La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

24/02/2012

Colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics et surtraitements" fin avril: présentation détaillée et appel à contributions actualisés

Dans ce billet, je faisais la première annonce du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics et surmédicalisation surmédicamentation surconsommation médicaments,surmédicalisation médicalisation soin excès,normalité pathologie maladie seuil,colloque surmédicalisation surdiagnostics surtraitements,elena pasca surmédicalisation,disease mongering façonnage de maladies surmédicalisation,surmédicalisation causes formes,surmédicalisation conflits d'intérêts,surmédicalisation paiement à la performance organisation,surmédicalisation relation médecin patient examen clinique,erreur médicale surmédicalisation iatrogénie,groupe princeps colloquesurtraitements », qui aura lieu le 27 et le 28 avril 2012 à la Faculté de médecine de Bobigny, dont le Département de médecine générale est co-organisateur, avec le groupe Princeps et la SFTG (Société de formation thérapeutique du généraliste). Le colloque est organisé en toute indépendance et ne bénéficie d’aucun financement.  

Voici la plaquette définitive du colloque, contenant le bulletin d’inscription, les informations pratiques utiles, ainsi que la présentation détaillée des six ateliers. Les thèmes proposés ne sont que des points de départ, pour baliser un terrain très large et inciter à la réflexion pour les contributions. Le déroulement précis de chaque atelier sera en fonction de la nature et du contenu des communications retenues par le comité d’organisation.

Nous vous invitons à nous soumettre vos propositions de contribution avant le 20 mars 2012: un intitulé et un résumé de 500 caractères (espaces compris), dans un document en format word, attaché en pièce jointe à votre mail. Le comité d'organisation informera rapidement les auteurs des communications retenues et publiera le programme définitif. Chaque auteur devra faire une déclaration d’intérêts. Par souci de simplicité et d’efficacité, nous avons gardé un seul moyen de communication pour tout (envoi des abstracts, commentaires, suggestions…) : l’adresse mail

surmedicalisation@tribunes.com

Merci de diffuser largement cette information dans vos réseaux. Suite à plusieurs remarques et questions, je tiens à souligner que le colloque n’est pas réservé aux professionnels de santé. Nous serions heureux d’avoir des contributions d’horizons très divers, avec des approches différentes. Certains ateliers paraissent très spécialisés, certes. Mais ils ne sont pas exclusifs. Et l’atelier N°2, par exemple, consacré aux causes et sources de surmédicalisation et que j’aurai le plaisir d’animer, est largement ouvert aux approches sociologiques et des sciences humaines et sociales en général, de même qu’à des approches historiques, économiques, etc.

Pas besoin d’être médecin ou pharmacien pour répondre aux questions de principe posées ici; au contraire, un regard socio-historique, socio-économique, critique des idéologies, etc. me semble a priori plus pertinent, s’agissant de l’analyse des causalités, aussi parce que l’analyse globale est souvent plus lucide lorsqu’elle est faite de l’extérieur du système.

Une telle question globale, en filigrane dans les thèmes proposés pour l’atelier sur les causes, est de savoir si la surmédicalisation est un phénomène spécifique au capitalisme, s’il change de forme et s’aggrave avec le néolibéralisme, etc. Est-ce qu’il s’agit de la traduction en médecine de la tendance historique à la technicisation de nos modes de vie, à une autre forme de contrôle social passant par la discipline des corps et des esprits, typique de ce que Michel Foucault appelait « biopolitique » et « médicalisation infinie » ? Est-ce donc une facette de ce phénomène global qu’est l’emprise des technosciences sur tous les aspects de la vie et de la société, avec la tendance à la standardisation, à l’uniformisation et à la normalisation de nos existences, selon des standards artificiels de « normalité » qui ne profitent qu’à ceux qui vivent de ce qu’on appelle désormais clairement « industries de la santé ».

Parlant de causes et de sources de surmédicalisation, la génétique me semble un sujet incontournable. En général, il serait important de voir comment des discours scientistes ont été vulgarisés et sont entrés dans les représentations idéologiques courantes, entraînant plein d'illusions sur la « prévention » et une médicalisation aux conséquences parfois extrêmes. (Pensons à l'ablation des seins en prévention d'un hypothétique cancer du sein, à cause de la présence d'un gène; pensons à ce que Jacques Testart appelle « eugénisme libéral » dans la technologisation de la procréation. Etc.) 

