "auto-régulation", sur sa "déontologie", il n'en reste pas moins que GSK a distribué aux médecins des doses gratuites de Cervarix le POISON DE VACCIN TRANSGENIQUE antiHPV afin qu'ils apatent ainsi les jeunes filles comme s'ils leur vendaient du shampoing! 1 gratuite, les 2 autres quasi totalement remboursées, venez, venez (et puis si vous sortez paralysée, tant pis pour vous, c'est la faute à pas de chance!)

Informez-vous mieux, vraiment, lisez par exemple le très bon livre "Députés sous influences" d'Hélène Constanty et vous verrez que la pseudo réglementation officielle n'est rien d'autre que de la poudre aux yeux quand ce n'est pas les labos eux-mêmes qui se gaussent de s'auto-réguler eux mêmes!
Voyez aussi ici l'interview de la députée PS de haute garonne (pharmacienne de formation), Catherine Lemorton qui contredit votre naïveté visiblement:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2008/10/20/catherine-lemorton-influence-malsaine-du-lobby-pharmaceutiqu.html

Bonne prise de conscience!
Bien à vous

Écrit par : Caroube | 02/01/2009

isn't cool !! tout ça sur des pauvres malheureux qui galèrent toute la journée pour gagner leur vie, en plus des pressions du labo qui veut à tout prix des GROS CHIFFRES ??? !!

" IL FAUT TOUJOURS DEPASSER LES OBJECTIFS !!"
Ben sinon t'es parti en vrilles !!

alors plz laissez-les en paix !!
Pauvres tits VM ils ne méritent pas ça franchement !!

Écrit par : justme | 22/01/2009

J'ajouterais juste quelques lignes,
Il y a de mauvais délégués comme de mauvais médecins ...
Pourquoi mettre tout le monde dans la même besace ?
Certe une formation de plusieurs semaines ne remplace pas des années de pratique mais un investissement personnel pour l'étude du contexte et le respect de certaines pratiques permet néanmoins de très intéressants échanges... sans pour autant montrer sa petite culotte!
Les surprises, on peut les avoir des deux côtés !!
15 ans de VM à mon actif avec des molécules aussi bien en bobologie que dans de domaines pointus et parfois des questions de médecins tellement " basiques" qu'elles vous en laissent pantois !! Les médecins sont libres de nous accepter tout comme on peut refuser de les voir, à chacun son choix !

Écrit par : Moumoutch | 05/02/2009

Moumoutch, merci pour votre commentaire.

Je suis d'accord avec vous sur deux points, que j'ai soulignés à plusieurs reprises: aucun médecin n'est obligé de recevoir un visiteur médical ni quelque avantage financier ou autre venant d'un VRP de l'industrie pharmaceutique. je me suis même moquée des médecins corrompus en disant qu'ils devaient assumer leurs responsabilités, puisqu'on n'a jamais entendu parler d'un médecin qui aurait porté plainte parce qu'on l'aurait obligé à empocher de l'argent pour des conférences et autres services rendus...

Ils sont majeurs et vaccinés, nos chers médecins (y compris s'agissant de la culotte, d'ailleurs. Il n'était pas question de dire que tous les délégués médicaux baissent effectivement leur culotte, mais qu'il y a un côté affectif, plus ou moins empreint de pulsions, qui est exploité dans la vente, dans les relations entre médecins et visiteurs médicaux.

le deuxième point sur lequel je suis d'accord, c'est que les médecins n'ont pas non plus la science infuse, comme certains se plaisent à le croire, par exemple vis-à-vis de l'usager lambda que je suis, et qui n'aurait que le droit de se taire et d'être béat d'admiration...

Mais, cela dit, je suis sûre que les qualités que vous avez acquises pendant ces 15 ans de visite médicale pourraient vous servir dans des causes autres que le commerce, que le marketing de médicaments dont certains peuvent mener à la catastrophe.
Je ne sais pas si vous, délégués médicaux, êtes vraiment informés des effets secondaires d'un médicament comme le Zyprexa et qu'on vous dit de les occulter délibérément (d'autres visiteurs médicaux témoignent de cela); J'espère que vous n'êtes pas tous cyniques et indifférents aux conséquences.

Un autre métier en vue, peut-être? Plus en accord avec des impératifs éthiques?
Bien à vous.

Écrit par : pharmacritique | 05/02/2009

Bien vu !

Ma reconversion est en cours dans le domaine bien plus léger de la décoration
( pourquoi pas de salles d'attente !!). Marre de toute cette hypocrisie ....

Pour autant, je ne cracherais pas dans la soupe car la VM m'a beaucoup apporté tant en connaissances, qu'en relationnel (entendons-nous strictement professionnel) et avec, il faut le dire un salaire attrayant et tous les avantages qui vont avec !

