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24/05/2010

Australie: Décès d’une enfant et des dizaines de convulsions fébriles suite au vaccin trivalent antigrippe, incluant le A H1N1

Le 4 mai paraissait sur le site du British Medical Journal l’article de Melissa Sweet "Australia suspends seasonal flu vaccination of young Vaccin Relay.fr.jpgchildren" (BMJ  2010;340:c2419).

On apprend que l’Australie prolonge la suspension – décrétée le 23 avril - de la vaccination des enfants de moins de 5 ans par le vaccin trivalent contre la grippe saisonnière. Les autorités attendent les résultats d’une enquête sur la vague de convulsions fébriles enregistrée suite à ce vaccin fabriqué par CSL, en plus du décès d’une fillette de deux ans, en rapport chronologique avec le vaccin, mais considéré toujours comme "non élucidé" par la société savante financée par l'industrie qui s'est prononcée sur ce cas.


77 cas de convulsions fébriles ont été notifiés, surtout en Australie de l’Ouest, région qui a rendu la vaccination contre la grippe gratuite, sous la pression médiatique, puisque la médiatisation intense de trois cas de décès d’enfants liés à la grippe avait ému l’opinion publique.

Un lien avec le vaccin contre la grippe A H1N1 ?

Le groupe d’experts qui examine les situations n’a pas pu dire si le problème vient d’un lot spécifique des vaccins ou alors de l’inclusion, dans ces vaccins trivalents contre la grippe saisonnière, du vaccin contre la souche A H1N1.

Peter Richardson, un pédiatre de Perth, a déclaré à la chaîne de télévision ABC n’avoir jamais vu, en 20 ans de carrière, autant d’enfants en bonne santé présentant une forte fièvre intervenue brusquement après un vaccin. Beaucoup de ces fièvres ont évolué vers des convulsions fébriles, état très inquiétant pour les parents.

Les journalistes parlent de "centaines de cas de fièvre", dans l'émission dont la transcription peut être lue ici: "Flu shot scare has confidence low" (le niveau de confiance baisse, la peur monte, suite aux effets secondaires du vaccin contre la grippe).

L’embarrassant décès d’une fillette de 2 ans après le vaccin trivalent

Les investigations continuent dans le Queensland, où autorités, experts et une association d’étude de la grippe financée par l’industrie essaient de déterminer les circonstances exactes du décès d’une fillette de deux ans en bonne santé, retrouvée morte dans son lit quelques heures après avoir reçu ce même vaccin trivalent mis en cause dans les convulsions fébriles. Il est étonnant de lire que ce décès n’a pas été notifié du tout à la pharmacovigilance australienne…

Comment faire confiance aux notices et RCP (résumés des caractéristiques du produit) ? Comment faire confiance aux agences du médicament qui (continuent de) rassurer sur les effets secondaires, sur le rapport bénéfices – risques de ce vaccin (ou de tout autre), si de tels effets indésirables gravissimes ne sont même pas pris en compte ?

De plus, on apprend que le gouvernement australien est incapable de dire combien d’enfants ont été vaccinés et combien ont eu des effets secondaires… Situation ahurissante que déplore Peter Collignon, un spécialiste en maladies infectieuses de la Australian National University de Canberra.

Cela devrait nous faire comprendre aussi autre chose : à quel point les autorités et les laboratoires pharmaceutiques nous prennent pour des cons – et nous nous comportons comme tels en acceptant sans moufter -, lorsqu’ils nous proposent un « plan de gestion de risques » après commercialisation. Ce qui veut dire qu’un vaccin ou un médicament homologués vite fait avec comme pseudo-assurance un « plan de gestion des risques » signifie en fait une expérimentation grandeur nature, puisqu’un tel plan nous est servi habituellement lorsque les étapes d’évaluation d’un produit n’ont pas été respectées (tests bâclés…)  – et donc lorsque le rapport bénéfices-risques reste inconnu au moment de l’autorisation de mise sur le marché.

Si la pharmacovigilance « normale » n’a aucune idée des dégâts, imaginons ce qu’il en est d’un plan de gestion des risques, ou d'un recueil des effets indésirables par les firmes, c'est-à-dire par ceux-là même dont le profit est inversement proportionnel aux effets secondaires...

