Avertir le modérateur

30/11/2008

L’industrie pharmaceutique et les assureurs lancent une campagne massive contre les projets d’Obama de réformer le système de santé

Cela rappelle étrangement la présidence de Bill Clinton et les tentatives de Hillary Clinton de réformer un système qui était loin d’être aussi Obama réforme Pharmalot.jpgmauvais qu’aujourd’hui… Une campagne massive a complètement changé l’attitude de l’opinion publique, au départ favorable aux réformes et à l’introduction d’une assurance-maladie universelle publique. Les industriels ont présenté cela comme une dérive vers le... communisme, portée par « Hillary la rouge », « Billary », etc.

Huit ans d’administration Bush et des républicains, alliés traditionnels de l’industrie pharmaceutique, des assureurs et de tous les prestataires de services liés à la santé ont délabré le système de soins à un point difficilement imaginable. Or Obama ne s’est pas privé d’attaquer l’industrie pharmaceutique pendant sa campagne, par exemple sur la responsabilité des firmes en cas de médicaments défectueux, question très épineuse alors que les firmes cherchent à se mettre au-dessus des lois et à échapper à tout procès à travers la préemption fédérale.

Lire la suite

29/11/2008

Médecins : stress, burnout, tentatives de suicide, us et abus de drogues, d’alcool et de médicaments, selon plusieurs études parues dans le BMJ et ailleurs

Commençons par le numéro du 15 novembre du British Medical Journal, qui contient plusieurs études et articles sur la santé mentale et le depression Univ Michigan.jpgstress professionnel des médecins, la fréquence du burnout (épuisement complet avec ou sans dépression sévère), la consommation ou l’abus de médicaments et de substances illicites ainsi que la consommation d’alcool et de tabac des étudiants en médecine. Il faudrait que les usagers s’inquiètent plus souvent de la santé de leurs médecins, d’autant plus que l’on sait que l’absence de réciprocité est l’une des raisons pour lesquelles les médecins reçoivent les visiteurs médicaux.

Lire la suite

Suicide médicalement assisté des malades en fin de vie autorisé dans l'Etat de Washington

La nouvelle est parue le 10 novembre sur le site du British Medical Journal (BMJ 2008;337:a2480). euthanasie loi,fin de vie soins euthanasie,association pour le droit de mourir dans la dignité,mourir dans la dignité,loi léonetti euthanasie,suicide médicalement assisté,marie humbert euthanasie,chantal sébire euthanasie,euthanasie législation etats-unisAprès l’Oregon, l’Etat de Washington est le deuxième à légaliser le suicide médicalement assisté : sur l’avis de deux médecins, des médicaments létaux pourront être prescrits aux malades incurables dont l’espérance de vie ne dépasse pas les six mois et qui ont toutes leurs facultés mentales au moment de la décision.

Dans l’Oregon, Etat qui a légalisé ce procédé il y a 11 ans, 341 patients ont mis fin à leur vie de cette façon. D’autres ont obtenu les médicaments, mais ne les ont pas utilisés. Il n'y a eu aucun des débordements ou dérapages redoutés par les opposants, et pas non plus d'immigration massive vers l'Oregon...

La loi porte une grande attention à l’état psychique du patient, pour s’assurer que la demande n’est pas un symptôme de dépression. C’est l’une des raisons pour lesquelles le patient devra faire deux demandes et aura 15 jours de réflexion. Il devra en outre s’administrer lui-même les médicaments.

L’article rappelle que le suicide médicalement assisté est légal en Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse. La question est plus actuelle que jamais en Grande-Bretagne, où le débat fait rage depuis que des personnalités ont pris position en faveur d’une telle loi et surtout depuis que les proches qui ont accompagné une centaine de malades en Suisse ont été interrogés par la police et attendent de savoir s’ils vont ou non être poursuivis en justice.

 

Le débat est plus feutré, mais non moins actuel en France, depuis le combat courageux de Marie Humbert et de Chantal Sébire et vu les insuffisances manifestes de la loi Léonetti sur la fin de vie. Vous pouvez en apprendre plus sur l’état de la question en allant sur le site de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), qui a mis en ligne une pétition pour faire avancer les choses. N'est-il pas hypocrite de pousser à fond l'individualisme de nos sociétés et de refuser, en même temps, une "loi de liberté" individuelle mettant fin à une vie qui n'est plus que souffrance et, pour beaucoup, misère et humiliation?

 

D’autres détails sur la législation de Washington :

Elena Pasca

Efficacité douteuse des antidépresseurs, à part dans les cas les plus sévères et l’échec des traitements alternatifs (PLoS)

Un article publié dans la revue médicale en libre accès PLoS (Public Library of Science) nous informe que les méta-analyses des divers Placebo.jpgétudes sur les antidépresseurs n’ont montré qu’une supériorité faible par rapport au placebo. Les auteurs précisent même que lorsque les résultats des essais non publiées sont inclus dans l’analyse, les bénéfices cliniques des antidépresseurs n’atteignent même plus le seuil d’une efficacité statistiquement significative.

Inutile de dire à quel point cette analyse diffère du marketing des laboratoires... Mais on sait bien que les essais cliniques des antidépresseurs sont parmi les plus réécrits par des agences de communication qui présentent les résultats sous une lumière favorable et occultent les données "gênantes", telles l'augmentation du risque suicidaire surtout chez les moins de 25 ans, les risques de dépendance et de syndromes de sevrage, etc. La manipulation des données liées au Deroxat/ Seroxat/ Paxil par GSK est représentative de ces méthodes des firmes dénoncées par Marcia Angell dans l'excellent texte que nous avons traduit dans cette note.

 

Cela dit, l’étude de PLoS montre ce que d’autres auteurs ont constaté, à savoir que l’efficacité semble dépendre de la sévérité de la dépression : plus une dépression est grave, plus les antidépresseurs ont des chances d’avoir un effet. MaisCet effet "semble dû à une réponse au placebo plus faible chez des patients souffrant de dépressions graves, plutôt qu’à un impact plus fort des médicaments administrés". Au vu de ces résultats, les chercheurs concluent que la prescription d’antidépresseurs de la nouvelle génération [ISRS : inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, pour la plupart] ne se justifie que chez les patients souffrant des dépressions les plus graves, sauf si les traitements alternatifs ont été inefficaces.

Je vous laisse découvrir les détails de la méta-analyse de Kirsch et al : "Initial Severity and Antidepressant Benefits: A Meta-Analysis of Data Submitted to the Food and Drug Administration" (Sévérité initiale de la dépression et efficacité des antidépresseurs : une méta-analyse des données soumises à la Food and Drug Administration [FDA : agence américaine du médicament]).

