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31/10/2008

L’assurance-maladie allemande veut traîner Merck en justice, au nom des victimes du Vioxx. Retour sur un désastre annoncé

AOK (Allgemeine Ortskrankenkasse), la plus grande caisse publique d’assurance-maladie allemande a entamé des pourparlers avec la firme Vioxx.jpgMerck, afin d’obtenir 40 millions de dollars pour couvrir les dégâts infligés aux milliers de victimes allemandes du Vioxx assurées par les AOK. Mais la firme refuse, parce que la législation européenne, qui n’a que faire de la protection des usagers, ne l’oblige à rien… L’étape suivante pour AOK, c’est la justice, procédure récemment facilitée en Allemagne.

Nous revenons ici sur quelques étapes clé de ce désastre qui aurait pu être évité, parce que ce parcours en dit long sur les méthodes des firmes et qu’il y a de nombreux enseignements à en tirer. Ca devrait ouvrir même les yeux des plus indoctrinés parmi les inféodés aux pharmas, à condition qu'ils veuillent les ouvrir...

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30/10/2008

"Psychotropes : désintoxiquer la France" - c’est l’exigence de bon sens de la revue Prescrire

Un communiqué de presse du mois d’octobre de la revue Prescrire nous met en garde : « Des firmes pharmaceutiques n'ont de cesse de Surconso médocs CLAMP.jpgvouloir médicamenter l'existence avec des psychotropes. Soignants et patients doivent s'y opposer ».

 

« Dans son numéro d'octobre, Prescrire constate que l'imprégnation des patients par les médicaments psychotropes, sous l'influence de firmes pharmaceutiques, n'a pas de cesse. Même quand la balance bénéfices-risques est clairement défavorable. Même quand l'emploi d'un psychotrope est une erreur manifeste.

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Antidépresseurs: Effexor lié à un taux plus élevé de décès en cas de surdosage. Alerte canadienne

La Direction générale des produits de santé et des aliments (DGPSA) du Canada, homologue de notre AFSSAPS, a publié le 23 octobre une mise en garde des laboratoires qui commercialisent l’antidépresseur EFFEXOR (venlafaxine). En France, il s’agit de la firme Wyeth. En somme, un surdosage même faible (1 gramme) par l’Effexor, qui est un ISRSN (inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline) induit plus de risque de décès pour le patient en question qu’un surdosage avec les antidépresseurs ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine). Ces derniers sont les plus couramment prescrits, sous des noms tels Seropram (citalopram), Prozac (fluoxétine) ou Deroxat paroxétine). Mais les ISRSN se multiplient en France aussi, avec l’apparition d’Ixel (milnacipran) et du Cymbalta (duloxétine).

 

 

Voici l’alerte destinée aux professionnels de santé : « Renseignements en matière d'innocuité sur le surdosage par le chlorhydrate de venlafaxine [Effexor] en capsules à libération prolongée »

 

[NdlR : Les antidépresseurs tricycliques et imipraminiques mentionnés dans le texte sont l’une des classes plus anciennes d’antidépresseurs, prescrits bien plus rarement, à l’exception notable du Laroxyl (amitriptyline) et de deux médicaments apparentés à cette classe : l’Athymil (miansérine) et Stablon (tianeptine)].

 

« Avis aux professionnels de la santé:

 

Les fabricants de chlorhydrate de venlafaxine en capsules à libération prolongée désirent vous communiquer des renseignements importants sur son innocuité. D'après des études rétrospectives publiées 1,2,3,4, le surdosage de la venlafaxine pourrait être associé à un risque accru de mortalité comparativement aux antidépresseurs de type inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS), mais à un risque moindre par rapport aux antidépresseurs tricycliques. Bien que l'on ignore dans quelle mesure le risque accru de mortalité qui a été observé soit attribuable à la toxicité de la venlafaxine en surdosage plutôt qu'à certaines caractéristiques des patients,5 des rapports de pharmacovigilance font état de cas de surdosage aigu mortel par la venlafaxine seule à des doses aussi faibles qu'environ 1 gramme.

  • Pour diminuer les risques de surdosage par la venlafaxine à libération prolongée, en particulier chez les patients plus gravement atteints ou présentant des facteurs de risque de comportement suicidaire, il est recommandé de prescrire la plus petite quantité de médicament compatible avec une prise en charge adéquate.
  • Le risque de tentative de suicide chez les patients gravement déprimés est lié à leur maladie et peut persister jusqu'à ce qu'une rémission symptomatique importante survienne. Pour tous les patients déprimés, un suivi clinique des idées suicidaires et des autres indices de comportements suicidaires est recommandé.
  • Comme pour d'autres antidépresseurs, on a noté un risque accru de changements comportementaux et émotionnels, y compris de l'automutilation, chez les patients traités par la venlafaxine. Les professionnels de la santé, les patients, les membres de la famille ou les aidants devraient donc faire preuve de vigilance face à ces changements.
  • Tous les antidépresseurs ont le potentiel de causer une surdose fatale.

