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30/01/2012

Antidépresseurs : nombreux risques pour une efficacité controversée dans une dépression marchandisée

Ceci est le texte intégral de mon article paru dans le numéro de mai 2011 de la antidépresseurs effets indésirables,antidépresseurs suicide,antidépresseurs bénéficesrisques efficacité,dépression traitement médicamenteux,biais de publication médecine,disease mongering troubles mentaux,dépression marketing marchandisation,dsm disease mongering psychiatrie,antidépresseurs dépendance sevrage,antidépresseurs inhibiteurs sélectifs recapture sérotonine,surmédicalisation surconsommation psychotropesrevue Alternative Santé (pp. 18-21), sous le titre (donné par la rédaction) « Antidépresseurs : l’overdose ». Je l’ai introduit et commenté dans ce billet. Le nombre de signes était limité (dans la revue); c'est pour cela que le texte est très comprimé, sans transitions, ni figures de style, sans aucun mot qui ne semblait pas indispensable à la compréhension.

Antidépresseurs : l’overdose

Aldous Huxley imaginait dès les années 30 le médicament parfait, appelé Soma, qui crée un bonheur artificiel, émousse les émotions et pensées inadaptées par rapport aux normes sociales et devient ainsi un outil efficace de contrôle social. C’est le moyen idéal pour les tenants de la biocratie, l’une des formes de biopolitique (Michel Foucault) qui implique la médicalisation de l’existence, pour discipliner corps et esprits, normaliser les individus « déviants » à coups de camisoles chimiques et de bonheur standardisé. La psychiatrie ainsi dévoyée devient une gardienne de l’ordre socio-économique [1].


Marchandisation de la dépression

La dépression est « une construction historique » (Monique Debauche), depuis l’ancrage du terme dans le langage médical vers le milieu du 19ème siècle, pour désigner des états sévères tels que mélancolies, « dépressions vitales »… Il fallait élargir ce marché, trop étroit pour convenir aux objectifs de profit de l’industrie et à une psychiatrie qui voulait échapper aux psychanalystes. Pour ce faire, le marketing pharmaceutique commence par redéfinir et banaliser la dépression. Et l’on assiste à une « marchandisation de la dépression » en plusieurs étapes [2], en même temps que s’impose la psychopharmacologie, depuis la mise sur le marché de la Thorazine en 1953. Par la suite, l’arrivée des tranquillisants et des premiers antidépresseurs (IMAO, tricycliques) permettra de mettre au point les recettes publicitaires les plus performantes [3].

Tout est fait pour élargir les critères de la dépression, assimilée à la dysphorie (tristesse) et rendue socialement acceptable, alors que le discours général passe de la « folie » aux « troubles mentaux ». De plus en plus de bien-portants se retrouvent dans les descriptions délibérément vagues et deviennent éligibles aux « traitements » de toute sorte de « troubles » vaguement associées à la dépression… Le DSM – Manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux -, rédigé par des leaders d’opinion grevés de conflits d’intérêts, a largement contribué à la création de ce marché. Sans oublier l’OMS, qui, sous l’influence des pharmas, a fortement promu la dépression, étiquetée maladie du 21ème siècle. L’OMS a aussi changé sa définition de la santé pour y inclure un vague « bien-être complet » des individus, ce qui légitime la publicité des firmes pour les « pilules du bonheur » et les médicaments de confort (lifestyle drugs) présentés comme indispensables [4].

Avec le Prozac débute en 1987 une série d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), qui entérinent la psychopharmacologie et la psychiatrie comme des sciences. Dès lors qu’on les conçoit de la sorte, l’ascension des ISRS est irrésistible. Avant, on parlait de 100 cas de dépression par million. Après, les estimations vont de 50 000 à 100 000 par million. Et autour de 80% des ordonnances pour mal-être aboutissent à une prescription d’antidépresseurs. Ne pas prescrire serait perçu comme « négligeant, voire indéfendable sur le plan juridique » (Janet Currie).


Me-too, extensions d’indication et disease mongering 

Depuis une quinzaine d’années, le marketing prend le pas sur la recherche, car il faut faire du profit même s’il n’y a plus de médicaments innovants, plus de progrès thérapeutique [5]. Les laboratoires recyclent d’anciennes molécules présentées comme révolutionnaires, obtiennent des extensions d’indication, se lancent tous sur les quelques marchés rentables, pour avoir une part du gâteau sans les aléa de la recherche. On appelle ces médicaments « me-too » : une dizaine de tranquillisants, tous pareils, une dizaine d’antipsychotiques atypiques pareils, une quinzaine d’ISRS pareils…

D’édition en édition, le DSM multiplie les « troubles » liés à la dépression pour que les antidépresseurs soient prescrits automatiquement avec d’autres psychotropes. De 106 maladies répertoriées dans la première édition de 1952, on est passé à plus de 350 « troubles » dans le DSM-IV. Et le DSM-V, prévu pour 2012, ira encore plus loin dans ce qu’on appelle disease mongering : façonnage, redéfinition, voire invention de maladies, afin de vendre des médicaments. [6] Lorsqu’un antidépresseur commence à décliner ou que son brevet expire, les firmes cherchent à le « repositionner » sur le marché, à l’aide d’essais cliniques censés montrer son efficacité dans d’autres indications : trouble d’anxiété sociale, trouble panique, trouble dysphorique prémenstruel, trouble d’anxiété généralisée... Ce qui permet de prolonger le brevet, qui va de pair avec l’exclusivité et la rentabilité maximale. L’extension d’indication des antidépresseurs au traitement des douleurs n’a pas été remise en cause, malgré la fraude de Scott Reuben, chercheur qui, payé par plusieurs labos, a falsifié les résultats d’au moins 21 des 72 études qui devaient prouver l’efficacité de médicaments tels que l’Effexor… [7]

 

