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19/05/2017

Pétition "La Chapelle & Pajol : Les femmes, une espèce en voie de disparition au coeur de Paris" et autres documents sur l'exclusion des femmes de l'espace public

Je reprends le texte de la pétition "La Chapelle & Pajol : Les femmes, une espèce en voie de disparition au coeur de Paris", suivi d'extraits d'un reportage du Parisien dans le même quartier. Plus la vidéo d'un reportage diffusé en décembre 2016 au journal de 20 heures de France 2, réalisée il y a quelques mois grâce à la Brigade des mères, montrant le même phénomène dans une banlieue. Et un rafraîchissant coup de gueule poussé le 19 mai par Zohra Bitan sur RMC contre le sexisme et les harcèlements de rue dans les quartiers parisiens, qu'on peut entendre et voir sur ce site. Enfin, sur le site du Figaro, vous pouvez lire une analyse de Céline Pina, co-fondatrice de Viv(r)e la République, intitulée "Femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol : le cri d'alarme de Céline Pina." Je reprends quelques extraits plus bas et souligne tout d'abord ce constat:

"Le fait que les agresseurs de femmes appartiennent à une population élevée au rang de victime absolue, fait que leur transformation en bourreau paralyse le discours politique et l'action publique."

Pendant ce temps, un article de Louis Hausalter paru le 18 mai sur le site de Marianne nous apprend que Marlène Schiappa, la nouvelle secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes - car la moitié de la population n'a plus de ministère de plein droit, mais seulement un secrétariat d'Etat... - a tenu des propos plus qu'ambigus, attaquant la loi interdisant les signes religieux ostentatoires, se prononçant pour les femmes voilées lors de sorties scolaires, s'en prenant à Manuel Valls lorsque celui-ci dénonçait l'antisémitisme grandissant dans certaines banlieues... Voir l'article ""Islamophobie", voile à l'école : Macron a-t-il bien lu sa secrétaire d'Etat Marlène Schiappa ?" Cela commence mal pour plusieurs ministres et secrétaires d'Etat, si l'on juge aussi par le passif d'Edouard Philippe ou encore par Agnès Buzyn, qui considérait il y a quelques années qu'il n'y a pas d'experts indépendants de l'industrie pharmaceutique et qu'il ne fallait pas trop s'attarder sur les conflits d'intérêts...


Toutes les femmes vivant dans des quartiers "difficiles" de banlieue peuvent attester de discriminations de toutes sortes, qu'elles vivent au quotidien. Des garçons de 6-7 ans ont déjà intégré ce qu'ils ont appris: qu'ils seraient supérieurs aux femmes et auraient le "droit" de le montrer de diverses façons, de les contrôler, les surveiller, les dénoncer. Ils ne se privent pas de le faire... Des bandes d'adolescents jouent les gendarmes à divers endroits de bon nombre de villes de banlieue pour commenter les vêtements et les comportements des femmes. Certains commerçants profitent de tout prétexte pour prêcher la bonne parole, admonester les femmes, faire passer leurs préjugés, quitte à hausser le ton, à intimider, etc. Ce sont des exemples de ce que les femmes vivent au quotidien, et, selon ma propre expérience et celle de proches qui m'en parlent, cela s'étend et augmente en intensité.

J'espère que nous serons nombreux à signer la pétition (sur cette page) et à la diffuser.

Ce n'est pas un phénomène isolé, et de plus en plus de reportages et de témoignages sur divers supports montrent que l'exclusion des femmes de l'espace public s'étend de plus en plus. Le harcèlement se fait de plus en plus menaçant dans plusieurs quartiers de Paris et des banlieues - et il ne peut en aucun cas être assimilé à de la "drague" lourde, comme certains voudraient nous le faire croire -, et les intimidations se multiplient vis-à-vis de celles qui ne se plient pas aux diktats: ne pas sortir seule, surtout pas le soir, ne pas fréquenter les cafés et les lieux de rassemblement public, ne pas se vêtir comme ci ou comme ça, voire mettre un voile, avec la promesse que les femmes voilées seraient respectées, car ce bout de tissu les rendrait respectables - et donc le sous-entendu qu'elles ne le sont pas du simple fait de leur appartenance au genre humain...

