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24/06/2012

Actes du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements". Atelier N° 2: Causes et sources de surmédicalisation

La publication des actes du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics et surtraitementses" (27 et surmédicalisation,actes colloque surmédicalisation surdiagnostics surtraitements,surdiagnostics,surtraitement,médicalisation critique,disease mongering,femmes médicalisation psychiatrie,elena pasca,surmédicalisation causes,néolibéralisme médecine,médecine contrôle social,médecine normalité,biodiversité psychodiversité,différence uniformité,médecine fonction sociale,théorie critique médicalisation28 avril à la Faculté de médecine de Bobigny) a commencé par les comptes-rendus des six ateliers du colloque, faits par leurs modérateurs respectifs. Ont suivi les contributions (textes et fichiers powerpoint tels qu’envoyés par les contributeurs) à l’Atelier N° 1 ("Surmédicalisation, mythe ou réalité"). Je rappelle que le programme complet du colloque est sur cette page ; celle-ci contient une introduction générale, qui tente de placer la surmédicalisation dans un contexte plus global et d'en rappeler quelques enjeux pour l'ensemble des citoyens. Enfin, le communiqué de presse est sur cette page. (L'image accompagne un éditorial du British Medical Journal du 28.08.2008 sur la formation médicale continue financée par les laboratoires pharmaceutiques). 

Outre les contributions à l’atelier N° 2, ce texte contient aussi deux documents fort bien faits et édifiants, réalisés par le Dr Monique Debauche, psychiatre à la Free Clinic de Bruxelles, membre du GRAS (Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé). Il s’agit d’une suite de publicités et autres images qui illustrent l’évolution de la médicalisation et surmédicalisation des femmes, en particulier sous l’angle psychologique et psychiatrique. Le document se regarde pratiquement comme un film, car les images parlent d’elles-mêmes ; les quelques annotations en marge donnent des éléments supplémentaires facilitant la compréhension. Ce document a été présenté par Monique Debauche lors de la 12ème Rencontre Internationale Femmes et Santé (RIFS). Il a été projeté en boucle le matin du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements".

Le deuxième document reçu du Dr Monique Debauche, que je remercie, est lui aussi construit de la même façon : "Médicaments psychiatriques : modes et tendances". Dans le programme initial du colloque, c’est ce qui figure comme titre de la contribution, mais elle aurait été trop longue, donc le Dr Debauche est intervenue sur ce modèle de signalement collaboratif et efficace des effets indésirables qu’est le site Riskx.org, mis en place par David Healy.

Mon introduction et ma contribution sont à la fin du texte, avant le compte-rendu ; il s'agit du powerpoint complet (au colloque, je n'avais retrouvé que celui introductif et ai improvisé en fonction de mes notes, pour aborder les aspects évoqués plus bas).

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30/01/2012

Antidépresseurs : nombreux risques pour une efficacité controversée dans une dépression marchandisée

Ceci est le texte intégral de mon article paru dans le numéro de mai 2011 de la antidépresseurs effets indésirables,antidépresseurs suicide,antidépresseurs bénéficesrisques efficacité,dépression traitement médicamenteux,biais de publication médecine,disease mongering troubles mentaux,dépression marketing marchandisation,dsm disease mongering psychiatrie,antidépresseurs dépendance sevrage,antidépresseurs inhibiteurs sélectifs recapture sérotonine,surmédicalisation surconsommation psychotropesrevue Alternative Santé (pp. 18-21), sous le titre (donné par la rédaction) « Antidépresseurs : l’overdose ». Je l’ai introduit et commenté dans ce billet. Le nombre de signes était limité (dans la revue); c'est pour cela que le texte est très comprimé, sans transitions, ni figures de style, sans aucun mot qui ne semblait pas indispensable à la compréhension.

Antidépresseurs : l’overdose

Aldous Huxley imaginait dès les années 30 le médicament parfait, appelé Soma, qui crée un bonheur artificiel, émousse les émotions et pensées inadaptées par rapport aux normes sociales et devient ainsi un outil efficace de contrôle social. C’est le moyen idéal pour les tenants de la biocratie, l’une des formes de biopolitique (Michel Foucault) qui implique la médicalisation de l’existence, pour discipliner corps et esprits, normaliser les individus « déviants » à coups de camisoles chimiques et de bonheur standardisé. La psychiatrie ainsi dévoyée devient une gardienne de l’ordre socio-économique [1].

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05/05/2011

"Antidépresseurs: l’overdose" (marchandisation de la dépression ; effets secondaires des antidépresseurs)

J’ai répondu avec plaisir à l'invitation de la revue Alternative Santé d’écrire sur les antidépresseurs. Après un article paru dans le numéro de mars 2011 sous le titre "Violence sur autrui : 31 médicaments en cause" (p. 17), qui reprend quelques informations données dans cette note, j’en ai fait un plus détaillé et plus spécifique, paru dans le numéro de mai sous le titre (donné par la rédaction) "Antidépresseurs : l’overdose" (pp. 18-21).