Pharmacovigilance catastrophique. Mais le pire est à venir…

Les multiples façons des autorités d’insécurité sanitaire de gommer ce qui pourrait déranger le pharmacommerce mériteraient un traité de stratégie à elles toutes seules… Je donnerai juste l’exemple des deux Espagnoles de 14 ans qui ont subi des convulsions, pertes de connaissance, etc., après l’administration du vaccin Gardasil (censé protéger contre deux souches de papillomavirus impliquées dans le cancer du col de l’utérus). Le cas a été largement médiatisé, et j’ai été parmi les tout premiers à en parler, mais on n’a pas évoqué la suite : les experts payés par les labos – et les autorités sanitaires serviles – ont déclaré que les deux ados ont fait une réaction psychogène : une hystérie de conversion... La misogynie habituelle de la médecine – dès qu’on ne sait pas ou qu’on ne veut pas savoir quelque chose sur les maux subis par des femmes, « c’est dans la tête »… - reprise par le lobby pharma… Je reviendrai un jour là-dessus, parce que la façon de se débarrasser de ces deux cas est représentative du sérieux du recueil et de l’analyse des effets indésirables par les agences du médicament (AFSSAPS et ses consoeurs d’autres pays).

La désinformation est organisée, et médecins comme autorités se désintéressent des réactions adverses. On peut (re)lire la très édifiante Déclaration sur la pharmacovigilance faite en 2003 par l’ISDB (International Society of Drug Bulletins) à ce sujet, et rappeler que les chiffres les plus optimistes parlent de 5% d’effets secondaires notifiés…

La situation est déjà catastrophique. Imaginons alors ce qu’il en sera lorsque la pharmacovigilance sera complètement abandonnée aux firmes… C’est l’une des grandes lignes du "paquet pharmaceutique" que nous mijotent le lobby pharmaceutique européen main dans la main avec la Commission européenne (voir cette note, mais aussi les autres de la catégorie "Autorités d’insécurité sanitaire" et "Publicité directe pour les médicaments").

© Pharmacritique. Aucune reproduction sans accord préalable

Commentaires

Les stocks de vaccins que les labos n'ont pas pu fourguer aux européens suite à la méfiance suscitè par la campagne médiatique de vaccination sont en train d'étre écoulés en australie.


La malveillance de cette nouvelle campagne de vaccination australienne est flagrante.Il n'y a pas eu de pandemie mortelle dans l'hémisphère nord.Pourquoi il y en aurait une dans l'hémisphère sud?
Les rares cas mortels sont le plus souvent le fait de personnes qui souffraient antérieurement d'une maladie ou d'une faiblesse physique.

La même statégie médiatique de terreur se déroule en australie pour convaincre les australiens de se faire empoisonner a coups de vaccins.

Cette valveillance à l'égart de l'homme aux seul profits financiers de quelques uns est insuportable.


Mario.

Écrit par : mario | 05/06/2010

Depuis longtemps, on a les moyens de savoir si les vaccins anti-grippaux sont efficaces :en faisant des essais randomisé versus placébo et en suivant les patients pendant une durée déterminée de 5 ans . Ainsi on saurait si les patients vaccinés sont protégés de la grippe et de ses complications par rapport à ceux qui ont reçu le placébo . Or on se contente de critères intermédiaires comme le taux d'anticorps pour affirmer l'efficacité de ces vaccins, ce qui n'est pas sérieux . A titre d'exemple, le vaccin Pneumo 23 contre le Pneumocoques est proné par certains pays systématiquement après 65 ans et chez certains patients à risque. Or un essai fait chez des patients qui avaient eu une pneumonie à pneumocoques et dont on sait qu'ils sont à haut risque de récidive, n'a montré aucune différence entre les vaccinés et ceux qui ne l'étaient pas ( 19% de de pneumonies dans le groupe vacciné versus 16% dans le groupe placébo , publié dans le N°351 du Lancet en 1998) .
Les croyances ont la vie dure, même chez les médecins

Écrit par : siary | 23/11/2010

Bonjour Alain,

Contente de vous relire, c'est toujours aussi instructif et bien documenté! Ca - et les demandes de plusieurs lecteurs - me donne envie de revenir écrire des articles, pour que vous les commentiez ;))

Cordialement,

Elena Pasca

PS: Merci aussi à CMT, bien entendu. Dernièrement, il se passe plus de choses dans les commentaires que dans les articles de Pharmacritique... Mea culpa!

Écrit par : Pharmacritique | 29/11/2010

Bonjour,

Il semblerait qu'il y ait des problèmes avec les commentaires: certains ne passent pas et n'arrivent pas non plus dans ma messagerie.
Désolée, je ne maîtrise pas ce côté-là.

Elena Pasca

Écrit par : Pharmacritique | 09/12/2010

Bonjour CMT

Pouvez vos me donner la référence que vous utilisez pour écrire je vous cite :

"sur l'adulte de 16 à 65 ans: il y a une efficacité du vaccin quand il existe une bonne concordance entre la souche circulante et celle du vaccin. Dans ce cas il faut vacciner 33 personnes pour éviter un cas de grippe. Dans le cas où la concordance est faible il faut vacciner 100 personnes pour éviter un cas de grippe"

Il s'agit du NST et jusqu'à maintenant je pensais qu'aucunes études ne l'avaient donné. Je suis donc très intéressé.

Pour information si vous voulez un aperçu des EI répertoriés suite au vaccin antigrippal voici un lien vers le Canada

http://www.inspq.qc.ca/aspx/docs/jasp/presentations/2009/13_30_s2_SuzanneMenard.pdf

Aperçu de la page 13:



N// Taux/100 0000 vaccins 2009 vs 2003-2008

 Réactions locales: 366 // 6,32--- 4,01
 Fièvre: 186 //3,22--- 2,36
 Allergies: 503 //8,70--- 3,96
 Anaphylaxie 34// 0,57--- 0,29
«SOR»: 274// 4,74--- 5,07
 Arthralgie/arthrite : 070// 1,21--- 0,64
 Anesthésie/paresthésie: 111 //1,92 --- 0,30
 SGB avec lien temporel: 018// 0,31---- 0,14


Enfin notez bien qu'on ne parle pas de décès alors que dans le même rapport page 8 on peut lire je cite :

"Décès 4 (0,1) 0,7 (0,04)" pour 100 000 doses

Comme quoi il faut vraiment tout lire et même entre les lignes ;-)

Écrit par : Gyuran | 10/12/2010

c'est intéressant en effet ce d'autant que si le vaccin n'est pas bien concordant alors on a seulement 1% de RAR mais avec un IC à 95% de 0 à 3% ce qui nous permet de dire aussi qu'il se pourrait qu'il n'y ai aucune différence.

il semble que le critère principal retenu lors de l'élaboration des études a été l'apparition de symptômes grippaux. Je me méfie des sous critères car les interprétations statistiques encore plus difficile.
Dommage qu'aucune étude ne choisissent le critère principal comme les décès , où le nombre d'hospitalisations mais cela viendra peut être.

Quant aux Ei [effets indésirables] du vaccin il est notoire que leurs déclarations est sous estimés donc oui on peut s'étonner du faible nombre d'effets locaux signalés. D'ailleurs qui de nous médecins les signale ? Cela donne encore plus de poids aux relevés canadiens face à tous ceux qui croient que ce vaccin est sans grand EI.

Attention n'allez pas croire que je fais partie d'une ligue anti-vaccinale. Que nenni.
J'estime que si on veut exercer notre travail honnêtement alors on se doit de tenir compte de la réalité de terrain et quiconque soigne sait qu'il doit choisir entre : ne pas faire perdre de chance ET ne pas faire courir de risque

PS je n'ai pas de conflits d'intérêts directs ou indirects que ce soit envers l'industrie pharmaceutique ou autres.

[Note de Pharmacritique entre parenthèses droites: EI = effets indésirables. Merci d'expliquer autant que possible les acronymes, pour que la discussion ne se limite pas aux professionnels de santé].

Écrit par : Gyuran | 12/12/2010

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