Biais de publication : désinformation sur l’efficacité et les effets indésirables antidépresseurs effets indésirables,antidépresseurs suicide,antidépresseurs bénéficesrisques efficacité,dépression traitement médicamenteux,biais de publication médecine,disease mongering troubles mentaux,dépression marketing marchandisation,dsm disease mongering psychiatrie,antidépresseurs dépendance sevrage,antidépresseurs inhibiteurs sélectifs recapture sérotonine,surmédicalisation surconsommation psychotropes

L’emprise sur les moyens d’information et de formation médicale continue permet de contrôler l’information et étouffer les scandales. Les laboratoires ne publient que les études qui, réellement ou suite à la manipulation des données, présentent leurs médicaments comme efficaces et bien tolérés. C’est ce qu'on appelle le « biais de publication », aux conséquences redoutables en termes de désinformation des usagers et des professionnels de santé, puisque l’ensemble de la littérature médicale s’en trouve déformée et biaisée. Ainsi, si l’on regarde uniquement les études publiées sur les ISRS, l’on peut penser que plus de 90% ont des résultats favorables aux antidépresseurs en question. Mais prises en totalité, seules 51% d’entre elles sont favorables, dont certaines ont été « embellies » pour devenir « acceptables pour le commerce » [8].

Une méta-analyse de 2008 confirme que les essais cliniques ne montrent qu’une supériorité faible des antidépresseurs par rapport au placebo. Et lorsque les essais non publiés sont pris en compte, les bénéfices des antidépresseurs n’atteignent même plus le seuil d’une efficacité statistiquement significative [9]. Selon la plupart des auteurs, les antidépresseurs n’ont d’effet que dans les dépressions graves – et ce sont d’ailleurs les seules qui devraient être appelées ainsi, pas les « déprimes » passagères et autres vagues à l’âme. Cela dit, même cet effet constaté chez les personnes souffrant de dépressions sévères « semble dû à une réponse au placebo plus faible chez des patients souffrant de dépressions graves, plutôt qu’à un impact plus fort des médicaments administrés » [idem].

Cette analyse diffère en tous points des discours marketing des laboratoires pharmaceutiques, qui oublient aussi de préciser que les études comparatives n’ont jamais pu prouver une efficacité supérieure des antidépresseurs nouveaux (Seropram, Cymbalta, Déroxat, Zoloft…) sur les anciens.  De plus, ces derniers n’ont pas d’effet sur à peu près 40% des patients. Ces chiffres jadis contestés ont été confirmés depuis 2005 [10].

 

Effets indésirables tels que suicides, violence, manie, accidents vasculaires cérébraux, glaucome…

« Antidépresseurs : des placebos potentiellement mortels ? », titrait la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm (a-t 2005 ; 36 :45). Rien ne permet d’affirmer que les antidépresseurs protègeraient des idées suicidaires ; au contraire, les essais bien menés montrent que les ISRS déclenchent de telles idées – voire des passages à l’acte – chez des volontaires sains, ou les renforcent chez les personnes en souffrance psychique. Les tricycliques ne sont pas moins risqués. Lorsqu’on compare les résultats obtenus avec des ISRS sur l’échelle Hamilton (qui codifie les critères de dépression), le bénéfice apporté dépasse à peine l’effet placebo. Et même cet effet minime peut résulter de biais et de variables des essais en question.

Malgré la pléthore d’études et une utilisation intensive pendant des décennies, on ne peut fonder scientifiquement ni l’utilité, ni l’efficacité, ni la sécurité d’emploi des antidépresseurs.

Lorsqu’on parle du nombre d’effets secondaires, il faut toujours avoir à l’esprit la sous-notification chronique : seuls 1% à 5% des effets indésirables des médicaments sont signalés à la pharmacovigilance [11]. Plus de 2.000 suicides liés au Prozac ont été signalés jusqu’à l’automne 1999 à l’agence états-unienne du médicament (FDA). Ce risque était connu des laboratoires, et lors de procès intentés aux Etats-Unis à la firme GSK, on a appris l’occultation délibérée du risque suicidaire du Déroxat, majoré chez les enfants. Depuis, les antidépresseurs portent un « label noir » aux Etats-Unis et ne peuvent être prescrits en ville qu’aux personnes âgées de plus de 24 ans. En France, certaines estimations parlent de 3.000 à 4.000 suicides par an, liés aux antidépresseurs [12].

Une étude de mars 2011 révèle un risque significatif de glaucome aigu à angle fermé – une urgence ophtalmologique au vu du risque de cécité - chez des personnes de plus de 66 ans ayant pris des antidépresseurs dans les semaines précédant l’apparition de la maladie [13]. Nombreux sont les effets indésirables neurologiques – tels que la neuropathie périphérique sous tricycliques -, cardiovasculaires, métaboliques, de même que les troubles de la libido, les troubles neuropsychologiques tels que la nervosité, les sautes d’humeur, l’agitation allant jusqu’à l’akathisie, les crises psychotiques…

En décembre 2009, une étude à grande échelle nous apprenait que les femmes ménopausées sous antidépresseurs tricycliques (Laroxyl…) ou ISRS (Déroxat, Zoloft, Seropram…) avaient un risque légèrement augmenté de faire un accident vasculaire cérébral par hémorragie et de décéder (toutes causes confondues) [14]. Ces résultats sont confirmés (aussi chez les hommes) par une étude de mars 2011, qui démontre sur plus de 24.000 patients une causalité probable entre la prise d’antidépresseurs et des accidents vasculaires cérébraux (AVC) pendant les premières semaines [15]. Et plus l’inhibition de la recapture de la sérotonine est forte, plus le risque d’AVC de type ischémique augmente. Le risque semble dose-dépendant et intervenir en début du traitement, là où le risque de suicide est lui aussi élevé, du fait de la désinhibition provoquée par les antidépresseurs.

