09.06.2009
Gardasil et Prévenar: de l’urgence d’une réflexion éthique sur les recommandations vaccinales
Par le Dr CMT
Depuis 1949 et l’introduction du vaccin contre la tuberculose, onze autres vaccins [1] ont fait l’objet de recommandations de vaccination
systématique formalisées dans le calendrier vaccinal français. La généralisation de ces vaccins a été un succès. En effet, ils ont bénéficié de la confiance des médecins et du public. Cette confiance repose sur deux postulats : la conviction que les progrès techniques sont sans limites et permettent aux laboratoires de proposer des vaccins toujours plus performants ; et aussi la foi dans le rôle de contrôle des instances représentant les pouvoirs publics, qui, pense-t-on, garantissent le respect prioritaire de l’intérêt général.
Pourtant, les recommandations les plus récentes au cours des années 2000, concernant le Prévenar et le Gardasil, pourraient remettre en question ces deux postulats et inciter à une réflexion éthique. En effet, on peut difficilement accepter que, lorsque des vaccins dont le bénéfice est négligeable ou non démontré provoquent des décès de nourrissons ou de jeunes filles, cela ne remette pas en cause les recommandations de vaccination systématique.
I. LES POINTS COMMUNS ENTRE LES RECOMMANDATIONS VACCINALES CONCERNANT GARDASIL ET PREVENAR
On peut relever plusieurs points communs entre ces deux vaccins :
- La rareté des pathologies qu’ils sont censés combattre, avec un taux d’incidence pour les infections invasives à pneumocoque de 32/100 000 nourrissons de moins de deux ans [2] - ou environ 480 cas par an - et une mortalité évaluée à 0,89 pour 100 000 nourrissons par an, c'est-à-dire 17 décès par an [3]. Un taux d’incidence de 7,8 / 100 000 pour le cancer du col de l’utérus, avec environ 3000 cas en 2005 et une mortalité de 40% avec 1200 décès annuels, c'est-à-dire 0,3% des décès de femmes. [4].
- La faiblesse de la protection théorique conférée initialement contre la survenue de l’infection, qui était de 65% [5] des infections invasives par pneumocoque couvertes par les sérotypes vaccinaux lors de l’introduction du Prévenar en France en 2003, et de 70% allégués de protection contre le cancer du col pour le Gardasil.
- Le fait que ces vaccins s’adressent à quelques-uns des multiples sérotypes impliqués dans le même type d’infection (environ 90 sérotypes pour le pneumocoque et 120 pour le papillomavirus, dont 16 auraient un haut potentiel oncogène), sans que l’on ait les moyens d’anticiper le potentiel pathogène des sérotypes non couverts par le vaccin en situation de vaccination.
- Le coût important d’une vaccination systématique, de l’ordre de 100 à 240 millions d’euros annuels (pour le Prévenar : 63 euros multiplié par 3 ou 4 doses, multiplié par 800.000 nourrissons par exemple).
Il est important de souligner que la vaccination non ciblée contre des infections rares est contestable en soi, dès lors qu’en vaccinant l’ensemble de la population, on multiplie les risques de provoquer des effets secondaires graves, même considérés comme « très rares » (de l’ordre de 1 à 10/100 000), alors que le bénéfice global attendu est très faible, car limité par la rareté même de la pathologie visée.
Ces différents points communs pourraient être résumés ainsi : des bénéfices attendus rares et hypothétiques, puisque soumis, entre autres variables, à la capacité d’adaptation des germes, avec un risque d’inversion rapide du rapport bénéfice / risque, et des conséquences difficiles à évaluer sur la santé publique, pour un coût immédiat important pour la communauté.
II. L’EXEMPLE DU PREVENAR
Nous avons un peu plus de recul avec le Prévenar.
Ce vaccin avait été initialement conçu pour le marché américain, où les infections invasives à pneumocoque chez le nourrisson étaient six fois plus fréquentes qu’en France, c'est-à-dire de 188 pour 100 0000 contre 32 pour 100 000, et avec une efficacité attendue du vaccin supérieure à 95%, contre 65% en France.
Depuis que l’on a envisagé l’introduction du Prévenar en France, on évoque les infections à pneumocoque comme un problème de santé publique majeur. Cela tient davantage d’une rumeur, savamment entretenue par les laboratoires pharmaceutiques, que d’un fait scientifique établi. Pour ramener le problème à ses justes proportions, il est nécessaire de dire que, avec une mortalité 0,89 pour 100 000 nourrissons de moins de deux ans, essentiellement due aux méningites à pneumocoque, les infections invasives à pneumocoque représentent environ 5 décès pour 1000 avant un an (mortalité infantile).
A. Les bénéfices réels du vaccin
En seulement trois ans après les recommandations de généralisation du vaccin, on a vu se modifier en France, comme cela a été le cas aux Etats-Unis, l’épidémiologie du pneumocoque, comme le montrent ces diagrammes de l’INVS [6].
Et cela malgré une persévérance de plus en plus insistante des autorités à recommander ce vaccin, son remboursement, et malgré l’augmentation constante de la couverture vaccinale.


Comme on peut le voir, la baisse de l’incidence des infections invasives à pneumocoque a été limitée par un phénomène nouveau mais prévisible, le remplacement des sérotypes vaccinaux. La réduction globale des infections a été de ce fait limitée. Le réseau Epibac, chargé de la surveillance des infections bactériennes, estime qu’entre 2001 et 2006, l’incidence, chez les enfants de moins de deux ans, des méningites et des infections bactériémiques à pneumocoque à diminué respectivement de 8,0 à 6,0 et de 21,8 à 17,5 cas pour 100 000, soit une diminution globale de 6,3 pour 100 000 chez le nourrisson. Ce bénéfice ne s’est pas amélioré malgré l’augmentation de la couverture vaccinale entre 2005 et 2007. Et cela n’est pas dû à l’inefficacité du vaccin sur les sérotypes vaccinaux, mais au remplacement de ces sérotypes par d’autres, non inclus dans le vaccin.
Cela limite l’efficacité du vaccin sur l’incidence globale des infections invasives à penumocoque, quelle que soit la couverture vaccinale.
Il avait aussi été évoqué des bénéfices indirects du vaccin sur les otites, bien que des études aux Etats-Unis (étude Kaiser) et en Finlande (étude Fin Om), où le vaccin correspond bien davantage à l’épidémiologie du pneumocoque, aient démontré un bénéfice global sur les otites négligeable de 7%, ou non significatif de 6 %. Et c’est pourquoi le Haut Conseil de Santé Publique a refusé fin 2008 l’extension d’indication demandée par le laboratoire Wyeth, qui fabrique le Prévenar, pour cette indication.
