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09/10/2008

Eli Lilly : 62 millions de dollars pour les dégâts causés par le Zyprexa prescrit hors AMM. Et le pire est à venir

Le New York Times du 6 octobre nous informe que la firme Eli Lilly doit payer 62 millions de dollars à 33 Etats américains qui l’ont Zyprexa News.jpgpoursuivie en justice au nom des lois de la protection des consommateurs.  En attendant l’issue du procès intenté par l’Etat fédéral, les assureurs et les actionnaires, selon la loi RICO réprimant les organisations mafieuses et corrompues (cf. notre note).

Des analystes estiment que le procès à venir devrait aboutir à un milliard de dollars d’amendes et de restitutions à ces tierces parties qui ont payé pour rembourser le Zyprexa° (olanzapine) ou ont investi sur la base des affirmations mensongères d’Eli Lilly, qui a délibérément occulté les effets secondaires pourtant connus depuis les essais cliniques. La firme devrait plaider coupable, là encore, de marketing illégal.


En effet, beaucoup de patients ont subi des effets secondaires graves, tels diabète et obésité, en prenant cet antipsychotique qui leur a été prescrit alors qu’ils n’en avaient pas besoin, dans des indications autres que celles autorisées (schizophrénie et trouble bipolaire). Pour avoir une idée plus précise des effets secondaires, y compris de ceux signalés à la pharmacovigilance américaine, on peu lire le RCP américain reproduit sur cette page. Troubles neurologiques, psychiatriques, métaboliques, endocriniens, etc. La liste est très longue...

 

(Photo: Zyprexa News)

 

Le jugement dans le procès intenté par les 33 Etats épargne les médecins, considérant qu’ils se sont fait avoir par la publicité d’Eli Lilly pour les usages hors AMM. (Cette publicité est illégale, mais les médecins ont le droit de prescrire des médicaments dans des indications différentes de celles approuvées par l’agence du médicament). Une description assez concise des méthodes d’Eli Lilly pour augmenter ses ventes est contenue dans la note « Eli Lilly : cynisme et désinformation délibérés sur les effets indésirables du Zyprexa. Un visiteur médical parle ».

 

 

Le procureur de l’Etat de l’Oregon parle d’un message envoyé par la justice à l’industrie pharmaceutique, que celle-ci ferait bien Justice Pharmalot.jpgd’entendre, puisqu’il y aura de plus en plus d’enquêtes et de répression des dérapages des firmes, qu’il s’agisse de la fraude contre l’Etat (définissant en fait les dépenses injustifiées résultant de la publicité hors AMM qui mènent à des prescriptions abusives) ou de toute autre violation des lois de protection des consommateurs.

 

Nous avons aussi parlé de la charge virulente du juge new-yorkais Jack Weinstein contre l’agence du médicament (FDA) et les autres instances publiques qui ont laissé faire et ont donc une part de responsabilité dans ce que tant de patients ont dû subir. C’est d’ailleurs le même Weinstein qui a rendu la décision selon laquelle les agissements d’Eli Lilly dans le cas Zyprexa tombent sous le coup de la loi RICO (Racketeer Influenced and Corrupt Organizations) 

 

(Dessin: Pharmalot)

 

Pharmacritique conseille au juge Weinstein de ne pas oublier les médecins. Il faut leur rendre justice à eux aussi, c’est le cas de le dire.  Après tout, rien ne se fait sans eux ni contre eux. Toute la corruption et la désinformation se fait avec eux, en passant par eux - et moyennant finances. Aucune plainte n’a jamais été déposée par un médecin pour avoir été obligé d’accepter quoi que ce soit de la part des firmes ou alors pour avoir été forcé à recevoir les visiteurs médicaux et à prescrire ce que l’industrie pharmaceutique leur demande à travers la presse médicale gratuite, la formation médicale continue payée par les firmes, les nombreux à-côtés, échantillons gratuits, ristournes et privilèges.