Mais au lieu de réserver la prescription d’antidépresseurs aux cas les plus graves, où le rapport bénéfices – risques semble rester favorable, les médecins ajoutent des tranquillisants et des somnifères, surtout en début de traitement, pour diminuer le risque de passage à l’acte, et ces derniers ont à leur tour des effets secondaires… Ceci est un exemple de cascade de prescription.

Une étude suédoise de 2008 estime à 3% le taux de décès par effets indésirables des médicaments. En troisième position arrivent les antidépresseurs, mis en cause dans 14% des 1574 cas de décès liés aux médicaments. [16] Et pensons aux actes de folie meurtrière commis aux Etats-Unis par des adolescents sous ISRS (parfois avec d’autres psychotropes) et ayant accès à des armes… Une étude récente des notifications d’effets indésirables à la pharmacovigilance américaine place onze antidépresseurs, six sédatifs / hypnotiques et trois médicaments prescrits dans l’hyperactivité parmi les médicaments qui déclenchent le plus d’actes de violence, allant jusqu’au crime et à l’abus sexuel [17].

N’oublions pas le risque de surdose accidentelle ou de prise cumulée de médicaments ayant un impact sur la sérotonine, qui peut déboucher sur un syndrome sérotoninergique aux conséquences neurologiques et cardiovasculaires sévères, voire mortelles. Un autre risque passé sous silence est celui de la dépendance et du syndrome de sevrage [18]. 

 

Un déséquilibre biochimique dans le cerveau serait la cause de la dépression, corrigée par les ISRS ?

C’est une trouvaille marketing qui donne un habillage scientifique permettant de comparer les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine dans la dépression à l’insuline dans le diabète… Il n’a jamais été prouvé qu’il existerait un déséquilibre des neurotransmetteurs, en particulier de la sérotonine, ou une carence en sérotonine, et qu’augmenter son taux ou sa durée dans les synapses guérirait la dépression. Les taux de sérotonine, noradrénaline et dopamine ne sont par ailleurs pas les mêmes à la périphérie et dans le système nerveux central. Et l'on ne sait rien de ces derniers, mesurables uniquement après le décès…

Outre les cas de dépression sévère, le traitement chimique n’est qu’un « mythe », fort rentable pour les pharmas qui l’ont créé [19]. 

Une question s’impose : au vu de l’absence de fondement scientifique, du poids du marketing et du profit dans l’avènement de cette « épidémie » artificielle de dépression, parfaitement décrite par Robert Whitaker dans un livre choc [20], au vu de l’efficacité limitée aux dépressions graves et des effets indésirables, pourquoi courir autant de risques en prescrivant massivement ? A quand un usage rationnel des antidépresseurs et une évaluation méthodologiquement fiable et dénuée de biais et de conflits d’intérêts?


[Encadré]

Voici quelques autres effets indésirables des antidépresseurs, communs ou spécifiques à une classe, et dont la fréquence est très variable : 

  • troubles cardiaques (troubles du rythme cardiaque, palpitations, syncope, tachycardie, insuffisance cardiaque, infarctus, arrêt cardiaque…), hypertension ou hypotension ;
  • troubles neurologiques et neuromusculaires (troubles de l’équilibre, vertiges, contractures ou spasmes musculaires, myoclonie, hyperesthésie, névralgie, états épileptiques, neuropathie, parésie, nystagmus, pertes de connaissance, douleurs musculaires ou articulaires, asthénie, fatigue…) ;
  • troubles gastro-intestinaux (hépatite, stomatites, gingivites, ulcérations, hémorragies gastro-intestinales, ulcères, troubles du transit…) ;
  • troubles urinaires ;
  • troubles sexuels (dysfonction érectile, éjaculation précoce…) ;
  • troubles métaboliques, prise de poids ou perte de poids ; troubles du comportement alimentaire (anorexie…) ;
  • hausse du cholestérol, des triglycérides, de la créatinine, du calcium…; hypoglycémie ou hyperglycémie;
  • troubles hématologiques (anémie, thrombocytopénie…) ; ecchymoses, purpura, rash ;
  • troubles des sens (baisse de la vision, vision double, mydriase, photosensibilité, hémorragies rétiniennes, sclérite, uvéite, hyperacousie, acouphènes, baisse de l’audition, altérations du goût et de l’odorat) ;
  • troubles neuropsychologiques incluant psychose, akathisie, ataxie, hallucinations, dépersonnalisation… ;
  • troubles respiratoires (dyspnée, hyperventilation…) ;
  • troubles allergiques et cutanés (oedèmes, urticaire, dermatites, eczéma, éruptions cutanées, érythèmes, hirsutisme, atrophie cutanée…) ;
  • troubles endocriniens (dysfonctions de la thyroïde…)


Notes et références

[1] Roland Gori, Marie-José del Volgo, La Santé totalitaire. Essai sur la médicalisation de l’existence. Denoël 2005.

Michel Foucault, L’Histoire de la folie à l’âge classique, Plon 1961.

[2] Janet Currie, La marchandisation de la dépression. La prescription des ISRS aux femmes. Action pour la protection de la santé des femmes, mai 2005.

[3] David Healy, The Creation of Psychopharmacology. Harvard UP Cambridge 2002.

Et aussi : David Healy, Le Temps des antidépresseurs, Empêcheurs de penser en rond, 2002.

Peter Kramer, Le bonheur sur ordonnance, Ed. First 2004.

[4] Edouard Zarifian, Le Prix du bien-être. Odile Jacob 1996.

[5] Déclaration de l’ISDB sur le Progrès Thérapeutique dans le domaine du médicament, 2001.

[6] Ray Moynihan / Alan Cassels, Selling Sickness : How the World’s Biggest Pharmaceutical Companies Are turning Us All into Patients, Greystone Books, Vancouver 2005.

Jörg Blech, Les Inventeurs de maladies, Actes Sud 2005.

Et les articles de la catégorie « Disease mongering » du blog Pharmacritique.