Il n’y a pas d’effet non plus sur l’incidence globale des infections invasives à pneumocoque après l’âge de deux ans, et donc pas de bénéfice sur le nombre global d’infections invasives à pneumocoque, qui représentent environ 6000 cas annuels, comme l’attestent les données du réseau Epibac. Ainsi, l’incidence des infections invasives à pneumocoque en 2007 pour l’ensemble de la population française est de 10,15 pour 100 000, supérieure à l’incidence moyenne pendant les 16 années précédentes, qui était de 9,44. De même, l’incidence des méningites à pneumocoque en 2007 est de 0,95, également supérieure à l’incidence moyenne pendant les 16 années précédentes, qui était de 0,91.
A titre de comparaison, le vaccin contre l’Haemophilus B avait permis, cinq ans après son introduction, de réduire de 90% le nombre de méningites à Haemophilus, et cela de manière stable.
L’Espagne est un pays où l’efficacité théorique et l’épidémiologie des infections invasives à pneumocoque sont proches de ce qu’elles sont en France. En juin 2007, des épidémiologistes de la Sociedad Espanola de Salud Publica y Administracion Sanitaria réunis en congrès [7], ont présenté une étude démontrant la faible efficacité globale du Prévenar du fait du remplacement rapide des sérotypes vaccinaux par d’autres dans l’incidence des infections invasives. Ils demandaient, en conséquence, de mettre fin à l’indication de vaccination systématique.
B. Les effets secondaires graves constatés
Les bénéfices du vaccin étant très modestes, cela pourrait mener à une remise en cause de la vaccination systématique. A tout le moins, on pourrait s’attendre à ce que la surveillance et l’analyse des effets délétères du vaccin soit très rigoureuse, car des bénéfices faibles signifient un risque élevé d’inversion du rapport bénéfice/risque. Cela ne semble pas être le cas en France pour le Prévenar.
La surveillance des effets secondaires du Prévenar a été confiée par l’AFSSAPS au service de pharmacovigilance de Tours. Elle a eu lieu au cours de deux périodes distinctes.
a. La première période de surveillance s’est étendue sur 19 mois, entre février 2003 et septembre 2004.
Les pédiatres ont été sollicités par le service de pharmacovigilance, et on leur a demandé de notifier systématiquement les effets secondaires graves survenus. 349 pédiatres représentant 13% de l’ensemble des pédiatres ont accepté de le faire. Ces pédiatres ont estimé les actes effectués pendant cette période de suivi intensif de 19 mois à 300 000. Deux millions de doses ont été vendues pendant cette période.
Les pédiatres ont notifié dans ce cadre 24 effets graves et 8 effets inattendus pouvant être graves également (tels le purpura vasculaire qui n’avait pas été inclus comme effet secondaire possible du vaccin). Dans 67% des cas où ces effets secondaires ont été observés, le Prévenar avait était administré seul. Les effets secondaires notifiés pour 100 000 actes pour le Prévenar administré seul étaient de 5,5.
D’autre part, une enquête a été menée pour évaluer l’incidence des effets secondaires entre avril 2001 et septembre 2004, retrouvant 153 autres effets secondaires dont 107 graves et 46 inattendus, avec une incidence de 2,5 pour 100 000 actes évoquant une sous notification.
Afin de connaître le risque que la vaccination fait courir aux nourrissons, ce qui nous intéresse, c’est le nombre d’effets secondaires pour 100 000 nourrissons vaccinés, pour pouvoir le comparer au bénéfice apporté par le vaccin.
La vaccination complète par le Prévenar comportait quatre doses de vaccin et se déroulait sur 14 mois environ. On part donc de l’idée que les 300 000 actes représentent environ 100 000 nourrissons vaccinés, si on suppose que chaque nourrisson a reçu 3 doses en moyenne. Cela représente donc 24 à 32 effets graves ou inattendus pour 100 000 nourrissons vaccinés.
Dans 67 % des cas, le Prévenar était administré seul et était donc le seul médicament en cause. Si on ne retient que ces cas, l’incidence des effets secondaires graves est de 16 pour 100 000 nourrissons vaccinés, et de 21 si on y ajoute les effets inattendus.
| Donc, 16 à 21 effets graves ou inattendus pour 100 000 nourrissons vaccinés complètement en deux ans. Soit un risque moyen de 8 à 10,5 pour 100 000 par année, de présenter un effet secondaire grave avec le Prévenar. Ce chiffre est bien supérieur à la réduction de l’incidence des infections invasives observée, qui est de 6,3 pour 100 000 nourrissons de moins de deux ans chaque année. Cela signifie qu’un nourrisson ayant une vaccination complète aurait environ 27% plus de risques d’être victime d’un effet secondaire grave que de chances d’être protégé par le vaccin d’une infection à pneumocoque. Ce pourcentage pourrait même être de 66% si l’on considérait que tous les effets secondaires déclarés sont effectivement dus au Prévenar. |
Suite à cette première période, les auteurs de l’étude ont estimé que les cris anormaux, l’hypertonie des membres et le purpura vasculaire devraient figurer parmi les effets secondaires du Prevenar.
b. La seconde période de surveillance s’est étendue d’octobre 2004 à décembre 2007, pendant 39 mois.
221 effets secondaires graves ou inattendus ont été observés pour 5,8 millions de doses vendues, soit 2,8 effets secondaires pour 100 000 actes, proche de l’enquête précédente. Cela représente 1,5 à 2 millions de nourrissons vaccinés, avec une couverture vaccinale en nette augmentation par rapport à la période précédente.
La Commission Nationale de Pharmacovigilance s’est réunie le 27 janvier 2009 et a fait un bilan de suivi de pharmacovigilance [8]. Elle a relevé un ensemble de faits inquiétants :
- 23 décès. Parmi ces décès, 11 de cause inconnue, que la Commission considère comme des « morts subites » sans rapport avec
la vaccination, car leur nombre n’est pas supérieur à celui attendu globalement. En revanche, la commission ne s’interroge pas sur les circonstances de ces décès : proximité temporelle avec le vaccin, autres facteurs de risque de mort subite présents ou non. Parmi les 12 autres décès, 11 sont dus à des infections invasives par pneumocoque et un est un choc. Ces 12 décès ne peuvent être imputés qu’au vaccin lui-même. Aucun décès n’avait été rapporté pendant la période initiale de surveillance. [Image: Notrefamille.com] - les infections invasives à pneumocoques représentaient 60 cas parmi ces effets secondaires, sérotypés dans 32 cas. Infections à pneumocoque en nette augmentation par rapport à la période de surveillance précédente, puisqu’elles représentaient 27% (60/221) sur la deuxième période de surveillance, contre 12% (17/130) sur la période initiale. Dans 4 cas sur ces 32, il s’agissait de sérotypes inclus dans le vaccin, donc d’échecs de vaccination qui n’existaient pas dans la période précédente de surveillance. Dans 12 cas sur ces 32, il s’agissait du sérotype 19 A non inclus dans le vaccin et en forte augmentation (+ 36% en 2007) depuis le début de la vaccination en France. Il s’agit d’un sérotype multirésistant, virulent, souvent mis en cause dans des syndromes hémolytiques et urémiques dans des infections graves à pneumocoques, selon les termes de la commission. Sa forte présence pourrait expliquer la forte mortalité, qui est de 18% dans ces infections post-vaccinales, alors qu’elle n’était que de 3,5% globalement pour les infections invasives à pneumocoque avant vaccination (et de 11% pour les méningites). Dans 43 cas sur 60 il s’agissait de méningites. Représentant donc les ¾ des cas d’infections invasives à pneumocoque post-vaccinales, contre seulement ¼ avant vaccination.