Il est toujours délicat d’aborder toute une classe de médicaments dans un seul article, même long, parce qu’il y a beaucoup de différences entre les divers types d’antidépresseurs (tricycliques, ISRS, ISRSN...) et donc entre leurs effets secondaires : différence de nature, de gravité, de fréquence… Cela reste un article de vulgarisation, car je ne suis pas une professionnelle de santé et n’ai aucune prétention de production d’information médicale. J’essaie d’être un passeur d’informations, tout en donnant beaucoup de références de livres et d’articles indispensables, pour que les lecteurs qui le souhaitent puissent approfondir le sujet.

J’aborde en une première partie la marchandisation de la dépression, rappelant quelques-unes des étapes du processus de "production historique" (Monique Debauche, Janet Currie) de cette "épidémie", mentionnant le disease mongering, quelques méthodes de marketing et de désinformation et quelques biais qui rendent celle-ci possible. Dans la deuxième partie, il est question d’abord de la faiblesse scientifique de l’argumentation de l’industrie pharmaceutique : l’absence de preuves fiables quant à l’utilité, à l’efficacité et au bénéfice clinique des antidépresseurs (sauf dans Whitaker 2 clair.pngles dépressions "graves") ; l’absence de preuves scientifiques fiables pour démontrer l’hypothèse théorique d’une dépression qui aurait une cause biologique (déséquilibre des neurotransmetteurs, en particulier de la sérotonine). Puis j’essaie d’évoquer les effets secondaires les plus graves (d’autres étant détaillés dans un encadré), avec les précautions de rigueur.

Il ne s’agit pas de diaboliser ces médicaments, ni de les rejeter en bloc ou de proposer autre chose à la place. Il s’agit simplement de rappeler certaines failles dans la genèse des informations actuelles et le rôle du marketing et des conflits d’intérêts dans ce qui nous est présenté comme de la science, et ce afin d’exiger un usage rationnel de ces médicaments. Car au vu de tous les facteurs fort empiriques qui concourent à l’avènement de cette "épidémie artificielle" de dépression, parfaitement décrite par Robert Whitaker dans un livre choc, au vu de l’efficacité limitée aux dépressions graves, au vu d’effets indésirables bien documentés, eux, on peut se demander pourquoi les médecins nous font courir autant de risques. Je parle de la prescription massive d'antidépresseurs chez des personnes présentant de vagues "troubles" - dont la liste s'allonge  d’année en année avec le concours du DSM -, de même que chez des personnes ayant des vagues à l’âme ou une souffrance psychique d’origine diverse. Une médicalisation à outrance de tous les aspects de la vie, la psychologisation qui de pair avec l'individualisme, un standard de "normalité" artificielle et la redéfinition de la "santé" (qui englobe désormais un vague "bien-être complet" des individus) entretiennent le "mythe de la cure chimique" (Joanna Moncrieff) censée gommer les aspérités de la subjectivité et les souffrances d'individus aux prises avec des phénomènes socio-économiques systémiques sur lesquels ils n'ont aucune prise.

La question qui s’impose : "A quand un usage rationnel des antidépresseurs et une évaluation méthodologiquement fiable et dénuée de biais et de conflits d’intérêts ?"

Le livre de Robert Whitaker s’intitule Anatomy of an Epidemic. Magic Bullets, Psychiatric Drugs and the Astonishing Rise of Mental Illness, Random House 2009.

Pour un complément de lecture sur Pharmacritique, je renvoie aux articles réunis sous les multiples catégories ayant trait à la psychiatrie, à la dépression et aux effets secondaires de certains médicaments, aux méthodes marketing… et en particulier aux articles accessibles à partir de ces pages : « Dépression, antidépresseurs », « Conflits d’intérêts en psychiatrie ; DSM », "Disease mongering, façonnage de maladies », « Normalité, contrôle social, culture psy », « Médicalisation de la vie, surmédicamentation ».

A propos d’Alternative Santé, je voudrais signaler un très bon article de Michel de Lorgéril, paru dans le numéro de mars sous le titre « Cholestérol, statines et cerveau ».

Elena Pasca

05/04/2011

Effets secondaires et efficacité des psychotropes: suicides en Suède liés aux antidépresseurs, antipsychotiques, tranquillisants et hypnotiques

Les études sur les effets indésirables et l’absence d’efficacité des antidépresseurs (voir plus bas) se succèdent et se ressemblent. L’un des suicide psychotropes Larsson.jpgrisques majeurs mis en évidence, désormais reconnu et souligné en particulier par la pharmacovigilance anglo-saxonne, est le suicide.

Une enquête indépendante faite par Janne Larsson et publiée en octobre 2009 a analysé les suicides enregistrés en 2007 en Suède, selon les données du Socialstyrelsen (NBWH : National Board of Health and Welfare) et des six filiales régionales du Collège national de médecine légale. Ces données n’étant pas publiques, elles ont été obtenues sur demande, en vertu de la législation sur la liberté d’information. Elles sont détaillées, parce que la loi suédoise oblige les centres régionaux de santé à faire un rapport au NBHW dans chaque cas de suicide et de joindre le dossier médical. L’investigateur les a croisées avec les données obtenues par les autopsies.

