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12/06/2008

Le 25 juin: mobilisation pour Christian Vélot, lanceur d'alerte sur les OGM, et pour tous les lanceurs d'alerte!

Appel à la mobilisation lancé par la Fondation Sciences Citoyennes: le 25 juin à Orsay à 10h30, puis à Paris à 15 h (détails Christian Vélot.jpgplus bas).

"Christian VELOT est enseignant-chercheur en génétique moléculaire à l’Université Paris-Sud. Depuis 2002, il est responsable d’une équipe de recherche à l’Institut de Génétique et Microbiologie (Institut mixte CNRS – Université) sur le Centre Scientifique d’Orsay.

Parallèlement à son activité d’enseignement et de recherche, il anime sur son temps personnel de nombreuses conférences à destination du grand public sur le thème des OGM. Ses conférences didactiques, dont l’une a notamment servi de document de travail à l’intergroupe OGM du Grenelle de l’Environnement, ont permis à de nombreux citoyens d’avoir accès à une connaissance de la réalité des OGM et ont contribué à la prise de conscience raisonnée des risques qu’ils portent. Il est souvent intervenu en tant que témoin dans les procès de faucheurs volontaires.

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02/06/2008

Une excellente parodie des liens entre hommes politiques et lobbies… Et quelques satires sur des sujets d’intérêt général en santé ;-)

Pour bien commencer la semaine et parce qu’il vaut mieux en rire… « The Onion » est un excellent site de parodies et satires vidéo ou écrites. Souvent de l’humour 1407881820.jpgnoir… Les parodies vidéo sont d’excellentes imitations de débats télévisés. Dans celle-ci, il est question de ces pôvres lobbies qui n’en ont pas pour leur argent... A en pleurer!

La vidéo est sur cette page: Are Politicians Failing Our Lobbyists? (Nos hommes politiques trahissent-ils leurs engagements auprès des lobbies?) Voici les grandes lignes pour ceux qui ne parlent pas anglais. Et quelques autres liens pour rigoler…

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31/05/2008

Université SARL: le monde privatisé de demain

Jennifer Washburn, journaliste d'investigation, est l'auteure de ce livre paru en 2005 et qui sert de référence à tous les travaux ultérieurs. Elle 257449594.jpga passé des années à réunir cette documentation sur la corruption des universités américaines par les multinationales, à coups de financements privés qui ont progressivement corrompu tout sens du mot "éducation". Sans parler de la chose publique... (L'étiquette "sold" veut dire "vendu").

Regardez cette belle caricature intitulée University, Inc.”, d'après le livre de Washburn et illustrant un entretien avec elle, postée sur un site britannique à explorer: Corpwatch. Holding Corporations Accountable (chien de garde qui demande des comptes aux multinationales).

C'est à ça que ressemblent une université et une recherche financées par le privé, qui acquiert de la respectabilité et devient sortable en dévorant tout sur son passage, à commencer par l'intérêt général... La chose publique n'est plus que "chose", elle n'a plus rien de public au sens du monde commun et de l'intérêt général auxquels l'éducation devrait pourtant préparer.

Traduction libre de la légende:

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25/05/2008

"Médecins sous perfusion" financière, manoeuvres promotionnelles des firmes... Le deuxième rapport de l'IGAS et des précisions de l'UFC Que choisir

Voici un article de Rouba Naaman, paru sur le site Novethic fin janvier. L’auteure commente l’étude et les communiqués de l'UFC-Que choisir et souligne certains aspects de l’étude sur les cinq classes de médicaments dont les prescriptions ont été passées au crible. Mais ce qui retient le plus l'attention, ce sont les commentaires de quelques dirigeants de l’association de défense des consommateurs ainsi que de certains représentants des firmes pharmaceutiques et de leur syndicat, le LEEM. C’est ironique… Il y a une grande solidarité entre les firmes et les médecins ayant des conflits d'intérêts dès que quelqu’un pointe un doigt accusateur… Il n’y a que des innocents… Que des professionnels de santé et de l'industrie pharmaceutique qui ne sont pas responsables. Doit-on comprendre qu'ils sont irresponsables?

Précision importante: Le deuxième rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), dont il est question dans le texte, est resté confidentiel pendant quelque temps. Vous pouvez le lire sur cette page de la Documentation française, sous le titre « Encadrement des programmes d’accompagnement des patients, associés à un traitement médicamenteux, financés par les entreprises pharmaceutiques ».  L'IGAS n'est pas dupe. Les auteurs voient dans les projets de "programmes d'accompagnement" ou d'"observance" des manœuvres promotionnelles des firmes pharmaceutiques qui cherchent à avoir un accès direct aux patients pour mieux les influencer.

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Des milliards gaspillés pour une qualité de soins moins bonne. D'autres articles de l'UFC Que choisir sur l'irrationalité des prescriptions

Voici des extraits de quelques autres documents de l’UFC - Que choisir, chiffrant les conséquences des prescriptions irrationnelles à des milliards d’euros. Un milliard d’euros sur cinq ans, rien que pour cinq classes de médicaments représentant à peine 14% des prescriptions des médecins de ville… Sans aucune amélioration de la qualité de soins, au contraire.

Les extraits sont suivis d’un lien vers les propositions faites par l’association et de liens vers des articles plus anciens, mais qui ont gardé toute leur actualité. A lire pour avoir une image de plus en plus claire de ce qui se passe dans le meilleur système de santé du monde...

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L’irrationalité des prescriptions en France, conséquence de la désinformation par l’industrie pharmaceutique. Constat de l'UFC Que choisir et de l’IGAS

(Un problème technique a rendu les textes réunis sous la catégorie « Prescriptions irrationnelles au profit des firmes », datant de février/mars, inaccessibles par le bouton de recherche ou les catégories. La seule solution est de les reposter… Occasion de les (re)lire ;-) Cette note est parue d'abord sur cette page, sur laquelle on peut lire à la fin les commentaires critiques d'une visiteuse médicale, et c'est pourquoi on ne la supprime pas).

Le 15 janvier 2008, l’UFC Que choisir, association de défense des consommateurs, a publié les résultats de son étude intitulée « Prescriptions de médicaments : Des prescriptions irrationnelles, un constat confirmé par la Cour des Comptes ». L’association rappelle ses propres analyses tout en rendant compte de la parution de deux rapports alarmants sur les dérapages en matière de (dés)information médicale et de filière du médicament, les deux complètement dominées par l’industrie pharmaceutique : le rapport de la Cour des Comptes, paru en septembre 2007, et celui de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales), paru en octobre).

