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25/08/2008

"Le facteur humain" : le marketing pharmaceutique prend les médecins par les tripes, dit Mansfield

Il peut être choquant de parler du fait que la publicité et les visiteurs médicaux prennent les médecins par les affects, les sentiments, 1893831702.jpgl’irrationnel, la dimension libidinale - bref, par les tripes. Nous en avons parlé ici et ici, par exemple. Et pourtant, c’est quelque chose que l’industrie pharmaceutique connaît bien et exploite consciemment dans ses stratégies publicitaires. C’est ce que montrent aussi ces deux courts extraits des classiques du marketing pharmaceutique. Ils sont cités par Peter R. Mansfield - médecin australien qui a fondé le chien de garde anti-corruption en médecine Healthy Skepticism - dans une conférence donnée en septembre 2006 à Berlin.

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24/08/2008

Formation médicale continue: institutions médicales et firmes refusent de limiter le financement industriel, dit Moynihan dans le BMJ

Le journaliste et universitaire australien Ray Moynihan, un critique de référence des rapports malsains entre médecins et firmes, a publié le 470891549.jpg14 août 2008 sur le site du British Medical Journal un article intitulé ”Sponsorship of Medical Education. Is the relationship between pharma and medical education on the rocks?” (Financement de la formation médicale. Les rapports entre l’industrie pharmaceutique et la formation médicale continue seraient-ils en danger ?). BMJ 2008;337:a925 (pas de lien direct ; début de l’article ici). Deux autres articles et plusieurs réponses se sont ajoutés pour constituer un nouveau dossier du BMJ sur la mainmise des firmes sur la formation médicale continue.

 

Puisque le texte intégral de l’article original de Ray Moynihan n’est pas en libre accès, Pharmacritique vous propose une traduction.

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22/08/2008

L’"attirance sexuelle" et affective entre visiteurs médicaux et médecins: outil de manipulation efficace, dit Shahram Ahari

Je rends compte ici d'un témoignage et d'un débat dans les media et dans certains milieux politiques des Etats-Unis. Il ne s'agit pas de prendre parti, ni de stigmatiser toute une profession. La situation est différente en France, la formation des visiteurs médicaux et leurs pratiques sont différentes. A lire donc avec les précautions et les réserves de rigueur.

 

Shahram Ahari, ancien visiteur medical pour le compte d’Eli Lilly, a témoigné au mois de mars dans une audition du Sénat des Etats-Unis 1777635602.jpgpréparant des dispositions législatives sur la limitation de l’influence de l’industrie sur les médecins par la mise en place d'un réseau d'information médicale indépendante ("visite académique"). Son témoignage est édifiant quant aux tactiques de vente des firmes pharmaceutiques et les instructions qu’elles donnent à leurs VRP pour influencer les médecins et leurs prescriptions, y compris en créant puis en exploitant une "attirance sexuelle", un climat ambigu de quid pro quo lors des visites "médicales". L'image, tirée de Radio Canada, renvoie à un récepteur aux phéromones dans l'organe voméro-nasal des humains (détectant les odeurs sexuellement attirantes).

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11/08/2008

L’Ordre des médecins allemand critiqué par l’Office antitrust pour des publicités en guise de formation médicale continue

Voici un article du journal Süddeutsche Zeitung (à peu près l’équivalent de notre Libération), en loi antitrust pharmaceutique,monopole pharmaceutique,concurrence industrie pharmaceutique,formation médicale continue prestataires,marketing pharmaceutique,office antitrust industrie pharmaceutique,formation médicale continue allemagne,formation médicale industrie pharmaceutique,ordre des médecins conflits d'intérêts,ordre des médecins formation médicale continue,ordre des médecins allemagne,ordre des médecins industrie pharmaceutique,conflits d'intérêts formation médicale continue,facultés de médecine industrie pharmaceutique,corruption médecins,publicité pharmaceutique,conseil de l'ordre des médecins conflits d'intérêts,formation médciale continue en ligne,e-learning médecine,ordre des médecins critiquedate du 2 juillet 2008 : Werbung in Schulungen (« Des publicités dans les programmes de formation »).

 

Je traduis le texte de Kristina Läsker, qui a été cité par la revue médicale indépendante Arznei-Telegramm dans un article mettant l’accent sur les conséquences de cette désinformation publicitaire pour l’ensemble de l’information-santé : La formation médicale continue accréditée par l’ordre des médecins : foire publicitaire et capitulation devant les firmes.

 

Pas besoin de commentaires détaillés. Si ce n'est pour souligner l'évidence: la situation est la même en France, parce que l'ordre des médecins (le CNOM: Conseil national de l'Ordre des médecins) est le garant des relations des médecins avec les laboratoires pharmaceutiques. Tout médecin qui signe une convention avec une firme pharmaceutique - pour être consultant, recevoir de l'argent pour intervenir lors d'une formation médicale continue, lors d'un congrès, etc. - doit soumettre cette convention au conseil départemental de l'Ordre des médecins. Qui est totalement libre de refuser. Mais qui ne refuse jamais, dans les faits...