Deuxième point à souligner, oui il m'est arrivé de recevoir des argumentaires "arrangés" mais nous n'avons pas le couteau sous la gorge et si j'estimais que certains points ne pouvaient être occultés dans l'interêt du patient, oui je les présentais au médecin.
La conscience professionnelle est valable pour tous les métiers, moi je peux dormir tranquille....et j'espère beaucoup d'autres !

Là où je suis moins d'accord c'est l'insistance sur ce côté affectif empreint de pulsions... Oui la vente c'est de la séduction mais n'utilisons nous pas ce même "charme" dans la vie de tous les jours ? L'attention et l'écoute ne devraient elles pas s'orienter vers le contenu plutôt que le contenant ? Si ce n'est pas le cas, à qui la faute ?

Il me reste à souhaiter bon courage à tous les "jeunes" VM qui démarrent !

Cordialement.

Écrit par : Moumoutch | 06/02/2009

Rebonjour Moumoutch,

Je pense quand même qu'on ne peut pas banaliser cela: séduction dans le commerce, oui, mais un visiteur médical ne vend pas n'importe quoi, et les conséquences sur les prescriptions des médecins et surtout sur la santé des patients peuvent être désastreuses.

Je ne miserai pas quant à moi sur la conscience professionnelle, vu les scandales à répétition du marketing fait par les firmes - à travers des visiteurs médicaux comme des médecins payés pour servir de VRP - pour des médicaments dont les effets secondaires ont été soigneusement dissimulés, ce qui a mené à des catastrophes.

Compte tenu des conflits d'intérêts - intérêt commercial des labos à vendre le plus possible -, toute information venant de l'industrie pharmaceutique ne peut être que publicitaire.
Ce qui n'est pas grave pour des yaourts, l'est lorsque les médecins prescrivent des médicaments inutiles et / ou dangereux. (C'est leur responsabilité aussi, j'en conviens, parce qu'il y a des moyens autres de se former et de s'informer).

Je suis contente que vous quittiez ce métier et vous souhaite bonne chance pour ce nouveau chapitre dans votre vie!

Écrit par : pharmacritique | 06/02/2009

Chers tous,

Quand on dit "les", un chose est sûre: on va dire un connerie!
Généraliser n'a jamais mené à rien.

Je suis VM, en cours de reconversion pour le sauvetage des personnes en cas de catastrophes. Ce qui est vrai, c'est que je voudrais sauver des vies, en voyant tout de suite le résultat et sans me fier à une étude menée on ne sait où, on ne sait comment.

Les labos sont obligés (comme les services publics de santé) d'amortir les sous investis en recherche, sinon, chers médecins, vous en seriez encore à poser des onguents et faire ingurgiter des poudres de perlinpinpin à vos patients.
De plus, je ne vois pas ce qui "obligerait" un médecin à prescire quoi que ce soit contre sa volonté: les VM ne sont pas là pour leur dicter leurs prescriptions que je sache (en tout cas, je n'y ai pas été conviée).

Il m'est arrivée de lire le VIDAL avec des médecins qui me soutenaient mordicus que des médicaments avaient tels effets secondaires ou carrément telles indications... Lors d'un staff, l'un d'eux (chirurgien cardiaque) avait voulu me descendre devant ses confrères en disant "qu'il mettrait sa main à couper si je lui prouvais ce que je venais d'avancer!".
VIDAL (merci cher pavé miraculeux...) et un livre emprunté à leur bibliothèque en mains, je lui ai fait la preuve que je ne racontais pas de connerie, en le rassurant du fait que je n'avais pas mon canif ce jour là pour garder sa précieuse menotte en souvenir!
Vous voyez, sans ces preuves, ce médecin se serait targué d'avoir prouvé encore une fois l'incompétence et les mensonges d'un VM.

Il m'est parallèlement arrivée de harponner deux fois des visiteuses médicales qui exposaient un manque flagrant de connaissances lors de staffs en hôpital!

Les nuls sont des deux côtés, les pervers aussi.

Heureusement que les bons évitent que toute la sphère médicale et pharmaceutique soit mise en doute, sinon autant soigner par imposition des mains (non, ce n'est pas un nouvel impôt :))

Sur ce, je poursuis ma reconversion, car des deux côtés, l'hypocrisie m'achève.

Écrit par : VM972 | 13/02/2009

[Commentaire récupéré dans la messagerie, à la suite d'une erreur technique. Désolée, surtout que ce n'est pas la première fois. Peut-être y a-t-il un souci technique avec les IP de votre ordinateur? Je vais voir]

Il me semble que vous parlez sans avoir lu et vous mettez dans la posture de la blanche colombe alors que vous avez grandement contribué au stratégies d'influence des médecins par l'industrie pharmaceutique, non? C'est l'essence de votre ancien travail, non? L'hypocrisie dont vous parlez, vous l'avez représenté pendant quelque temps, au moins.
Lisez et vous verrez qu'ici, ce n'est ni le point de vue des médecins ni celui de l'industrie pharmaceutique qui prédomine. Non, c'est celui des pigeons des uns et des autres: celui des patients. Dommage que vous n'ayez pas une pensée pour ceux qui ont subi les dégâts causés par vos activités!
Balayez devant votre porte, tous!!!!
Ras le bol de vous voir vous renvoyer la balle, sans un mot pour nous!

