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24/07/2009

Lien possible entre Telzir et infarctus du myocarde, selon GSK et Santé Canada. L'AFSSAPS se tait, comme d'habitude

Dans une alerte parue le 17 juillet sur son site, Santé Canada porte à la connaissance du public et des professionnels de santé une mise en telzir.jpggarde faite par le laboratoire GSK, qui commercialise le Telzir (fosamprénavir), prescrit à des patients infectés par le HIV. Apparemment, une semaine après, l'agence française de sécurité sanitaire (AFSSAPS), chargée de la pharmacovigilance et de l'information sur les risques des médicaments, n'a pas (encore?) jugé bon d'avertir les patients français et leurs médecins. Les Européens sont "tenus dans l'ignorance" sur les risques des médicaments - cette affirmation d'un spécialiste américain reprise par la revue Prescrire se vérifie encore et encore...

 

 


llustration: cette page de GSK France

En France, personne n'oblige GSK à en parler, donc la firme et l'AFSSAPS peuvent se taire

L'AFSSAPS se tait, et pourtant, il ne s'agit pas d'une rumeur qui serait contestée par le laboratoire producteur, puisque c'est GSK lui-même qui donne l'alerte. Oui, certes, mais pas dans tous les pays... Les disparités s'expliquent par le fait - incroyable, mais vrai - que les firmes n'ont pas les mêmes obligations légales de transparence et d'information en Europe qu'aux Etats-Unis, comme l'a montré cette enquête très édifiante de Consumers International. Elle confirme l'avertissement qu'on peut lire partout sur les sites étrangers des firmes publiant les résumés des caractéristiques du produit (notices détaillées) de tel médicament : attention, cette information est réservée aux personnes qui résident aux Etats-Unis (par exemple) et correspond à la réglementation existant dans ce pays. D'autres pays peuvent avoir des exigences différentes, ce qui explique pourquoi vous ne retrouverez pas les mêmes informations partout. Clair comme de l'eau de Roche.

Chez nous, aucune régulation digne de ce nom ne vient entraver la course à la maximisation des profits; aucun cadre législatif-juridique permettant d'exiger des informations ou de demander réparation n'existe. Et, en bonnes commerçantes, les pharmas ne donnent pas des informations que personne ne leur demande, surtout lorsqu'elles sont à ce point-là susceptibles de nuire au commerce... Il s'agit certes d'un lien possible entre le Telzir et les crises cardiaques, donc pas formellement démontré, mais une telle démonstration définitive est de toute façon quasiment impossible à faire. Cela dit, pourquoi les Français n'auraient-ils pas droit à la même information, aux mêmes mises en garde, afin que les médecins puissent mettre en place un suivi adéquat des patients, ajuster les traitements en fonction du degré de risque de chaque personne et prendre des mesures de précaution?

Voici l'information canadienne:

"Renseignements importants en matière d'innocuité approuvés par Santé Canada concernant TELZIR (fosamprénavir)"

"GlaxoSmithKline, en collaboration avec Santé Canada, tient à vous communiquer des renseignements importants sur l'innocuité concernant un lien possible entre l'exposition au TELZIR® (fosamprénavir) chez les patients infectés par le VIH et la survenue d'infarctus du myocarde.

Le fosamprénavir est un inhibiteur de la protéase (IP) utilisé en association avec une faible dose de ritonavir et d'autres antirétroviraux dans le traitement de l'infection par le VIH-1.

  • Une étude cas-témoins issue d'une cohorte dérivée d'une base de données d'hôpitaux français spécialisée sur le VIH (French Hospital Database on HIV) a fait état d'une association entre l'exposition au fosamprénavir et un risque accru d'infarctus du myocarde (rapport de cotes (RC) de 1,55 par année additionnelle d'exposition; intervalle de confiance (IC) à 95 %, 1,20-1,99)1.
  • Ce phénomène pourrait être lié à la propension de cette classe de médicaments à élever les taux de lipides sanguins. Les taux de triglycérides et de cholestérol devraient donc être mesurés avant d'entreprendre un traitement par le fosamprénavir, et à intervalles réguliers par la suite. Une prise en charge clinique appropriée des dyslipidémies devrait être amorcée, le cas échéant.
  • Il convient aussi de surveiller les autres facteurs de risque modifiables de maladies cardiovasculaires (p. ex. hypertension, diabète et tabagisme) chez les patients infectés par le VIH et de les prendre en charge comme il se doit sur le plan clinique.