- augmentation significative des cas de purpura thrombopénique en relation temporelle probable avec la vaccination (10 cas sur 221).
Malgré l’augmentation importante de la couverture vaccinale, attestée par l’augmentation du nombre de vaccins vendus (2 millions de début 2001 à fin 2004, 5,8 millions de fin 2004 à fin 2007), il n’y a eu aucune réduction supplémentaire des cas d’infection invasives à pneumocoque chez les enfants de moins de deux ans.
Globalement, il y donc eu une aggravation des effets secondaires déclarés pendant la deuxième période de surveillance, avec notamment 12 à 23 décès dus au vaccin et un nombre considérable de méningites à pneumocoques. Le nombre de notifications spontanées d’effets graves ou inattendus pour 100 000 actes diminuant en même temps pour passer de 9 à 3,8. Cela est surtout très en faveur d’une très importante sous-notification et d’un relâchement de la vigilance, les médecins ne déclarant plus que les effets les plus graves.
| Le bilan global de cette deuxième période de trois ans peut être résumé ainsi. Une diminution de l’incidence des infections invasives à pneumocoque de 6,3 cas pour 100 000 nourrissons de moins de 2 ans, qui représentent environ 300 cas et 10 décès évités. 6 millions de doses vendues représentent 1,5 à 2 millions d’enfants vaccinés, selon qu’on considère que les nourrissons ont reçu 3 ou 4 doses. Ce nombre correspond à une couverture vaccinale moyenne pendant ces trois années de 55 à 75%, compatible avec le taux estimé de 56% début 2006. Les effets secondaires seraient donc de 240 à 320 effets graves (car il y a 16 effets graves pour 100 000 enfants vaccinés) ou de 315 à 420 si on ajoute les effets inattendus. Parmi les effets graves, 12 décès dus au vaccin et 11 autres qui pourraient lui être imputés. Le vaccin évite lui-même 20% des décès, c'est-à-dire (17 multiplié par 0,2), 3,4 décès par an. Par la vaccination d’une partie des nourrissons, le vaccin a déjà provoqué 3,3 à 7 décès par an. Le coût global pour 7 ans de vaccination est de 500 millions d’euros (prix unitaire 63 euros) Si l’on considère l’évolution pendant la deuxième période, on peut affirmer que l’augmentation de la couverture vaccinale qui est actuellement préconisée aboutirait immanquablement à une augmentation des effets secondaires graves, et notamment des décès qui dépasseraient alors les décès évités, sans aucun bénéfice supplémentaire, inversant ainsi de manière définitive le rapport bénéfice/risque du vaccin. Même si les calculs reposent sur des données approximatives, on voit que la marge est très faible pour basculer du bénéfice au risque accru, et que l’un des risques est de voir se développer un sérotype comme le 19A, virulent, multirésistant et avec un fort potentiel létal. On ne peut donc pas se contenter, comme le fait la Commission Nationale de Pharmacovigilance, d’évaluer « à la louche » que le rapport bénéfice risque « se maintient ». Encore faut-il le démontrer, et que cela justifie les dépenses engagées. |
La Commission de pharmacovigilance réunie le 27 janvier 2009 a dû considérer que ce bilan était particulièrement rassurant, car elle a décidé, à l’unanimité des 27 membres, de mettre fin au suivi national de pharmacovigilance. Il n’y aura alors plus aucun moyen de contrôler les effets secondaires du vaccin.

III. EN CE QUI CONCERNE LE GARDASIL
Le cancer du col est une affection rare en France et dont l’incidence ne cesse de diminuer, et aussi un cancer dont le taux de survie à cinq ans est bon, de l’ordre de 70%.
En ce qui concerne le Gardasil, certains facteurs d’incertitude viennent s’additionner, rendant pour le moins hypothétiques les bénéfices du vaccin et faisant craindre des répercussions péjoratives sur la santé publique :
- La durée de l’immunisation demeure inconnue, le rendant potentiellement inefficace pour les personnes vaccinées.
- L’incidence de la vaccination sur le dépistage qui risque d’être délaissé, alors qu’il a démontré son efficacité, les jeunes femmes se sentant « protégées » par le vaccin
- Les morts suspectes de 18 à 20 jeunes filles dans les suites immédiates de la vaccination [9], ainsi que deux cas de convulsions chez deux jeunes filles en Espagne [10]. 140 effets secondaires graves relevés par Judicial Watch, organisme américain de lutte contre la corruption, à partir de données obtenues des pouvoirs publics, en juin 2008.
- Le laboratoire Merck, qui fabrique le Gardasil, avait commercialisé le Vioxx (rofécoxib), il y a quelques années. Ce médicament a été retiré du marché suite aux travaux effectués à son initiative personnelle par le Dr Graham, expert de la Food and Drug Administration, démontrant, par le biais de recherches rétrospectives, que ce médicament avait probablement provoqué environ 140 000 cas de coronaropathies supplémentaires aux Etats-Unis, dont 40% mortels, soit quelques 50 000 décès. Une véritable catastrophe sanitaire. Et cela à cause d’un doublement du risque d’infarctus du myocarde, connu du laboratoire, et révélé par la revue médicale The Lancet en octobre 2004. Mais que Merck n’avait pas communiqué aux pouvoirs publics. Les innombrables procès et demandes d’indemnisation qui s’en sont suivis n’ont coûté à Merck qu’une partie des bénéfices colossaux amassés grâce à la commercialisation du Vioxx, l’encourageant à poursuivre dans la même voie.