Écrit par : Dorine | 17/02/2009

Merci Dorine! Je n'aurais pas su mieux dire. Les médecins payés et les labos qui paient, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Et il faut un flot continu de pigeons crédules (quelle tautologie!) pour maintenir les comptes en banque.
Comme les victimes de l'Agréal, que je salue, je suis un dégât collatéral de ce monde merveilleux du fric médical et pharmaceutique: empoisonnée par Enantone, prescrit par un chirurgien gynécologue qui l'impose à tout le monde, qu'on le veuille ou pas, et qui ne fait pas mystère de ses relations avec les laboratoires........... ni de ses participations à des congrès à Monaco.... (Jamais à Trappes, Pharmacritique a raison...)

"Madame, c'est à vous de voir, je ne vous oblige à rien. Mais je dois vous dire que si vous ne suivez pas ce traitement, vous n'avez à mon avis aucune chance de tomber enceinte après l'opération. Vous êtes libre de vous adresser à quelqu'un d'autre, moi, je ne vous opère pas dans ces conditions." Et si ça ne marche quand même pas, c'est que la maladie est trop avancée, il faut une autre cure. De quoi? D'Enantone, bien sûr! "Peut-être faites-vous un blocage psychologique, Madame, parce que j'obtiens de très bons résultats avec d'autres patientes. Et vous êtes la seule à vous plaindre. Un enfant vaut bien quelques bouffées de chaleur"...........
Les autres effets indésirables n'existent pas (les douleurs osseuses, les muscles contracturés, la fatigue à ne pas sortir du lit, l'ostéoporose, la tumeur de l'hypophyse, l'épilepsie, les vertiges...........).
Il ne faut pas se fier à internet ou à ce que disent les notices en anglais, c'est n'importe quoi, dit le même super spécialiste. Et l'association de malades reprend la rengaine!!!!

Ah!!! J'allais oublier les dépassements d'honoraires, faramineux, parce que môssieu n'opère qu'en privé!! (C'est qu'il est mal payé en public, dit-on. Qu'il dégage, alors! Qui c'est qui le retient?)

Combien de pigeons faudra-t-il encore??

http://enantone-effets-secondaires.hautetfort.com/

Ce n'est pas un lien publicitaire, parce qu'il n'y a rien à vendre, bien au contraire. Juste un peu de lecture, très "light", pas de quoi faire des cauchemars la nuit, pour que les deux parties de ce business très lucratif (les "blanches colombes" des laboratoires et les blouses blanches qui se courtisent mutuellement) se rappellent que ce n'est pas leur vie qu'on ruine!!!

Écrit par : Alice au pays des merveilles | 18/02/2009

Dorine,
Si je quitte ce métier, c'est justement pour les raison que vous exposez: je voudrais enfin aider des gens qui en ont vraiment besoin.

Pas des nomades médicaux qui vont de médecin en médecin avec ou sans CMU, avec ou sans intérêt pour un quelconque "médecin traitant", avec leur liste de courses (qui n'est pas dictée par un labo pourtant!).
Je pense que c'est vous qui devriez lire ce débat avant de vous poser en grand donneur de leçons.

Si demander plus d'éthique des deux côtés (voire même des trois, en incluant les patients), c'est jouer à la "blanche colombe", alors j'espère bien contaminer avec ma blanche grippe aviaire!

Je vis aux Antilles où (demandez à n'importe quel cardiologue) on disait que "les noirs ne souffrent pas d'hypertension". En effet, même avec 22 de tension et plus (eh, oui! renseignez-vous) les patients venaient juste consulter pour tout autre chose...sans aucun symptôme d'HTA.

Il a fallu la ténacité de médecins Antillais et d'autres Continents, et de labos qui les soutiennent dans leurs études, pour que les chiffres explosent au visage de nos compatriotes "caucasiens": des taux records de glaucomes, AVC et autres pathologies et décès liés au cocktail explosif diabète-hypertension (néphropathies, amputations, rétinopathies,...).
Malheureusement, on sait aussi la bagarre des labos pour ce marché juteux et les dégats que cela a pu faire. Mais, aussi cruel que ce soit, il y a moins de décès dûs aux anti-HTA que liés aux dommages HTA-diabète.
C'est la dure réalité des chiffres: faut-il nous laisser mourir, pour éviter que l'on ait l'un des effets secondaires, ou faut-il tenter le coup? Tout médecin doit faire ce choix mille et une fois par jour. Pas certains labos, c'est bien à gerber!