Des données récentes présentées à la 16e Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2009) suggèrent l'existence d'un lien possible entre le fosamprénavir et l'infarctus du myocarde chez des adultes infectés par le VIH. L'étude cas-témoins issue d'une cohorte a fait état d'un risque accru d'infarctus du myocarde en relation avec l'exposition cumulative au fosamprénavir (RC de 1,55 par année additionnelle d'exposition; IC à 95 %, 1,20-1,99)1. L'étude Data Collection on Adverse Events of Anti-HIV Drugs (DAD), toujours en cours, a déjà fait état d'une association possible entre la classe des IP et l'infarctus du myocarde2.

Chez les patients infectés par le VIH, la suppression de la réplication du virus par le traitement antirétroviral est primordiale. Dans le cadre du suivi de leurs patients, les médecins devraient surveiller le risque cardiovasculaire et chercher à corriger les facteurs de risque modifiables. Les traitements antirétroviraux d'association entraînent une redistribution du tissu adipeux (lipodystrophie) chez les patients infectés par le VIH. L'examen clinique devrait comprendre la recherche de signes physiques de redistribution des graisses. L'infection par le VIH en soi a été associée à des dyslipidémies et à la cardiopathie ischémique.

GSK travaillera de concert avec Santé Canada sur ce sujet afin d'ajouter de nouveaux renseignements sur l'innocuité dans la monographie du produit au Canada.

La gestion des effets indésirables liés à un produit de santé commercialisé dépend de leur déclaration par les professionnels de la santé et les consommateurs. Les taux de déclaration calculés à partir des effets indésirables signalés de façon spontanée après commercialisation des produits de santé sous-estiment généralement les risques associés aux traitements par ces produits de santé. Tout cas d'infarctus du myocarde ou tout effet indésirable grave ou inattendu survenant chez des patients prenant TELZIR® en comprimés ou en suspension orale doivent être signalés à GlaxoSmithKline ou à Santé Canada aux adresses suivantes (...)".

Crises cardiaques et antirétroviraux : soupçons depuis l’étude DAD

Act Up avait rendu compte au mois de mars des soupçons d'effets indésirables cardiovasculaires pesant sur plusieurs médicaments antirétroviraux: voir l'article "ARV et risque cardiovasculaire". Il y est question de l’étude l'étude Data Collection on Adverse Events of Anti-HIV Drugs (DAD), mentionnée plus haut par GSK et Santé Canada.

Le signalement des effets indésirables est une obligation légale, et pourtant...

Santé Canada demande le signalement de tout effet secondaire grave ou inattendu. Encore une occasion de rappeler ce qui est dit souvent dans les pages de Pharmacritique, à savoir que la notification de tout "effet indésirable susceptible d'être dû à un médicament ou produit de santé" est une obligation légale, même pour les professionnels de santé français, qui ont pourtant bien moins de responsabilité pour leurs actes, par rapport à ceux Nord-américains, par exemple.

L'article R.5144.19 du Code de la Santé publique dit ceci (extrait tiré du formulaire de notification):

"Tout médecin, chirurgien dentiste ou sage-femme ayant constaté un effet indésirable grave ou inattendu susceptible d'être dû à un médicament ou produit mentionné à l'article R.5144-1, qu'il l'ait ou non prescrit, doit en faire la déclaration immédiate au centre régional de pharmacovigilance. De même, tout pharmacien ayant eu connaissance d'un effet indésirable grave ou inattendu susceptible d'être dû à un médicament ou produit mentionné à l'article R.5144-1 qu'il a délivré doit également le déclarer aussitôt au centre régional de pharmacovigilance. Tout membre d'une profession de santé ayant fait la même constatation peut également en informer le centre régional de pharmacovigilance. (...)

Le rôle des professionnels de santé en matière de pharmacovigilance

1. Notifier au centre de pharmacovigilance du lieu d'exercice du praticien déclarant, le plus rapidement possible :

  • toute présomption d'effets indésirables graves ou inattendus, en rapport avec l'utilisation d'un ou plusieurs médicaments,
  • toute observation d'effet indésirable lié à un mésusage,
  • tout autre effet qu'il juge pertinent de déclarer.

2. Répondre aux demandes du destinataire de la notification en confirmant et complétant celle-ci par écrit, notamment si elle a été transmise oralement ou par téléphone, afin de documenter l'observation initiale.

3. Informer les patients en application de la loi du 6 janvier 1978 des déclarations les concernant adressées au centre de pharmacovigilance et à l'Agence du Médicament, et des modalités d'exercice de leur droit d'accès.