 

Les médecins ne sont pas des victimes des industriels.

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03/08/2008

Financement public d’une visite académique: projet législatif pour contrecarrer l’influence pharmaceutique

Le Congrès des Etats-Unis vient de proposer un amendement au code de la santé qui permettrait le financement public de programmes 889191819.jpgd’éducation indépendante et non biaisée des professionnels de santé en matière de médicaments et de soins. Le circuit actuel de l’information médicale et toutes les pratiques qui s’y rapportent sont "chargés de conflits d’intérêts", dit le sénateur démocrate Herb Kohl, qui est à l’origine de l’Independent Drug Education and Outreach Act of 2008 (IDEA). L’intention est claire : neutralisation du marketing de Big Pharma par l’offre d’une source alternative d’information pour les professionnels de santé et les patients. Visant l'intérêt public et non pas l'augmentation du chiffre d'affaires et du cours de l'action en bourse.

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25/07/2008

L’industrie crée des leaders d’opinion pour vendre des maladies inventées : lettre au BMJ sur la dysfonction sexuelle féminine

Le généraliste écossais Des Spence raconte dans le British Medical Journal du 18 juillet (BMJ 2008;337:a810 ; pas de lien direct) 1033689372.jpgcomment il a été contacté par courriel pour entamer un formatage qui devait faire de lui un expert dans une maladie issue de l’imagination de l’industrie.

C’est carrément son université qui lui a fait parvenir l’offre d’une firme disant texto qu’elle « vise à trouver des leaders d’opinion (…) dont le travail influencera la gestion et la thérapie futures de la dysfonction sexuelle féminine [par « désir hypoactif »]. (…) Les médecins pourront être invités par le laboratoire qui a commandé l’étude à participer à l’une ou plusieurs de ses activités médicales, qu’il s’agisse de comités consultatifs, d’essais cliniques ou de conférences à donner ».

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"L’envers de la pilule" par Jean-Claude St-Onge. Le façonnage des maladies: principal moteur du commerce pharmaceutique

L’émission "Indicatif présent" de Radio Canada a réalisé en novembre 2004 une interview avec Jean-Claude St-Onge, auteur du livre 1672201482.jpgL'envers de la pilule. Les dessous de l'industrie pharmaceutique, paru en 2004 aux éditions Ecosociété. Le lien vers l’interview est à la fin de cette page.

Et voici une présentation du livre, avec des exemples de disease mongering. Ce procédé très lucratif consiste à inventer des maladies, par exemple en médicalisant des aspects physiologiques tels la ménopause. Ou en présentant des traits de personnalité tels la timidité comme des pathologies handicapantes. Quel parent résistera à une publicité disant que la timidité - érigée en "phobie sociale" ou "anxiété sociale" - risque de gâcher la vie de son enfant, alors que "des solutions existent" ?

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21/07/2008

Rapport annuel du Vermont sur l’argent de la corruption des médecins. Les psychiatres sont en tête – et les psychotropes aussi…

L’Etat américain du Vermont est l’un de ceux dont la législation impose aux firmes pharmaceutiques de déclarer au parquet les sommes 1162912029.jpgpayées aux médecins à des fins de marketing (« Marketing Disclosure Law », dont le pionnier est l’Etat de Minnesota). Le parquet du Vermont a rendu public le 8 juillet son 5ème rapport annuel sur ces liens financiers qui placent toujours les psychiatres en tête des médecins les plus payés pour faire marcher le commerce. Le procureur général, William Sorrel, commente : « ce rapport montre de nouveau l’influence trop grande de l’industrie pharmaceutique sur la pratique de la médecine au Vermont. (…) Il est particulièrement troublant que l’industrie paye des sommes aussi élevées pour influencer la prescription de médicaments psychiatriques », ajoute-t-il dans sa déclaration. Tout cela nous aprrend à chausser des lunettes critiques, pour un bon décryptage faisant la part entre information et soupe publicitaire servie par citernes entières par les médecins inféodés.

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06/07/2008

Pfizer et le financement de la formation médicale continue: changements en vue

Mise à jour à la fin, portant sur le blog FMC français, indépendant si on oublie Pfizer...

Le Wall Street Journal nous apprend dans un article en date du 2 juillet - intitulé Pfizer Stops Funding Some Classes for Doctors - la décision de Pfizer de ne 1858165476.jpgplus financer certaines formes de formation médicale continue (FMC), et notamment toutes celles organisées par des sociétés à but lucratif. Celles-ci ont eu à peu près la moitié des 80 millions de dollars investis par Pfizer dans la (désin)formation des médecins en 2007, nous apprend une dirigeante de la firme, Cathryn Clary. Qui ajoute que cette décision a été prise pour éviter les suspicions de conflits d'intérêts...

