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31/12/2008

Inflammations oculaires dans l’usage non autorisé d’Avastin dans la DMLA. Retour de la controverse Avastin – Lucentis ?

L’Avastin° (bevacizumab de Genentech / Roche) est un médicament autorisé dans le traitement de certains cancers (côlon, sein, bronches, rein). Mais il est largement utilisé, y dmla_evoluee.jpgcompris en France, pour soigner la forme néovasculaire (exsudative ou humide) de la dégénérescence maculaire liée à lâge (DMLA), alors qu’il n’a pas d'autorisation de mise sur le marché (AMM) dans des indications ophtalmologiques. Même si elle ne porte pour le moment que sur moins de 40 cas d'inflammation et de toxicité, l'alerte donnée par les firmes Genentech et Roche aux Etats-Unis et au Canada relancera certainement la controverse sur les risques de sécurité qu'implique l'utilisation non autorisée d'un médicament, alors que nous disposons d'un autre médicament, certes 30 fois plus cher, mais développé explicitement pour le traitement de la DMLA.

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30/12/2008

La réputée Cleveland Clinic met en place une politique stricte de gestion des conflits d’intérêts de ses médecins et chercheurs

On attend une politique similaire dans les cliniques et les hôpitaux français, où il n'y a pas l'ombre d'une quelconque limitation...COI Clemente Botelho Foundation News and Commentary.jpg

 

Voici une traduction rapide de l’éditorial du 13 décembre de la revue médicale The Lancet, intitulé "Transparency rules at the Cleveland Clinic" (Nouvelles règles de transparence à la Cleveland Clinic, Volume 372, Issue 9655, Page 2002), suivie du compte-rendu d'un article du New York Times, qui apporte plus de détails.

Illustration de Clemente Botelho, tirée du site Foundation News & Commentary.

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Les psychiatres qui préparent le DSM V seront tenus par une clause de confidentialité. Un boulevard pour les conflits d’intérêts

Pharmacritique a rendu compte dans cette note des conflits d’intérêts de l’équipe de psychiatres chargés par l’American Psychiatric DSM Bonkers Institute.gifAssociation (APA) d’entreprendre la cinquième révision de leur bible, à savoir le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). De plus, nous avons épinglé à plusieurs reprises la psychiatrie – surtout américaine – parce qu’elle se révèle être la discipline médicale la plus corrompue (voir la catégorie "Conflits d’intérêts en psychiatrie ; DSM").

L’APA avait lancé une campagne de communication encensant les changements dans le sens de la transparence et de l’ouverture qui devaient guider le travail des experts… Quelques mois plus tard, il n’en reste rien.

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29/12/2008

Ses débordements publicitaires pour le Cialis valent à Eli Lilly le titre de pire firme pharmaceutique de l’année

Décidément, la dysfonction érectile est à l’honneur ces temps-ci, comme on l’a vu avec la promotion du Viagra par la CIACialis McCain.jpg

On apprend que Consumers International, la fédération internationale d’associations de consommateurs, a décerné le prix Marketing Overdose à la firme Eli Lilly, pour avoir dépassé toutes les bornes dans le déluge publicitaire pour sa pilule Cialis (tadalafil), indiquée dans la dysfonction érectile. Les détails sont éloquents...

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Pfizer a des visiteurs médicaux d’un nouveau genre : les agents de la CIA, qui offrent du Viagra pour ériger des amitiés…

(Note d'hier, postée de nouveau à cause d'un souci technique. Je saurais gré à l'hébergeur de répondre enfin à mes demandes d'aide!!) Pub Viagra Pharmagossip.jpg

L’avenir de l'industrie pharmaceutique s'annonce radieux. Même la CIA se met à lui servir de VRP, c’est dire

Les tirs militaires seraient-ils remplacés par ceux symboliques ? ;-) Pas si simple...