En réalité, une revue des études faites par Merck sur le Gardasil montre que l’efficacité réelle et globale pour la population qu’on va vacciner (intention-to-treat) sur les dysplasies qui peuvent éventuellement évoluer vers des cancers du col, est très inférieure aux allégations du laboratoire, de l’ordre de 17% [11].
Et surtout l’efficacité sur le cancer du col n’est en aucun cas démontrée, pour la simple raison que le cancer met 15 à 30 ans à se développer après une infection par HPV. Ni Merck, ni les instances chargées de donner des avis et des recommandations ne semblent avoir le temps d’attendre.
En revanche, l’efficacité à court terme d’un dépistage bien organisé, sur la réduction du nombre de cancers atteint 80%, tous types de HPV confondus. C’est la raison pour laquelle le dépistage systématique reste recommandé. Le coût de la vaccination vient alors s’ajouter au coût du dépistage, sans garantir une amélioration du service rendu.
Si l’objectif est réellement de réduire l’incidence des cancers du col et le risque de mortalité associé, investir 200 millions d’euros dans un vaccin dont l’efficacité hypothétique ne pourra être mesurée que dans une trentaine d’années, plutôt que dans le renforcement du dépistage systématique, apparaît comme un choix particulièrement incohérent dans une perspective de santé publique.
CONCLUSION
Jusqu’aux années 1990, divers vaccins ont été ajoutés au calendrier vaccinal français avec un succès certain. Le vaccin contre l’Haemophilus B a été introduit en 1991 et a permis la réduction de 90% des infections invasives dues à cette bactérie. Mais les infections fréquentes ou graves pouvant faire l’objet de vaccinations ne sont pas en nombre illimité, et il faut accepter l’idée qu’on ait atteint, dans ce domaine, les limites de ce que la technologie peut offrir. D’autant que, même en l’absence de nouveaux vaccins, la mortalité infantile n’a cessé de diminuer ces dernières années.
Le problème c’est que les laboratoires pharmaceutiques ont, eux, un appétit permanent et illimité de profits et refusent de se résigner à
cette situation. En particulier parce que les vaccins offrent des perspectives de profits très importants et très durables, avec une clientèle captive. Au lieu de chercher à réduire les coûts d’autres vaccins déjà existants pour les rendre accessibles aux pays pauvres, les laboratoires pharmaceutiques ont choisi de continuer à produire des vaccins pour les pays riches. Les nouveaux vaccins visent des pathologies de plus en plus rares et nécessitent donc des études à grande échelle pour tenter de mettre en évidence une efficacité de toutes façons limitée. C’est donc une spirale infernale qui s’établit, une fuite en avant où les laboratoires ont absolument besoin d’écouler leurs nouveaux vaccins afin de rentabiliser leurs énormes investissements.
Mais cela, c’est le problème des laboratoires pharmaceutiques. Et on ne peut accepter que les populations deviennent leurs cobayes. Comme on ne peut accepter les coûts exorbitants de politiques absurdes.
On atteint le point de rupture où il devient évident que les besoins de santé des populations ne sont pas compatibles avec les visées de rentabilité des laboratoires pharmaceutiques. Il y a donc des choix à faire. Et l’on voudrait que ce dilemme soit tranché par les pouvoirs publics en faveur de l’intérêt général.
Mais à l’évidence, il existe une dérive très nette ces dernières années dans les recommandations officielles en matière de vaccination en France (et pas seulement en France). Les autorités sanitaires ne jouent plus leur rôle de contrôle, au risque de mettre en danger les populations. Et non contents de recommander des vaccins à l’efficacité non démontrée, les pouvoirs publics livrent les patients-consommateurs aux laboratoires en permettant à ces derniers de s’adresser directement à eux à travers des campagnes publicitaires destinées à les « sensibiliser ». Dans ces campagnes au contenu peu contrôlé, les laboratoires peuvent faire des allégations discutables et laisser entendre que les mères qui ne vaccineraient pas leurs filles seraient des mauvaises mères, par exemple.
Les médecins vont ainsi se trouver pris en tenaille entre l’ « information » fournie par les laboratoires, les demandes de patients-consommateurs angoissés, et des recommandations officielles contestables.
Pourquoi les instances officielles émettent-elles des avis contestables ? On le saura peut-être quand chacun des membres de ces instances sera dans l’obligation de déclarer ses conflits d’intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques. Cela pourrait arriver grâce à l’action en justice entreprise par l’UFC Que choisir à l’encontre de certains médecins leaders d’opinion, s’exprimant dans les médias, mais oubliant régulièrement de mentionner leurs liens avec les laboratoires dont ils vantent les produits, comme la loi les y oblige pourtant. Cette action fait suite à l’enquête de l'association indépendante Formindep.
L’exemple du Prévenar et du Gardasil montre aussi que les indications chiffrées sont manipulables et n’ont que le sens qu’on leur prête.
C’est pourquoi il est urgent de donner des pouvoirs de contrôle à des associations de consommateurs et de médecins indépendantes et incorruptibles. Ces instances auraient pour charge d’établir des critères clairs fondés sur des principes éthiques pour asseoir les recommandations en matière de vaccination et de contrôler leur stricte application par les pouvoirs publics.
Je n'ai aucun conflit d'intérêts.
NOTES
- Vaccins luttant contre le tétanos, la diphtérie, la poliomyélite, la coqueluche, la rubéole, la rougeole, les oreillons, l’haemophilus B, l’hépatite B, contre le pneumocoque et le papillomavirus.
- Impact de la vaccination par le vaccin pneumococcique conjugué heptavalent sur l’incidence des infections invasives à pneumocoque en France. Première analyse des données 2006 INVS.
- Ovetchkine P, Cohen R., Gaudelus; Archives de Pédiatrie, vol. 8, supplément 4, septembre 2001, pages 747-751
- Données épidémiologiques sur le cancer du col de l’utérus 2008 DR N Duport INVS.
- Vidal 2006.
- Impact de la vaccination par le vaccin pneumococcique conjugué heptavalent sur l’incidence des infections invasives à pneumocoque en France. Première analyse des données 2006 INVS.
- http://www.sespas.es/congres2007/comunicaciones.html Barricarte A; Efectividad de la vacuna neumococica conjugada heptavalente. Estudio de casos y controles de base poblacional.
- http://www.afssaps.fr/ Commission Nationale de pharmacovigilance, comptes-rendus des réunions du 29 novembre 2005 et du 27 janvier 2009.
- Site de Judicial Watch, rapport du 30 juin 2008.
- Voir le journal espagnol El Mundo en date du 10 février 2009.
- Le chiffre de 17% d’efficacité est tiré de la présentation des essais cliniques dans l’article FUTURE II Study Group : New England Journal of Medicine 2007; 356: 1915-27. http://content.nejm.org/cgi/content/full/356/19/1915. Voir la figure 3 du texte : http://content.nejm.org/cgi/content-nw/full/356/19/1915/T...