En 2007, 1.126 suicides (sans compter les tentatives) ont été commis en Suède (325 femmes et 801 hommes). 1.109 (soit 98%) de ces cas ont fait l’objet d’une autopsie. 724 (soit 64%) des personnes décédées par suicide en 2007 avaient eu des traitements psychopharmacologiques dans l’année précédant leur acte (250 femmes (soit 77%) et 306 hommes (59%)).

Ci-après, le détail des résultats, quelques références et commentaires et le rappel des conclusions de mieux en mieux documentées sur l'efficacité très faible des antidépresseurs, si tant est qu'elle existe...

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30/03/2011

Antidépresseurs et glaucome aigu à angle fermé : nouvelles données. Retour sur les médicaments ayant cet effet secondaire

Une étude présentée le 19 mars au congrès annuel 2011 de l’Association américaine de psychiatrie gériatrique (AAGP : American Association glaucome.jpgfor Geriatric Psychiatry) apporte une confirmation partielle de ce lien de causalité connu depuis une dizaine d’années. Les femmes âgées de plus de 66 ans ayant pris des antidépresseurs inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (ISRSN tels que Effexor° de Wyeth / Pfizer et Cymbalta° d’Eli Lilly) ont un risque plus élevé de faire un glaucome aigu à angle fermé (ou par fermeture de l'angle). Et ce surtout dans les premières semaines de prise de ces médicaments.

Cela dit, la puissance statistique est faible, et il ne s’agit pas d’une étude randomisée contrôlée selon les standards de l’EBM (evidence-based medicine : médecine fondée sur le niveau de preuve), mais d’une analyse des données administratives de l’Ontario, portant quand même sur 5.642 personnes (66,3 % de femmes ; âge moyen 77 ans).

Après les détails, vous trouverez un rappel de la position d’Arznei-Telegramm et un fragment d’un bulletin de pharmacovigilance niçois de 2003, qui présente de façon synthétique les classes de médicaments liés à des glaucomes iatrogènes et tente d’en comprendre les mécanismes. (C’est une adaptation française d’un article paru dans la revue Drug Safety).

Un tel glaucome semble être une affection rare, mais il vaut mieux que nous, usagers, connaissions ce risque, parce qu’il s’agit d’une urgence ophtalmologique : en l’absence de traitement rapide, la baisse de la vision peut être rapide et entraîner une cécité. (L'image est tirée de ce site, où elle illustre un article décrivant le glaucome par fermeture de l'angle).

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17/03/2011

Les antidépresseurs augmentent le risque d’accident vasculaire cérébral. Effets secondaires confirmés par des études

La littérature médicale sur les effets indésirables des antidépresseurs est déjà bien fournie. Ici, je souhaite simplement signaler la parution Prozac.jpgd’une nouvelle étude dont les résultats comprennent certes quelques paradoxes, mais ne sont pas dénués d’intérêt.

Il y a eu l’étude de décembre 2009 de Smoller et al parlant du risque plus élevé de décès (toute cause confondue) et d’accident vasculaire cérébral (AVC) chez les femmes ménopausées sous traitement. Ces résultats semblent pouvoir être extrapolés aussi aux hommes, même si les données générales sont parfois contradictoires et que les mécanismes ne sont pas bien compris. Et pourtant, les auteurs de cette nouvelle étude, Chi-Shin Wu et al, parue le 15 mars et montrant un lien entre les AVC et la prise d’antidépresseur peu de temps avant, affirment que leurs résultats doivent être pris en compte dans l’élaboration des recommandations de bonne pratique et dans les décisions de santé publique.

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29/11/2008

Efficacité douteuse des antidépresseurs, à part dans les cas les plus sévères et l’échec des traitements alternatifs (PLoS)

Un article publié dans la revue médicale en libre accès PLoS (Public Library of Science) nous informe que les méta-analyses des divers Placebo.jpgétudes sur les antidépresseurs n’ont montré qu’une supériorité faible par rapport au placebo. Les auteurs précisent même que lorsque les résultats des essais non publiées sont inclus dans l’analyse, les bénéfices cliniques des antidépresseurs n’atteignent même plus le seuil d’une efficacité statistiquement significative.

Inutile de dire à quel point cette analyse diffère du marketing des laboratoires... Mais on sait bien que les essais cliniques des antidépresseurs sont parmi les plus réécrits par des agences de communication qui présentent les résultats sous une lumière favorable et occultent les données "gênantes", telles l'augmentation du risque suicidaire surtout chez les moins de 25 ans, les risques de dépendance et de syndromes de sevrage, etc. La manipulation des données liées au Deroxat/ Seroxat/ Paxil par GSK est représentative de ces méthodes des firmes dénoncées par Marcia Angell dans l'excellent texte que nous avons traduit dans cette note.

 

Cela dit, l’étude de PLoS montre ce que d’autres auteurs ont constaté, à savoir que l’efficacité semble dépendre de la sévérité de la dépression : plus une dépression est grave, plus les antidépresseurs ont des chances d’avoir un effet. MaisCet effet "semble dû à une réponse au placebo plus faible chez des patients souffrant de dépressions graves, plutôt qu’à un impact plus fort des médicaments administrés". Au vu de ces résultats, les chercheurs concluent que la prescription d’antidépresseurs de la nouvelle génération [ISRS : inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, pour la plupart] ne se justifie que chez les patients souffrant des dépressions les plus graves, sauf si les traitements alternatifs ont été inefficaces.