Je pense énormément aux patients. Comme je ne saurai jamais qui j'ai tué, qui j'ai sauvé, je ne peux me faire hara kiri aujourd'hui.
Les plus agressifs, sont souvent ceux qui ont la bonne conscience de ne jamais avoir rien tenté ou cherché.

Même votre chère aspirine, qui n'a plus besoin de personne pour se vendre, fait aussi des dégats chez nous avec l'aggravation de la dengue hémorragique.

Alors on fait quoi?
Qui a LE traitement aussi efficace que dénué d'effets secondaires?
Qui a LE traitement qui n'a besoins d'aucune dépense en recherche et dévelopement et qui se donnerait gratuitement, sans que ni labos, ni pharmaciens, ni même l'Etat (juge et partie) ne soient payés?
Sans que les patients n'aient même besoin de payer pour un diagnostic, puisque ce super Traitement soignerait tout?

"La médecine, c'est pour les personnes, pas pour les profits", mais personne ne soigne gratuitement, n'est-ce pas? Tout travail, toute recherche mérite salaire.

Si faire disparaître les VM et les labos est votre solution, pourquoi pas, mais je ne me rappelle pas que les patients étaient assurément mieux soignés du temps où ce métier n'existait pas. Dans ce cas, prouvez-le et le débat s'arrêtera sur une base factuelle.

Je souhaite comme vous un monde idéal.
Bonne santé à tous

Écrit par : VM972 | 19/02/2009

J'ai 42 ans, cela fait 18ans que je fais de la visite médicale, j'ai toujours travaillé pour des laboratoires français et je n'ai jamais couché avec un médecin.Il y a des visiteurs médicaux éthiques, posez vous la question cet ancien visiteur est justement un trés bon commercial qui a trouvé le filon pour se faire mousser et peut-être se faire inviter un peu partout dans le monde. Dire qu'on a pas de formation est purement scandaleux!!! Si les médecins nous écoutaient un peu au lieu de lire leur courrier, s'ils dialoguaient un temps soit peu ils se rendraient compte que nous ne sommes pas tous idiots...
Mais malheureusement aujourd'hui ils préfèrent reçevoir avec tapis rouge les délégués de l'assurance maladie, et eux n'ont aucun diplome, leur discours n'est pas çensuré par les hautes autorités de santé. Les médecins n'osent rien leur dire car ils ont peur, à la clé s'ils ne prescrivent pas ce que veut la sécu ils sont punis alors on préfère taper sur les visiteurs médicaux: FACILE

Écrit par : Prunier | 01/05/2009

Je suis une DAM et pour votre info "prunier" , les DAMs ont reçu une formation menant à une certification sur une période de 18 mois, ensuite nous avons régulièrement des formations faites par les médecins conseils sur les thèmes de maitrise médicalisée.
on travaille sur des thèmes de santé public (vaccination anti grippale, dépistage organisé du cancer du sein, le suivi des pathologies chroniques, la iatrogénie médicamenteuse, l'optimisation des prescription cad : à efficacité comparable, prescrire la molécule génériquée). Je pense que si le médecin continue à prescrire des médicaments récents et plus chers qui n'apportent aucune amélioration du service médical rendu, il n'y a pas de raison que les firmes changent leur stratégie et continuent à sortir leur énième statine, ou IPP etc....oui les médecins nous reçoivent car nous leur apportons les recommandation de la HAS liées à des thèmes de santé publique, et si nous avons une casquette c'est seulement sur le médicament générique .
Nous avons été un assureur solidaire et aveugle et maintenant nous sommes assureur solidaire et responsable et nous nous devons d'avoir un droit de regard sur les prescriptions médicamenteuses par respect envers les personnes qui cotisent.

Écrit par : lasirene | 19/06/2009

Je dois dire que je me marre depuis tout à l'heure, moi qui après une longue carrière dans la visite médicale n'habite plus la France mais les USA !!!
D'ailleurs il n'y a qu'en France qu'un tel débat peut avoir lieu!

Mais de qui se moque t'on franchement? Donc si je vous suis bien, les médecins sont vertueux et éthiques, la sécu aussi et VM seraient donc des émissaires de satan?
Pardon mais HAHAHA!

Arretez moi si je me trompe mais TOUT LE MONDE ici médecins, industrie, VM, Pharmaciens, et assurance maladie, fait en sorte de gagner sa "croute" sur le dos des assurés, si je ne m'abuse? Non???

