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20/12/2014

"Lanceurs d’alerte. La sécurisation des canaux et des procédures". Colloque de Sciences Citoyennes et Transparency International France à l’Assemblée nationale

Depuis de nombreuses années, la Fondation Sciences Citoyennes (FSC) et Transparency International Sciences Citoyennes colloque,Transparency international france colloque, lanceur d'alerte lois,marie-angèle hermitte lanceur d'alerte,lanceur d'alerte guide pratique,sciences citoyennes corruption,transparence corruption,protection lancceur d'alerte,Lionel Benaiche,françois badie,lanceur d'alerte colloque 4 février 2015,jean-louis nadalFrance (TIF) interrogent et développent les notions d'alerte, les modalités et la législation à mettre en œuvre pour protéger les lanceurs d'alerte.

De 2007 à 2013, cinq premières lois ont été adoptées en leur faveur, grâce à la coordination constituée avec associations et ONG de la société civile.

 Il nous faut à présent amender cette première législation lacunaire (œuvrer à une loi globale), la compléter par une autorité indépendante pour le traitement de l’alerte et une Maison ou une fondation pour les lanceurs d’alerte.

Pour poursuivre nos réflexions et travaux, nous organisons le 4 février 2015 à l’Assemblée nationale (salle Colbert, 126 rue de l’Université) un colloque intitulé « Lanceurs d’alerte. La sécurisation des canaux et des procédures ». Des représentants des corps intermédiaires (ONG, associations, organisations professionnelles...), des institutions, des chercheurs et lanceurs d'alerte seront conviés pour échanger et élaborer des recommandations.

Nous serions ravis et honorés de vous compter parmi les participants à ce colloque qui nous fournira l'occasion de :

  • rappeler  que la protection des lanceurs d'alerte et les processus de traitement  des alertes doivent être encore sérieusement amendés et ce, malgré les évolutions législatives récentes ;
  • réfléchir aux problématiques complexes ouvertes par ce nouveau droit notamment en termes de sécurisation des canaux (confidentialité et anonymat, Sécurité nationale, affaires étrangères, secret des affaires, devoir de réserve, etc.)

Ce colloque se déroulera avec le soutien de la Fondation Charles Léopold Mayer et la participation de François BADIE (Directeur du Service Central de Prévention de la Corruption), Lionel BENAICHE (Vice-procureur du tribunal de Grande Instance de Nanterre), Jean-Paul BOUCHET (Secrétaire général de la CFDT Cadres), Yann GALUT (Député), Marie-Angèle HERMITTE (Directeur de recherche au CNRS), Jacques MONTACIE (Secrétaire général de la LDH), Edwy PLENEL (Président de Mediapart), et (sous réserve) Jean-Louis NADAL (Président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique)

Sachant que le nombre de places de la salle est limité mais que le sujet suscite un vif intérêt, nous vous prions de bien vouloir nous confirmer votre présence par courrier électronique (colloque0402@sciencescitoyennes.org), par téléphone (01 43 14 73 65) ou par courrier postal avant le 27 janvier 2015. 

A titre d’information, vous pouvez télécharger les actes du colloque « Alerte, expertise et démocratie » du 17 décembre 2013 organisé par Fondation Sciences Citoyennes :

http://sciencescitoyennes.org/actes-du-colloque-alerte-ex...

ainsi que le guide pratique à l’usage des lanceurs d’alerte réalisé par Transparency International France :

http://www.transparencyfrance.org/e_upload/pdf/gp_a_lusag...

Contacts : Nicole Marie Meyer et Glen Millot

colloque0402@sciencescitoyennes.org

19/03/2012

"Santé: moraliser la politique du médicament". Conférence de presse d’Eva Joly. Commentaires sur le complexe médico-industriel, politique et médiatique

En raison des dramatiques événements de Toulouse (et Montauban), la conférence de presse est reportée. Je vous informerai le moment venu.


