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18/12/2008

Gardasil et Cervarix : Astra Zeneca et la Fondation Nobel soupçonnées de corruption et conflits d’intérêts dans l’attribution du prix Nobel à Harald zur Hausen

Le prix Nobel attribué à Harald zur Hausen est censé récompenser les recherches sur les papillomavirus, mais consacre surtout le triomphe des conflits d’intérêts qui entachent le Gardasil et le Cervarix depuis leur conception, et ce partout où des centres publics de recherche travaillent avec les firmes pharmaceutiques et adoptent les méthodes de ces dernières, au mépris de leur mission d'intérêt général.

J'ai parlé dans cette note du réseau tentaculaire de conflits d’intérêts par lequel Merck, Sanofi Pasteur MSD et CSL ont imposé le Gardasil et empêché un vrai débat sur l’utilité de ce vaccin et son rapport bénéfices – risques. Et les exemples concrets ne manquent pas.

La question des conflits d’intérêts se corse et se pose directement en termes de corruption, puisque c’est ce chef d’accusation qui est envisagé par le procureur Christer van der Kwast, de l’office suédois de lutte contre la corruption. L’affaire a été révélée par la Radio suédoise (Sveriges Radio) et par le journal Dagens Medicin, que nous citerons plus loin, et ce à peine deux jours avant la remise officielle des prix, qui a eu lieu le 10 décembre. La lauréat Harald zur Hausen, qui se disait déjà énervé par la contestation des 13 médecins et scientifiques allemands signataires d’un manifeste critique contre le Gardasil (voir cette note), a maintenant des raisons de se lamenter…

 

Les révélations, les soupçons et l’enquête concernent le Comité Nobel qui attribue les prix Nobel de médecine ainsi que la firme Astra Zeneca, qui tire elle aussi un grand profit commercial de l’attribution du prix à Harald zur Hausen.


Cela peut paraître étonnant au premier abord, mais nous verrons qu’elle perçoit des royalties pour des brevets et des droits de licence cédés aux firmes Merck, Sanofi Pasteur MSD et CSL, qui produisent et commercialisent les deux vaccins anti HPV : Gardasil et Cervarix. Comme nous l’apprend le journal allemand Die Tageszeitung (voir ici), Astra Zeneca reconnaît avoir perçu à ce titre 236 millions de dollars rien qu’en 2007.

 

Remarque préliminaire

 

Une fois que les journaux allemands se sont emparés de la nouvelle, c’en était fini de la tranquillité de l’affairisme médico-pharmaceutique à la sauce Nobel. Surtout compte tenu de la controverse qui fait rage en Allemagne quant à l’utilité, à l’efficacité et aux effets secondaires du Gardasil. Controverse qui traduit l’excellent travail de la revue médicale indépendante Arznei-Telegramm, dont les analyses et les prises de position depuis 2007 ont retourné une bonne partie de l’opinion publique et des media allemands. Le manifeste signé par les 13 experts n’est que la dernière traduction de cette controverse et du rôle de cette revue, puisque deux de ses éditeurs font partie des signataires. (On attend toujours que son homologue français – la revue Prescrire – se réveille enfin et secoue les conflits d’intérêts français (voir cette note) et l’unanimisme médiatique qui ne laisse aucune place au débat).

 

Les sites critiques ont remarqué depuis l’annonce de l’attribution du prix Nobel à Harald zur Hausen que cette récompense tombe à pic pour sauver le Gardasil en Allemagne… La position officielle de l’Allemagne est particulièrement importante, puisque c’est l’origine même des vaccins et que le très officiel Centre de recherche sur le cancer est co-détenteur des brevets. On peut dire qu’il y a trois piliers qui doivent tenir pour assurer l’avenir du Gardasil et du Cervarix : les Etats-Unis, l’Allemagne et l’Australie, impliqués depuis le départ dans la conception de ces vaccins protégeant contre deux des 16 génotypes de papillomavirus humains à haut risque cancérigène.

 

J’essaierai d’expliquer pourquoi et comment la firme Astra Zeneca est impliquée dans tout ce qui touche au Gardasil et au Cervarix et pourquoi les conflits d’intérêts sont des tares héréditaires de ces deux vaccins, comme je le disais déjà dans une note parlant d’un autre volet de la conception du Gardasil aux Etats-Unis. Et j’arriverai enfin aux principaux canaux par lesquels transitent les liens financiers entre la Fondation Nobel et ses divers sous-comités impliqués dans le prix Nobel de médecine, puis aux réactions d’Astra Zeneca.

 

I. Le début de l’histoire et la genèse des conflits d’intérêts d’Astra Zeneca

 

La racine du problème : les conflits d’intérêts du Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ)

 

L’omniprésence des conflits d’intérêts concernant le Gardasil et le Cervarix est connue en Allemagne depuis la mise sur le marché du Gardasil : il ne s’agit pas tellement des conflits d’intérêts de Harald zur Hausen lui-même, mais de ceux de son institution d’affiliation, le Centre allemand de recherche sur le cancer (Deutsches Krebsforschungszentrum ou DKFZ Heidelberg), qu’il a dirigé pendant 20 ans. Ce centre est co-détenteur du brevet du Gardasil et du Cervarix, et il n’est pas le seul. De plus, le DKFZ et les National Institutes of Health des Etats-Unis sont co-détenteurs du brevet du sérotype HPV 16. (Je ne saurais pas dire à l’heure actuelle pourquoi le brevet du HPV 18 a échappé au DKFZ).

Au départ, le DFKZ n’a pas voulu parler de ses liens financiers extrêmement serrés avec les firmes, mais les fouilles méthodiques des critiques l’ont obligé à le faire. La page d’une firme de biotechnologie accessible à partir du portail public des biotechnologies du land de Bade-Württemberg – dans lequel est situé le DKFZ - reprend les informations rendues publiques par ce dernier, sous la pression des critiques, et parle de la co-détention du brevet du HPV 16.

L’implication d’Astra Zeneca remonte au financement des recherches allemandes menées par Harald zur Hausen et est indissociable des conflits d’intérêts du DKFZ

 

Voici ce que le centre allemand de recherche finit par reconnaître, dans une newsletter de 2006, lorsque le DKFZ se félicitait de l’homologation du Gardasil aux Etats-Unis :

 

« Le chemin menant au vaccin a été semé d’embûches. Au début des années 90, il y avait plusieurs équipes de chercheurs qui travaillaient sur la vaccination anti-HPV, en même temps que l’équipe du DKFZ. L’industrie pharmaceutique allemande n’a pas montré d’intérêt pour ces recherches décisives. Et c’est pourquoi le DKFZ a donné une licence de ses droits à l’entreprise américaine de biotechnologie MedImmune. Reconnaissant le potentiel d’un vaccin anti-HPV, MedImmune a acheté des droits de licence à d’autres institutions de recherche, parmi lesquelles les National Institutes of Health (NIH) à Bethesda et l’université Loyola de Chicago. D’autre part, la firme pharmaceutique Merck a acheté les droits de licence restants, par exemple ceux détenus encore par les NIH et par l’université de Queensland en Australie. Merck et MedImmune ont poursuivi le financement des recherches cliniques, et GSK est entré en scène en achetant les droits de licence de MedImmune. Les essais de phase III ont pu commencer en 2005. (…) Début 2005, Merck et GSK se sont attribués (…) des licences croisées leur permettant l’usage réciproque des brevets. A la même époque, les institutions de recherche sont arrivées à un accord quant aux brevets. (…) Après d’âpres négociations, le DKFZ a été confirmé en tant que co-détenteur des brevets avec les NIH et pourra ainsi profiter des retombées financières issues de la commercialisation [du Gardasil et du Cervarix] par Merck et GSK. De cette façon, les chercheurs, les centres de recherche, l’industrie, mais surtout les patients pourront tirer profit du succès des vaccins ».

 

Que les patients en profitent, voilà qui est douteux… A noter que le DKFZ parle du succès des vaccins avant même qu’ils soient autorisés en Allemagne.

 

Bref, MedImmune, qui a co-financé les recherches de Harald zur Hausen, a vendu plus tard ses parts à GSK, tout en gardant des droits et donc des royalties. Cette société de biotechnologie a été rachetée par AstraZeneca. Quant à la firme GSK, elle a cédé certaines parties de la technologie sous-jacente à Merck. Ce qui fait que MedImmune – donc AstraZeneca – a droit à des royalties conséquentes à la fois pour le Cervarix et pour le Gardasil, comme nous le confirme un analyste du marché pharmaceutique.

 

MedImmune, racheté par Astra Zeneca, est co-détenteur du brevet du « support » technologique des vaccins : les VLP L1

 

Pour donner tous les détails sur le rôle de MedImmune, il faut dire que cette firme de biotechnologie a été impliquée dans la nouvelle technologie utilisant des protéines L1 purifiées extraites de la capside – sorte de coquille – des papillomavirus 16 et 18. Ce sont ces protéines L1 qui jouent le rôle d’antigène dans ces vaccins.

« Gardasil et Cervarix sont conçus sur le même modèle, ils utilisent comme antigène la protéine L1, protéine principale de la capside du virus, pour constituer une VLP (Virus Like Particle) très immunogène et non pathogène. Un vaccin tétravalent comme Gardasil contient 4 VLP différentes et  un vaccin comme Cervarix, divalent, n'utilise que 2 types de VLP seulement », lit-on dans diverses présentations. La différence réside dans le mode de production des VLP L1 recombinantes : elles sont produites au moyen de levures pour le Gardasil et de cellules d'insectes pour le Cervarix. Ces VLP ne contiennent pas d’ADN viral et ne sont donc pas pathogènes, mais provoquent une réponse immunitaire à médiation humorale (selon la distinction entre immunité humorale et immunité cellulaire, la première agissant à travers la production d’anticorps).