Les médecins sans l'industrie pharma feraient quoi de leur journée? Hein?? Du magnetisme? De la sorcellerie???
Je voudrais juste que les médecins vertueux donneurs de leçons et pourfendeurs de la VM se passent pour une semaine de tout ce qui émane de l'industrie pharma: Plus de suture plus d'auscultation autre que strictement manuelle, aucune injection, pas de prise de température pas de prescription non plus.....
Houla! Ca se gate l'exercice de la médecine vu sous cet angle hein???
Les pharmaciens, quant à eux, n'existeraient même pas...

Quant à la sécu Française: Parlons-en! Je vous engage tous à vous saisir de vos bulletins de paie et à verifier le montant de vos cotisations sécu auxquelles vous ne manquerez pas de rajouter la part patronale et la CSG ET la mutuelle que vous êtes obligé de payer si vous ne voulez pas que votre santé vous coute un bras . Si vous savez faire une addition, vous vous rendrez compte que notre si vertueuse sécurité sociale est en fait une assurance non seulement obligatoire mais complètement hors de prix! ( pour le prix de nos cotisations de base la couverture offerte par les assurances privées outre atlantique est complète alors que la notre n'est que de 70% et nous devons rajouter une mutuelle)

Quant aux patients si prompt a vilipender les labos, la bonne question à se poser est: combien de patients soignés pour UN seul qui a un effet secondaire?

Sans labo pas d'aspirine, de vaccin, d'antibiotique, de pilule, d'anesthesique.... On peut tout à fait continuer à se la jouer 'les labos sont tous des pourris" et recommencer à arracher les dents sans anesthésie ou encore priver les momes de vaccins et le grand-père de son anti hypertenseur aussi pendant qu'on y est! On n'en meurt pas immédiatement vous savez???

Pourquoi donc l'argent serait sale chez les labos et propre chez les médecins et dans la poche des patients???? La voiture de sport, la barraque avec piscine et les fringues de marque sont acceptable chez le medecin generaliste, le pharmacien et le directeur de banque mais c'est sale chez le directeur de labo? Ah bon et pourquoi donc?

Quant aux bureaux flambant neufs et au parc immobilier de notre chère sécu quelle entreprise en tel deficit afficherait un tel luxe?????.....
Arretons un peu avec notre bien Français et éminament hypocrite rejet compulsif de la notion de l'argent ( que celui qui a un jour sollicité une baisse de salaire me jette la première pierre)

Sans les labos et leur fric on mourrait du moindre cancer à tout coup, du tétanos, de la diphterie, de la peste du choléra, nos gosses auraient la polio et tomberaient comme des mouches à la moindre grippe parce que sans fric: Il n'y a pas de recherche!
Reflechissez un peu....

Écrit par : Oooops | 16/07/2009

Réfléchissez un peu.... ce que nous défendons et regrettons c'est tous ces progrès passés grâce à une vraie recherche.

PHARMACRITIQUE dénonce les excès de l'industrie (pas la recherche), l'invention de nouvelles maladies concomittantes des nouvelles molécules, les rapports incestueux entre médecins et industrie, le mépris des médecins pour les patients, les conflits d'intérêt des médecins, les traitements inutiles, etc.

Votre propos rejoint justement le notre et je crois que vous n'avez pas bien compris de quel côté nous sommes : celui du patient que nous allons tous être un jour.

Écrit par : MGFRANC | 17/07/2009

Oooops:"Les médecins sans l'industrie pharma feraient quoi de leur journée? Hein?? Du magnetisme? De la sorcellerie???"

simplement leur travail loin de l'influence délétère des VMs et de l'industrie pharmaceutique

contentez-vous de fabriquer des médicament mais par pitié ne vous occupez pas de les vendre car c'est là que le bât blesse et que vous dérapez: on n'a pas besoin de vous et de votre désinformation, publicité, marketing pour prescrire

avec vous on prescrit n'importe quoi n'importe comment et on empoisonne les malades

sans vous on peut faire de la bonne médecine

vous êtes des parasites et des falsificateurs de la médecine, des données médicales

cordialement

Écrit par : Don Diego de la Vega | 17/07/2009

Eh bien, Ooops, je suis contente qu'il y en ait au moins un qui se marre en lisant ce blog! Très aimable à vous de venir nous en faire part. Les arguments ne sont pas d'un niveau très élevé, mais bon, le rire est bon pour la santé, dit-on, et peu importe s'il est justifié ou pas.

En l'occurrence, il me semble que vos propos - et votre rire encore plus - sont à côté de la plaque, puisqu'il ne s'agit pas ici de diaboliser les médicaments, mais de critiquer les dérapages, les techniques de marketing qui font que tous le monde gobe des médicaments, qu'il y ait ou non maladie, que des labos occultent souvent délibérément des effets secondaires (Zyprexa, Accomplia, Champix, Vioxx, Enantone...), arrangent les résultats des essais cliniques, etc. je n'ai pas besoin de me justifier, ce serait à vous de lire avant de critiquer, non?