J’ai été sollicitée par trois femmes, Eva JOLY, Michèle RIVASI et Aline ARCHIMBAUD, dont j’admire eva joly santé médicament,michèle rivasi santé médicament pharmaceutique,europe écologie les verts santé médicament,elena pasca,conflits d'intérêts médecine médicament loi,prix médicaments france europe,progrès thérapeutique autorisation de mise sur le marché,lobbying politique industrie pharmaceutique les verts,accès aux soins programme politique,coûtefficacité médicament,médecine prédictive médecine préventive,prévention dépistages cancer critique,media lobbying influence,experts conflits d'intérêt biais médecine,leo neels,écologie politique santé médecine médicament,prix médicament coût recherche développementl’intégrité et l’engagement, pour apporter une dimension d’ « expertise citoyenne » et de voix de la société civile lors d’une conférence de presse le mercredi 21 mars (détails à la fin) sur les moyens de « moraliser la politique du médicament », c'est-à-dire dans un domaine où la société civile et le débat citoyen sont marginalisés, voire exclus.

Habituellement, les professionnels de santé considèrent la santé – et surtout le médicament – comme une chasse gardée, réservée aux « techniciens » et aux « industries » de la santé. (Le terme même, appliqué à la santé, devrait choquer et interpeller...) Et les hommes politiques basent leurs décisions sur des expertises exclusivement techniciennes… Il faut ajouter à cela les agences de communication et les media. Ceux-ci n’ont pas fait leur travail d’investigation sur les médicaments et les abus des industriels et des leaders d'opinion (professionnels ou associatifs), mais ont toujours excellé dans la présentation des « découvertes » scientifiques et médicales, divinisées comme si toute nouveauté technoscientifique était un progrès thérapeutique et un progrès humain. Maintenant, ces mêmes media chassent le scoop, faisant la une dès qu’on parle d’un effet secondaire, comme si c’était une découverte qu'un médicament - le tramadol ou un autre - était à prescrire avec prudence, par exemple… Ces mêmes media n’ont pas changé dans leur rôle de courroie de transmission au service des intérêts productivistes des lobbies qui les possèdent en majorité…

Prenez les hommes politiques avec leurs conflits d’intérêts (sur tous ces sujets, voir les articles à partir de la liste alphabétique à gauche), les chercheurs et médecins avec les leurs, les media oscillant entre ignorance et vulgarisation toujours irréfléchies, et placez-les dans un système structurellement construit de façon à profiter aux industriels, où l’industrie pharmaceutique exerce un ghost management sans faille (voir cet article et celui-ci), c’est-à-dire une gestion invisible, mais omniprésente de tous les aspects et à tous les niveaux du système de recherche, de formation et d’information médicales – et vous aurez les principaux acteurs du microcosme de marionnettes de l’industrie qui est responsable du marasme actuel des choses. C’est un état dont on commence à peine à deviner l’étendue (des dégâts), que j’essaie d’esquisser et de dénoncer depuis que Pharmacritique existe.

Cette sollicitation d'une expertise citoyenne de l'extérieur d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), sans instrumentalisation politique ou autre, car totalement désintéressée, rompt avec les « traditions » du petit cercle exclusif des décideurs politico-sanitaires, avec leurs communicants et leurs conseillers plus ou moins intéressés, qui se fréquentent, fomentent des plans de carrière et forment des chapelles. C’est pour cela que j’ai accepté, alors que je ne fais pas partie d’Europe Ecologie les Verts (et d’aucun parti politique, d’ailleurs).

 

Au fil des ans et de mes participations régulières à des débats et colloques – cinq ces mois-ci, que je n’ai pas eu le temps d’annoncer -, et sans parler des discussions sous une autre forme et des sollicitations auxquelles je n’ai pas pu donner suite, j’ai remarqué toutefois que les écologistes sont plus ouverts au débat. Je pense surtout à la dimension de démocratie participative, avec le débat citoyen, avec cette ouverture à l’« expertise citoyenne » et à une « science citoyenne » qui irritent les professionnels, prompts à les déclarer illégitimes…

Pourtant, je ne cesse de rappeler, dans une terminologie qui paraît surannée, qu'en République, c’est le débat citoyen dans l’espace public politique qui permet, par abstraction successives des particularismes (de type appartenance à un parti politique, etc.) de dégager des intérêts universalisables, donc des intérêts qui dépassent tout corporatisme. Aucun corps intermédiaire – de type « ordre » (des médecins, etc.) ou corporation… - ne doit confisquer ce débat et la décision, ni ne peut prétendre représenter les citoyens. Je l’ai dit et redit dans ces pages.

