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12/12/2008

La ministre belge francophone de la Santé rappelle les incertitudes autour du Gardasil, insiste sur le dépistage et s’oppose à la vaccination systématique

Merci à la personne qui m’en a parlé ! C. Fonck RTBF.jpg

Catherine Fonck est la ministre de la Santé de la Communauté francophone de Belgique, pays qui compte six autres ministres à divers échelons. Médecin de formation, elle a depuis 2006 soutenu le Gardasil, allant jusqu’à adresser directement, en février 2008, une lettre aux jeunes filles âgées de 12 à 15 ans, pour les « encourager » à se faire vacciner. Procédé pour le moins contestable et qui a suscité des réactions critiques.

Après la parution récente d’un dossier consacré au Gardasil par l’hebdomadaire francophone Le Vif / L’Express et des révélations faites par l’hebdomadaire Knack, la Dre Fonck a fait une volte-face spectaculaire en déclarant le lundi 8 décembre dans le journal Le Soir qu’elle s’opposerait lors de la réunion interministérielle à la décision d’imposer la vaccination par Gardasil ou Cervarix aux écolières belges. Trop d'incertitudes sur l'utilité comme sur la sécurité du Gardasil...


Photo : RTBF

 

La vaccination doit rester libre, a déclaré la Dre Fonck, en ajoutant, selon le site du journal La Belgique libre : « "Trop d'incertitudes planent encore sur ce vaccin. Dans deux ou cinq ans, on en saura peut être davantage, mais dans l'état actuel des connaissances, je m'y refuse". L'arme majeure contre le cancer du col de l'utérus, c'est la protection et le dépistage systématique. "C'est lui qu'il faut renforcer pour dépasser le taux actuel de 60% de femmes qui y recourent. Pas le vaccin anti-HPV imposé" (…). "Proposer le vaccin à celles qui ont commencé leur vie sexuelle, alors que son efficacité risque d'être nulle, cela va au-delà de l'entendement" ».

Au micro de la RTBF, la ministre rappelle les incertitudes concernant le Gardasil, malgré ce que véhicule la publicité de Sanofi Pasteur MSD, qui risque de créer un faux et dangereux sentiment de sécurité. Celui-ci ferait « que non seulement les jeunes filles ne se protègeraient plus contre les autres maladies sexuellement transmissibles, mais surtout que les jeunes filles ne seraient plus motivées pour aller réaliser le dépistage systématique du col. Or, on sait que c'est vraiment indispensable de le faire et de le faire malgré le vaccin, puisque ce n'est pas un vaccin contre le cancer, c'est un vaccin contre un certain type de virus. Virus que dans 80% des cas, les jeunes filles éliminent spontanément ». [autour de 90%, selon la plupart des auteurs].

 

Dans l’article du Soir, Catherine Fonck souligne que les enfants reçoivent déjà « 30 charges vaccinales complètes » avant 11 ans, ce qui n’est pas à prendre à la légère.

Et la ministre de rappeler qu’ « on en sait trop peu sur le vaccin anti HPV » : on ne sait ni s’il est efficace au-delà des 5 ou 6 ans ni « quel sera son effet réel sur le cancer du col de l’utérus », un cancer dont « le temps de latence est très long ». Le Conseil supérieur de la santé a certes recommandé la vaccination, mais n’a pas prévu l’impact de la publicité des firmes qui donnent l’impression « qu’on [peut] faire une croix sur le cancer. Ca, c’est un leurre. On ne sait pas si d’autres génotypes ne vont pas devenir majoritaires dans un proche futur. On n’est pas non plus sûr de sa sécurité. Des jeunes filles sont décédées après avoir été vaccinées, sans que l’on puisse établir s’il y avait un lien ou pas avec la vaccination. » La ministre ajoute que « [d]es scientifiques de haut niveau viennent de confirmer, dans le New England Journal of Medicine et dans Gynecologic Oncology, leurs doutes quant au miracle qu’annonçaient les firmes productrices ».

Et Catherine Fonck rappelle qu’elle n’est pas la seule à penser de la sorte et donne l’exemple de l’Autriche, qui - comme Pharmacritique l’avait dit à un moment où personne n’y croyait puisque l’information n’était pas encore sortie de l’espace germanophone – a déremboursé la vaccin et décidé de tout miser sur le dépistage. Pharmacritique salue encore une fois le courage de la ministre autrichienne de la santé, la Dre Andrea Kdolsky, qui a pris cette décision alors que des scientifiques de son pays sont co-détenteurs du brevet d’un aspect technique de la fabrication du Gardasil. L’intérêt de la santé l’a emporté sur les intérêts économiques ! C’est très rare de nos jours, cela mérite donc qu’on le souligne encore et encore !

Sources

Les études et éditoriaux dont parle la ministre Catherine Fonck ont fait l’objet de deux notes qui traduisent des fragments des textes complets en plus des liens vers les résumés anglophones :

Pour en savoir plus, prenez le temps de fouiller dans les 44 autres notes de Pharmacritique sur le Gardasil et le Cervarix, réunies sous les catégories suivantes :

Attention, l’index des notes s’étale sur plusieurs pages.

 

Elena Pasca

Commentaires

Il est bon de constater que la corruption n'est pas partout de mise ! Et de voir que la santé passe ici avant les intérêts financiers. Bravo à Mmes Fonck et Kdolsky !
Merci également à pharmacritique pour cet excellent blog, relai d'une information de haute qualité !
Un étudiant en médecine.

Écrit par : olorin | 16/12/2008

Merci beaucoup pour votre message! Que ça fait du bien!!

