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30.12.2008

Les psychiatres qui préparent le DSM V seront tenus par une clause de confidentialité. Un boulevard pour les conflits d’intérêts

Pharmacritique a rendu compte dans cette note des conflits d’intérêts de l’équipe de psychiatres chargés par l’American Psychiatric DSM Bonkers Institute.gifAssociation (APA) d’entreprendre la cinquième révision de leur bible, à savoir le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). De plus, nous avons épinglé à plusieurs reprises la psychiatrie – surtout américaine – parce qu’elle se révèle être la discipline médicale la plus corrompue (voir la catégorie "Conflits d’intérêts en psychiatrie ; DSM").

 

L’APA avait lancé une campagne de communication encensant les changements dans le sens de la transparence et de l’ouverture qui devaient guider le travail des experts… Quelques mois plus tard, il n’en reste rien.

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09.10.2008

Crise de crédibilité de la pédopsychiatrie, due à la corruption par les firmes pharmaceutiques et à ses faibles bases scientifiques

Dans les notes des catégories Conflits d’intérêts en psychiatrie et Maladies inventées / disease mongering, nous avons montré que la Cerveau Süddeutsche.jpgpsychiatrie est la spécialité médicale la plus corrompue par l’industrie pharmaceutique, pour le compte de laquelle elle façonne des maladies et les « légitime » dans le DSM. Appliqué aux enfants, cet affairisme donne une augmentation exponentielle des diagnostics d’hyperactivité et de trouble bipolaire, en premier lieu, et une mise sous camisole chimique dès la moindre « déviation » par rapport à une « normalité » dont la seule chose qu’on puisse affirmer avec certitude, c’est qu’elle n’existe pas… (Mais ce n’est pas ce détail qui va arrêter le dévoiement de la médecine dans son ensemble en un outil de normalisation). La légitimité scientifique de la première prescription chez l’enfant est trop souvent douteuse. Qu’importe ! Un deuxième médicament est prescrit pour soi-disant atténuer les effets secondaires et compléter les effets du premier, puis un troisième…

Le peu de science et d’éthique qui fonde cette façon de faire (du commerce pour Big Pharma) est dénoncé par des cercles médicaux que personne ne peut soupçonner d’être antipsychiatrie ou antimédecine… L’éditorial du mois de septembre de la revue Nature Neuroscience (Nat Neurosci. 2008, Sep;11(9):983) s’intitule « Credibility crisis in pediatric psychiatry » (Crise de crédibilité de la psychiatrie pédiatrique). En voici une traduction rapide :

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18.05.2008

Frères siamois : la psychiatrie et les firmes pharmaceutiques, cimentés par le DSM et l'argent

Cette caricature de Mike Adams illustre parfaitement les liens (financiers et autres) inextricables qui existent entre psychiatrie et industrie pharmaceutique. Et ce dédoublement (pathologique selon le DSM, donc à traiter…) n’est pas franchement dans l’intérêt de la santé du patient… Par contre, les deux frères se nourrissent du même argent, grandissent et fleurissent ensemble. La psychiatrie a perdu son âme depuis qu'elle est rentrée dans la peau de l'industrie.

Dans la caricature, le médecin dit sur un ton dubitatif : « Nous pourrions tenter une séparation chirurgicale, mais il est peu probable que l’un de vous puisse survivre sans l’autre ». 

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17.05.2008

Critiques du DSM. Des textes pour la réflexion, à la suite des notes sur les conflits d'intérêts et sur le standard de « normalité » d'une psychiatrie aux ordres de l’industrie

1939368365.pngLe livre de Stuart Kirk et Herb Kutchins, « Aimez-vous le DSM ? Le Triomphe de la psychiatrie américaine » (Les Empêcheurs de penser en rond, 1998), est l’un des ouvrages de référence s’agissant d’analyser comment cette véritable bible a réussi à globaliser la psychiatrie, en instaurant une hégémonie mondiale de l’approche théorique américaine et de son pendant pratique : la vente globalisée des mêmes psychotropes. Sous cette lumière crue, aucun fard n’arrive plus à maquiller les tares du DSM, et notamment son caractère d’outil politique et marchand. Le titre original mérite d’être évoqué : « Making Us Crazy. DSM: The Psychiatric Bible and the Creation of Mental Disorders » (Comment on nous rend fous. DSM : la bible psychiatrique et la création de troubles mentaux)…

Suivent trois sources intéressantes, à commencer par une compilation très édifiante de critiques émises par des psychiatres, psychologues, etc. sur divers aspects du DSM : les conflits d’intérêts qui le sous-tendent, les dangers que pose l’approche statistique et descriptive de type liste de symptômes, les conséquences du « façonnage de maladies » (disease mongering) en fonction des nouveaux psychotropes qu’il faut vendre ou dont il faut élargir le marché, etc. Des experts dénoncent le DSM

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13.05.2008

Les leçons du cas Carlat: psychiatre VRP des firmes récemment sorti de l'hypnose industrielle

Un exemple de conflits d’intérêts dont les effets 1578371214.jpgont été longtemps ignorés par l’intéressé est le psychiatre américain Daniel Carlat, professeur à la réputée Tufts School of Medicine de Boston.