Mais Pfizer pourra bientôt compléter la notice du Viagra par des allusions à ses vertus pacifiantes - faites l'amour, pas la guerre! - et d'incitation à la délation, pardon, à donner des informations sur ses amitiés traditionnelles, afin de s’en créer d’autres, plus intéressées. Avec de tels VRP, dont la capacité de persuasion est légendaire, on comprend mieux pourquoi la firme peut se permettre de tailler dans ses forces de vente habituelles…

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25/12/2008

Bush légalise les préjugés religieux en santé. Accès aux soins et droits des femmes sont en danger

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24/12/2008

A l’âge de raison, Pharmacritique adhère à la Fondation Sciences Citoyennes et à Healthy Skepticism

La fin de l'année et l'anniversaire marquent l’heure des bilans et des lignes de force à tracer pour l’année prochaine. Alors autant Anniversaire.jpgcommencer par rappeler certaines caractéristiques et certains traits essentiels de Pharmacritique, ainsi que le principe de reconnaissance d'autrui qui lui sert de "guide" de réflexion.

 

Et le moment est venu de renouveler mes remerciements à tous ceux qui ont contribué à ce que le "bébé-blog" grandisse…

 

C'est le 9 décembre que Pharmacritique a fêté son premier anniversaire. J’en parle en retard, parce que j'ai vécu une période très mouvementée et ai dû faire face à un coup bas, forcément déstabilisant. On me dit que c’est la rançon du "succès", et que certains craigneraient une "concurrence" qu'ils essaieraient de discréditer… Or Pharmacritique n’est une concurrence pour personne, d’autant plus que mon anonymat montre bien que ce n’est pas ma personne qui importe, mais la cause.

L'une des résolutions que tous ceux qui interviennent dans ce champ devraient formuler pour 2009, c'est de tenter de se déprendre des réflexes et des habitudes de pouvoir et de recherche d'exclusivité comme de monopole. Exclusivité veut dire exclusion. De quel droit ?

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18/12/2008

Gardasil et Cervarix : Astra Zeneca et la Fondation Nobel soupçonnées de corruption et conflits d’intérêts dans l’attribution du prix Nobel à Harald zur Hausen

Le prix Nobel attribué à Harald zur Hausen est censé récompenser les recherches sur les papillomavirus, mais consacre surtout le triomphe des conflits d’intérêts qui entachent le Gardasil et le Cervarix depuis leur conception, et ce partout où des centres publics de recherche travaillent avec les firmes pharmaceutiques et adoptent les méthodes de ces dernières, au mépris de leur mission d'intérêt général.

J'ai parlé dans cette note du réseau tentaculaire de conflits d’intérêts par lequel Merck, Sanofi Pasteur MSD et CSL ont imposé le Gardasil et empêché un vrai débat sur l’utilité de ce vaccin et son rapport bénéfices – risques. Et les exemples concrets ne manquent pas.

La question des conflits d’intérêts se corse et se pose directement en termes de corruption, puisque c’est ce chef d’accusation qui est envisagé par le procureur Christer van der Kwast, de l’office suédois de lutte contre la corruption. L’affaire a été révélée par la Radio suédoise (Sveriges Radio) et par le journal Dagens Medicin, que nous citerons plus loin, et ce à peine deux jours avant la remise officielle des prix, qui a eu lieu le 10 décembre. La lauréat Harald zur Hausen, qui se disait déjà énervé par la contestation des 13 médecins et scientifiques allemands signataires d’un manifeste critique contre le Gardasil (voir cette note), a maintenant des raisons de se lamenter…

 

Les révélations, les soupçons et l’enquête concernent le Comité Nobel qui attribue les prix Nobel de médecine ainsi que la firme Astra Zeneca, qui tire elle aussi un grand profit commercial de l’attribution du prix à Harald zur Hausen.

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16/12/2008

Gardasil et Cervarix sur la sellette en Allemagne: 13 médecins et scientifiques de renom demandent l’arrêt de la désinformation et de la vaccination massive

Dans le numéro du 26 novembre du journal allemand Süddeutsche Zeitung, Christina Berndt signe un article rendant compte de la prise de Gardasil Think Progress.org.jpgposition de 13 médecins et scientifiques allemands réputés, qui signent un manifeste critiquant la décision des autorités vaccinales de recommander une vaccination massive par Gardasil ou par Cervarix et rappellent les incertitudes et inconnues qui auraient dû inciter à la prudence au lieu d’une implémentation massive.

Le même journal avait été parmi les premiers à donner une information nuancée et à offrir, dès octobre 2007, une tribune aux critiques du Gardasil, et notamment au directeur de la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm, le Dr Wolfgang Becker-Brüser, comme nous l’avons dit dans cette note complétée et mise à jour à plusieurs reprises : « Gardasil, vaccin HPV très critiqué en Allemagne et ailleurs. Avis de spécialistes et synthèse des aspects essentiels ».