Andrea Kdolsky a pu s'imposer en Autriche, dérembourser le Gardasil et le retirer du calendrier vaccinal grâce surtout à cette modélisation faite par l'Institut Ludwig Boltzmann, qui a donné des piètres résultats, alors même que l'analyse était faite selon le meilleur scénario possible.

La conclusion est sans appel et montre l'inutilité de la vaccination. Je cite ce que je disais dans la note rendant compte de la modélisation: même si on vaccinait 85% des jeunes filles de 12 ans par Gardasil jusqu’en 2060 - et ce en supposant qu’il est efficace à 100% et immunise à vie - on n’atteindrait au bout de 52 ans qu’une diminution de 10% des cas de cancer du col de l’utérus. Et la mortalité ne baisserait que de 13%...
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2008/07/02/meme-une-vaccination-systematique-par-un-gardasil-suppose-ef.html

Au vu de ces résultats et grâce à une opinion publique mitigée suite au décès d'une jeune Autrichienne, la Dre Kdolsky, qui a toujours manifesté ses réserves vis-à-vis du Gardasil, a pu faire valoir l'efficacité infiniment supérieure du dépistage et commencer une redistribution des fonds publics vers le financement d'une campagne d'information et d'un dépistage organisé.

Catherine Fonck a beaucoup moins de marge de manoeuvre en Belgique, déjà parce qu'il y a plusieurs ministres de la santé et que l'opinion publique vient à peine d'avoir une occasion de réfléchir, suite aux publications récentes des journaux Le Vif et Knack. Je doute que les choses changent à court ou moyen terme. Mais ses efforts méritent quand même d'être salués, vous avez raison.

On aimerait avoir de telles femmes et hommes politiques en France... Mais chez nous, il y a - en plus de l'influence du lobby pharmaceutique sur les politiques, de l'attitude suiviste habituelle des médecins, des media et des patients - un enjeu présenté comme "patriotique", vu l'implication de la firme nationale (Sanofi)...

Et on n'a aucune idée des conflits d'intérêts des équipes françaises impliquées, puisque personne ne les oblige à les déclarer et que tout le monde leur fait confiance les yeux fermés, malgré les catastrophes passées auxquelles a mené un tel aveuglement...

Pour les conflits d'intérêts des prêtres français du Gardasil (Riethmuller, Prétet, Monsonego et d'autres), voir cette note de Pharmacritique:
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2008/11/23/gardasil-conflits-d-interets-du-pr-riethmuller-du-dr-pretet.html

Tout le monde - c'est-à-dire même les critiques du Gardasil et des médecins habituellement plus méfiants - reprend les chiffres véhiculés par l'étude EDiTH, qui seraient pile poil les mêmes que ceux constatés aux pays pauvres tels le Haïti et martelés par la proapgande de Merck et Sanofi Pasteur MSD: 70% des cancers du col de l'utérus seraient dus aux génotypes 16 et 18... Sachant que la distribution des génotypes est très variable d'une aire géographique à l'autre, sachant l'impact des co-facteurs, et surtout de la pauvreté, sur le développement d'un cancer du col, c'est pour le moins improbable que la situation soit la même en France.

Mais ces pontes français ne sont pas pour rien consultants pour Sanofi ou membres du comité de pilotage de Merck... Ils servent les intérêts de ceux qui les paient; c'est la définition même d'un comité de pilotage que de s'assurer que tel projet est réalisé au maximum de ses potentialités et donc avec un maximum de bénéfices...

Merci encore de votre message et continuez à aiguiser votre esprit critique, pour ne pas devenir un médecin suiviste de plus!
Cordialement.

Écrit par : pharmacritique | 17/12/2008

Madame.
Nous sommes d'origine belge ,nous vivons en Australie depuis 1975, j'ai 70 ans et mon épouse en a 75.
Nous aimerions retourner en Belgique pour des vacances, (peut-être les dernières) mais le prix d'une assurance santé est tellement élevée a notre age qu'il sera impossible pour nous de retourner.
La Belgique et l'Australie ont pris des accords réciproques ,le 10 Août 2006,mais ils ne sont pas encore ratifiés,ils devaient commencer en 2008.
Pourriez-vous me dire quand ils seront ratifié?
Ci dessous le communiqué du gouvernement australien.
Mes salutations distinguées.
Jean-Marie [...].

[nom de famille supprimé par Pharmacritique parce que le message contient des éléments privés]

10 August 2006
ABB116/06

Australia today entered into a reciprocal health agreement with Belgium, allowing each nation’s citizens to use the other’s public health facilities while travelling or staying for a short period in the other country.

Reciprocal benefits will begin in 2008.

Under the agreement, Australians who visit Belgium will be covered for subsidised treatment in its public health system. This includes hospital, medical care and prescription drugs. A similar number of Belgians visit Australia each year and will be able to obtain Medicare benefits.

The new arrangement will be especially beneficial to older travellers and people who have medical conditions that make it difficult to get travel insurance.

The new agreement is a sign of Australia's strong relationship with Belgium.

Écrit par : Jean-Marie | 12/06/2009

Bonjour Jean-Marie.

Toutes mes excuses pour cette réponse très tardive... J'ai été submergée et n'ai pas trouvé le temps de répondre aux messages ou commentaires.
J'espère que vous avez trouvé entre-temps les information que vous cherchiez. Malheureusement, je ne peux pas vous aider. (Et personne ne m'a écrit là-dessus non plus).
Adressez-vous à l'ambassade de la Belgique en Australie, ce sont les seuls qui puissent vous donner des renseignements sur ce type de questions.
J'espère que vous pourrez passer vos vacances comme vous le souhaitez et vous souhaite bonne chance!
Cordialement.

Écrit par : Pharmacritique | 23/06/2009

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