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16/07/2008

Cadeaux de l'industrie pharmaceutique aux médecins pour influencer les prescriptions

Voici un reportage de la chaîne de télévision américaine CBS, qui cite un rapport parlant de 57 conflits d'intérêts médecine industrie pharmaceutique,corruption médecine industrie pharmaceutique,influence pharmaceutique médecine,zoloft sertraline suicide,cadeaux industrie pharmaceutique médecins,psychotropes effets indésirables,antidépresseurs effets indésirables,pfizer conflits d'intérêts corruption,antidépresseurs suicide,conflits d'intérêts psychiatrie,charles grassley,surprescription de psychotropes,médicalisation surmédicamentationmilliards de dollars payés chaque année par les firmes pharmaceutiques aux médecins pour influencer leurs prescriptions. Ce qui induit des conflits d'intérêts, voire de la corruption, et des biais à tous les niveaux de la chaîne du médicament.

Le reportage peut être visionné sur cette page, qui contient aussi une transcription intitulée "Are Perks Compromising MD Ethics ?" ("Les cadeaux compromettent-ils l’éthique médicale ?").

Le point de départ est le suicide d’une jeune fille de 12 ans alors qu’elle était traitée par l’antidépresseur Zoloft° (sertraline). Mais il y est question aussi des enquêtes du justicier Charles Grassley, auquel Pharmacritique devrait proposer d'être membre d'honneur...

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Des vétérans de guerre ayant des troubles psychiques, cobayes du Champix. Et un ancien secrétaire d’Etat américain fait du lobbying

Où l'on apprend encore plus sur les méthodes 1330725890.jpgde Pfizer... 

Le Secrétariat américain des vétérans de guerre (Veteran Affairs), qui a un réseau médical et d’assurance-maladie à part, est actuellement sous le feu des critiques pour n’avoir pas averti les vétérans prenant du Champix des effets indésirables du médicament. Le même Secrétariat d’Etat est critiqué pour avoir enrôlé des vétérans de guerre fragiles, souffrant de stress post-traumatique, dans une étude sur le Champix, tout en sachant que le médicament pouvait déclencher des réactions de violence, entre autres effets indésirables psychiatriques. Enfin, l’ancien secrétaire d’Etat, passé dans le privé depuis 2005, fait du lobbying pour Pfizer auprès de la direction actuelle…

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15/07/2008

Champix et Pfizer: des experts payés pour faire du disease mongering et vendre la varénicline

La revue Business Week a publié le 26 juin un article détaillé intitulé Doctors Under The Influence ? Il revient sur l’affaire du Champix (Chantix 1304350866.jpgaux Etats-Unis), à partir de l’aspect évoqué dans ma note « La dépendance au tabac bombardée maladie chronique à traiter indéfiniment. Avec Champix, Zyban et les substituts nicotiniques en guise de méthadone ».

Mais la perspective de Business Week est bien plus large que le seul Champix (varénicline) : faut-il informer ou non les patients des liens financiers (et autres conflits d’intérêts) que les médecins entretiennent avec les firmes ?

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06/07/2008

Pfizer et le financement de la formation médicale continue: changements en vue

Mise à jour à la fin, portant sur le blog FMC français, indépendant si on oublie Pfizer...

Le Wall Street Journal nous apprend dans un article en date du 2 juillet - intitulé Pfizer Stops Funding Some Classes for Doctors - la décision de Pfizer de ne 1858165476.jpgplus financer certaines formes de formation médicale continue (FMC), et notamment toutes celles organisées par des sociétés à but lucratif. Celles-ci ont eu à peu près la moitié des 80 millions de dollars investis par Pfizer dans la (désin)formation des médecins en 2007, nous apprend une dirigeante de la firme, Cathryn Clary. Qui ajoute que cette décision a été prise pour éviter les suspicions de conflits d'intérêts...

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27/06/2008

Sanofi licencie 800 visiteurs médicaux et concentre ses investissements marketing sur les leaders d’opinion… Nous voilà prévenus

Il faudrait un détecteur de mensonges - actualisé en détecteur de conflits d'intérêts et de désinformation médicale - à chaque fois qu'on voit un grand 1407881820.jpgponte de la médecine... Rien à craindre pour les non corrompus, alors…

Un brève signée Jean-Claude Jaillette dans le dernier numéro de Marianne : « Sanofi-Aventis projette de licencier 800 visiteurs médicaux, le tiers de sa force de vente. Le quatrième laboratoire mondial est-il sur le point de renoncer à une pratique décriée par les associations de consommateurs qui la jugent « pousse-à-la-prescription » ? Anticipant une crise prochaine – d’ici à 2012, la moitié des anciens médicaments du marché deviendront des génériques -, les grands labos redéploient leurs forces. « Dépenser moins pour vendre plus », tel est leur mot d’ordre. Seuls les médecins gros prescripteurs seront démarchés. Les autres seront sensibilisés par des interventions de grands pontes qui, sous couvert d’information, enverront des messages publicitaires. Vous avez dit conflits d’intérêt ? »

On voit bien que le temps des leaders d’opinion n’est pas révolu… Paraphrase de l’éditorial du 21 juin du British Medical Journal, accompagnant un article et un commentaire sur le même thème, dont nous avons rendu compte dans la note intitulée Les médecins leaders d'opinion, pantins du commerce pharmaceutique. Le British Medical Journal dénonce. Note suivie de quelques commentaires invitant le BMJ à balayer aussi devant sa porte. Par souci de non discrimination...