Vous n'avez lu que ce que vous vouliez, ce qui vous faisait marrer et qui vous permettait de vous donner bonne conscience. Si tout le monde est corrompu, comme vous dites, est-ce que cela vous excuse, vous? Curieuse conception de la conscience, cela dit, chacun est libre d'avoir la sienne...

Mais c'est un peu plus compliqué que cela, n'est-ce pas? Même pour vous, et la réaction tellement disproportionnée en témoigne.

J'ai pour habitude de considérer que les médecins ont une part bien plus importante de responsabilité dans cette relation de corrupteur à corrompu; ce sont pour le moins des victimes consentantes. Pour le moins, puisque leur gagne-pain ne dépend pas des ventes. Ils savent que vous, visiteurs médicaux, êtes là pour vendre, pour les influencer, voire les acheter directement dans certains cas, et ils jouent le jeu.

Mais quand je lis de telles dénégations et quand je vois que pour vous, le fait d'avoir vendu du Vioxx qui a tué des gens, et d'autres médicaments de ce genre, c'est juste marrant, eh bien, je n'ai plus tellement envie de vous regarder avec la même indulgence.

Vous savez que vous diffusez de la désinformation, vous êtes au courant de toutes les techniques de marketing des laboratoires, puisque vous les incarnez, et vous venez me dire à moi, usagère lambda qui suis à la fois votre pigeon et celui des médecins que vous corrompez, que la possibilité que je crève à cause d'un médicament vous fait marrer.

Que c'est marrant! "Pardon mais Hahaha!" Allez-y encore! Faites-vous plaisir!

Pourquoi ne pas aller à des enterrements des victimes du marketing de l'industrie pharmaceutique pour pimenter un peu la rigolade? Et dire aux familles: ben oui, celui-là a crevé, mais il y en eu d'autres qui en ont profité.

Alors voilà la belle chaîne de profiteurs, très marrante, en effet : des médocs défectueux - parce que c'est de ceux-là qu'on parle, et vous l'auriez compris si vous aviez eu le respect élémentaire consistant à lire les propos auxquels vous voulez répondre - vendus par une industrie pharmaceutique (qui veut non pas un costard et une voiture, mais des dizaines de milliards), à travers un visiteur médical qui trouve ça "marrant", puis à travers un médecin qui ferme les yeux et gobe, parce que ça l'arrange et que ça lui rapporte.

Et puis, dites-moi, vous n'avez pas l'air d'avoir beaucoup appris sur les Etats-Unis, pour dire que ce débat est français... Renseignez-vous un peu; le débat est parti des Etats-Unis, et c'est dans les pays anglo-saxons que la dénonciation de la désinformation médicale est la plus forte, que les mesures de limitation des conflits d'intérêts et de la manipulation de la recherche et de l'information sont les plus poussées.

La conscience du rôle néfaste des visiteurs médicaux y est aussi la plus forte.

Manifestement, votre perception est quelque peu faussée par vos préjugés.

Que vient faire la Sécu là-dedans? Décidément, vous n'avez vraiment pas d'arguments si vous vous servez des immeubles de la Sécu comme "arguments". Voulez-vous que la CPAM déménage dans un bidonville?

Oui, elle est chère, oui, elle ne couvre pas tout. mais je connais près de 50 millions d'Américains qui aimeraient l'avoir.

Et tous les requins industriels qui se jettent sur elle et sur le système de santé français, ils le font parce que ce sont des sources de profits, non? Ce sont des bons commerciaux, il n'y a aucune philanthropie, là, comme vous le reconnaissez vous-même. Et, en reconnaissant cela, vous dites implicitement que ce n'est pas de soigner qu'il s'agit. Tous les exemples que vous donnez, c'est de la poudre aux yeux.

Pour simplifier, c'est la Porsche que tout le monde veut - les médecins qui vous reçoivent aussi -, pas la santé des patients.

Alors marrez-vous, défoulez-vous pour ne pas vous triturer la conscience sur la souffrance dont vous êtes co-responsable.

Et non, MGFranc, le propos d'Ooops rejoint peut-être le vôtre, mais certainement pas celui de Pharmacritique.

Que des visiteurs médicaux se défendent, d'accord, qu'ils se marrent, oooops, mais c'est non. Pas ici.

Écrit par : Pharmacritique | 23/07/2009

En tant qu'ancien VM en hôpital, sur la Belgique et le Grand Duché de Luxembourg, pour 2 "majors", je peux apporter ma pierre à l'édifice.

J'ai, pour "vendre la soupe" de ces deux labos (et donc pouvoir acheter la mienne), parfois utilisé des arguments qui n'avaient rien de scientifique (doux euphémisme).