On peut aussi voir dans l’irrationalité des prescriptions - donc de la majeure partie du système de soins - l’un des symptômes de cette "liberté" sans limites du médecin que nous évoquions dans cette note, quoique sous un autre angle. Pour beaucoup de médecins, cette liberté justifie même leurs conflits d’intérêts, donc le consentement à la corruption pharmaceutique… Cette liberté-là est absolutisée au point de devenir de l'arbitraire pur, négation de la liberté des patients, qui en subissent les conséquences. Rappelons encore une fois qu'aucune firme n'a jamais obligé un professionnel de santé à accepter son argent, ses "honneurs" ou ses visiteurs médicaux... Non, la corruption se fait en toute "liberté"... Corruption d'une médecine qui comprend le mot "libéral" au sens d'"ultralibéral": profitons sans entraves...

Le marketing des firmes pharmaceutiques fait en sorte de contourner les génériques et incite les médecins – à l’aide de petits ou grands cadeaux – à prescrire des médicaments nouveaux, très chers, dont ni l’efficacité ni la sécurité d’emploi ne sont sûres et suffisamment testées. La médecine tend à devenir une activité commerciale comme une autre, organisée autour de la vénération du profit, et mettant en danger la santé des usagers par le recours trop rapide et irréfléchi à des « nouveautés » qui n’ont pas fait leurs preuves. Les usagers ont aussi à payer le coût du marketing des firmes pharmaceutiques, compris dans le prix des médicaments, par exemple. Et encore, si les médicaments récemment autorisés étaient de véritables nouveautés… Mais la plupart du temps, c’est loin d’être le cas. Cette note peut être lue en continuité avec la déclaration de l’ISDB (International Society of Drug Bulletins) sur le (très faible) progrès thérapeutique, dont nous avons résumé les grandes lignes.

Revenir à la raison, à un usage plus rationnel et raisonnable des médicaments, a pour condition nécessaire l'élimination pure et simple des conflits d’intérêts. Chaque médecin peut commencer par le refus de recevoir les visiteurs médicaux payés par les firmes. Il existe des délégués de l'assurance-maladie (DAM), par exemple, qui fournissent des informations sur les médicaments. 

Le texte de l'UFC Que choisir: Prescriptions de médicaments : Des prescriptions irrationnelles, un constat confirmé par la Cour des Comptes 

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23/05/2008

Les acrobaties de l’agence canadienne du médicament (ACMTS) avec les conflits d’intérêts. Ne surtout pas oser, voilà la ligne politique...

Nous parlions récemment des acrobaties suisses avec les conflits d’intérêts dans la formation médicale continue (FMC) puis – thème encore plus proche de celui de cette note - des acrobaties de l’Agence française de sécurité sanitaire (Afssaps) avec les mêmes conflits d’intérêts… 

Prenons aussi l’exemple canadien, à travers les directives de 2006 de l’ACMTS (Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé) ayant pour but de « gérer » (et non pas d’éliminer) les liens financiers et les conflits d’intérêts des médecins qui interviendront en tant qu’experts. Il y a les belles phrases, bien sûr, puis viennent les exceptions et l’on comprend qu’il y a beaucoup de poudre aux yeux au Canada aussi… Par exemple, le fait qu’un expert possède des actions de telle firme pharmaceutique pour une valeur ne dépassant pas les 10.000 dollars n’est pas considéré comme un conflit d’intérêt majeur… Comme s’il y avait des conflits mineurs et majeurs… L'expert qui reçoit directement 9.999 dollars (et bien plus à travers les financements des activités liées à la recherche), n'est qu'un peu corrompu, pas beaucoup...

Un "peu" de corruption (sic), beaucoup d'acrobaties pour la justifier... Et, à votre avis, qui est-ce qui se casse la gueule à cause de ces acrobaties? Il n'y a qu'une réponse possible: nous autres, usagers, qui n'avons aucun filet de sécurité lorsque nous gobons que ce que nous prescrivent les multinationales pharmaceutiques, sans aucune médiation critique de médecins dont la jugeotte est paralysée par plus ou moins de 10.000 dollars, qu'importe. L'intégrité de certains coûte cher; d'autres se laissent acheter pour un rien... Qu'est-ce que ça change, à l'arrivée?

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20/05/2008

Associations et fondations de malades sous influence pharmaceutique. Exemples canadiens de conflits d'intérêts et de corruption associative

L'efficacité des médicaments anti-démence (inhibiteurs de la cholinestérase, mémantine et les innombrables nootropes et vasodilatateurs) 119615448.jpgutilisés entre autres dans l'Alzheimer, est extrêmement controversée. Il est d'autant plus indispensable pour leurs fabricants d'encourager la consommation à travers les associations de malades... Les firmes imposent leurs médicaments et/ou augmentent leurs chiffres de ventes en instrumentalisant les associations ou groupes de patients souffrant d'affections cardiovasculaires, d'arthrite, d'allergies ou d'autres maladies. Si on ajoute cette influence à l'emprise des laboratoires sur les médecins et les autorités sanitaires, il est certain qu'il ne reste plus grand-monde pour assurer une information médicale indépendante et transparente... L'influence des associations et groupes de patients sur ces derniers est énorme, vu leur position stratégique. Même la critique qui peut cibler les firmes et les médecins corrompus ne peut pas les atteindre, la plupart du temps, puisque l'image du bénévolat, de l'engagement désintéressé et sans limite pour la santé de leurs membres fait trop souvent barrage à la pensée critique. Il ne s'agit pas de contester leur engagement, mais de questionner certaines modalités qui le déforment et l'altèrent, selon le sens propre du mot "corruption"...

C'est un pari faustien que de penser rester indépendant tout en acceptant les grâces et autres charités soi-disant désintéressées... Le cadeau d'une firme à but lucratif est un investissement approuvé par les actionnaires qui attendent un retour sur investissement sous forme d'espèces sonnantes et trébuchantes, de plus-value sur les actions. Plus intéressé que ça, il n'y a pas... Plus conflictuel et plus corrupteur non plus.

Parlant d'Alzheimer, on ne peut qu'espérer que les franchises médicales ne serviront pas à augmenter les bénéfices des Pfizer et autres fabricants de ces médicaments inefficaces par un effet de levier sur le nombre de prescriptions et donc de remboursements...