 

Que les actes des médecins relèvent de la justice est une question d’universalité de la loi, commune, que je sache ! Et une question de responsabilité de la société qui doit responsabiliser les médecins, y compris par la répression. Il faut leur apprendre à dire non. Ou, dans la variante plus polie de la revue Prescrire, « Non, merci ! » 

 

 

Elena Pasca

Commentaires

Vis à vis des dégâts que causent la psychiatrie et particulièrement le ZYPREXA, vous me faites peur. Je prends cet anti-psychotique depuis bien un an. J'ai effectivement pris du poids, mais le VIDAL n'indique pas de risque de diabète. La personne qui me donne ce médicament parle de 5mg, pour un meilleur confort d'esprit. Je ne suis pas schizophrène, ne souffre pas de troubles bipolaires. Par rapport aux neuroleptiques, les effets secondaires sont bien moindre. Si j'arrêtais ce médicament comme il est d'usage car on ne conserve généralement pas ce genre de médicament tout au long de sa vie, sans doute que tous les effets secondaires disparaitront, je devrais maigrir plus facilement..

Écrit par : mandelkorn | 21/08/2009

En réponse à mandelkorn : j'ai également pris ce médicament pendant environ un an et demi, sans parler des ajustements de traitement etc. j'ai du prendre facilement 10 kg durant cette période et pour me "sevrer" de ce traitement, j'ai été hospitalisé. Pour commencer, j'ai perdu l'appétit, puis c'est revenu petit à petit. cela fait maintenant un an que j'ai arreté, mais je n'arrete pas non plus de maigrir ! je suis descendu en dessous de mon poids habituel, et pire, je suis en sous poids. je dois prendre des compléments alimentaires hypercaloriques et hyperprotéinés pour stopper la perte de poids.
sans parler de la fatigue "extrême" occasionnée. il fallait que je me dorme à 21h pour me lever à 7h30 et être crevé toute la journée. ce sont des conditions difficiles pour garder un emploi en travaillant de 8h à 20h. mais là, c'est un autre débat.
tout ça pour dire que l'on m'a prescrit ce médicament sans savoir exactement ce que j'avais, que j'ai beaucoup mieux vécu l'année suivant le sevrage que l'année d'avant... la faute à qui ?...

Écrit par : yomcrapaud | 24/09/2009

Bonjour à tous,

Je suis affolée de découvrir qu'on prescrit du Zyprexa à des gens qui ne sont ni bipolaires ni schizophrènes. J'en tombe sur le... popotin !
Je suis administratrice d'un site pour patients bipolaires (et leurs proches), bipolaire-info.org et je me bat à longueur de posts et depuis bien deux ans maintenant contre la prise de ce médicament. J'avoue que je me sens bien seule dans ce combat car même de grands spécialistes de la bipolarité le prescrivent.
Moi, je m'appuie sur la lutte des associations de patients aux USA, sur les procès, sur ma connaissance des effets néfastes de l'olanzépine : surpoids et diabète, maladies cardio-vasculaires induites.
D'autant plus qu'il existe d'autres neuroleptiques et que depuis trois ans maintenant est sorti [le médicament X - modification faite par Pharmacritique] qui lui ne fait pas prendre de poids. Ca n'est pas la panacée non plus, il ne réussit pas à tout le monde, mais ça vaut vraiment la peine de demander un changement de traitement à son psychiatre. La liste des neuroleptiques existants est longue. Et quoi qu'il en soit, j'insiste auprès de nos internautes pour qu'ils REFUSENT tout net de prendre du Zyprexa au long cours. Pour casser une montée vers une crise maniaque, sur quelques jours, ok, l'effet est remarquable, mais pas plus.
J'ai pris du Zyprexa à faible dose pendant 4 semaines, j'ai pris 3 kilos malgré un régime draconien.

Mariepaname

[Note de Pharmacritique: j'ai supprimé le nom du médicament que vous évoquiez comme un possible substitut, conformément à la "politique" du blog: il n'y a aucune forme de publicité et pas non plus de conseils médicaux ou de recommandations de tel ou tel médicament. Un blog ne peut pas se substituer à une consultation médicale, et tous les cas sont différents, comme vous le dites vous-même. Ne le prenez pas mal, cela n'a rien de personnel, ce sont des questions de principe et de prudence. Bonne continuation et bon courage! Cordialement.]

Écrit par : Mariepaname | 25/09/2009

Le Zyprexa est un antipsychotique comme les autres : pas inintéressant, mais avec des limites et des risques. Je suis stupéfait de l'empressement des psychiatres universitaires français à le promouvoir, n'ayant dans ma pratique (psychiatre) jamais vu un seul patient bipolaire correctement stabilisé par ce médicament. Bon ma patientèle n'est pas un essai clinique, on est d'accord. D'autre part les gens qui ont déjà eu à soigner un état maniaque "franc et massif" n'auraient pas l'idée de proposer un médicament aussi peu sédatif... du moins pas en monothérapie, donc quel intérêt ? Zyprexa dans la schizophrénie pourquoi pas, mais dans le TBP je reste très dubitatif devant un élargissement d'AMM sans doute prématuré.