4. Conserver les documents concernant l'effet indésirable présumé afin de permettre, en cas de nécessité, de compléter les informations précédemment transmises.

5. Coopérer avec les structures de pharmacovigilance, notamment dans le cadre d'enquêtes particulières.

6. Se tenir informé et tenir compte dans sa pratique professionnelle des données de tolérance des médicaments qu'il prescrit, dispense ou administre. »

La réalité est bien différente : sous-notification chronique

C'est une honte que la majorité des professionnels de santé ne remplissent pas ce devoir pourtant vital pour l'évolution des données sur le profil de sécurité d'un médicament et son rapport bénéfices-risques. Ce qui revient, en toute logique, à mettre en danger la santé des patients. Alors quand j'entends certains se plaindre du manque d'informations, eh bien, ils devraient s'interroger aussi sur leur co-responsabilité.

Maximum 5% des effets indésirables des médicaments sont signalés, selon le consensus international sur le sujet. Ce taux est évoqué aussi dans la très édifiante Déclaration de l’ISDB sur la pharmacovigilance (International Society of Drug Bulletins, dont Arznei-Telegramm et Prescrire font partie), présentée dans cette note de Pharmacritique.

Mais, comme je l'avais déjà dit, ce taux de signalements est beaucoup plus bas en France. J'ai fait une comparaison concrète entre les signalements des effets indésirables d'un même médicament, prescrit dans les mêmes indications, en France et aux USA, utilisant pour cela les données fournies par l'AFSSAPS et par la FDA (agence américaine du médicament). 70 en France, plus de 10.000 aux Etats-Unis...  Peu d'effets indésirables sérieux signalés en France, beaucoup aux Etats-Unis - je le précise pour qu'on ne pense pas que les Américains signaleraient n'importe quoi. Certes, la population est plus importante, il faut donc ajuster les résultats à cette donnée. Il n'empêche que cela ne change pas fondamentalement la donne. Les médecins français ne sont pas formés et ne cherchent pas à se former sur cette question. Toutes les personnes qui sont allées se plaindre d'un effet indésirable sérieux ont pu le constater: la plainte est balayée d'un revers de main, et c'est en général "dans la tête" du malade que les médecins voient les problèmes, comme ils l'ont dit à propos de l'Agréal, du Distilbène, du Gardasil, du Vioxx, etc.

Et puis, vu que ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui financent 98% de la formation médicale continue (voir les notes de cette catégorie), et que bon nombre de médecins français méprisent à peu près tout ce qui vient de l'étranger et ne vont pas se renseigner ailleurs par eux-mêmes, on est mal barrés si on dépend uniquement des leaders d'opinion payés par les labos et qu'on espère qu'ils fassent autre chose que de la publicité lors des programmes de formation continue...

Je rappelle aussi ce que me disait l'un des médecins que j'ai interrogés à ce sujet: "remplir une déclaration d'effets indésirables prend du temps, et nous ne sommes pas du tout payés pour ça" (!!) Il suffit de regarder le formulaire téléchargeable en ligne pour se rendre compte que c'est faux. Un médecin généraliste m'a avoué avoir fait un seul signalement d'effets secondaires en plus de 10 ans de pratique. Etc.

Et puis, au train où vont les revendications financières et vu la facilité avec laquelle beaucoup de médecins piétinent la déontologie en refusant de soigner les bénéficiaires de la CMU et autres personnes qui ne peuvent pas payer les dépassements d'honoraires, en signant des CAPI (contrat d'amélioration des pratiques individuelles), en portant des revendications corporatistes et pratiquement plus jamais des exigences d'intérêt général - au train où ça va, disais-je, si les médecins étaient payés pour cela, l'AFSSAPS croulerait peut-être sous les notifications...

Oui, c'est du sarcasme, oui, tous les médecins ne sont pas comme ça, oui, il ne faut pas généraliser. Je sais. Mais la vieille républicaine que je suis n'accepte pas les revendications corporatistes, quelle que soit la corporation qui les porte. Et je les condamne d'autant plus s'agissant d'une corporation qui est payée collectivement par la société et qui ne devrait pas oublier qu'elle devrait être la mandataire des intérêts des malades, puisque, dans l'image qu'elle veut passer du moins, la médecine se présente comme n'étant pas un commerce, mais ayant une mission de service public, voire même une vocation sociale...