01:16 Publié dans Recommandations vaccinales, Prévenar, vaccins | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : prévenar, gardasil, conflits d'intérêts, effets secondaires, sous-notification, recommandations vaccinales, infections à pneumocoque, cancer du col de l'utérus, coût-efficacité, remplacement sérologique













Commentaires
Préciser "Je n'ai aucun conflit d'intérêts." n'a pas grand ... intérêt quand on ecrit de façon anonyme !
En outre :
1°) vous êtes le plus mal placé pour juger (cf. cette amie fort mignone qui se trouve moche),
2°) un médecin sans lien d'intérêt (présent ou passé) avec des labos, cela n'existe pas. C'est dans les gênes de la formation médicale que d'avoir été influencé par les industriels...
Il m'aurait semblé toutefois intéressant que vous précisiez la nature de vos intérêts (personnels, financiers ou non) dans cette affaire. Vous gagnez votre vie comment ?
Sans rancune, votre dossier semble intéressant et documenté !
Ecrit par : Randall | 09.06.2009
Bonjour,
Tout d'abord merci pour cet article.
Mais pourquoi vous dites que si ils décident de mettre fin au suivi national de pharmacovigilance, il n’y aura alors plus aucun moyen de contrôler les effets secondaires du vaccin Prevenar ? Après toute administration d'un vaccin, les médecins ne sont ils pas tenus de declarer les effets sécondaires ? Surtout s'ils sont graves ? Comme pour tout médicament ?
Ecrit par : Angela | 09.06.2009
Le 4 mars dernier, le colloque "Les vaccins : une excellence française à préserver" se déroulait à la Maison de la Chimie à Paris. Il était organisé par un député et un sénateur. 4 grands laboratoires de vaccins étaient largement représentés et sont intervenus au cour du colloque. Madame la Ministre est même venue pour une allocution.
J'y assistais et j'ai pu entendre que de nombreux vaccins étaient en préparation mais que le coût d'élaboration d'un vaccin étant très élevé, plusieurs milliards d'euros, les laboratoires voulaient avoir l'assurance de pouvoir écouler plus tard leur production avant de se lancer complètement.
Autrement dit, ils veulent une AMM en blanc...
Ecrit par : Bernard | 09.06.2009
Depuis le temps que je cherchais des arguments contre le Prevenar, merci pour cet article très instructif ! Effectivement être coincé par les patients qui ont vu une pub, les recommandations officielles n'est pas une position confortable, car si le patient décède d'un cancer du col ou d'une méningite à pneumocoque, tout le monde peut nous en tenir pour responsable...
Ecrit par : Mélanie | 09.06.2009
Bonjour Randall,
Je suis responsable de ces pages et de l'accueil qu'on fait à ceux qui y écrivent et qui ne vous connaissent pas.
Votre commentaire est tendancieux et pas grand-chose d'autre.
Comme d'habitude, vous vous attaquez à tout (ou presque) ce qui est dans ces pages. Je le dis pour que le Dr CMT comprenne que cela n'a rien à voir avec son texte.
Vous reprochez l'anonymat et donnez une adresse de courriel du genre ...@pourriel.mailbidon.com, ce qui montre bien votre volonté de sortir de l'anonymat... Et est même un signe de mépris, sachant que nous nous connaissons et que vous renvoyez habituellement vers votre blog principal - qui est, me semble-t-il, lui aussi anonyme.
Vous demandez au Dr CMT comment il gagne sa vie et quels sont ses intérêts dans cette affaire, sachant qu'il dit clairement qu'il est médecin et qu'il n'a pas de conflits d'intérêts...
S'il n'avait pas fait de déclaration, vous lui auriez reproché cela; il la fait, cela ne vous convient pas non plus... Et pourtant, c'est bien ce que le Formindep demande, non? Le respect de la loi et de l'article 26. A ma connaissance, vous n'avez jamais demandé aux membres du Formindep d'aller au-delà de la déclaration d'intérêts, d'exposer leur parcours médical, de façon à laisser les autres en juger. (??) Vous n'avez jamais posté en ce sens sur les listes de diffusion ou sur le site.
Pourquoi vous lancez-vous dans ces polémiques inutiles, façon de chercher la petite bête? Pourquoi appliquer toujours un double standard, l'un dans votre interaction avec le Formindep, l'autre ici?
Pourquoi parler de "sans rancune"? Pourquoi auriez-vous des raisons d'avoir une quelconque rancune?
Dr CMT, ne prenez pas cela au coeur, c'est sa façon de faire. Rien ou presque de ce qui paraît dans ces pages ne lui convient.
Ecrit par : Pharmacritique | 09.06.2009
je devrais avoir un conflit d'intérêts, vu que le dernier métier que j'ai exercé était celui de visiteuse médicale. pas taper, bobo la tête, merci. ;-P
en fait, nonobstant le fait que c'est un sale boulot en effet, je dois lui être reconnaissante, à ce métier, parce qu'il m'a ouvert les yeux en grand, sur les médicaments et sur les médecins, et ça a changé ma vie.
c'est donc avec force que je me suis opposée au prévenar pour mon fils face à mon médecin, qui a je ne sais combien de cadeaux de labo sur son bureau, soit dit en passant (mais en trouver un qui n'en ait pas ça serait mission impossible, je fais donc avec et j'utilise ce grand homme, lol, pour ce qu'il est: une encyclopédie sur pattes de trucs que je n'ai pas pu apprendre moi-même).
j'ai été culpabilisée d'une manière honteuse: vous ne vous rendez pas compte, l'ainé peut ramener du pneumocoque n'importe quand, énorme risque, il y a des décès, c'est pas anodin, etc...et mention "la maman refuse prévenar" sur le carnet de santé, histoire de voir si par écrit ça m'émeut davantage.
je m'en suis sortie en disant que j'assumerais les conséquences de ce choix, ce qui est de toute manière vrai, mais la pression était forte, et ceci par trois fois, à chaque consult vaccinale.
le patient, dans ce pays, il n'a pas le droit d'avoir un avis. on lui dit presque clairement "taisez vous, vous n'avez pas fait médecine que je sache". du coup c'est difficile de s'opposer, car que peut-on répondre à ça? non on n'a pas fait médecine, non. je n'ai pas non plus fait coiffure mais quand la coiffeuse me dit qu'elle verrait bien du rouge et que je m'autorise à lui dire que moi pas, et elle ne va pas plus loin. le médecin lui, va presque toujours plus loin.
je ne sais pas ce qui motive cette pression médicale, si c'est la trouille des responsabilités, la conviction de bien faire, ou juste l'idée que le patient quoi qu'il arrive est déficient mental et incapable de décider et d'assumer pour lui même ou ses enfants (ça ressemble à du mépris parfois tout de même, il faut le dire), mais il y a quelque chose de très inégal dans ce rapport là.
peut être qu'il faudrait trouver de quoi travailler là dessus pour faire avancer les choses.