Voici d'abord le reportage "Quand les femmes deviennent indésirables dans les lieux publics, diffusé au journal de 20 heures de France 2 le 7 décembre 2016. Il a pu être réalisé grâce à la Brigade des mères, principalement à la présidente de cette association, Nadia Remadna, qui a été menacée après la diffusion. Raison de plus de soutenir tous les efforts de toutes les citoyennes et de tous les citoyens en vue d'une stricte égalité et du respect des principes républicains partout sur le territoire de la République. En espérant que ces principes puissent gagner du terrain dans tous les esprits, car la liberté dans l'espace public n'est pas tout, surtout si l'on pense à tout ce que les femmes endurent en privé.

 


Société : quand les femmes sont indésirables dans les lieux publics

De proche en proche, on impose par l'intimidation, la pression, la violence - mais aussi par la pression et la propagande par l'exemple - telle femme voilée qui serait vertueuse, elle, telle autre qui est une femme d'intérieur, s'occupant de sa famille, ses enfants, son logement, bref, une femme respectable, pas une "bazardée", comme dit la chanson très à la mode...

Les femmes doivent disparaître de l'espace public, disparaître de la vue des hommes - c'est toute une rengaine qu'on entend à chaque fois que l'on tend l'oreille vers le discours sur les "soeurs" et ce qui fait leur respectabilité. En tant que femmes, elles ne sont pas respectables. Il faut qu'elles en fassent la preuve tout le temps, par des signes extérieurs de vertu, quitte à devenir invisibles, à s'auto-exclure, à s'auto-limiter, à se mettre dans la situation d'une handicapée, car les vêtements couvrants sont tout autant d'entraves aux corps des femmes, à leur liberté de mouvement. C'est l'enclos qui délimite l'espace de liberté attribuée aux femmes...

Impossible, en tant que femme, d'échapper aux préceptes que tout mâle serait habilité - de par les stéréotypes culturels et/ou religieux et les usages traditionnels - à nous asséner, dans un magasin de quartier comme dans la rue ou dans le voisinage. Tous les mâles se prennent pour des éducateurs des femmes, comme par une sorte de droit divin qui n'est même pas discutable. Et il y en a qui retrouvent leur valeur, une estime d'eux-mêmes, une utilité sociale, une prestance - qu'ils n'auraient pas autrement, car ils n'ont plus l'armature symbolique qui leur donnait de la valeur simplement parce qu'ils étaient des hommes, donc indépendamment de leurs actes - à jouer les gendarmes des moeurs, autoproclamés gardiens des vertus des femmes du quartier, détenteurs des critères leur permettant de classifier celles-ci en respectables et en "bazardées"... Et gare aux "bazardées"!

Cela me rappelle certains éléments de langage repris des discours de prêcheurs islamistes qui assimilent les femmes à une sorte de marchandises dont ils seraient propriétaires et dont la valeur se mesure à l'usage exclusif qu'un seul homme (le propriétaire) peut en faire. (C'est un stéréotype qui a cours dans plusieurs intégrismes religieux, et même le droit civil a longtemps contribué à conforter de tels préjugés). Une femme ayant une sexualité libre, c'est comme une pièce de monnaie qui passe de main en main, nous rappelait un prêcheur intégriste... Chaque femme doit faire le choix entre l'ange et le démon lorsqu'elle sort de la maison. Etc. Le doute, le soupçon sont toujours là.

Nous avons vu le courage de femmes telles que Nadia Remadna, de la Brigade des mères, qui est allée avec une équipe de télévision dans un tel quartier et un tel café dans lequel les femmes étaient indésirables... A la suite du reportage (cf. vidéo postée plus haut), j'ai été choquée par la réaction de certaines associations féministes et de certaines personnalités, qui voyaient dans tout cela une stigmatisation des banlieues... Rappelons-nous la photo postée par Clémentine Autain dans le même café, pour dire qu'elle a pu y entrer et consommer sans problème...

Ce qui est décrit dans l'article du Parisien (cf. extraits plus bas) - une "marche exploratoire" - me rappelle les initiatives prises en 2001-2002 dans un autre quartier parisien: Stalingrad (à cheval sur le 18ème et le 19ème arrondissement), pas loin de La Chapelle. Les femmes se sont rassemblées plusieurs soirées et nuits de suite, pour marcher dans tout le quartier et rappeler que leur présence la nuit n'a rien d'extravagant, quand même, de nos jours, dans une République laïque, de surcroît... Pendant la même période, les habitants ont marché pour dénoncer les trafics de drogue qui pourrissaient la vie du quartier, l'insuffisance de la présence policière, le délabrement du quartier et tout ce qui va avec. J'y étais.

Façon de dire que le problème ne date pas d'hier, à Paris non plus. Et qu'il n'est pas lié aux migrants arrivés récemment, car il n'y avait pas de crise de réfugiés en 2001-2002 à Stalingrad. Mais trop longtemps, il n'a pas été politiquement correct d'en parler, et surtout pas dans des media nationaux... Ce silence fait que des expressions de l'extrême-droite ont été encouragées, dans un cercle vicieux dont les victimes sont toujours les femmes.

 

Pétition "La Chapelle & Pajol : Les femmes, une espèce en voie de disparition au coeur de Paris" (à signer sur cette page)

"Il y a les insultes, dans toutes les langues : “Salope, sale pute, je vais te baiser...”
ll y a les vols à la tire, les pickpockets, l’alcoolisme de rue, les crachats, les déchets partout, l’odeur entêtante d’urine.

Il y a les trafics qui s’enracinent: êtres humains, drogues, cigarettes, vente à la sauvette, ou encore faux documents. Les employés de ces trafics nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants.

 Désormais la place de la Chapelle, la rue Pajol, la rue Philippe de Girard, la rue Marx Dormoy, la station de métro et le boulevard de la Chapelle sont abandonnés aux seuls hommes: plus une femme, dans les cafés comme la Royale ou le Cyclone. Pas un enfant dans le square Louise de Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles.

Cela doit cesser!

Nous demandons aux autorités, Mairie de Paris, Préfecture de Police, Procureur de la République, de faire enfin respecter lois et règlements, notamment dans les endroits où se fixent les trafiquants, de diligenter des enquêtes sur les filières, de renforcer le nombre et les moyens des policiers affectés à ce secteur


Les femmes de la Chapelle et leurs ami(e)s, compagnons, maris, pères, enfants et voisins des 10ème et 18ème arrondissements

Pétition soutenue par les Associations Demain La Chapelle et SOS La Chapelle

A l’attention de :

  • Monsieur Emmanuel Macron - Président de la République Française
  • Monsieur Edouard Philippe – Premier Ministre
  • Monsieur Gérard Collomb – Ministre de L’Intérieur
  • Monsieur François Bayrou – Garde des Sceaux Ministre de la Justice
  • Madame Marlène Schiappa –Secrétaire d’Etat à l’égalité entre les Femmes et les Hommes
  • Monsieur François Molins – Procureur de la République
  • Monsieur Michel Delpuech – préfet de police de Paris
  • Madame Anne Hidalgo – Maire de Paris
  • Monsieur Eric Lejoinde – Maire du 18ème arrondissement de Paris
  • Monsieur Rémi Féraud- Maire du 10ème arrondissement de Paris

 

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Paris : les femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol

C'est le titre de l'article signé Cécile Beaulieu, paru dans le journal Le Parisien le 18 mai 2017. Voici quelques extraits:

"Des femmes de ce quartier de l'est parisien se plaignent de ne pas pouvoir se déplacer sans essuyer des remarques et des insultes de la part des hommes. 

Ce sont plusieurs centaines de mètres carrés de bitume abandonnés aux seuls hommes, et où les femmes n’ont plus droit de cité. Cafés, bars et restaurants leur sont interdits. Comme les trottoirs, la station de métro et les squares. Depuis plus d’un an, le quartier Chapelle-Pajol (Xe- XVIIIe), a totalement changé de physionomie : des groupes de dizaines d’hommes seuls, vendeurs à la sauvette, dealeurs, migrants et passeurs, tiennent les rues, harcelant les femmes. (...)

Comment lutter contre le phénomène ? Les femmes de La Chapelle le savent : porter plainte aurait peu d’effets. Alors, d’un commun accord, et sur les conseils de Nadine Mezence, adjointe à l’égalité hommes-femmes du maire (PS) du XVIIIe, elles ont décidé d’organiser prochainement une marche exploratoire. Ensemble, elles parcourront tous les lieux du quartier où elles sont indésirables. Puis, rendront compte, aux pouvoirs publics de leurs observations… En espérant être entendues. A la mairie d’arrondissement, on assure que leurs remarques seront examinées avec la plus grande attention. (...)

La question du harcèlement des femmes, et notamment celle de la présence de dizaines de migrants rue Pajol, sera évoquée ce lundi en conseil d’arrondissement par l’élu (LR), Pierre Liscia. Tandis qu’au cabinet du maire (PS) du XVIIIe, Eric Lejoindre, on reconnaît la complexité de la situation : « Les femmes ont un sentiment de vulnérabilité devant cette violence, souvent associée à l’alcoolisation, mais la réponse publique est essentiellement policière ».

Précisément, depuis lancement du dispositif « Barbès respire », au mois de janvier, par le préfet de police avec déploiement de renforts sur le secteur, 110 opérations ont donné lieu à plus de 19 000 évictions de vendeurs à la sauvette et 884 personnes ont été arrêtées. Mais les habitantes, elles, veulent des opérations de plus vaste ampleur pour retrouver leur sérénité perdue…

« Les femmes, une espèce en voie de disparition au cœur de Paris 

« Désormais, notre quartier est abandonné aux seuls hommes : plus une femme dans les cafés. Pas un enfant dans le square Louise-de-Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles ».

Les habitantes de la Chapelle-Pajol viennent de rédiger une pétition, intitulée « Les femmes, une espèce en voie de disparition au cœur de Paris », qu’elles espèrent voir parapher par de nombreux soutiens et victimes avant de l’envoyer à la mairie, à la préfecture de police et au procureur de la République. Leur demandant de « faire enfin respecter lois et règlement dans les endroits où se fixent les trafiquants, de diligenter des enquêtes sur les filières et de renforcer le nombre de moyens policiers affectés au secteur ».

« Il y a les insultes dans toutes les langues, les vols, l’alcoolisme de rue. Les trafics qui s’enracinent, et les employés de ces trafics, qui nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants. Cela doit cesser. »"

 

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Femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol : le cri d'alarme de Céline Pina

Extraits de cette tribune parue le 19 mai 2017 sur le site du Figaro

" (...) Tandis que des syndicats lycéens essaient d'attirer l'attention sur le sexisme qui sévit maintenant dans les rapports entre filles et garçons dès le plus jeune âge en organisant ce vendredi 19 mai, une journée de la jupe, l'actualité nous a démontré hier à quel point l'initiative était nécessaire, tant les droits des femmes reculent pendant que les politiques continuent à détourner le regard. À tel point qu'aujourd'hui, dans certains endroits, sortir dans la rue quand on est une femme devient une prise de risque, une provocation et une mise en danger.

Mais pour choquant que soit pour nous ce contrôle social d'un autre âge, cette véritable oppression qui s'abat sur toutes les femmes dans un pays où l'égalité est inscrite au fronton des bâtiments publics, ce qui est encore plus déstabilisant ce sont les réactions, ou plutôt l'absence de réaction des élus.

Être une femme suffit à être en danger dans certains endroits et auprès de certaines populations, car il y a un point commun entre cette situation et celle qui a tant choqué en Allemagne le 31 décembre à Cologne. Des agressions sexuelles massives y avaient été commises et l'enquête avait révélé que celles-ci étaient le fait de réfugiés et de migrants économiques, venant du Maroc et d'Algérie et arrivés au cours de la même année. Que croyez-vous que l'on fit alors? Et bien au lieu de s'interroger sur ce qui pouvait pousser ces hommes à croire qu'ils avaient le droit de se comporter ainsi dans un pays qui les accueille, au lieu d'interroger les références culturelles qui permettent de considérer comme acceptable cette violence faite aux femmes, au lieu d'interroger les obligations qui devraient être liées à l'accueil, on fit le procès en racisme de tous ceux qui dénonçaient le soubassement culturel et cultuel, qui fait de la femme un être inférieur, propriété d'un homme ou de tous si elle a le culot de revendiquer sa liberté, phénomène que la misère sexuelle, que la montée du fondamentalisme religieux renforce et accentue dans les pays du proche et Moyen-Orient. Pour avoir évoqué cet aspect du problème, Kamel Daoud fut cloué au pilori.

À Cologne, la Maire conseilla aux femmes de se faire discrètes et de se tenir à l'écart des hommes. Comme si elles étaient en partie responsable des violences qu'elles subissaient. Et aujourd'hui, savez-vous ce que l'on répond, en France, à ces femmes qui, habitant la capitale de notre pays, ne jouissent déjà plus des droits que la loi est censée accorder à tous les citoyens? D'abord que porter plainte ne sert à rien. Donc, en France, on peut vous ôter la liberté de vous déplacer parce que vous êtes une femme dans la plus totale indifférence. Nul ne peut rien y faire, parce que les autorités publiques s'en moquent et que cette question est anecdotique pour le pouvoir. Voilà ce que signifie le «porter plainte ne sert à rien». On parle bien d'opérations de police à répétition dans l'article, plus de 110 depuis janvier mais elles n'ont aucun effet. Pourtant, si celles-ci se traduisaient plus souvent par des expulsions ou de véritables sanctions, nul doute qu'elles changeraient la donne. Mais si les interpellés en sont quittes pour revenir quelques heures ou jours après, cela devient un jeu qui signe plus l'impuissance des autorités que leur utilité et finit par valider ce qu'il est censé empêcher.

Le fait que les agresseurs de femmes appartiennent à une population pauvre et marginale, élevée au rang de victime absolue, fait que leur transformation en bourreau paralyse à la fois le discours politique et l'action publique. Ce sont alors les citoyens qui jouent le rôle de variable d'ajustement en voyant leurs droits abandonnés et leurs libertés non défendues. (...)

Pendant ce temps, vendeurs à la sauvette, dealers, migrants et passeurs tiennent les rues et politiquement correct oblige, on oublie de dire que cette mentalité d'un autre âge, cet obscurantisme dont on constate chaque jour qu'il gagne du terrain, est lié à la volonté de ces hommes d'imposer leur mentalité patriarcale, leur vision étriquée des relations humaines et une conception des rapports sociaux et intimes inégalitaires et contraignants au pays qui les a accueilli. On évite de dire que ces tensions se réveillent aussi parce que ces populations sont la cible des fondamentalistes et des tenants de l'Islam politique qui chauffent à blanc les replis identitaires et font de la remise en cause des fondations mêmes des sociétés occidentales par la revendication identitaire et religieuse, le seul axe d'affirmation politique et sociale des communautés qu'ils influencent de plus en plus. Et s'ils se sentent autorisés à le faire, c'est aussi parce que nul ne se soucie, chez ceux qui nous représentent, ni d'expliquer les règles aux nouveaux arrivants, encore moins de les faire respecter. Ceux-ci alors essaient de recréer un environnement qui leur est familier et, marginalisés et sans grandes perspectives, ils se donnent un sentiment de virilité et de prise sur le monde en exerçant leur pouvoir sur les femmes. Ils sont encouragés dans ces attitudes par les prédicateurs bas de plafond dont ils sont la cible et qui ont table ouverte dans notre pays. Alors il ne s'agit pas ici de dire que tous les migrants sont ainsi, ce serait aussi injuste qu'insultant, mais de s'interroger sur notre réticence à défendre ce que nous sommes face à des comportements qui ne sont ni respectables ni tolérables et nous renvoient à un obscurantisme et à une violence intrinsèquement méprisable et face à laquelle nos autorités ne devraient pas être tétanisées.

L'air est connu: souvenez-vous du reportage d'Antenne 2 tourné à Sevran et à Villeurbanne où un homme chassait des femmes d'un café en leur expliquant: «Ici c'est pas Paris, c'est comme au bled». [cf. la vidéo reprise plus haut].

Ce qui signifie, non seulement cette zone nous appartient et tu dois savoir rester à ta place, donc chez toi. Mais aussi que sur certains territoires, la France n'existe plus et ses lois ne s'appliquent pas. Ainsi, l'espace public n'est plus partagé, commun. Sur certains territoires, il est réservé à ceux qui ont une existence sociale, donc aux mâles, pas à celles qui leur appartiennent et n'existent que dans la sphère de l'intime. Pour avoir dénoncé ces phénomènes dont seuls ceux qui nous représentent semblent totalement inconscients, la journaliste de France 2 et Nadia Remadna de la brigade des mères, ont été violemment attaquées par le Bondy Blog et ceux qui ont relayé ce reportage ont été comme d'habitude accusés de mensonges, de racisme et d'appartenir à la fachosphère. Et ce quand bien même les témoignages de cette tentative d'imposer un apartheid sexuel en France se multiplient. (...)

Aujourd'hui la protection de la loi n'est accordée qu'aux hyperinclus, à ceux qui ont les moyens financiers de choisir leur environnement. Pour beaucoup d'autres, c'est retour au moyen âge: il faut se soumettre à ses voisins et à l'homme de la rue car la protection de la loi ne peut plus s'incarner. Une des phrases que l'on entend le plus dans les zones sous influence des islamistes et des identitaires, c'est «chez nous, c'est comme ça» et ce «chez nous» n'évoquent pas la France, alors même que ceux qui tiennent ce discours sont Français, pas même forcément les règles du pays d'origine, mais ce mélange de tradition et de religion dont les islamistes entendent faire le fond d'écran des mentalités qu'ils façonnent. C'est ainsi que les passages à l'acte se multiplient, rite d'initiation du refus de la citoyenneté et de l'affirmation des valeurs patriarcales validées par les représentations religieuses, le tout sur fond d'impunité des agresseurs et de mise en accusation de ceux qui dénoncent l'abandon des autorités comme une faute politique majeure.

Et pendant ce temps, notre nouveau gouvernement prône la libéralité en matière de laïcité tout en promettant de lutter contre l'islamisme. Le problème c'est que l'on ne lutte pas contre qui veut vous détruire en renonçant à ses principes et à ses idéaux et qu'en ce domaine, la libéralité équivaut à livrer les plus faibles à leurs oppresseurs. Il serait dommage qu'à force d'aveuglement sur ces questions, la France devienne un pays qui ne garantit que les libertés de ceux qui ont les moyens de choisir leur voisinage et leur environnement."

 

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