Un article signé Baptiste Ricard-Châtelain, paru le 12 avril 2008 dans le journal canadien Le Soleil, donne plusieurs exemples de grandes associations canadiennes de patients financées par l’industrie pharmaceutique… Fondations sous influence : quand Pfizer finance la Société Alzheimer:

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19/05/2008

Financement par les firmes pharmaceutiques: conflits d'intérêts ou corruption? L'exemple des associations de patients et d'usagers

Voici un excellent texte sur une dimension taboue en France : les conflits d'intérêts et la corruption des associations et groupes de patients / malades / usagers / consommateurs par l’industrie pharmaceutique. Il existe même des associations ou groupes d'entraide créés de toutes pièces par les firmes pharmaceutiques pour servir de lobby et/ou de groupes de pression dans l'imposition de tel médicament, et en général pour influencer les politiques publiques au niveau national et européen. Les influencer au sens voulu par l'industrie. Très peu d'associations déclarent si elles ont ou non des intérêts financiers. Sans parler du fait que les membres des comités scientifiques des associations sont en général des leaders d'opinion fortement impliqués dans la promotion des médicaments, donc ayant des conflits d'intérêts.

Marcher à contre-pas : le mouvement pour la protection de la santé au Canada et le financement par l’industrie pharmaceutique. Par Sharon Batt (chercheure en santé, Action pour la protection de la santé des femmes, Canada, janvier 2005). Un fragment qui en dit long :

« L’éthicien Carl Elliott s’est penché sur la question des fonds investis par l’industrie pharmaceutique dans la communauté médicale66; il s’est demandé si la notion de « conflit d’intérêts » convenait pour en décrire les effets. Il craint, entre autres, que cette expression ne serve à individualiser un système de corruption généralisé des groupes censés servir le bien commun. (…) En ce qui concerne les groupes de pression [associations de malades et de défense des consommateurs qui acceptent de l’argent de l’industrie pharmaceutique], on peut affirmer que la manipulation dont ils font l’objet de la part des pharmaceutiques, dans le but ultime d’influencer les débats publics, appartient à la seconde catégorie [la corruption].

De manière plus générale, l’abondance des fonds versés par l’industrie pharmaceutique à la recherche médicale, aux revues scientifiques, à la formation des médecins, à la bioéthique, aux organismes de réglementation des médicaments et aux associations de défense des droits des patients crée un environnement axé sur le profit, peu propice à l’émergence d’un débat constructif sur les enjeux touchant les médicaments. Bien que notre propos concerne ici le financement des groupes de pression proprement dit, il importe de situer cette pratique dans le contexte élargi des stratégies de marketing adoptées par les [firmes] pharmaceutiques. Les groupes de pression ne sont qu’un acteur parmi d’autres. »

18/05/2008

Frères siamois : la psychiatrie et les firmes pharmaceutiques, cimentés par le DSM et l'argent

Cette caricature de Mike Adams illustre parfaitement les liens (financiers et autres) inextricables qui existent entre psychiatrie et industrie pharmaceutique. Et ce dédoublement (pathologique selon le DSM, donc à traiter…) n’est pas franchement dans l’intérêt de la santé du patient… Par contre, les deux frères se nourrissent du même argent, grandissent et fleurissent ensemble. La psychiatrie a perdu son âme depuis qu'elle est rentrée dans la peau de l'industrie.

Dans la caricature, le médecin dit sur un ton dubitatif : « Nous pourrions tenter une séparation chirurgicale, mais il est peu probable que l’un de vous puisse survivre sans l’autre ». 

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13/05/2008

Conflits d'intérêts: Les leçons du cas Daniel Carlat, psychiatre VRP des laboratoires pharmaceutiques pour les psychotropes

Un exemple de conflits d’intérêts dont les effets 1578371214.jpgont été longtemps ignorés par l’intéressé est le psychiatre américain Daniel Carlat, professeur à la réputée Tufts School of Medicine de Boston.

Il a longtemps servi la firme pharmaceutique Wyeth qui l’a payé pour diverses activités promotionnelles déguisées visant à convaincre ses collègues de prescrire l’Effexor plutôt qu’un autre antidépresseur. Carlat a lui aussi été épinglé par la blogosphère et rattrapé par l’éthique et la mauvaise conscience… au point de se repentir et de passer dans le camp des anti-corruption et dénonciateurs des combines par lesquelles les firmes influencent les médecins et en font des pantins du marketing.

Il a raconté son parcours vers le repentir dans un long article paru le 25 novembre dans le New York Times sous le titre Dr Drug Rep (Le Dr VRP des firmes). L’article Psychiatre ou représentant de commerce ? sur le site « Œdipe » en rend compte en français.

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Le DSM V en préparation regorge de conflits d'intérêts des experts psychiatres. Et l'APA fait de la com' pour noyer le poisson

Qu’on veuille ou non le reconnaître, l’APA (Association Américaine de Psychiatrie) tient les rênes de la psychiatrie mondiale parce que c’est elle qui a le pouvoir de définir les termes, de poser « les principes de vision et de division » (Bourdieu) en fonction desquels se fait la distinction / division entre le normal et le pathologique en termes de santé mentale. C’est un immense pouvoir que de définir la "normalité" et de décider de ce qui est ou non un trouble psychique qui entrera dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), édité et révisé par l’APA. Pouvoir d'abord idéologique. Et puisque nous vivons dans une idéologie néolibérale triomphante selon laquelle rien ne doit s'opposer à la maximisation des profits, force est de constater que ce pouvoir est entre les mains des marchands des diverses multinationales. 


Nous parlions dans cette note du fait que les psychiatres sont les médecins les plus financés par l’industrie pharmaceutique. Les conflits d’intérêts n’ont pas contourné le DSM, loin de là, ce qui a valu beaucoup de critiques à l’APA. La vague de protestations recommence, puisqu’un communiqué de presse de l’organisation a rendu publics début mai les noms des 28 psychiatres superviseurs et des 120 membres des groupes de travail chargés de préparer la 5ème édition du DSM, à paraître en 2012. Comme avant, 16 des 28 superviseurs ont de très forts liens financiers avec l’industrie pharmaceutique pour diverses activités promotionnelles.

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12/05/2008

Conflits d’intérêts en psychiatrie, discipline la plus payée par l’industrie, selon les Etats américains qui appliquent les lois de transparence

Voici un nouveau site qui deviendra très vite une référence : PsychConflits. Il est consacré aux conflits d’intérêts en psychiatrie, c’est-à-dire à 1800579362.jpgtout l’argent que reçoivent les psychiatres pour faire augmenter les ventes de médicaments antipsychotiques, neuroleptiques, antidépresseurs, tranquillisants/anxiolytiques, somnifères, énergisants, anti-démence, etc.