Illustration: L'effet placebo

 

Elena Pasca

Les antidépresseurs de seconde génération (Déroxat, Effexor, Seropram, Zoloft, Prozac…) ne diffèrent que par le coût et les effets secondaires (directives USA)

Les nouvelles directives pour la pratique clinique élaborées par le American College of Physicians et publiées le 18 novembre dans les antidepresseur Le Matin.jpgAnnals of Internal Medicine ne trouvent aucune différence significative entre les divers antidépresseurs de deuxième génération.

Leur efficacité [relative, car démontrée uniquement dans les dépressions sévères] est égale ; seuls les effets secondaires diffèrent, disent les auteurs après avoir analysé plus de 200 études publiées sur les bénéfices et les effets indésirables de ces médicaments : Zyban (bupropion), Seropram (citalopram), Cymbalta (duloxetine), Seroplex (escitalopram), Prozac (fluoxétine), Floxyfral (fluvoxamine), Norset (mirtazapine), (Serzone) nefazodone, Deroxat/Seroxat/Paxil (paroxetine), Zoloft (sertraline), Desyrel (trazadone) et Effexor (venlafaxine).

Le choix doit donc être fait en fonction de effets secondaires, du coût et des préférences des patients. Les directives attirent l’attention sur le devoir des médecins d’informer et de surveiller les patients pendant le premier, voire les deux premiers mois de traitement, à cause du risque suicidaire.

 

Ces constats ne sont pas nouveaux, puisqu’une équipe de l’université de Caroline du Nord était arrivée aux mêmes conclusions en septembre 2005 et les avait publiées dans le même journal. Richard A. Hansen et al avaient aussi souligné que ces antidépresseurs de seconde génération n’avaient pas d’effet sur à peu près 40% des patients. Ces chiffres ont été contestés à l’époque, mais d’autres études sont venues les étayer entre-temps.

Richard A. Hansen, Efficacy and Safety of Second Generation Antidepressants in the Treatment of Major Depressive Disorder. Ann Int Med, September 20, 2005 vol. 143 no. 6 415-426.

Pour d'autres informations sur les antidépresseurs, leur efficacité, leurs rapport bénéfices - risques, leurs effets secondaires tels que accident vasculaire cérébral, glaucome, comportements violents, risques de mortalité, voir les articles de la catégorie "Dépression, antidépresseurs"; de la catégorie "Effets secondaires, iatrogénie", enfin de celles consacrées à la psychiatrie (voir liste alphabétique à gauche de la page), au DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et aux conflits d'intérêts de la psychiatrie

 

Photo: Le Matin


Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

28/11/2008

La recherche publique de l’université Bordeaux 2 aux ordres de l’industrie pharmaceutique. Le LEEM remercie Mme Pécresse

Si quelqu’un pense que Pharmacritique exagère dans les notes de la catégorie "Université SARL", voici une preuve de plus : le L€€M (syndicat Troupe aux ordres Préfecture Savoie.jpgde l’industrie pharmaceutique) a signé il y a une semaine "une convention de partenariat [sic] public/privé dont l'objectif est de mettre l'université Bordeaux II en phase [re sic] avec les besoins de l'industrie pharmaceutique", ce qui veut dire "adapter en permanence les contenus de formation aux besoins des entreprises" (Romandie News). Adieu la recherche fondamentale et la production de connaissances, vive les applications technologiques immédiatement profitables !

Le L€€M publie un dossier de presse sur son site et précise que "cet accord est une application exemplaire des voies ouvertes par la Loi Pécresse". Ca, c'est certain ! Il est question d’ajuster les formations d’enseignement supérieur afin de répondre aux "besoins de la compétitivité mondiale". Si on y pense, le lean management y répond à sa façon, la précarisation des chercheurs et les délocalisations aussi... Sans parler des usagers qui se fichent des conflits d'intérêts, adorent les grands pontes de la médecine qui servent de VRP aux firmes et gobent la pilule sans jamais rechigner.

Lire la suite

L’avenir de l’université: mandarinat, lobbies aux commandes, conflits d’intérêts privé – public… La casse de Pécresse est industrielle...

L’article "Dislocation accélérée du CNRS et de l'INSERM", paru sur le blog du Collectif pour l’indépendance des chercheurs, décortique la Patron.jpgstratégie actuelle de privatisation des institutions publiques de recherche, qui suit en tous points le modèle américain Reagan-Bush, avec tous les conflits d’intérêts qu’il implique… Sarkozy et Pécresse tiennent décidément à appliquer, comme Bachelot en santé, un modèle désavoué ailleurs…

A lire aussi le texte du 31 octobre, "Statut des enseignants-chercheurs et privatisation de l'enseignement supérieur", et divers autres articles à partir des liens.

Complétez par les sites Indépendance des chercheurs et Sauvons la recherche. Sur ce dernier, suivez les aventures d’Olivier Ertzscheid à l’université Lagardère, aux ordres des "partenaires industriels", lesquels décident (aussi) des thèmes de recherche en fonction des applications et des profits qu’ils peuvent en tirer et "sont les plus représentés dans toutes les nouvelles instances décisionnaires de l’université". (Ceci est un extrait du texte de la loi Pécresse, notre vénérable "ministre de la recherche industrielle". Il faut enfin dépoussiérer cette langue publique viellotte et appeler un chat un chat, que diable !! Statut des chercheurs, quelle vieille lune! Virons-les par SMS, s'ils l'ouvrent ! Ca s'appelle la flexibilité et la gestion compétitive des ressources humaines, autrement dit, du lean management pur jus !)

 

Photo : Merci patron! sur Dudélire.com

 

Elena Pasca

Jean-Pierre Escaffre: Désorganisation technocratique en vue de la privatisation de l'Université, de l’hôpital public, de tous les services publics. Adieu la protection sociale!

Voici un texte de Jean-Pierre Escaffre, enseignant à l’Université de Rennes I, chercheur au CREREG (Centre de recherche rennois en Propriété privée.jpgéconomie et gestion), intitulé "Hôpital public et Université, le même processus à l’œuvre". L’article est paru dans la lettre de l’UFAL (Union des familles laïques) du 27 novembre. 

La conférence donnée en avril 2007 dans le cadre d’Attac Bretagne, consacrée à la protection sociale, vaut elle aussi le détour.