Les fabricants de venlafaxine à libération prolongée travaillent en collaboration avec Santé Canada afin d'inclure les nouveaux renseignements en matière d'innocuité dans la section traitant de surdosage dans les monographies canadiennes de venlafaxine en capsules à libération prolongée.

 

La gestion des effets indésirables liés à un produit de santé commercialisé dépend de leur déclaration par les professionnels de la santé et les consommateurs. Les taux de déclaration calculés à partir des effets indésirables signalés de façon spontanée après commercialisation des produits de santé sous-estiment généralement les risques associés aux traitements avec ces produits de santé. Tout cas de surdosage ou tout autre effet indésirable grave ou imprévu chez les patients recevant venlafaxine à libération prolongée doit être signalé au fabricant ou à Santé Canada, aux adresses suivantes (…) ».

 

Le reste du texte et les références se trouvent sur cette page. Quant à la mise en garde destinée aux patients, elle peut être lue ici.

 

Autres sources, qui montrent d’ailleurs que le problème avait été reconnu dès 2006 aux Etats-Unis et mentionné plus tard dans le RCP (résumé des caractéristiques du produit) :

28/10/2008

Augmentation constante du coût de l’assurance-maladie aux Etats-Unis, par rapport aux revenus des classes moyennes inférieures

La réalité n’est pas celle des beaux discours présidentiels, nous dit Mike Mitka dans un article de 22 octobre du JAMA : Health Insurance Costs Remain a Burden for Employers and Working Families (Le prix de l’assurance-maladie reste très lourd pour les employeurs et les familles ayant un emploi). De moins en moins d’employeurs proposent une couverture maladie, et ceux qui le font demandent une participation plus importante des employés. De plus en plus de personnes, y compris parmi celles ayant une assurance-maladie, doivent s’endetter pour payer leurs frais médicaux. Le tableau illustre l’augmentation progressive du coût de l’assurance par rapport aux revenus.

Assurance chère JAMA.jpg

 

Résultats de la privatisation de la santé et de l’assurance-maladie : 18 millions d’enfants états-uniens sans accès aux soins au moins pendant une période de l’année!

Dans un communiqué de presse, l’Observatoire états-unien de la qualité et de la recherche en santé (Agency for Pleurer.gifHealthcare Research and Quality) rend publics les résultats d’une étude qu’elle a commandité. Elle est parue dans le JAMA du 22 octobre et Pharmacritique vous propose quelques extraits.

Voici de quoi faire réfléchir tout pays qui s’engage sur la voie de la dérégulation des structures étatiques de soin et d’assurance-maladie : 9 millions d’enfants n’ont aucune couverture maladie aux Etats-Unis ! Si l’on compte ceux qui ont des assurances ne couvrant pas toute l’année, on arrive à 18 millions d’enfants qui n’ont pas accès aux soins, avec toutes les conséquences imaginables en termes de santé !!

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27/10/2008

Coup marketing de Merck, par experts interposés : vaccination par Pneumovax des fumeurs en bonne santé et des asthmatiques…

Décidément, il faut élargir le marché coûte que coûte… Le New York Times du 22 octobre nous apprend que le Advisory Committee on Fumeur DWelle.jpgImmunization Practices (Comité technique des vaccinations des Etats-Unis) a émis l’une de ces recommandations bizarres dont il a le secret... comme imposer le Gardasil aux jeunes immigrées demandant la résidence… Les recommandations concernent les fumeurs, cette fois-ci. Décidément, tout est bon pour en faire des malades, même s’ils sont en bonne santé, et prévenir ce à quoi ils ne sauraient échapper (cf. l'illustration de Deutsche Welle)… Mais qu’importe la logique, du moment que la manœuvre est profitable aux firmes pharmaceutiques…

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Formation médicale continue indépendante? Si, si, nous assure le blog FMC. Juste "avec le soutien institutionnel de Pfizer"

Et Pfizer n’est, comme tout le monde sait, qu’une ONG venant en aide à des médecins nécessiteux en manque de formation (publicitaire), Pfizer.jpgpour des raisons purement humanitaires et philanthropes…

Nous venons juste de parler du Dr Bernard Ortolan, président du Conseil national de la formation médicale continue des médecins libéraux (CNFMC), qui est allé prêter main forte aux exigences du FMC Pfizer blog FMC.jpgL€€M disant que les firmes seraient les meilleurs sources d’information objective sur les médicaments et devraient, en tant que telles, pouvoir informer les patients. Elles ont un code de déontologie (sic), dont nous avons saisi l’essence dans cette image, et ne feront jamais, au grand jamais ! de la publicité.