Certes, on ne fera pas les prescriptions à la place des médecins, ni les recherches à la place des chercheurs. L’expertise citoyenne, ce n’est pas cela, n’en déplaise à ceux qui sèment la confusion pour la discréditer et tenter de s’en débarrasser pour garder l’exclusivité des cercles « sachants » traditionnels, sans droit de regard des citoyens, réduits au rôle de cobayes pour les produits des éprouvettes des divers industriels, fabriqués selon les cahier de charges de ces derniers: brevets et profits immédiats, avec l’impératif de soigner la santé financière des multinationales.

Ce type de discours rejetant l’expertise citoyenne revient régulièrement, et je l’ai entendu, avec des arguments qui paraissent solides à première vue, aussi dans l’exposé de Denis ZMIROU-NAVIER, professeur de santé publique à la Haute Ecole de Santé publique de Nancy. Nous étions les deux seuls Français participant au colloque sur les moyens de renforcer l’indépendance de l’expertise en santé publique, organisé par les députés écologistes belges Thérèse SNOY et Jacques MOREL le 20 janvier au Parlement fédéral belge (voir le programme détaillé). J’y reviendrai en détail, car il est révélateur de voir comment son raisonnement arrive, de proche en proche, à banaliser les conflits d’intérêts, définis de façon très large, ce qui lui permet de dire que nous aurions tous des liens, des dépendances, des intérêts, des conflits d’intérêts, y compris par la simple adhésion à une association… On voit que le rejet de l’expertise citoyenne a des raisons autres que celles qui paraissent évidentes, ainsi que des conséquences. Lorsqu’on assimile et qu’on met sur le même niveau l’engagement bénévole et désintéressé, sans conflit d’intérêts, d’un citoyen au sein d’une association indépendante et le « lien » d’un expert payé par des industriels pour faire passer leurs intérêts avant ceux de la santé publique, cela revient à neutraliser le danger et les conséquences des conflits d’intérêts, à les banaliser et les légitimer, à assimiler lobbying et plaidoyer citoyen…

J’ai répondu à cela, non pas par des discours théoriques, mais par des faits et des arguments chiffrés. Je pense avoir montré qu’un citoyen de base peut parler médicament. Une fois dans mon exposé de la matinée, portant sur des lois étrangères – surtout aux Etats-Unis, mais aussi en Grande-Bretagne et en Allemagne - permettant de réprimer et de dissuader les abus des industriels en matière de corruption, de conflits d’intérêts et de leurs conséquences, en matière de produits défectueux, mais aussi à d’autres niveaux tels que l’accès à l’information, le recours des victimes, etc. L’exposé portait aussi sur certains dispositifs juridiques et institutionnels pouvant servir d’exemple pour améliorer plusieurs niveaux dans la chaîne du médicament. Puis en répondant à des questions, mais surtout dans mon intervention de l’après-midi, lorsque j’ai interpellé de façon argumentée Leo NEELS, dirigeant du syndicat patronal de l’industrie pharmaceutique belge (Pharma.be), l’homologue de Christian LAJOUX, patron du LEEM français (Les Entreprises du médicament) et PDG de Sanofi France. Je raconterai les détails, ils sont édifiants.

 

L’expertise citoyenne sur les médicaments ne consiste pas à vouloir en prescrire, ni mélanger les éprouvettes et se substituer aux experts, comme dans les cauchemars des scientifiques et des médecins grevés de conflits d’intérêts et craignant qu’on vienne leur demander des comptes, ou même dans les cauchemars de ceux qui n’ont pas de conflits d’intérêts, mais ont besoin d’invariants, d’un ordre bien défini, d’une hiérarchie et de cases que le « forum hybride citoyen » viendrait bouleverser comme l’entropie en thermodynamique…

Le citoyen de base peut – et doit – débattre et décider s’agissant du rôle du médicament et des industries de santé, s’agissant de tout ce qui biaise la chaîne du médicament (discours marketing sur le médicament, entre autres, qui pousse à la surmédicalisation et à la surconsommation), s’agissant de tout ce qui induit des conflits d’intérêts, des biais et des influences sur le comportement des prescripteurs et des patients…