Tout cela parce qu'on nous inonde de discours sur le tout génétique, que les applications technoscientifiques sont présentées toutes comme des espoirs pour arriver un jour à un risque zéro, à la performance et au jeunisme infinis. Les intérêts industriels et les lobbies de toute sorte qui vivent de ces industries de la santé (y compris les organisations professionnelles médicales dans leur inertie) tendent à transformer la médecine non seulement en une technique préventive standardisée, mais carrément en une médecine prédictive - et prescriptive au sens éthique de ce terme.

La description détaillée des thèmes proposés pour chaque atelier vous permettra de voir cette ouverture transdisciplinaire. Nous voulons réfléchir ensemble à ces phénomènes, justement en dépassant une hyperspécialisation qui empêche les citoyens d’appréhender ces phénomènes dans leur globalité et de comprendre à quel point la surmédicalisation, ce n’est pas un débat à porter entre techniciens de la santé, mais quelque chose qui touche chacun(e) d’entre nous dans tous les aspects de nos vies et qui façonne celles-ci de manière insidieuse. La surmédicalisation sous toutes ses formes est tellement omniprésente et banalisée qu’on ne la perçoit plus, car elle est présentée comme résultant de la « science » et étant un « progrès » en elle-même, comme si la technologie était nécessairement éthiquement acceptable, comme si toute nouveauté était un progrès pour l’humain. Ces lignes suffisent à montrer qu’il s’agit d’une problématique globale que nous devons comprendre et nous approprier pour agir.

Autant préciser d'emblée que nous concevons ce colloque dans une approche rationnelle, avec des argumentations faites en raison et des raisonnements scientifiques. Pour ce qui est des questions techniques, nous nous appuyons surl'evidence-based medicine (médecine fondée sur le niveau de preuve). Il faut sortir de la polarisation de plus en plus marquée entre discours scientistes et dogmatiques, d'une part, et approches irrationalistes et rejets en bloc (de la médecine, etc.), d'autre part. Cette polarisation en extrêmes - qui se nourrissent l'un l'autre dans une dialectique des contraires - n'est pas une solution aux conséquences de la surmédicalisation; au contraire, elle empêche une réflexion et une action rationnelles et fait le jeu de tous ceux qui vivent du système actuel (soit parce qu'ils contribuent à ce système de l'intérieur, soit parce que la dénonciation stérile de ce dernier est devenue leur fonds de commerce).

Nous constaterons ensemble, en réfléchissant à partir des contributions de chacun(e), que l’étude de la surmédicalisation, depuis ses causes jusqu’à ses formes et ses conséquences ubiquitaires, nous donnera un cadre global de réflexion nous permettant de structurer et de comprendre beaucoup d’informations isolées que nous recevons tous les jours. Nous verrons si on peut remédier à l’omniprésence de la surmédicalisation dans tous les champs de la santé, des soins, de l’information santé… autrement que par une refonte globale du système de santé et de soins, allant de pair avec une éducation critique des usagers.

Elena Pasca

Voici la plaquette avec le bulletin d’inscription, suivie par la présentation détaillée des ateliers :

 


Le groupe Princeps, le Département de Médecine Générale de la Faculté de Médecine de Bobigny et la Société de Formation Thérapeutique du Généraliste (SFTG) organisent un colloque intitulé :

 

Surmédicalisation,

Surdiagnostics et

Surtraitements

 

Vendredi 27 avril 2012 de 9h00 à 17h00

Samedi 28 avril 2012 de 9h00 à 13h00 

 

qui aura lieu à la Faculté de Médecine de Bobigny (UNIVERSITE PARIS XIII PARIS-NORD)

UER de Santé Médecine Biologie

74 rue Marcel Cachin 93000 BOBIGNY

 

Entrée du parking gratuit du colloque et des piétons: avenue de la Convention, Bobigny.

Le colloque, fléché, aura lieu dans le bâtiment de l’Illustration

 

*

Il faut réformer la santé, les systèmes de santé, les représentations de la santé, ses modes de financement, les professions de la santé.


La surmédicalisation est présente dans tout le champ de la santé ; envahissante dans les pays développés, elle commence à s’installer dans les pays pauvres, bien avant que la sous-médicalisation n’y régresse. Car la surmédicalisation n’est pas un phénomène compensatoire ou antagoniste de la sous-médicalisation. L’une et l’autre sont des phénomènes dus à des facteurs multiples, l’une et l’autre résultent de dysfonctionnements sociaux graves, l’une et l’autre, sans doute liées par des causalités indirectes, génèrent d’autres dysfonctionnements sociaux graves. La surmédicalisation n’est pas un mythe, même si maintenant on ne saurait en donner une définition satisfaisante. Aujourd’hui, nous laisserons de côté la sous-médicalisation. Elle resurgira probablement partout sous nos pas.