Elena Pasca

26/05/2008

"La pharmas-co-dépendance montrée du doigt": les tares d'un complexe médico-pharmaceutique en panne d'innovation thérapeutique

Merci au médecin qui m’a signalé ce texte. Il s’agit d’un article paru dans le journal Canadian Family Physician en octobre 2007 sous la plume de Pierre Biron, Martin Plaisance et Paul Lévesque.

Juste une remarque : je suis beaucoup moins optimiste quant aux possibilités que l’industrie pharmaceutique entende le message et réfrène ses ardeurs: « L’industrie pharmaceutique doit être ramenée à l’ordre. Elle s’est déjà avérée suffisamment résiliente pour s’adapter au changement si la société insiste. », disent les auteurs. Je pense qu’elle s’adapte en surface, adapte sa communication et son marketing, invente des stratégies nouvelles pour faire passer la pilule, dorée en fonction des modes qu’elle contribue largement à créer… Mais elle ne changera jamais profondément. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut baisser les bras, bien au contraire. La société doit insister et imposer des limites très strictes aux firmes, qu’elles le veuillent ou non! La décision ne doit pas leur appartenir. Les industries comme les technosciences sont des moyens, et elles n’ont pas leur mot à dire sur la question morale des « fins », de ce à quoi elles doivent servir. La déontologie et les applications éthiques doivent (ou plutôt devraient…) les encadrer de l’extérieur, puisque la dimension de la normativité ne leur est pas accessible. C’est cette vérité élémentaire qu’il faut rappeler à chaque fois qu’une industrie / technique / technologie / science dite exacte a des prétentions illégitimes.

Je pense aussi qu'un conflit d'intérêts apparaît dès qu'un médecin collabore à des recherches financées par les firmes.

Mais ces remarques ne changent rien au fait que le texte identifie et nomme très bien bon nombre de structures portantes du problème, à commencer par le terme "pharmas-co-dépendance" ou l'"acharnement préventif"... Le texte entier est en libre accès ici; j'en reproduis les principaux fragments avec l'aimable autorisation de l'auteur : La pharmas-co-dépendance montrée du doigt. Le temps serait-il venu de dire «Non merci»? Et quelques réponses figurent sur cette page. [Elena Pasca]

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13/05/2008

Conflits d'intérêts: Les leçons du cas Daniel Carlat, psychiatre VRP des laboratoires pharmaceutiques pour les psychotropes

Un exemple de conflits d’intérêts dont les effets 1578371214.jpgont été longtemps ignorés par l’intéressé est le psychiatre américain Daniel Carlat, professeur à la réputée Tufts School of Medicine de Boston.

Il a longtemps servi la firme pharmaceutique Wyeth qui l’a payé pour diverses activités promotionnelles déguisées visant à convaincre ses collègues de prescrire l’Effexor plutôt qu’un autre antidépresseur. Carlat a lui aussi été épinglé par la blogosphère et rattrapé par l’éthique et la mauvaise conscience… au point de se repentir et de passer dans le camp des anti-corruption et dénonciateurs des combines par lesquelles les firmes influencent les médecins et en font des pantins du marketing.

Il a raconté son parcours vers le repentir dans un long article paru le 25 novembre dans le New York Times sous le titre Dr Drug Rep (Le Dr VRP des firmes). L’article Psychiatre ou représentant de commerce ? sur le site « Œdipe » en rend compte en français.

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18/01/2008

Ezétrol et Inegy : le Congrès reproche à Schering Plough la manipulation de la recherche clinique

La firme Merck-Schering a changé le « critère de jugement primaire » de l’investigation en cours ezétrol efficacité cardiovasculaire,ezétimibe efficacité,inegy bénfices-risques,inegy réduction athérosclérose,cholestérol traitement risques,athérosclérose risque traitement,effets secondaires ezétrol,inégy effets indésirables,zocor efficacité,zocor effets indésirables,ezétrol mortalité,inégy mortalité cardiovasculaire,schering plough manipulation essai clinique,inégy étude enhance,fraude recherche médicale,athérosclérose traitement,inégy baisse cholestérol,baisse taux ldl cholestérolde route, supprimant ainsi deux tiers des données. Même d’après ce qui reste, Ezétrol et Inegy ne montrent pas de bénéfice clinique. La lettre des députés américains dévoile d’autres détails.