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20/06/2008

Les médecins leaders d'opinion: VRP du commerce pharmaceutique... Le British Medical Journal analyse le phénomène KOL

La dernière livraison du British Medical Journal contient un éditorial, un article et un commentaire dénonçant la fonction purement 1846352070.gifcommerciale des pontes de la médecine payés par l’industrie pharmaceutique. L’éditorial de la rédactrice en chef Fiona Goodle est en libre accès et s’intitule Key opinion leaders : your time is up (Leaders d’opinion. Il faut changer d’époque !).

Ce sont des vœux pieux pour le moment… Mais tout article dévoilant encore et encore des détails et la stratégie commerciale d’ensemble est bon pour aider à provoquer une prise de conscience. Pour que tout le monde se rende compte de l’énorme problème de sécurité sanitaire et de salubrité publique que posent les liens financiers des médecins avec l’industrie pharmaceutique, vu les intérêts radicalement divergents entre santé et commerce ! (Divergents en théorie, du moins).

Le tout s’accompagne de deux extraits vidéo des confessions d'une visiteuse médicale, inclus dans l’article décapant de Ray Moynihan, lui aussi en libre accès sur le site du journal. Il s’intitule Key opinion leaders : independent experts or drug representatives in diguise ? ("Leaders d’opinion : des experts indépendants ou des VRP déguisés ?").

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26/05/2008

"La pharmas-co-dépendance montrée du doigt": les tares d'un complexe médico-pharmaceutique en panne d'innovation thérapeutique

Merci au médecin qui m’a signalé ce texte. Il s’agit d’un article paru dans le journal Canadian Family Physician en octobre 2007 sous la plume de Pierre Biron, Martin Plaisance et Paul Lévesque.

Juste une remarque : je suis beaucoup moins optimiste quant aux possibilités que l’industrie pharmaceutique entende le message et réfrène ses ardeurs: « L’industrie pharmaceutique doit être ramenée à l’ordre. Elle s’est déjà avérée suffisamment résiliente pour s’adapter au changement si la société insiste. », disent les auteurs. Je pense qu’elle s’adapte en surface, adapte sa communication et son marketing, invente des stratégies nouvelles pour faire passer la pilule, dorée en fonction des modes qu’elle contribue largement à créer… Mais elle ne changera jamais profondément. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut baisser les bras, bien au contraire. La société doit insister et imposer des limites très strictes aux firmes, qu’elles le veuillent ou non! La décision ne doit pas leur appartenir. Les industries comme les technosciences sont des moyens, et elles n’ont pas leur mot à dire sur la question morale des « fins », de ce à quoi elles doivent servir. La déontologie et les applications éthiques doivent (ou plutôt devraient…) les encadrer de l’extérieur, puisque la dimension de la normativité ne leur est pas accessible. C’est cette vérité élémentaire qu’il faut rappeler à chaque fois qu’une industrie / technique / technologie / science dite exacte a des prétentions illégitimes.

Je pense aussi qu'un conflit d'intérêts apparaît dès qu'un médecin collabore à des recherches financées par les firmes.

Mais ces remarques ne changent rien au fait que le texte identifie et nomme très bien bon nombre de structures portantes du problème, à commencer par le terme "pharmas-co-dépendance" ou l'"acharnement préventif"... Le texte entier est en libre accès ici; j'en reproduis les principaux fragments avec l'aimable autorisation de l'auteur : La pharmas-co-dépendance montrée du doigt. Le temps serait-il venu de dire «Non merci»? Et quelques réponses figurent sur cette page. [Elena Pasca]

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20/05/2008

"Les exilés de l'intime": Normalisation et uniformisation des comportements au profit du néolibéralisme

Roland Gori, Marie-José Del Volgo, « Exilés de l'intime : la médecine et la psychiatrie au service du nouvel ordre économique ». Denoël, 344 pages, 22 euros.

Pour illustrer les propos du livre, voici un entretien avec Roland Gori, psychanalyste et professeur de psychopathologie, intitulé Norme 667381215.2.jpgpsychiatrique en vue. Suivi d’une tribune libre par le psychiatre Hervé Hubert, de la présentation du livre par l’éditeur et des commentaires sur un site de psychologues. Ces écrits illustrent ce dont on a souvent parlé dans ces pages : la tendance à faire de la psychiatrie un outil de contrôle social qui cherche à abraser chimiquement – par psychotropes – la subjectivité, les émotions, l’idiosyncrasie, les comportements et tempéraments ne se conformant pas à la moyenne, et ce au profit d’une « normalité » artificielle comprise comme une adaptation parfaite de l’individu aux rôles socio-économiques qu’impose le néolibéralisme. Le DSM est le levier parfait par lequel s’opère cet ajustement d’abord théorique, puis mis en pratique par des psychiatres asservis aux industriels, en conformité avec la tendance socio-historique...