BG

Écrit par : l'avis du psy | 09/10/2009

J'ai vu !

Bonjour schizophrène reconnu (sic) depuis 5 ans : je prends 10 mg de zyprexa par jour depuis 4 mois contre 20 mg les 3 années précedentes !

Bien sur je suis suivit , dit stabilisé , autonome et surtout intelligible comme vous pouvez le constater .(je précise afin que mon discours suivant ne soit pas décrédité par ma maladie)

Je ne suis pas au fait des enjeux pharmaceutiques a l'heure actuelle, mais je connais plutot bien ce médicament. Nous, schizophrenes, de par notre maladie , ne pouvons réellement exprimer un avis sans risquer de voir notre position decréditée: c'est en tant que malade indépendant que je vais a ma manière confirmer les propos précédents !

Zyprexa est une marque de Lilly, dit neuroleptique atypique (nouvelle génération), son effet est dit régulateur d'humeur (expression que j'ai pu entendre mainte fois sur le forum Atoute (Schizophrénie) d'ou je viens (vous pouvez suivre mon aventure en tapant mieloup dans le moteur de recherche!) et dans l'hopital psychiatrique ou j'ai séjourné plus d'un an et demi (hôpital de jour)

http://www.vidal.fr/Medicament/zyprexa-18217.htm

J'ai vu donc de nombreux malades (dit malades) se voire prescrire ce médicament !

Liste des pathologies concernées :

Dépression
Démence sénile
Schizophrénie
Episode psychotique non avéré
Trouble bipolaire

Mon expérience en tant que consommateur va vous faire froid dans le dos !

J'ai donc vu mon appetit augmenter !

J'ai pris environ 25 kilos en 5 ans ! de 75 a 100 kilos

Pendant 4 ans je dormais 12 heures d'affilé sans compter sieste quotidienne !

On suspecte qu'aujourd'hui je fasse du diabète, un médecin généraliste (le septique )m'a proposé des analyses que je refuse par peur d'avoir un nouvel handicap (il en devient puisque je suis déjà schizophrène).

j'ai eu une analyse de sang (glycémie) le premier mois depuis plus rien.

Je n'arrêterais pas ce médicament car il faut le dire pour moi c'est un outil de premier choix pour pour me stabiliser .

Je prend aussi du Lexomile générique et du seroplex.

ON DONNE CE MEDICAMENT A TOUT TYPE DE TROUBLE MENTAUX.

De plus pour information, l'ancienne composition du Zyprexa contenait une nanoparticule toxique jusqu'à 2008 si mes souvenirs sont bon : l'oxyde de Titan considéré comme potentiellement cancérigène !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dioxyde_de_titane

Mieloup

Écrit par : Mieloup | 17/12/2009

bonjour Mieloup,
si je peux me permettre : on comprend tout à fait votre inquiétude et votre désarroi devant le risque d'un nouveau problème comme le diabète... mais en pratique, même si c'était votre cas, le diabète correctement pris en charge n'est pas un handicap. A l'inverse un diabète négligé (non surveillé ou non soigné) risque de vous amener de très gros soucis et compliquer votre vie au quotidien.
Si vous avez un bon lien avec votre médecin, il est sans doute possible d'en parler avec lui sans qu'il vous "impose" d'emblée des examens ou des traitements désagréables.
Pour terminer : non, votre maladie ne discrédite pas votre discours ! seuls les patients connaissent réellement de l'intérieur l'effet des médicaments donc votre expérience est précieuse !
cordialement

Dr G.

Écrit par : l'avis du psy | 18/12/2009

I make you a small summary which concerns the book maintaining in library(bookcase) and which is entitled " Psychology of the motivation ".