Revoilà le Dr Ortolan et quelques autres, dont Denise Silber, sur le blog FMC en train de nous convaincre que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes de la formation médico-pharmaceutique continue (FMC) :

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26/10/2008

Révision majeure du Gardasil exigée en Australie suite à des pancréatites. L’agence du médicament enquête

Le site d’information pour les femmes du ministère fédéral américain de la Santé postait le 18 août une nouvelle passée inaperçue en Pancréas nécrosé EBSCO.jpgEurope : "Suite à trois cas de pancréatite apparue peu après la vaccination, un groupe de médecins australiens exige une révision majeure du vaccin [Gardasil]".

 

Les médecins en question se sont exprimés dans le Medical Journal Of Australia (MJA 2008 ;189 (3): 178). Le journal Sydney Morning Herald rend compte de cette demande de révision dans l’article "Cancer Jab Linked to Pancreas Diseases" (Vaccin contre [certains] cancers du col lié à des maladies du pancréas) et nous informe que l’agence australienne du médicament (TGA: Therapeutic Goods Administration) enquête là-dessus.

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Report de la législation européenne sur le médicament, l’information santé et la pharmacovigilance. Une victoire du front critique ?

Le 24 octobre, la Commission européenne a annoncé que les mesures législatives qui devaient être adoptées cette semaine allaient être reportées. Aucune nouvelle date n’est prévue.

Les propositions devaient améliorer les disparités du marché pharmaceutique d’un pays à l’autre, revoir des questions de pharmacovigilance (dont une bonne partie devait être abandonnée aux firmes) et définir un cadre législatif pour l’information aux patients. Cette dernière mesure fait l’objet de multiples critiques et contestations, puisqu’elle permettrait une communication directe des laboratoires avec les patients, ce qui annihilerait de facto l’interdiction actuelle de la publicité directe aux consommateurs. C’est d’ailleurs la Direction Entreprises et Industrie et non celle de la Santé qui est à l’origine de ces mesures de soutien du commerce au mépris de la santé. Elles gomment les limites entre l’information sur le médicament et les stratégies marketing des firmes, ouvrant la porte à toutes les dérives ainsi légitimées, comme le soulignait The Lancet.

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24/10/2008

Vaccinez-vous contre l’influence des firmes et le Gardasil ! Voici le Protectasil, recommandé par Pharmacritique

Conflits d’intérêts et surmédicalisation des femmes: le traitement hormonal substitutif, l'AFEM et l'industrie pharmaceutique

Il s’agit d’un montage mettant l’accent sur les conflits d’intérêts. La version intégrale de cette vidéo est ici : Le médecin, les hormones et la ménopause.


L'AFEM, c'est l'Association Française pour l'Etude de la Ménopause, avec le Dr Henri Rozenbaum parmi ses principaux leaders, largement bénéficiaire de l'argent pharmaceutique pour promouvoir le traitement hormonal substitutif et continuer à en vanter les mérites même longtemps après que les résultats tirés de la Women's Health Initiative ont mis en évidence une augmentation du risque de cancer du sein et l'inefficacité de ce traitement hormonal en prévention de désagréments d'une ménopause présentée comme une maladie. Cette étape physiologique normale dans la vie de chaque femme est dramatisée et, une fois passée par les cerveaux des publicitaires de l'industrie pharmaceutique, tout est fait pour qu'elle apparaisse comme une faillite - par rapport aux impératifs commerciaux qui exigent le jeunisme, la performance à tout instant, etc. -, comme une faiblesse et comme une maladie à traiter. 


Car les femmes sont les principales cibles de la surmédicalisation et du disease mongering, incluant toutes les formes de prévention (dépistages...) inutile, mais fort lucrative, comme je l'ai expliqué et documenté en détail dans l'article "Misogynie culturelle et médicale. Le livre de Guy Bechtel, Les quatre femmes de dieu", et des exemples de surmédicalisation des femmes (endométriose, statines, psychotropes...)"


A part pour quelques notes, je n'ai pas traité les femmes à part, mais souligné dans les diverses notes thématiques - par exemple sur l'ostéoporose, sur les antidépresseurs, sur le disease mongering, sur la surmédicalisation et la surconsommation de médicaments, sur la normalité et la culture psy, etc. - qu'elles étaient les plus malmenées, les premières victimes du marketing pharmaceutique et du pharmacommerce de la peur.Celui-ci est entretenu par un corps médical qui est partie prenante dans ce commerce, pour une bonne partie, et désinformé mais ne cherchant que trop peu à remédier à cela, pour une moindre partie. La médecine qui surmédicalise le fait parce que cela lui rapporte, même si ce n'était pas sa raison d'être. Elle est devenue préventive (préventions inutiles jouant sur la peur), prédictive (avec le tout génétique...), prescriptive (au sens éthique du terme, faisant passer ses prescriptions intéressées pour des préceptes éthiques).