Extrait : "Les « réformes » (...) ressortent toutes de la même technique : technocratisation / privatisation, le premier terme facilitant le second. (…) Les réformes Fillon et suivants sont la copie conforme des recommandations du MEDEF. Désormais, c’est le ministère de la santé qui détient tous les leviers : nomination directe de tous les postes stratégiques, directeur de la Haute Autorité en Santé « qui peut être consulté », directeur de l’UNCAM, directeurs des Agences Régionales de l’Hospitalisation (plus puissants qu’un préfet dans le domaine sanitaire)…

Lire la suite

27/11/2008

Une équipe néerlandaise s’oppose au Gardasil et au Cervarix, inutiles aux Pays-Bas et ayant une efficacité et un rapport bénéfices - risques inconnus

L'équipe de de Kok et al de l’Erasmus Medical Center – le centre hospitalier universitaire de Rotterdam – a publié Gardasil AFP Getty Images.jpgen septembre un article dans la Nederlands tijdschrift voor geneeskunde (Revue néerlandaise de sciences de la santé) qui conteste l’utilité des vaccins Gardasil et Cervarix aux Pays-Bas : [Insufficient basis for the inclusion of Human papillomavirus vaccination in the National Immunisation Programme in The Netherlands] (Pas de fondements suffisants pour inclure la vaccination contre [certains types de] papillomavirus dans le programme national néerlandais de vaccination).

Lire la suite

26/11/2008

Surdépistage et surdiagnostic des cancers. Urgence d'une expertise citoyenne sur la médicalisation, l'abus de prévention, la médecine paternaliste... Livre de Gilbert Welch

Mise à jour du 3 décembre 2012:

Les réflexions sur le dépistage et surdépistage des cancers, sur les surdiagnostics, sur les justifications mises en avant (qui occultent les intérêts en présence), sur la différence entre les découvertes histologiques (cancer histologique) et les symptômes cliniques (cancer maladie), sur le contexte dans lequel se fait ce surdépistage et sur ses conséquences sont abordés de façon disparate sur Pharmacritique, dans des articles et notes rassemblés sous plusieurs catégories, selon l'angle de vue: prévention, surmédicalisation, industrie du cancer, conflits d'intérêts, surmédicalisation du corps des femmes, médicalisation de l'existence, silence de la raison dès que le mot "cancer" est prononcé, vaccins supposés prévenir le cancer du col de l'utérus, disease mongering (façonnage de maladies/ invention de maladies / vendeurs de maladies), actes médicaux comme forme de contrôle social, uniformisation des individus à travers des normes médicales devenues des normes sociales, etc.


Ces articles (qui traitent donc tous du dépistage des cancers, en particulier celui du sein et de la prostate) sont acessibles à partir de la liste alphabétique des catégories à gauche du blog (il faut descendre sur la page, pour accéder aux articles, du plus récent au plus ancien). Quelques exemples de catégories: "surmédicalisation, surconsommation", "prévention, abus de prévention, médecine préventive", "disease mongering, invention de maladies, maladies à vendre", etc. 


Les actes du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements", qui a eu lieu à la Faculte de médecine de Bobigny fin avril 2012 à l'initiative du groupe Princeps dont je fais partie (et où il a beaucoup été question du dépistage/surdépistage, du surdiagnostic des cancers et ses conséquences), sont accessibles à partir de cette page, avec un accent mis sur les causes, le contexte global, les formes que prend le surdépistage ainsi que ses conséquences.


J'ai essayé d'expliquer comment des éléments très disparates - des intérêts matériels et idéologiques, des représentations sociales, des stéréotypes habilement exploités, une vision déformée du féminisme, des éléments scientistes qui s'imbriquent parfaitement avec des représentations et des clichés irrationnels, etc. - s'amalgament dans le dépistage du cancer du sein tel qu'il nous est présenté aujourd'hui. Après analyse, il se révèle être une construction sociale érigée en science.


J'ai essayé, dans cet article détaillé et donnant des liens et références, de montrer dans quel sens devrait aller, à mon avis, une analyse plus efficace du dépistage et d'en poser quelques balises. A mon avis, le débat public indispensable devrait s'appuyer sur une généalogie critique décomposant cette construction sociale dans ses éléments - chacun étudié en synchronie et en diachronie - et analysant comment et pourquoi ils se sont amalgamés pour donner le résultat que l'on connaît aujourd'hui et qui gonfle chaque année avec un "octobre rose" qui, manifestement, déconnecte notre matière grise...

L'article prend en compte aussi d'autres éléments d'actualité (les contradictions de Marisol Touraine, le prix de la revue Prescrire accordé à Peter Gotzsche pour son dernier livre sur le surdépistage et le surdiagnostic des cancers du sein, livre décrit en grandes lignes et avec des liens, etc.). Il s'appelle "Dépistage du cancer du sein par mammographie: une construction sociale érigée en science. Texte du Nordic Cochrane Centre et autres informations". A la fin l'article, j'ai repris des extraits du texte informatif de Cochrane, que tout le monde devrait lire.


**

J'ai parlé dans cette note de l’étude de Per-Henrik Zahl, H. Gilbert Welch et al qui mettent en évidence la Cancer dépistage.jpgrégression spontanée de 22% des cancers du sein et reposent avec éclat la question du surdépistage et du surdiagnostic de certains cancers qu’il aurait mieux valu ignorer, et ce pour que les personnes en question restent en bonne santé…

 

H. Gilbert Welch est professeur de médecine interne et de famille à la faculté de médecine de Dartmouth et dirige le département des anciens combattants (Veteran Affairs) dans l’Etat du Vermont.


Son livre Dois-je me faire tester pour le cancer ? Peut-être pas et voici pourquoi (PU Laval, 2005) fait une irruption rafraîchissante dans le monde sclérosé d’une médecine qui se comprend de plus en plus comme une application standardisée, réflexe et non réfléchie des acquis technologiques à l’ensemble de la population, et peu importe qu’il y ait des bénéfices réels ou pas. Or un dépistage généralisé - même d'affections telles que les cancers - ne tient pas lieu de politique de santé publique.

Lire la suite

Cancer du sein: taux élevé de régression spontanée. Critique du surdépistage: surdiagnostic, faux positifs, cancers radio-induits…

22% des cancers du sein régresseraient tout seuls - c’est l'estimation à laquelle arrive une étude publiée le 24 novembre dans la revue Archives of Internal Medicine : "The Natural History of Invasive Breast Cancers Detected by Screening Mammography" (L’histoire naturelle des cancers invasifs du sein détectés lors des mammographies de dépistage).

 

Les auteurs, Per-Henrik Zahl, Gilbert Welch et al, Américains et Norvégiens travaillant sur des données norvégiennes, concluent que "certains cancers du sein [qu’ils estiment à 22%, chiffre qui inclut certains cancers invasifs] détectés par des mammographies répétées régresseraient au point de ne plus être détectables si on faisait une seule mammographie au bout de 6 ans. Il est possible que l’évolution naturelle de certains cancers invasifs soit de régresser spontanément", sans aucun traitement qui, en l’occurrence, ferait plus de mal que de bien. La question centrale est celle du surdiagnostic des cancers du sein résultant du surdépistage.