Il faudrait relire ce texte d'Arnold S. Relman, traduit par Pharmacritique, pour se rendre compte à quel point ce qui pouvait encore être affirmé par la corporation médicale il y a pas si longtemps est de moins en moins vrai: "Ethique et valeurs médicales dans un monde marchand où la santé n’est qu’un commerce parmi d’autres". Il faut secouer nos médecins, leur rappeler leurs devoirs, avant qu'ils deviennent quasiment tous des hommes d'affaires avertis, en perdant en humanité ce qu'ils gagneraient en argent supplémentaire.

Si jamais cela change un jour, je ne manquerai pas d'en rendre compte.

Copyright Pharmacritique

Commentaires

Je crois qu'aux USA où la publicité pour un médicament peut se faire directement auprès du public , l'administration semble décidée à défendre les consommateurs. On se souvient de l'essai Enhance effectué chez des patients présentant une hypercholestérolèmie familiale hétérozygote : l'Ezétrol ne faisait pas mieux que le placébo sur l'épaisseur intima-média de la carotide, qui est un critère intermédiaire de risque d'accident ischémique cardiaque ( insuffisance coronarienne ) ou cérébral. Le laboratoire MSD/ Schering qui commercialise le produit sous le nom de Vytorin( Association Ezétrol-Simvastatine ; en Europe: Inégy) va verser 5.4 millions de Dollars à 35 états US et au district de Colombia pour avoir violé avec ce produit , les lois concernant la protection du consommateur.Voilà une bonne raison pour refuser l'autorisation aux firmes de s'adresser directement aux consommateurs. Cela n'a pas empêché le labo en cause , avec la complicité des leaders, de matraquer les médecins pour qu'ils prescrivent ce produit .
Matraquage encore plus scandaleux avec les vaccins anti -HPV ( Gardasil et Cervarix) puisque fait directement auprès du public, malgré l'accumulation de données qui les remettent en cause.
On peut rêver et espérer que ces labo seront aussi poursuivis pour violation de la loi protégeant les consommateurs.

Écrit par : Siary | 24/07/2009

Bonjour,

Relisez vos propres propos, ici comme dans d'autres messages. Vous ne vous êtes nullement désolidarisé des médecin squi agissent ainsi, au contraire, puisque pour vous, ce n'est pas aux médecins qui commettent le délit de refus de soins de s'adapter, mais il faudrait repenser le système pour qu'il s'adapte à eux...

Vous me reprochez à moi d'être agressive, mais avez-vous vu quelle violence est contenue dans ce qu'impliquent vos propos, une violence, un rejet, une humiliation de centaines de milliers de personnes que les médecins seraient libres de traiter comme s'ils n'étaient pas des citoyens égaux en droit et ayant la même dignité.

C'est certain qu'une telle violence ne passera pas ici.

C'est vous, me semble-t-il, qui avez commencé, déjà dans un autre commentaire, à me prêter des propos qui ne sont pas les miens.
Non, je n'assimile pas tout propos d'un médecin à du corporatisme. Où aurais-je dit ça? Je pourrais démonter chaque affirmation une par une. Mais je crois que cela suffit comme ça, qu'on peut passer à autre chose, d'où ma remarque: on n'a plus rien à se dire à ce sujet.
Réfléchissez aux implications de ce que vous avancez; les mots ont un sens, et surtout les concepts.
Par ailleurs, relisez vos propos: ce n'est pas une question que vous auriez posée, non, vous faites des affirmations, expliquez le refus de soins par un contrat qui serait mal compris. C'est en contradiction avec le commentaire précédent, disant que ce n'est pas la compréhension qui pose problème, mais le fait qu'il n'y a pas de contrat... Allez savoir.
Où vous aurais-je invectivé?
J'ai poussé vos réflexions dans leurs conséquences logiques, ce qui est le rôle d'une réflexion critique. Si vous l'aviez faite avant d'écrire, vous auriez formulé les choses différemment.
Je suis une républicaine qui n'admet pas qu'on torde les principes républicains et leurs applications dans n'importe quel sens.
Dans le cas du refus de soins, il n'y a pas d'excuse: c'est un délit par rapport aux lois en vigueur. Et je n'ai pas à me défendre pour avoir affirmé cela, ni pour avoir rejeté des propos qui ressemblent à des excuses - vous ne vous en êtes pas désolidarisé au départ, du moins - qui cherchent à instrumentaliser... Rousseau.
Libre à vous de pensez ce que vous voulez, bien entendu. Et rien ne vous empêche d'exprimer vos pensées ici, ne me faites pas dire, vous non plus, ce que je n'ai pas dit.
Simplement, je ne veux pas d'escalade, il n'y a pas de raison que ce sujet prenne une importance disproportionnée et une tournure personnelle.
Réfléchir aux implications des mots, des concepts qu'on utilise, ainsi qu'au sens de la pensée des auteurs que l'on veut citer comme des arguments - voilà qui me semble la première chose à faire, pour éviter les contradictions.
Bien à vous.