Le DSM est un outil très performant de médicalisation de l'ensemble de l'existence - et de surmédicalisation, puisque le préfixe "sur" souligne l'inutilité des soins induits par la médicalisation. Il le fait en particulier grâce à ce que pratiquait fort bien le Dr Knock - personage de Jules Romains -, à savoir le disease mongering (traduit à peu près par "façonnage de maladies"), qui se fait à travers plusieurs techniques dont l'objectif est de transformer les bien-portants en malades: invention de maladies, redéfinition de maladies, baisse des seuils de "normalité", uniformisation des comportements, médicalisation et pathologisation des émotions, des humeurs, des affects, de tout ce qui est constitutif de la subjectivité et de l'humanité dans sa diversité. L'on parle beaucoup de la sauvegarde impérative d'une biodiversité en danger, mais les pratiques de la psychiatrie devraient faire l'objet d'une critique lucide surtout sur ses conséquences: uniformisation des êtres humains, adaptation sans critique aux rôles socio-économiques que requiert le néolibéralisme, étouffement de toute possibilité d'esprit critique, de résistance à la pression conformiste, de marginalité critique, puisque toute différence est assimilée à une pathologie... La médecine outil de contrôle social est l'un des moyens majeurs par lesquels arrive ce que théorisait l'Ecole de Francfort (Theodor Adorno, Max Horkheimer, Herbert Marcuse...): l'extirpation de la différence. On pourrait parler d'une réduction de la psychodiversité - pendant de la réduction de la biodiversité -, avec des individus mis au pas, devenant potentiellement interchangeables, permutables, ajustés à leurs rôles respectifs, manifestant des idiosyncrasies exploitées par l'industrie de la culture, c'est-à-dire par cette culture de masse qui "divertit", distrait et entretient la force de travail (entertainment, Unterhaltung) d'une façon consumériste, passive (des loisirs passifs, car ne demandant aucune action critique).

Une "conservation de soi sans soi", sans subjectivité.

La psychiatrie telle que la façonne le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux se réduit de plus en plus à une psychopharmacologie basée sur le marketing (ses fictions, mythes et autres justifications), car ne reposant sur aucune base scientifique démontrée - ainsi, le déséquilibre des neurotransmetteurs qui serait la cause de la dépression n'a toujours pas été démontré. Les conséquences de cette évolution et du règne de la psychopharmacologie depuis 1953 (date d'introduction de la chlorpromazine, qui marque un changement d'échelle dans la médicalisation et le disease mongering) ont été fort bien décrites dans les divers ouvrages de David Healy, de Christopher Lane, Joanna Moncrieff et d'autres auteurs.

Le disease mongering est décrit dans les notes accessibles en descendant sur cette page; le DSM est abordé (entre autres) dans celles-ci. D'autres notes et articles consacrés à la normalisation, à la surmédicalisation, aux méthodes marketing de l'industrie pharmaceutique (telles que le pharmacommerce de la peur), à la marchandisation de la dépression, à la surconsommation de psychotropes et à leurs effets secondaires, aux tares d'une psychiatrie dévoyée par les conflits d'intérêts,... sont accessibles à partir de la liste alphabétique des catégories à gauche de la page. 

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19/05/2008

Les façonneurs de maladies, héritiers du Dr Knock, ancêtre du disease mongering...

Les firmes pharmaceutiques et les médecins qui en soignent les finances en appliquant la stratégie marketing dont fait partie le disease mongering (façonnage ou invention de maladies) sont les dignes héritiers du Dr Knock (personnage de Jules Romains), passé maître dans l’art d’amener un patient en bonne santé à se découvrir une vraie maladie à la place d’un désagrément occasionnel ou d'une parfaite santé… L'exagération des facteurs de risque, l'abus de prévention auquel on assiste de nos jours, la surmédicalisation et surmédicamentation, la médicalisation et marchandisation des états d'âme, les recettes publicitaires, le pharmacommerce de la peur... tout y était déjà. A voir ou à revoir…

11/05/2008

La presse médicale: extension du marketing pharmaceutique et publicité déguisée en science, dit Richard Smith

Nous parlions dans la note sur la dépendance au tabac (bombardée maladie chronique à traiter indéfiniment) du fait que c’est la revue Annals 1196220886.pngof Internal Medicine qui a donné l’onction scientifique à cette nouvelle invention (disease mongering) en se basant sur un seul cas supposé aller dans ce sens. Sans aucune preuve clinique, sans aucun argument valable. Qu’une revue - supposée sérieuse et ayant diligenté récemment une enquête sur le professionnalisme des médecins ( !) – fasse de la pub déguisée en science, en plus de la publicité directe, voilà qui confirme que rien n’a changé depuis le diagnostic de Richard Smith.

Cet ancien rédacteur en chef du British Medical Journal disait en 2005 que les revues médicales ne sont qu'une extension du service marketing de l'industrie pharmaceutique. Il s’agit manifestement d’une maladie chronique, non inventée, celle-là...