[7] Elena Pasca, Séisme en algologie et en anesthésie : fraude scientifique majeure de Scott Reuben, blog Pharmacritique 13 mars 2009.

[8] Arznei-Telegramm, « Le financement par les firmes crée un potentiel considérable de manipulation de la recherche ». Janvier 2010 (a-t 2010; 41: 1-3).

[9] Irving Kirsch et al., Initial Severity and Antidepressant Benefits: a Meta-analysis of Data Submitted to the Food and Drug Administration, 2008: PLoS Med 5(2): e45.

[10] Turner EH, Selective Publication of Antidepressant Trials and its Influence on apparent Efficacy, NEJM 2008 ; 358 : 252-60.

Richard A. Hansen, Efficacy and Safety of Second Generation Antidepressants in the Treatment of Major Depressive Disorder. Ann Int Med, September 20, 2005 vol. 143 no. 6 415-426.

Et les articles de Pharmacritique (catégories « Dépression, antidépresseurs », « Psychiatrie… ».

[11] International Society of Drug Bulletins : Déclaration de Berlin sur la pharmacovigilance, 2005.

[12] Selon le psychiatre Jean-Yves Pérol, cité par Guy Hugnet, Antidépresseurs : mensonges sur ordonnance. Ed. Thierry Souccar 2010, p. 105.

[13] Dallas P. Seitz, Antidepressants and Risk of Acute Angle Closure Glaucoma in Older Adults. American Association for Geriatric Psychiatry, 2011 Annual Meeting.

[14] Smoller, J.W. Antidepressant Use and Risk of Incident Cardiovascular Morbidity and Mortality Among Postmenopausal Women in the Women's Health Initiative Study, Arch Int Med, December 2009;169(22):2128-2139.

[15] Chi-Shin Wu et al., Association of Cerebrovascular Events With Antidepressant Use: A Case-Crossover Study. Am J Psychiatry 15 mars 2011, doi: 10.1176/appi.ajp.2010.10071064.

[16] Karin Wester et al, Incidence of fatal adverse drug reactions: a population based study. British Journal of Clinical Pharmacology, Volume 65 Issue 4 Page 573-579, April 2008.

[17] Moore TJ et al. Prescription Drugs Associated with Reports of Violence Towards Others. PLoS One, December 2010 5(12): e15337.

[18] Charles Medawar, Medicine Out of Control, Aksant 2004.

Medawar C, Herxheimer A. A comparison of adverse drug reaction reports from professionals and users, relating to risk of dependence and suicidal behaviour with paroxetine. Int J Risk Safety Medicine 2003/2004;16:5-19.

[19] Joanna Moncrieff, The Myth of the Chemical Cure. A Critique of Psychiatric Drug Treatment, Palgrave MacMillan 2007;

Elliot Valenstein, Blaming the Brain. The Free Press 1998.

[20] Robert Whitaker, Anatomy of an Epidemic. Magic Bullets, Psychiatric Drugs and the Astonishing Rise of Mental Illness, Random House 2009.


Elena Pasca

Philosophe, fondatrice du blog Pharmacritique et administratrice de la Fondation Sciences Citoyennes

*

Copyright Alternative Santé, Pharmacritique

Commentaires

Merci pour cette information !
Je suis contre l'utilisation de ce type de médicaments, même si je reconnais que la dépression est une véritable maladie..

Écrit par : simon | 30/01/2012

bien d'accord... les anti-dépresseurs sont de la m... bien sûr médicament rime avec argent... mais comment faire quand on en a vraiment besoin. Je ne peux m'en passer, je chute et rechute. Trop simple de dire que le prozac conduit au suicide. Le suicide sans prozac est-il comptabiisé? Marre de certain discours

Écrit par : MARCELLIN | 31/01/2012

Bonjour Elena,

Article intéressant, très vrai sur le fond mais trop orienté anti antidépresseur avec le risque de créer l'effet inverse de celui recherché, cad la non utilisation du bon traitement pour la bonne pathologie.

En effet il existe une étude célèbre dans le monde des soins psychiatriques sur l'utilisation des anxiolytiques et des antidépresseurs sur toute l’Europe qui montre la mauvaise utilisation des 2. Par exemple les dépressifs sévères uniquement traités par anxiolytiques et inversement des névroses d'angoisse traitées uniquement par antidépresseur.

Hors les médias ont tendance a diabolisé la surconsommation des anxiolytiques et des antidépresseurs créant un réflexe de crainte voir de rejet chez les vrais patients potentiels et aussi chez certains praticiens.

Le problème montré par l'étude est la mauvaise distribution des traitements. Non dépressif traité par antidépresseur, dépressif non traité, dépressif maltraité par anxiolytique seul, anxieux non traité, anxieux maltraité par antidépresseur seul,non anxieux traité par anxiolytique.

Je suis très loin d'être un fan de l'industrie pharmaceutique (voir mes avis sur la grippe A) et il est vrai que l'efficacité des antidépresseur est moins claire que celle des anxiolytiques (mécanismes physiologiques mieux compris). De plus son but est principalement de vendre et non pas de s’inquiéter si le traitement va aux bonnes indications.

Le problème de fond à mettre sur le devant de la scène est le bon traitement pour la bonne pathologie. Ce qui est loin d'être le cas!

En caricaturant à l’extrême les non malades sont traités et les malades (anxieux et/ou dépressifs) ne le sont pas!

Écrit par : fromont | 01/02/2012

il me semble avoir envoyer un commentaire hier, vous ne l'avez pas publié?
Dr Lionel FROMONT
PS il doit être lu par un modérateur avant , d'ou le retard je suppose.

Écrit par : fromont | 02/02/2012

Bonjour Lionel,

Je ne peux pas répondre en détail pour le moment, mais, à des nuances près, votre position ne semble pas si différente de la mienne. (A moins que j'aie mal lu).