There are conditions in the neurosis which seems to be situated between an end(purpose) which acts wrongly and the blocking which arises because we do not succeed in outstripping what in its temperament is vital. We perceive(collect) ourselves open to criticism(questionable), a suspicion of vanity, we appropriate twist, we blame and we support(bear) badly the deficiency of feeling. All this seem to train(form) a perverse sphere which closes on one. Indeed on for it, we have to deal with unfavourable episodes by which the influence increases, we have difficulty in evacuating, we have a fragile behavior. He can have insufficient answers, less stimulation of his life there, our guilt is fought(disputed) by our vanity, but this remains deformed, abnormal. In these expulsions, there is ceaselessly of the new, nothing is unchanging, We eventually push(eventually sink in,eventually sink) into his(her,its) subconscious. We weaken psychically because there is

Écrit par : mandelkorn | 29/03/2010

Le simple rendez-vous avec mon médecin de prévention, disons celui de mon employeur actuel a décidé de me faire consulter pour un léger passif en psy, disons qu'il pourrait s'agir à vous lire , peut-être d' épisodes psychotiques très anciens, et non avérés et bien sur de précautions actuelles. Si j'ai bien compris je dois prendre ce médicament à 2,5 mg ou 5 pour avoir un meilleur confort d'esprit. Comme vous le dites, j'ai aussi pris du poids sans compter certains effets secondaires que je maitrise encore très mal mal grès ma faible dose.

Écrit par : mandelkorn | 21/10/2010

La terminologie utilisée en psychiatrie est obsolète, voir les écrits du Pr E.ZARIFIAN. Le vocabulaire est trop imprécis. La psychiatrie n'est pas un science, ni la médecine d'ailleurs. Prenons un exemple, lorsque l'on parle d'hépatite, on comprends que l'atteinte des cellules du foie entraine des dysfonctionnements, que parfois un virus est à l'origine du problème. Mentalement le concept est accessible.
Mais le mot psychose est employé lorsqu'une personne semble détachée de la réalité, mais la psychose est un symptôme qui signfie que la personne est confrontée à un conflit interne qui s'exprime par une réaction particulière. Si l'on ne comprends pas le sens du symptôme tout traitement est voué à l'échec, car en 2010 la neurobiologie en est qu'à ses débuts, voir l'article paru dans Science et Avenir de novembre. Et ce qu'en dit Etienne HIRSCH chez Odile JACOB. Ce chercheur doit être encouragé dans sa logique.

Écrit par : Glenn | 13/11/2010

Après la prise sur plusieurs années de XYPREXA 5 mg, on envisage du 2,5 mais on n'envisage pas de me l'arrêter. En tout cas, je n'échappe pas à la prise importante de poids, d'une augmentation du taux de cholestérol, des CPK, etc.. Il y aurait rigidité musculaire et augmentation du taux sanguin des CPK, je dois consulter en médecine interne pour un problème musculaire. Je n'entre pas dans les indications classiques, pas schizophrène, pas de troubles bipolaires, pourtant avec cette faible dose, j'aurai un meilleurs confort d'esprit, moins de maux de tête, un meilleur sommeil. Peu ou pas d'autres d'effets secondaires, il faut juste le matin au réveil, se lever doucement et surtout ne pas entrer dans la spirale, que ce médicament ouvre trop l'appétit, pas d'alcool...

Écrit par : mandelkorn | 24/11/2010

LOrsqu'une expérience comme la mienne s'est passée, elle laisse des traces, et aussi un passif. Je suis entré en 1988, dans l'administration et il suffit de se trouver en relation avec un médecin de l'administration que l'on nomme médecin de prévention pour que ce dernier vous engage à continuer à consulter en psychiatrie - Avant, c'était mes parents qui s'inquiétaient, depuis qu'ils sont décédés, je pensais que cela n'engageait que moi et je me trompais, le passif est encore là, et ne serait-ce que pour la confiance entre confrères, on m'a engagé à reconsulter. Au fond du compte, je suis engagé à reprendre un traitement si faible soi-t-il, ce traitement a beau être très faible, il m'a fait prendre du poids sans compter qu'au matin on n'est jamais le même, s'il me procure un confort d'esprit, pour dormir, pour être disons plus posé, il ne révèle rien en terme de maladie. D'ailleurs, plusiers collègues m'engagent à ne plus le prendre, parce que pour eux, je suis capable de m'en passer. Il m'arrive sur une semaine, de ne pas le prendre trois ou quatre fois, après deux jours, je me réveille en pleine nuit et tache de tenir, mais souvent je le reprends pour faire des nits complètes- C'est vrai que c'est une soltion facile, mais après on n'a tendance à ne jamais s'arrêter.

Écrit par : mandelkorn | 11/12/2013

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