Les sujets ne manquent pas, et nous ne devons pas rester dans le rôle de cobayes, subissant ce que d’autres ont décidé de nous faire consommer. Nous pouvons agir déjà par un bulletin de vote, par le soutien aux sources d’information indépendantes, par une autoréflexion et en développant notre esprit critique – ce qui nous sera utile au-delà de la préservation de notre santé face à toute cette « prévention » médicamenteuse et à une médecine dévoyée de son rôle et devenue de plus en plus, avec notre complicité tacite :

- prescriptive : au sens prétendument éthique, comme lorsqu’elle normalise les être humains, uniformise et standardise, extirpe la différence dans les comportements (la psychodiversité…), devient un moyen de contrôle social et un gardien de l’ordre, en utilisant divers moyens qui vont des camisoles chimiques aux préceptes comportementaux déplacés ;

- préventive : en particulier par la prévention réduite au médicament (donc dans l’intérêt des industriels), ainsi qu’à des dépistages réguliers dont bon nombre n’ont pas lieu d’être (cancer du sein, cancer de la prostate…) et font plus de mal que de bien. La médecine devrait soigner lorsqu’il y a maladie, pas imposer la consommation de médicaments au cas où, sait-on jamais, il y aurait maladie à l’avenir… Et la prévention devrait être limité au seul domaine où elle est efficace : éducation, information sur les comportements à risque, sur les modes de vie et les modifications à apporter en cas de problème, sur les expositions professionnelles ou autres à des produits dangereux, etc. Mais ici, on touche aussi aux inégalités socio-économiques en santé, car la vraie prévention devrait passer par là : l’amélioration des conditions de vie, d’habitat, d’alimentation, de travail… Et même l’accès égalitaire aux soins ne réglera pas ces problèmes-là. Et il est plus facile – et en plus rentable pour les industriels et moins coûteux pour l’Etat, mais seulement à première vue – de prescrire des médicaments que de résoudre les problèmes induits par la pauvreté…

- prédictive (au moyen du « tout génétique », par exemple, comme au moyen de divers marqueurs pour dépister des maladies de plus en plus tôt, même s’il n’y a pas de thérapeutique. Comme dans la maladie d’Alzheimer, où savoir à 20 ans que l’on souffrira (peut-être) plus tard de cette maladie ne peut qu’induire une énorme souffrance psychologique, voire détruire une vie… Bonne élève du marketing pharmaceutique et intéressée à l’être, la médecine a développé beaucoup de moyens de médicaliser des bien-portants et pousser à la consommation de médicaments aussi en jouant à Madame Soleil (puisque les moyens utilisés sont tout aussi scientifiquement fondés que le tarot de cette dernière, qui avait de plus l’avantage d’être plus poétique…).

 

Et lorsque ni la génétique ni les marqueurs ne permettent de transformer une personne en bonne santé en malade consommateur de médicaments, il y a toujours le disease mongering (façonnage de maladies, invention et redéfinition de maladies, voir les articles) : les médecins en inventent pour tous les goûts, pour tous les modes de vie (lifestyle drugs…, médicaments et actes médicaux de confort…), pour toutes les étapes de la vie (ménopause, baisse de la fonction érectile, vieillissement en général...), pour toutes les demandes sociales (dresser les enfants en les déclarant hyperactifs ou les adolescents en « trouble de désobéissance », camoufler le mal-être socio-économique en le psychologisant en dépression ou d’autres « troubles » mentaux. Le nombre de ces derniers est passé de 106 en 1952, lors de la première édition du DSM, à plus de 350 dans la quatrième édition du DSM (Manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux)…

La description de David SACKETT de la médecine préventive s’applique parfaitement aussi à son dévoiement en médecine prédictive et prescriptive. Son article paru en 2002 dans le CMAJ (Canadian Medical Association Journal) sous le titre The Arrogance or Preventive Medicine est une lecture fort instructive pour comprendre comment le système pousse structurellement la médecine vers des rôles qui ne sont pas les siens – et que nous ne devons pas accepter. Nous ne devons pas accepter son arrogance, son agir présomptueux et impérieux, les préceptes qu’elle n’a aucune légitimité à formuler, son incapacité à reconnaître ses limites et à accepter la critique, son rôle de rouage dans la machinerie du profit industriel, avec les médecins comme exécutants et victimes consentantes.