Et maintenant que le traitement substitutif de la ménopause est moins prescrit et rapporte donc moins, l'accent s'est déplacé de plus en plus vers d'autres facteurs physiologiques conséquences du vieillissement, tels que l'ostéopénie et l'ostéoporose ou alors vers les états d'âme, médicalisés et présentés comme des troubles à soigner absolument par des médicaments (antidépresseurs, antipsychotiques (oui, eux aussi, car le diagnostic de "trouble bipolaire" a carrément explosé en fréquence) et autres psychotropes, allant des stimulants - il faut bien tenir le coup, pour la double, voire la triple journée de travail et pour être parfaite dans tous les rôles - jusqu'aux somnifères.


Toutes les activités et les réactions des femmes sont quantifiées, mesurées et devraient se passer selon des standards de "normalité" totalement artificiels, définis uniquement dans un but commercial... C'est un parfait exemple de contrôle social, de discipline des corps comme des esprits, à coups de médicaments. Ce n'est plus le corset visible, mais une camisole chimique moins visible, mais non moins présente. Bien au contraire, elle est partout; la surmédicalisation est partout dans la vie des femmes, avec ses diverses traductions: surmédicamentation et recours accru à d'autres techniques médicales, chirurgie esthétique et médecine esthétique, etc.


Elena Pasca

22/10/2008

Pays-Bas : Perquisition chez Sanofi et GSK suite aux conflits d’intérêts concernant Gardasil et Cervarix. Le PS se mobilise

(Note largement complétée  et mise à jour)

 

Radio Netherlands Worldwide rend compte brièvement de la nouvelle et renvoie à l’émission Zembla de la chaîne de télévision VARA. Dans gsk_logo.jpgson numéro du 19 octobre, celle-ci relate le scandale qui secoue les Pays-Bas quant au Gardasil et au Cervarix. Des perquisitions ont eu lieu aux sièges de Sanofi Pasteur MSD et de GSK dans le cadre d’une enquête menée par l’Inspection des affaires de santé. Le Parti socialiste a demandé un débat parlementaire sur l’influence trop grande de l’industrie pharmaceutique sur les décisions de santé ainsi que sur le marketing agressif de celle-ci, et ce par la voix de la présidente de son groupe parlementaire à la Deuxième chambre, qui se trouve être la Dre Agnes Kant, médecin épidémiologiste... Elle a condamné publiquement certains membres de la Commission consultative en santé, qui Sanofi Pasteur MSD.jpgconseille le ministère sur des questions de santé publique et qui a recommandé un programme de vaccination généralisée. Or il s’avère que plusieurs de ses membres sont des consultants pour les firmes, dont ils ont reçu des financements ou d’autres formes de paiements. Conflits d’intérêts dans toute leur bassesse…

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21/10/2008

Les firmes pharmaceutiques profitent de la crise, malgré l’absence d’innovation. Elles vont dévorer les biotech

Pharmaceutical Business Review reprend une étude de la société d’analyse économique Datamonitor sur l’état financier actuel et les Argent Pharmalot.jpgperspectives de l’industrie pharmaceutique. On apprend que celle-ci non seulement n’est pas affectée par la crise, mais a toutes les chances d’en sortir renforcée et de racheter plein de sociétés de biotechnologies, les seules qui apportent de l’innovation thérapeutique…

 

Les 20 firmes les plus grandes disposent de liquidités propres chiffrées à 7,5 milliards de dollars et ne dépendent donc pas du tout des marchés financiers. Le taux moyen de dette des institutions financières – en proportion du capital - est de 95%, alors que celui de l’industrie pharmaceutique est de… 6%. Pfizer mène le bal avec à peu près 25 milliards de dollars en liquidités et en investissements rentables à court terme, suivi de près par Novartis.

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20/10/2008

57% des essais cliniques en vue de l’AMM ne sont pas publiés, même si l’AMM est accordée, nous dit PLoS

L’article de Kirby Lee et al, Publication of Clinical Trials Supporting Successful New Drug Applications: A Literature Analysis (Publication des Censure.jpgessais cliniques sur lesquels se fondent les nouvelles homologations de médicaments) est paru dans le numéro de septembre de la revue PloS (Public Library of Science).

Afin que les médicaments nouvellement produits par les firmes puissent obtenir l’autorisation (AMM) de l’agence du médicament, les laboratoires doivent soumettre à celle-ci au moins deux études prouvant leur innocuité et leur efficacité.

Les résultats de cette première étude quantitative sur le sort des essais cliniques fait avec des médicaments approuvés par la suite confirment ce que l’on savait déjà des méthodes de l’industrie pharmaceutique : n’est publié que ce qui se prête à une campagne de publicité et peut faire augmenter les ventes… C'est ce qu'on appelle un biais de publication.

La non publication n’est pas anodine. Elle doit nous faire réfléchir sur la piètre qualité des médicaments récents, puisque les firmes qui les produisent craignent vraisemblablement que l’accès aux données ne permette aux critiques de les démolir… Il s’agit quand même de 57% des essais cliniques qui sont ainsi censurés.

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La députée Catherine Lemorton: influence malsaine du lobby pharmaceutique sur les élus, les journalistes, les médecins...