Commençons par les commentaires du Dr Steven Nissen, cardiologue et chercheur, auteur de la méta-analyse qui a mis l’antidiabétique Avandia (rosiglitazone) en difficulté en mai 2007. Notons qu’on avait, dans l’affaire Avandia, comme dans l’affaire Vioxx et d’autres, la même collaboration fructueuse entre scientifiques soupçonneux à l’égard d’un médicament et politiques soucieux d’intervenir lorsqu’il y a manipulation de données, intimidation de chercheurs ou lorsque l’agence de sécurité sanitaire américaine (FDA) ne fait pas son travail… Malheureusement, les études scientifiques n’ont aucun poids face à la puissance de l’industrie et aux experts qu’elle paie pour s’assurer que ses intérêts prévalent en toute circonstance…

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EZETROL et INEGY: pas de bénéfice sur l'athérosclérose. Les politiques obligent les firmes à dévoiler certains résultats

Il y a quelques années, il y avait eu une campagne de publicité de l’industrie pharmaceutique sur le cholestérol, ennemi public numéro un… 1348822792.jpgEn fait, les firmes voulaient plus de débouchés pour toute une série de médicaments contre le cholestérol, et pas seulement celui en excès… Puisque la prévention est le mot à la mode… Ce qui nous a donné entre autres le scandale Baycol, statine retirée en catastrophe du marché…

Cette fois-ci, il s’agit d’un médicament anti-cholestérol d’une famille autre que les statines, censé réduire le LDL (le « mauvais ») cholestérol en bloquant « l’absorption intestinale du cholestérol total et des phytostérols ». Il s’appelle EZETROL (nom générique : ézétimibe; nom américain: Zetia), autorisé sur une base de connaissance très maigre. Les firmes Merck et Schering Plough se sont associées aux Etats-Unis, soi-disant afin de produire ensemble de nouvelles molécules hypolipémiantes (qui baissent le taux de graisses dans le sang : cholestérol et triglycérides).  Mais créer un médicament novateur, ça coûte, ça prend du temps, puis les idées manquent cruellement, puisque les firmes investissent bien plus dans le marketing que dans la recherche… La recette miracle était d’associer deux molécules déjà existantes : Ezétrol + Zocor = INEGY, censé bloquer la formation d’athérosclérose sur les artères des patients souffrant d’hypercholestérolémie familiale hétérozygote, chez lesquels Zocor (simvastatine) pris seul ne serait pas suffisant.

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21/12/2007

Vidéos sur GSK: Avandia, Deroxat, pratiques douteuses...

Deux excellentes vidéos anglophones nous apprennent pas mal de choses sur le laboratoire britannique GlaxoSmithKline, GSK logo 2.jpgproducteur d’Avandia et du Deroxat (Seroxat, Paxil, paroxétine), entre autres. Deroxat qui a été l'objet d'un scandale dont on n'a pas entendu grand-chose en France, comme d'habitude...

GSK se dispute la première place mondiale avec Pfizer, avec un chiffre d’affaires qui donne le tournis. En 2006, les rentrées de GSK étaient de 31.000 dollars par minute… Sans surprise, la firme soutient un candidat républicain à la présidence américaine…

RealGlobalNews.Com - GSK: http://www.youtube.com/watch?v=0OhcmaAf_zE

L’histoire de GSK semble assez mouvementée, même pour une firme pharmaceutique… Corruption massive de médecins révélée en Italie, pour faire prescrire ses produits, fraude et inflation des prix aux Etats-Unis, scandales pour avoir essayé d’empêcher la commercialisation massive de génériques et la production de copies bon marché de médicaments anti HIV, amendes faramineuses payées aux Etats-Unis à cause de ses pratiques peu recommandables, implications pas très claires dans la guerre en Irak, etc.

L’une des vidéos rappelle que le PDG de GSK, Jean-Pierre Garnier, quittera la direction de la firme en mai 2008 et se demande si cette retraite sera profitable à sa conscience, au moins tout autant qu’à ses comptes en banque…

GSK-JP Garnier-Seroxat-Avandia

http://www.youtube.com/watch?v=CsQlmB6qPCY&feature=related

*

Ce n'est pas par hasard que l'on évoque le PDG de GlaxoSmithKline, puisque, selon l’enquête sénatoriale américaine sur Avandia (rosiglitazone), il était au courant des pressions exercées sur le Dr John Buse, spécialiste du diabète, conseiller de la firme et investigateur principal dans l’essai clinique. Ce médecin a parlé publiquement des risques cardiovasculaires dès 1999, puis a averti la FDA (agence américaine du médicament), avant d’être réduit au silence par GSK.

On le sait moins, mais c’est Buse qui a averti le Dr Steven Nissen, cardiologue réputé et auteur principal de la méta-analyse publiée par le New England Journal of Medicine, qui a mis en évidence un risque augmenté de plus de 40% d’avoir une complication cardiaque sous Avandia (détails dans la note qui reprend les grandes lignes de l'article). C’était la première d’une série d’études et éditoriaux dans des grandes revues médicales, avec des conséquences concrètes grâce à l'enquête parlementaire américaine.

The Intimidation of Dr. John Buse and the Diabetes Drug Avandia

http://finance.senate.gov/press/Bpress/2007press/prb111507a.pdf

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

Mise à jour avril 2011

Sur Avandia et ses effets secondaires, ainsi que sur les autres glitazones, il y a beaucoup d'articles sur Pharmacritique, que vous pouvez lire à partir de cette page.

 
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