 

Conséquences de la surmédicalisation, les surdiagnostics et les surtraitements sont des phénomènes qui se prêtent à des mesures comparatives. La surmédicalisation peut-elle être décrite comme un paradigme, comme une dérive, une logique, un modèle, une idéologie? Dans le monde actuel, on n’oserait plus parler de sur-éducation ou de sur-culture. On doit réfléchir sur la surmédicalisation et sa maîtrise plutôt que s’acharner à courir après la maîtrise des dépenses qu’elle entraîne.

 

**

PROGRAMME

Les travaux se dérouleront en séances plénières et dans six ateliers

 

Atelier N°1: 27 avril, matin: SURMEDICALISATION, MYTHE OU REALITE

Modérateur : Jean-Claude Salomon

 

Atelier N°2: 27 avril, matin: CAUSES ET SOURCES DE SURMEDICALISATION

Modérateur : Elena Pasca

 

Atelier N°3: 27 avril, après-midi: SURDIAGNOSTICS sources de SURTRAITEMENTS

Modérateur : Alain Siary

 

Atelier N°4: 27 avril, après-midi: SURTRAITEMENTS non liés aux SURDIAGNOSTICS

Modérateur : François Pesty


Atelier N°5: 28 avril, matin: CONSIDERATIONS ECONOMIQUES, DES PHENOMENES INELUCTABLES !!!

Modérateur : Omar Brixi

 

Atelier N°6: 28 avril, matin: HIERARCHISER LES MOYENS: LES MEDICAMENTS ESSENTIELS

Modérateurs : Michel Thomas, Michel Doré

 

** 

Comment se rendre au colloque :

Métro

ligne 5 Bobigny Pablo Picasso (terminus de la ligne)

ligne 7 La Courneuve - 8 Mai 1945(terminus de la ligne)

 

Tram

T1 arrêt Drancy Avenir

 

**

Hôtels à proximité

Première classe, 10 rue de Stalingrad, 93700 Drancy (à deux arrêts de tram de la faculté)

Campanile Paris Est Bobigny,  304 Avenue Paul-Vaillant-Couturier, 93000 Bobigny

Balladins Superior Bobigny, 302, ave Paul Vaillant Couturier, 93000 Bobigny, France

 

-------------------------------------------------------------------------------------------------

Bulletin d’inscription :

 

Je souhaite participer au colloque « Surmédicalisation, Surdiagnostics et Surtraitements »

Je souhaite faire une communication

Je ne souhaite pas faire une communication

 

Nom :                                                               Prénom

Civilités : M, Mme, Dr

Adresse professionnelle :

Adresse personnelle :

Adresse mail :

 

Envoyez ce bulletin d’inscription accompagné d’un chèque de 30€ (étudiants/tarif réduit 10€) à l’ordre de la SFTG, 233 bis rue de Tolbiac, 75013 Paris (Téléphone : 01 45 81 09 63)

 

**

LES SIX ATELIERS

Chaque atelier tentera d’apporter la ou les réponses à une série de questions. Cette liste de questions n’est pas fermée. Dès aujourd’hui, ou lors du colloque, vous êtes invités à la compléter.

 

Atelier N°1-  LA SURMEDICALISATION, MYTHE OU REALITE

27 avril (matin), Modérateur : Jean-Claude Salomon


Comment la surmédicalisation est-elle ressentie par les citoyens, par les institutions, par les professionnels ?

Quels dysfonctionnements provoque-t-elle ?

Que peut-on mesurer avec rigueur ?

- épidémiologistes, économistes, démographes, géographes etc. (IRDES, DRESS). Situation comparée entre pays et entre régions.

La surmédicalisation, les surdiagnostics et les surtraitements sont-ils seulement l’expression du consumérisme ordinaire commun à tous les pays industrialisés?

La surmédicalisation est-elle un dysfonctionnement du système de santé ? Dans l’affirmative, est-ce un dysfonctionnement systémique ?

- A qui ces phénomènes profitent-ils ?

Les patients (malades et non malades)

Les professionnels

Le marché et les vendeurs de produits et de services

Les institutions

Surmédicalisation et sous médicalisation : deux revers de la même médaille ou expression des inégalités de santé ?

La surmédicalisation peut-elle être une réponse adaptative ?

La prévention quaternaire permet-elle de réduire la surmédicalisation ?