Or notre passivité rend possible la reproduction de ce système, avec des adaptations minimes et des mesurettes cosmétiques lorsque cela déborde : ainsi, la loi de Xavier BERTRAND sur le sécurité de la chaîne du médicament apporte quelques mesures dues de longue date, mais sans rien changer à la nature structurellement pharma-amicale de notre système de santé et de soins. Une excellente communication autour de cette loi l’a fait paraître révolutionnaire, alors que seules les apparences changent, comme je l’ai dit dans un communiqué détaillé de la Fondation Sciences Citoyennes, et dans un autre article détaillant les mesures et les sanctions prévues, ainsi que la position ambiguë l’Ordre des médecins. Paul JANIAUD a lui aussi souligné d’autres « oublis inquiétants » dans la loi.

 

Nul besoin d’être professionnel de santé pour parler de cela. Et le citoyen lambda a même l’avantage de ne pas vivre de ce système, de ne pas y contribuer, de n’avoir aucun conflit d’intérêts.

Elena Pasca

***

Voici l’annonce de la conférence de presse, qui aura lieu le mercredi 21 mars de 15 h à 16 h à cette adresse : IREMMO, 5, rue Basse des Carmes, 75005 Paris

 

SANTE : IL FAUT MORALISER LA POLITIQUE DU MEDICAMENT

En présence de :

  • Eva JOLY, candidate Europe Ecologie Les Verts à l'élection présidentielle
  • Michèle RIVASI, députée européenne EELV  
  • Aline ARCHIMBAUD, sénatrice EELV de la Seine-Saint-Denis
  • Elena PASCA, philosophe, créatrice du blog Pharmacritique, membre du CA de Sciences Citoyennes

 

« Les coûts en santé ont explosé ces dernières années. Aujourd'hui, entre 25 et 35% de la population renonce à se soigner, faute de moyens. En cause : dépassement d'honoraires, franchises, tarifications à l'acte... Mais également médicaments de plus en plus chers. Les français dépensent en effet entre 4 et 8 fois plus qu'il y a 25 ans pour leurs médicaments, alors que ces derniers ne sont pas plus efficaces. En effet, le progrès thérapeutique stagne depuis une quinzaine d'années. En l'absence d'une analyse coût/efficacité et d'une autorisation de mise sur le marché exigeant la supériorité des nouveaux médicaments, l'on peut compter sur les doigts d'une main les médicaments vraiment novateurs, parmi les centaines autorisés chaque année en France. Et pourtant, les profits pharmaceutiques augmentent, et les restes à charge des patients, aussi...

Comment en sommes-nous arrivés là? Quel rôle jouent aujourd'hui les industries pharmaceutiques, leur marketing, leur lobbying et leurs stratégies? Pourquoi les citoyens sont-ils les premières victimes de cette politique opaque? Comment réaliser des économies dans ce secteur? En quoi le programme de la candidate écologiste pourra répondre à ces questions?

Réponses le 21 mars prochain. »

25/02/2012

Alter dictionnaire médico-pharmaceutique bilingue de Pierre Biron, par Fernand Turcotte

pierre biron alter dictionnaire logo.jpg

Par le Pr Fernand TURCOTTE


Pierre Biron est professeur honoraire de pharmacologie à l'Université de Montréal. Une présentation plus détaillée de ses activités et de ses engagements est comprise dans l'introduction aux deux articles déjà publiés dans Pharmacritique : « La pharmaco-prévention dans les unités de soin de longue durée : un acharnement à dénoncer » (le 24/08/2011, sur cette page) et « Entrevue virtuelle avec Jean Peneff: "La France malade de ses médecins" » (01/02/2011, sur cette page).


Pierre Biron continue de mettre à jour chaque mois son Alter dictionnaire médico-pharmaceutique bilingue, déjà présenté par Mme Pasca.

Son objectif est que l’analyse critique de l’univers médico-pharmaceutique puisse se répandre en français et contribuer à une métamorphose de notre attitude envers la médecine et le médicament.
Cet ouvrage est évolutif et bilingue, engagé à documenter la surmédicalisation, la surmédicamentation, la corruption du savoir médical, la "pharma-co-dépendance" et les intérêts particuliers.

Il est destiné aux journalistes, enseignants et observateurs bilingues de la scène médico-pharmaceutique, cherchant à comprendre les termes dans leur contexte et interpréter les discours des acteurs du médicament. Un projet sans but lucratif, sciemment biaisé en faveur des patients et de l’intérêt public, contenant 2 250+ articles et 1 400+ références dans la version de février courant (2012).

Son auteur souhaite que vous le partagiez avec les collègues en raison de vos convictions, et la citation de courts extraits est encouragée. Il est mis à jour et enrichi chaque mois, hébergé sur le site de l'Encyclopédie de l'Agora, site piloté par le philosophe québécois Jacques Dufresne.

L'adresse URL est

http://agora-1.org/fichiers/alter_dictionnaire_medico-pha...

et le téléchargement est gratuit.

 

04/10/2011

Conflits d’intérêts, marasme éthique, influence pharmaceutique... Menaces sur la médecine (Roy Poses et Health Care Renewal)

Par ses activités, prises de positions et analyses, le Dr Roy Poses est l’une des principales Roy Poses,health Care renewal,conflits d'intérêts médecine industrie pharmaceutique,éthique médicale déontologie professionalisme,médecine conflits d'intérêts profit commerce,leaders d'opinion médecine,recherche médicale manipulation,formation médicale continue influence pharmaceutique,médecine universitaire influence pharmaceutique,facultés de médecine management gestion commerciale,lanceurs d'alerte médecine risques,ghostwriting information médicalefigures de la résistance aux influences et manipulations de l’industrie pharmaceutique. Depuis 1994, il est professeur associé de médecine à l’Université de Brown (Etats-Unis), l’une des plus réputées du pays. Depuis 1999, il est aussi professeur associé de médecine interne à la Virginia Commonwealth University.

Il a fondé et préside la Foundation for Integrity and Responsibility in Medicine (FIRM).

Roy Poses est le fondateur et principal auteur du meilleur blog / site sur le complexe médico-industriel : Health Care Renewal. Parmi les thèmes abordés sur ce blog très documenté figurent : le marasme éthique et moral en médecine ; la perte du professionnalisme (au sens anglo-saxon, qui met l’accent sur la déontologie et sur les modalités d’application d’un savoir technique, dont la simple maîtrise théorique n’est que le degré zéro) ; la dévalorisation des valeurs éthiques en médecine au profit d’un appât du gain croissant ; la dégringolade morale de la médecine universitaire (et pas seulement…); les diverses formes de corruption, conflits d’intérêts et lobbying et leurs conséquences ; les leaders d’opinion et autres formes d’asservissement à l’industrie pharmaceutique ; les influences, manipulations et biais plus ou moins directs de l’industrie pharmaceutique à tous les niveaux (formation initiale et formation médicale continue, presse et information médicale en général, recherche clinique…).

Le blog Health Care Renewal s’est imposé comme LA meilleure référence internationale sur ces sujets, sans aucun équivalent français comparable. Au lieu d’une longue introduction, j’ai choisi de traduire un texte qui illustre le registre très large de sujets abordés sur Health Care Renewal, principalement par Roy Poses.

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26/09/2011

Combattre corruption et fraude en santé: le réseau européen anticorruption EHFCN et sa conférence 2011 à Cracovie

Du 6 au 7 octobre inclus aura lieu à Cracovie la conférence annuelle 2011 de l’EHFCN (European EHFCN logo complet.jpgHealthcare Fraud & Corruption Network), sous le titre « Fighting fraud in healthcare and social security: How to maximise resources?” (Combattre la fraude dans les soins de santé et à la sécurité sociale: comment maximiser les ressources?).

Le European Healthcare Fraud & Corruption Network (Réseau européen de lutte contre la fraude et la corruption en santé), basé à Bruxelles, est la seule organisation européenne entièrement dédiée à la lutte contre toutes les formes de corruption et de fraude dans tous les secteurs relevant de la santé, partout en Europe. Parmi ses objectifs, détaillés aussi dans la vidéo reprise plus bas, on note la création d’une culture transnationale anticorruption, pour la transparence et le coût/efficacité, ainsi que le développement de moyens éducatifs et informatifs pour y parvenir.

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01/10/2010

Conférence internationale de Healthy Skepticism: "Selling Sickness", du 7 au 8 octobre à Amsterdam

Tous les détails sont sur cette page de l'équipe "Gezonde Scepsis", qui a organisé cette conférence internationale de l'association "Healthy sellingsickness_logo.jpgSkepticism" (dont je fais partie), avec un financement et la participation du ministère néerlandais de la santé et de l'Institut néerlandais pour un usage rationnel des médicaments (Instituut voor Verantwoord Medicijngebruik). L'office régional européen de l'OMS participe lui aussi au financement.

La conférence aura lieu à Amsterdam, à l'hôtel Mövenpick, du 7 au 8 octobre inclus, sous le titre "Selling Sickness" (Vendre des maladies [pour vendre des médicaments]), qui est en fait le titre d'un livre de Ray Moynihan et Alan Cassels pour désigner l'une des techniques de base du phénomène marketing appelé "disease mongering", imparfaitement traduit en français par "façonnage de maladies" ou parfois "invention de maladies".

Pharmacritique a été parmi les tout premiers blogs ou sites français à aborder ce véritable exploit du marketing pharmaceutique et à en décortiquer les grandes lignes et significations, et à nommer les auteurs qui ont contribué à forger et/ou à diffuser largement ce syntagme. J'en parle à beaucoup d'endroits, mais les articles les plus "concentrés" sur le sujet sont accessibles à partir de cette page.

 

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22/05/2009

Farmacriticxs: association espagnole d'étudiants en médecine pour une relation éthique et transparente avec l’industrie pharmaceutique

farmacriticxs.jpg

Farmacriticxs a vu le jour lors des "journées pharmacritiques" qui ont eu lieu le 17 et le 18 avril à l’université de Saragosse, avec la participation de l’association médicale indépendante No Gracias!, présentée dans cette note de Pharmacritique.

Des étudiants de cette université, membres de l’IFMSA (Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine), ont lancé une plateforme étendue à des étudiants en sciences de la santé de diverses universités espagnoles. Elle a pour objectifs l’accès aux médicaments essentiels ainsi que la promotion de l’éthique et de la transparence dans les relations entre médecine et industrie pharmaceutique. La mise en pratique de ces objectifs est une condition nécessaire de l’amélioration du système de soins dans son ensemble. L’association se propose aussi d’inventer des stratégies et des modèles novateurs de formation et de recherche médicales, pour remplacer ceux actuels, fortement teintés de conflits d’intérêts.

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10/10/2008

CLAMP : clamper les vases communicants entre médecine et industrie pharmaceutique

Dans ma série sur les associations anticorruption en médecine, voici le CLAMP (Comité de Lutte Anti-Marketing Pharmaceutique): CLAMP.jpgcollectif canadien fondé en 2003-2004.

Il se compose d'étudiants en médecine et de professionnels de la santé issus surtout de l’université de Montréal et agissant pour « une plus grande indépendance du système médical face aux compagnies pharmaceutiques ». A commencer par une limitation du marketing pharmaceutique, responsable de trop de prescriptions déraisonnables, et un refus des à-côtés (cadeaux, ristournes, privilèges...) offerts par les pharmas.

 

 

Même s’il ne semble plus actif depuis quelques mois, le site reste intéressant et peut donner des idées d’action : affiches pour les hôpitaux et les cabinets médicaux, rencontres avec des membres d’associations anticorruption du réseau No free lunch!, organisation de conférences, participation à des débats et des congrès, manifeste à signer et à afficher, prises de position dans les media, mise en place d’un club de lecture, etc. Signalons un bon article sur les brevets pharmaceutiques.

Pharmacritique souhaite au CLAMP de ne pas desserrer sa prise ! Bon vent !

 

Elena Pasca

29/09/2008

Le réseau anticorruption en médecine "No free lunch" s’étend à l’Amérique du Sud. Bon vent à No Gracias.co !