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Les inégalités en santé augmentent en France, lanterne rouge de l'Europe de l'Ouest

Le mythe du meilleur système de santé au monde en prend un autre coup…Une dépêche d’AFP rend compte des conclusions alarmantes du Pauvreté, Nike imaginaires, dessin de Dalcio, Courrier.jpgcongrès des observatoires régionaux de la santé (ORS) : « Les inégalités sociales face à la maladie et la mort s'aggravent, selon des experts ».

A noter que, contrairement à ce qu’on pensait, les inégalités commencent au niveau des soins primaires, en médecine générale. Ceux qui vivent aux prises avec la réalité sociale et non pas dans les nuages idéologiques ne seront pas surpris d’apprendre que « "Plus la condition socio-économique est basse, moins la santé est bonne" (…). "Notre pays n'a pas réussi à réduire les inégalités de santé et la France demeure le pays d'Europe de l'Ouest dans lequel les inégalités sont les plus marquées" (...). "Quand l'Etat fragilise l'accès à la santé en instituant des franchises médicales (...), en fermant les services hospitaliers de proximité, il aggrave les inégalités de santé, mais il le fait également quand il précarise le marché du travail" ».

J'ai abordé ce sujet dans les catégories Inégalités sociales en santé, Néolibéralisme, l’idéologie qui vous veut du bien, Protection sociale en danger, Franchises médicales. La situation ne va certainement pas s'arranger avec le secteur optionnel et avec la lâcheté du gouvernement qui vient de céder quant aux dépassements d'honoraires... Sarkozy, Fillon, Bachelot - c'est que du verbiage et de la poudre aux yeux des pauvres ! Entre ceux qui chaussent des Nike et des Ray Ban et ceux qui n'ont rien, leur choix est vite fait...

 

Elena Pasca

17/10/2008

Système de santé: restons solidaires, car privatisation et dérégulation entraînent crise et destruction, dit Paul Krugman

Dans un éditorial paru le 5 octobre dans le New York Times sous le titre Health Care Destruction (Destruction du système de soins), Paul solidarité Alberta Employees.jpgKrugman, qui s’est vu décerner le Nobel d’économie pour sa clairvoyance, y compris à propos de la crise actuelle, analyse les programmes de John McCain et Barack Obama en matière de santé. Comme vous pourrez le voir en explorant les quelques liens à la fin de la note, Krugman prône la construction d'un service de santé qui serait au moins partiellement public, avec une assurance-maladie universelle, nationale et publique, elle aussi. De quoi faire de lui un socialiste, si ce n'est un communiste aux yeux des Américains...

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16/10/2008

L’ultime cadeau de Bush: mettre les multinationales pharma à l’abri de la justice. Signez la pétition contre la préemption!

L’article d’hier du Wall Street Journal, Bush Rule Changes Could Block Product-Safety Suits (Les changements administratifs procès et ses coûts WSJ.jpgvoulus par Bush pourraient bloquer les procès pour produits défectueux), nous apprend que la bataille contre la préemption fédérale est loin d’être gagnée.

 

 

Appliquée aux médicaments et autres produits de santé, la préemption voudrait dire qu’une fois que l’agence fédérale américaine du médicament (FDA) a autorisé un produit, les laboratoires pharmaceutiques ne peuvent plus être attaqués en justice par les Etats locaux ou par des (groupes de) victimes, et ce peu importe les dégâts causés par tel médicament défectueux ou les mensonges et manipulations des firmes. Pour mieux comprendre la dangérosité de la préemption, qui mettrait les firmes au-dessus des lois et priverait les citoyens de leurs droits et les consommateurs de toute protection, vous pouvez lire les notes de la catégorie Boucliers juridiques pour les firmes.

 

 

On apprend que Bush fait tout pour modifier la législation, afin que les multinationales et autres grosses compagnies ne fassent plus l’objet d’imputations de responsabilité en justice. Et même à supposer qu’Obama gagne, ces réglementations ne pourraient pas être défaites avant des années. Encore moins celles concernant la FDA, puisque les dirigeants de l’agence du médicament militent eux-mêmes – pour le compte des firmes qui la et les financent – en faveur de la préemption…

J'ai  présenté dans cette note la pétition qu’il faut signer : FDA Preemption = Bad Medicine (la préemption fédérale de la FDA = mauvaise médecine (et mauvais médicaments)).

 

Elena Pasca

 

Cancer: seul un essai clinique sur cinq est publié. L’industrie pharmaceutique occulte ses ratages

L’ESMO (Société européenne d’oncologie médicale) rend compte le 9 octobre d’un rapport  de Ramsey et Scoggins publié dans la dernière livraison du journal The Oncologist, qui arrive à la conclusion d'un fort biais de sélection des essais cliniques, qui mène à ne publier en majorité et en intégralité que ceux qui ont des résultats positifs, à savoir en moyenne 1 sur 5. (Le rapport prend PubMed pour source de publications). C'est ce qu'on appelle un "biais de publication", qui induit de la désinformation, parce que l'état des connaissances est déformé si l'on ne connaît pas l'issue de recherches cliniques défavorables (négatifs) pour tel ou tel médicament, mais seulement ceux favorables (ou arrangés pour paraître positifs ou plus positifs qu'ils ne le sont).