Cordialement

Écrit par : Elena Pasca | 09/02/2012

A Marcellin:

Bonjour,

Je comprends que vous puissiez en avoir "marre de certains discours".

Pour ce qui concerne Pharmacritique, je ne diabolise pas l'ensemble des médicaments et de la médecine, ne propose rien d'autre et n'appelle personne à interrompre des traitements, voire à se tourner vers des méthodes alternatives.

Ce que je fais, c'est donner des informations, basées sur des arguments solides. Le nombre et la qualité des références au cours du texte et à la fin en témoignent.

Certes, le texte est comprimé parce que le nombre de signes est limité et qu'il est difficile d'aborder autant de dimensions - du disease mongering au biais de publication et aux étapes historiques majeures dans la marchandisation de la dépression - tout en gardant une cohérence et un fil conducteur autour des effets indésirables.

J'ai dit, dans ce texte comme dans les autres traitant de la dépression et des antidépresseurs, que les prescriptions devraient être réservées aux cas sévères, où elles sont justifiées et où le rapport bénéfices/risques semblent rester favorable.

Donc si dans votre cas, la prescription se justifie, si un antidépresseur vous fait du bien sans avoir trop d'effets indésirables, si vous avez été bien informé et que vous le prenez en connaissance de cause, il n'y a à mes yeux aucun problème - et personne ne peux raisonnablement contester une telle prescription.

Ce contre quoi je proteste, c'est la prescription massive, sans justification, sans un diagnostic de dépression clinique, etc. On est très loin du "réflexe de crainte" et du "rejet" de ces médicaments évoqué par le Dr Fromont... Car 80% des antidépresseurs sont prescrits par des médecins généralistes, au bout de 10 à 15 minutes de consultation, ce qui est ridiculement court s'agissant d'un souci psychique, où la principale demande du patient, c'est de pouvoir parler, d'être écouté avec empathie, ou du moins avec une "neutralité bienveillante", pour utiliser l'expression consacrée en psychanalyse.

On suppose que ces prescriptions sont majoritairement injustifiées, faites par commodité et pour gagner du temps, et/ou parce que les praticiens sont désinformés. La qualité, la pertinence et les résultats ne sont jamais évalués.

Ces prescriptions se font la plupart du temps sans en référer à un psychiatre qui pourrait prendre plus de temps et mettre en place une psychothérapie régulière. (D'ailleurs, je pense que si les généralistes pensaient vraiment qu'il s'agit à chaque fois de dépressions au sens clinique du terme, les seuls qui méritent de s'appeler ainsi, ils ne manqueraient pas d'adresser ces patients aux psychiatres, pour une prise en charge adéquate et de qualité. C'est ainsi que tout est "traité" de la même façon, tout est mis dans le même sac: les déprimes comme les dépressions, et c'est aussi l'une des raisons qui expliquent pourquoi ces dernières ne sont pas traitées comme il faut...)

Si vous avez lu mes autres billets et commentaires sur la dépression (mais aussi la conduite à tenir face aux soucis psychiques qui n'en sont pas mais demandent une écoute, tels que les déprimes, vagues à l'âme, tristesses, les retentissements psychiques de problèmes socio-économiques, relationnels, etc.), vous avez certainement vu que j'insiste sur la psychothérapie dans tous ces cas. Peut-être est-ce une déformation de ma part, à cause de ma formation... Mais peu importe. Il en faut une, avec un psychiatre, de préférence.

Je n'ai pas eu assez de place pour évoquer cet aspect-là dans l'article: la nécessité de la "verbalisation", de la psychothérapie, quitte à chercher longuement et à changer de psychiatre jusqu'à trouver le bon. Peut-être est-ce quelque chose que vous devriez envisager, puisque vous parlez de rechutes. Les médicaments seuls ne suffisent pas; la première chose à faire, c'est la psychothérapie.

Au Dr Fromont

Je pense que ces précisions permettent de répondre aussi à vos remarques, Lionel. Je ne fais pas dans la diabolisation, ni des antidépresseurs, ni de quoi que ce soit. D'ailleurs, l'une des raisons de la "modération" que vous évoquez, c'est pour éviter les récupérations par la scientologie - qui diabolise la psychiatrie et les psychotropes - et me prémunir contre les tentatives de toute sorte d'inonder Pharmacritique par des discours, des liens et des publicités menant vers des sites directement ou indirectement reliés à la scientologie.

C'est aussi l'une des raisons du copyright, après que j'ai constaté moult récupérations et instrumentalisations de mes textes (ou de fragments déformés et extraits de leur contexte). Je ne veux être récupérée par qui que ce soit, par les médecines alternatives non plus. La critique ne veut pas dire diabolisation, ni promouvoir autre chose à la place.

Ce qui m'intéresse, c'est qu'il y ait des informations transparentes et accessibles publiquement, permettant un débat et des décisions en connaissance de cause - mais ce n'est pas ce qui se passe de nos jours...

Et puis, lorsque j'ai commencé Pharmacritique, il n'y avait pas encore la mode du scoop "médicament" dans la presse... Personne n'en parlait. Regardez les débuts du blog, les articles sur Avandia et les autres glitazones, ceux sur Gardasil, etc. Regardez aussi les réactions de rejet - et vous n'imaginez même pas les insultes que j'ai reçues...

Entre-temps, Avandia a été retiré, les glitazones sont montrés du doigt (Actos a fait les gros titres), beaucoup de monde a repris les informations sur le Gardasil, etc.

Maintenant, nous risquons effectivement de voir l'autre extrême, de la part de media qui n'ont pas fait leur travail lorsqu'il le fallait - et qui le font mal aujourd'hui. On l'a vu par exemple avec le tramadol; j'en parlerai si je trouve le temps. Ca m'a fait rigoler de voir un article dans lequel le journaliste parle du risque de mésusage et cite un médecin disant qu'il l'a "prescrit, mais avec prudence". Pourquoi? La prudence n'est-elle pas la conduite à tenir avec tous les médicaments? Ce n'est pas les diaboliser que de dire qu'il ne s'agit pas de bonbons, quand même.