J'ai évoqué à plusieurs reprises la mobilisation associative internationale contre la corruption et les conflits d’intérêts en médecine et No gracias Colombie.jpgpour la désinfection des rapports des médecins avec les firmes pharmaceutiques. Mobilisation dont les deux figures de proue sont No free lunch! aux Etats-Unis et Healthy Skepticism en Australie. En Europe, ce mouvement associatif est bien représenté en Grande-Bretagne (No free lunch), Allemagne (MEZIS) et Italie (No grazie, pago io). Et j'ai présenté récemment l’association néerlandaise Gezonde Scepsis et celle espagnole : l’excellente No gracias.eu.

Pharmacritique aimerait pouvoir rendre compte de l’apparition d’une telle association française… En attendant, saluons la naissance de l’association No Gracias! en Colombie, d’où le mouvement devrait s’étendre aux autres pays andins. Son site s’inspire pour le moment de celui de No gracias ! d’Espagne, le temps de trouver une présentation graphique et textuelle de ses spécificités. Il faut encourager cette nouvelle combattante contre la corruption et les conflits d'intérêts en médecine, contre l'influence de l'industrie pharmaceutique sur la formation et l'information médicales, sur la recherche et le système de santé et de soins en général, en signant sa charte.

Pharmacritique lui souhaite longue vie et beaucoup d'enfants partout en Amérique du Sud !

Elena Pasca

23/07/2008

Les étudiants en médecine des Etats-Unis notent les facultés en fonction de la gestion des conflits d’intérêts

L’Association américaine des étudiants en 496579372.gifmédecine (AMSA) a lancé en 2002 une campagne nationale de libération de la santé des griffes de l’industrie pharmaceutique. La Pharm Free Campaign met à disposition des intéressés des moyens d’information, d’action et d’éveil de l’esprit critique, détaillés sur son site et conçus en collaboration avec le programme anticorruption Pharmed Out et l’association No Free Lunch.

L’un de ces moyens est la PharmFree Scorecard : un classement des facultés de médecine des Etats-Unis en fonction de leur politique de limitation des conflits d’intérêts. 

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09/07/2008

Gezonde scepsis: association néérlandaise de lutte contre la corruption des médecins par les firmes

2012172344.jpg

Il n'y a pas de petite corruption, il n'y a pas de petit cadeau sans conséquences.

Gezonde Scepsis ("Scepticisme sain", à l'instar de l'australien Healthy Skepticism) est une association qui a vu le jour en novembre 2005 pour lutter contre la corruption des médecins par l'industrie pharmaceutique. Ses premiers pas ont été soutenus par l'Institut néérlandais pour un usage responsable du médicament (Netherlands Instituut voor Veranwoord Medicijngebruik).

Gezonde scepsis s'inscrit dans le réseau associatif No free lunch!, qui s'étend et se densifie depuis les Etats-Unis jusqu'à l'Australie.

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09/06/2008

"No gracias!" Nouvelle association de lutte contre la corruption en médecine. Bon vent!

Les bonnes nouvelles ne sont pas légion ces 2117095844.jpgtemps-ci… Alors quand il y en a, il faut les partager. Pour encourager la petite dernière des associations médicales de lutte contre la corruption et l’influence des firmes pharmaceutiques sur les médecins, qui est espagnole et dont le nom sonne comme un baume au cœur : No gracias !

Le contexte : La « vétérane » de la lutte anticorruption est l'américaine No Free Lunch, présidée par Robert Goodman. Le nom de l'association ne veut pas dire seulement que rien n’est gratuit ; il renvoie littéralement au refus des repas payés par l’industrie pharmaceutique, comme au refus de tout cadeau, de toute source de conflits d’intérêts, forcément nuisibles à la santé des patients. Le mouvement s’est étendu par la suite au Royaume-Uni, avec la version britannique No Free Lunch. Puis il y a eu l’association italienne No grazie, pago io ! (Non merci, c’est moi qui paie (l’addition et les frais)). Et celle allemande MEZIS ("Mein Essen zahle ich selbst" : "mes repas, c’est moi qui les paye !").

Et j’ai découvert avec plaisir qu’il existe depuis très peu une association espagnole du nom de No gracias,eu. On peut signer son manifeste en cliquant sur le lien en bas de cette page.

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