Le site est inauguré par une vidéo centrée sur les liens financiers entre la toute-puissante APA (Association Américaine de Psychiatrie) et l’industrie pharmaceutique, liens qui se concrétisent dans le contenu de la bible des psychiatres : le DSM IV. Il s’agit de la quatrième version révisée du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux : près de 900 pages et une influence énorme, puisque c’est lui qui dit ce qui est ou n’est pas une maladie psychiatrique, classifie les troubles en fonction de critères sujets à controverse, mais qui seront considérés partout dans le monde comme les outils diagnostiques par excellence. Ces critères et cette liste de maladies déterminent ce qui doit être traité, d’où la responsabilité des experts ayant conçu le DSM IV dans l’énorme augmentation des prescriptions des médicaments psychotropes et dans l'inflation des... maladies ou syndromes psychiatriques. De 112 « troubles » en 1952, nous en sommes arrivés à 374 aujourd’hui, souligne le commentaire de la vidéo. Le monde sombre dans la folie, apparemment... 

Et si la folie la plus préoccupante n'était pas celle dont traite le DSM IV? Il fut un temps où une psychanalyse engagée considérait un symptôme comme le signe d'une répression psycho-sociale et le prenait comme une porte ouverte à une possible libération... Aujourd'hui, on ne cherche plus à savoir, à faire oeuvre d'autonomie, mais on abrase chimiquement la perception, la pensée, ce qui étouffe d'emblée tout pas vers la (prise de) conscience.

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11/05/2008

« Grillés par la blogosphère », des leaders d'opinion découvrent l’éthique et tournent le dos aux firmes pharmaceutiques

Où l’on voit à quel point parler publiquement de ces questions peut avoir des conséquences et pousser des leaders d'opinions - les grands 1407881820.jpgpontes de la médecine - à réaliser que leur réputation ne sort pas indemne de leur soumission aux donneurs d'ordre industriels. Est-ce que les 30 argents valent la peine ?

C’est un article du New York Times en date du 15 avril, intitulé Citing Ethics, Some Doctors Are Rejecting Industry Pay qui nous informe du revirement de trois leaders d’opinion dans leur domaine respectif. Ils ont été mis en cause - mis sous pression et sous un feu nourri - par une blogosphère anglophone particulièrement active dans la dénonciation des conflits d’intérêts et d'autres formes de manquements à l’éthique. Ces trois pontes ont fini par entendre parler de l'éthique!! (Mieux vaut tard que jamais...) Et ils ont décidé de ne plus accepter l'argent de l’industrie pharmaceutique.

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10/05/2008

Absence ou incohérence des déclarations de conflits d'intérêts, à l'exemple des études sur les stents coronariens. Article de PLoS

Nous avons publié il y a quelques jours une traduction de l’éditorial du JAMA (Journal of the American Medical Association) en date du 16 avril, contenant des propositions pour limiter conflits d'intérêts, manipulation, désinformation, influence des firmes pharmaceutiques...

Nous avons aussi parlé à plusieurs reprises des efforts faits dans les pays anglo-saxons pour une plus grande transparence et une limitation des conflits d’intérêts. Voici un article intéressant, puisqu’il quantifie ce qui peut paraître comme des manquements sporadiques à l’honnêteté, à la déontologie et à la politique éditoriale... Pas si sporadique que cela, en fin de compte… L’article vient d’être publié dans le numéro de 7 mai 2008 de PloS One (Public Library of Science, revue en libre accès). Le texte intégral écrit par Weinfurt et al est disponible sous le titre "Cohérence des déclarations de conflits d'intérêts dans la littérature médicale: le cas des stents coronariens", en version originale

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03/05/2008

Roselyne Bachelot prône une certaine transparence sur la visite médicale tout en revisitant son CV. Edulcorer la vérité: une règle du métier d'homme politique et de visiteur médical?

Dans la note concernant le rapport de Catherine Lemorton, je mentionnais le fait, relevé par le Figaro, qu’elle est pharmacienne et ménage sa Bachelot Pharmanetwork.gifcorporation. Source de conflits d’intérêts. Mais nous avons un exemple bien plus parlant et plus révélateur de la représentation de l’intérêt général et des intérêts privés… Remarquez au passage que les media de pub de l’industrie pharmaceutique savent à qui s’adresser pour parler de la visite médicale… Que trouve-t-on dans le numéro de février 2008 du journal PHARMAnetwork ? Un entretien avec Roselyne Bachelot, intitulé "Le métier de visiteur médical doit évoluer." Dit comme ça…

Mais que lit-on sous la plume de certains méchants détracteurs ? Ainsi dans cette note de 2002 du site Dissident Media : « La vie de Roselyne Bachelot ressemble parfois à une jolie légende. Née le 24 décembre 1946 "à minuit", à Angers, fille de chirurgiens-dentistes, elle fait des études de médecine, se marie, interrompt ses études, devient visiteuse médicale. Entrée au RPR dès sa création, en 1976, elle démarre sa carrière politique à l’âge de 30 ans, sous l’il de son père, l’ancien député gaulliste Jean Narquin. Ses ennemis politiques critiqueront dès lors la "fille à papa". La pharmacienne est élue conseillère générale en 1982. Battue aux municipales à Angers, en 1995, elle est élue députée en 1988 grâce à son père qui se désiste en sa faveur, au dernier moment. (…)

Ou encore sur le site Atoute, où l’on peut admirer les talents de Mme Bachelot en matière de retouches. De son CV et de son prénom (Roseline), par exemple. L’ancienne version, désormais démodée, indique ceci : « Déléguée à l’information médicale, laboratoire Ici Pharma – de 1969 à 1976. Chargée des relations publiques – Soguipharm – de 1984 à 1989. Titulaire d’une pharmacie de 1984 à 1991 ».

Toute trace de ces activités disparaît de son nouveau CV, repris sur la même page d'Atoute. Il faut bien savoir "se vendre", non ? N’est-ce pas ce que l’on sérine à longueur de journée à M. et Mme tout le monde ? En un sens, la ministre est exemplaire, donne l’exemple. Je parle de s’adapter en modifiant son CV, bien entendu.