 

 

De tous les essais cliniques financés par l’industrie pharmaceutique, moins de 6% sont publiés, et sur ces 6%, 75% arrivent à des conclusions favorables pour les médicaments étudiés.

Vu les résultats plus que limités du règlement actuel du registre des essais cliniques, qui exige la publication de tous les résultats, un groupe de travail a proposé à l’Institut National du Cancer états-unien (National Cancer Institute) de mettre en place sa propre base de données des essais cliniques, pour en suivre la progression du début jusqu’à la fin.

 

 

 

 

 

Il faut avoir accès à ces informations, puisqu'on apprend aussi des erreurs et qu'on évite de refaire les mêmes.

 

 

D'autre part, ce  nombre très élevé d'essais non concluants montrent bien qu'il faut essayer d'agir non pas toujours dans le sens de ce symbole_toxique.jpgqu'on a appelé "industrie du cancer" - où chaque nouvelle molécule est vendue à prix d'or par les firmes et présentée comme révolutionnaire à des malades désespérés, mais en amont - sur les causes du cancer. Il faut oser s'en prendre aux causes environnementales, chimiques, industrielles, bref, aux agents cancérogènes produits par l'homme et les technosciences qu'il adule.  C'était aussi le sens de ma note "Investissez dans l’industrie du cancer ! Son avenir en bourse s’annonce radieux, note Marianne ."

 

Un autre problème qui se pose est celui de certains dépistages réguliers, par exemple du cancer de la prostate et du cancer du sein, en fait des surdépistages qui participent de la surmédicalisation et surmédicamentation ambiante, avec des conséquences dramatiques (faux diagnostics, biopsies et traitements inutiles et risqués, etc.). Beaucoup de monde vit de l'industrie du cancer...

 

 

 

 

Elena Pasca

 

 

Médicament - Poison : AGREAL

 

Des femmes empoisonnées à long terme malgré les mises en garde à l’étranger

 AGREAL.boite.jpg

Par Chantal et Ysatis

 

Un neuroleptique générant de nombreux effets secondaires, des plaintes de patientes non entendues, des médecins qui ne s’informent pas, et surtout le silence de la firme Grünenthal, pour qui le marché est juteux !

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Les politiques, bras armé de Merck : Sans Gardasil, point de résidence permanente aux Etats-Unis

Cette note est une suite logique des fragments que nous avons traduits du New York Times, dévoilant les multiples réseaux de Gardasil Think Progress.org.jpgconflits d’intérêts des décideurs politiques et sanitaires, choyés, voire corrompus par Merck et GSK.  Le Wall Street Journal nous apprend que depuis le 1er juillet 2008, une nouvelle disposition de l’USCIS (US Citizenship and Immigration Services) impose à toute jeune fille ou femme de 11 à 26 ans, immigrée désirant devenir résidente permanente ou citoyenne des Etats-Unis, d’apporter la preuve de sa vaccination par Gardasil et par quelques autres vaccins nouvellement ajoutés, dont la liste est établie par le CDC (Centers for Disease Control and Prevention).

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15/10/2008

Big Pharma veut éliminer Therapeutics Initiative, groupe canadien pour l'EBM et un usage raisonnable du médicament

Le sort de cet organisme indépendant, qui n'excelle même pas dans la critique, mais fait son travail d'application d'une médecine guillotine WSJ.jpgfondée sur les preuves (evidence-based medicine) dans l'intérêt général de la santé et des finances de la population canadienne, sera décidé fin octobre. Un courriel peut être adressé au chef des inquisiteurs pour protester contre l'exécution programmée de Therapeutics Initivative par les sbires médicaux de l'industrie pharmaceutique.

Nous sommes complices si nous restons sans réagir alors que l’industrie pharmaceutique censure, discrédite et élimine un par un les groupes, les associations et les individus qui osent critiquer ou juste avoir un point de vue différent et penser par eux-mêmes.

Cette photo de guillotine est tirée du Wall Street Journal (dans un autre contexte).

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Roche maintient le prix de l’antirétroviral Fuzeon: "nous faisons de l’argent; sauver des vies n’est pas notre problème"

Ce communiqué d’Act Up Paris nous informe entre autres que Roche se retire de la recherche sur les médicaments anti-HIV, mais Roche Fuzeon.jpgcontinue à augmenter les prix de ceux qu’il a brevetés : Viracept°, Invirase° et Fuzeon°. Ce dernier, destiné aux malades en échec thérapeutique, donc vital, apporte à Roche 30.000 dollars par malade et par an. Cet autre communiqué de presse d’Act Up Paris nous informe de l’existence d’une pétition que tout le monde peut signer. "Le cynisme de Roche et sa tendance à systématiquement abuser de sa position de force sur les personnes vivant avec le VIH/sida a assez duré. Si Roche s’est montré incapable (...) de revoir à la baisse le prix du Fuzeon en Corée, nous exigeons de Roche qu’il renonce à son brevet sur le Fuzeon puisqu’il n’est pas en mesure de le mettre à disposition de tous ; du gouvernement sud-coréen qu’il émette une licence obligatoire sur le Fuzeon, ainsi que sur chacun des médicaments de Roche ; de tous les pays qu’ils émettent des licences obligatoires sur les médicaments du laboratoire Roche".