Ecrit par : modeste patiente | 10.06.2009
Merci pharmacritique mais je peux répondre à Randall, même si je trouve qu'il se place sur le plan de la provocation plutôt que de la critique constructive. L'indication "je n'ai PAS de conflit d'intérêt" est nécessaire pour respecter la loi? comme vous le savez certainement.J'ai fait des recherches sur le sujet parce que je vaccine beaucoup de nourrissons et que le sujet m'intéressait. Lorsque pharmacritique m'a dit qu'il était intéressé par cet article, j'ai approfondi les recherches, pour arriver à être relativement exhaustive sur le sujet.
Pour répondre à Angela, la question n'est pas simplement s'il y a une pharmacovigilance mais de savoir si elle est activement encouragée, si les informations sont facilement accessibles pour tout le monde, ou au minimum, pour chaque médecin, et c'est très loin d'être évident. J'ai posé la question de la pharmacovigilance à un confrère qui se présente comme expert auprès des médecins concernant les vaccinations et qui m'a répondu que la surveillance de tout médicament se poursuivait indéfiniment par la pharmacovigilance (donc par l'Etat) OU par les laboratoires eux-mêmes...
Je voulais signaler que j'avais eu connaissance de la réunion concernant la pharmacovigilance du vaccin Prévenar grâce à un blog qui s'appelle "Questions sur les vaccins", qui est très intéressant. Je ne l'ai pas cité parce que j'ai cherché à ne citer que les sources premières des informations, si possible officielles et reconnues, pour éviter d'être taxée de partialité.
Ecrit par : CMT | 10.06.2009
Très bon article, très travaillé et précis, un modèle du genre.
Par chance et par hasard, et non par compétence, j'ai très peu vacciné avec Prévenar, puisque les recommandations officielles étaient assez modérées, au début, il s'agissait de vacciner des sujets à risque. Puis comme d'habitude, l'extension s'est fait à tous les bébés, via la pédiatrie d'abord, qui n'a pas joué son rôle de garde fou, mais les MG ont suivi le mouvement sans se poser de questions. Faut bien moutonner derrière les leaders d'opinions, et puis on ne sait jamais, en cas de tuile on est couvert. Bref ça m'a énervé et j'ai senti l'arnaque, et Prescrire ne l'encenssait pas trop au début.
On voit là une stratégie très bien rodée par les labos, obtenir une AMM (Autorisation de Magouille sur le Marché, j'espère que vous en trouverez de meilleures...) pour une indication précise et limitée, puis extension progressive des indications (comme l'a très bien montré Pharmacritique dans ses articles pour Gardasil).
D'autres vaccins avec panique nous attendent, la grippe mexicaine avec son antiviral (TAMIFLU) qui a fait preuve de son inefficacité déjà (largement utilisé aux USA puisque qu'à la fin de la saison 4 de Dr. House, l'une des protagonistes en meurt d'insuffisance rénale et cardiaque...), le vaccin de la varicelle qui heureusement n'a pas l'air de prendre, avec le risque de reporter les varicelles à l'âge adule et ses conséquences souvent graves; et tout ce que nous préparent les labos surfant sur l'image encore très positive des vaccins.
Merci à Dr. CMT, je fais un copier/coller sur Prévenar dans mon ordi, et je m'excuse par avance de plagier les informations pour refuser ce vaccin.
Réponse à RANDALL :
vous êtes vous aussi anonyme dans votre commentaire, et limite insultant dans vos sous-entendus.
[Quelques mots supprimés par Pharmacritique]
J'espère que vous n'êtes pas médecin, ni soignant, car votre manière d'être révèle une personnalité peu respectueuse, non constructive.
Il n'y a pas de génétique de conflit d'intérêt, vous êtes anti-scientifique. J'aimerais savoir, puisque que vous vous permettez cela, comment vous, vous gagnez votre vie, avec quel(s) diplôme(s) et quelle(s) compétence(s) reconnues(s).
Et en parlant de conflit d'intérêt il me semble que vous vous faites un peu de pub au passage via votre blog.
Pharmacritique vous fait, et nous fait l'honneur de publier tous nos commentaires (sauf peut-être les insultes, qui doivent êtres nombreuses).
Vous n'apportez pas d'éléments faisant avancer les choses, contribuant à une meilleure information.
En conséquence je demande à Pharmacritique de cesser de vous faire de la pub en publiant vos commentaires que je ressens tendancieux et témoignant d'une certaine frustration. Laquelle? Qui êtes-vous?
Dr. MGFRANC, médecin généraliste en France, anonyme afin de ne pas recruter un seul patient via ce blog
Ecrit par : MGFRANC | 11.06.2009
post scriptum à mon commentaire précédent
L’OMS déclare l’état de pandémie mondiale
A l’issu de la réunion de son comité d’experts, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré jeudi la phase 6 d’alerte, synonyme de pandémie mondiale. Il a été tenu compte de l’augmentation importante du nombre de cas -on frôle les 28 000 cas désormais dans le monde (1 personne/200 000 touchée... FRANCHEMENT?!!)- et surtout de contaminations locales avérées hors du continent américain. Pour autant, le virus ne demeure pour l’instant pas plus agressif qu’une grippe saisonnière.
Ecrit par : MGFRANC | 11.06.2009
Je remercie MG Franck et je précise que le contenu de cet article est totalement à la disposition de tous ceux qui voudront s'en servir, puisqu'il est justement destiné à ça, à servir.
Il ne peut y avoir de plagiat à mes yeux pour au moins deux raisons: d'une part le contenu factuel est du domaine public, puisque je n'ai fait que rassembler des informations dispersées sur différents sites officiels et, d'autre part ça me rendrait un grand service, puisque je me trouve bien seule dans une situation professionnellement très inconfortable vis-à-vis des patients et de mes confrères, en ce qui concerne ce vaccin.
Par exemple lorsque des parents consultent un confrère et reviennent ensuite en me disant: "le Dr X a dit que vous avez oublié ("oublié" c'est très délicat) de prescrire un vaccin (ils ne savent pas le nom) obligatoire- ou- très important-ou- contre la méningite" En fait ils ne font pas le rapprochement entre ce vaccin merveilleux et indispensable dont mon confrère leur a parlé et cet autre vaccin pour lequel j'ai passé cinq bonnes minutes à leur expliquer pourquoi, bien que recommandé officiellement, il me semblait vraiment peu utile et à déconseiller. Autant dire que, lorsque mon confrère, croyant certainement bien faire, a instillé chez les parents la peur de ne pas protéger leur enfant d'un terrible danger, je passe pour une irresponsable, et il n'y a plus aucun argument rationnel qui puisse les empêcher de faire vacciner leur enfant.