Ce serait intéressant de savoir ce que pensent les visiteurs médicaux de cette façon inédite de valoriser leur travail, en niant jusqu'à son existence... Serait-il honteux? Incompatible avec l'image d'une élue censée représenter l'intérêt général, trop souvent malmenée par les firmes pharmaceutiques?

La députée Catherine Lemorton estime la hausse des franchises médicales probable. Que penser de sa proposition d’une « tutelle » des médecins par l’assurance-maladie et la HAS ?

La députée PS Catherine Lemorton a donné une interview intéressante au Figaro. Elle est la rapporteure d’un texte présenté le 30 avril sur la surconsommation de médicaments en France, mentionné mais pas encore édité sur le site de l’Assemblée. Ce rapport qui sent plus le verbiage qu'une vraie connaissance du dossier et dont  le Figaro rend compte, met de nouveau en cause la stratégie marketing agressive de l’industrie pharmaceutique auprès des médecins et cherche des moyens de limiter cette consommation. Limitation ne veut pas dire couper mécaniquement tel médicament, selon les auteurs, mais encourager le bon usage. Ce qui implique beaucoup de choses, la première étant de résister aux sirènes des laboratoires qui veulent médicaliser tous les aspects de la vie et faire de tout le monde un consommateur chronique de médicaments, qu’il soit malade ou pas, d’ailleurs. On ne va pas limiter le profit pour un tel détail, quand même… Il faut que je retrouve la phrase exacte énoncée par le PDG d’une firme disant qu’il est à la tête d’une entreprise et que celle-ci a donc forcément pour but de faire vendre ses médicaments au maximum de personnes, malades ou pas. C’est cet aspect qui crée une bonne partie des catastrophes sanitaires. Exemple : une firme sort un médicament utile et bénéfique à une certaine catégorie de malades, mais, une fois qu’elle a eu l’autorisation, elle cherche à le faire gober à tout le monde. Mais tout le monde ne le tolère pas…

Ce rapport me laisse sceptique, je dirai pourquoi. Mais dans l'interview, il y a une remarque de Catherine Lemorton sur les franchises soi-disant « médicales ». C’est ce qu’on pouvait craindre dès le départ : une fois le « principe » des franchises médicales avalisé et mis en œuvre, elles ne peuvent logiquement qu’augmenter.

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30/04/2008

Les généralistes suisses en pleine acrobatie entre les conflits d'intérêts dans la formation médicale continue (FMC)

La Société suisse de médecine générale (SSMG) a fait sienne la proposition faite par la revue médicale indépendante Pharma-Kritik sur le sponsoring (ou financement) indirect par l’industrie pharmaceutique, que nous avons évoquée dans cette note. L’argumentaire montre bien que légitimer une telle idée oblige les médecins et les organisations médicales à faire des acrobaties – périlleuses pour l’intégrité... Cette organisation chargée entre autres d’accréditer des manifestations de formation médicale continue (FMC) pense sautiller entre deux conflits d’intérêts pour finir par se retrouver en plein dans un troisième…

Voici deux extraits du Rapport annuel de la SSMG sur la formation médicale continue. Le premier contient les belles paroles, l’incantation d’une « transparence absolue » et d’une absence de conflits d’intérêts. L’ambiance est gâchée lorsqu’on avance dans la lecture et qu’on voit que les intérêts et les biais financiers sont bel et bien là, de façon juste un peu plus … biaisée, pourrait-on dire. A la fin, il y a un lien vers les directives de l’Académie suisse de médecine, codifiant ce sur quoi le public et les médecins suisses peuvent ou non fermer les yeux.

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La revue Pharma-Kritik propose un financement indirect par l'industrie pharmaceutique évitant les conflits d'intérêts

La revue médicale suisse indépendante Pharma-Kritik a publié en 2006 un article intitulé « Conflits d’intérêts – jamais entendu parler ? » (Interessenkonflikte : nie gehört ?) qui rappelle un certain nombre d’évidences et fait une proposition en vue d’une meilleure transparence du financement de la recherche et de la formation médicale continue (FMC) par l’industrie pharmaceutique.

La rédaction se veut pragmatique, posant des objectifs qui visent à réformer et non pas à révolutionner le système, à gérer les conflits d’intérêts et non pas à les supprimer, afin de ne pas susciter d'emblée un rejet massif. Il est intéressant de voir que ce pragmatisme a pu trouver un écho chez un syndicat de médecins généralistes (SSMG), qui a récemment repris à son compte l’idée de "sponsoring indirect" de la formation médicale continue.

Chacun peut se faire une idée de ce que cela implique, parce qu’un financement indirect reste un moyen de pression, de manipulation et d’influence et qu'il est fait par une entreprise à but lucratif en vue d’un retour sur investissement. Et il n’est pas sûr que l’influence indirecte soit la moins nocive, parce qu’elle est par définition moins facile à détecter et à interpréter correctement. Mais cette note ne veut que faire connaître une dimension du débat suisse sur la question des intérêts et des conflits qu'ils génèrent.

Voici des extraits, traduits de l’allemand par moi, de l’article signé par Etzel Gysling.

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21/04/2008

La médecine est une mixture de science, de sophismes, biais, illusions d'optique, preuves manipulées et autres croyances, disent Skrabanek et McCormick

Malgré ses dimensions modestes, le livre de Petr Skrabanek et James McCormick, "Idées folles, idées fausses en médecine" (O. Jacob, 1992, trad. Yves Morin) tient ses promesses d'être un "cours d’initiation au 12a6d6171f8af21ca7937cd4917cba7b.jpgjugement critique en médecine", rédigé dans un langage accessible à tous. Et la nécessité de la critique n’a pas diminué depuis la première édition du livre, bien au contraire… Les auteurs s’attaquent aux nombreux sophismes, erreurs de raisonnement, arguments fallacieux, fautes de logique, biais cognitifs, dissonances cognitives, illusions, manipulations des preuves et des statistiques qui ont cours en médecine et qui sont couverts - comme toutes les erreurs - par leurs auteurs eux-mêmes et par la corporation en général, afin de préserver le fondement même de l’autorité dont la médecine peut se prévaloir tant que les cadavres restent dans le placard. Le système se reproduit surtout grâce au sommet de la pyramide : ces pontes qui imposent leurs vues et ne travaillent plus que dans le sens de leur confirmation et de leur maintien. Grâce à leur position stratégique dominante dans le champ respectif, ils ont les moyens d'imposer leurs propres "principes de vision et de division", pour reprendre l'excellente formulation de Bourdieu. Autrement dit, ils décident de ce qui est un problème (maladie, symptôme, technique, etc.) ou non, tout comme de la manière de définir ce problème, de le conceptualiser, de tenter de le résoudre et ainsi de suite. Celui qui a la capacité de poser les termes du débat et de dire ce qui doit faire débat est celui qui a les moyens de rendre "vraies" ses propres hypothèses. C'est la "self-fulfilling prophecy", comme disent les auteurs anglo-saxons.