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13/12/2008

Crestor: effet marketing de l’essai Jupiter biaisé et basé sur une CRP non pertinente

Explication rapide pour les usagers auxquels on cherchera à présenter le Crestor (rosuvastatine) comme le remède miracle, même en prévention primaire où les statines n'ont pas fait preuve d'efficacité : si vous avez réellement besoin Crestor Drugdelivery.ca.jpgd’une statine, il vaut mieux s’en tenir à celles qui ont fait leurs preuves. Parce que l’essai clinique dont tout le monde parle -l'étude Jupiter - a été conçu d’emblée de façon à donner de très bons résultats… sur le papier, mais qui ne veulent rien dire en pratique…

 

Dans cette note sceptique quant à l’étude Jupiter et aux exploits du Crestor (rosuvastatine), je me demandais si le design de cette étude ne relevait pas plutôt du disease mongering / façonnage de maladies, compte tenu du choix de la CRP (protéine C réactive), érigée, pour les besoins de la firme Astra Zeneca qui produit le Crestor, en marqueur révélateur de risques cardiovasculaires.

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12/12/2008

La ministre belge francophone de la Santé rappelle les incertitudes autour du Gardasil, insiste sur le dépistage et s’oppose à la vaccination systématique

Merci à la personne qui m’en a parlé ! C. Fonck RTBF.jpg

Catherine Fonck est la ministre de la Santé de la Communauté francophone de Belgique, pays qui compte six autres ministres à divers échelons. Médecin de formation, elle a depuis 2006 soutenu le Gardasil, allant jusqu’à adresser directement, en février 2008, une lettre aux jeunes filles âgées de 12 à 15 ans, pour les « encourager » à se faire vacciner. Procédé pour le moins contestable et qui a suscité des réactions critiques.

Après la parution récente d’un dossier consacré au Gardasil par l’hebdomadaire francophone Le Vif / L’Express et des révélations faites par l’hebdomadaire Knack, la Dre Fonck a fait une volte-face spectaculaire en déclarant le lundi 8 décembre dans le journal Le Soir qu’elle s’opposerait lors de la réunion interministérielle à la décision d’imposer la vaccination par Gardasil ou Cervarix aux écolières belges. Trop d'incertitudes sur l'utilité comme sur la sécurité du Gardasil...

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11/12/2008

Débat le 19 décembre à Paris sur le Gardasil, organisé par le projet Dé Dés Information (DDI) des généralistes réunionnais

Le Dr Siary avait raison : un débat aura bien lieu le 19 décembre à 19h30 dans la salle Gaspard de la revue Prescrire (83, Boulevard Voltaire à ddi-logo-80.gifParis, 75011, M° Saint-Ambroise), sous le titre « La vaccination anti-HPV dans tous ses états ». Par la suite, il y aura une possibilité d’information des personnes intéressées par mail, puis l’information sera relayée et postée – avec les liens - sur Pharmacritique et deux autres sites.

Merci de diffuser l’information, aussi auprès des associations, médecins et autres professionnels de santé, SVP ! Nous nous battons chacun avec ses moyens, et le moindre acte de résistance est le bienvenu, pour dire à l’industrie pharmaceutique et à ses vassaux en blouse blanche que le temps où ils faisaient ce qu’il voulaient, avec nous autres comme cobayes, est bel et bien fini ! Ca prendra le temps qu’il faudra, mais des Didier Riethmuller et autre Jean-Luc Prétet et Joseph Monsonego, consultants pour Sanofi Pasteur MSD (comme je l'ai dit dans cette note), ne pourront plus censurer éternellement le débat et museler la raison au gré de leurs conflits d'intérêts et autres liens avec la firme nationale qu'il ne faudrait pas égratigner pour ne pas la rendre moins compétitive...

Bravo à la section généraliste de l’Union Régionale des Médecins Libéraux (URML) de la Réunion pour avoir initié ce projet inédit en France et pour persévérer malgré les pressions !! Voici leur site, où vous trouverez pas mal d’informations. Ils ont un forum, où vous pouvez leur laisser des messages de soutien, pour montrer que leur démarche n’est pas isolée, mais exprime au contraire la volonté du public d’avoir une information indépendante et son ras le bol de se voir gaver depuis des années - que ce soit pour le Gardasil comme pour divers médicaments - par la publicité des laboratoires et leur volonté de vendre un maximum.