Le texte complet est accessible dans PLoS Medicine (revue indépendante et sans pub): Medical Journals Are an Extension of the Marketing Arm of Pharmaceutical Companies.

La presse médicale en est toujours à faire du "blanchiment" pour l’industrie pharmaceutique au lieu d’en critiquer les méthodes et les dérapages…

Une caricature parue sur le blog Scientific Misconduct qui pointe du doigt l’énorme quantité de publicité que contient le British Medical Journal montre bien l’équilibrisme perpétuel et sans garde-fous de la presse médicale entre science et merde. Oui, merde, "crap" en original; parce que les euphémismes, on les laisse à l'industrie qui est spécialiste dans leur utilisation! Mieux vaut parler vrai lorsqu'il s'agit de poser un diagnostic et essayer un traitement, non?

 

Et encore, le British Medical Journal n'est pas le pire. Il n'est même pas comparable à notre presse poubelle, dont beaucoup de titres font partie de l'empire de presse de Gérard Kouchner, frère de l'ancien ministre de la Santé. Remarquez l'énorme conflit d'intérêts...

En France, seules les revues Prescrire et Pratiques sont indépendantes. La dernière est presque confidentielle, et Prescrire est très chère - enfin, pas pour des revenus de médecins, d'autant plus que l'abonnement leur apporte des points de formation médicale continue.

Des journaux ou revues gratuits tels que Le Quotidien du médecin, Le Généraliste, Impact Médecine, La Revue du Praticien / Médecine générale et d'autres, livrés gratuitement chez bon nombre de généralistes en particulier, sont des organes de presse des laboratoires qui les financent et qui décident du contenu rédactionnel, réalisé en fonction des publicités voulues par les services marketing.

voir à ce sujet l'article édifiant paru sur Pharmacritique, qui décortique le phénomène et donne des détails sur l'organisation de Gérard Kouchner et ses accointances avec l'industrie pharmaceutique: "Presse médicale, presse poubelle, pour le lavage pharmaceutique du cerveau de nos généralistes"...

 

Elena Pasca / Pharmacritique

21/02/2008

"Disease mongering", élargir le marché de Big Pharma: un médicament pour chaque état d'âme, pour chaque maladie

 Il y a de nos jours un médicament pour tout ; c’est le rêve de ce PDG disant qu’en bon commercial, il doit faire en sorte que tout le monde prenne les médicaments de sa firme, pas seulement les malades…

On y arrive peu à peu, en médicalisant tout, du moindre vague à l’âme aux étapes naturelles de la vie, comme la ménopause. Les firmes créent un médicament pour tout – à l’exemple des "lifestyle drugs", sorte de médicaments de confort ou plutôt de conformisme social. Grâce aux réseaux d'experts en médecine à leur service parce que payés par les firmes (cf. les notes sur les conflits d'intérêts, la corruption, le lobbying), elles redéfinissent les standards de "normalité" dans toutes les spécialités médicales, de façon à ce que de plus en plus de personnes bien portantes soient étiquetées comme malades et puissent se voir proposer un traitement médicamenteux.

Diverses démarches de ce type sont ciblées par le syntagme disease mongering, abordé dans ces notes. On le traduit par "façonnage de maladies". Il désigne aussi les méthodes consistant à trouver un marché pour un médicament que les firmes cherchent à placer ou à repositionner sur le marché, et c'est le cas de ceux dont le brevet arrive à expiration et pour lesquels les firmes cherchent une nouvelle forme, une nouvelle indication, quitte à inventer des maladies, des syndromes et surtout des vagues troubles - selon les habitudes du DSM détaillées dans d'autres notes sur ce blog.

Et lorsqu'un marché est juteux - comme pour les médicaments qui baissent le taux de cholestérol, la pression artérielle, la glycémie, etc. - toutes les firmes veulent développer elles aussi une énième version des classes de médicaments qui existent déjà (appelés me-too). Et il arrive souvent qu'elles cherchent une indication particulière pour leur produit qui n'apporte aucun progrès thérapeutique, mais qu'elles doivent présenter - grâce à une communication habile utilisant toutes les techniques classiques de marketing, d'influence, de persuasion - comme révolutionnaire; elles jouent sur notre attirance pour tout ce qui est nouveau, assimilé à un progrès. Et la nouveauté qui n'apporte rien se paie cher, puisque les prix des médicaments doivent payer les sommes dépensées non pas tellement en recherche et développement, mais surtout en lobbying, en pantouflage, en communication - ce que j'appelle la désinformation organisée -, et tout l'argent servant à entretenir le réseau de conflits d'intérêts des médecins et les moyens de les influencer directement ou indirectement.