L’argent des firmes privées pervertit la mission des centres de recherche publics, qui n’offrent plus de garanties de qualité pour les vaccins et les médicaments qu’ils développent

 

Ayant un intérêt financier direct dans la commercialisation massive du vaccin –le Gardasil, premier autorisé en Allemagne - qu’il a soutenue dès le départ et sans se poser des questions, le DKFZ ne peut pas être « objectif » dans un débat sur l’utilité, l’efficacité et le profil de sécurité du vaccin. Il s’agit pourtant d’une institution publique, financée à 90% par de l’argent fédéral et à 10% par le land de Bade-Württemberg, selon les informations données sur son propre site.

 

La question majeure qui se pose ici, c’est celle des conflits d’intérêts résultant du sponsoring industriel d’institutions publiques de recherche et des liens financiers personnels entretenus par les chercheurs salariés du public avec les firmes privées. Nous verrons dans une autre note que le DKFZ et les NIH ne sont pas les seules institutions publiques ayant de tels conflits d’intérêts qui les poussent à se comporter exactement comme l’industrie pharmaceutique, afin de recevoir de royalties et de faire des bénéfices pour l’institution et pour les chercheurs, au mépris de leur mission d’intérêt général. (C’est cette corruption des centres publics et universitaires que dénonce Marcia Angell dans l’excellent texte que nous avons traduit dans cette note).

 

Inutile de dire qu’une telle implication des centres publics de recherche garantit l’obtention quasi automatique de l’AMM (autorisation de mise sur le marché), l’inclusion du Gardasil ou du Cervarix dans les programmes nationaux de vaccination et leur remboursement…

 

On apprend sur une autre page du site de biotechnologie susmentionné que c’est sous la direction de Harald zur Hausen que le DKFZ a élargi son réseau et sa collaboration avec les centres hospitaliers universitaires : c’est là qu’ont vu le jour les premières équipes mixtes, appelées « unités de coopération clinique », qui ont pour objectif d’assurer le passage de la théorie à la pratique clinique, « de façon à ce que les résultats de la recherche soient traduits aussi rapidement que possible dans la pratique ». Effectivement, la « traduction » du Gardasil a été très rapide. Comment pourrait-il en être autrement avec un tel réseau ?

Pour une raison que je n’ai pas réussi à élucider, le DKFZ et zur Hausen font de la publicité pour le Gardasil, et ne parlent plus du Cervarix, alors que les recherches ont été financées par les deux firmes : Merck et MedImmune (puis GSK qui a racheté cette dernière). Il y a fort à parier que Merck a fini par payer mieux (pardon, sponsoriser).

Comment les autorités allemandes permettent à une institution publique financée par les contribuables et travaillant en étroite collaboration avec les centres hospitaliers universitaires, eux aussi publics, de faire de la publicité pour le profit individuel et institutionnel ? Surtout lorsqu’il s’agit d’une campagne de vaccination massive par un vaccin douteux et controversé avant même qu’il n’apparaisse sur le marché allemand ?

Manifestement, les intérêts en jeu sont tellement puissants que même lorsque des hommes politiques - appartenant qui plus est au parti de la chancelière Angela Merkel - réclament des études qui garantissent un minimum de sécurité du Gardasil, ils ne sont pas entendus. Nous avons parlé dans cette note. Sanofi Pasteur MSD a à peine daigné répondre, et l’a fait sur un ton qui montre que la firme se pense hors d’atteinte. Et manifestement, elle l’est.

 

La disponibilité d’un vaccin très profitable et les intérêts financiers pervertissent l’ordre des priorités et la perception des vrais problèmes de santé publique

 

Une autre question majeure concerne l’approche et le traitement du cancer en général, qui risque de se voir encore une fois déformer par les financements de l’industrie pharmaceutique soutenant certaines idées qui peuvent avoir une application immédiate, au détriment de la recherche fondamentale et même au détriment du traitement des cancers les plus répandus et pour lesquels il n’existe pas de traitement équivalent à celui des dysplasies cervicales de haut grade (HSIL / CIN 3).

 

L’histoire des recherches de Harald zur Hausen illustre parfaitement cette perversion. Il faudra détailler cela dans une autre note, à partir de ses propres déclarations et discours. Il faut quand même évoquer tout de suite un détail, afin de comprendre en quoi Astra Zeneca a des intérêts financiers qui poussent la firme à franchir la ligne jaune afin d’assurer une commercialisation massive du Gardasil et du Cervarix.

 

Harald Zur Hausen a isolé les génotypes HPV 16 et 18, et c’est l’implication préférentielle des firmes – Merck et MedImmune - dans les recherches de cette équipe qui explique en partie la focalisation sur ces deux souches-là. D’autres équipes, qui ont isolé, certes un peu plus tard, les autres 14 sérotypes à haut risque cancérigène n’ont pas eu les mêmes financements… On pourrait donc se demander si l’insistance actuelle des firmes sur les génotypes 16 et 18 ne vient pas du fait que ce sont les premiers découverts et que les laboratoires MedImmune, Merck et GSK se sont hâtés de tirer profit de ces découvertes sans aller plus loin, sans financer d’autres recherches sur d’autres génotypes, leur prévalence géographique, etc. La question reste ouverte et n’est que de l’ordre de la spéculation, mais elle devrait être posée, à mon avis.

II. Astra Zeneca, la Fondation Nobel et le prix Nobel de médecine au Pr Harald zur Hausen

On comprend maintenant en quoi Astra Zeneca a des intérêts financiers presque tout aussi colossaux que Merck, Sanofi Pasteur MSD et CSL dans le Gardasil et le Cervarix…

Comme le révèlent la radio suédoise ainsi que plusieurs journaux allemands (Badische Zeitung, Süddeutsche Zeitung, etc.) et quelques sites anglophones (BNet Pharma blog, Pharmalot, Newsmax), Astra Zeneca a versé indirectement de grosses sommes d’argent à deux filiales de la Fondation Nobel ; il est question de plusieurs millions de dollars, même si le contenu du contrat reste secret, selon le journal suisse Neue Zürcher Zeitung.

Astra Zeneca sponsorise deux sociétés de la Fondation Nobel : Nobel Web et Nobel Media, qui lui reconnaissent un rôle « éducatif »

Nobel Web s’occupe du site web de la Fondation (nobelprize.org), tandis que Nobel Media gère les droits médiatiques et les relations avec les media pour tout ce qui touche à la Fondation et aux prix Nobel. Un porte-parole d’Astra Zeneca a déclaré à Newsmax que le financement de ces deux filiales ne serait destiné qu’à aider à la popularisation des découvertes médicales et des traitements qui en résultent… Et nous sommes priés de croire que la firme n’agit que par philanthropie et ne pense nullement à instrumentaliser le prix Nobel pour ses intérêts financiers… Nobel Web et Nobel Media n’auraient aucune influence sur le choix des lauréats.

Un communiqué de presse du mois de novembre rendant publique l’existence de la « AstraZeneca Nobel Medicine Initiative » ( !!) parlait effectivement d’une volonté de vulgarisation, destinée à faire comprendre au grand public l’intérêt des découvertes médicales récompensées par les prix Nobel et leur potentiel en matière de nouveaux traitements. Un dirigeant de la société Nobel Web parle carrément d’ « éducation » et de promotion « de la santé et du bien-être », à réaliser au moyen d’événements médiatiques impliquant les lauréats des prix Nobel et grâce à une collaboration « prometteuse » et de très bon augure avec Astra Zeneca. Cette « coopération » financière qui débute en 2008 devrait s’étaler sur trois ans et permettre aux sociétés de la Fondation Nobel d’atteindre « une audience globale ».

Effectivement, rien de tel qu’une multinationale qui fait du commerce partout pour atteindre une « audience globale » ! C’est pour le moins étonnant de voir que la Fondation Nobel envisage l’éducation du grand public au moyen de conférences données par les lauréats des prix dans des centres d’Astra Zeneca ! C’est pourtant ce qui est prévu et annoncé dans ce communiqué de presse. D’autres moyens éducatifs sont à concevoir en collaboration avec la firme, qui pourra les annoncer sur son site en même temps que le site officiel de la Fondation Nobel.

On voit donc que les conflits d’intérêts – qui ne sont pas que financiers, loin de là – n’ont rien d’imprévu et ne sont pas des dérapages isolés des deux filiales de la Fondation Nobel, mais répondent à un programme délibéré de celle-ci de coopérer avec les firmes pharmaceutiques, quitte à leur servir de faire-valoir. Par ailleurs, la bonne entente avec les firmes et la promotion réciproque est monnaie courante chez les membres du comité qui attribue le prix Nobel de médecine, comme nous le verrons en nous penchant sur les investissements qu’ils font.

Au mois de novembre, la « coopération » avec Astra Zeneca allait de soi. Un mois plus tard - et suite au tollé médiatique et à l’enquête du parquet anticorruption -, Hans Jörnvall, le secrétaire du comité Nobel du Karolinska Institutet, s’est dit inquiet de ces connivences. Cependant, vu son implication personnelle dans un fonds d’investissements pharmaceutiques, cela sonne un peu faux et arrive un peu tard… De surcroît, le Karolinska Institutet est une passerelle obligée dans ces histoires de conflits d’intérêts et de liens avec les firmes, au moyen d’investissements réciproques.