C'est pourquoi, pour répondre aussi à "une modeste patiente", pour ma part, je ne diabolise pas les visiteurs médicaux. Ils gagnent leur pain, ils font leur travail.
Il faudrait seulement que chacun sache où est sa place et reste dans son rôle. La stratégie des laboratoires génère beaucoup de confusion dans l'esprit des médecins . Cela pourrait s'appeler:" l'effort pour rendre le médecin fou". Et ça marche plutôt bien. Cela crée des médecins, qui, se croyant libres, et dépositaires de vérités soi disant inaccessibles aux patients, sont en réalité totalement soumis aux stratégies des laboratoires.
Mais "le médecin est libre de ses prescriptions... Il doit, sans négliger son devoir d'assistance morale, limiter ses prescription et ses actes à ce qui est nécessaire à la qualité, à la sécurité et à l'efficacité des soins. Il doit tenir compte des avantages, des inconvénient et des conséquences des différentes investigations et thérapeutiques possibles" (Art 8 du Code de Déontologie)
Le Code de Déontologie, ce n'est pas que du blabla.
Ecrit par : CMT | 12.06.2009
Le Comité Technique de Vaccination (CTV) et le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) ont encore frappé. Dans un avis du 26 juin 2009 "relatif à la vaccination par le vaccin méningococcique conjugué de sérogroupe C" le HCSP recomande la vaccination SYSTEMATIQUE des nourrissons de 12 à 24 mois avec un rattrapage jusqu'à 24 ans.
L'avis est rédigé en termes si opaques et confus que je me suis dit que j'allais faciliter la tâche de mes confrères, dont beaucoup n'auront pas le courage de le lire jusqu'au bout, en en faisant un resumé, non tendancieux, mais en me reservant le droit de faire des commentaires.
Rappel: les méningites à méningocoque dues au sérogroupe C représentent 25 à 30% de l'ensemble des méningites dues à cette bactérie en France, soit un taux de d'environ 0,3 pour 100 000 avec un taux maximal de 2 pour 100 000 avant un an, qui va ensuite décroissant avec l'âge.
En 2002 le CTV avait donné un avis contraire à celui-ci: il avait estimé qu'il n'yavait pas lieu de généraliser la vaccination.
Ses raisons étaient les suivantes:
- taux faible del'incidence des méningites dues au sérogroupe C [certes]
- incertitude sur un éventuel déplacement des sérogroupes [ça n'a pas changé]
- variabilité du taux d'incidence selon les régions [ça n'a pas changé non plus]
La vaccination ciblée à des groupes restreints était donc recommandée.
[Quel évènenement majeur a-t-il bien pu déterminer un si brutal révirement du CTV vous demandez vous avec angoisse? La réponse, on la trouve au fil des pages, au prix d'une lecture très attentive de ce document hermétique prétenduement destiné à expliquer la nécessité de la généralisation de la vaccination]
La raison est que, certes, des IIM (infections invasives à méningocoque) du groupe C a baissé s'établissant en 2008 à 0,26/100 000, MAIS "ON POUVAIT ATTENDRE UNE POURSUITE PLUS FRANCHE DE LA BAISSE", comme cela est écrit page trois.
Devant une raison ausi impérieuse on ne doit pas s'étonner que le CTV et le HCSP abandonnent totue prudence malgré les risques qu'ils décrivent, à savoir d'une part, le risque de "changement du sérogroupe capsulaire C vers le sérogroupe B par commutation de la capsule", d'autre part "lémergence de phénotypes particuliers de capsule conférant une résistance à l'activité bactéricide des anticoprs vaccinaux par une mutation au niveau du gène siaD" dont quelques souches ont déjà été détectées en France en 2008. Malgré ces riques le HCSP décide page 4[allez soyons fous!] que la bonne tolérance du vaccin ne justifie pas un suivi de pharmacovigilance "proactif".
Devant une raison aussi impérieuse il ne faut pas s'étonner non plus que le HCSP ne veuille pas tenir compte de ce que le RAPPORT COUT BENEFICE, pourtant calculé avec un indice très favorable aux laboratoires, à savoir le DALYs, et qui ne tient pas compte des effets secondaires du vaccin, que ce rapport soit d'emblée DEFAVORABLE. Et ne tienne pas compte non plus de ce que la protection "de 90%" n'existe que dans l'année suivant la vaccination [ce que l'avis omet de préciser], et que cette protection chute à 40% après 5 ans chez les enfants vaccinés avant cinq ans.
En un mot, si je peux me permettre une interprétation un peu personnelle de l'avis du HCSP: "rien n'a changé, nous ne savons pas quels risques nous courons en faisant cette recommandation, nous savons seulement que l'effet de cette mesure sera très limité et que ça va coûter très cher, mais il est urgent de vacciner un maximum de nourrissons au cas où cela pourrait empêcher une baisse pas suffisamment franche de l'incidence des IIM C".
Et la suite logique c'est que le peu d'effcacité de cette recommandation va être attribuée à une couverture vaccinale insuffisante et que le HCSP va demander à ce que ce vaccin gnéreusement doté par les pouvoirs publics d'un prix conseillé de 38 euros l'unité, soit remboursé par la sécurité sociale! Je prends les paris.
Mon avis à moi c'est que les honneurs, le prestige et l'argent peuvent faire perdre la boule et le jugement aux plus éminents de nos confrères.
CMT
Ecrit par : CMT | 09.07.2009
Dr CMT,
Le mieux serait de faire une note, parce qu'elle aurait beaucoup plus de visibilité qu'un commentaire. Il n'y a pas besoin d'être aussi argumentée et aussi longue que la précédente, car, comme vous l'avez constaté, les coups de gueule ont parfaitement leur place sur Pharmacritique ;-)
Cordialement.
Ecrit par : Pharmacritique | 13.07.2009
merci au docteur cmt je voulais faire vacciner mon fils car un docteur ma dit que ce serait utile pour la gripe porcine mais il i a trop d effets secondaires
Ecrit par : charly vinet | 13.08.2009
Merci pour toutes ces infos
J'aurais aimé les entendre ou tout du moins, avoir connaissance des effets secondaires mineurs et majeurs avant la vaccination.
Malheureusement c'est fait et je ne sais même pas si je dois m'en vouloir, en vouloir au medecin, ou n'en vouloir à personne.