Il a longtemps servi la firme pharmaceutique Wyeth qui l’a payé pour diverses activités promotionnelles déguisées visant à convaincre ses collègues de prescrire l’Effexor plutôt qu’un autre antidépresseur. Carlat a lui aussi été épinglé par la blogosphère et rattrapé par l’éthique et la mauvaise conscience… au point de se repentir et de passer dans le camp des anti-corruption et dénonciateurs des combines par lesquelles les firmes influencent les médecins et en font des pantins du marketing.

Il a raconté son parcours vers le repentir dans un long article paru le 25 novembre dans le New York Times sous le titre Dr Drug Rep (Le Dr VRP des firmes). L’article Psychiatre ou représentant de commerce ? sur le site « Œdipe » en rend compte en français.

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Le DSM V en préparation regorge de conflits d'intérêts des experts psychiatres. Et l'APA fait de la com' pour noyer le poisson

Qu’on veuille ou non le reconnaître, l’APA (Association Américaine de Psychiatrie) tient les rênes de la psychiatrie mondiale parce que c’est elle qui a le pouvoir de définir les termes, de poser « les principes de vision et de division » (Bourdieu) en fonction desquels se fait la distinction / division entre le normal et le pathologique en termes de santé mentale. C’est un immense pouvoir que de définir la "normalité" et de décider de ce qui est ou non un trouble psychique qui entrera dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), édité et révisé par l’APA. Pouvoir d'abord idéologique. Et puisque nous vivons dans une idéologie néolibérale triomphante selon laquelle rien ne doit s'opposer à la maximisation des profits, force est de constater que ce pouvoir est entre les mains des marchands des diverses multinationales. 

Nous parlions dans cette note du fait que les psychiatres sont les médecins les plus financés par l’industrie pharmaceutique. Les conflits d’intérêts n’ont pas contourné le DSM, loin de là, ce qui a valu beaucoup de critiques à l’APA. La vague de protestations recommence, puisqu’un communiqué de presse de l’organisation a rendu publics début mai les noms des 28 psychiatres superviseurs et des 120 membres des groupes de travail chargés de préparer la 5ème édition du DSM, à paraître en 2012. Comme avant, 16 des 28 superviseurs ont de très forts liens financiers avec l’industrie pharmaceutique pour diverses activités promotionnelles.

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12.05.2008

Conflits d’intérêts en psychiatrie, discipline la plus payée par l’industrie, selon les Etats américains qui appliquent les lois de transparence

Voici un nouveau site qui deviendra très vite une référence : PsychConflits. Il est consacré aux conflits d’intérêts en psychiatrie, c’est-à-dire à 1800579362.jpgtout l’argent que reçoivent les psychiatres pour faire augmenter les ventes de médicaments antipsychotiques, neuroleptiques, antidépresseurs, tranquillisants/anxiolytiques, somnifères, énergisants, anti-démence, etc.

Le site est inauguré par une vidéo centrée sur les liens financiers entre la toute-puissante APA (Association Américaine de Psychiatrie) et l’industrie pharmaceutique, liens qui se concrétisent dans le contenu de la bible des psychiatres : le DSM IV. Il s’agit de la quatrième version révisée du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux : près de 900 pages et une influence énorme, puisque c’est lui qui dit ce qui est ou n’est pas une maladie psychiatrique, classifie les troubles en fonction de critères sujets à controverse, mais qui seront considérés partout dans le monde comme les outils diagnostiques par excellence. Ces critères et cette liste de maladies déterminent ce qui doit être traité, d’où la responsabilité des experts ayant conçu le DSM IV dans l’énorme augmentation des prescriptions des médicaments psychotropes et dans l'inflation des... maladies ou syndromes psychiatriques. De 112 « troubles » en 1952, nous en sommes arrivés à 374 aujourd’hui, souligne le commentaire de la vidéo. Le monde sombre dans la folie, apparemment... Et si la folie la plus préoccupante n'était pas celle dont traite le DSM IV? Il fut un temps où une psychanalyse engagée considérait un symptôme comme le signe d'une répression psycho-sociale et le prenait comme une porte ouverte à une possible libération... Aujourd'hui, on ne cherche plus à savoir, à faire oeuvre d'autonomie, mais on abrase chimiquement la perception, la pensée, ce qui étouffe d'emblée tout pas vers la (prise de) conscience.

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