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19/04/2008

Ces lobbies qui nous gouvernent à travers des "Députés sous influences". Un livre qui en dit long. Et l'exemple du lobby de la chimie

Hélène Constanty / Vincent Nouzille, "Députés sous influences. Le vrai pouvoir des lobbies à l’Assemblée nationale", cb0cf60c554d7290922552cf0401874b.jpgFayard, 2006. Nous avons parlé de ce livre - qui n'a rien perdu de son actualité - dans la note Politiques sous influence. Du lobby pharmaceutique au lobbying à l’Assembée et à l’Elysée.

Le blog des deux auteurs du livre, Lobbies en campagne, n’est plus à jour depuis juin 2007, mais reste tout aussi édifiant. Voici un extrait présentant l'ouvrage: "Laboratoires pharmaceutiques, industriels de l’armement et de l’agroalimentaire, filière nucléaire, chefs d’entreprise, médecins, viticulteurs, cafetiers, chasseurs : tous ont leurs défenseurs au Palais-Bourbon ! Le livre met au jour les méthodes controversées utilisées par certains lobbyistes pour faire passer leurs messages : trafic de badges d’accès, recrutement d’assistants parlementaires, interventions payantes lors de colloques, rédaction d’amendements «prêts à l’emploi», «groupes d’études » téléguidés, création de « clubs » thématiques, organisation de voyages et de missions parlementaires à l’étranger… (…) Plus rien n’échappe à ces jeux de pouvoirs occultes. Les lobbies sont à la manoeuvre et certains députés dépassent parfois la ligne blanche… ».

A lire aussi le dossier en ligne de l’Express, Pour qui roulent vos députés, et d’autres liens à partir de ces sites. Les lobbies n'ont officiellement pas le droit d'entrer et d'oeuvrer à l'Assemblée nationale. Le livre comme le dossier de l'Express montrent comment ils contournent tous les jours cet obstacle, par exemple à travers Les grupes d'études, faux nez des lobbies. L'exemple du lobby de la chimie, donné par l'Express dans cet article, est particulièrement intéressant quand on parle tellement d'incinérateurs, d'OGM, de pesticides et autres douceurs que nous consommons directement ou indirectement grâce à l'industrie agrochimique, pétrochimique, pharmaceutique et autres chimiques... On voit comment les divers intérêts politico-financiers superposés - grâce aux liens financiers qui donnent ces conflits d'intérêts qui étranglent la politéconomie française - réussissent à faire barrage à REACH, ambitieux projet européen de réglementation sanitaire des produits chimiques. La santé publique, les risques sanitaires, le principe de précaution - voilà des notions qui ne figurent que dans les cauchemars de ces élus qui ne représentent plus qu'une minorité de intérêts privés. Res publica? Euhhh... Vous pouvez épeler, SVP?

Politiques sous influence. Du lobby pharmaceutique au lobbying à l’Assemblée nationale et à l’Elysée. Extraits vidéo.

« Les lobbies. L’Elysée sous influence ? » est le titre du reportage diffusé en mai 2007 par "Questions à la une", le magazine d'information de la RTBF (télévision belge francophone de service public). Vous verrez pourquoi un tel reportage ne pourrait pas passer sur une chaîne française... Nous avons repris de Dailymotion cinq extraits vidéo de l'émission, et fait un petit exercice qui décuple leur impact: les regarder en les croisant avec des fragments d’un article de Marie Bénilde, Quand les lobbies (dé)font les lois. Parlementaires français et européens sous pression, (Monde diplomatique, mars 2007). On dirait que lorsque les trop rares journalistes d’investigation se mettent au travail, ils arrivent à des résultats similaires…

La première séquence vidéo de l’émission belge parle de l’université d’été de Pharmaceutiques, qui est la revue mensuelle de référence « des cadres de l'industrie et des décideurs institutionnels du monde de la santé », selon la présentation officielle. Celle-ci ne laisse pas planer les doutes sur le principal centre d’intérêt : « résultats financiers, bilans et perspectives ». Le numéro de janvier contient un bilan de l’année 2007, réalisé par le LEEM (syndicat de l’industrie pharmaceutique), non disponible en ligne, à mon grand regret… Mais on apprend que le bilan financier de l’année passée était stable – ouf !!

Cette université d’été de « Pharmaceutiques », fermée au public et aux media, a eu lieu dans un château du Lubéron, où le super lobbyiste de l’industrie pharmaceutique, Daniel Vial, a réuni à la fois des PDG de grandes firmes pharmaceutiques et des politiques tels Bernard Kouchner, Michèle Barzach, Claude Evin… Avec la présence, en mission officielle, semble-t-il, du ministre délégué à la Sécurité sociale, Philippe Bas... Notre porte-monnaie en est de plus en malade... Et plus il souffre, plus on risque de souffrir longuement en cas de maladie...

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04/04/2008

Le Conseil canadien de la santé maintient son avis négatif sur la publicité directe pour les médicaments (2006).

Pour plus de détails sur les enjeux de la publicité directe sur les médicaments, voici un rapport rendu en 2006 par des chercheurs du Centre de recherche sur les politiques et les services de santé de l’Université de Colombie Britannique au Canada. Rapport demandé et financé par des fonds publics venant du Conseil canadien de la santé, structure créée par le ministère canadien de la santé pour éclairer les choix stratégiques en la matière. Il analyse la situation au Canada ainsi que dans les deux pays où la publicité directe aux consommateurs (PDC ou DTCA: "direct-to-consumer advertising") est autorisée, à savoir les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande. Les recommandations préconisent le maintien de l’interdiction de cette publicité, qui n'est qu'un outil commercial, sans aucun bénéfice éducatif ou autre, et le durcissement des réglementations actuelles sur certains aspects.  

Publicité directe aux consommateurs des médicaments d’ordonnance au Canada. Quelles en sont les conséquences sur la santé publique ?

Le rapport fait 47 pages. Voici quelques extraits pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire:

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31/03/2008

Gardasil: des voix critiques en Suisse aussi. Désinformation, chiffres manipulés, conflits d'intérêts des experts, efficacité modeste...