Écrit par : Pharmacritique | 26/07/2009

A propos du refus de la CMU
Tout à fait d'accord avec Pharmacritique. Arrêtons une fois pour toutes d’excuser ceux qui tournent le dos aux lois et à leur déontologie! Ces jours-ci, j'ai encore vu quelqu'un dans mon entourage se faire traiter comme la dernière merde parce qu'il avait la CMU. Comment accepter ça ?? Comment accepter des excuses qui marginalisent, minimalisent et en fin de compte banalisent ce comportement et le rendent acceptable?
Nous avons largement commenté la chose avec "Pharmacritique", et nous nous demandions qu'est-ce qu'on pouvait faire concrètement afin de changer cela. Alors Marc, si vous trouvez qu'elle réagit mal, attendez de me voir, moi ;) Dans des situations pareilles, je fais allusion à mes origines corses ;)
Il n'y a pas de raison de bouder, cela n'a rien de personnel. Il faut juste comprendre que vous avez à faire à une nouvelle espèce d'usagers, qui ne s'en laissent plus conter et s'expriment sur tous les sujets. Il s'il faut s'expliquer, allons-y! Nous sommes des êtres doués de parole, et il arrive qu'on se comprenne mieux après un échange un peu vif. Vous avez certainement constaté que le consensus mou n'est pas le genre de la maison.

Il faudrait que les médecins eux-mêmes s'insurgent massivement contre le refus de soins, pour sauver l'honneur de leur profession. Et qu'ils refusent le CAPI et tout autre "contrat" non social, c’est le cas de le dire, signé par-dessus la tête des patients. A part quelques initiatives très marginales, les médecins n’ont pensé qu’à eux-mêmes ces dernières années. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Y a-t-il quelqu'un ici pour prouver le contraire? Dans les faits, SVP, parce que les paroles et les promesses n'engagent que ceux qui y croient, on ne le sait que trop bien.
"Pharmacritique" reste très modérée dans la critique. Ce qui fait que je pense démarrer un blog par moi-même. Avec une thématique différente, parce que l'industrie pharmaceutique et moi...
En attendant, pitié pour le pauvre Rousseau! Cordialement.

Écrit par : Anne | 28/07/2009

Bonjour,

Je suis plutôt néophyte dans le domaine, mais le débat qui prend forme ici m'interpelle. Sans vouloir défendre qui que ce soit, je voudrais exprimer ici les conclusions que je tire du discours de Marc.

Je résume son premier commentaire à «c'est un problème de contrat» voire même «d'absence de contrat», mais aucunement dans le fait que seule une des deux parties ait à faire un effort (de mon point de vue de néophyte, tirer cette conslusion ressemble à un sophisme). Un contrat qui mérite sans aucun doute d'être revu puisque, précisément, seul l'orde des médecin semble avoir autorité (d'après ce que je comprends).

De même, je ne vois pas ce qu'il y aurait de choquant à concevoir le contrat médecin/patient comme celui garagiste/automobiliste puisque, je cite : «L'article L.122-1 du Code de la consommation interdit deux pratiques : celle qui consiste à refuser au consommateur la vente d'un produit ou d'une prestation de services et celle qui subordonne la vente au consommateur d'un produit ou d'un service à l'achat d'une quantité imposée ou d'un autre produit ou service» (http://sos-net.eu.org/conso/code/infodat1q.htm). C'est un contrat républicain (loi) qui couvre les cas qui semblent vous choquer.

C'est donc, je le crois, un non débat : le reconnaître comme tel me choque car c'est reconnaître par exemple qu'un SDF n'aurait QUE le droit de voir un médecin. Acheter à manger, interdit; prendre le bus, interdit; utiliser un banc public, interdit; voir son médecin, permit.

Un contrat médecin/patient comme un contrat garagiste/automobiliste : oui je préfèrerai. Et ce au nom de l'égalité !