Sans oublier les méthodes de disease mongering consistant à redéfinir les maladies et les syndromes qui existent déjà, en élargissant les critères, en baissant les seuils dits "normaux" de certains examens de laboratoire, comme le taux de glycémie ou de cholestérol, les valeurs de la pression artérielle, l'indice de masse corporelle à partir duquel l'on peut parler d'obésité, et ainsi de suite. Un exemple classique est la redéfinition extrêmement vague du trouble bipolaire par rapport à son ancêtre: la psychose maniaco-dépressive. Les perdants sont évidemment et ceux qui souffrent d'un véritable trouble bipolaire, désormais "dévalorisé" par l'inflation injustifiée de tels diagnostics, et ceux qui sont diagnostiqués pour rien et prennent des médicaments inutiles. La même "dévalorisation" par l'inflation vaut pour les autres pathologies; et elle arrive dès qu'il y a surmédicalisation, industrialisation, donc un marché dont de plus en plus de firmes et de plus en plus de praticiens de toutes sortes veulent profiter.

Une nouvelle technique de contrôle social, sur le modèle du biopouvoir? A méditer...

Et voici un exemple de disease mongering facilement compréhensible grâce à la caricature: un nouveau "lifestyle drug" (médicament de confort, médicament découlant d'un mode de vie) pour les croyants. Car, dans son immense philanthropie et générosité, Big Pharma a tout tenté pour décharger les pauvres pécheurs des poids des repentances, des prières à répétition, de la culpabilité, de la pénitence… Et si Big Pharma allait à l’Eglise, de quoi ça aurait l’air, se demande Mike Adams ?

Qui disait que l'Occident risque d'oublier ses racines chrétiennes? Big Pharma nous montre qu'elles sont toujours vivantes! La pratique catholique de vente des indulgences et autres rémissions de péchés et absolutions contre de la monnaie sonnante et trébuchante  n’est pas si loin… La Réforme est venue nettoyer un domaine qui n’aurait pas dû être contaminé et déformé par l’argent. Et dans les rapports médecine – industrie pharmaceutique, qui et quand fera le ménage ? C'est la question…Dans la caricature, le croyant dit: pardonnez-moi, mon père, car j'ai péché. Le prêtre lui répond, tout sourire:  "Mon fils, on a une pilule pour ça!"

Un médicament pour faire pénitence, mais, sur le même modèle, l'industrie pharmaceutique nous propose un médicament pour chaque maladie qui pourrait nous arriver. Les firmes proposent cela, car c'est leur fonds de commerce. Mais n'oublions pas l'autre membre de cette dyade symbiotique que les laboratoires pharmaceutiques forment avec les médecins, avec la bénédiction du conseil de l'ordre des médecins, qui valide toutes les activités commerciales des praticiens et les contrats (conventions) qu'ils signent avec les industriels. Les firmes pharmaceutiques ne pourraient rien mettre en pratique sans le consentement des médecins. Ce sont eux qui se laissent influencer, prescrivent et légitiment la démarche de surmédicalisation en étendant de plus en plus le domaine de la médecine préventive, jusqu'à un véritable acharnement dans la surmédicalisation, et c'est pourquoi l'on peut parler à juste titre d'abus de prévention, comme on parle d'acharnement thérapeutique pour certaines personnes maintenues artificiellement dans un état végétatif, etc.

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01/02/2008

Industrie pharmaceutique: du profit à tout prix. Le marketing des me-too cache l'absence d'innovation thérapeutique

Marc-André Gagnon est l’un des auteurs de la toute récente étude sur le marketing de l’industrie pharmaceutique, dont Bourse Pharmalot.jpgnous rendions compte dans la note précédente.

Et voici un article publié hier où Gagnon se départit de la neutralité des chiffres et dénonce ! Preuve que tous les économistes ne sont pas (encore ?) adeptes des théories ultralibérales du profit à tout prix. Il y en a encore qui pensent en termes de raison. Ouf ! Tout n’est peut-être pas perdu ! Gagnon ne mâche pas ses mots sur les conséquences de la prédominance du marketing sur la production, qu’il mettait en évidence dans son étude.

Pour utiliser les termes de Marx, parfaitement appropriés en l’occurrence, l’industrie pharmaceutique est le parfait exemple de la tendance économique qui fait passer la valeur d’échange avant celle d’usage. Ce n’est pas l’utilité d’un médicament qui compte, mais ce qui vient se surimposer. Les firmes vendent une marque, un logo, une illusion, en jouant sur la tendance sociale au conformisme, y compris dans la consommation médicale. Elles vendent une promesse. Presque jamais tenue, puisque la valeur d’usage se révèle être nulle ou presque (médicament sans bénéfice thérapeutique ou qui n’apporte rien par rapport à ceux déjà existants). L'antidépresseur Zoloft et les anticholestérol (surtout Ezétrol et Inegy) sont pris pour exemple par Gagnon.

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The Cost of Pushing Pills: Le marketing, cache-misère des firmes

Deux économistes canadiens, Marc-André Gagnon et Joel Lexchin, viennent de publier une étude très intéressante. Elle Pharma marketing.jpgmet le doigt sur la quintessence de l’industrie pharmaceutique : la promotion, la publicité, les belles paroles…  Toute la visée commerciale qu’elle fait passer sous le nom de campagne d’information médicale… Avec des bulles de savon marketing, jolies, mais qui finissent presque toutes par éclater. Et les éclats irritent les yeux qui les suivent trop longtemps du regard... L'industrie nous en met plein les yeux pour cacher la misère de la recherche, l'absence de médicaments innovants. Tout en justifiant le prix des médicaments par le coût de la recherche...

L’étude est accesible en anglais, puisqu'elle a été publiée dans la Public Library of Science (PLoS Medicine), sous le titre « The Cost of Pushing Pills: A New Estimate of Pharmaceutical Promotion Expenditures in the United States ». Comme d'habitude, ce qui vaut pour les Etats-Unis est un indicateur précieux pour d'autres pays occidentaux, parce que les firmes dont on parle ne sont pas des PME, mais des multinationales ayant les mêmes produits - et les mêmes méthodes pour les imposer! - partout où les individus et les régimes d'assurance-maladie sont solvables. Partout où les individus sont susceptibles de devenir des patients, y compris quand ils ne sont pas malades. Les études portent habituellement sur les Etats-Unis pour la simple raison que c'est là que les chiffres sont plus accessibles, que ce soit sur la iatrogénie, le marketing, les conflits d'intérêts... C'est là où l'opacité est un peu moins dense. Au pays des aveugles, le borgne est roi - c'est à peu près ça, non?

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08/01/2008

L'industrie pharmaceutique: maître du système de soins au moyen des conflits d'intérêts

Un article paru aujourd’hui sur le site du journal Les Echos mérite d’être signalé, tant les analyses de ce type sont rares en Argent Zoll.de.jpgFrance…

Il rappelle le contrôle de l’industrie pharmaceutique sur toute la filière du médicament, y compris sur l’information des médecins – et des usagers, forcément…, puisque ces derniers sont les cobayes et les victimes par excellence d’un système de soins orienté tout entier vers le profit, vers la satisfaction d’intérêts financiers privés, des firmes comme de bon nombre de médecins et pharmaciens. Et ce au mépris des seuls intérêts qui devraient compter : celui collectif de la santé publique et celui individuel de la santé de chaque patient. Les deux étant deux facettes du même intérêt général, principe républicain qui n’aura bientôt plus aucune traduction pratique, ni en médecine ni ailleurs...

Le verrouillage de toutes les articulations du système de soins par l’industrie pharmaceutique et par ceux qu’elle paie donne cette désinformation organisée que nous avons dénoncée  en reprenant deux déclarations de l’ISDB (International Society of Drug Bulletins): celle sur l'absence de progrès thérapeutique et celle sur la minimisation des effets secondaires des médicaments.

L'ISDB est représentée en France par la seule revue Prescrire et en Allemagne par quatre revues dont l’excellente Arznei-Telegramm (« Télégramme du Médicament »), qui fêtera ses 40 ans en 2009. L’article en question :

"Pour une autre politique du médicament"

par Jean-Pierre DAVANT, président de la Mutualité Française

Un extrait : « Aujourd'hui, les laboratoires pharmaceutiques maîtrisent l'information des médecins. Il y a trente-cinq fois plus de visiteurs médicaux que de délégués de l'assurance-maladie. Selon l'Inspection générale des affaires sociales, les médecins généralistes reçoivent en moyenne 330 visites médicales par an. Chaque année, ces visites coûtent à la collectivité 25.000 euros par médecin généraliste. Ajoutons à cela que l'industrie pharmaceutique invente régulièrement de nouvelles pathologies à des fins de marketing pour lancer de nouveaux médicaments : phobie sociale, côlon irritable, jambes sans repos... Enfin, les laboratoires pharmaceutiques rémunèrent des experts et des spécialistes du lobbying pour porter un discours publicitaire. Y compris dans la presse scientifique. La déclaration par les experts de leurs conflits d'intérêts avant toute expression publique sur un médicament était prévue par la loi Kouchner. Mais cette disposition [l'article 26] n'est toujours pas appliquée.

La promotion du bon usage du médicament ainsi que l'élaboration et la mise en oeuvre des programmes d'observance devraient relever des autorités sanitaires, et non pas d'intérêts commerciaux. En aucune manière, l'industrie pharmaceutique ne devrait pouvoir s'ingérer dans la formation initiale et continue des professionnels de santé. Cette mainmise sur l'information des médecins est une des caractéristiques françaises, qui explique pour partie le haut niveau qu'atteignent les prescriptions médicamenteuses dans notre pays. Ce sont là des liaisons dangereuses qui entachent singulièrement la liberté du choix de prescrire à laquelle nos médecins nous disent être attachés.