 

Un article paru hier dans le New York Times – "Study Suggests Some Cancers May Go Away" (Une étude suggère que certains cancers pourraient disparaître tout seuls) - rend compte de l’étude et des réactions mitigées provoquées par ses résultats.

Lire la suite

25/11/2008

Urgent! Exigeons de nos élus qu’ils adoptent l’amendement 430 du sénateur Autain sur la transparence des liens financiers entre médecins et lobby pharmaceutique

(Merci au médecin qui m’a envoyé l’info, parce qu’il faut agir d’urgence) François Autain.jpg

 

Vous ne savez pas qui est votre député ou sénateur ? C’est le moment de l’apprendre, et c’est urgent, parce qu’il faut que nos messages leur parviennent avant le jeudi 26 novembre, date à laquelle se décidera le sort de l’amendement 430, proposé par le sénateur François Autain, qui prévoit que les contrats et conventions entre les médecins et les firmes pharmaceutiques (et autres industries) soient rendus publics.

 

Ce serait un très grand progrès, et même le premier du genre dans notre pays où jamais personne ne vient troubler le business entre médecins et laboratoires (conflits d’intérêts, corruption, désinformation, appelez-le comme vous voulez) ! Il faut que l’on sache si tel médecin parle de tel médicament dans les media et nous le prescrit parce qu’il est bon pour notre santé ou alors s’il le fait parce qu’il est payé par le laboratoire pour augmenter le chiffre d’affaires de celui-ci…

 

La loi qui existe actuellement (L-4113-13, article 26) et qui veut que les médecins déclarent leurs conflits d’intérêts/liens financiers avec les firmes n’est pas appliquée. Il vous suffit d’ouvrir n’importe quel journal médical pour vous en convaincre. Aucun médecin ne respecte la loi et le conseil de l’ordre s’en fout royalement, puisque aucune sanction ou rappel à l’ordre – ou même une circulaire de rien du tout – n’ont jamais été émis.

 

Pour trouver les coordonnées de votre député et votre sénateur et leur demander de soutenir cet amendement, cliquez ici :

 

Députés : http://www.assemblee-nationale.fr/13/qui/circonscriptions/

Sénateurs : http://www.senat.fr/elus.html

 

Bombardons-les de messages, pour qu’ils se rappellent qu’ils sont là pour nous représenter, représenter l’intérêt général, celui de nous autres patients qui payons les pots cassés de ce business contraire à toute morale et à la déontologie médicale ! Ils ne sont pas là pour soigner la santé financière des lobbies pharmaceutiques !

 

Pour comprendre de quoi il s’agit, voici le message qu’on m’a fait parvenir, repris aussi sur le forum professionnel Atoute :

« Le 19 novembre 2008 lors de la discussion au Sénat du Plan de Financement de la Sécurité Sociale [PLFSS] pour 2009, un amendement sénatorial est adopté malgré l'opposition de la Commission des affaires sociales pour les équilibres financiers généraux et l'assurance maladie et celle du Ministre de la Santé Roselyne Bachelot.

Un progrès dans la transparence :
Les conventions conclues entre les membres des professions médicales et les entreprises ou établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits, doivent dorénavant être rendues publiques. (…)


Amendement n°430, présenté par M. Autain et les membres du groupe CRC :

« Après l'article 33, insérer un article additionnel ainsi rédigé : Après le premier alinéa de l'article L. 4113-13 du code de la santé publique, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : «
Les conventions conclues entre les membres des professions médicales et les entreprises ou établissements mentionnés au premier alinéa doivent être rendues publiques. Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'État. »

 

Article actuel :
« Article L4113-13 créé par Loi n°2002-303 du 4 mars 2002 - art. 26 JORF 5 mars 2002
Les membres des professions médicales qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu'ils s'expriment lors d'une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle sur de tels produits. Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'Etat.
Les manquements aux règles mentionnées à l'alinéa ci-dessus sont punis de sanctions prononcées par l'ordre professionnel compétent. »

[Sauf que l’ordre professionnel s’en fout et qu’il ne sanctionne jamais…]

 

Extraits du débat au Sénat:

« Mme Isabelle Pasquet : Depuis le décret du 25 mars 2007, l'article 26 de la loi sur le droit des malades est enfin applicable. Il prévoit que tout professionnel de santé doit déclarer ses liens d'intérêts avec les entreprises commercialisant ou fabriquant un produit de santé. Cette obligation s'applique aux interventions professionnelles et dans les médias.
Il est essentiel d'imposer l'indépendance et la transparence pour garantir des soins de bonne qualité et pour réduire les dépenses de sécurité sociale. Souvenez-vous de l'affaire du Vioxx en 2004 ! Une étude réalisée en 2008 par le Congrès des États-Unis montre qu'une économie de 35 % pourrait être réalisée chaque année sur les dépenses de santé si patients et professionnels de santé disposaient de données non biaisées sur l'efficacité des traitements médicaux. Or cette loi n'est pas appliquée, non plus d'ailleurs que l'article R.161-85 du code de la sécurité sociale, puisque la Haute autorité de santé n'a toujours pas rendu possible à ce jour la déclaration publique d'intérêts des membres de la commission de transparence pour la période 2004-2006.

Les ordres professionnels n'assurent pas leur mission de contrôle et de sanction. Dépositaires des conventions et contrats liant le professionnel avec une entreprise, ils sont pourtant les seuls à pouvoir dire qu'un médecin n'a pas déclaré de lien d'intérêt avec une entreprise. Bien entendu, cette obligation de rendre publiques les conventions passées avec des entreprises ne doit pas porter sur l'ensemble des éléments inscrits dans ces conventions, qui doivent rester dans le domaine de la propriété industrielle, mais uniquement sur le fait que ce professionnel a un rapport de dépendance financière vis-à-vis de l'entreprise. Pour aider les ordres professionnels dans cette tache difficile, je propose que les conventions soient rendues publiques.

Alain Vasselle, rapporteur de la commission des affaires sociales pour les équilibres financiers généraux et l'assurance maladie : Défavorable.

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre : Je comprends ce souci de transparence mais il y a déjà transmission de ces informations. Elles sont vérifiées par l'Ordre. S'il les rendait publiques, ce serait une grave atteinte à la vie privée ; c'est pourquoi je tiens que cette transparence ne doit se faire qu'à l'intérieur des instances ordinales.

Après une épreuve à main levée déclarée douteuse, l'amendement n°430, mis aux voix par assis et levé, est adopté et devient un article additionnel. (Applaudissements à gauche) »

 

Commentaires de Pharmacritique sur les suites

 

Or cet amendement provisoirement adopté doit encore passer devant la Commission mixte paritaire, qui le recalera comme elle fait d’habitude avec tout ce qui ne convient pas aux lobbies…Et en fin de compte, c’est l’Assemblée nationale qui décidera, Assemblée lourdement infiltrée par les lobbies (cf. le documentaire repris dans cette note), où cet amendement n’a pratiquement aucune chance d’être adopté… A moins qu’une mobilisation très forte porte ses fruits.