Je vous laisse découvrir les détails de la méta-analyse de Kirsch et al : "Initial Severity and Antidepressant Benefits: A Meta-Analysis of Data Submitted to the Food and Drug Administration" (Sévérité initiale de la dépression et efficacité des antidépresseurs : une méta-analyse des données soumises à la Food and Drug Administration [FDA : agence américaine du médicament]).

Illustration: L'effet placebo

 

Elena Pasca

Les antidépresseurs de seconde génération (Déroxat, Effexor, Seropram, Zoloft, Prozac…) ne diffèrent que par le coût et les effets secondaires (directives USA)

Les nouvelles directives pour la pratique clinique élaborées par le American College of Physicians et publiées le 18 novembre dans les antidepresseur Le Matin.jpgAnnals of Internal Medicine ne trouvent aucune différence significative entre les divers antidépresseurs de deuxième génération.

Leur efficacité [relative, car démontrée uniquement dans les dépressions sévères] est égale ; seuls les effets secondaires diffèrent, disent les auteurs après avoir analysé plus de 200 études publiées sur les bénéfices et les effets indésirables de ces médicaments : Zyban (bupropion), Seropram (citalopram), Cymbalta (duloxetine), Seroplex (escitalopram), Prozac (fluoxétine), Floxyfral (fluvoxamine), Norset (mirtazapine), (Serzone) nefazodone, Deroxat/Seroxat/Paxil (paroxetine), Zoloft (sertraline), Desyrel (trazadone) et Effexor (venlafaxine).

Le choix doit donc être fait en fonction de effets secondaires, du coût et des préférences des patients. Les directives attirent l’attention sur le devoir des médecins d’informer et de surveiller les patients pendant le premier, voire les deux premiers mois de traitement, à cause du risque suicidaire.

 

Ces constats ne sont pas nouveaux, puisqu’une équipe de l’université de Caroline du Nord était arrivée aux mêmes conclusions en septembre 2005 et les avait publiées dans le même journal. Richard A. Hansen et al avaient aussi souligné que ces antidépresseurs de seconde génération n’avaient pas d’effet sur à peu près 40% des patients. Ces chiffres ont été contestés à l’époque, mais d’autres études sont venues les étayer entre-temps.

Richard A. Hansen, Efficacy and Safety of Second Generation Antidepressants in the Treatment of Major Depressive Disorder. Ann Int Med, September 20, 2005 vol. 143 no. 6 415-426.

Pour d'autres informations sur les antidépresseurs, leur efficacité, leurs rapport bénéfices - risques, leurs effets secondaires tels que accident vasculaire cérébral, glaucome, comportements violents, risques de mortalité, voir les articles de la catégorie "Dépression, antidépresseurs"; de la catégorie "Effets secondaires, iatrogénie", enfin de celles consacrées à la psychiatrie (voir liste alphabétique à gauche de la page), au DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et aux conflits d'intérêts de la psychiatrie

 

Photo: Le Matin


Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

11/11/2008

Antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères... L'abrasement chimique d'un mal-être social (article du Monde)

Un article de Sandrine Blanchard en date du 8 novembre intitulé "Les Français sous psychotropes" reprend quelques grandes lignes des surméd St BMJ.gifanalyses désormais consensuelles en sciences humaines et que nous avons évoquées de façon assez détaillée dans la note "En finir avec l’abus de psychotropes" : appel à un usage raisonnable et à la limitation de l’emprise pharmaceutique".

Un extrait: "Les psychotropes ont été détournés de leur usage premier (l'épisode dépressif majeur) pour soigner le mal-être, "l'anxiété sociale" et en devenir l'unique réponse. Résultat : des personnes véritablement déprimées sont sous-diagnostiquées, et de nombreux malades imaginaires, surmenés, fatigués, consultent en mettant sur le compte de la dépression les difficultés du quotidien. Les psychotropes coûtent une fortune à la Sécurité sociale. Or une analyse publiée en début d'année conclut que, en dehors des dépressions sévères, les antidépresseurs les plus prescrits ne sont pas plus efficaces qu'un placebo..."

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30/10/2008

Antidépresseurs: Effexor lié à un taux plus élevé de décès en cas de surdosage. Alerte canadienne

La Direction générale des produits de santé et des aliments (DGPSA) du Canada, homologue de notre AFSSAPS, a publié le 23 octobre une mise en garde des laboratoires qui commercialisent l’antidépresseur EFFEXOR (venlafaxine). En France, il s’agit de la firme Wyeth. En somme, un surdosage même faible (1 gramme) par l’Effexor, qui est un ISRSN (inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline) induit plus de risque de décès pour le patient en question qu’un surdosage avec les antidépresseurs ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine). Ces derniers sont les plus couramment prescrits, sous des noms tels Seropram (citalopram), Prozac (fluoxétine) ou Deroxat paroxétine). Mais les ISRSN se multiplient en France aussi, avec l’apparition d’Ixel (milnacipran) et du Cymbalta (duloxétine).

 

 

Voici l’alerte destinée aux professionnels de santé : « Renseignements en matière d'innocuité sur le surdosage par le chlorhydrate de venlafaxine [Effexor] en capsules à libération prolongée »

 

[NdlR : Les antidépresseurs tricycliques et imipraminiques mentionnés dans le texte sont l’une des classes plus anciennes d’antidépresseurs, prescrits bien plus rarement, à l’exception notable du Laroxyl (amitriptyline) et de deux médicaments apparentés à cette classe : l’Athymil (miansérine) et Stablon (tianeptine)].

 

« Avis aux professionnels de la santé:

 

Les fabricants de chlorhydrate de venlafaxine en capsules à libération prolongée désirent vous communiquer des renseignements importants sur son innocuité. D'après des études rétrospectives publiées 1,2,3,4, le surdosage de la venlafaxine pourrait être associé à un risque accru de mortalité comparativement aux antidépresseurs de type inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS), mais à un risque moindre par rapport aux antidépresseurs tricycliques. Bien que l'on ignore dans quelle mesure le risque accru de mortalité qui a été observé soit attribuable à la toxicité de la venlafaxine en surdosage plutôt qu'à certaines caractéristiques des patients,5 des rapports de pharmacovigilance font état de cas de surdosage aigu mortel par la venlafaxine seule à des doses aussi faibles qu'environ 1 gramme.

  • Pour diminuer les risques de surdosage par la venlafaxine à libération prolongée, en particulier chez les patients plus gravement atteints ou présentant des facteurs de risque de comportement suicidaire, il est recommandé de prescrire la plus petite quantité de médicament compatible avec une prise en charge adéquate.
  • Le risque de tentative de suicide chez les patients gravement déprimés est lié à leur maladie et peut persister jusqu'à ce qu'une rémission symptomatique importante survienne. Pour tous les patients déprimés, un suivi clinique des idées suicidaires et des autres indices de comportements suicidaires est recommandé.
  • Comme pour d'autres antidépresseurs, on a noté un risque accru de changements comportementaux et émotionnels, y compris de l'automutilation, chez les patients traités par la venlafaxine. Les professionnels de la santé, les patients, les membres de la famille ou les aidants devraient donc faire preuve de vigilance face à ces changements.
  • Tous les antidépresseurs ont le potentiel de causer une surdose fatale.

Les fabricants de venlafaxine à libération prolongée travaillent en collaboration avec Santé Canada afin d'inclure les nouveaux renseignements en matière d'innocuité dans la section traitant de surdosage dans les monographies canadiennes de venlafaxine en capsules à libération prolongée.

 

La gestion des effets indésirables liés à un produit de santé commercialisé dépend de leur déclaration par les professionnels de la santé et les consommateurs. Les taux de déclaration calculés à partir des effets indésirables signalés de façon spontanée après commercialisation des produits de santé sous-estiment généralement les risques associés aux traitements avec ces produits de santé. Tout cas de surdosage ou tout autre effet indésirable grave ou imprévu chez les patients recevant venlafaxine à libération prolongée doit être signalé au fabricant ou à Santé Canada, aux adresses suivantes (…) ».

 

Le reste du texte et les références se trouvent sur cette page. Quant à la mise en garde destinée aux patients, elle peut être lue ici.

 

Autres sources, qui montrent d’ailleurs que le problème avait été reconnu dès 2006 aux Etats-Unis et mentionné plus tard dans le RCP (résumé des caractéristiques du produit) :

03/10/2008

Marketing illégal du Deroxat / Seroxat par GSK et occultation du risque suicidaire: 40 millions de dollars d'amende

Nous parlions dans la note précédente du suicide comme effet secondaire de plusieurs antidépresseurs et autres Deroxat suicide final.jpgmédicaments. Cela colle parfaitement avec l’actualité…

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29/07/2008

Surconsommation de psychotropes en France : leçons à tirer sur la société, le modèle néolibéral et le dévoiement de la médecine

Y aurait-il une "épidémie de dépression" en France?

C'est discutable, puisque "La prévalence du taux de dépression en France dans la population générale varie de 5,8 à 11,9 %." La France n'en détient pas moins le record 1687878507.jpgmondial de la consommation de médicaments psychotropes (antidépresseurs, hypnotiques, anxio-lytiques). Le chiffre d'affaires des antidépresseurs a été multiplié par 6,7 entre 1980 et 2001. Cette tendance serait à la hausse, en dépit de contestations fréquentes sur l'efficacité et l'innocuité. Ainsi, par exemple, du risque de suicide associé aux antidépresseurs chez les enfants, rendu public ces derniers mois. Les pouvoirs publics s'inquiètent plus généralement de la multiplication des prescriptions non justifiées sur le plan médical et de la chronicisation des traitements."

Même si elle contribue fortement par ses stratégies marketing, et notamment le disease mongering, l'influence sur l'information médicale et du grand public, l'influence sur la formation médicale continue, etc., l’industrie pharmaceutique n’est pas la seule responsable, comme le dit le succinct article Antidépresseurs : un choix collectif ?publié par Hélène Vaillé dans la revue Sciences Humaines et dont sont extraits ces quelques fragments.

Malaise social, fragilité des jeunes, remplacement de l'alcool par les antidépresseurs, mauvaises habitudes ou encore "des éléments culturels comme la pauvreté des régulations collectives, le faible support du groupe, les insuffisances de la médiation sociale" font partie des explications avancées. Cela dit, "la plupart des spécialistes admettent l'action conjointe de l'ensemble de ces facteurs".

A noter que les surprescriptions et la surconsommation se font sans fondement scientifique: "Le besoin de soins pour ce trouble reste mal évalué. La fixation du seuil de pathologie a ici, en effet, quelque chose d'arbitraire, tant il est difficile de distinguer les réactions homéostatiques normales de tristesse des états dépressifs proprement dits. Les études épidémiologiques pour cette pathologie sont par conséquent peu nombreuses, difficiles à mettre en œuvre et souvent discutées. Leurs résultats varient beaucoup d'un pays à l'autre, voire d'une région à l'autre".

J'ai parlé dans plusieurs notes de la "marchandisation de la dépression" et des psychotropes en tant que moyens de régulation non de l’humeur, mais de la société… Régulation faite par une médecine qui remplit un rôle de normalisation, d’uniformisation et de contrôle social, en fonction de la logique sociétale-économique dominante. Le dévoiement de la psychiatrie, illustré surtout par ce roman qu'est le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) a ouvert la porte aux dérives, sans parler de ses conflits d'intérêts.

Et Vaillé de se demander avec Claude le Pen si médecins et médicaments ne sont pas en train de devenir des régulateurs sociaux, des "tuteurs qui lissent entièrement notre vie", médicalisent à l'infini (Michel Foucault), nous rendent adaptables à souhait et nous "débarrassent" des dilemmes constitutifs de notre psychisme et de la socialité.

Elena Pasca

16/07/2008

Cadeaux de l'industrie pharmaceutique aux médecins pour influencer les prescriptions

Voici un reportage de la chaîne de télévision américaine CBS, qui cite un rapport parlant de 57 milliards de dollars payés chaque année par 2012193806.jpgles firmes pharmaceutiques aux médecins pour influencer leurs prescriptions. Ce qui induit des conflits d'intérêts, voire de la corruption, et des biais à tous les niveaux de la chaîne du médicament.

Le reportage peut être visionné sur cette page, qui contient aussi une transcription intitulée "Are Perks Compromising MD Ethics ?" ("Les cadeaux compromettent-ils l’éthique médicale ?").

Le point de départ est le suicide d’une jeune fille de 12 ans alors qu’elle était traitée par l’antidépresseur Zoloft° (sertraline). Mais il y est question aussi des enquêtes du justicier Charles Grassley, auquel Pharmacritique devrait proposer d'être membre d'honneur...

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24/05/2008

"Selling Sickness", documentaire sur le disease mongering ou façonnage de maladies. Médicaliser les bien-portants pour vendre plus de médicaments

Titre complet : “Selling Sickness. An Ill for Every Pill” (Vendre des maladies. Une maladie pour chaque médicament), 2005. Co-écrit par Ray Moynihan et inspiré du livre de Moynihan et Alan Cassels évoqué dans cette note.

Le documentaire peut être visionné sur cette page. A noter qu'une conférence internationale a eu lieu, sous le même titre (Selling Sickness), en avril 2006 à Newcastle (Australie). Les thèmes habituellement évoqués y ont été traités, c'est-à-dire des symptômes ou gênes divers vaguement définis comme des maladies ou des syndromes afin de vendre ou de recycler des médicaments ou des me-too - ou encore afin d'élargir la part de marché de telle classe de médicaments; il s'agit la plupart u temps d'antidépresseurs ou autres psychotropes.

Les maladies inventées en question sont telles que: dysfonction sexuelle féminine, trouble bipolaire (redéfinition d'une psychose maniaco-dépressive dont la vieille description ne faisait pas vendre et ne donnait pas envie de s'identifier aux symptômes...), mais aussi des entités controversées dont il n'est pas sûr qu'il s'agisse de maladies inventées: et je pense notamment au syndrome des jambes sans repos.

Les limites du concept sont visibles ici aussi, car si l'apport de cette critique de la médicalisation (surmédicalisation, surmédicamentation - surconsommation et consumérisme - marketing et conséquences de la recherche du profit à tout prix) est indéniable, il ne faudrait pas que le disease mongering / condition branding serve de prétexte pour ignorer ou rejeter des syndrômes ou des maladies que la médecine ne connaît pas bien ou ne peut pas suffisamment bien définir ni objectiver par l'imagerie ou la biologie médicale. 

A noter que la revue PLoS Medicine a publié les écrits de la conférence de 2006 à Newcastle, qui sont accessibles sur cette page.

*

Dans le documentaire, il est question - à partir de la critique du « disease mongering » ou « condition branding » (« branding diseases »: inventer / fabriquer des maladies ou élargir la définition de celles existantes) - des méthodes sans scrupules de l’industrie pharmaceutique pour augmenter ses profits et de leurs conséquences. Les psychotropes, et surtout les antidépresseurs tels le Deroxat/ Seroxat/ Paxil de la firme GSK, sont les exemples les plus significatifs. La médicalisation de l’enfance aussi, quand on diagnostique des troubles de comportement partout…

Et comme le dit le psychiatre David Healy, tant que les données brutes - et non édulcorées - des essais cliniques ne seront pas accessibles, le marketing continuera son travail d’érosion de la science médicale. Parce que, contrairement à ce que pense le grand public, on ne peut pas séparer la publicité, qui serait du marketing pur, des essais cliniques qui, eux, seraient de la science pure. Non, on en est arrivé au point où les essais cliniques eux-mêmes, manipulés et réécrits, sont le principal outil de marketing, souligne Healy.

(On peut se référer au récent éditorial du JAMA, traduit par Pharmacritique, pour voir qui écrit les études médicales et comment la manipulation se fait de la rédaction jusqu'à la publication et aux commentaires dans la presse médicale, bien avant d'en arriver aux campagnes de publicité directe...) 

Et la question fondamentale que pose cette médicalisation, cette normalisation par les médicaments, est celle d’une véritable mutation anthropologique que risque d’entraîner l’industrie pharmaceutique à travers la médecine : un changement profond de la perception de ce qu’est un être humain, conclut Healy.

 

L’humanité, c’est une infinité de potentialités, de nuances psychiques, comportementales, relationnelles, biologiques, psychosociales… C’est l’unicité et la spécificité de chaque être humain qui risque de disparaître au profit d’individus permutables, interchangeables, taillés dans le même moule et identifiés à leurs rôles socio-économiques, comme je l’ai dit dans les notes réunies sous la catégorie Normalité, contrôle social, culture psy.

 

Voir aussi les notes de la catégorie "Disease mongering, façonnage de maladies, invention de maladies", accessibles à partir de cette page, ainsi que les notes sur la prévention et l'abus de prévention, sur la surmédicalisation et surmédicamentation, etc. 

 

Elena Pasca

23/05/2008

"Disease mongering": façonner des maladies pour chaque médicament, médicaliser émotions, mal-être et bien-portants (Ray Moynihan, Alan Cassels)

La journaliste médicale Lynn Payer avait 1829358310.jpgidentifié et décrit ce phénomène dans son livre de 1992 Disease-Mongers, dont j'ai parlé dans cette note. Son auteure est décédée en 2001, mais le terme « disease mongering »  (façonnage/ invention/ fabrication de maladies) s’est imposé grâce à des auteurs tels Ray Moynihan. Ceux qui lisent l’anglais peuvent se référer aussi à l’un de ses premiers articles sur le sujet, Selling Sickness: the Pharmaceutical Industry and Disease Mongering, paru en 2002 dans le British Medical Journal. L’article pose les jalons du livre publié en 2005, co-écrit par Ray Moynihan et Alan Cassels, et dont le titre veut dire à peu près "Vendre des maladies [fabriquées par le service marketing]. Comment les plus grandes firmes pharmaceutiques nous transforment tous en patients". 

Même les plus sceptiques seront troublés par les explications qui suivent, assorties d'un court historique du « disease mongering » dans cet article de Moynihan et Cassels publié par Le Monde diplomatique en mai 2006,

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19/05/2008

La marchandisation de la dépression (II). Médicalisation des humeurs, invention de nouveaux troubles, emprise financière de l’industrie sur la recherche et les soins…

Cette partie du texte de Janet Currie, La marchandisation de la dépression, illustre parfaitement les méthodes de l’industrie pharmaceutique : invention de nouvelles maladies ou redéfinition des anciennes pour englober plus de monde (disease mongering), des stratégies publicitaires qui médicalisent des aspects physiologiques ou des émotions justifiées et temporaires, des « tests » de dépistage à questions très floues et vagues pour que tout le monde se sente concerné… L’industrie pharmaceutique finance les associations de patients et les groupes d’entraide existants ou en crée d’autres pour les instrumentaliser dans la promotion de tel médicament. 85% des dépenses promotionnelles concernent les financements et autres cadeaux faits aux médecins, au moyen de la visite médicale, des voyages, cadeaux, rémunérations pour activités publicitaires, financements de leurs recherches… Enfin, les autorités sanitaires ne font rien pour limiter ces dérapages extrêmes et pour que médecins et patients aient une information médicale transparente. Elles devraient exiger que tous les résultats des essais cliniques et des recherches soient publiés, et pas seulement ceux positifs. Réglementer les campagnes "d’information" sur les maladies (qui sont en fait de la pub), assurer une information des médecins par des moyens autres que la visite médicale payée par les firmes, etc. Les agences du médicament devraient exiger une bonne information sur les risques et effets secondaires et réagir au moindre problème. Or seul 1% des médecins signalent des effets indésirables…

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La marchandisation d’une dépression redéfinie à des fins commerciales. Silence des firmes sur les risques de dépendance, d’effets secondaires graves, de syndrome de sevrage… Texte de Janet Currie (I)

Merci au médecin qui m'a signalé cet excellent texte! Il vaut la peine d'être lu en entier, et pas seulement par les femmes. Si elles sont une cible privilégiée pour des raisons que l’auteure nous explique, la problématique abordée ne leur est en rien spécifique. Il s’agit d’un regard lucide sur les méthodes douteuses de marketing des firmes pharmaceutiques, illustrées ici par la dépression, mais qui sont tendanciellement  les mêmes quels que soient les maladies et les médicaments. Sauf que le flou dans la définition des troubles mentaux, le fait que les psychiatres sont les spécialistes les plus payés par l’industrie et qu’ils disposent d’un outil mondialement accepté de définition des maladies (le DSM) font que les troubles psychiques sont la cible idéale des marchands : le domaine où la globalisation d’un traitement médicamenteux uniformisé est la plus facile à mettre en pratique.

La marchandisation de la dépression : la prescription des ISRS aux femmes.  Par Janet Currie (Action pour la protection de la santé des femmes, mai 2005).

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Psychotropes dès le berceau ? Le façonnage de maladies (disease mongering) nous mène tout droit au traitement à vie par psychotropes. Conférence de Barbara Mintzes

Texte de la conférence – débat donnée le 17 janvier 2008 par Barbara MINTZES, chercheure en santé publique à Université de Colombie-Britannique (Canada), et organisée par la revue Prescrire. L’autre conférence a été donnée par la psychiatre Monique Debauche sous le titre « Marché des psychotropes : construction historique d’une dérive »  

« Tous bientôt sous “calmants” dès le berceau ?

  • Le “façonnage de maladies” est une stratégie marketing simple à mettre en oeuvre, mais très efficace.
  • Les conditions relatives à la “santé mentale” sont des cibles marketing idéales pour l´élargissement du marché des médicaments psychotropes, et ce dès le plus jeune âge.
  • Trois exemples illustrent l´efficacité de la propagande en faveur de la médicamentation dans le domaine de la santé mentale ces dernières années, en particulier aux États-Unis : le syndrome d’hyperactivité avec déficit de l’attention, la dépression, les troubles bipolaires.

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Le façonnage de maladies / disease mongering légitimé par le DSM: médicalisation et marchandisation des émotions, pour le profit des pharmas

1015167843.gifL’« enchevêtrement » d’intérêts financiers entre psychiatrie, DSM et industrie, dont j'ai parlé dans plusieurs notes, pose encore plus de problèmes que dans d’autres spécialités médicales, dans la mesure où la définition de beaucoup de « troubles » mentaux, dysfonctions ou troubles de la personnalité n’est que descriptive, floue et sans critères vérifiables. Ce qui laisse beaucoup de place à l’arbitraire, à l’invention ou au façonnage de maladies (disease mongering). Une telle affirmation ne peut paraître exagérée qu'aux personnes qui ne sont pas familiarisées avec les dernières trouvailles de la psychiatrie, dont on ne sait souvent pas si ce sont des gags, des parodies ou alors des états que des experts considèrent sérieusement comme pathologiques et nécessitant traitement...

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17/05/2008

Les antidépresseurs sont-ils réellement efficaces ? Où est-ce plutôt la publicité des firmes, la suggestion et la pression conformiste qui font de l'effet ?

Il s’agit d’un bon résumé paru dans le Figaro et qui a deux sources principales :

Le pouvoir des antidépresseurs remis en cause, par Catherine Petitnicolas, Le Figaro, 21 Janvier 2008

A lire aussi l’article du Nouvel Obs : Antidépresseurs : peu efficaces et dangereux. Les ISRS, comme le Prozac, ne seraient pas plus efficaces qu’un placebo, qui rend compte d'une autre méta-analyse: Initial Severity and Antidepressant Benefits: A Meta-Analysis of Data Submitted to the Food and Drug Administration. [Sévérité initiale de la dépression et bénéfices des antidépresseurs]. Kirsch I, Deacon B. et al., PLoS Medicine 2008, 5(2): e45, 26.02. 2008. Avec plein de références à la fin.

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13/05/2008

Conflits d'intérêts: Les leçons du cas Daniel Carlat, psychiatre VRP des laboratoires pharmaceutiques pour les psychotropes

Un exemple de conflits d’intérêts dont les effets 1578371214.jpgont été longtemps ignorés par l’intéressé est le psychiatre américain Daniel Carlat, professeur à la réputée Tufts School of Medicine de Boston.

Il a longtemps servi la firme pharmaceutique Wyeth qui l’a payé pour diverses activités promotionnelles déguisées visant à convaincre ses collègues de prescrire l’Effexor plutôt qu’un autre antidépresseur. Carlat a lui aussi été épinglé par la blogosphère et rattrapé par l’éthique et la mauvaise conscience… au point de se repentir et de passer dans le camp des anti-corruption et dénonciateurs des combines par lesquelles les firmes influencent les médecins et en font des pantins du marketing.

Il a raconté son parcours vers le repentir dans un long article paru le 25 novembre dans le New York Times sous le titre Dr Drug Rep (Le Dr VRP des firmes). L’article Psychiatre ou représentant de commerce ? sur le site « Œdipe » en rend compte en français.

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