La phrase dans le titre vient du communiqué d’Act Up International, tout comme la photo d’un charognard, avec en haut : "Roche se repaît de nos cadavres" et en bas "Le monopole permet d'être inhumain".

 

Elena Pasca

 

OFCE : la taxation des malades est inefficace et inégalitaire. Il faut revaloriser la médecine générale et revoir la façon de prescrire

La lettre du 15 septembre de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), intitulée Participation financière des patients et équilibre de l'assurance-maladie, vaut le détour. Elle remet en cause empty-pockets Pharmalot.jpgl’efficacité de la taxation des malades pour couvrir le déficit de la Sécurité sociale et épingle ces dispositifs pour leur caractère inéquitable, inégalitaire quant à l’accès aux soins et nuisible à la santé des usagers.

Le paiement d’un euro par consultation, le forfait de 18 euros pour certains actes et les les franchises médicales ont mené 32 % des personnes sans assurance complémentaire et 13 % de celles dotées d’une complémentaire à renoncer aux soins, surtout aux soins bucco-dentaires, à l’optique et aux consultations de spécialistes.

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13/10/2008

Gardasil, Cervarix : Merck et GSK ont un réseau colossal de conflits d'intérêts politiques et médicaux

Le New York Times a publié le 19 août un excellent article intitulé "The Evidence Gap. Drug Makers’ Push Leads to Cancer Vaccines’ Rise" (L’écart entre la publicité et les preuves : Les stratégies marketing des firmes augmentent le taux de vaccinations).gaspillage d'argent.jpg

Ce long texte très bien documenté nous permet de comprendre pourquoi presque tous les professionnels de santé et les politiques répètent comme des perroquets les mêmes arguments publicitaires et font ce qu’il faut pour augmenter les chiffres de vente. La publicité et ce discours uniformisé et globalisé sont portés par une véritable armée de médecins, infirmiers, hommes politiques, associations de patients, institutions publiques et autres, payés très généreusement par Merck et GSK. (N'oublions pas Sanofi Pasteur MSD et CSL, même si l'article se focalise sur les deux labos à l'origine du commerce de ces vaccins). C’est l’argent qui parle et les perroquets font du copier/coller pour diffuser le message.

Et lorsqu'autant de monde a un intérêt financier (ou de prestige) à ce que le Gardasil et le Cervarix se vendent bien, la promotion à tous les niveaux et les décisions politiques intéressées s’accompagnent d’efforts de censure du débat sur l’(in)utilité, les incertitudes et les risques de ces vaccins.

Pharmacritique vous propose une traduction de plusieurs fragments portant surtout sur les conflits d’intérêts et la corruption.

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12/10/2008

La Commission européenne et l’EFPIA sapent la législation sur la publicité directe et l'accès direct aux patients

Le Financial Times a rendu compte le 3 octobre d’une rencontre des décideurs politiques et pharmaceutiques européens, WaveBigPharma CAGE.jpgqui peaufinent leur stratégie de mise en pratique des propositions antérieures, connues sous le nom "paquet pharmaceutique" (pharmaceutical package).

 

 

Le titre de l’article en dit long sur les objectifs : "Plan to give drug groups direct public access" (Projet permettant l’accès direct des firmes pharmaceutiques aux patients).

 

 

 

 

 

Sous prétexte d’améliorer l’observance des traitements, la pharmacovigilance et la "qualité de l’information" venant de tous les "acteurs importants" du domaine de la santé, l'accord entre l’EFPIA (le syndicat européen des pharmas) et la Commission européenne (avec Günter Verheugen en tête) permettra aux firmes d’accroître leurs profits par un marketing direct auprès des patients, qui court-circuitera les médecins et contournera l’interdiction de la publicité directe aux usagers pour les médicaments d'ordonnance (DTCA: direct-to-consumer advertising).

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Pfizer accusé de manipulation des études sur l’efficacité du Neurontin. Qu’en est-il du Lyrica ?

En 2004, Pfizer a dû payer 430 millions de dollars d’amende pour la publicité illégale de son antiépileptique Neurontin neurontin Pharmalot.jpg(gabapentine), incitant les médecins à le prescrire dans des indications non autorisées, ce qui a porté les chiffres de vente à plus de 3 milliards par an. Le New York Times du 8 octobre nous apprend qu’une cour fédérale des Etats-Unis est en charge d’un autre procès intenté par des usagers et des tierces parties. La cour vient de rendre publics les rapports de plusieurs experts sur les essais cliniques et la stratégie commerciale de Pfizer. 12 rapports d’experts sont accessibles sur Pharmalot (d'où nous avons repris la photo).