L’orientation vers les actes, les examens et les produits essentiels


*

Atelier N° 2: CAUSES ET SOURCES DE SURMEDICALISATION

27 avril (matin), Modérateur : Elena Pasca

 
Nous réfléchirons aux causes et sources de la surmédicalisation, et non plus à ses seuls symptômes et conséquences. Cela inclut les approches socio-économique et historique. Voici quelques interrogations de départ, par catégories: 


- organisation et fonctionnement du système de soins: paiement à la performance (paiement à l'acte, T2A), ratio spécialistes/généralistes et coordination hôpital/ville; pratiques professionnelles mal coordonnées et mal évaluées ; pression inflationniste de moyens ; faire la part des dysfonctionnements ponctuels et de ceux structurels et systémiques ; déterminer le rôle des lobbies et des organisations médicales dans le blocage du système, malgré des critiques anciennes et répétées…


- causes de surmédicalisation d'origine extérieure au système de santé et leurs corrélations sociologiques, économiques, idéologiques... Par exemple : influences industrielles (conflits d'intérêts, biais, corruption...) induisant des actes non justifiés sous l'angle bénéfices/risques et coût/efficacité; formes de disease mongering ; définition laxiste de la "santé" concevant médicalisation et médicament comme producteurs de santé; offre qui crée la demande ; consumérisme médical de patients sans éducation critique à la santé…

 
- dysfonctionnement dans la dyade médecin-patient: qualité de la relation médecin-patient ; nomadisme médical; écoute insuffisante et examen clinique négligé ; erreur médicale ; cascade de prescription ; conformisme consumériste des patients confondant nouveauté et intervention technique avec progrès thérapeutique…


- dévoiement de la fonction sociale de la médecine : vers une médecine préventive qui surmédicalise sous prétexte de prévention et de dépistage. Comment trier les dépistages utiles et efficaces, comment délimiter une prévention rationnelle et un usage rationnel des moyens ? …

 *

 

Atelier N°3  SURDIAGNOSTICS et SURTRAITEMENTS

27 avril (après-midi), Modérateur : Alain Siary


1) Surdiagnostics facteurs de surtraitements

  • Les apports de l’imagerie (Scanners, IRM) avec la découverte d’incidentalomes, ainsi que le dépistage organisé (sein) ou devenu systématique (prostate) de certains cancers sont des facteurs de surdiagnostics.
  • La confusion entre facteurs de risque et maladies est une autre cause de surdiagnostics. 
  • Un troisième moyen de conduire aux surdiagnostics est de diminuer les seuils de définition d’une maladie
  • Assimilation des  troubles du  comportement  à des affections psychiatriques graves 

La plupart sont associés à des surtraitements 

2) Intérêt de l’Evidence-Based Medicine

La médecine factuelle fondée sur des critères cliniques robustes, tenant compte du contexte dans lequel elle s’exerce et du choix éclairé du patient, est un outil indispensable pour freiner des pratiques délétères. Par ailleurs, il n’est pas rare que des essais randomisés contrôlés remettent en cause des traitements administrés systématiquement aussi bien auprès de personnes indemnes de pathologies avérées, ou ayant présenté un événement pathologique, chez qui on veut éviter une aggravation. 

3) Le concept de prévention quaternaire

Ce qui nous amène dans un 3ème temps à présenter le concept de prévention quaternaire, que l’on peut définir comme la prévention de la médecine non nécessaire ou, mieux, comme la prévention de la prévention inutile. La prévention quaternaire est une tâche de base du médecin généraliste qui nécessite une bonne connaissance et pratique de l’Evidence-Based Medicine.

 

*

Atelier N°4 - SURTRAITEMENTS NON LIES AUX SURDIAGNOSTICS

27 avril (après-midi), Modérateur : François Pesty


Surtraiter, à partir d’un diagnostic posé, consiste à initier un traitement surdimensionné ou inapproprié, alors qu’une alternative thérapeutique moins lourde, pouvant aller jusqu’à l’abstention ou faisant appel à des soins palliatifs, était possible, moins délétère, moins traumatisante, voire moins coûteuse ou sans fausses promesses :

- opérations chirurgicales, radiations, prescriptions médicamenteuses inutiles (ou futiles) ;

- exérèses, irradiations ou doses de médicaments trop importantes ;

- durées de traitement, d’intervention, d’exposition trop prolongées ;

- recours à un traitement non éprouvé, voire non autorisé (ex : hors AMM) et sans bénéfice clinique clairement démontré (effet uniquement sur des critères intermédiaires), alors que d’autres le sont ;

- combinaison (surenchère) de moyens thérapeutiques telles que des associations médicamenteuses futiles, la chimiothérapie adjuvante (après chirurgie) ou néo-adjuvante (avant chirurgie), la chimiothérapie combinée à la radiothérapie ;

Nous illustrerons les « surtraitements » par des exemples et tenterons ensemble d’en analyser les causes et les moyens de les éviter, ou tout au moins de les limiter…

*

 

Atelier N°5 - CONSIDERATIONS ECONOMIQUES, DES PHENOMENES INELUCTABLES !!!