 

Quelle que soit sa conviction de départ, Jörnvall dit maintenant que ces financements créent une trop grande proximité entre le prix Nobel et les intérêts économiques : « c’est une première de voir un grand sponsor [Astra Zeneca] se rapprocher autant de nos activités. A l’avenir, nous devrons prendre en compte cette question ». Ses propos sont cités par le journal allemand Die Tageszeitung.

La firme a des représentants jusque dans le comité chargé de désigner les lauréats du Nobel de médecine, par l’intermédiaire du prestigieux Karolinska Institutet

Mais les liens financiers d’Astra Zeneca ne s’arrêtent pas au financement de ces deux sociétés de la Fondation Nobel ; les conflits d’intérêts créés par l’argent de la firme vont jusqu’au saint des saints, à savoir le comité Nobel lui-même. Et, comme par hasard, les liens concernent tout particulièrement le prix Nobel de médecine et physiologie, dont le lauréat est désigné par plusieurs sous-comités, parmi lesquels celui du Karolinska Institutet (Nobelförsamlingen vid Karolinska Institutet) joue un rôle essentiel, comme on l’apprend en lisant l’organigramme de la Fondation Nobel.

Et voici comment : tout d’abord à travers Bo Angelin, professeur d’endocrinologie et métabolisme au Karolinska Institutet et ayant pas mal de fonctions honorifiques au plus haut niveau de la recherche médicale suédoise, jusqu’à l’Académie des sciences dont il est membre. Ce professeur fait non seulement partie du comité scientifique d’Astra Zeneca, selon la "biographie" faite par Business Week, mais carrément du conseil d’administration de la firme, comme on peut le voir sur la page détaillant les dirigeants de cette multinationale. Selon le profil établi par Forbes, Bo Angelin a reçu 42.000 dollars d’honoraires d’Astra Zeneca, mais le site ne précise pas si c’est pour l’ensemble de ses activités ou uniquement pour la dernière année considérée ou alors pour un projet précis. Vu les sommes qui circulent habituellement dans ce milieu et les fonctions de ce médecin, il est peu probable qu’il s’agisse du total…

Et le même Pr Bo Angelin fait aussi partie du Nobel Medical Institute (selon la page 53 de l’organigramme de la Fondation Nobel), ainsi que de l’Asemblée Nobel et de son comité qui décerne le prix de médecine et physiologie du même nom…Il prétend n’avoir jamais considéré cette double appartenance comme un conflit d’intérêts, avant que les journalistes de la radio suédoise ne lui posent la question…

Selon le journal Neue Zürcher Zeitung, le secrétaire du comité Nobel du Karolinska Institutet, Hans Jörnvall, affirme que les relations de Bo Angelin avec Astra Zeneca étaient connues. Il s’agirait maintenant de savoir si la décision de les ignorer a été la bonne et s’il y a besoin de changer certaines choses dans l’organisation d’ensemble.

L’un des membres du comité Nobel du Karolinska Institutet est le professeur de pharmacologie Bertil Friedholm, qui a dirigé le comité d’attribution du prix Nobel de médecine en 2008 (selon la page 51 de l’organigramme). Or, selon le journal allemand Heidenheimer Zeitung, Bertil Friedholm a été conseiller scientifique d’Astra Zeneca jusqu’en 2006. Le journal suisse Neue Zürcher Zeitung parle dans cet article de deux contrats de consultant liant Friedholm à Astra Zeneca en 2006.

Une autre connexion financière entre des membres des comités Nobel et des firmes pharmaceutiques et de biotechnologie

Bo Angelin est membre du conseil scientifique du Fonds d’investissement du Karolinska Institut (cf. cette page), qui se propose de « générer des profits importants pour ses investisseurs » en investissant « dans des compagnies pharmaceutiques, de biotechnologie et de matériel médical qui ont un potentiel commercial substantiel ».

Le Fonds contribue à ces activités par « ses réseaux et son expertise scientifique, financière et industrielle ». On peut imaginer que le réseau Nobel est un très bon carnet d’adresses et une bonne rampe de lancement pour ceux qui veulent profiter encore plus…

Un autre conseiller scientifique de ce Fonds d’investissement est le Pr de chimie physiologique et médicale Hans Jörnvall, qui est membre du comité qui désigne les lauréats du prix Nobel de médecine et physiologie. Tout comme Bo Angelin. Plus précisément, le Pr Jörnvall est l’un des directeurs de la Fondation Nobel et remplit aussi les fonctions de secrétaire de l’Assemblée Nobel et du comité Nobel du Karolinska Institutet, selon l’organigramme de la Fondation Nobel (pp. 18 et 33 et cette page de la Fondation Nobel).

Le Pr de neuropharmacologie Torgny H. Svensson, qui est aussi un administrateur adjoint (deputy trustee) de la Fondation Nobel (page 26 de l’organigramme), fait lui aussi partie des conseillers scientifiques de ce fonds d’investissement.

 

Le professeur de bactériologie Staffan Normark est dans la même situation. Svensson et Normark sont élus par le Karolinska Institutet pour siéger en tant qu’administrateurs adjoints (deputy trustees). N’oublions pas non plus le spécialiste en maladies infectieuses, le Pr Jan Andersson, affilié au Karolinska Institutet et conseiller scientifique du Fonds d’investissement de ce dernier. Lui aussi siège dans le Comité Nobel (p. 51 de l’organigramme). A la même page, on apprend qu’un autre conseiller scientifique du Fonds, le professeur de neurobiologie Olaf Larson, a dirigé le comité Nobel 2008 du Karolinska Intitutet…

D’autre part, ce fonds d’investissement du Karolinks Institutet est géré en exclusivité par la société d’investissement KI Management AB, parmi les dirigeants duquel on retrouve Bo Angelin et d’autres membres des divers comités Nobel. KI Management AB est décrite par Business Week comme étant le bras financier du Karolinska Institutet, spécialisé dans les firmes du secteur pharmaceutique.

III. L’enquête suédoise et les dénégations d'Astra Zeneca ou le commerce présenté comme une activité éducative désintéressée

 

Pour résumer : c’est le grand amour entre les divers comités Nobel et les firmes pharmaceutiques, soit par leurs activités directes de consultants ou membres du conseil d’administration, soit par le biais du fonds qui investit dans les firmes pharmaceutiques et de biotechnologie, telles Astra Zeneca et MedImmune… Et d’ailleurs rien n’empêche ce Fonds d’investir dans Merck, Sanofi Pasteur et d’autres. On ne saura peut-être jamais s’il y a de tels investissements. On a pu le savoir pour Astra Zeneca à cause de l’implication financière de la firme dans les deux filiales Nobel Web et Nobel Media, implication considérée comme passible de poursuites pénales, puisque relevant de la corruption.

Au-delà des conflits d’intérêts, il est question d’une possible mise en examen pour corruption

Le procureur général Nils-Erik Schultz a chargé le procureur Christer van der Kwast, qui dirige l’unité de lutte contre la corruption, de mener une enquête préliminaire examinant de plus près les éléments révélés par les media afin de décider d’une éventuelle inculpation des deux parties en présence, avec la corruption pour chef d’accusation. C’est ce que van der Kwast a déclaré à la Radio suédoise (Sveriges Radio). Ses propos ont été repris par le journal médical Dagens Medicin, l’un des premiers à révéler l’affaire et à briser le silence des grands journaux suédois. Puis les journaux allemands se sont emparés des faits, et la nouvelle s’est répandue très rapidement.

Comme nous l’apprend le journal Neue Zürcher Zeitung, le procureur prend en compte d’autres éléments qui peuvent être interprétés comme de la corruption ou des tentatives de corruption : il s’agit d’un voyage en Chine effectué par plusieurs membres de l’Assemblée Nobel, tous frais payés par les hôtes chinois. Cela contrevient aux dispositions suédoises de lutte contre la corruption, qui stipulent que les membres de l’Assemblée Nobel sont assimilables à des représentants officiels du pays, qui doivent dès lors refuser tout cadeau et payer eux-mêmes d’éventuels voyages.

A propos, la Chine est elle aussi très impliquée dans le développement des vaccins anti-HPV. Je le précise même si les sources ne disent pas si le voyage en question avait un rapport avec les vaccins.

Astra Zeneca clame son innocence et son désintéressement

Le même porte-parole d’AstraZeneca cité plus haut par Newsmax prétend que la firme n’a aucune influence sur le choix du lauréat, malgré toutes ces « entrées » au Nobel et les profits directs et indirects tirés du Gardasil comme du Cervarix grâce à la copropriété des brevets. Elle ne saurait même pas si Bo Angelin a voté ou non pour Harald zur Hausen.

Un porte-parole d’Astra Zeneca répond à Ed Silverman, éditeur du site Pharmalot, en tenant le même discours : « Astra Zeneca a signé un accord avec Nobel Media et Nobel Web, destiné à accroître la compréhension et l’intérêt du public pour les accomplissements des lauréats des prix Nobel de médecine et de physiologie. Nous espérons que ces efforts de coopération contribuent à mieux faire comprendre à quel point les découvertes médicales et les nouveaux traitements peuvent améliorer la santé des patients et leur qualité de vie. C’est le comité Nobel du Karolinska Institutet et non les filiales de la Fondation Nobel qui désignent les candidats, donc Astra Zeneca n’est pas en mesure d’influencer le choix du comité et n’a d’ailleurs aucune intention d’exercer une telle influence ».

Un tel amour désintéressé et un tel dévouement à la santé de l’humanité se passent de commentaires.