Et pour ce qui est des antidépresseurs, le fait est qu'il n'y a pas de preuves quant à la cause, ni quant à l'efficacité des antidépresseurs agissant sur cette même cause. De telles informations doivent être données et non pas être retenues pour ne pas faire peur ou ne pas risquer de se voir reprocher une "diabolisation".

Il faut trouver une attitude raisonnable et rationnelle, qui tranche avec le paternalisme de la médecine, selon lequel le patient n'a pas à tout savoir. Parce que vous voyez que lorsque les usagers se rendent comptent des tromperies du système, la réaction peuvent vite tomber dans l'autre extrême, tout aussi déraisonnable. Il faut avoir toutes les informations pour qu'il y ait une décision partagée (shared decision making), en connaissance de cause. C'est le terme que j'utilise, car "consentement éclairé", c'est une illusion et une tromperie de plus, comme je l'ai souvent dit: c'est amener le patient à consentir à ce que le médecin a décidé à sa place.

Je ne pense pas que nos positions de principe soient différentes.

Cordialement

Écrit par : Elena Pasca | 10/02/2012

Bonjour Elena,

Effectivement nos positions de principe sont identiques.

L'intéret primordial de la psychothérapie est évident mais l'effet placébo fonctionne réellement donc: comment le créer si le patient est au courant de l'inefficacité supposé de son antidepresseur (il doit y croire pour que l'effet placébo agisse!)?

bon we

Écrit par : fromont | 10/02/2012

Le Dr David Healy que vous citer deux fois en référence sort un livre "Pharmageddon"...pour lequel il est lancé dans une campagne de promo mondiale ,qui le mène aujourd'hui à Lyon ( pour une conférence sur ” La manie ” et ” Le suicide ” )

Le Dr Healy dispose d'un blog : http://davidhealy.org/blog

Écrit par : encoruneptitgoutte | 13/02/2012

Merci pour les informations et le lien vers le blog de David Healy.

J'ai reçu d'autres informations récentes sur ses activités et ferai un billet pour en parler. C'est sur la très très longue liste de sujets à aborder...

Lionel, bien évidemment, lorsqu'on peut utiliser l'effet placebo, pourquoi s'en priver ? Mais il me semble qu'il faut le faire avec des médicaments moins risqués, quand même... Lorsqu'il y a des risques, il faut informer, il n'y a pas d'autre choix, d'abord éthiquement et déontologiquement parlant. Si la démystification empêche l'effet placebo, c'est tant pis.

Pour exploiter l'effet placebo, il faut, comme vous dites, des patients qui y croient. Donc on en trouve facilement parmi ceux qui croient à l'homéopathie, vu que le seul effet de celle-ci, c'est la croyance qui l'induit.
Alors les médecins qui pensent qu'un effet placebo suffit dans tel cas de souci psychique mineur peuvent prescrire de l'homéopathie et tenir le discours qui va avec (rassurer, vanter les qualités du produit, etc.), discours qui est, lui aussi, constitutif de l'effet placebo, au moins tout autant que ce comprimé lui-même.

D'ailleurs, vous savez que le comprimé n'a pas d'importance dans le placebo. Peu importe ce que c'est. Il faut prendre quelque chose, de façon assez ritualisée - et plus c'est formalisé, plus c'est efficace - donc un produit que le médecin a présenté comme paré de toutes les vertus, etc.

Si on pense à tout ce qui a été mis en évidence récemment à propos du placebo, il faudrait aussi, lorsqu'on le prescrit, dire que c'est un produit nouveau, dernier cri de la technologie médicale, mais fait sur la base d'extraits de plantes, qu'il est cher (plus le placebo est cher, plus il est efficace...), qu'il est de marque (pas un générique), etc. Il faut avoir recours à tous les clichés et user des techniques de persuasion connues depuis la nuit des temps, et le produit ainsi investi affectivement grâce au discours aura des chances d'être efficace, peu importe sa nature...

Je renvoie vers un billet rendant compte des recherches de Dan Ariely sur le placebo, et notamment sur l'influence du prix sur la croyance en son efficacité.

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2008/11/11/plus-le-placebo-est-cher-plus-il-est-efficace-dan-ariely-nou.html

C'est la preuve la plus patente que ces personnes ont parfaitement bien internalisé les standards du capitalisme: la valeur d'échange d'un produit (l'image, la communication autour, le prix, la marque...) prime sur la valeur d'usage. C'est un comble que ça se vérifie à ce point-là même en santé...

Les consommateurs d'homéopathie savent-ils à quel point ils donnent raison à Marx? ;))
Pourtant, on trouve beaucoup de consommateurs d'homéopathie parmi les contestataires du capitalisme, parmi les écologistes, etc. Leurs pratiques de consommation montrent à quel point ils sont dans la contradiction. Ils pensent consommer moins et se comporter en usagers, et pourtant, l'homéopathie, c'est tout le contraire. Et en plus, la croyance est forte, la conviction est profonde et on en voit beaucoup prêts à se mobiliser pour défendre cette croyance.

Sans parler du fait que Boiron n'est pas un artisan désargenté et qu'il y a tout un empire de produits alternatifs, tout aussi opaque que l'industrie pharmaceutique et misant et usant lui aussi des mêmes techniques marketing. J'ai évoqué ces questions dans une interview à ResPublica (Gauche républicaine):

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2011/07/23/scientisme-et-irrationalisme-dogmes-symetriques-deleteres-po.html

(Suite dans le prochain commentaire)

Écrit par : Elena Pasca | 18/02/2012

(Suite)

Si les antidépresseurs ne servent que pour l'effet placebo, c'est un aveu d'inefficacité totale, selon les critères scientifiques, j'entends. Et cela va bien plus loin que ce que je dis dans l'article, où je cite quand même le consensus sur un effet thérapeutique chez des personnes souffrant de dépression grave, même s'il y a des doutes là-dessus aussi (ce serait une plus grande ouverture à l'efficacité placebo de l'antidépresseur qui expliquerait pourquoi ça marche...)