 

Et il faut se mobiliser, parce que même si l’amendement 430 du sénateur Autain n’est pas adopté cette fois-ci, on aura clairement dit à nos députés et à nos sénateurs que nous voulons que cesse cette emprise tentaculaire du lobby pharmaceutique sur la médecine comme sur la politique, que cessent la corruption et le business, que cessent les conflits d’intérêts aux conséquences dévastatrices pour notre santé !

Qu’il y ait un peu plus de transparence sur les conflits d’intérêts, première étape dans leur élimination !

 

Le message adressé à nos élus est une étape nécessaire pour faire comprendre à nos hommes politiques qu’il nous faut des lois qui nous protègent, nous citoyens, et protègent l’intérêt général et la chose publique (res publica). C’est la définition même de la République, qui a été instaurée, souvenons-nous de notre propre histoire, pour mettre fin aux privilèges et aux monopoles de toute sorte. Donc aussi à ce qu’à l’époque on n’appelait pas encore « lobby ». L’influence actuelle des lobbies dans tous les domaines de la vie de notre société - de la santé à la politique - signifie qu’on piétine tous les jours la République et ses principes !

 

PS : Si vous n’avez pas de meilleures formules pour le message aux députés et sénateurs, vous pouvez copier des extraits de ce texte-ci, où l’essentiel est dit : il faut qu’il fassent tout ce qu’ils peuvent pour que cet amendement 430 soit voté dans toutes les instances !!

 

Voici le courriel que j'ai envoyé aux députés puis aux sénateurs de mon département:

 

Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,

En tant qu'électrice représentée par vous - qui devez représenter l'intérêt général et non pas celui des firmes pharmaceutiques -, je vous demande de ne pas vous laisser influencer par le lobby pharmaceutique et de voter l’amendement 430, proposé par le sénateur François Autain, qui prévoit que les contrats et conventions entre les médecins et les firmes pharmaceutiques (et autres industries) soient rendues publiques.

 

Il faut en finir avec l'opacité contraire à la démocratie qui laisse prospérer les conflits d'intérêts et même la corruption de l'ensemble du système de soins par l'industrie pharmaceutique, avec des conséquences désastreuses pour les usagers, qui, faut-il le rappeler, n'auront même pas le droit de demander réparation ni même des informations, puisque nous n'avons à ce jour aucune véritable loi de protection des usagers, aucune loi de liberté d'information (sur le modèle du Freedom of Information Act), aucune possibilité d'intenter un recours collectif - ou individuel - en justice. Quant à l'Etat, il ne demande jamais de comptes aux laboratoires pharmaceutiques et n'exige pas non plus qu'ils donnent des informations détaillées sur leurs médicaments et autres produits, comme c'est pourtant le cas dans d'autres pays médicalement avancés.

La situation est honteuse et digne d'une "république" bananière, où le plus fort (financièrement) propose et dispose. Le temps n'est-il pas enfin venu d'en finir avec cela?

J'espère, Mesdames et Messieurs, que vous veillerez à ce que les principes républicains ne soient pas piétinés encore une fois au nom des intérêts financiers des multinationales pharmaceutiques.
Avec mes salutations respectueuses,

 

Elena Pasca

24/11/2008

Une étude doute de l’efficacité du Gardasil et un éditorial appelle à la raison : modérer les espoirs et éliminer les fausses idées (Gynecologic Oncology)

Le numéro d’octobre de la revue Gynecologic Oncology contient un article de Gonzalez-Bosquet et al, qui rend compte d’un essai clinique réalisé avec la participation de femmes barcelonaises ayant un diagnostic de dysplasie : “Identification of vaccine human papillomavirus Gardasil El Mundo.jpggenotypes in squamous intraepithelial lesions (CIN2-3)” (résumé ici).

Les auteurs se sont intéressés aux génotypes de human papillomavirus (HPV) liés à ces dysplasies et ont abouti à la conclusion que les génotypes à haut risque contenus dans le vaccin Gardasil (HPV 16 et 18), comme dans le Cervarix, d’ailleurs, étaient beaucoup moins présents en réalité que dans la propagande des laboratoires. Cette découverte qui renforce les positions de ceux qui mettaient en doute l’utilité des vaccins en Europe occidentale vu la répartition très inégale de ces génotypes, amène les auteurs à conclure que leurs résultats remettent en cause le degré de protection conférée par le vaccin.

L’article est accompagné par un éditorial signé par Karen K. Smith-McCune du département de gynécologie, obstétrique et médecine de la reproduction d’UCSF (University of California, San Francisco) : "Human papillomavirus vaccine efficacy: Aligning expectations with reality", Gynecologic Oncology 111 (2008):1–2.

Lire la suite

Pétition pour la scolarisation par l'éducation nationale des enfants malades et accidentés

La maladie d’un enfant nous interpelle tous par l’énorme hiatus qu’elle crée dans ce que devrait être l’enfance, à savoir cet unique moment d’insouciance, de jeu et de rêve, avec une éducation visant à l’encourager à l’autonomie comme à l’apprentissage des valeurs de la citoyenneté. Un enfant longuement malade souffre aussi parce qu’il est confronté trop tôt à une réalité qu’il n’a pas encore les catégories pour comprendre et assimiler, sans parler de l’exclusion dont il est victime de facto, par ses camarades, par la brutalité de l’isolation hospitalière, la réalité de la douleur…


Comment pouvons-nous infliger à ces enfants déjà meurtris une deuxième exclusion, celle consistant à ne plus en voir des personnes devant bénéficier d’une solidarité républicaine et citoyenne qui s’applique avant tout, rappelons-le, aux personnes fragiles et dont l’autonomie n’a pas encore été acquise ou est en train de se perdre (enfants, personnes âgées…) ?

La déscolarisation de ces enfants, leur abandon, est un autre reflet en miroir du marasme de la société dans laquelle nous vivons et que nous contribuons à entretenir par l’inaction, la passivité, l’indifférence, le renoncement aux exigences de la morale républicaine au profit d’un individualisme qui culpabilise ceux qui ne s’en sortent pas, les malades, les handicapés…


Pharmacritique vous invite à prendre connaissance de l’Appel pour la scolarisation par le service public des élèves malades ou accidentés et à signer et diffuser la pétition de ce collectif.