Elena Pasca

Commentaires

Bonjour,
et merci pour cette mine de renseignements, même si c'est pas réjouissant..

Les trois plus grosses firmes européennes (GSK, AstraZeneca et Sanofi) sont donc le pivot du vaccin anti-HPV.

AstraZeneca, qui avait récemment racheté MedImmune, a réalisé un chiffre d'affaires de 29 559 milliards de dollars en 2007.
site d'AstraZeneca:
[ MedImmune a été précurseur dans le développement d’un vaccin permettant de prévenir les lésions génitales liées aux Papillomavirus Humains (HPV). La société s’est associée à GSK pour finaliser le développement clinique et la commercialisation du vaccin. Début 2005, l’accord a été modifié pour permettre à Merck, qui avait également développé un vaccin contre le virus HPV, d’utiliser le brevet de MedImmune. Par conséquent, MedImmune a reçu d’importants paiements et royalties sur les vaccins contre le virus HPV commercialisés par ces deux sociétés. ]


Pour en revenir au Gardasil, à fin septembre 2008, les ventes de Sanofi Pasteur MSD sont de 924 millions d'euros, en hausse de 38,2 % (à données publiées).
Le chiffre d'affaires de Gardasil atteint 456 millions d'euros contre 126 millions sur la même période 2007.

Avez-vous des précisions sur l'implication de le Chine dans le développement des vaccins anti-HPV ?

Il faut reconnaître que ce vaccin fait bien peu de vagues en France, malgré la disponibilité de l'information..

Écrit par : cath | 18/12/2008

Répondre à ce commentaire

Comment ai-je pu oublier une telle information : en 2007, une nièce à mon mari qui travaillait dans un laboratoire dont je tairai le nom m'a dit : "nous avons été rassemblés par la Direction et nous avons été informé qu'il ne fallait surtout pas faire vacciner nos filles contre le cancer du col de l'utérus !!!"

Écrit par : chantal | 19/12/2008

Répondre à ce commentaire

Merci pour ces remarques et précisions!

Cath, j'ai un fichier d'au moins 50 pages d'informations pas encore systématisées - et donc pas encore postées - sur le Gardasil et les divers pays, universités et chercheurs qui sont impliqués, ainsi que sur les conflits d'intérêts et les tentatives de museler l'expression des réticences et des critiques quant à l'utilité du Gardasil, aux chiffres véhiculés par le laboratoire, au matraquage publicitaire, aux effets secondaires...

J'ai trouvé des informations intéressantes aussi sur les projets en cours, concernant, là encore, aussi la Chine.
Mais à un moment donné, je n'en pouvais plus de fouiller - donc de trouver - autant de choses. Comme vous dites, ça n'a rien de réjouissant... Et c'est un doux euphémisme...
Et puis les pauses que j'ai faites dernièrement ont contribué à l'accumulation des retards, ici comme dans les réponses aux courriels, etc. - ce pourquoi je prie tout le monde de m'excuser!

En tout cas, parler des conflits d'intérêts de la Fondation Nobel et de Harald zur Hausen a quelque peu relancé mon intérêt ;-)

J'oscille entre les "fouilles" approfondies et le suivi de l'actualité.
Cordialement.

Écrit par : pharmacritique | 29/12/2008

Répondre à ce commentaire

Merci pour cet excellent billet, auquel je fais référence dans mon propre billet sur ce sujet sur http://www.mediapart.fr/club/blog/vincent-verschoore/261208/hpv-et-prix-nobel-une-simple-controverse-medico-financiere.

Écrit par : Vincent Verschoore | 29/12/2008

Répondre à ce commentaire

Bravo et merci pour cet article!
Une fois encore cela démontre que les labels et étiquettes officielles n'ont pas de valeur intrinsèque, pas de valeur à priori.
C'est confirmé quand on sait par exemple que le poison Vioxx désormais retiré du marché avait lui aussi été primé! Cela ne l'a hélas pas empêché de faire des DIZAINES DE MILLIERS de victimes! Et ça n'a pas non plus empêché Big Pharma en Belgique de rétorquer après la publication des articles dans le Knack et le Vif l'Express que le Gardasil était une grande innovation de qualité etc QUI A Même eu le prix Galien! Le Vioxx aussi avait raflé ce prix. On le voit ces gens ne font preuve d'aucune cohérence: tout n'est que tricherie, tromperies et manipulations mais hélas plus c'est gros, plus ça passe auprès du public!

Le bon peuple reste encore trop soumis, trop "émerveillé" devant les autorités médicales au sens large alors un grand ponte, un professeur, un Nobel, pensez donc! Ca leur en met plein la vue!

Ce que j'écris là peut peut-être sembler condescendant et dédaigneux à certains MAIS c'est hélas ce qui se passe et ce qui a même été démontré scientifiquement. En effet c'est le scientifique Milgram qui a démontré que c'est rien de moins que....63% des gens qui vont obéir aveuglement à l'aurorité alors même que les preuves évidentes que l'autorité a tort sont sous leurs yeux.
Les gens sont 63% à se déresponsabiliser, à abdiquer (par confort, crainte, conformisme, etc) leur pouvoir décisionnel dès qu'ils le peuvent, aux autorités...

Je vous mets donc ici les deux liens web pour visionner la scène de cette expérience tout à fait véridique qui a été incorporée au film culte I Comme Icare:

http://www.youtube.com/watch?v=5Sqqhr4_J28 (partie 1)

http://www.youtube.com/watch?v=CLVsGz4VvfM (partie 2)


On le voit notre société est donc bien moins gengrainée par l'excès de révolte et le non respect des lois , des règles et diktats officiels que par la soumission aveugle à ceux-ci et la profonde docilité du public!
Souvenons-nous VITE, AU PLUS VITE de la phrase de grand bon sens de Gide:
"Le monde ne sera sauvé, s'il peut l'être, que par des INSOUMIS"


Bonne réflexion à toutes et à tous!

Cordialement

Écrit par : Caroube | 02/01/2009

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"Most people cherish their delusions more than their other ailments. There is no expedient to which Man will not resort to avoid the hard work of thinking."
THOMAS EDISON

Un tout grand MERCI et un tout grand bravo à Caroube pour des mots qui sonnent aussi juste, pour une profonde réflexion, comme aussi pour une si noble quête de vérité !

"Une société dépravée, -telle que nous la connaissons aujourd’hui- peut détruire une âme humaine, parce que le désordre de la société s’explique par la maladie mentale de ceux qui la composent. Nous devons préserver nos âmes des pressions qu’exerce sur nous la société. Il nous faut absolument demeurer vigilants par rapport à tout ce qui pourrait être sain, comme malsain à l’intérieur de nous-mêmes, et en même temps critique quant au désordre fou qu’instaure le nouveau totalitarisme… C’est de la résistance même de nos âmes à leur propre destruction programmée par un monde pervers que naissent nos tentatives de compréhension ainsi que notre quête de vérité .

Robin HOOD

Écrit par : ROBIN HOOD | 02/01/2009

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Merci Caroube!

Ce que vous dites, on le vit à chaque fois qu'on essaie d'aller à contre-courant, de secouer les préjugés d'une opinion qui assimile position de pouvoir et vérité ou juste vision des choses.

C'est aussi contre cela que j'ai rappelé l'interdiction morale absolue d'instrumentaliser qui que ce soit, de soumettre qui que ce soit à une autorité, même quand la cause peut paraître juste.

J'ai parlé du livre de Nouzille et Constanty et repris un documentaire sur l'influence des lobbies sur les hommes politiques et fait d'autres notes sur ce thème dans les notes de la catégorie "Hommes politiques et lobbies; conflits d'intérêts"
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/politiques_lobbies_conflits_d_interets/

Il y aura plus tard un billet sur les médicaments douteux qui ont eu le prix Galien, parce qu'il y a pas mal de surprises... Une petite clique décerne des prix pour mieux faire marcher le commerce - c'est comme le prix du Medec, sauf que celui-ci a encore moins de scrupules, puisque les généralistes réunis au salon du Medec récompensent directement les labos...

Ainsi, GSK a été récompensé pour son implication dans la pratique quotidienne (!!) des médecins, alors que Sanofi a eu le prix de la meilleure communication pour le... Gardasil.

Difficile à croire, et pourtant c'est vrai!
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2008/06/22/le-medec-vient-de-dire-quelle-firme-paie-le-mieux-laquelle-f.html

Quant à l'autorité et au cercle vicieux qu'elle forme en médecine, il y a un excellent livre de Skrabanek et McCormick, Idées folles, idées fausses en médecine, présenté par Pharmacritique dans cette note:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2008/04/21/la-medecine-n-est-pas-qu-une-science-mais-aussi-un-reseau-de.html

Et les écrits sur la personnalité autoritaire, rédigés par des représentants de la Théorie critique de l'Ecole de Francfort, etc. etc.
De quoi ouvrir les yeux...
Cordialement.

Écrit par : pharmacritique | 03/01/2009

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Robin Hood, je suis désolée, mais le texte vers lequel vous orientez les lecteurs me semble contenir certaines affirmations et assimilations fort douteuses, comme entre les USA et le régime nazi, entre la croix gammée et le sigle USA, avec des histoires de "cabale" qui serait responsable de tout, selon les théories de la grande conspiration. Et puis il y a d'autres détails qui me mettent mal à l'aise et que je ne peux pas laisser ici.

Je suis responsable des contenus de ce blog, et certaines des affirmations du texte vers lequel vous renvoyez pourraient aussi tomber sous le coup de la loi.

De plus, nous ne sommes pas ici pour juger de ce qu'est où n'est pas le régime politique des Etats-Unis, dont je peux, au contraire, affirmer, preuves à l'appui, que malgré la dégradation sous Bush, il est bien plus soucieux de la protection des consommateurs et de réfréner les dérapages de l'industrie pharmaceutique que l'Europe...

Les media américains aussi font bien mieux leur travail que leurs homologues européens, tout du moins du point de vue qui définit de la thématique de ce blog : la santé et les lobbies qui la mettent en danger.

Je pense que ce blog n'est pas le lieu approprié pour des textes comme celui que vous nous proposez et vais donc supprimer le lien. Merci de ne pas reposter des liens semblables.

Je ne suis pas non plus d'accord avec le langage de vos citations, parlant de maladie mentale, d'âme, de distinction entre sain et malsain... C'est un point de vue démiurgique qui s'exprime là, un jugement de valeur un peu alambiqué dont je ne vois pas les critères.

Comme la psychanalyse le sait fort bien, il n'y a pas de césure entre normalité et maladie, entre le normal et le pathologique (sain - malsain, selon vos termes). La définition de la folie tout comme celle de la normalité sont largement déterminées par la culture respective.

Aucune définition d'un de ces termes n'offre un rempart ou une sorte d'étendard qui permettrait d'aller démolir le terme opposé... Ils sont trop liés l'un à l'autre pour cela, autrement dit, interdépendants...

Je pense que vous gagneriez à vous exprimer sans avoir recours à de telles citations dont les termes ne sont pas explicités par la précision du contexte dans lequel ils ont été formulés.
Bien à vous.

Écrit par : pharmacritique | 03/01/2009

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Rebonjour,

J'ai lu le livre de Mc Cormick et Schrabaneck mais je ne peux être d'accord avec certains points soulevés et exemples donnés que je n'ai plus en tête...

Concernant GSK félicité pour son implication en pratique clinique et Sanofi Aventis pour sa communication sur le Gardasil et la qualité de sa (désin?) formation continue, c'est absolument écoeurant que des médecins puissent tomber dans ce type de panneau, vraiment, j'ai honte pour eux!

Quant à ce qu'a écrit Robin Hood, il est exact que les gens déploient beaucoup d'efforts qu'ils en aient conscience ou non pour se voiler la face par peur d'avoir à admettre leurs erreurs et leurs errances.
"Du pain et des jeux" disait-on au temps des empereurs romains (pour éviter les révoltes) "Un roi sans divertissement est le plus malheureux des hommes" a dit Pascal je crois? Je pense donc, à la lecture de ce qu'a écrit Robin Hood que c'est en somme de ce type de folie-là qu'il a voulu parler et qui en fait fait un peu partie de chacun d'entre nous, à des degrés divers et qui peuvent varier en fonction des sujets suivant qu'ils nous parlent plus ou non.
Or, il est vrai qu'à partir du moment où trop de gens basculent dans cette façon de jouer l'autruche, il y a un véritable courant de folie qui peut toucher les autres gens, même malgré eux, de plein fouet!

Quelques soient les époques et les régimes politiques, ce type de désinteressement, de laisser-faire populaire tragique a pu (et permet encore) des conséquences tragiques. Je pense il est vrai que même si le système américain est grandement corrompu, les médias et les associations US ont un pouvoir de dénonciation et un dynamisme incomparable aux associations européennes. Toutefois, le régime américain de Bush a appliqué il me semble plusieurs "recettes" d'obligation/soumission dignes du régime nazi. Ils ont par exemple employés l'amalgame "al quaïda- 11 sept- irak- saddam hussein-armes destructions massives" pour justifier la guerre en Irak comme les nazis ont aussi fait des amalgames en créant un bouc émissaire pour que le gros de la population ne rejette pas cette chasse aux sorcières! Autre exmple, le régime américain a tout de même permis des expériences dignes de Mengele sur son sol il y a encore pas si longtemps. A ce sujet, j'invite les lecteurs à lire l'excellent ouvrage de Sylvie Simon paru en 2006 "La nouvelle dictature médico-scientifique" (éd Dangles). Je vous mets donc certains extraits car il me semble que c'est à mettre à bien des égards en parallèle avec ce qu'a voulu dire il me semble Robin Hood:

p.210: "Actuellement, des MONSTRUOSITES que l'on peut comparer aux abominations commises par les nazis ou autres régimes totalitaires, de Lénine à Amin Dada, se passent aux ETATS-UNIS, pays réputé pour sa défense des libertés et qui s'érige en directeur de conscience de la planète entière"

A New York, des enfants, tous issus de familles pauvres, sont placés dans des centres d'accueil sous la surveillance des autorités locales. Ils sont retirés à leurs mères-droguées et/ou séropositives- et 90% d'entre eux sont d'origine noire ou hispanique.

Ces enfants, dont certains sont âgés d'à peine quelques mois, sont recrutés pour participer à un vaste programme national d'essais à long terme sur des médicaments toxiques contre le VIH. L'ACS (Administration for Children's Services) qui s'occupe des enfants, a été fondée dans les années 1990 par l'ex maire républicain Rudi Giuliani. D'après les lois fédérales, les parents doivent donner leur consentement pour des essais sur leurs enfants , mais lorsque ces enfants sont confiés aux soins des autorités de la cité de New York et que la famille refuse de signer, c'est l'ACS qui signe à sa place.

Les services administratifs n'ont même pas besoin d'une décision de la Cour pour retirer les enfants de leur foyer et les placer dans des familles d'accueil afin de poursuivre les expériences. Les responsables affirment que les enfants ne sont engagés dans ces essais qu'après un long processus d'enquête, mais ils refusent d'en dire davantage."

p. 213: "On pratique aussi des essais de vaccin sur ces enfants, et là, il n'est pas besoin de recruter des volontaires par petites annonces, on les a directement sous la main, qu'ils l'acceptent ou non.

Depuis la fin des années 90', des centaines d'expériences ont été conduites sur les enfants recueillis par l'ICC (Incarnation Children's Center) à l'Hopital Presbytérien de l'université de Columbia dont dépend l'ICC. Le Dr David Rasnick a étudié les effets de ces drogues sur les patients et, particulièrement les enfants et estime qu'elles sont "létales"."Ces enfants souffrent beaucoup. Ils ont des crampes, des diarrhées et leurs articulations enflent. Ils se roulent par terre de douleur et personne ne peut les aider."

" Il est évident que les laboratoires qui financent ces recherches aussi cruelles qu'inutiles et prétendent qu'elles permettront de sauver des malades préfèrent ignorer les associations comme Partage -Tanzanie ou les simples personnes qui s'occupent de ces "orphelins du Sida", les soigent sans être influencés par le fait qu'ils sont "condamnés" à court terme et obtiennent des résultats spectaculaires."

p 214 LA BBC DENONCE:

"Le scandale a éclaté enfin au grand jour, grâce aux journalistes de la télévision britannique. BBC two a diffusé un documentaire appelé "Guinea Pigs Kids" (Enfants cobayes), à une heure de grande écoute. Jamie Doran, reporter à la BBC two, a interviewé de nombreux parents et proches et a réussi à obtenir quelques dossiers médicaux qui prouvent sans équivoque la participation active des enfants à ces essais.

Pendant l'enquête qui a duré neuf mois, le BBC a essayé d'obtenir des explications des responsables, mais personne n'a accepté de répondre. Vera Sherav de la BBC, a précisé: "Lorsque nous avons essayé de parler avec les dirigeants du centre, nous avons été renvoyés à une compagnie de relations publiques qui a refusé de commenter ses activités."

"Interrogés, les dirigeants de Glaxo Smith Kline se sont contentés d'affirmer que ces essais, conformes aux lois en vigueur, correspondaient à des standards rigoureux et étaient conduits en accord avec les règles locales. Rien d'autre qui aurait pu ressembler à une quelconque compassion. Mais ce mot n'a pas cours dans le milieu des grandes industries pharmaceutiques. Toutefois en dehors de tout sentiment humain, le traitement des enfants viole chacune des lois sur l'éthique et les expériences médicales, votées par la Cour Internationale après la Seconde Guerre Mondiale. Si ces méthodes sont "en accord avec les loios en vigueur et des standards rigoureux, il est urgent de changer ces lois et standards, comme cela a été recommandé à Nuremberg."

p215: "Jacklyn Hoerger , infirmière spécialisée en pédiatrie chargée de traiter les enfants, ne savait pas que les drogues qu'elle leur administrait étaient expérimentales et hautement toxiques. "On nous a prévenu que si les enfants vomissaient , s'ils ne pouvaient plus marcher, s'ils avaient la diarrhée ou s'ils mouraient , c'était uniquement à cause de l'infection par le VIH." En vérité, c'étaient les médicaments qui les rendaient malades et leurs familles ou leurs gardiens ignoraient tout des expériences menées sur ces enfants. Jacklyn découvrit plus tard que ceux qui essayaient de les soustraire à ces pratiques risquaient d'en perdre la garde.

Elle en a fait elle même la triste expérience. Cette infirmière a travaillé pour l'ICC au début des années 90. En 1996, par l'entremise du Catholic Home Bureau , elle s'est engagée dans un processus d'adoption de deux enfants séropositifs qui vivaient au centre d'Harlem. En 1998, Elaine, âgée de six ans et Liz, quatre ans, sont venus vivre chez Jacklyn avec son mari et leur fille de cinq ans. Elle leur administra les posologies prescrites "à la lettre" pendant environ un an et fut à même de constater la dégradation de l'état de santé des deux fillettes.