En fait, nous nous retrouvons dans la même situation que pour les médicaments prescrits dans l'Alzheimer (anticholinestérasiques et mémantine), où après des multiples critiques basées sur les multiples preuves scientifiques d'inefficacité, les leaders d'opinion et tous ceux qui, jusqu'en bas de la pyramide, les prescrivent et y croient, finissent par admettre que ces médicaments sont des placebos, mais disent qu'il faut les garder pour leur "effet structurant". Selon cette spéculation, les médicaments sont centraux: ce sont eux qui permettraient le diagnostic (?) de l'Alzheimer et la prise en charge médicale, alors que sans eux, on en reviendrait à l'exclusion des malades et à leur stigmatisation ("le gâtisme d'antan", texto). Et il y a aussi l'espoir, qu'il ne faut pas enlever: il faut pouvoir dire aux malades qu'il y a des médicaments.

C'est stupéfiant.

J'ai pris des notes de tout cela en vue d'un billet, en lisant ce qui a été dit lors de la journée Alzheimer l'automne dernier, mais la pause pour des raisons de santé ne m'a pas permis d'écrire le billet en question. Mais cette question (efficacité des médicaments égale à l'effet placebo, mais utilité pour les pseudo-raisons citées plus haut) est revenue sur le tapis lors du débat auquel j'ai participé le 2 décembre dernier sur France Culture, dans l'émission "Science publique", sur les causes de l'explosion des maladies neurodégénératives. Il a été question surtout de l'Alzheimer.

Bon, j'arrête de divaguer. Si quelqu'un est intéressé, l'émission peut être écoutée sur le site de France Culture.

Simplement, la similitude dans l'argumentation m'est venue au cours de la réponse et me semble intéressante: gardons les médicaments, même risqués, continuons à les prescrire pour leur effet placebo...

Certes, la motivation n'est pas la même dans les deux cas, puisque je ne vous prête aucune intention de défense des intérêts de l'industrie pharmaceutique, Lionel.
:)

Cordialement

Écrit par : Elena Pasca | 18/02/2012

Très intéressant, merci Eléna.

Plus rien ne me surprend. Le "trou" de la Sécu est lui bien réel, mais pas d'effet placebo, plus on répète que la Sécu va mal, plus les gens grognent parce que des médicaments sont déremboursés, et même s'il y a eu effets secondaires sérieux, ils continuent de plus belle avec un autre médicament.

Surtout, ne jamais se poser de questions.....

Écrit par : Chantal | 18/02/2012

Bonjour ELENA
merci pour cet article qui est une fois de plus très intéressant.

Les français prennent trop d’antidépresseurs à qui la faute ? aux médecins qui ne prennent pas le temps de vérifier si il s’agit d’une dépression ou d’une déprime. La faute également aux patients mais c’est un choix enfin pas pour tout le monde il y a malheureusement de vraies dépressions qui mènent au suicide…………………

EFFECTIVEMENT : Une étude suédoise de 2008 estime à 3% le taux de décès par effets indésirables des médicaments. En troisième position arrivent les antidépresseurs, mis en cause dans 14% des 1574 cas de décès liés aux médicaments. [16] Et pensons aux actes de folie meurtrière commis aux Etats-Unis par des adolescents sous ISRS (parfois avec d’autres psychotropes) et ayant accès à des armes… Une étude récente des notifications d’effets indésirables à la pharmacovigilance américaine place onze antidépresseurs, six sédatifs / hypnotiques et trois médicaments prescrits dans l’hyperactivité parmi les médicaments qui déclenchent le plus d’actes de violence, allant jusqu’au crime et à l’abus sexuel [17].

CELA EST VALABLE POUR TOUS LES MEDICAMENTS c’est un choix beaucoup de personnes préfèrent avaler un médicament rembourser par la SS plutôt que de faire un effort alimentaire…………………..lorsque cela est possible il ne faut donc pas se plaindre après nous avons un cerveau que nous ne laissons pas dans la salle d’attente du médecin………….
CORDIALEMENT
Martine

Écrit par : Martine | 21/02/2012

je suis une victime du syndrôme de sevrage prolongé du au déroxat/paroxétine (antidépresseur)qui m'a été prescrit pendant des années inutilement

Merci Elena pour le blog et les articles

Écrit par : Christiana | 25/02/2012

bonjour,
les meilleurs psychotropes sont les opiacés dont le chef de file la morphine, tous ceux qui souffrent de douleur morale vous le diront et De Quincey, à condition de le lire vous le démontrera(ou sa traduction par Charles Baudelaire dans Les paradis artificiels); en 200 ans nous avons régressé de millions d'années où les opiacés étaient utilisés empiriquement et avec succès (voir l'herbe de la joie des sumériens)

pourquoi croyez-vous que ces substances (les opiacés) soient si recherchées si elles n'étaient pas remarquablement efficaces?

Écrit par : marcel | 07/05/2012

Evidemment c'est efficace, mais le pendant, ce sont les horribles effets secondaires quand ils sont utilisés à tort et à travers.
Mon prof de fac avait l'habitude de dire " quand vous donnez de la morphine, augmentez graduellement jusqu'à ce que la douleur cesse. Dés que le malade somnole un peu c'est qu'il est trop dosé, vous le baissez donc graduellement ( sous peine de sevrage penible). Il faut que des médecins expérimentés supervisent.

Écrit par : docteur Vincent | 09/11/2012

Je termine maintenant, enfin, mon traitement d'un an sur l'Effexor (c'est moi qui ai demandé l'arrêt). Pour le peu d'aide que cela m'a apporté, je subis maintenant les conséquences de la prise quotidienne de ce "médicament"(les effets secondaires ne sont pas reconnus par mon médecin): prise de poids anormale, acouphènes auparavant inexistants et légère instabilité émotionnelle qui n'existait également pas auparavant........