Je suis arrivée sur cette discussion en cherchant des informations sur la vaccination contre la méningite que mon médecin me recommande pour mon fils ainé. J'ai trouvé les réponses que je cherchais.
Mais je constate à regret que nous sommes condamnés n'être plus qu'informés à postériori ou à devoir chercher par nous mêmes des réponses dans des domaines qui nous dépassent.
Ecrit par : Mme S | 02.10.2009
[Note de Pharmacritique: ceci est l'un des messages du 3. 10 supprimés par erreur - pardon! - et que j'ai pu récupérer en totalité]
"Bonsoir, un grand merci pour votre article qui est très détaillé.
Nous sommes en plein "dedans": mon fils a fêté ses 1 an jeudi et je dois prendre rdv pour sa visite des 12 mois, en apportant avec moi Priorix et Prevenar... Ma pédiatre me culpabilise à chaque fois il n'a pas reçu le vaccin contre l'hépatite B (qui selon elle se transmet pour sûr par la salive !!!???) et avec mon mari nous sommes peu enclins à faire le Priorix.
Du coup je n'ai pas envie de lui faire refaire le Prevenar non plus, mais il est vrai qu'il m'est très difficile de regarder ma pédiatre dans les yeux en étant certaine de faire pour le mieux dans l'intérêt de mon enfant quand son discours est clairement culpabilisant...c'est elle qui "sait" non?
Bref, je me documente, je lis, j'écoute, je regarde...et j'ai toujours autant la trouille de faire courir des risques inutiles à mon enfant, que ce soit en trop ou pas assez vaccinant!!!"
Ecrit par : maman inquiète | 10.10.2009
Bonjor et merci pour votre comentaire.
Si vous avez suivi le raisonnement la rasion pour lquelle je ne conseille pas ce vaccin pourtant officiellement recommandé est que désormais, en raison de l'évolution de l'épidémiologie dûe notamment a&u vaccin lui-même, vacciner un bébé représente désormais pour lui plus de risques, même s'ils osnt rares, que de bénéfices potentiels, qui sont encore plus rares.
Pour aller dans votre sens, le Pr Anne Claire Siegrist, papesse de la vaccinologie et professeur à Genève, bien que favorable au vaccin, a indiqué clairement lors d'une formation que le Prevenar était inutile après l'âge de deux an. Alors: tout ça pour quelques mois de protection partielle finalement?
Concernant le vaccin contre l'hépatite B bous avez raison de vous interroger. Je vous renvoie vers le commentaire de doc ppmg du 20 septembre dans l'article "grippe A H1 N1 pandémique et vaccin adjuvanté...". Il propose un lien ves un article du Dr Marc Girard où ce spécialiste fait la démonstration que ce vaccin a très probablement été à l'origine de plueirues dizaines de milliers de cas de scléroses en plaques et autres malaides neurologiques auto-immunes mal documentées. Ce qu'on peut dire à ce propos c'est qu'on ne sait pas bien comment se transmet l'hépatite B et qu'il est probable qu'il y ait d'autres modalités de transmission que sexeulle et sanguine puisqu'en Afrique noire, dans des pays où une proportion très importante de la population est infectée donc contagieuse, les enfants sont fréquemmment touchés semble-t-il. Mais nous ne sommes pas en Afrique noire et en France, la prévalence de l'hépatite B est faible et cette maladie est exceptionnelle avant l'adolescence (elle touche surtout des individus d'âge moyen et elle est alors probalbement transmise pâr voie sexuelle majoritairement). Même si on nous explique maintenant que la protection conférée par ce vaccin est de longue durée, il est probable qu'elle ne dépasserait pas 15 à 20 ans en général, ce quie st déjà très long pour un vaccin, c'est à dire que le nourrisson cesserait d'être protégé lorsqu'il commence à courrir un risque. C'est pour ça, sauf cas de risque particulier (personnes originires de pays à forte endémie de l'hépatite B, cas d'hépatite B active dans l'entourage), je déconseille aux parents de faire vacciner leur nourrisson.
Quant à vos difficultés avec votre pédiatre, celle-ci pense sûrement bien faire. Elle est mûe par sa foi en la vaccination avec un raisonnement du genre: les vaccins ont fait beaucoup de bien à l'humanité (ce qui est vrai), donc les vaccins sont une bonne chose, donc tous les vaccins sont une bonne chose, surtout que le professeur un tel l'a dit.
Mais cette dame n'a pas à vous culpabiliser. Elle est là pour vous informer. Si elle en vient à vous culpabiliser c'est qu'elle manque d'arguments crédibles. C'est important qu'il soit clair pour vous comme pour elle que c'est vous la maman, c'est vous qui avez la responsabilité de votre enfant, donc c'est vous qui décidez. Il faut arriver à être claire avec elle là dessus. Si nécessaire faites vous aider par votre conjoint. Sinon il ne peut pas y avoir de relation de confiance entre vous. Et comment confier le soin de votre enfant à quelqu'un avec qui vous n'êtes pas en confiance? Je pense qu'en parler avec elle c'est bien pour vous mais bien pour elle aussi, car elle doit se remettre en question par rapport à sa toute puissance médicale. Cela peut lui permettre d'évoluer positivement.
Bien cordialement
CMT
Ecrit par : CMT | 10.10.2009
Merci pour votre réponse, nous avons donc rdv mercredi prochain et nous n'apporterons pas le priorix, je dois avouer que je ne suis toujours pas sereine à l'idée de ce rdv et du coup mon mari m'accompagne.
Par contre l'idée que l'hépatite B ne se transmet pas uniquement par voie sanguine ou sexuelle ne me rassure pas particulièrement, même si elle n'est pas particulièrement répandue...
Décidément le métier de parent n'est pas simple!!! et je ne fais que débuter!
Ecrit par : maman inquiète | 09.11.2009
A propos du Prevenar:
Bonne argumentation merci; Des faits manquent: vous parlez de la mortalité ...et non pas de la morbidité liée à l'infection invasive. Il serait interessant d'argumenter également ce problème: En effet, 300 cas d'infections invasive évitées c'est aussi 300 hospitalisations en réanimation pédiatrique probablement, des enfants en partie avec un handicap plus ou moins sévères: surdité, épilepsie, retards, difficultés scolaires avec tout ce que cel a représente en matière de souffrance familiale et de suivis spécialisés etc...Cela se chiffre aussi et surtout, est ce que cela ne vaut pas le cout en matiere de santé individuelle et publique ? je ne sais pas je n'ai pas les chiffres mais il faut poser le problème dans ces termes là aussi.
Ecrit par : Laurent | 04.02.2010
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