Des réactions critiques face au Gardasil et à son utilisation massive commencent à se faire entendre en Suisse aussi. Avant d’y arriver, rappelons brièvement le contexte :

J'ai rendu compte des réactions critiques face au Gardasil et à la campagne de désinformation orchestrée a1e35fcec2c992396bd858855ff81974.jpgpartout en Europe par Sanofi Pasteur MSD, sur le modèle américain de Merck. J'ai aussi parlé des données scientifiques insuffisantes ou occultées par les firmes comme de certains travers méthodologiques, etc. Tout cela, ainsi que le fait que le RCP ne note que les effets indésirables à 15 jours après chaque dose de vaccin (certes, avec certains signalements post-commercialisation) invite à la prudence, à attendre les résultats d'études mieux ciblées et bien plus longues. Et cela n'invite certainement pas à se lancer dans une campagne de vaccination massive les yeux fermés, en transformant nos filles en cobayes des firmes pharmaceutiques dans une expérimentation grandeur nature (Carlos Alvarez-Dardet)...

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04/03/2008

L’argent des firmes crée conflits d'intérêts et irrationalité des soins. Constat d'UFC Que choisir sur la médecine-commerce

Le 15 janvier 2008, l’UFC Que choisir, association de défense des consommateurs, a publié les résultats de son étude intitulée « Prescriptions de médicaments : Des prescriptions irrationnelles, un constat confirmé par la Cour des Comptes », dont nous reprenons le texte intégral. L’association rappelle ses propres analyses tout en rendant compte de la parution de deux rapports alarmants en matière d’information médicale et de filière du médicament, les deux complètement dominées par l’industrie pharmaceutique : le rapport de la Cour des Comptes, paru en septembre 2007, et celui de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales), paru en octobre). On peut voir dans l’irrationalité des prescriptions - donc d’une bonne partie des soins - l’un des symptômes de cette liberté sans limites du médecin que nous évoquions dans la note précédente. Sans parler des conflits d’intérêts, véritable coeur du problème…

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12/02/2008

Les media ou Le premier pouvoir de désinformation au service des lobbies: "Orwell se retourne dans sa tombe"

Le documentaire "Orwell se retourne dans sa tombe", réalisé par Robert Kane Pappas, est en plein dans le sujet lorsqu’on Orwell Rolls in his Grave.jpgcritique les dérives du lobby pharmaceutique et des divers corporatismes qui participent de la désinformation (générale et médicale) que nous vivons et que nous contribuons à perpétuer par l’absence de réflexion critique. Le pouvoir corporatiste qui détient les media joue selon la même loi du plus fort et du marketing que les corporations/ multinationales pharmaceutiques. Déformation, censure, manipulation, mensonge, faiseurs d’opinion (leaders d'opinion / dealers d'opinion) au service des groupes d’intérêt privés – la situation américaine vaut bien la nôtre. Les lecteurs de Marianne, du Canard enchaîné et du Monde diplomatique retrouveront des thèmes familiers : concentration des media aux mains de quelques lobbies tels celui de l’armement, monopoles occultés par l’illusion du choix, avec la pléthore des titres et des chaînes… Occuper par tous les moyens le "temps de cerveau disponible", par une information préformatée, prémâchée - qui empêche les lecteurs / spectateurs d'appronfondir les choses pour se forger un avis éclairé - et par le divertissement...

Non, ce n’est pas une énième version de la théorie du "complot" – injure à la mode dès que quelqu’un ose sortir des vérités préfabriquées livrées par packs… Mais c’est le constat d’une évolution vers ce que décrivait George Orwell dans son roman "1984". Constat fait par des élus britanniques et américains - tels ce député du Vermont qu’on aimerait bien avoir en France... -, par un ancien procureur de Los Angeles, par des spécialistes des media (universitaires, anciens dignitaires médiatiques, producteurs), par des "chiens de garde" tels le Center for Public Integrity et d’autres. Il y a une fraîcheur, une spontanéité langagière et d’analyse qui tranche nettement avec ce qu’on peut lire ou entendre en France.

Le documentaire est sous-titré en français.

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01/02/2008

Industrie pharmaceutique: du profit à tout prix. Le marketing des me-too cache l'absence d'innovation thérapeutique

Marc-André Gagnon est l’un des auteurs de la toute récente étude sur le marketing de l’industrie pharmaceutique, dont Bourse Pharmalot.jpgnous rendions compte dans la note précédente.

Et voici un article publié hier où Gagnon se départit de la neutralité des chiffres et dénonce ! Preuve que tous les économistes ne sont pas (encore ?) adeptes des théories ultralibérales du profit à tout prix. Il y en a encore qui pensent en termes de raison. Ouf ! Tout n’est peut-être pas perdu ! Gagnon ne mâche pas ses mots sur les conséquences de la prédominance du marketing sur la production, qu’il mettait en évidence dans son étude.

Pour utiliser les termes de Marx, parfaitement appropriés en l’occurrence, l’industrie pharmaceutique est le parfait exemple de la tendance économique qui fait passer la valeur d’échange avant celle d’usage. Ce n’est pas l’utilité d’un médicament qui compte, mais ce qui vient se surimposer. Les firmes vendent une marque, un logo, une illusion, en jouant sur la tendance sociale au conformisme, y compris dans la consommation médicale. Elles vendent une promesse. Presque jamais tenue, puisque la valeur d’usage se révèle être nulle ou presque (médicament sans bénéfice thérapeutique ou qui n’apporte rien par rapport à ceux déjà existants). L'antidépresseur Zoloft et les anticholestérol (surtout Ezétrol et Inegy) sont pris pour exemple par Gagnon.

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The Cost of Pushing Pills: Le marketing, cache-misère des firmes

Deux économistes canadiens, Marc-André Gagnon et Joel Lexchin, viennent de publier une étude très intéressante. Elle Pharma marketing.jpgmet le doigt sur la quintessence de l’industrie pharmaceutique : la promotion, la publicité, les belles paroles…  Toute la visée commerciale qu’elle fait passer sous le nom de campagne d’information médicale… Avec des bulles de savon marketing, jolies, mais qui finissent presque toutes par éclater. Et les éclats irritent les yeux qui les suivent trop longtemps du regard... L'industrie nous en met plein les yeux pour cacher la misère de la recherche, l'absence de médicaments innovants. Tout en justifiant le prix des médicaments par le coût de la recherche...