Écrit par : Guy | 30/11/2012

il est probable que les anti-dépresseurs agissent comme un super placebo...

Comment expliquer que tant de molécules différentes (IMAO, bi- et tricycliques, inhibiteur de le recapture de la sérotonine (quelle connerie cette pseudo science), adrénergique et j'en passe) est la même (in-)efficacité, d'ailleurs presque toujours comparées à l'Anafranil quand il y a comparaison.
Seul un placebo donnera toujours le même taux d'efficacité dans toute études bien menées, avec évidemment moins d'effets secondaires (mais il y en a... effets nocebo);
évidemment les anti-dépresseurs ont beaucoup plus d'effets secondaires, et c'est en cela qu'ils sont un peu plus anti-dépresseur que le placebo car l'effet physique est bien ressenti, abrasion des sensations, effets sédatifs, sensation d'imprégnation physique impossible à décrire. Ces sensations renforcent l'effet placebo, mais de peu.

J'ai testé le paracetamol, 1 g matin et soir, ibuprofen également, et l'efficacité est similaire, avec diminution d'une grande partie de la souffrance physique due à l'état dépressif, meilleur sommeil également, sans prescription de sédatifs, accompagnée d'une thérapie de soutien inspirée et pompée des TTC et de la philosophie et beaucoup d'écoute, avec une remarquable efficacité... mais très "chronophage", 1h chaque consultation, mais SURTOUT et JAMAIS dans le cadre d'une consultation prétendument à visée de psychothérapie... ça gâche tout! L'efficacité est notable sur les petites déprimes, la majorité des cas.

Si l'on acceptait également que c'est normal d'être de temps en temps déprimés, angoissés, fatigués (personnellement c'est très souvent), enrhumés, d'avoir tout un tas de petites douleurs banales (moi c'est permanent à près de 60 ans), je fermerais boutique.

Le meilleur des conseils pour prévenir ces états là : COUCHEZ VOUS TÔT! comme les anciens, et arrêtez de regarder votre stupide télé, le meilleur et puissant des dépressogènes.

Écrit par : MGFRANC | 01/12/2012

Bravo pour cet article très bien écrit et très intéressant. J'ai été traité par antidépresseurs pendant 1 an cela ne m'a apporté plus de problèmes qu'autre chose prise de poids (avec alimentation saine pourtant) perte de mémoire, perte de cheveux, somnolence, maux de ventre, fatigue intense, perte de libido, trouble de la vue et plus aucunes émotions!

Je rebondi sur le commentaire de Mgfranc: se coucher tôt change bien des choses en positif :-)

Écrit par : Estelle | 14/12/2012

Une belle somme de bétises tout de même sur cette page parmi quelques vérités ou lieux communs. Faire des raccourcis comparatifs avec les années '50 est une abérration totale! la société, la médecine, les mœurs ont évolué (pas toujours en bien je vous l'accorde). À l'époque quand quelqu'un mourrait d'un cancer, personne ne savait de quoi il était mort... Alzheimer, dépression, schizophrénie, etc. tout ça n'existait effectivement pas, il y avait juste des "dingos" qu'on enfermait à l'asile, loin de la ville, quand ils ne s'étaient pas encore foutu sous un train. Sans compter que le mode de vie d'aujourd'hui est 'légèrement' plus stressant que celui des années '50. Alors dire que les médecins et les lobbies pharma ont inventée la dépression (et les dépressifs) pour pouvoir vendre des médocs, ça me paraît très limité quand même. La dépression n'est pas une simple mélancolie ou un manque de volonté, elle ne se soigne pas avec des plantes ni par la méthode couet. C'est une vraie maladie qui a mis du temps à être reconnue, comprise et prise en charge correctement par le corps médical, et du côté de la populasse, le chemin risque d'être encore long, entre ceux qui vous conseillent un bon whisky tous les soirs, fumer de l'herbe ou simplement être fort et courageux, que "tout ça c'est dans la tête"... On est loin du compte. Non traitée, la dépression mène presque toujours au suicide. Maintenant malheureusement beaucoup de déprimés tombent bêtement dans l'excès inverse et s'en remettent corps et âme aux molécules, ce qu'il ne faut surtout pas faire, car là on rentre vraiment dans la spirale addictive. Les AD sont une aide, un support et c'est comme ça que le présente la plupart des praticiens. Ils aident le cerveau à trier, à inhiber les idées noires et inutiles, et de ce fait à récupérer l'énergie nécessaire pour prendre soi même le dessus sur son mal-être. Bien sûr, ils doivent être accompagné d'un suivi psycho, d'activités physiques, de relaxation, et de tout ce qui peut faire du bien en général. Je suis moi aussi contre la prescription automatique en première intention par les généralistes. Selon l'intensité du trouble, une psychothérapie peut suffire... Ou pas.

Écrit par : Laurenzo | 18/04/2013

bjr, suis sous anafranil depuis 7 ans bon pas une grosse dose débuté à 75 mg pour descendre à 50 mg/jour; j'ai été en pré ménopause en 2011 et ménopausée en 2012; de janvier à aujourd'hui juillet 2014 j'ai fait trois épisodes douloureux type névralgie pudentale (douleurs horribles vagin, anus). et douleurs très invalidantes avec arrêt de travail fréquents, les deux premiers épisodes sont apparus d'un seul coup et ont duré quatre mois de souffrance, là je vis le 3ème épisode. J'ai arrêté l'anafranil est que ces symptomes névralgiques peuvent disparaître si j'arrête anafranil, merci de me renseigner car je ne sais plus quoi faire pour me soulger je souffre le martyr à me foutre en l'air, aidez moi

Écrit par : liliane | 22/08/2014

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