Avertir le modérateur

18/05/2012

Claude Béraud: les prétentions éthiques qui cachent la logique comptable et le sexisme

Texte retiré le 7 janvier 2016.

Je posterai le vrai travail du Pr Claude Béraud, sans ma réécriture.

Sur d'autres pages, j'ai posté des réactions spontanées expliquant en grandes lignes comment je me suis fait avoir par Claude Béraud, qui a déployé une stratégie de manipulation bien calculée. Un comportement d'exploitation comme si tout lui était dû, comme si c'était un honneur que d'être au service du grand homme.

Cela me fait penser à un patricien romain qui faisait faire le travail par les esclaves, tout en pérorant sur les principes. Avec des adaptations, certes. Il multipliait les remerciements en privé, mais ne disait rien publiquement. Surtout, il déployait son emprise à partir d'un discours victimaire et jouant sur sa déchéance physique comme sur tous les ressorts qui déclenchent la pitié et la propension à aider... Lâchant quelques excuses de temps à autre, juste ce qu'il faut pour continuer l'emprise. Le grand homme victime d'un système injuste et de son grand âge, qui a besoin de vous pour transmettre son discours à la postérité et vous adresse des "Chère Amie", des remerciements, des appréciations sur la qualité du travail, etc. Avant de demander, avec insistance, pourquoi il n'y a pas plus de commentaires, pourquoi on ne le contacte pas, etc. Vu son âge, j'ai souvent pensé qu'il oubliait, que son âge expliquait les dérapages. Il en jouait, d'ailleurs. Mais il retenait tout ce qui allait dans le sens qu'il voulait donner. 

Je n'ai toutefois pas dépassé les bornes et ai pris le soin de tout documenter. Ma connerie a quand même des limites...

 

 

Commentaires

Merci pour cet excellent article, qui aurait aussi pu aborder la prescription habituelle d'antidépresseurs lors d'épisodes douloureux ou bien lorsqu'il devient difficile de trouver un sens à sa vie, en maison de retraite par exemple.
Voilà une analyse de notre évolution sanitaire qui rencontre peu d'écho chez les soignants, peut-être parce qu'elle attaque directement les fondements de notre système de croyance en plus de saper le fonds de commerce..
Donc un débat qui a peu de chance de s'ouvrir; il revient au consommateur de santé de se responsabiliser sans pour autant radicaliser sa position, ce qui ne semble pas acquis !

Écrit par : cath harris | 19/05/2012

Répondre à ce commentaire

Bravo pour ce tour d'horizon de la "Knock Académie" qui se développe sous nos yeux inquiets. Cette bulle finira par éclater. Le plus tôt sera le mieux.

Écrit par : Dominique Dupagne | 20/05/2012

Répondre à ce commentaire

Bravo et merci pour cet article majeur! Il est aussi rassurant pour la minorité de ceux dont je suis qui mène ce combat. Mon impression pour comprendre cette marchandisation est qu’il faut aller jusqu’à la définition de la santé par l’OMS (1) la santé n’est plus l’absence de la maladie mais le bien-être total. Que je traduis par un sophisme: « J’existe, je ne suis pas pleinement heureux, donc je souffre. Donc, il y a une explication médicale, psychologique ou spirituelle. » ; ce qui conduit à définir toutes sortes de maladies, de mal-être et leurs causes, repose la question du normal et du pathologique , et impose de se référer en permanence à des normes biologiques, statistiques ou sociales. Nous rejoignons là la conclusion de Canguilhem : « La maladie n’est plus objet d’angoisse pour l’homme sain, elle est devenue objet d’étude pour le théoricien de la santé ». Le prix à payer est donc une marchandisation de nos maux. Or, cette fabrique rassure ! Comme si l’homme d’aujourd’hui s’interrogeant sur son mal être se devait d’être heureux en guettant toutes les maladies qu’il risque d’attraper !
1- Sur : http://www.euro.who.int/AboutWHO/Policy/20010827_1?language=french

Bien cordialement
Dr Philippe Nicot, généraliste, sans lien d'intérêt avec l'industrie pharmaceutique.

