19.04.2008
Ces lobbies qui nous gouvernent à travers des "Députés sous influences". Un livre qui en dit long. Et l'exemple du lobby de la chimie
Hélène Constanty / Vincent Nouzille, "Députés sous influences. Le vrai pouvoir des lobbies à l’Assemblée nationale",
Fayard, 2006. Nous avons parlé de ce livre - qui n'a rien perdu de son actualité - dans la note Politiques sous influence. Du lobby pharmaceutique au lobbying à l’Assembée et à l’Elysée.
Le blog des deux auteurs du livre, Lobbies en campagne, n’est plus à jour depuis juin 2007, mais reste tout aussi édifiant. Voici un extrait présentant l'ouvrage: "Laboratoires pharmaceutiques, industriels de l’armement et de l’agroalimentaire, filière nucléaire, chefs d’entreprise, médecins, viticulteurs, cafetiers, chasseurs : tous ont leurs défenseurs au Palais-Bourbon ! Le livre met au jour les méthodes controversées utilisées par certains lobbyistes pour faire passer leurs messages : trafic de badges d’accès, recrutement d’assistants parlementaires, interventions payantes lors de colloques, rédaction d’amendements «prêts à l’emploi», «groupes d’études » téléguidés, création de « clubs » thématiques, organisation de voyages et de missions parlementaires à l’étranger… (…) Plus rien n’échappe à ces jeux de pouvoirs occultes. Les lobbies sont à la manoeuvre et certains députés dépassent parfois la ligne blanche… ».
A lire aussi le dossier en ligne de l’Express, Pour qui roulent vos députés, et d’autres liens à partir de ces sites. Les lobbies n'ont officiellement pas le droit d'entrer et d'oeuvrer à l'Assemblée nationale. Le livre comme le dossier de l'Express montrent comment ils contournent tous les jours cet obstacle, par exemple à travers Les grupes d'études, faux nez des lobbies. L'exemple du lobby de la chimie, donné par l'Express dans cet article, est particulièrement intéressant quand on parle tellement d'incinérateurs, d'OGM, de pesticides et autres douceurs que nous consommons directement ou indirectement grâce à l'industrie agrochimique, pétrochimique, pharmaceutique et autres chimiques... On voit comment les divers intérêts politico-financiers superposés - grâce aux liens financiers qui donnent ces conflits d'intérêts qui étranglent la politéconomie française - réussissent à faire barrage à REACH, ambitieux projet européen de réglementation sanitaire des produits chimiques. La santé publique, les risques sanitaires, le principe de précaution - voilà des notions qui ne figurent que dans les cauchemars de ces élus qui ne représentent plus qu'une minorité de intérêts privés. Res publica? Euhhh... Vous pouvez épeler, SVP?
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Politiques sous influence. Du lobby pharmaceutique au lobbying à l’Assemblée nationale et à l’Elysée. Extraits vidéo.
« Les lobbies. L’Elysée sous influence ? » est le titre du reportage diffusé en mai 2007 par "Questions à la une", le magazine d'information de la RTBF (télévision belge francophone de service public). Vous verrez pourquoi un tel reportage ne pourrait pas passer sur une chaîne française... Nous avons repris de Dailymotion cinq extraits vidéo de l'émission, et fait un petit exercice qui décuple leur impact: les regarder en les croisant avec des fragments d’un article de Marie Bénilde, Quand les lobbies (dé)font les lois. Parlementaires français et européens sous pression, (Monde diplomatique, mars 2007). On dirait que lorsque les trop rares journalistes d’investigation se mettent au travail, ils arrivent à des résultats similaires…
La première séquence vidéo de l’émission belge parle de l’université d’été de Pharmaceutiques, qui est la revue mensuelle de référence « des cadres de l'industrie et des décideurs institutionnels du monde de la santé », selon la présentation officielle. Celle-ci ne laisse pas planer les doutes sur le principal centre d’intérêt : « résultats financiers, bilans et perspectives ». Le numéro de janvier contient un bilan de l’année 2007, réalisé par le LEEM (syndicat de l’industrie pharmaceutique), non disponible en ligne, à mon grand regret… Mais on apprend que le bilan financier de l’année passée était stable – ouf !!
Cette université d’été de « Pharmaceutiques », fermée au public et aux media, a eu lieu dans un château du Lubéron, où le super lobbyiste de l’industrie pharmaceutique, Daniel Vial, a réuni à la fois des PDG de grandes firmes pharmaceutiques et des politiques tels Bernard Kouchner, Michèle Barzach, Claude Evin… Avec la présence, en mission officielle, semble-t-il, du ministre délégué à la Sécurité sociale, Philippe Bas... Notre porte-monnaie en est de plus en malade... Et plus il souffre, plus on risque de souffrir longuement en cas de maladie...