C'est alors qu'elle décida d'effectuer des recherches sur les drogues antirétrovirales et de consulter de nombreux spécialistes, puis forte de ces renseignements, elle a commis le crime impardonnable de retirer les drogues aux enfants, ce qui a immédiatement amélioré leur santé et a transformé leur angoisse en joie de vivre. Tout être sensé aurait agi de la sorte.

Comme elle avait fait part de ses découvertes à leur médecin, le centre d'aide à l'enfance de New York en fut aussitôt informé, lui retira les enfants et les renvoya dans un hôme d'acceuil. Leur rétablissement était un détail sans intérêt, seul importait qu'elles suivent le traitement. On ne peut se permettre de perdre un seul cobaye pour de simples raisons sentimentales.
Jacklyn a aussitôt été trainée devant un tribunal pour "abus sur enfants" et n'a pas été autorisée à les voir depuis lors. Leurs tortionnaires ne risquent pas d'être accusés de la sorte.

P216:

[....] "L'émission Guinea Pigs Kids a présenté des témoignages de parents qui craignent pour la vie de ces enfants comme celui de Mona Newberg, enseignante dans les écoles publiques de New York, titulaire d'une maitrise d'éducation. Elle a adopté ses enfants, Sean et Dana, alors qu'ils étaient âgés de trois et six ans. Ils avaient retirés de la garde par leur mère, droguée à l'héroïne. mona était leur grande tante et élevait déjà leur frère ainé, qui n'a jamais subi de test VIH, est en pleine forme et sert à présent dans la Navy.

Sean prenait de l'AZT depuis l'âge de 5 mois, sur les conseils des médecins de Columbia. En 2002, Mona avait réussi à le soustraire de l'ICC. Il était alors âgé de trois ans et n'avalait que des aliments en conserve. Depuis plus de 2 ans, il était nourri grâce à un tube relié à son estomac. A l'ICC, les infirmières lui administraient chaque jour de l'AZT et du Bactrim. Jamais personne n'avait changé ce régime. L'enfant était toujours fiévreux, souvent comateux pendant 24 h, il n'avait aucune envie de jouer et ne pouvait rester debout plus de dix minutes. Il s'affaiblissait de jour en jour. C'est alors que Mona décida de supprimer toutes les drogues et le fit suivre par un naturopathe. En deux mois, Sean récupéra ses forces, devint capable de jouer avec d'autres enfants et reprit de l'appétit.

P217: "Elle en fut tellement heureuse qu'elle annonça, comme l'avait déjà fait Jacklyn Hoerger, ce changement à tout le monde, y compris aux médecins et infirmières. Le résultat ne fut pas long à attendre. Des représentants de l'ACC lui rendirent visite et l'obligèrent à aller consulter le Dr Howard à l'hôpital Beth Israël. Ce dernier ordonna alors que l'enfant soit "soigné" par un nouveau "médicament miracle", la Nevirapine.

L'effet fut immédiat. La santé de Sean se détériora très rapidement et toute l'amélioration des derniers mois disparut en peu de temps au point qu'il fut hospitalisé en urgence six mois plus tard. Lorsque Mona put enfin le ramener à la maison, elle arrêta toute prise de médicaments. A nouveau, la santé de l'enfant s'améliora, mais comme Mona refusait de lui donner des drogues il fut de nouveau placé de force à l'ICC et sa mère adoptive dut se battre, avec l'aide d'un avocat, pendant un an et demi avant de le récupérer.

Au cours de ses visites, elle pouvait évaluer l'HORREUR que représentait l'internement dans cette institution. Lorsque les enfants refusaient de prendre les produits, les infirmières les penchaient en arrière et enfonçaient les pilules dans leur gorge. Le récit de Mona fut bouleversant. "Les enfants sanglés sur les chaises roulantes étaient nourris ou drogués- ou les deux à la fois- avec un iquide lacté dispensé par le tube d'un cathéter qui disparaissait sous leur chemise. Je pouvais deviner la douleur dans leurs regards absents, les yeux perdus dans le vide." Ces tubes appelés G-Tubes ou PEG (percutaneous endoscopic gastronomy) sont placés dans l'estomac par un chirurgien. On branche ensuite une seringue sur le tube que l'on peut refermer avec un bouchon en plastique. C'est net et hygiénique.

"Mona Newberg poursuivit: "Un jour, j'ai vu une infirmière qui portait un plateau plein de médicaments et seringues et k'ai pu l'observer alors qu'elle versait les médicaments dans les tubes qui pendaient de l'estomac des enfants. [...] Je me suis dit que tout cela ne devrait pas être légalement permis."

P218:

"Mona énuméra ensuite de nombreux enfants victimes de ces traitements: Amir, mort à six ans-dont l'estomac gonflé par l'AZT était énorme-, Jésus, mort à 12 ans d'une crise cardiaque, Mia qui devint aveugle avant de mourir, elle aussi d'une crise cardiaque, Carrie morte à 14 ans.

Les téléspéctateurs ont écouté avec HORREUR la déclaration d'un garçon qui a passé la plus grande partie de sa vie dans cette institution et qui a expliqué comment on lui faisait avaler les drogues dangereuses: "Mon ami Daniel a refusé, mais on lui a posé un tube dans l'estomac." En effet, Daniel, 14 ans, a un jour,refusé de prendre les pilules qui le rendaient malade. Sa tante, alors présente, a essayé de justifier son geste mais on lui a expliqué que les médicaments avaient déjà été changés à trois reprises et puisque Daniel s'entêtait, il ne restait plus que l'opération. "Si vous la refusez, nous vous ferons retirer la garde de l'enfant." La tante a donc signé et, quelques semaines plus tard, Daniel avait un tube qui pendait hors de son estomac."


eTC ETC, (vraiment, un conseil: lisez ce livre EN ENTIER, ça vaut le coup pour vous et tous ceux que vous aimez!!)

Ces révélations tout à fait fiables et exactes issues de ce livre courageux viennent donc nous renvoyer encore et toujours à ce qui s'est passé avec des régimes tyranniques et sans éthique ni humanité comme le régime nazi.
La banalité du mal disait Anna Arendt, la docilité des gens comme en parle Milgram et qui fait qu'une majorité de gens va se soumettre à ce que l'autorité concernée daignera lui dire. Ainsi, sans ces infirmières pour enfoncer les pilules au fond de la gorge, s'il n'y avait personne qui acceptait ça, s'il n'y avait personne pour accepter de faire ces opérations scandaleuses de sondage, si les médecins qui entendent les témoignages d'amélioration sans traitement n'acceptaient pas cette autorité d'en haut, ces enfants ne pourraient pas être forcés d'une façon criminelle de subir ces traitements mortels.
Vraiment, ces extraits du livre de Sylvie Simon sont à mettre en parallèle avec les conclusions de Milgram, ça me semble plus qu'évident!

Nous avons donc d'un côté les faits qui démontrent par a+b que sans ces traitements barbares, les enfants vont mieux mais les médecins aux ordres, les infirmières aux ordres, croient et continuent à faire le forcing pour que ces "traitements" se poursuivent coûte que coûte comme les sujets de l'expérience de Milgram continuent coûte que coûte à administrer les "décharges" électriques!

J'espère sincèrement que ces extraits auront permis à un maximum de gens qui passeront ici d'OUVRIR LES YEUX. Oui notre société est bien gengrainée par une folie diffuse et mal délimitée, celle qui consiste à se maintenir dans ces 63% de gens dociles et bien soumis à l'Autorité ALORS QUE, contrairement à la société d'il y a 10 ans, 15 ans ou plus, nous on a la chance INOUIE de disposer du net, de cette source d'infos dispensées par tant de gens qui n'ont aucun intérêt personnel à dire ceci ou ça. Ne laissons surtout pas passer cette chance car, même si des sites ne se gênent pas pour censurer, ce ne sont pas les médias grand public qui sont aujourd'hui les garants principaux de notre liberté d'expression mais chacun d'entre nous qui reste acteur de sa propre information.
Ne l'oublions pas, de grâce!!!!!

Bien cordialement

Écrit par : Caroube | 03/01/2009

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"Dominer la santé, c’est déjà d’une certaine façon dominer le monde : Le médicament est une arme politique" - La stratégie des labos est de vendre des médicaments très cher aux pays riches, pour les appauvrir, les placer dans une situation de dépendance et mieux les dominer et les céder au compte-gouttes et toujours à prix d’or aux pays pauvres, pour mieux les piller et contenir leurs inquiétantes démographies.
http://www.stopvivisection.info/article.php3?id_article=78

Écrit par : chantal | 03/01/2009

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Bonsoir Caroube,

Parler de sauver nos âmes me semble trop imprécis pour que je puisse être d'accord... La même imprécision vaut quant aux critères de distinction entre sain et malsain, par exemple, comme je le disais plus haut. C'est un langage qui peut s'accorder à tout et à rien, qui peut justifier tout.

Pour ma part, j'essaie de parler de sujet (et non pas d'âme, pour éviter les possibles dérives religieuses, voire sectaires), de morale, de subjectivité critique, en des termes et avec des références qui ne sont pas instrumentalisables. Ou du moins pas facilement.

L'âme est l'un des réquisites de choix de cette nébuleuse lyrique pseudo-philosophique qui a mené au nazisme... Voilà l'une des raisons pour lesquelles je m'en méfie...