 

 

Pour avoir œuvré pas mal dans ce domaine, avec ses 44 articles sur le Gardasil et le Cervarix (ici, ici, ici ou ici) - qui ont servi de sources à beaucoup de médecins et de journalistes, en France comme à l’étranger, y compris au DDI, et ont largement été repris sur des forums de patients - je serai présente à ce débat. Et je reviendrai sur la DDI, qui est sur la longue, trop longue, liste des sujets à traiter… Pharmacritique leur souhaite bonne route !

Elena Pasca

02/12/2008

L’étude ALLHAT enterrée par les firmes, puisque les diurétiques thiazidiques traitant l’hypertension sont efficaces et bon marché

Un article révélateur du New York Times du 27 novembre, intitulé “The Minimal Impact of a Big Hypertension Study” (L’impact minime d’une Hypertension Knowledgebase script.jpggrande étude sur les traitements de l’hypertension), revient sur l’étude ALLHAT (Antihypertensive and Lipid-Lowering Treatment to Prevent Heart Attack Trial). Cette étude à large échelle qui a eu lieu en 2002 a démontré que les diurétiques thiazidiques étaient les médicaments à la fois les plus efficaces et les moins chers pour traiter l’hypertension artérielle. Cependant, 6 ans après, les diurétiques sont beaucoup moins prescrits qu’ils ne devraient l’être, compte tenu de leur efficacité.

L’association australienne Choice arrivait à la même conclusion dans un rapport déplorant les méthodes perverses de l’industrie pharmaceutique et qui prenait pour exemple précisément le cas des médicaments antihypertenseurs, comparés sous l'angle coût / efficacité.

 

Le diurétique antihypertenseur chlortalidone, jadis commercialisé en France aussi sous le nom de Hygroton, est l’exemple-type de médicament très peu prescrit parce que efficace et pas cher (cf. notre note), donc peu profitable aux firmes qui produisent des antihypertenseurs pas plus efficaces, mais beaucoup plus chers, tels les inhibiteurs calciques ou les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC). L'Hygroton a fini par être retiré du marché français, comme nous l'a appris un lecteur de Pharmacritique, déjà suite à la note sur le rapport de l'association Choice. Il n'existe plus sous forme de spécialité unique. Il reste l'Esidrex [hydrochlorothiazide], efficace et pas cher, donc pas profitable...

 

Les firmes se sont unies contre l’ennemi commun - les médicaments bon marché - et ont tout fait pour le discréditer, par exemple en payant des leaders d’opinion (pantins du pharmacommerce) pour vanter les mérites des nouveaux médicaments antihypertenseurs. Par exemple, un membre d’un groupe d’experts américains a reçu 200.000 dollars de Pfizer, pour donner des conférences défavorables aux diurétiques, nous dit le New York Times.

 

Et nombre d’experts indépendants soulignent que l’influence de l’industrie est telle qu’elle empêche aussi toute volonté politique qui inciterait à l’organisation d’essais cliniques de grande envergure pour trouver les médicaments ayant le meilleur rapport coût / efficacité… Les firmes ont le bras long et n’hésitent pas à désinformer et à déformer la vérité, par exemple sur les effets secondaires de leurs antihypertenseurs, pour faire vendre un maximum, à l’exemple de Pfizer et de Novartis, cités dans l’article, qui contient d’autres détails intéressants.

 

A noter qu'une recherche rapide, faite suite aux remarques précieuses d'un lecteur, nous apprend que l'efficacité des diurétiques thiazidiques était bien connue parmi les médecins et dans la presse médicale bien avant l'article du New York Times, et c'est pourquoi le récent tapage médiatique, qui parle de l'étude ALLHAT comme d'un scoop, a de quoi étonner. Nous avons cité le rapport de l'association Choice, datant de mai 2008, avant de rendre compte de l'article du New York Times. Mais prenons deux exemples francophones, faciles à trouver lors d'une recherche et émanant de sources médicales sérieuses.