28 avril (matin) Modérateur : Omar Brixi

 

Quand on décrypte les pratiques et logiques de surmédicalisation, et à l’inverse de sous-médicalisation, on ne saurait faire l’économie d’en interroger les aspects économiques. Et donc de revenir à la question de base : à qui cela profite ?

Il est évident et bien connu que pour se soigner, il faut payer ou acheter « du travail » de professionnels, des investigations, des traitements, des séjours en établissements…

Entre acheter des services, y compris dans des systèmes solidarisés, et consommer des soins à travers des produits et des dispositifs, quelle est la frontière de l’utile et du superflu ?

Plusieurs niveaux de questionnements nous sont posés, entre autres :

  • Celui d’identifier les intérêts des professionnels, des institutions, des organisations à but lucratif, non lucratif, des industriels, des intermédiaires, etc. …?  Et d’en examiner les convergences, les écarts ou les contradictions.
  •  Sommes-nous dans un champ marchand, strictement marchand, ou de service à finalité sociale d’intérêt général?

Dans le même temps, on sait que les organisations de soins et les systèmes dans lesquels elles s’inscrivent - de santé et de protection sociale - sont aussi des systèmes économiques où se jouent des intérêts, des capitaux, des emplois… ?

-          Quelle logique prime : celle des patients, des usagers, des professionnels, des actionnaires, des décideurs institutionnels ?

-          Les surcouts, les marges de profits et les gabegies sont-ils des dysfonctionnements du système ou inhérents, intrinsèques aux logiques consuméristes et médicalisantes ?

-          Est-ce que ces tendances sont dépendantes des contextes de type libéral ? ou les retrouve-t-on aussi dans les contextes dits progressistes ?

- La surmédicalisation a-t-elle un lien avec la croissance ou avec la décroissance, avec les situations d’expansion ou de récession ?

- La surmédicalisation est-elle un phénomène inéluctable, irréversible ?

- Risque-t-elle d’asphyxier les différents systèmes de santé ?

C’est ce type de questionnements qui seront proposés et abordés dans cet atelier.

Cela est évidemment ouvert à toute autre question où l’enjeu économique et les logiques d’intérêts sont à l’œuvre.

*

 

ATELIER N° 6 - HIERARCHISER LES MOYENS : LES MEDICAMENTS ESSENTIELS

28 avril (matin) Modérateurs : Michel Thomas, Michel Doré

 

Les dépenses de médicament sont très importantes en France, en partie par le prix, encore plus par le nombre de médicaments prescrits ou autoprescrits. 

Le nombre des médicaments disponibles est considérable, plus de 5000. Beaucoup sont des formes diverses de la même molécule, beaucoup ne sont que des « me too » des molécules initiales d’une classe thérapeutique. Peu de vraies nouveautés au cours des 10 dernières années. La fixation du prix des médicaments remboursés n’est pas corrélée au service médical réellement rendu.

A partir de ces constatations se pose le problème de savoir si l’établissement d’une liste de MEDICAMENTS ESSENTIELS :

-Est faisable

            -Peut constituer un moyen de réduire les surtraitements, le nombre d’accidents thérapeutiques et le surcoût des médicaments.

Un groupe de dix hospitaliers et hospitalo-universitaires internistes, d’une part, et plus d’une dizaine de généralistes, d’autre part, ont établi une telle liste. Parmi les problèmes posés :

            -Quelles similitudes et différences entre les listes des Internistes et des Généralistes. Pourquoi ?

            -Quelle y est la proportion de médicaments génériquables ?

            -Combien étaient déjà cités en 1980 dans les « 200 médicaments essentiels » de M. RAPIN ?

            -Comment une telle liste pourrait-elle être promue et devenir efficace ?

            -Comment placer le « curseur » qui définit le caractère « essentiel » d’un médicament ? Plus du côté « essentiel » à la survie du patient ou « essentiel » au confort, donc à l’observance, donc à la poursuite du médicament ?


**

Merci de diffuser largement. Pour toute proposition de communication, toute suggestion ou tout autre aspect lié au colloque, une seule adresse de contact: surmedicalisation@tribunes.com

 

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu