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07/10/2017

Quels patients serons-nous demain? Promesses de personnalisation: des médecines douces au transhumanisme. Table ronde le 7 octobre à Pantin

Le festival Sciences infuses, qui a lieu du 17 septembre au 14 octobre, s'interroge cette année sur médecine personnalisée,caroline barry,inserm médecines douces,transhumanisme médecine,homme bionique,don d'organes,bioéconomie,corps-marché,marchandisation de la santé,médecine contrôle social,biotechnologies risque médecine,technosciences médecine,elena pasca,soins holistiques,psychanalyse hyperactivité,psychanalyse efficacité,psychanalyse misogynie,gérard pommier,yann diener,gilbert levetles formes de santé qui se mettent en place d'une part par l'emprise de plus en plus grande des pseudo-sciences ("médecines douces", "médecines alternatives", complémentaires), d'autre part par les changements de la médecine venant des technosciences et des applications technologiques. "Quelle santé pour demain?" est la question d'ensemble, commune aux manifestations sur lesquelles vous pouvez vous informer à partir de cette page.

Le samedi 7 octobre à 17:00 aura lieu à la Bibliothèque Elsa Triolet de Pantin une table ronde sous le titre "Quels patients serons-nous demain?", à laquelle j'aurai le plaisir d'intervenir pour débattre avec Caroline BARRY, chercheure à l'INSERM, membre d'une équipe chargée d'évaluer les pratiques alternatives. Cette équipe a déjà rendu plusieurs rapports d'évaluation scientifique de certaines pratiques telles que l'ostéopathique, l'auriculothérapie, l'hypnose, etc. Caroline Barry présentera et commentera les résultats de ces évaluations et les perspectives d'avenir. J'aborderai, quant à moi, le volet technosciences en médecine, du point de vue des enjeux éthiques et de la nécessaire lecture critique des promesses...

Avant de commenter et de parler des critiques d'une psychanalyse qui est l'exemple-type de la mystification pseudo-scientifique, voici la présentation de la table ronde sur cette page du site des bibliothèques de Pantin, qui contient aussi toutes les informations pratiques:

"Une médecine sur mesure, c’est la promesse de la médecine personnalisée. Grâce aux progrès de la génétique, de la pharmacie et de l’informatique, une révolution scientifique est annoncée : traiter chaque patient en fonction de son profil génétique, de son environnement.

Mais cette médecine prédictive inquiète aussi: est-elle vraiment fiable ? Prédir une maladie qui se déclarera peut-être dans 20 ans, n’est-ce pas gâcher la vie des patients qui d’ailleurs se tournent de plus en plus vers les médecines alternatives : hypnose, jeûne, ostéopathie

Philosophe, animatrice du blog Pharmacritiques, Elena Pasca de l'association Sciences Citoyennes est connue comme lanceuse d’alerte, elle échangera avec Caroline Barry, chercheuse à l'INSERM qui travaille à l’évaluation des médecines alternatives.

Image : CC BY-NC-ND 2.0 Richard Ricciardi"


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Les thématiques concernent chacun d'entre nous, en tant que patients, mais aussi en tant que citoyens conscients de l'impact du néolibéralisme (et de ses choix technoscientifiques profitables) sur une médecine dont la fonction sociale a été dévoyée pour entériner les investissements économiques et l'individualisme... Est-ce que tout ce qui est scientifiquement faisable doit être fait? C'est l'une des façons de formuler la question morale et de poser la question des choix collectifs qui doivent être faits, sur des questions qui ont un impact sur nos modes de vie et nous engagent sur des voies difficilement réversibles, à cause des investissements économico-financiers faits sans décision collective et qui sont le critère ultime retenu par les élites économiques, puis, sous leur influence à grâce à l'énorme réseau de conflits d'intérêts et de lobbying, par les décideurs politiques.

Le néolibéralisme prend les concepts et termes à connotation éthique (personne, totalité, humanisme,...) et les utilise dans des pratiques qui en sont des contradictions. C'est une instrumentalisation comme le storytelling sait si bien en faire, pour nous présenter face à un discours structuré et touchant des points sensibles, qui semble consensuel. Qui dirait son opposition à la personnalisation? 

Il y a un point commun aux deux volets: la prétention de prise en charge globale, holistique, de l'être humain. L'emprise de plus en plus grande des pratiques alternatives par les idéologues et les marchands de ce que j'appelle le complexe naturo-psycho-bio-holistique vient en bonne partie par le temps que les praticiens consacrent ou semblent consacrer à chaque individu. "Semblent", parce que les formes récentes, utilisant internet, permettent de voir qu'il s'agit souvent de programmes collectifs de régimes, recettes, conseils de bon sens, remèdes, etc., par exemple par vidéo contenant des généralités, adressées à tout le monde, programmes suivis d'échanges en groupe de soutien entre clients - et avec divers vendeurs d'autres remèdes intervenant eux aussi, pour placer leurs publicités et capter les intéressés, gardés ainsi en famille -, plus des échanges par mail avec le naturopathe, coach, formateur, accompagnateur, pour "personnaliser" l'approche.

La personnalisation, voilà l'un des mots-clé. Une démarche adaptée aux besoins de la personne en fonction d'une écoute compréhensive et empathique de ce qu'elle a à dire et d'une prise en compte de toutes les dimensions de l'individu, d'où l'usage du mot "personne", qui a ces connotations de totalité, de dignité humaine à respecter. L'écoute n'est pas ce qu'elle semble être, non plus, car les propos sont canalisés par le praticien d'alchimisation, l'homéopathe, le cupping thérapeute ou le reiki -coach de façon à correspondre à ce que le marchand a à vendre, selon le modèle classique de l'orientation de la parole (prétendûment coulant selon l'association libre) par le psychanalyste, qui influence le choix thématique comme la sélection des mots, etc. La psychanalyse est le modèle parfait de secte qui a réussi, de charlatanisme qui vend du n'importe quoi, mais très cher...

Inutile d'en parler ici, car j'aborde depuis des mois les élucubrations, le verbiage, les méthodes d'enfumage, les stratégies marketing de la psychanalyse largement sur Facebook, au même titre que les méthodes marketing et de communication d'influence de ses soeurs, à savoir les alternopathies (naturopathie, homéopathie, médecine intégrative, olfactothérapie, reiki, fleurs de Bach, etc.) composant le complexe naturo-psycho-bio-holistique. Et la critique de la désinformation, des stratégies marketing, des méthodes classiques de la communication d'influence, du marketing et du lobbying qui sont utilisées par les idéologues et les marchands de ce complexe seront des sujets majeurs sur Pharmacritique aussi.

La misogynie et la gynophobie de la psychanalyse seront abordées maintes fois, et l'on se demandera aussi pourquoi les femmes - et ayant un certain niveau d'éducation - sont beaucoup plus nombreuses à succomber aux promesses de l'empire naturo-psycho-holistique. Les femmes sont aussi plus médicalisées que les hommes pour des raisons que des études ont montré, en rapport avec leur position dans la sphère domestique, en charge des affaires privées (dont la santé) de toute la famille, et surtout de la petite enfance. Ce sont elles qui livrent l'immense majorité du bataillon des aidants, elles qui doivent être contrôlées, sédatées ou stimulées par des psychotropes, pour se conformer aux rôles socio-économiques et accepter que toute rébellion soit traitée comme un signe de maladie mentale; elles qui sont soumises au disease mongering (invention de maladies, voire les articles en descendant sur cette page, à commencer par celui-ci) sur leurs états physiologiques, aux diktats des modes, du jeunisme, donc subissant des injonctions à "ne pas se laisser aller", à user de la chirurgie esthétique et de la médecine régénérative, etc. Cette dernière étant au croisement entre la médecine conventionnelle et les pseudo-médecines (alternatives, complémentaires, douces et autres termes abusifs, vu qu'il ne s'agit aucunement de médecine).

Les intérêts de beaucoup d'industries dépendent de l'emprise des stéréotypes et clichés sexistes et différentiels (sur les capacités différentes, donc des fonctions différentes) sur les femmes. Donc, en fin de compte, ces intérêts dépendent de l'emprise des théories psychanalytiques sur tous les domaines impliqués d'une façon ou d'une autre dans la discussion de la nature des femmes et les conséquences (applications diverses). D'autant que, étant un manque, une absence, un négatif, une énigme au sens péjoratif du terme, une perverse sans surmoi, envieuse du pénis, hystérique par définition, etc. toute femme doit vivre des problèmes psychiques, à cause de la destructivité inhérente à sa nature, à ses débordements d'affects amorphes, et ainsi de suite. Tout cela découlant d'une anatomie reconstruite par la psychanalyse en fonction des besoins de la cause, et érigée en destin: l'absence d'organes sexuels externes (?!), car la psychanalyse voit la femme comme un trou anatomique, doublé d'un "trou dans la culture et la civilisation"...

Il faut barrer la femme, dit Jacques Lacan, puisqu'on ne peut que "mi-dire" de cette chienne décrite par l'absence de toutes les capacités proprement humaines, détenues par les hommes (raison, logique, forme (versus affects amorphes), capacité d'abstraction, éthique et morale) qui sont les seuls à mettre en place et à pouvoir perpétuer l'ordre symbolique, la Loi de l'espèce humaine, garantie par l'équation visant à placer le Nom-du-Père sur le désir de la mère... Equation que Yann Diener, autre lacanien en position de pouvoir et sur les deniers publics que les psychanalystes ne veulent pas perdre, nous rabâche régulièrement dans Charlie Hebdo, avec d'autres dogmes et quelques citations du maître charlatan Jacques Lacan. Il a dit tout et son contraire.

Pourquoi les mâles sont-ils les seuls dotés des facultés humaines? Compte tenu de l'anatomie comme destin, c'est forcément dans l'anatomie que la réponse se trouve: les mâles n'ont rien à prouver, à accomplir pour se montrer dignes de l'appellation "être humains", "humanité". Au contraire même, au vu des risques encourus par l'humanité du fait des nouveaux droits des femmes, dont "l'empire du ventre", les hommes devraient montrer physiquement qui est le chef, pour affirmer la Loi contre tout ce qui détruit leur armature juridique-symbolique de maîtres. Ce qui a pour conséquence qu'ils perdent de leur superbe, "la forclusion du Nom-du-Père" qui met en danger les enfants... Cf. des élucubrations d'une haine incroyable à l'égard des femmes et de leurs droits, en plus de la misogynie et de la gynophobie habituelles, chez le psychanalyste lacanien Gilbert Levet, par exemple dans son livre Enfant hyperactif, enfant trahi.

Donc les hommes n'ont rien à prouver, car ils possèdent le seul symbole psychanalytique, le garant des capacités humaines nobles: le pénis, seul organisateur de la sexualité, de l'inconscient et de la culture, selon les lacaniens... Les femmes avec leur Penisneid (envie de pénis) vivent dans la perversion même si elles prouvent avoir toutes les capacités et savoir les utiliser... Là, elles sont phalliques et doivent être matées, ramenées à accepter "la position féminine" et à en faire l'apologie. La psychanalyse est une thérapeutique en ce sens. Mater les femmes. Maintenir l'ordre symbolique, les privilèges des mâles, garants de la Loi.

La secte psychanalytique tout entière se mobilise pour ne pas céder un pouce de l'emprise culturelle énorme - toute la culture psy en résulte -, de l'emprise totale sur la médecine et les soins en général. C'est ce que l'inénarrable Gérard Pommier - autre auteur d'élucubrations misogynes doublées d'un verbiage pseudo-scientifique, comme les maîtres gourous Freud et Lacan l'ont toujours fait - appelle "l'empire de la psychanalyse", rappelant entre autres que la majorité des pédopsychiatres ont une formation psychanalytique. Gérard Pommier est le président de l'association "Pour la psychanalyse", qui mène la bataille visant à garder une emprise totale sur l'ensemble de la culture psy, et à ne rien céder en matière d'hyperactivité et d'autisme. Je reviendrai maintes fois là-dessus, en expliquant en détail que la défense d'enfants sans défense est un prétexte - une cause noble, qui passe mieux dans les media que le sexisme direct - pour attaquer les femmes, responsables des maladies de leurs enfants (mère crocodile, mère araignée, causant des ravages sur les filles, ...) et, en tant qu'hystériques, aussi des leurs...

L'INSERM a rendu en 2004 un rapport d'évaluation de la psychanalyse (que l'on peut télécharger à partir de cette page), qui a rendu furieux les psychanalystes, mobilisés pour le censurer. Censure, intimidations, pressions, verbiage et enfumage partout sur les media et grâce aux relais de leurs positions de pouvoir - voilà ce qu'est la psychanalyse, comme on le voit encore et toujours dans l'essai de perturber la tenue d'un colloque sur l'hyperactivité, le 29 septembre dernier. Parce que Gérard Pommier et les autres ne supportent pas que d'autres approches soient évoquées. Il y a comme une odeur de disparition d'argent public à financer des centres médico-pédagogiques, des centres médico-psychologiques et d'autres structures dans lesquelles le psychanalyste s'installe et laisse un enfant autiste rester dans un coin pendant toute la séance, s'il veut.

On entend de telles déclarations de leur part dans le documentaire de Sophie Robert, Le Mur. La psychanalyse à l'épreuve de l'autisme. Documentaire que les psychanalystes ont essayé de censurer, en intentant des procès à la réalisatrice, en lançant une campagne de désinformation et de dénigrement sans précédent. La Haute autorité de santé à classé la psychanalyse parmi les méthodes n'ayant pas fait preuve de leur efficacité dans l'autisme, et c'est un précédent que les psychanalystes ne veulent surtout pas voir se reproduire et dont ils veulent limiter les conséquences. Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, ils ont réussi à noyer tout dans une communication 100% psychanalyse, se victimisant, disant que c'est leur potentiel critique, leur statut échappant au contrôle, les spécificités d'une science qui s'appose à l'uniformisation et au grand méchant DSM, bref, ce seraient les vertus exceptionnelles de la psychanalyse en termes de thérapeutique, de critique sociale (où ça?), de vision critique du monde, de résistance, de dernier bastion de l'humanité et de l'écoute de la souffrance du sujet, bla bla, qui auraient le don d'irriter tous ceux qui veulent servir les intérêts de l'industrie pharmaceutique, veulent rester dans leur névrose pour en tirer des bénéfices secondaires (notamment les femmes, toutes hystériques mais se disant malades somatiques), etc.

La médecine se voit reprocher, y compris par les psychanalystes, la déshumanisation, la dépersonnalisation, la froideur d'un plateau technique et d'actes expéditifs éliminant le plus important, à savoir l'écoute d'une personne en souffrance. Il n'y a pas que sous l'angle de la verbalisation de la souffrance que l'écoute est cruciale. Car les études portant sur les causes des erreurs médicales ont montré que plus de 90% résultent d'une écoute insuffisante, parce que le malade est interrompu après treize secondes en moyenne. Ce manque d'humanité, ce côté expéditif ont des explications abordées ailleurs, qui sont d'ailleurs co-responsables de la surmédicalisation (voir l'introduction à l'atelier N° 2 sur les causes de la surmédicalisation, ainsi que mon exposé qui la développe, lors du colloque de Bobigny de 2012, sur cette page). Car au lieu de prendre le temps d'écouter la description des symptômes par le malade, le médecin prescrit des examens complémentaires, ce qui peut mener à une spirale sans fin, par exemple si l'on découvre un incidentalome, qui donnera lieu à d'autres examens d'imagerie, à des prises de sang, etc.

Alors les technosciences - comble de la déshumanisation - viennent au secours de la médecine et promettent d'être le vecteur par lequel l'humanité et la totalité de la personne seront réintégrés dans les soins. Si, et seulement si, l'on accepte que la médecine intègre les technosciences jusqu'à changer profondément sa raison d'être, à aller encore plus loin dans ce que j'ai appelé dévoiement de la fonction sociale de la médecine, dans l'exposé sur les causes de la surmédicalisation déjà évoqué.

Les limites sont floues entre une santé marchandisée et le bien-être qui est mis en avant par la définition de l'OMS et permet une infinité de formes de marketing et de commerce, et du côté du complexe médico-industriel et du côté du complexe naturo-psycho-holistique. Les deux utilisent les mêmes stratégies marketing de désinformation, les mêmes techniques de la communication d'influence, consistant entre autres à faire  peur pour nous manipuler, nous vendre des produits de plus en plus chers. Les deux relèvent de la même logique de médicalisation et surconsommation. Il faut le souligner, parce que les marchands et idéologues de la nature mise en boîte et du décryptage psychique (en fonction de préjugés et de croyances) nous enfument en présentant les alternatives comme hors système marchand, voire anti-système. Avec eux, ce sont les produits vendus qui changent, pas la logique, ni la marchandisation. De plus, ces produits peuvent se multiplier à l'infini, malgré l'absence de toute preuve d'efficacité, parce qu'ils relèvent des règlementations sur les compléments alimentaires... Aucune garantie, aucun contrôle. Le néolibéralisme atteint son apogée avec ce commerce-là, d'une part, et, d'autre part, avec les applications biotechnologiques qui frayent la voie au transhumanisme. 
 
Contrairement aux illusions vendues sous des syntagmes tels que "médecine personnalisée", médecine préventive, etc., ces pratiques médico-industrielles nient la personne et la fragmentent jusqu'à dissocier le corps et le transformer en banque de données (tissus, cellules, gènes, organes, ...). 
 
Chaque individu serait un entrepreneur de soi, détenteur d'un "capital santé" qu'il doit entretenir, augmenter, fructifier. Les conceptions de la protection sociale, de la médecine et des soins en général sont transformées, altérées en même temps que les notions de causalité, normalité, pathologie versus déviance, responsabilité... Renforcer son capital avec l'aide de la technique présentée comme un prolongement de l'humain et permettant d'en développer et démultiplier les capacités, c'est le premier pas vers l'acceptation de l'homme augmenté. Mais ni l'homme augmenté, ni l'homme bionique ne seront pour tout le monde. Les pauvres seront les cobayes et les donneurs, comme on l'a vu dans le cas de John Moore, qui a donné des leucocytes particulières pour permettre le développement d'un médicament anti-cancer. Il a été totalement exclu de tout ce qui relève de la valorisation de son "don", à savoir brevets, profits, etc.
 
L'individualisme néolibéral semble mettre l'individu au centre, comme si tout était mis à son service, pour mieux le rendre responsable et coupable des tares d'un système économique sur lequel il n'a en réalité aucune prise. Un système qui met une majorité de pauvres (qui en viennent à vendre des organes, tissus, gamètes, en plus de leur force de travail) au service des quelques riches qui peuvent payer et disposer effectivement d'une médecine personnalisée... 
 
Diverses stratégies sont mises en place pour récupérer et instrumentaliser tout ce qui relève de l'éthique et de l'humanité, notamment le don. Mais ce sont toujours les pauvres qui donnent (ou vendent à un prix proche de zéro), comme les femmes pauvres qui rationalisent la location de leur corps dans la gestation pour autrui, le don d'ovocytes, etc., sous prétexte d'aider les femmes riches. L'idéologie en arrive à présenter de tels actes comme une valorisation : telle vendeuse aurait ainsi plus de valeur... Une valeur quasi nulle sur le marché, et une force de travail manifestement tellement peu valorisée qu'elles doivent mettre même leurs corps en vente ou en location.
 
Quant à la prévention et à la triade médecine préventive, médecine prédictive, médecine prescriptive/proscriptive (au sens éthique, donc précisant le rôle d'agent de contrôle social exercé par la médecine), je les ai abordés dans les articles à ce sujet ("prévention, abus de prévention"), à partir des critiques de Sackett, mais aussi dans le contexte théorique des écrits de la Théorie critique, de Michel Foucault, de Ivan Illich et d'autres. Un livre que je conseille particulièrement est celui de Céline Lafontaine, Le Corps-marché. La marchandisation de la vie humaine à l'heure de la bioéconomie (Seuil 2014).
 
Un résumé des positions critiques sur la médecine préventive et la triade ainsi que d'autres références sont dans mon exposé de 2012 déjà cité traitant du dévoiement de la fonction sociale de la médecine.
 
Elena Pasca

 

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