Comme pour confirmer une énième fois le réquisitoire de Marcia Angell, on apprend que la firme aurait occulté des données scientifiques pour ne pas nuire au commerce : publication d’essais défavorables retardée, occultation ou maquillage des données montrant l’inefficacité du Neurontin dans les douleurs chroniques (de type neuropathie diabétique ou névralgie post-zostérienne), le trouble bipolaire ou la prévention des migraines.

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10/10/2008

CLAMP : clamper les vases communicants entre médecine et industrie pharmaceutique

Dans ma série sur les associations anticorruption en médecine, voici le CLAMP (Comité de Lutte Anti-Marketing Pharmaceutique): CLAMP.jpgcollectif canadien fondé en 2003-2004.

Il se compose d'étudiants en médecine et de professionnels de la santé issus surtout de l’université de Montréal et agissant pour « une plus grande indépendance du système médical face aux compagnies pharmaceutiques ». A commencer par une limitation du marketing pharmaceutique, responsable de trop de prescriptions déraisonnables, et un refus des à-côtés (cadeaux, ristournes, privilèges...) offerts par les pharmas.

 

 

Même s’il ne semble plus actif depuis quelques mois, le site reste intéressant et peut donner des idées d’action : affiches pour les hôpitaux et les cabinets médicaux, rencontres avec des membres d’associations anticorruption du réseau No free lunch!, organisation de conférences, participation à des débats et des congrès, manifeste à signer et à afficher, prises de position dans les media, mise en place d’un club de lecture, etc. Signalons un bon article sur les brevets pharmaceutiques.

Pharmacritique souhaite au CLAMP de ne pas desserrer sa prise ! Bon vent !

 

Elena Pasca

Innovative Medicines Initiative : la Commission européenne et EFPIA s’allient pour dévaliser la recherche et les deniers publics

Nous avons proposé dans cette note de nominer le syndicat européen de l’industrie pharmaceutique (EFPIA) et le commisaire Project Appleseed.jpgGünter Verheugen pour les prix du lobby le plus néfaste et de la personnalité européenne traînant le plus de casseroles (pardon, conflits d’intérêts). Prix décernés par Corporate Europe Observatory à la suite du vote du grand public, qui débutera le 20 octobre.

 

Et voici une nouvelle occasion de voir à quel point ces deux-là méritent d’être couronnés… Dans l’éditorial traduit dans la note précédente, Nature Neuroscience donnait comme exemple à suivre un projet de la Commission européenne dont je n’avais pas encore entendu parler : Innovative Medicine Initiative (IMI). Une recherche rapide a suffi pour voir à quel point l’immense écran de fumée publicitaire cache une autre manoeuvre d’EFPIA, cette fois-ci pour utiliser l’argent public – nos impôts, autrement dit – à des fins de profits privés. Le projet donne à l’industrie pharmaceutique aussi la possibilité de s’approprier les résultats des équipes publiques de recherche. Pas si directement que cela, bien entendu...

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09/10/2008

Crise de crédibilité de la pédopsychiatrie, due à la corruption par les firmes pharmaceutiques et à ses faibles bases scientifiques

Dans les notes des catégories Conflits d’intérêts en psychiatrie et Maladies inventées / disease mongering, nous avons montré que la Cerveau Süddeutsche.jpgpsychiatrie est la spécialité médicale la plus corrompue par l’industrie pharmaceutique, pour le compte de laquelle elle façonne des maladies et les « légitime » dans le DSM. Appliqué aux enfants, cet affairisme donne une augmentation exponentielle des diagnostics d’hyperactivité et de trouble bipolaire, en premier lieu, et une mise sous camisole chimique dès la moindre « déviation » par rapport à une « normalité » dont la seule chose qu’on puisse affirmer avec certitude, c’est qu’elle n’existe pas… (Mais ce n’est pas ce détail qui va arrêter le dévoiement de la médecine dans son ensemble en un outil de normalisation). La légitimité scientifique de la première prescription chez l’enfant est trop souvent douteuse. Qu’importe ! Un deuxième médicament est prescrit pour soi-disant atténuer les effets secondaires et compléter les effets du premier, puis un troisième…

Le peu de science et d’éthique qui fonde cette façon de faire (du commerce pour Big Pharma) est dénoncé par des cercles médicaux que personne ne peut soupçonner d’être antipsychiatrie ou antimédecine… L’éditorial du mois de septembre de la revue Nature Neuroscience (Nat Neurosci. 2008, Sep;11(9):983) s’intitule « Credibility crisis in pediatric psychiatry » (Crise de crédibilité de la psychiatrie pédiatrique). En voici une traduction rapide :

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