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La politique de santé publique face au lobby agro-alimentaire... La prévention de l'obésité infantile ne pèse pas lourd face aux intérêts privés
« En ce mois de juillet 2004, le projet de loi sur la santé publique soumis au Parlement est loin d’imposer aux annonceurs de boissons, barres chocolatées ou biscuits des contraintes prohibitives en matière de communication publicitaire. Le nombre des jeunes de 6 à 15 ans victimes de surcharge pondérale et multipliant de ce fait leurs risques de maladies cardio-vasculaires a beau avoir triplé en un quart de siècle (pour atteindre 16 % de cette tranche d’âge), l’urgence ne semble pas s’imposer. Bien que le député (et médecin) Jean-Marie Le Guen (Parti socialiste, PS) alerte l’opinion sur un phénomène qu’il juge gravissime et qui touche un enfant de 8 ans sur cinq (…), le projet de loi présenté par le ministre de la santé de l’époque, M. Philippe Douste-Blazy, reste relativement modéré. Contrairement à la Suède ou au Québec, la France choisit en effet de ne pas interdire la publicité dans les programmes destinés aux moins de 12 ans. Le gouvernement s’est laissé gagner par les avocats de l’industrie alimentaire, qui mettent en balance leurs 140 milliards d’euros de chiffre d’affaires, leurs quatre cent vingt mille salariés et leur... 1,7 milliard d’euros bruts d’investissements publicitaires ».
Marie Bénilde parle de Douste-Blazy. Mais Xavier Bertrand n’a pas fait mieux lorsqu’il était ministre de la Santé, alors que des rapports officiels préconisaient l’interdiction pure et simple de la publicité encourageant les enfants à la consommation de sucreries. Cette séquence de l’émission de Canal+ « Faites passer l’info » montre Bertrand en train de se faire rappeler à l’ordre par le lobby agroalimentaire. Le ton de Jean-René Buisson (président de l’Association nationale des entreprises de l’agroalimentaire) oscille entre menace voilée et promesse de renvoi d’ascenseur. En tout cas, on n’a aucun mal à se rendre compte qui décide. Et, bien entendu, c'est l'intérêt privé des multinationales qui l'a emporté. La publicité se porte comme un charme - nous enfants un peu moins... - et le bandeau qui défile en bas pour dire qu'il faut bouger plus est en lettres tellement petites qu'il faudrait une loupe pour le voir...
16:30 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : politique de santé, lobby agro-alimentaire, profit, publicité, obésité infantile |
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Aide-mémoire pour la ministre de la santé: les lunettes seront-elles déremboursées ou pas?
En citoyens soucieux de la santé de nos gouvernants – apparemment plus soucieux qu’ils ne le sont de la nôtre… - nous nous intéressions déjà aux problèmes de vision, et même cardiaques dont pouvait souffrir notre président (dans cette note).
Le même souci citoyen a poussé « Arrêt sur images » à s’intéresser non seulement à la vision, mais aussi à la mémoire de notre ministre de la santé, Mme Bachelot, lorsqu‘elle parle lunettes, par exemple. La ministre affirme le 15 avril 2008, lors d’une séance de questions aux gouvernement, qu’elle n’a jamais évoqué la possibilité de laisser le remboursement des soins optiques aux complémentaires privées. ASI a retrouvé donc l’enregistrement d’un entretien sur LCI, fait deux jours auparavant… Tentative ratée de donner un morceau encore plus gros de gâteau aux assureurs privés ? En tout cas, toutes les « réformes » qui privatisent un peu par-ci un peu par-là, qui remettent la question des « programmes d’observance » à l’ordre du jour, alors que la question avait été tranchée il y a un an – tout cela montre que le lobby des assureurs et autres industriels pharmaceutiques et investisseurs privés a parfaitement bien travaillé, et ce au plus haut niveau de l’Etat.
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05.04.2008
Les psys se penchent sur le cas Sarkozy (caricature)
Nous parlions de psychiatrie, de maladie mentale, mais aussi de la volonté des hommes politiques à démanteler la protection sociale, défaire les hôpitaux publics et la Sécurité sociale basée sur la solidarité nationale pour les laisser en proie aux assurances privées et aux profiteurs de tout poil. Mais quelle tête a bien pu penser de telles calamités ? Cette caricature tirée de Sarkostique nous donne un aperçu du fait que Sarkozy incarne le conflit d’intérêts absolu… Les lobbies, les millionnaires, les affaires... Rien de cela ne lui est inconnu, à ce bienfaiteur des multinationales et autres organismes à but fort lucratif, qui voulait les protéger d'une justice déjà pas très regardante en la matière, en réformant "le droit des affaires"... Pour mieux entériner le droit aux affaires, sans doute... La perspective d'endiguer un jour les débordements de l'industrie pharmaceutique, de celle agrochimique, etc., par voie juridique-législative s'éloigne de plus en plus...
16:00 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Sarkozy, conflits d'intérêts, protection sociale, franchises médicales, acquis sociaux |
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