Ce que vous dites des agissements des Etats-Unis en Irak et ailleurs est incontestable. Mais combien d'autres pays dits démocratiques ont fait de même? La France en Algérie ou en Indochine a-t-elle utilisé des méthodes plus "nobles"? Il me semble que non. La Russie actuelle, la Serbie d'antan ou d'autres, n'utilisent-elles pas les mêmes techniques, qui existent depuis toujours?

Peu de guerres ont été justifiées sans mensonges...

J'ai lu Noam Chomsky (entre autres) sur la politique étrangère des Etats-Unis, et je suis loin d'en faire un agneau... Mais de là à sortir tout de suite Hitler, c'est méconnaître lourdement les spécificités - sur lesquelles j'ai eu à travailler en détail - du nazisme.

La reductio ad Hitlerum est à mon avis plutôt un moyen d'empêcher la réflexion que de la faire avancer. On la tue par des préjugés - alors que s'est une pensée non critique, guidée par des préjugés, justement, qui fait que les participants à l'"essai" imaginé par Milgram ont suivi ce que disait le "scientifique" incarnant l'autorité...

Attention donc.

Quant aux "expérimentations" médicales, il y en a eu dans beaucoup d'autres pays aussi, par exemple des stérilisations forcées dans des pays scandinaves, etc. Faut-il là aussi voir Hitler? Faut-il le voir dans les mutilations génitales des filles, l'assasinat des filles à leur naissance dans certains pays, ou dans l'enfermement des femmes d'une certaine partie du monde arabo-musulman?

Toutes les dictatures ont d'ailleurs le même registre de tactiques d'exclusion, du bouc émissaire et de techniques de contrôle social, et je vous conseille à ce titre le livre de Latifa BEN MANSOUR, "Frères musulmans, frères féroces. Voyage dans l'enfer du discours islamiste", qui décortique ces techniques en les comparant au registre "habituel" des dictatures...

La comparaison avec Hitler n'est pas adéquate à mon avis. Elle méconnaît le cheminement de beaucoup de complexes thématiques idéologiques et culturels qui se sont agrégés dans l'idéologie nazie, elle méconnaît l'unicité de ce phénomène totalitaire, comparable tout au plus avec le régime de l'ancienne Union soviétique.

La volonté génocidaire manifeste depuis les années 20 chez Hitler et la conjoncture spécifique de l'époque n'ont rien à voir avec des essais cliniques - inexcusables et inadmissibles, certes, faits sur des enfants à New York.

Par ailleurs, vous pouvez voir le documentaire de la BBC dont parle Sylvie Simon repris dans une note assez ancienne de Pharmacritique - oui, cet aspect-là ne m'avait pas échappé, parce que je ne suis pas aveugle quant aux Etats-Unis ou quant à ce que font les laboratoires dans le tiers monde... Les laboratoires et d'autres branches industrielles, puisque j'ai largement parlé de Monsanto, du biopiratage, de l'extinction de la biodiversité, etc. dans les notes des catégories respectives

C'est le profit à tout prix, quitte à laisser mourir les malades des pays pauvres ou encore les paysans et la population par le contrôle de la nourriture.

Mais il s'agit là de multinationales et de l'idéologie néolibérale, pas du gouvernement des Etats-Unis qui aurait seul cette volonté totalitaire de profit, me semble-t-il. Attention donc aux amalgames et aux assimilations trop faciles, comme celles faites par Robin Hood, désolée.

Attention aussi à ne pas perdre de vue que c'est un système économique qui veut ça, et que c'est lui - ou ses excès incontrôlés, diront certains qui veulent le défendre coûte que coûte - qui est responsable et coupable.

Mettre tout sur le dos des Etats-Unis ne règle rien et ne fait qu'empêcher de réfléchir à l'étendue et aux racines du problème. N'est-ce pas précisément en faire un bouc émissaire? C'est-à-dire utiliser vous-même une technique que vous dénoncez chez d'autres?

Milgram et les autres expériences de psychologie sociale - que je connais par mon travail interdisciplinaire philosophie / sciences sociales - sont une chose, dans un contexte particulier, qui ne peut pas être appliqué sans précautions à des contextes différents pour invoquer tout de suite le spectre du totalitarisme.

A mon avis, utiliser la psychologie sociale en ce sens revient à stopper l'esprit critique par des préjugés repris de façon tout aussi irréfléchie que ceux qu'ils remplaçaient.

Il est certes facile d'utiliser la formule de Hannah ARENDT sur la banalité du mal, mais je pense que personne qui a lu les "Origines du totalitarisme" ne ferait l'amalgame que fait Robin Hood et que vous essayez de justifier.

Ce serait dommage que votre argumentation première devienne inopérante à cause du recours à de tels court-circuits.

Voici la note dans laquelle Pharmacritique a rendu compte du documentaire de la BBC sur les enfants cobayes de New York, avec la vidéo en plusieurs parties: "New York: Des enfants pauvres et orphelins enrôlés de force pour tester des médicaments anti-HIV (vidéo BBC)". (D'ailleurs, on a beaucoup cité ce blog pour cela).
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/enfants-cobayes-essais-cliniques-douteux/

Il y a aussi les quelques notes de la catégorie Nord -Sud: cobayes, corruption
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/nord_-_sud_cobayes_corruption..._/

Puis toutes les notes sur les OGM, biopiratage, sciences mortifères, etc., dans les catégories respectives.

Comme quoi, il y a déjà beaucoup de choses dans ces pages ;-)))

Bonne soirée!

PS: Les messages longs mettent quelques minutes à paraître. Merci d'attendre un peu avant de reposter plusieurs fois le même texte (il s'est affiché quatre fois, j'en ai supprimé trois, au contenu identique).

Écrit par : pharmacritique | 03/01/2009

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Rebonsoir,

Je n'ai pas essayé de justifier , je parle en mon nom et en mon nom seul. J'ai juste donné l'analyse de la façon dont j'interprétais ce qui avait été posté.
Concernant les essais scandaleux sur ces enfants, je ne pense pas que les écarts soient si grands entre le manque d'éthique des nazis et celui des dirigeants de ces firmes pharmaceutiques (dont certains comme Monsanto ont d'ailleurs des origines nazies si on décortiques l'histoire des filiales sous-jacentes) qui tolèrent pareils scandales. A chaque fois l'homme devient objet.

Je pense que le comble de l'horreur a été atteint avec un système criminel comme celui des nazis mais que c'est une erreur que de se convaincre que, ponctuellement ici et là une telle intensité d'inuhumanité ne puisse jamais se reproduire. Voilà le sentiment que j'ai quand je regarde comment tourne le monde. mengele faisait ses expériences atroces pour des raisons scandaleuses comme les firmes font des expériences aussi pour des raisons scandaleuses (laisser mourir, laisser souffrir pour... de l'argent!) Dans les 2 cas, le résultat est qu'on brise des vies et des santés et qu'on prive de milliers de gens de leur légitime droit au bonheur et à la liberté d'être en bonne santé.

Ceci dit, je vous rejoins tout à fait quand vous parler d'autres tyrannies et d'autres totalitarismes encore présents. Ce que je pense avoir en fait voulu faire passer c'est que les formes de tyrannies sont multiples (en France également, tout à fait, Edwige est une des formes possibles que la tyrannie peut revêtir) mais qu'à force de toujours penser que l'une ou l'autre est trop éloigné de celle souvent prise comme "modèle du pire", ça peut parfois je crois conduire chez certains à une relativisation qui peut s'apparenter à une certaine banalisation et cela peut être dangereux. Les autorités n'ont pas nécessairement donné un feu vert à tout ce qui se passe sur leur sol mais quand même, ici il me semble que de tels évènements n'ont été possibles à la base qu'avec une "très très grande amitié de toujours avec les autorités". Sinon, pourquoi personne n'a été sérieusement inquiété???? Je m'interroge simplement.

Dans les 2 cas de telles dérives n'ont été rendues possibles que par la collaboration de gens qui auraient pu dire NON, qui auraient pu s'informer, qui auraient pu regarder les FAITS, être humains, avoir du bon sens.
Voilà ce que je vois. Je ne pense donc nullement que dire cela porterait ombrage à ce que j'ai déjà écrit dans le passé mais je suis heureuse que cet espace de forum permette le libre échange dont notre société a besoin et que certains sites et certains forums entravent ou tentent d'entraver en raison de lourds conflits d'intérêts avec les firmes qui peuvent les financer...

Merci pour les liens dont celui sur ce scandale qui avait donc été révélé par la BBC et que je n'avais pas vu car je n'ai pas encore eu le temps de lire la totalité des articles de ce blog très bien fait et , je m'en réjouis, lu par de très nombreuses personnes! Je vais aller le lire!

Bonne soirée!
Bien cordialement

PS: Désolée, j'avais pensé que le message n'avait pas été posté les autres fois, sorry!

Écrit par : Caroube | 04/01/2009

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Rebonjour Caroube,

La banalisation dangereuse consiste à comparer le régime nazi avec un régime tel celui des Etats-Unis, et c'est précisément ce que disait le texte proposé par Robin Hood.

Il y un abîme entre la France et le fichier Edvige, contre lequel on peut protester et pétitionner sans pour autant se voir interner dans un camp de concentration, loin de là, et l'Allemagne nazie. La comparaison me semble plus que déplacée lorsqu'on pense au fichage nazi.

Selon votre argumentation, parlant de l'intensité de l'inhumanité, il suffirait d'une profonde souffrance d'une seule personne - souffrance qui peut être subjective et non objectivée dans les faits - pour déclarer qu'un pays est une tyrannie ou un régime totalitaire...