Ceci s'est passé dans le cadre, très concurrentiel à l'époque, de l'antibiothérapie. Toute l'intelligence commerciale dont je suis doté se limitait en fait à détecter au plus tôt "par quel côté attaquer" ("scientifique" ou "commercial").

Dans un de ces cas au moins, l'appel du pied est venu d'en face: "Oké, je prescris si vous me payez ceci".
On a payé (cher, très cher), le médecin a prescrit, mes chiffres ont grimpé, j'ai été augmenté...

La "promo" scientifique ne m'a jamais rien rapporté de tel...

La tentation était donc grande de "chercher le point faible" plutôt que de passer les quelques minutes disponibles à dévider mon laïus tel un perroquet.
Mais j'ai très mal vécu ces "victoires"...

Et j'ai fait un pas de côté en allant vendre du matériel médical. Ce dont je me félicite, 15 années plus tard!

Écrit par : belgeye | 28/10/2009

Site et débat très intéressants. Je ne connaissais pas, et je vais de ce pas fureter parmi les autres articles. Etant depuis longtemps lecteur de Prescrire, je suis sur la même longueur d'onde, mais j'ai préféré limiter la VM plutôt que d'arrêter, en plafonnant à 3 fois par an et par produit, ce qui m'oblige à en comptabiliser le nombre... De toute façon, ayant une activité modeste, ou plutôt saisonnière, et un profil peu apprécié, les produits à grosse pression ont assez vite disparu...
Le côté sexuel est à mon avis anecdotique, ou plutôt présent dans toute activité humaine et commerciale, si les deux sont célibataires ou en demande, pourquoi pas, mais il y aura toujours un doute sur la sincérité ! Je blague, je pense qu'il y a une part de séduction obligée, mais que ceux ou celles qui sont prêts à aller jusqu'à faire don de leur corps à la science (du commerce) de leur vivant sont ultra-minoritaires. S’ils combinent l’attirance et les affaires, c’est leur droit, et, comme signalé par les commentaires, aucun contrat ne l’exige !
De plus, hommes et femmes ont des goûts très divers en matière d’idéal ou de fantasme, ce n’est pas programmable ; les MG hommes ne voient pas que des VM femmes, et réciproquement.
Par contre, cultiver l’ambigüité, les relations sociales, les fausses amitiés, est clairement enseigné et recommandé, et c’est dans cet esprit que réside la perversité de cette relation faussement informative.
Mais comme expliqué plus haut, il est certain que le profil des visiteurs-euses est choisi comme pour tout commercial, dynamisme, positivité (même de façade), avenant, voire charme personnel.

Écrit par : Krokodilo | 10/02/2010

SEXE, MENSONGES ET VIDEO ?

Vous n'aviez qu'à vous rendre dans les "selections" pour entrer dans une école de VM en France durant le milieu des années 90 !
Profil: CQS: la Couillonnette Qui Sourit !!!

Écrit par : Boby | 28/06/2010

Je savais que l'on avait mauvaise réputation mais aller jusqu'à nous faire passer pour des p..., faut pas exagérer. En 18 ans de métier, je n'ai jamais eu la moindre relation avec un médecin, mais ce n'est pas faute de ne pas avoir été draguée...ce ne sont que des hommes.
Enfin bref, j'ai lu tous les commentaires et j'aimerais dire à certains médecins qui aujourd'hui nous crachent dessus et ne veulent plus nous recevoir alors qu'avant c'était porte ouverte qu'ils feraient bien de dire la vérité.
C'est bien beau de déclarer la main sur le coeur "les VM, tous des pourris", alors que quand on les emmenait en week-end dans des 4* avec bobonne, là on était tous gentils.
Maintenant que c'est interdit et que l'on ne peut même plus remettre un stylo, ha...la....c'est différent..on leur fait perdre du temps, on leur raconte des conneries et tout le toutim
Vaste hypocrisie que tout cela.

Écrit par : vintage | 16/01/2011

bonjour vintage,

merci de ce témoignage édifiant sur la corruption de mes confrères et de moi-même puisqu'en cette époque je suis allé en Corse au Club avec Servier fin des années 80 en croyant bêtement qu'il s'agissait de formation (j'étais encore étudiant), en avion rempli de confrères et consoeurs avec bobonnes et pépères... nous profitions de tout ça sans vergogne et c'est une bonne chose qu'il y ait un peu de remise en cause (et en ordre) d'un système comme vous dites qui est une "vaste hypocrisie que tout cela".

merci de ce témoignage poignant d'une époque révolue et bien naïve où nous pouvions être bien pourris, inconscients de l'être pour une partie...

Écrit par : MGFRANC | 19/01/2011

Bonjour à tous,

J'ai été VM pendant 3 mois.
J'ai changé de voie malgré un investissement de 6 mois, enrichissant sur le plan scientifique mais peu utile sur le terrain.
Il était urgent de changer avant de perdre toute dignité.
Seule chose a regretter: aujourd'hui... Je ne finis plus mes journée a midi...

Écrit par : VM 3 mois | 20/01/2011

vous avez donc évolué mgfranc, c'est bien.

mais meme étant étudiante je n'ai jamais été en voyage de formation! et si je peux vous rassurer vous n'êtes pas le seul médecin qui ne reçoit pas les labos, qui ne fait pas d'études bidons, et qui ne reve pas de "sortir" avec le "commercial". meme étant "étudiant" j'arrivais a voir la corruption dans les services hospitaliers. serais je unique? non je ne le crois pas mais peut être un peu plus "responsable" et réfléchie que d'autres.
Ne mettez pas tout les médecins dans le meme panier. et pour citer le revue "prescrire", si vous aviez suivi leur formation de tests de lecture, vous auriez aussi pu déceler une influence de prescription. bien dissimulée, je le conçois mais elle existe meme dans cette revue. peut être faut t il grandir un peu et garder un esprit critique. alors maintenant ce que dit "prescrire" est parole d'Evangile? devenez vous evangiliste ou que sais je? cette revue ne devrait elle pas s'appeller plutot: "mieux prescrire"? cela permettrait un peu plus de recul et de responsabilité. a t on besoin réellement de directives de prescription? pour etre honnete avec nos patients il faut commencer par l'etre avec soi meme!
A méditer, si vous avez le temps.

Écrit par : mgpre | 20/01/2011

Bonjour,

Discussion intéressante.
Je viens ici pour témoigner en tant que Vm.
Après 7 mois de chômage et 5 mois d'interim en tant que technicienne de labo, j'ai décide d'être Vm car l'horizon cote emploi était moins bouche.
J'ai enfin pu intégrer un poste chez un prestataire de service en 2004 ou j'ai signe 9 CDD (sur 2 ans!!) a présenter pour la 8eme fois de la semaine la dernière statine, le dernier IPP etc . Bref , pas très valorisant comme boulot!
Depuis 2006, je travaille chez un prestataire de service(et oui encore!) pour le compte D'un labo de Phyto et de complément nutritionnels.
Je n'ai plus l'impression de risquer la vie des patients et de faire un métier beaucoup plus éthique que si c'etait de l'allopathie. Je ne culpabilise plus de faire ce métier car je le fais avec éthique en parlant des interactions médicamenteuses et des effets indésirables.
Pour info, je pars travailler a 8 h je reviens vers 17h , je dois voir 7 médecins par jour , autant dire que j'ai des journées chargées et stressantes pour un revenu annuel de 21000€ par an avec primes (1975€brut mensuel). Juste pour vous dire que la visite médicale a bien change et que les conditions de travail se dégradent de jour en jour! Je n'ai aucune idée pour une reconversion donc je m'accroche a ce boulot qui est surtout pour moi alimentaire!

Écrit par : Gaedig | 01/02/2011

Je connais bien les visiteuses médicales , soyons clairs : blondes à forte poitrine, ce sont les nouvelles [...] des labos médicaux. Certaines n'ont aucun tabou pour vendre du médicament, et seraient même prêtes à faire des "extras" avec un toubib en dehors des heures de bureau ...

[Note de Pharmacritique: je supprime un terme qui va trop loin. Il va de soi que les commentaires n'engagent que leurs auteurs. Mais même ainsi, les dérapages langagiers ne sont pas tolérés sur ce blog.]

Écrit par : blegue | 02/02/2011

Bonjour Blegue,

Je tiens à dire tout de suite que, outre les dérapages langagiers que je ne tolère pas, cette façon de voir les choses, en noir et blanc, n'est pas la mienne.

Les responsabilités sont pour le moins partagées, et je n'ai jamais entendu un médecin se plaindre qu'un ou une VM l'aurait obligé à accepter un repas, un cadeau, une invitation à tel congrès dans un palace ou quoi que ce soit d'autre.

De façon générale, il me semble que, vu la différence de train de vie et de revenus et sachant très bien que les visiteurs médicaux sont des commerciaux, les médecins ne sont en rien obligés de les recevoir. Ils ne crèvent pas la dalle en fin de mois s'ils ne reçoivent pas les visiteurs médicaux. Ceux-ci, par contre, ne peuvent pas faire autrement que d'essayer de "vendre" des médicaments. (Ou changer de métier, s'ils le peuvent, et c'est ce que j'ai suggéré dans d'autres commentaires).

La solution est simple, du côté des médecins: au lieu de les stigmatiser et se dédouaner en tapant sur les visiteurs médicaux, il vaut mieux ne plus les recevoir.

Il existe une charte [Visite médicale] "Non merci!", l'avez-vous signée?
Bien à vous,

Elena Pasca

Écrit par : Pharmacritique | 02/02/2011

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