Priorité à la recherche et à l'innovation, baisse et transparence des prix, modernisation des circuits de distribution, valorisation du métier de pharmacien, indépendance de l'information : une autre politique du médicament est possible. Le médicament est utile. Ne gâchons pas nos ressources en entretenant des pratiques plus mercantiles que sanitaires, car au bout du compte elles freinent les innovations qui sauveront demain des vies. »

Commentaires de Pharmacritique:

On peut critiquer certains des exemples donnés, et je pense notamment au côlon irritable et au syndrome des jambes sans repos. Il faut se garder de stigmatiser les patients qui en souffrent, sachant que la médecine a fait beaucoup d'erreurs de ce type par le passé. Il est fort possible que la recherche découvre à l'avenir une ou plusieurs causes qui peuvent provoquer de tels syndromes.

Photo: Zoll.de

Elena Pasca

07/01/2008

Progrès thérapeutique? Ou inflation marketing et occultation des effets indésirables des médicaments? Déclaration de l’ISDB

Voici un texte édifiant sur les méthodes et de l’industrie pharmaceutique et des agences sanitaires lorsqu'il s'agit d'imposer ou de maintenir  des médicaments sur le marché. En occultant, en minimisant et/ou en refusant de communqieur sur leurs effets secondaires. Ce texte complète la Déclaration de pharmacovigilance (note suivante). C'est la « Déclaration de l’"International Society of Drug Bulletins" sur le progrès thérapeutique dans le domaine des médicaments », 2001. A se demander s'il y a un progrès thérapeutique, et s'il ne s'agit pas uniquement du succès - confirmé encore et toujours - des stratégies promotionnelles des laboratoires... On ne peut pas parler d'un progrès marketing, puisque les techniques et tactiques publicitaires sont toujours les mêmes, présentées, il est vrai, selon le dernier cri en matière de communication...

ISDB est une union de revues médicales indépendantes, dont font partie la revue française Prescrire et la revue allemande Arznei-Telegramm. Voici un résumé des aspects qui nous intéressent le plus dans ce contexte:

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21/12/2007

Vidéos sur GSK: Avandia, Deroxat, pratiques douteuses...

Deux excellentes vidéos anglophones nous apprennent pas mal de choses sur le laboratoire britannique GlaxoSmithKline, GSK logo 2.jpgproducteur d’Avandia et du Deroxat (Seroxat, Paxil, paroxétine), entre autres. Deroxat qui a été l'objet d'un scandale dont on n'a pas entendu grand-chose en France, comme d'habitude...

GSK se dispute la première place mondiale avec Pfizer, avec un chiffre d’affaires qui donne le tournis. En 2006, les rentrées de GSK étaient de 31.000 dollars par minute… Sans surprise, la firme soutient un candidat républicain à la présidence américaine…

RealGlobalNews.Com - GSK: http://www.youtube.com/watch?v=0OhcmaAf_zE

L’histoire de GSK semble assez mouvementée, même pour une firme pharmaceutique… Corruption massive de médecins révélée en Italie, pour faire prescrire ses produits, fraude et inflation des prix aux Etats-Unis, scandales pour avoir essayé d’empêcher la commercialisation massive de génériques et la production de copies bon marché de médicaments anti HIV, amendes faramineuses payées aux Etats-Unis à cause de ses pratiques peu recommandables, implications pas très claires dans la guerre en Irak, etc.

L’une des vidéos rappelle que le PDG de GSK, Jean-Pierre Garnier, quittera la direction de la firme en mai 2008 et se demande si cette retraite sera profitable à sa conscience, au moins tout autant qu’à ses comptes en banque…

GSK-JP Garnier-Seroxat-Avandia

http://www.youtube.com/watch?v=CsQlmB6qPCY&feature=related

*

Ce n'est pas par hasard que l'on évoque le PDG de GlaxoSmithKline, puisque, selon l’enquête sénatoriale américaine sur Avandia (rosiglitazone), il était au courant des pressions exercées sur le Dr John Buse, spécialiste du diabète, conseiller de la firme et investigateur principal dans l’essai clinique. Ce médecin a parlé publiquement des risques cardiovasculaires dès 1999, puis a averti la FDA (agence américaine du médicament), avant d’être réduit au silence par GSK.

On le sait moins, mais c’est Buse qui a averti le Dr Steven Nissen, cardiologue réputé et auteur principal de la méta-analyse publiée par le New England Journal of Medicine, qui a mis en évidence un risque augmenté de plus de 40% d’avoir une complication cardiaque sous Avandia (détails dans la note qui reprend les grandes lignes de l'article). C’était la première d’une série d’études et éditoriaux dans des grandes revues médicales, avec des conséquences concrètes grâce à l'enquête parlementaire américaine.

The Intimidation of Dr. John Buse and the Diabetes Drug Avandia

http://finance.senate.gov/press/Bpress/2007press/prb111507a.pdf

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

Mise à jour avril 2011

Sur Avandia et ses effets secondaires, ainsi que sur les autres glitazones, il y a beaucoup d'articles sur Pharmacritique, que vous pouvez lire à partir de cette page.

 
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