Écrit par : nwrk | 30/07/2009

Nrwk,

Alors comme ça, on est client, on paie et on veut avoir la marchandise, puisqu'on y a droit par contrat? Le médecin n'aurait pas le droit de nous refuser la vente d'une marchandise, dites-vous??
Je veux tel médicament, docteur, vous me le prescrivez illico presto. Et puis, attendez, j'ai fait une liste quand j'ai pensé aux courses, ce matin. Il me faudrait aussi un arrêt maladie d'une semaine, puis une coloscopie et, ah oui, rajoutez aussi un somnifère et un peu de Ritaline pour les gosses. Non, non, un peu plus. Vous me faites un prix, puisque j'achète en gros?
Et puis c'est quoi ce service? Me faire attendre une demi-heure? Ah bon, vous dites que ces médicaments ne sont pas adaptés à ce que j'ai? Bon alors, je n'achète pas chez vous, je vais en face. Je n'ai rien acheté, donc je n'ai rien à payer.
Je n'ai pas non plus envie que mes impôts vous paient, docteur, parce que pourquoi vous et pas le garagiste? Et puis vous n'êtes pas aussi performant, vous ne guérissez pas toujours, loin s'en faut. Le garagiste, je ne le paie que si la voiture est impec. Et il y a la garantie avec.
...
Et ainsi de suite. Absurde, non? Je ne pense pas que vous rendiez service à Marc ou aux médecins. Avec une telle défense de la médecine, plus besoin de critiques...

Écrit par : Anne | 02/08/2009

«Absurde, non?»

C'est souvent le cas après une réduction à l'absurbe, qui ici ne me semble aucunement pertinente, voire de mauvais alloi. Vous réduisez mon argumentaire à une problématique de produit et non de service. Allons, ne perdez pas votre sang froid aussi vite...

«Je ne pense pas que vous rendiez service à Marc ou aux médecins. Avec une telle défense de la médecine, plus besoin de critiques...»

On en est bien loin, je ne vois pas pourquoi vous me faîtes un procès en corporatisme ou en conciliance, alors ce que je dis justement c'est que, quelque part, je trouve prétencieux de se croire au-dessus du simple code commerce. Les commerces sensibles sont plus encadrés que les autres (vente d'alcool, d'armes, de tabac), mais en aucun cas ils ne peuvent déroger au code cadre.

«Ah bon, vous dites que ces médicaments ne sont pas adaptés à ce que j'ai? Bon alors, je n'achète pas chez vous, je vais en face.»

Ah bon, vous me dites que cette pièce n'est pas faîte pour ma voiture ? Bon alors je vais en face prendre la même. Oui effectivement, là, je suis anéanti par l'argumentaire.

Écrit par : nwrk | 03/08/2009

Anne et nwrk

"Un contrat médecin/patient comme un contrat garagiste/automobiliste : oui je préfèrerai. Et ce au nom de l'égalité !" je cite nwrk

C'est la problématique du contrat médecin/patient. Nos patients sont aussi des clients. Ils se comportent de plus en plus comme des consommateurs comme vous le décrivez Anne...
Nous vendons un service après tout,il n'y a pas de honte à être payé. et je ne me considère pas plus, pas moins mercantile que le garagiste, qui engage aussi votre vie s'il bacle son travail. Après tout le véhicule à quatre roues ou le véhicule à deux pattes et deux bras ont bien droit à autant de considération.

Mais il y a quelques différences nwrk.

Primo, c'est l'argent commun de la sécu qui est engagé. si vous voulez vous payer une IRM tous les matins à vos frais, pourquoi pas! vous pourrez écumer les centres de radiologie de votre régions... Nous intervenons comme un régulateur/modérateur des dépenses de la Sécu, les ressources ne sont pas infinies.
Chez le garagiste, si vous voulez changer le moteur à vos frais pas de problème, mais demandez à votre assurance si elle veut payer...

Deuzio, la voiture est un tiers à "soigner", un cas dont je parle avec mon garagiste, alors que le patient est en relation/interaction directe avec le médecin, avec implication émotionnelle forte, implication que le patient espère, implication dans laquelle le médecin "essaie" de ne pas se noyer. Cette douleur qui amène le patient est aussi ma douleur. C'est l'empathie. ça stimule le cerveau et ça alimente en énergie psychique, je m'identifie à cette douleur. C'est un danger constant aussi d'être pris dans cette relation.
Le docteur House (de la série TV) en est tellement submergé qu'il ne peut supporter de voir ses patients, afin de pouvoir les traiter objectivement.

Troizio,

La réponse est simple : traiter des patients, avec considération, dont celle due aux clients!

Écrit par : mgfranc | 03/08/2009

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