Écrit par : Philippe Nicot | 21/05/2012

Répondre à ce commentaire

Bonjour Philippe Nicot,

Le Pr Béraud vous répondra, s'il le souhaite.

Quant à moi, quelques remarques:

Bien d'accord avec vous, d'autant que j'ai parlé de ces aspects (marchandisation, définition de la santé de l'OMS avec la vague notion de "bien-être" ainsi que tout le registre de conséquences, aussi pour le marketing pharmaceutique, etc.) lors du colloque, dans mon introduction, puis dans ma contribution à l'atelier N° 2 (causes de la surmédicalisation)

J'en avais parlé aussi auparavant, dans des débats et des articles consacrés à ces sujets sur Pharmacritique: voir entre autres les catégories

-"dépression, antidépresseurs" dans la liste à gauche de la page, avec des articles sur la médicalisation des affects et émotions et leur marchandisation, surtout celle de la dépression;

- "troubles bipolaires";
- "conflits d'intérêts en psychiatrie, DSM", où il est question de tout cela dénonçant l'utilisation du DSM pour créer des vagues "troubles" permettant de vendre des médicaments de confort, des lifestyle drugs, etc. puisque le marketing pharmaceutique s'est emparé de cette notion de "bien-être", tout comme les usagers qui se disent que puisque des pilules du bonheur existent et que la santé, c'est le bien-être, pourquoi ne pas en profiter, en demandant aux médecins de les leur prescrire?

Il en est question aussi dans cet article détaillé consacré aux antidépresseurs:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/01/30/antidepresseurs-nombreux-risques-pour-une-efficacite-controv.html

- dans les catégories d'articles consacrés au "disease mongering" et au DSM, à la culture psy, à la normalisation et uniformisation à travers une médecine dont la fonction sociale est dévoyée et qu'elle devient "médecine préventive", "médecine prescriptive" (au sens éthique de ce terme que j'ai forgé pour décrire certains de ces phénomènes), sans oublier la "médecine prédictive"...

C'est-à-dire des domaines et formes d'action où la médecine est illégitime, qui lui permettent d'étendre sa juridiction, de devenir un outil de contrôle social et d'ingénierie sociale, au point que les normes qu'elle édicte (politiques hygiénistes, normes de comportement, uniformisation des états (psychiques, etc.) socialement admis ou valorisés... Ces normes au départ médicales deviennent des normes sociales, parce qu'elles servent les intérêts d'un système socio-économique dont la surmédicalisation est une traduction parfaite.

Comme je l'ai dit lors du colloque comme ailleurs, il ne s'agit pas d'un dysfonctionnement du système, mais au contraire, d'un fonctionnement parfait de la logique mercantile néolibérale appliquée au domaine de la médecine et de la santé.

Si l'on veut lutter contre, on ne peut pas se borner à critiquer et éventuellement agir contre les épiphénomènes, mais il faut identifier précisément toutes les causes - quelle qu'en soit la nature: économique, sociale, idéologique... -, toutes les formes, toutes les intrications systémiques, toutes les structures du phénomène, tous les acteurs et le rôle précis de chacun dans la reproduction de notre pseudo-système de santé, de même que les enjeux et les conséquences.

Bref, il faut décortiquer tout, décomposer l'ensemble dans ses éléments et suivre ces éléments en diachronie, pour déterminer la façon dont ils se sont agrégés ainsi et pas autrement, les raisons, les déterminations et les mécanismes de cette agrégation, etc. Cette agrégation du système - qui nous donne le complexe médico-industriel actuel et la surmédicalisation - est historique, elle n'est pas logique, ni inscrite dans je ne sais quel ordre des choses; elle n'est nullement "nécessaire", ni naturelle.

L'historicité de la surmédicalisation et du système dont elle est la traduction en médecine est très importante, car elle nous dit aussi que ce qui s'est produit d'une façon historiquement arbitraire, donc nullement nécessaire, peut aussi être déconstruit, défait, changé radicalement.

Au plaisir de vous lire.

Écrit par : Elena Pasca | 27/05/2012

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu