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30/09/2008

La FDA enquête sur le risque suicidaire des antidépresseurs, antiépileptiques, Champix, Singulair…

(Mise à jour à la fin: liens et liste de certains psychotropes concernés)

 

Nous avions parlé de l’alerte de la FDA (agence états-unienne du médicament) à propos du risque suicidaire sous antiépileptiques. Quant aux psychiatrie en crise BMJ.jpgantidépresseurs, cet effet indésirable est connu depuis longtemps et, aux Etats-Unis, un label noir (black box warning) portant là-dessus dissuade les médecins de les prescrire aux moins de 24 ans.

Vu le nombre de signalements à la pharmacovigilance et les exigences de certains chiens de garde, la FDA a lancé fin août une enquête sur le risque de suicide et d’idéation suicidaire induits par certains médicaments tels Prozac (fluoxétine), Deroxat / Seroxat (paroxétine), Zyban (buproprion) et Zoloft (sertraline), les antiépileptiques Lyrica (prégabaline) et Neurontin (gabapentine), l’aide au sevrage tabagique Champix (varénicline) ainsi que l'anti-acnéique Roaccutane (isotrétinoïne).


Notons que la FDA avait aussi alerté sur un lien possible entre des suicides et l’antiasthmatique Singulair (montélukast).

 

Nous mentionnons les noms français des médicaments, d’où la différence par rapport à la dépêche canadienne : Suicide : enquête sur les risques de certains médicaments.

 

Le dessin, tiré d’un article du British Medical Journal sur la crise de la psychiatrie, illustre bien la leçon d’humilité qu’inflige le cerveau aux médecins et chercheurs obligés de reconnaître qu’ils ne comprennent rien aux effets des médicaments sur le système nerveux central. Dommage qu’ils jouent aux apprentis sorciers en prescrivant massivement des médicaments qui devraient être limités aux cas d’absolue nécessité, en fontion d'une balance bénéfices-risques établie au cas par cas.

 

Mise en garde de la FDA, par un label noir imposé dans les notices et les RCP des antidépresseurs : label noir revu et étendu des enfants aux adolescents puis aux jeunes adultes de moins de 24 ans

 

La FDA a étendu en 2007 le black box warning aussi aux jeunes entre 18 et 24 ans. Il s’agit de l’avertissement le plus fort existant aux Etats-Unis, figuré par un encadré noir placé au début de la notice, et signalant que le médicament en question présente des dangers pour la santé et des risques d’effets secondaires graves.

 

Liste des 36 anti-dépresseurs et psychotropes concernés en priorité par cette mise en garde (j’ai essayé autant que possible de retrouver les noms de marque utilisés en France et laissé les noms génériques entre parenthèses).

Anafranil (clomipramine)
Aventyl (nortriptyline)
Citalopram / Seropram / Celexa / Citrol/ Recital / Cipramil (citalopram hydrobromide)

Cymbalta (duloxetine)

Defanyl / Asendin (amoxapine)
Deroxat / Seroxat / Paxil (paroxetine HCl)

Desyrel (trazodone HCl)
Escitalopram / Seroplex / Cipralex / Sipralex / Lexapro (escitalopram hydrobromide)
Effexor (venlafaxine HCl)
Déprényl / Emsam (selegiline)

Divarius / Pexeva (paroxetine mesylate)
Fluvoxamine / Floxyfral / Luvox / Faverin (fluvoxamine maleate)
Laroxyl / Elavil (amitriptyline)

Limbitrol (chlordiazepoxide/ amitriptyline)
Ludiomil (maprotiline)
Marplan (isocarboxazid)
Nardil (phenelzine sulfate)

Norset / Remeron (mirtazapine)
Pamelor (nortriptyline)
Parnate (tranylcypromine sulfate)

Pertofran / Norpramin (desipramine HCl)
Prozac (fluoxetine HCl)
Sarafem (fluoxetine HCl)
Seroquel (quetiapine)

Serzone (nefazodone HCl)
Sinequan (doxepine)
Surmontil (trimipramine)
Symbyax (olanzapine/ fluoxetine)
Tofranil (imipramine)
Tofranil-PM (imipramine pamoate)
Triavil (perphenazine/ amitriptyline)

Trilifan / Etrafon (perphenazine/ amitriptyline)
Vivactil (protriptyline)
Wellbutrin (bupropion HCl)
Zoloft (sertraline HCl)
Zyban (bupropion HCl)

 

Sources :  

Elena Pasca

Commentaires

l’interdiction de leur prescription aux moins de 24 ans aux Etats-Unis.

Avez-vous le lien? Merci

Écrit par : justin | 30/09/2008

l’interdiction de leur prescription aux moins de 24 ans aux Etats-Unis.

pouvez-vous donner le lien? merci

Écrit par : justin | 30/09/2008

D'abord un grand merci pour votre blog, il y a beaucoup d'informations !
Ma fille s’est suicidée à cause des antidépresseurs et j'ai moi aussi crée un blog [url=http://antidepresseurs.canalblog.com/]Blog[/url].
La plupart des médecins ne sont même pas au courant des effets secondaires (…) de ces soi-disant médicaments. Il est temps que la vérité sorte au grand jour et que tout cela cesse !!!

Écrit par : Nathalie | 02/10/2008

Bonjour Justin,

L'interdiction, c'est chez les enfants, à part deux antidépresseurs, si je ne m'abuse. Pour les jeunes adultes, c'est du "wishful thinking"... Mais forte mise en garde de la FDA, avec ce "black box warning" modifié et placé au début des notices, disant que le rsque suicidaire concerne aussi les 18-24 ans, même si c'est dans une moindre mesure.

Je n'ai pas pu compléter la note tout de suite, mais mieux vaut tard que jamais! Les liens y sont maintenant, ainsi la liste des psychotropes (principalement antidépresseurs, mais je crois qu'il y a aussi des antipsychotiques) qui ont été d'emblée concernés par cette extension de la mise en garde.

Et puis je viens d'ajouter dans la note sur l'amende payée par GSK pour le Deroxat le lien vers une vidéo dans laquelle la FDA attire l'attention sur le risque suicidaire accru chez les jeunes adultes traités par paroxétine (Deroxat / Seroxat / Paxil).
"Paxil and Increased Risk of Suicidality in Young Adults".
http://fr.youtube.com/watch?v=4M-Mu7E9mhc

Il y a énormément de sites et de liens anglophones, je ne voulais pas en donner trop, juste de quoi se faire une idée.
@ plus!

*
Bonjour Nathalie,

Les mots sonnent tellement creux alors que j'aimerais vous dire toute ma sympathie pour la perte de votre fille. Comment imaginer le cauchemar que vous avez vécu...

J'imagine que vous n'avez eu aucun moyen de recours en justice?
Toute mon admiration pour ce que vous faites pour diffuser l'information et mettre en garde d'autres personnes!

Le lien vers votre blog ne fonctionne pas, je vais le redonner, en espérant que c'est le bon:
http://antidepresseurs.canalblog.com/
N'hésitez pas à corriger l'adresse, si ce n'est pas la bonne.

Bonne continuation et bravo pour votre détermination!
Bien cordialement.

Écrit par : pharmacritique | 03/10/2008

Bonjour.Je suis tombé par hasard sur cette page.J'ai lu votre post Nathalie.Je suis réellement désolé pour la mort de votre fille.Je tiens à dire que les anti-dépresseurs bien administrés et bien dosés sont bénéfiques.Si votre fille c'est enlevée la vie c'est que son traitement n'était pas le bon.Vous sous-estimer les bienfaits les que ca peut apporté.Si je n'aurais jamais pris d'anti-dépresseurs,je ne saurais plus là aujourd'hui.Les psychothérapies peuvent aider à traiter les maux psychologiques,mais il faut aussi traiter le coté physiologique.La dépression peut être causer par un débalancement chimique au niveau du cerveau.C'est la que rentre en jeu les anti-dépresseurs.Pour ma part depuis Mai 2000 je suis sous anti-dépresseur et ma dépression s'est stabilisée.Faut pas mettre tout les oeufs dans le même paniers.

Passé une bonne journée.

Écrit par : martin | 17/11/2008

Bonjour Martin. Ce que je reproche surtout aux médecins c'est de ne pas nous avoir avertis de ce qu'ils avaient prescrit à ma fille (voir le diaporama dans mon blog) . Aucune information, aucun sevrage, rien... On prescrit un antidépresseur et un antipsychotique a un enfant de 15 ans pour un mal de genoux et ensuite on vous laisse aller sans aucun suivi ni aucune information... La dépression dans son cas est clairement apparue après la prise de ces substances, beaucoup de gens qui la connaissaient peuvent en témoigner! Ce syndrome de sevrage qu'a vécu ma fille, ce sont surtout les jeunes qui en sont victimes et le geste du suicide est posé sous l'effet de la déhinibition.

Écrit par : Nathalie | 18/11/2008

Bonjour Martin,

Je ne suis pas médecin et n'irais jamais recommander à quelqu'un de se traiter de telle ou telle façon. Il n'empêche, ma formation théorique en psychanalyse et puis le bon sens armé par les lectures critiques me poussent à réagir à certains de vos propos.

Si vous avez lu certains textes et commentaires de ce blog, vu avez pu constater que les effets des antidépresseurs n'ont été confirmés que dans les dépressions sévères; on ne peut donc pas généraliser pour dire que "les antidépresseurs bien administrés et bien dosés sont bénéfiques". Surtout pas chez les enfants... Surtout pas avec un antipsychotique qui, comme le dit Nathalie, a été prescrit pour une douleur de... genou...
Cela me semble, à moi, profane en matière de médecine, complètement tiré par les cheveux...

Les psychothérapies doivent être un élément déterminant, à mon avis, quel que soit le stade d'une dépression, parce que c'est l'attention humaine, l'aide à la formulation de la souffrance et de ses causes et, plus tard, l'alliance thérapeutique entre patient et thérapeute, qui aident véritablement le malade à sortir de cet abîme de désocialisation et de solitude, abîme où il avait perdu l'estime de soi et se pensait abandonné et oublié par tout le monde, ne valant plus rien...

C'est particulièrement à l'adolescence que le risque de dérapage vers une dépression sévère est là, à partir de beaucoup de facteurs sociétaux ou plus spécifique à l'entourage de l'ado. (Cela n'a rien à voir avec votre fille, Nathalie, je théorise pour essayer de mener le raisonnement jusqu'au bout). Alors quoi faire là? Mettre tous les ados sous antidépresseurs? Ou sous antipsychotiques lorsqu'ils font des experiences-limite?

Ou alors trouver celle ou celui qui saura ouvrir l'adolescent à un autre mode d'expression, verbale et/ou artistique, à un autre mode de vivre ses tourments et ses écorchures, en sublimant, par exemple, ou en trouvant des catharsis non (auto)destructeurs.

Sublimation et apprentissage de la frustration, l'"accouchement" à la parole, l'incitation à l'autonomie, cela ne sera jamais fait par un médicament. (Qu'il s'agisse d'un antidépresseur, d'une pilule d'homéopathie ou autre). Jamais!
La parole, celle-là même qui fait l'humanité et la socialité, est la seule à même de ramener dans la socialité des personnes que telle circonstance ont poussé à ce qu'on appelle désymbolisation, à une déchirure dans le tissu de sa subjectivité, et à d'éventuelles traductions de ces hiatus dans des actes désespérés.

L'alliance thérapeutique, voire même le sujet "dual" que forment ensemble psychothérapeute et patient, c'est cela qu'il faut encourager au premier plan, et c'est pourquoi ce qui m'intéresse, c'est qu'il y ait des psychiatres et psychologues (et, dans des indications bien précises chez des patients stables ou stabilisés, des psychanalystes).

Je vous conseillerais, Martin, de vous trouver un bon psychothérapeute, parce que 8 ans d'antidépresseurs, c'est le signe que quelque chose dans ce traitement n'est peut-être pas le mieux adapté pour que vous vous en sortiez et arriviez à l'autonomie.

D'autre part, l'hypothèse "physiologique" que vous évoquez, n'est qu'un argument marketing de l'industrie pharmaceutique, et il me semble que plusieurs textes cités ans ces pages en parlent aussi, avec des références des plus solides.