 

Elena Pasca

23/11/2008

Gardasil: conflits d'intérêts du Pr Riethmuller, du Dr Prétet et de l'étude EDiTH, LA référence française intangible

J'anticipe sur un article plus long qui s'intéressera aux conflits d'intérêts qui entachent le Gardasil et le Cervarix en France. Un lecteur m'a Sanofi Pasteur MSD.jpgdemandé de parler déjà des liens financiers des auteurs de l'étude de référence en France - et puis cela facilitera la lecture...

 

On nous sert toujours l'étude EDiTH comme LA référence française censée démontrer que le Gardasil sera utile en France parce que les deux génotypes HPV contenus dans le vaccin sont présents chez nous à des mêmes taux qu'en Haïti... Mais posons-nous la question autrement: pour qui parle le Pr Didier Riethmuller? Et d'où parle-t-il? Interrogé par le journal 20 minutes, il a déclaré dans un entretien intitulé "Vers un cancer anecdotique" que le Gardasil est une révolution ( !!) et que "Avec l’arrivée du Gardasil, ce cancer peut devenir anecdotique d’ici à vingt ans". Il a pris soin de donner une fourchette d’âge très large pour assurer un marché conséquent au vaccin : celui-ci serait destiné en priorité "aux préados et ados. Mais la cible, c’est surtout les 11-13 ans." (Les autorités sanitaires ont dit 14 ans). Pour le Pr Riethmuller, Gardasil serait utile même aux femmes plus âgées, "mais son efficacité est maximale autour de 17 ans"… C’est une vue très démocratique : Gardasil pour tout le monde !

Mais est-ce le médecin qui parle ou le consultant pour Sanofi Pasteur MSD?

Lire la suite

Jörg Blech, "Les inventeurs de maladies" ou les mécanismes du pharmacommerce de la peur : disease mongering et fear mongering

On ne peut pas parler du façonnage des maladies / disease mongering sans recommander la lecture de l’ouvrage de Jörg Blech, Les Blech Babel.jpginventeurs de maladies. Manoeuvres et manipulations de l’industrie pharmaceutique, paru en 2005 chez Actes Sud et réédité cette année chez Babel.


Martin Winckler saluait "un livre salutaire" qui "explique comment l’industrie pharmaceutique a, entre autres : imposé la baisse arbitraire des normes de cholestérol pour que des gens parfaitement normaux aient l’air malade ; fait naître la terreur de l’ostéoporose chez les femmes ménopausées afin de favoriser la consommation de médicaments destinés à "prévenir les fractures" ; manipulé l’opinion afin d’élargir la consommation de médicaments destinés à "traiter l’impuissance masculine" ; surmédicalisé les femmes, les enfants et les personnes âgées, etc. "

Lire la suite

22/11/2008

Le ginkgo biloba n’a pas d’effet sur la mémoire ou la santé cardiovasculaire des personnes âgées, dit une étude américaine

Pharmacritique a critiqué a plusieurs reprises le gaspillage consistant à prescrire à des patients souffrant Tanakan.jpgd’Alzheimer des médicaments complètement inefficaces, dont certains, tels les anticholinestérase ou la mémantine peuvent avoir de sérieux effets secondaires. Gaspillage parce que cet argent devrait être alloué à la seule façon d’aider les patients et leurs familles, à savoir un personnel suffisant pour s’en occuper et les accompagner. Un autre gaspillage – par ailleurs général – concerne la prescription de vasodilatateurs et autres plantes médicinales supposés améliorer la mémoire et les capacités cognitives en général et donc ralentir l’apparition de l’Alzheimer. Le ginkgo biloba, commercialisé en France aussi sous forme de médicament (Tanakan), en est un exemple.

Espérons que les résultats d’une vaste étude multicentrique parus dans le dernier numéro du JAMA contribueront à enrayer ces pratiques.

Lire la suite

Avastin augmente de 33% le risque relatif de thromboembolisme veineux (caillots sanguins), selon une méta-analyse parue dans JAMA

Décidément, l’Avastin (bevacizumab) de la firme Roche est un sujet récurrent dans les pages de Pharmacritique… Pour un médicament qui Avastin Pharmalot.jpgcoûté les yeux de la tête pour prolonger éventuellement de quelques semaines la vie des malades et dont on a déjà décrit pas mal d'effets secondaires, cela commence à sentir de plus en plus mauvais...

Ses propriétés d’inhibiteur d’angiogenèse (angiogenèse veut dire croissance de vaisseaux sanguins qui nourrissent les tumeurs) font qu’il augmente de 33% le risque relatif de thromboembolisme veineux. Or les caillots sanguins sont l’une des principales causes de morbidité et de décès des patients souffrant d’un cancer

Lire la suite

L’origine somatique du syndrome de la guerre du Golfe enfin reconnue ! Mais Le Monde ne parle pas des vaccins…

Il a fallu 17 ans pour réparer cette injustice. 17 ans pendant lesquels médecine et politique ont traité des centaines de milliers de Guerre du Golfe Avigolfe.jpgsoldats (américains, français, britanniques…) de malades mentaux et ont ajouté une énorme souffrance morale à celle physique.

Un article du journal Le Monde en date du 18 novembre en parle : Un rapport remis au Congrès confirme la réalité du "syndrome de la guerre du Golfe". Mais je vous conseille de lire les sources anglophones, qui n’édulcorent pas les choses. Ainsi ce communiqué de presse de l’université de Boston, à laquelle est affiliée la présidente du comité scientifique du groupe d’experts qui a rédigé ce rapport de 450 pages.

Lire la suite

21/11/2008

Gare à Arcoxia! Rappelons-nous le Vioxx et les autres coxibs, les effets secondaires...

Un article récent d'Arznei-Telegramm me pousse à revenir là-dessus.arcoxia.jpg

Dans un communiqué de presse du 21 juillet 2008, l’AFSSAPS (agence française d'(in)sécurité sanitaire) annonçait qu’elle autorisait la mise sur le marché d’Arcoxia (étoricoxib), anti-inflammatoire de la même classe des coxibs que le Vioxx (rofécoxib) et commercialisé par le même laboratoire Merck (MSD veut dire Merck Sharp Dohme). L’Afssaps rappelle qu’elle s’est opposée pendant des années à Arcoxia, exigeant de nouvelles études, etc., mais que les preuves semblent désormais suffisantes. Les preuves, mais surtout la pression de l’agence européenne du médicament…

 

Dans son numéro de septembre 2007, la revue Prescrire titrait fort justement : « Aucune douleur ne justifie un coxib » et citait les évaluations négatives de quasiment toutes les revues médicales indépendantes. Le jugement le plus sévère émane d’Arznei-Telegramm, citée par Prescrire :

Lire la suite

19/11/2008

La société cancérigène: le productivisme et la pollution généralisée entretiennent une très profitable industrie du cancer

L’ouvrage La société cancérigène: Lutte-t-on vraiment contre le cancer ? par Geneviève Barbier et Cancer livre Barbier.jpgArmand Farrachi, paru en 2004, n’a rien perdu de son actualité. Si vous ne l'avez pas encore lu, c'est le moment! Il est parfaitement documenté et n’a rien d’une litanie passéiste coupée de la réalité.