Il ne faudrait pas confondre un régime politique et les souffrances individuelles. Celles-ci existeront malheursement aussi longtemps qu'existera l'humanité, parce que la démocratie est loin d'être parfaite, mais reste toujours la moins pire des solutions.

Il faut certes dénoncer toute atteinte aux principes moraux - déontologiques et rappeler ce qui s'est passé une fois que la médecine n'a plus eu d'encadrement éthique. Et je le fais, d'ailleurs. Rien ne nous garantit contre de telles atrocités à l'avenir.

Cela dit, il est inadmissible de comparer concrètement, au jour d'aujourd'hui, l'ensemble d'un pays tel les Etats-Unis, où un tel essai clinique est isolé et dont les détails sont cachés, avec l'Allemagne nazie, où tout un système était mis à contribution, au vu et au su de presque tout le monde, afin de réaliser un génocide.

Ne répondons pas à la banalité du mal dont parlait Arendt par une banalisation du mal et de termes très précis tels totalitarisme ou tyrannie!

Ethiquement et moralement, cela me semble inacceptable. Et la liberté d'expression n'est pas faite non plus pour ne pas avoir de limites, justement lorsqu'elle veut être comprise comme une liberté démocratique, pas comme une prolifération anarchique d'opinions qui se vaudraient toutes.

Tout ne se vaut pas, c'est le principe même de la morale. Et il interdit aussi un relativisme tel que vous l'exprimez et qui sert parfaitement, par ailleurs, les intérêts de l'extrême-droite et de toute mouvance fascisante. Il faut faire très attention à ne pas tomber là-dedans, même avec les meilleurs intentions du monde.

Je n'ai pas l'énergie nécessaire de poursuivre une telle discussion, et, encore une fois, il me semble que ce blog n'est pas le lieu le plus adapté pour débattre du totalitarisme.

Je vous recommande la lecture des ouvrages majeurs de la philosophe que vous avez vous-même nommée, à savoir Hannah Arendt. Si vous trouvez, dans Les origines du totalitarisme, le moindre élément pouvant appuyer les équivalences que vous tracez, je ne manquerai pas de le commenter avec vous.

La liberté n'est pas une absence de limites, y compris dans l'expression publique, bien au contraire. Vous pouvez voir que cela contraste par ailleurs avec ce qui prévaut aux Etats-Unis, où tout le monde peut tout dire et où toutes les opinions se valent.

La normativité morale est l'exact contraire d'un tel relativisme.
Je suis certaine que vous arriverez à la même conclusion.
Bien à vous.

Écrit par : pharmacritique | 04/01/2009

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Caroube a lu le livre, moi j'ai les images (âmes et coeurs sensibles s'abstenir).

http://www.dailymotion.com/video/x52li6_les-enfants-cobaye-part-12_news

http://www.dailymotion.com/video/x52loa_les-enfants-cobaye-part-22_news

Écrit par : chantal | 04/01/2009

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Celle-ci concerne une autre affaire en Afrique et un autre laboratoire

http://www.dailymotion.com/video/x3aw6k_les-africains-cobayes-de-laboratoir

Mais que l'on ne vienne pas me faire croire que ces familles étaient indemnisées, non........... trop facile.

Écrit par : chantal | 04/01/2009

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Comme je l'ai signalé plus haut, j'ai posté il y a bien longtemps les deux parties de la vidéo de ce documentaire de la BBC.

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/enfants-cobayes-essais-cliniques-douteux/

Il y a aussi les quelques notes de la catégorie Nord -Sud: cobayes, corruption
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/nord_-_sud_cobayes_corruption..._/

Puis toutes les notes sur les OGM, biopiratage, sciences mortifères, etc., dans les catégories respectives.

Comme quoi, il y a déjà un certain nombre de choses dans ces pages pour ceux qui veulent regarder ;-)

Écrit par : pharmacritique | 04/01/2009

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Merci pour les vidéos! Espérons que cela contribuera à une vigilance accrue des gens! En ce moment, je sais pas des amis que la pub de Pampers à la gloire des vaccins tourne beaucoup!

Bien cordialement

ps: Je voulais juste rajouter que j'étais d'accord avec vous pour dire que la comparaison ne saurait être une comparaison totale ou globalisante avec un régime comme le régime nazi (bien sûr). J'avais juste voulu dire que, par certains aspects, il y avait quand même des ressemblances (qui ne font pas un tout OK) mais concernant de pareilles expériences, je n'en démords pas. Ce n'est pas parce que ces expériences peuvent nous faire penser à Mengele et à ses crimes qu'on fait des amalgames favorables à l'extrême droite il me semble. Les démocraties vraies sont aussi fondées sur le droit des minorités et quantifier ou dire qu'une vie vaut mieux que quelques autres ou l'inverse revient à accepter la notion de sacrifices humains (science, motifs racistes, etc).
Je tenais à redire ici quand même tout mon dégoût très profond pour toutes idéologies fascistes, racistes, la tyrannie médico-pharmaceutique également.

Écrit par : Caroube | 04/01/2009

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Il ne s'agit pas de quantifier, SVP, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Il s'agit de dire qu'il y a une différence entre des actes isolés qui touchent quelques personnes et un système où de tels actes sont institutionnalisés et touchent potentiellement tout le monde!

Question de régime politique.
Ce n'est que lorsqu'une telle institutionnalisation existe qu'on peut parler de totalitarisme, pas parce qu'il y a Edvige, qu'on doit bien entendu critiquer. Tout comme cet essai clinique et le complexe médico-industriel, qui n'est pas non plus une tyrannie.

quant au droit des minorités dans la démocratie, certes, mais là, il s'agit en fait non pas d'une minorité, mais des pauvres de toutes les couleurs et ethnies. Et c'est cela le grand absent, à mon sens, quand vous parlez de totalitarisme, tyrannie, etc. Vous oubliez que le grand responsable, c'est la recherche effrenée de profit portée par le néolibéralisme.

Il y a une utilisation maladroite des concepts qui fait du tort à votre discours, à l'expression de votre juste révolte et de votre dégoût. C'est contre-productif et c'est dommage.

Pour expliquer mieux ce que j'ai voulu dire: c'est sur ce terrain de la conceptualité que beaucoup de monde se fait piéger par des clichés d'extrême-droite, qui paraissent très faciles, avec des formules toutes faites, mais surtout avec plein de préjugés qui semblent orienter la pensée mais ne font qu'arrêter la réflexion critique.

Et, effectivement, le relativisme éthique, le tout se vaut, la destruction de la normativité morale font partie de cette idéologie, entre-temps tellement banalisée qu'on l'utilise en essayant de faire passer des messages qui sont à l'opposé de ce qu'elle véhicule...

Je vous conseille "La Nouvelle droite", par Pierre-André Taguieff, et "La force du préjugé", par le même auteur. Et si jamais vous lisez l'allemand, je vous recommande les écrits de l'Ecole de Francfort sur les préjugés. Je suis sûre que vous n'utiliserez plus la reductio ad Hitlerum ni ne ferez les mêmes assimilations.

En tout cas, tous le monde a eu l'occasion de lire ce que vous vouliez dire. Nous pouvons peut-être passer à autre chose, si vous voulez bien? Pour ne pas se méprendre sur les paroles d'autrui et s'éloigner trop de notre sujet (Le refus du relativisme éthique ne veut pas dire acceptation du sacrifice humain, c'est même ce qui nous guide au mieux dans le refus de toute souffrance humaine).
Je suis désolée, mais je n'ai pas l'énergie pour me lancer dans des explications détaillées de philosophie politique et de morale.
Merci à vous.

Écrit par : pharmacritique | 04/01/2009

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Bonjour Pharmacritique,
Je me dois de reconnaître la pertinence de votre commentaire par rapport au SITE auquel j'ai, d'une manière peu réfléchie, je l'avoue, fait allusion ! ( Je n'aurais, en fait, pas dû reprendre le lien ! Vous avez bien fait de le supprimer !) Le texte posté était en fait une traduction que j'avais réalisée il y a belle lurette, n'ayant plus en mémoire ni l'esprit, ni les prises de position des auteurs de ce site. Jamais, il ne me serait venu à l'idée de faire les comparaisons que vous avez reprises en particulier entre le régime nazi, la croix gammée et le régime américain ! Je sentais le texte posté comme relevant d'un ordre plus général par rapport à l'injustice, aux horreurs qui sévissent un peu partout dans le monde forçant le questionnement comme le disait Albert Einstein: " The important thing is to not stop questioning." On attribue cependant au même auteur d'avoir aussi dit: "Il faut prévenir les hommes qu'ils sont en danger de mort... la science devient criminelle." Einstein a bien sûr dû écrire le mot "science" avec une minuscule ! (je pense faire allusion aux révélations bouleversantes de Caroube, admirablement documentée ! )
Avec mes excuses, je vous prie, Pharmacritique, d'agréer l'expression de mes très sincères salutations.
Robin Hood

Écrit par : Robin Hood | 04/01/2009

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Pas de soucis. La page est tournée et on peut passer à autre chose.
Bonne journée!

Écrit par : pharmacritique | 06/01/2009

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Bonjour,
Nous avons eu un contact l'an dernier à l'occasion de la publication de mon enquête sur le Gardasil. Le travail de recherche que vous exposez dans ce billet m'intéresse énormément. Pourriez-vous m'envoyer un e-mail avec vos coordonnées, afin que que nous puissions discuter directement de tout cela?
D'avance merci!
Meilleurs messages
Catherine Riva

Écrit par : Catherine Riva | 20/01/2009

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