Non, Martin, la dépression n'est pas le résultat d'un déséquilibre de certains neurotransmetteurs dans le cerveau... La sérotonine a bon dos... Lisez des textes écrits par des spécialistes indépendants du marketing pharmaceutique, pour sortir des pièges du commerce... Le modèle "biologique", "physiologique" de la dépression a pu tromper beaucoup de monde, pendant trop longtemps, il est temps que les patients eux-mêmes s'informent et ne se fassent plus avoir aussi facilement...

je ne vous dis pas d'arrêter vos traitements, surtout pas sans surveillance médicale! je vous dis de lire, vous informer et surtout de chercher un psychothérapeute avec lequel vous pourrez former ce sujet dual dont je parlais, le temps de retrouver la capacité à formuler, à verbaliser la souffrance, et donc votre subjectivité et le mode d'expression qui lui convienne le mieux.
je ne dis pas que c'est facile, mais c'est votre autonomie qui est en jeu, parce que, à force de marcher trop longtemps avec des béquilles (chimiques, en l'occurrence), tel patient risque d'atrophier ses muscles et d'oublier qu'il doit les rééduquer pour se tenir debout, se retrouver dans cette posture où il regarde les autres dans les yeux, d'humain à humain, de sujet sujet.

Vous y arriverez dès que vous aurez compris à quel point l'industrie pharmaceutique ne travaille pas pour équilibrer des neuromédiateurs prétendument déséquilibrés, mais pour équilibrer ses cours en bourse. C'est dur à entendre, je sais. Ce n'est pas une façon de vous rejeter, mais d'essayer de vous orienter vers la parole et l'expression de la souffrance, vers la sublimation et l'issue constructive qui vous autonomise.

Bon courage!

Nathalie: tenez bon, ce que vous faites est admirable!

Écrit par : pharmacritique | 18/11/2008

pour vivre heureux, vivons cachés...des médecins, des psychiatres et des médicaments.

Écrit par : Don Diego de la Vega | 18/11/2008

Bonjour.Je vois plus clair.Le médecin qui à prescrit un anti-dépresseur et un anti-psychotique à votre adolescente meriterait de ne plus pratiquer la médecine,si ce n'est déjà fait.Le corps d'un adolescent n'est pas le même qu'un adulte c'est simple à comprendre.Autre chose qui me dérange un médecin généraliste ne devrait pas avoir le droit de prescrire un anti-dépresseur ou un anti-psychotique.C'est du domaine de la psychiatrie et il faut un suivis rapproché.Quand je parlais que ces médicaments jouent un role sur la chimie du cerveau,je crois que c'est vrai,malgré ce que vous avancer que c'est juste une question de marketing.Mon psychiatre à prit le temps de tout m'expliqué en quoi consistait la dépression,les facteurs et comment la traitée.Oui c'est vrai que c'est une béquille,mais souffrant de dépression combinée à la scizophrénie je ne peut pas me passer de ce traitement.J'ai aussi fait des psychothérapies mais j'ai toujours
eu l'impression de gaspiller mon argent et d'emmerder le psychothérapeute à force de toujours ressasser mes problèmes.Pour revenir à la médicamentation,faut pas cracher sur les années de recherche en laboratoire et du monde psychiatrique.J'aurais pas aimé être interné dans une institution comme y'a de cela 50 ans dû à un manque de traitements et de suivis psychiatrique.Malgré la maladie je suis fonctionnel et indépendant grâce au médicament ce qui m'est essentiel.

Finalement je tiens à vous encouragées pour tout ce que vous faites.Il est toujours bon d'avoir un sens critique et d'éviter les dérapages surtout quand des vies sont en causes.Salut à tous.

Écrit par : martin | 18/11/2008

une de mes nièces s'est suicidée à 24 ans
elle prenait des antiépileptiques
elle venait d'arrêter son traitement
qu'en pensez-vous?
effet du traitement ou du sevrage mais dans tous les cas celà ne revient-il pas au même?
d'autre part ma mère (87 ans) qui vit seule s'est vu prescrire par son médecin du seroplex, du neurontin (douleur nerveuse), du noctamide, pour ne parler que des psychotropes.
que penser de ces associations? ma mère a des idées bien noires parfois et se sent épuisée; son sommeil ne s'est pas amélioré
une autre de mes nièces prend du roacutane pour l'acné
est-ce un psychotrope masqué comme savent en commercialiser les labos?
connaissez -vous le livre de Podvoll, psychiatre américain, "psychose et guérison"? le site de la Tempérance?
existe-t-il un site sur les réponses alternatives et l'entraide entre familles?
merci et courage à tous
elise

Écrit par : gathié | 17/01/2010

j ai commence a prendre recital j ai demande a mon medecin de l aide. Seule avec 2 enfants je n arrive plus a aller au travail ne veut plus sortir plus rien je me sens etouffee sans aucune ressource je suis fatiguee de tout....

Écrit par : muryel | 24/02/2010

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