Il faut qu’on s’habitue à ce terme – industrie du cancer - aussi difficile à accepter soit-il, parce qu’il désigne une réalité : ce cercle vicieux entre pollutions de toute sorte (substances toxiques dans l’environnement, dans l’alimentation et le cadre de vie et de travail en général, effets délétères des médicaments, etc.) et le choix collectif consistant à sacrifier des centaines de milliers d’individus plutôt que de remettre en question la moindre parcelle de nos activités industrielles, agro-chimiques et autres et d’écorner ainsi les profits des lobbies qui s’enrichissent sur la souffrance des gens.

Barbier et Farrachi parlent à juste titre d’un "crabe aux pinces d’or", et la moitié du livre décrit très bien les mécanismes régissant "l’économie du cancer" : un réseau de secteurs d’activité qui font système et sont soumis à des "jeux d’influence et de lobbying".

(Pharmacritique reviendra sur cet aspect, puisque c’est ce système d’intérêts économiques et de conflits d'intérêts qui est la raison première du désastre civilisationnel dont le cancer est l’un des symptômes les plus évidents : l’autodestruction de l’humanité (et de la nature) au moyen de ses propres produits technoscientifiques non encadrés par des normes morales traduites en règles éthiques).

Lire la suite

Silence ! On assassine l’hôpital public ! Les pauvres et autres malades non rentables sont priés d’aller voir ailleurs !

Nous avons abordé à plusieurs reprises la privatisation de la santé, la protection sociale en danger, l’assassinat de Démolition M6 info.fr.jpgl’hôpital public par les marchands... Voici quelques textes qui valent le détour et focalisent le regard sur la mort programmée de l’hôpital public:

A partir de cette page de la Fédération Hospitalière de France (FHF), vous pouvez télécharger un document au titre suggestif : "Hôpital public – état d’alerte".

Rue 89 a fait paraître le 6 octobre une tribune intitulée "Soutenir Patrick Pelloux, muté de force... et l'hôpital public", avec une deuxième partie très percutante.

Rappelons aussi le sondage paru à la fin août dans le Nouvel Observateur, sur les opinions des Français en matière de protection sociale et leur rejet de sa privatisation.

Et puis le texte "Allez donc mourir ailleurs !" par Caroline Fourest, paru dans le numéro du 26 septembre du Monde. Le texte n’étant plus accessible, Pharmacritique vous propose quelques extraits, suivis d’un compte-rendu de la lettre « L’hôpital public en cours d’asphyxie », adressée à Roselyne Bachelot.

Lire la suite

18/11/2008

La santé et l’hôpital public victimes de la réforme Bachelot et de la volonté de gestion comptable, estime l’AMDDDM

Quelques extraits d’une dépêche du Quotidien du Médecin du 7 octobre 2008 : « L’heure est grave, pour l’Association médicale de défense Manager - médecin.jpgde la déontologie et des droits des malades (AMDDDM), car la santé des Français est "en danger". L’AMDDDM, composée de médecins hospitaliers, libéraux et du secteur médico-social, vient de lancer un "appel à la population" dans lequel elle dresse un état des lieux alarmant de la situation sanitaire en France.


"Médecins, notre métier est de soigner les malades, (mais) nous ne parvenons plus à faire notre travail", déplore l’AMDDDM dans une pétition signée à ce jour par 218 praticiens libéraux ou salariés. Le manque de moyens humains, la pénurie de lits, l’obligation de "choisir entre les malades sur des critères financiers" sont tels que les médecins signataires se disent "très angoissés par cette situation".


La psychiatrie est "véritablement sinistrée", a estimé lors d’un point de presse le Dr Roger Salbreux (…), président du syndicat des psychiatres salariés non hospitaliers. Et, a-t-il ajouté, à l’heure où il y a "jusqu’à un an d’attente pour une consultation d’un enfant en CMPP" (centre médico-psycho-pédagogique), la pédopsychiatrie connaît un "marasme total".


Or, prévient l’association dans sa pétition, ce sombre tableau du système de soins "menace de s’aggraver encore dans un avenir proche, avec le vote, prévu début 2009, de la loi Hôpital, patients, santé et territoires". "Actuellement, le médecin a pour seul engagement de bien soigner son patient", fait remarquer le Dr Jean-Louis Chabernaud, tandis que la réforme Bachelot menace son indépendance (…) via la contractualisation avec les agences régionales de santé (ARS), les rémunérations variables à l’hôpital, ou encore le catalogue légal des tâches du médecin de premier recours. En outre, l’AMDDDM craint que la définition de la médecine de premier recours aboutisse à la "suppression de l’accès direct à certaines spécialités" comme la pédiatrie. »

 

Elena Pasca

14/11/2008

Quelques effets de la "la bombe OGM" : des souris nourries au maïs OGM ont une fertilité diminuée (étude autrichienne)

Le blog de Greenpeace rend compte des résultats inquiétants d’une étude faite à l’Université de Vienne sur des souris nourries au maïs OGM Greenpeace.jpgOGM : une baisse de la fertilité ainsi que certaines autres modifications ont été constatées dès la troisième génération : "Une étude fait apparaître une baisse de fertilité des souris alimentées avec du maïs GM".

Cette variété de maïs est autorisée à la consommation humaine et animale en Europe comme en France… Pour des remarques et des liens complémentaires sur ces résultats rendus publics le 11 novembre et sur les conflits d’intérêts de l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (AESA ou EFSA en anglais), lisez cet article des Amis de la Terre : Maïs OGM : baisse de la fertilité

 

Pour une vue d’ensemble, lisez le dossier de Greenpeace, La bombe OGM.

Elena Pasca

Gardasil, Cervarix: en Belgique, Le Vif dénonce le marketing et le lobbying agressifs des labos et rappelle les doutes sur l’utilité et l’efficacité des vaccins

(Merci à la personne qui m’a envoyé deux de ces liens) Vaccin Shutterstock Le Vif.jpg

Le premier hebdomadaire francophone belge, Le Vif / L’Express, publie sur son site deux articles critiques décortiquant les grandes lignes de ce « vaste matraquage » autour du Gardasil et du Cervarix et un entretien avec la ministre de la Santé.