 

Ainsi, le numéro de décembre 2007 de la Lettre du GRAS (Groupe de Recherche et d’Action en Santé) précise à la page 61 : « On comprend mal par exemple les réticences françaises à la prescription des "vieux" thiazides dans le domaine de l’HTA, où leur indication de première intention, hors cas particuliers, reste aujourd’hui encore indiscutable. » De plus, le GRAS donne la marginalisation de l’étude ALLHAT - et l’occultation de l’efficacité des diurétiques tels la chlortalidone dans le traitement de l’hypertension artérielle – comme un exemple type des conséquences néfastes des conflits d’intérêts en médecine. Il reprend pour cela un article paru en… 2003 sur le site de l’UNAFORMEC, reproduit à la page 62.

 

Et le numéro de septembre 2004 de la revue Prescrire précisait clairement : « L'ensemble des données convergent pour utiliser en première intention un diurétique thiazidique : chlortalidone, ou à défaut hydrochlorothiazide [Esidrex], associé habituellement à un épargneur potassique. Chez les hypertendus sans complication ni diabète, certains bêtabloquants sont indiqués en deuxième ligne, certains IEC en troisième ligne et certains inhibiteurs calciques en quatrième. Les choix thérapeutiques diffèrent en cas de diabète ou de complications (p. 601-611) ».

 

Merci au Dr Siary pour les précieuses informations apportées; elles complètent parfaitement celles journalistiques que j’importe d’ailleurs. (Et je ne fais que creuser par la suite...)

 

Illustration: Knowledgebase-Script.com

Mise à jour: Voir la suite et d'autres détails sur la chlortalidone (Hygroton), l'étude ALLHAT et l'étude ACCOMPLISH dans la note "La réévaluation d’ALLHAT comparé à d’autres essais cliniques confirme les bénéfices des diurétiques thiazidiques dans l’hypertension".

Elena Pasca

Avandia: risque de mortalité accru de 15%; risque d’insuffisance cardiaque de plus de 13% par rapport à Actos

Le numéro du 24 novembre de Archives of Internal Medicine publie une etude intitulée “Comparison of Cardiovascular Outcomes in Elderly Avandia Bloomberg.jpgPatients With Diabetes Who Initiated Rosiglitazone vs Pioglitazone Therapy” (Comparaison des résultats obtenus chez des diabétiques plus âgés traités par rosiglitazone versus pioglitazone). L’étude de Winkelmayer et al a inclus 28.361 diabétiques de plus de 65 ans traités entre 2000 et 2005 par Avandia ou Actos. Les auteurs concluent à une hausse de la mortalité parmi les patients traités par Avandia (rosiglitazone) de l’ordre de 15%, toutes causes confondues. Avandia augmente de 13% le risque d’insuffisance cardiaque par rapport à Actos (pioglitazone), qui est lui-même loin d'être irréprochable…

A se demander d’ailleurs quelle est la véritable raison de cette comparaison, si ce n’est de présenter Actos dans une lumière plus favorable, vu les soupçons qui pèsent sur toute la classe des thiazolidinediones et glitazones, puisque les effets secondaires semblent communs à toute la classe.

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Incertitudes sur l’histoire naturelle du cancer du sein: gare aux traitements inutiles, dit un éditorial qui prend acte des 22% de régression spontanée

J'ai parlé dans cette note de l’étude de Per-Henrik Zahl, H. Gilbert Welch et al. qui estiment à 22% le taux de Cancer sein.jpgrégression spontanée des cancers du sein (et donné d'autres éléments ici). L’étude est accompagnée par un éditorial de Kaplan et Pozsolt, paru dans le même numéro des Archives of Internal Medicine, sous le titre « The Natural History of Breast Cancer » (L’histoire naturelle du cancer du sein; 2008,168(21) :2302–2303). Les auteurs soulignent la valeur incertaine de la mammographie, le peu de connaissances actuelles sur l’évolution naturelle des cancers non traités et, s’agissant du cancer du sein, sur la différence entre les cancers des femmes ménopausées et post-ménopausées, puisqu’ils ne semblent pas évoluer de la même façon.

Si l’on se réfère à l’histoire naturelle des cancers en général, l’exemple du cancer de la prostate est le plus prégnant, puisque beaucoup de tumeurs ne poussent que très lentement, ne mènent pas à des métastases et n’affectent en rien la qualité de vie des patients.

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01/12/2008

Surdépistage du cancer du sein: les femmes otages de l'industrie pharmaceutique du cancer

Voici une caricature de Adams et Berger qui montre à quel point le corps des femmes est devenu objet de commerce, pris en otage par l'industrie du cancer ou "l'économie du cancer" (Barbier/Farrachi), à des fins de profit et à défaut d'une volonté politique forte qui s'attaquerait aux vraies causes - environnementales, chimiques... - du cancer du sein. Les auteurs soulignent eux aussi les dégâts des dépistages trop rapprochés (mammographies, biopsies, procédures invasives dès la moindre anomalie histologique...). La caricature saisit l'essence des notes réunies sous la catégorie "Cancer, prévention, industrie du cancer".

cancer Mike Adams.jpg

Paiement à l’acte / T2A, conflits d’intérêts et non respect de la déontologie : on rentabilise et privatise en excluant pauvres et malades chroniques

La situation est résumée dans l’article "Le plus gros conflit d’intérêts des médecins", paru sur le blog Sous le sarrau : "Les médecins se Argent pharma Ärztezeitung.jpgretrouvent (…) au beau milieu d’un conflit d’intérêts : bien faire leur travail ou faire de l’argent".

Illustration: Ärztezeitung.

 

Les auteurs de l’appel Sauver l’hôpital, que l’on peut signer sur cette page, constatent eux aussi que la "nouvelle gouvernance" imposée à l’hôpital constitue "un dangereux début de reniement de ce qu’est l’éthique médicale, en voulant faire de la santé une marchandise comme les autres."

 

Un éditorial de Pierre Grimaldi dans le numéro de novembre de la revue Médecine, intitulé "L’arnaque de la T2A", va dans le même sens. Quelques extraits : "Le paiement à l'activité, comme le paiement à l'acte, pose le problème potentiel des conflits d'intérêts. Le principe éthique inscrit dans le Code de déontologie est « le juste soin au juste coût » : s'il est inéthique de ne pas soigner un patient en fonction de ses besoins, il est également inéthique de gaspiller les deniers publics confiés par les citoyens aux médecins. Contrairement au reste de l'activité économique, en médecine, l'inutile n'est pas éthique. La raison en est simple : ce qui est gaspillé par les uns sera enlevé aux autres. (…)

 

Ainsi, ne sont pas T2A rentables, les patients précaires, les patients dont l'hospitalisation n'a pas pu être programmée, les patients ayant des pathologies particulièrement graves, les patients de réanimation, les patients de pédiatrie, les patients ayant une maladie chronique nécessitant une éducation thérapeutique, les patients ne pouvant pas rentrer au domicile... (…)

 

Contre tout bon sens, les dirigeants veulent imposer une convergence public/privé en 2012. Cette convergence serait la mort de l'hôpital public, sommé pour survivre de se transformer en clinique concurrentielle. (…) Si on continue, le système français ne sera plus basé sur une complémentarité entre trois secteurs (cliniques privées à but lucratif, hôpitaux privés non lucratifs, hôpitaux publics) mais sur une concurrence de tous contre tous.

À l'étape actuelle, le financement à la T2A a comme prévu entraîné une augmentation non pas de l'activité mais du chiffre d'affaires des cliniques de 9 % (certaines cliniques comme l'Institut Montsouris possède un logiciel permettant d'optimiser le codage !), tandis que les hôpitaux ont enregistré un déficit d'environ 700 millions d'euros dont 350 pour les CHU. (…) Pour retourner à l'équilibre, il leur faudra non seulement augmenter l'activité (que celle-ci soit médicalement utile ou inutile) mais aussi abandonner certaines activités (y compris utiles) et peut-être sélectionner les patients. Il faudra surtout pouvoir licencier car la masse salariale intervient pour 70 % des dépenses hospitalières.

 

La prochaine étape sera donc très sûrement la transformation du statut de service public en établissement privé à mission de service public. Le chirurgien Guy Vallancien, dans un rapport demandé par la ministre de la Santé, propose même de vendre les murs des hôpitaux pour créer un Réseau Hospitalier de France comparable au Réseau Ferré de France. Cela permettrait selon lui de « recentrer les professionnels de santé sur leur coeur de métier » en louant les bâtiments comme la SNCF loue désormais le rail. Si la qualité doit être comparable à celle des caténaires, on a quelques soucis à se faire. (…)"

 

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Elena Pasca

 
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