L’étude est accesible en anglais, puisqu'elle a été publiée dans la Public Library of Science (PLoS Medicine), sous le titre « The Cost of Pushing Pills: A New Estimate of Pharmaceutical Promotion Expenditures in the United States ». Comme d'habitude, ce qui vaut pour les Etats-Unis est un indicateur précieux pour d'autres pays occidentaux, parce que les firmes dont on parle ne sont pas des PME, mais des multinationales ayant les mêmes produits - et les mêmes méthodes pour les imposer! - partout où les individus et les régimes d'assurance-maladie sont solvables. Partout où les individus sont susceptibles de devenir des patients, y compris quand ils ne sont pas malades. Les études portent habituellement sur les Etats-Unis pour la simple raison que c'est là que les chiffres sont plus accessibles, que ce soit sur la iatrogénie, le marketing, les conflits d'intérêts... C'est là où l'opacité est un peu moins dense. Au pays des aveugles, le borgne est roi - c'est à peu près ça, non?

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24/01/2008

L'industrie pharmaceutique investit dans le marketing, plus profitable que la recherche. Ses intérêts financiers sont contraires à l'intérêt général

Il s'agit d'une étude canadienne de 2002 sur les conséquences de la politique de l'industrie pharmaceutique - le profit avant Argent Pharmalot.jpgtout! - sur l'économie et l'intérêt général canadiens. Voici la présentation qui en est faite sur le site de l'Université du Québec à Montréal:

 

"Le professeur titulaire de la Chaire d’études socio-économiques de l’UQAM, Léo-Paul Lauzon et le chercheur Marc Hasbani, ont rendu publics les résultats de leur étude intitulée : Analyse socio-économique de l’industrie pharmaceutique brevetée pour la période 1991-2000.

À partir d’une analyse rigoureuse sur une période de 10 ans des états financiers de ces neuf firmes pharmaceutiques majeures : Merck Co., Bristol-Myers Squibb Co., Pfizer Inc., Abbott Laboratories, Warner-Lambert Co., Eli Lilly Co., Schering-Plough Corp., SmithKline Beecham, et GlaxoWellcome, ils ont mis en évidence le rôle joué par ces compagnies sur l’augmentation du prix des médicaments et du coût des soins de santé publique. Voici les constats majeurs de cette étude, dont on pourra retrouver la publication intégrale sur le site de la Chaire.

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08/01/2008

L'industrie pharmaceutique: maître du système de soins au moyen des conflits d'intérêts

Un article paru aujourd’hui sur le site du journal Les Echos mérite d’être signalé, tant les analyses de ce type sont rares en Argent Zoll.de.jpgFrance…

Il rappelle le contrôle de l’industrie pharmaceutique sur toute la filière du médicament, y compris sur l’information des médecins – et des usagers, forcément…, puisque ces derniers sont les cobayes et les victimes par excellence d’un système de soins orienté tout entier vers le profit, vers la satisfaction d’intérêts financiers privés, des firmes comme de bon nombre de médecins et pharmaciens. Et ce au mépris des seuls intérêts qui devraient compter : celui collectif de la santé publique et celui individuel de la santé de chaque patient. Les deux étant deux facettes du même intérêt général, principe républicain qui n’aura bientôt plus aucune traduction pratique, ni en médecine ni ailleurs...

Le verrouillage de toutes les articulations du système de soins par l’industrie pharmaceutique et par ceux qu’elle paie donne cette désinformation organisée que nous avons dénoncée  en reprenant deux déclarations de l’ISDB (International Society of Drug Bulletins): celle sur l'absence de progrès thérapeutique et celle sur la minimisation des effets secondaires des médicaments.

L'ISDB est représentée en France par la seule revue Prescrire et en Allemagne par quatre revues dont l’excellente Arznei-Telegramm (« Télégramme du Médicament »), qui fêtera ses 40 ans en 2009. L’article en question :

"Pour une autre politique du médicament"

par Jean-Pierre DAVANT, président de la Mutualité Française

Un extrait : « Aujourd'hui, les laboratoires pharmaceutiques maîtrisent l'information des médecins. Il y a trente-cinq fois plus de visiteurs médicaux que de délégués de l'assurance-maladie. Selon l'Inspection générale des affaires sociales, les médecins généralistes reçoivent en moyenne 330 visites médicales par an. Chaque année, ces visites coûtent à la collectivité 25.000 euros par médecin généraliste. Ajoutons à cela que l'industrie pharmaceutique invente régulièrement de nouvelles pathologies à des fins de marketing pour lancer de nouveaux médicaments : phobie sociale, côlon irritable, jambes sans repos... Enfin, les laboratoires pharmaceutiques rémunèrent des experts et des spécialistes du lobbying pour porter un discours publicitaire. Y compris dans la presse scientifique. La déclaration par les experts de leurs conflits d'intérêts avant toute expression publique sur un médicament était prévue par la loi Kouchner. Mais cette disposition [l'article 26] n'est toujours pas appliquée.

La promotion du bon usage du médicament ainsi que l'élaboration et la mise en oeuvre des programmes d'observance devraient relever des autorités sanitaires, et non pas d'intérêts commerciaux. En aucune manière, l'industrie pharmaceutique ne devrait pouvoir s'ingérer dans la formation initiale et continue des professionnels de santé. Cette mainmise sur l'information des médecins est une des caractéristiques françaises, qui explique pour partie le haut niveau qu'atteignent les prescriptions médicamenteuses dans notre pays. Ce sont là des liaisons dangereuses qui entachent singulièrement la liberté du choix de prescrire à laquelle nos médecins nous disent être attachés.

Priorité à la recherche et à l'innovation, baisse et transparence des prix, modernisation des circuits de distribution, valorisation du métier de pharmacien, indépendance de l'information : une autre politique du médicament est possible. Le médicament est utile. Ne gâchons pas nos ressources en entretenant des pratiques plus mercantiles que sanitaires, car au bout du compte elles freinent les innovations qui sauveront demain des vies. »

Commentaires de Pharmacritique:

On peut critiquer certains des exemples donnés, et je pense notamment au côlon irritable et au syndrome des jambes sans repos. Il faut se garder de stigmatiser les patients qui en souffrent, sachant que la médecine a fait beaucoup d'erreurs de ce type par le passé. Il est fort possible que la recherche découvre à l'avenir une ou plusieurs causes qui peuvent provoquer de tels syndromes.

Photo: Zoll.de

Elena Pasca

 
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