Lire la suite

Le business pharmaceutique assuré par les brevets bloque l’innovation. Un chercheur réclame le partage des connaissances et la redéfinition des relations entre firmes et universités

L’article Le syndrome de la propriété intellectuelle, paru le 10 novembre dans le journal canadien Le Devoir, vaut le détour. Un petit brainstorm Webyday.jpgextrait pour vous mettre en appétit :


« "La façon de faire la recherche a radicalement changé (…), tandis que le modèle d'affaires, lui, n'a pas évolué". (…) Les compagnies pharmaceutiques protègent jalousement leurs découvertes par des brevets et interdisent à quiconque d'utiliser les molécules découvertes, voire les gènes mis au jour dans leurs recherches. "Or ce modèle ne marche plus." (…) Les universités canadiennes (…) "sont presque devenues pires que les compagnies pharmaceutiques."


"Les politiques des universités doivent changer. Les modèles d'affaires et la façon dont le gouvernement investit dans la recherche aussi. C'est l'ensemble du système d'innovation qui n'est plus adapté et qui doit évoluer", martèle Richard Gold, ajoutant qu'il faudrait créer un système d'opposition qui faciliterait la contestation des brevets dont la validité est douteuse. Les brevets qui sont approuvés alors qu'ils n'auraient pas dû l'être nuisent à l'industrie parce que les concurrents décident alors de ne pas investir dans ce domaine, même s'ils savent que le brevet n'est probablement pas valide, car il en coûterait trop cher pour s'y opposer. Le public se trouve ainsi privé de nouveaux produits. »

Image: Brainstorm, Webyday

 

Elena pasca

13/11/2008

Zocor (simvastatine) en prévention secondaire : les fortes doses font à peine mieux mais majorent les effets secondaires, selon Search

Une équipe d’Oxford a mené un essai clinique appelé Search et financé par Merck, qui a inclus 12.000 hommes et femmes ayant déjà subi zocor FDA.jpgune crise cardiaque. Prendre 80mg au lieu de 20mg de Zocor (simvastatine, désormais génériquée) n’a apporté qu’une baisse supplémentaire de 14% du LDL cholestérol. L’essai a duré 6,7 ans et ses résultats, présentés au congrès annuel de la American Heart Association, sont jugés décevants.

 

C’est certainement par une ironie involontaire que la dépêche de Reuters affirme que ces « résultats mitigés » pourraient donner de l’eau au moulin des statines « plus puissantes » telles le Tahor (Lipitor, atorvastatine) de Pfizer – dont on a vu qu’il était inefficace chez les femmes, comme les autres statines, d’ailleurs – et le Crestor (rosuvastatine) d’Astra Zeneca, qui n’a pas fait ses preuves dans l’insuffisance cardiaque et dont l’essai Jupiter est contesté dans ses fondements même, à savoir l’intérêt d’utiliser la CRP comme marqueur dans les maladies cardiovasculaires.

 

La dépêche nous dit que 53 des patients ayant pris 80 mg de simvastatine ont développé une myopathie et 7 une rhabdomyolyse, alors qu’ils n’en étaient que 3 et, respectivement, aucun parmi ceux ayant eu 20 mg.

Photo : site de la FDA

 

Elena Pasca

Crestor bénéfique en cas de CRP élevée à cholestérol normal? Pas sûr du tout. L’intérêt de la CRP est contesté et l’étude Jupiter aussi

Pharmacritique avait parlé de l’inefficacité du Crestor (rosuvastatine) dans l’insuffisance cardiaque dans cette note. Le médicament cholestérol RTBF.jpgparaissait fini. Et patatras : l'essai clinique Jupiter sort tel un pigeon du chapeau des magiciens d’Astra Zeneca et nous voyons tout autre chose. Il y a de quoi soupçonner une illusion d’optique, alors creusons…

 

Pharmacritique ne peut pas s’empêcher d’y voir une variante de disease mongering : on refaçonne un marqueur inflammatoire, la CRP (protéine C réactive indiquant une inflammation), pour faire d’un taux élevé de CRP un indice prédictif pour les complications cardiovasculaires, même lorsque le taux de cholestérol est strictement normal. Dès 2004, le Dr Paul Ridker présente cela comme une découverte révolutionnaire – cf. cet article - et c’est lui qui dirigera l’étude JUPITER, destinée à montrer que le Crestor (rosuvastatine) baisserait le taux de CRP et éviterait, par là même, les complications cardiovasculaires qui auraient dû advenir.

Lire la suite

11/11/2008

Antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères... L'abrasement chimique d'un mal-être social (article du Monde)

Un article de Sandrine Blanchard en date du 8 novembre intitulé "Les Français sous psychotropes" reprend quelques grandes lignes des surméd St BMJ.gifanalyses désormais consensuelles en sciences humaines et que nous avons évoquées de façon assez détaillée dans la note "En finir avec l’abus de psychotropes" : appel à un usage raisonnable et à la limitation de l’emprise pharmaceutique".

Un extrait: "Les psychotropes ont été détournés de leur usage premier (l'épisode dépressif majeur) pour soigner le mal-être, "l'anxiété sociale" et en devenir l'unique réponse. Résultat : des personnes véritablement déprimées sont sous-diagnostiquées, et de nombreux malades imaginaires, surmenés, fatigués, consultent en mettant sur le compte de la dépression les difficultés du quotidien. Les psychotropes coûtent une fortune à la Sécurité sociale. Or une analyse publiée en début d'année conclut que, en dehors des dépressions sévères, les antidépresseurs les plus prescrits ne sont pas plus efficaces qu'un placebo..."

Lire la suite

Plus le placebo est cher, plus il est efficace ! Dan Ariely démontre ce que l’industrie pharmaceutique sait et exploite fort bien

Je disais en parlant de l’Avastin et des autres pseudo-traitements du cancer qui coûtent les yeux de la tête que le Ariely livre.gifprix semble jouer un rôle important dans la perception subjective de l'efficacité d’un médicament. Et je posais la question de l’effet placebo à la suite d’un article que j’avais vu passer sans garder les références. Après avoir parlé du prix des anticorps monoclonaux dans cette note, j’ai cherché l’article. Il a été publié en mars dans le JAMA et compare dans un essai clinique dûment randomisé l’efficacité d’un placebo cher à celle d’un placebo bon marché : Commercial Features of Placebo and Therapeutic Efficacy.

C’est une merveille de psychologie sociale ! Les patients pensent tester un vrai médicament anti-douleur ; les investigateurs disent à la moitié d’entre eux qu’il s’agit d’un médicament cher et à l’autre moitié que le prix de ce médicament vient de baisser, pour des raisons non indiquées. L’essai clinique, mené en 2006 par l’économiste comportementaliste Dan Ariely du  Massachusetts Institute of Technology (MIT), a reçu au mois de septembre le prix Ig Nobel, décerné par Harvard.

Lire la suite

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu