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02.01.2012

Rétablir le programme CESA (contaminants et environnement) et le REMERA (registre des malformations du Rhône Alpes)

Mise à jour datée du 16 janvier 2012 à la fin de l'article

A l’heure où les études et les preuves scientifiques s’accumulent pointant dans le sens d’une remera registre malformations,malformations toxiques environnement,médicament tératogène,tératogénie malformation cause,programme cesa anr,contaminants environnement,nicolas sarkozy lobbying santé,santé environnementale recherche programmes,toxicologie environnement,santé cause toxique environnement,perturbateurs endocriniens législation,législation européenne agents toxiques,pétition programme cesa anr,anses santé environnementale contaminantsimplication massive des toxiques environnementaux dans la survenue de diverses maladies, qu’il s’agisse de co-facteurs ou de corrélations à approfondir, la recherche française fait marche arrière. Elle est pourtant déjà très en retard par rapport aux pays anglo-saxons en particulier, sans parler du retard en matière de sensibilisation de la population et des professionnels de santé, évident lorsqu’on regarde la quasi inexistence de formations en santé environnementale et le mépris des leaders d’opinion pour cette problématique. Lors du Grenelle de l’Environnement, de la mise en place de la Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation et des Plans Nationaux Santé Environnement (PNSE) 1 et 2 comme du Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE), l’on a pu constater ce retard français, que ces dispositifs auraient dû permettre de rattraper. Or il n’en est rien.

Au niveau européen, c’est chaotique : un pas en avant, deux en arrière. La législation REACH sur les agents toxiques a été extrêmement difficile à obtenir, avec un résultat minimaliste. Et pourtant, les lobbies industriels ont fait en sorte d’obtenir de leurs porte-voix politiques des réglementations qui, dans les faits, détricotent REACH, en revenant à des notions tels que les seuls d’exposition ou la dose minime de nocivité, dépassées selon la toxicologie. D’autre part, la Commission européenne a lancé en août 2011 une campagne pour la mise en place d’études scientifiques des perturbateurs endocriniens, y compris dans leur effet nocif cumulatif, permettant une évaluation globale (voir cet article, qui donne aussi des références complètes et des liens).

En France, il y a eu des avancées quant au bisphénol A en particulier, confirmé par le vote, en octobre dernier et à la surprise générale, une loi interdisant le bisphénol A dans les récipients alimentaires, qui confirme le précédent vote sur d’autres perturbateurs endocriniens.

C’est dans ce contexte que le conseil d’administration de l’Agence nationale de la recherche (ANR) a voté le 27 octobre dernier l’arrêt du programme de recherche CESA («Contaminants et environnement: métrologie, santé, adaptabilité, comportements et usages»), à contre-courant de tout ce qui se fait dans les autres pays occidentaux et même des travaux lancés par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire).

Une pétition publique peut être consultée et signée sur cette page : « Pétition pour le rétablissement de l’appel d’offre de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) concernant les contaminants de l’environnement et leurs effets (CESA) ».

D’autre part, on apprend que le REMERA (Registre des Malformations congénitales de Rhône-Alpes) remera registre malformations,malformations toxiques environnement,médicament tératogène,tératogénie malformation cause,programme cesa anr,contaminants environnement,nicolas sarkozy lobbying santé,santé environnementale recherche programmes,toxicologie environnement,santé cause toxique environnement,perturbateurs endocriniens législation,législation européenne agents toxiques,pétition programme cesa anr,anses santé environnementale contaminantss’arrêtera le 1er janvier 2012, privant ainsi les citoyens comme les professionnels de santé des données sur les effets tératogènes et autres toxicités des contaminants environnementaux et autres agents toxiques tels que des médicaments et autres substances chimiques de toute sorte…

Voici quelques détails sur ces décisions, suivis par des extraits de la réaction de plusieurs associations et des réflexions sur la manipulation de la recherche publique et le gaspillage des deniers publics dans des programmes de recherche finalisés imposés par les industriels à travers la nouvelle politique de partenariats (sic) public-privé, qui traduit l’ »économie de la connaissance » voulue par la « stratégie de Lisbonne » et par la politique de Nicolas Sarkozy, acquise aux intérêts industriels (voir détails et liens plus bas). 

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11.10.2011

"Sexe et addictions sur ordonnance" (livre sur les effets indésirables du Requip)

C'est un livre écrit par un avocat sur le parcours d'un de ses clients: un homme de 52 Requip effets indésirables,requip jeu addiction,agonistes dopaminergiques effets indésirables,sifrol effets indésirables,addiction sexe hypersexualité médicaments,jeu pathologique requip sifrol,parkinson médicament effets indésirables,didier jambart procès requip gsk,gsk requip procès,antoine beguin livre procès gsk requip,pharmacovigilance médicaments parkinsonans traité entre 2003 et 2005 par l’agoniste dopaminergique Requip (ropinirole) pour la maladie de Parkinson.

Des media (Ouest France, Le Télégramme...) ont relaté son parcours judiciaire semé d’embûches, qui l’a mené entre autres à refuser une indemnisation de façade par l’ONIAM et prendre un avocat (renonçant à l'assistance par l’association AAAVAM). Le 31 mars 2011, Didier Jambart a fini par gagner son procès contre GSK (Glaxo Smith Kline), laboratoire qui commercialise le Requip.  

Selon Ouest France, « des documents médicaux [produits lors du procès] établissent que les effets indésirables du Requip « étaient connus de la communauté scientifique avant 2003. Le laboratoire ne pouvait donc pas les méconnaître (…) en ne renseignant pas la notice sur ces risques. Le laboratoire a failli à son obligation de sécurité. En conséquence, la justice a décidé de condamner le laboratoire qui commercialise ce médicament à 117 000 € de dommages et intérêts » et a considéré que le Requip était un « médicament défectueux », au vu de ces omissions dans l'information sur le médicament.

L’avocat de Didier Jambart, Antoine Béguin, a écrit le livre « Sexe et addictions sur ordonnance » (L'Appart 2011, 200 pages, 16 euros, reversés à une association, selon les informations donnés par M. Jambart). Maître Béguin a déclaré à l’AFP : « Je ne remets pas en cause l'apport thérapeutique réel de ces médicaments mais le défaut d'information de leurs fabricants et des organes de contrôle à l'égard des patients sur ces risques de réactions ». La préface est signée par le Dr Irène Frachon, lanceur d’alerte dans le scandale du Médiator.

Antoine Béguin et Didier Jambart disent avoir reçu des centaines de témoignages d’autres patients traités par des médicaments dopaminergiques et ayant eu des effets indésirables de type addiction et désinhibition (jeu pathologique, hypersexualité, passages à l’acte, perversions et autres compulsions, délires, épisodes maniaques, hallucinations et autres effets indésirables psychiatriques). Chez Didier Jambart, cela s’est manifesté par un « besoin compulsif de jouer, de s'exhiber et de se travestir, il a dilapidé son argent, brisé sa famille, fait plusieurs tentatives de suicide ». Selon les témoignages et les avis des experts qu’il à sollicités, l’avocat Antoine Béguin estime « entre 15 et 20% le nombre de patients atteints par ce [type d’] effets » indésirables des médicaments dopaminergiques ; ce qui fait environ 10.000 parkinsoniens touchés. Ces médicaments sont autorisés dans le Parkinson, mais sont prescrits aussi hors AMM dans le syndrome des jambes sans repos, la fibromyalgie...

Méthodes publicitaires et désinformation des laboratoires pharmaceutiques, contrôles et pharmacovigilance insuffisants, absence d’interlocuteurs pour les victimes, absence d’intérêt pour les effets indésirables, voire mépris des diverses instances sanitaires publiques -  le livre d’Antoine Béguin aborde ces aspects à partir du cas concret de Didier Jambart. L'avocat a aussi un blog sur lequel il parle du livre et donne d'autres liens. D’autres informations sont données dans un article du 8 octobre 2011 de Ouest France : « Parkinson : le livre d'un Angevin qui accuse les laboratoires ».

Sans aucun rapport avec cela, j’avais répondu à l’automne 2007, sur une liste de discussion, à une demande de bibliographie sur ces effets secondaires (surtout le jeu pathologique) des agonistes dopaminergiques de deuxième génération (Requip (ropinirole) et Sifrol (pramipexole)). J’ai fait une liste d’articles, venant surtout de la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm (moins accessible à cause de la langue), avec quelques explications. Un article détaillé à ce sujet, partant de mes recherches de 2007, est depuis longtemps sur la liste de sujets à traiter sur Pharmacritique. Mais elle est tellement longue et mon temps tellement limité… Alors j'essaie de me rattraper en parlant de ce livre, quitte à faire une exception (je ne parle habituellement pas de cas particuliers). 

Elena Pasca

28.09.2011

Surmédicalisation et conséquences: surprescription, surmédicamentation, surtraitement, iatrogénie, déficit de la Sécurité sociale…

L’émission C dans l’air du 22 septembre s’intitulait « Sécu : faut-il tout revoir ? » Mais le titre ne médecine libérale médicalisation surmédicalisation,paiement à l'acte médicalisation médicamentation,prévention abus de prévention dépistages cancer,surmédicalisation surmédicamentation surdiagnostic,iatrogénie surprescription surconsommation médicaments,médecine commerce profit,conflits d'intérêts médecine industrie pharmaceutique,etienne caniard surmédicamentation,déficit sécurité sociale cause surprescription médicaments,disease mongering façonnage de maladies surmédicamentation,corporatisme médical ordre des médecins,lobby médical influence conséquencesrésume pas la richesse des interventions, qui ont porté sur les logiques systémiques qui mettent en danger les comptes de la Sécurité sociale, et notamment la médicalisation abusive, cette logique du « tout curatif » et du « tout médicament », comme si tout problème avait une solution médicale – et surtout médicamenteuse et interventionniste.

Surmédicalisation, surdépistages, surdiagnostic, surprescription, surtraitement, surconsommation, abus de prévention… – ce qui les rend possibles, ce qui va avec et leurs conséquences, voilà le sujet de l’émission. Ce sont des sujets maintes fois abordés sur Pharmacritique.

Après les deux vidéos reproduisant l’intégralité de l’émission, je résume les grandes lignes des interventions, en intercalant des citations des intervenants, mais aussi des commentaires de mon cru, avec des informations et des liens permettant de compléter et d’approfondir.

Ce qui frappe dans cette émission – et j’insiste là-dessus parce que cela confirme mon point  de vue, pour lequel des médecins m’ont rudoyée plus d’une fois –, c’est que l’on aborde enfin le rôle crucial des médecins dans ce système perverti. Un système où ce ne sont pas les besoins réels des usagers qui créent la demande, mais l’offre médicale conçue comme un commerce et manquant totalement d’évaluation en terme de qualité et de pertinence des actes. Il n’y a ni rationalité, ni coordination, ni coût/efficacité. Juste un commerce qui s’entretient et se reproduit en actualisant son discours marketing. 

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16.02.2011

Biais, manipulation et falsification de la recherche médicale financée par l’industrie pharmaceutique (article d’Arznei-Telegramm)

La revue allemande Arznei-Telegramm, ma principale source et référence en raison de son excellente qualité et de son indépendance, Wolfgang Becker-Brüser.jpgpubliait le 15 janvier 2010 un article incontournable qui passe en revue plusieurs méthodes utilisées par les firmes pharmaceutiques pour influencer le résultat des essais cliniques qu’elles financent, et ainsi manipuler et fausser la recherche, les recommandations de bonne pratique et l’information fondées sur ces derniers.

Le financement industriel de la recherche clinique est par ailleurs l’une des formes majeures que prennent les conflits d’intérêts. Puisque les leaders d’opinion (key opinion leaders) payés pour être des investigateurs / évaluateurs des médicaments dans la recherche seront à la fois juge et partie… Ces investigateurs ne sont pas toujours les vrais auteurs, ils peuvent n’avoir qu’un accès partiel aux données ou ne pas y avoir participé du tout, mais prêter leur nom (auteurs « honoraires » ou « invités ») moyennant finances…

Ces mêmes leaders d’opinion se retrouvent en même temps en position de consultants pour les laboratoires; membres des comités de rédaction de la presse médicale, elle aussi dépendante; experts auprès des hommes politiques et des autorités sanitaires qui autorisent les médicaments testés dans lesdits essais; membres des comités scientifiques des associations de malades (instrumentalisées pour faire de la publicité aux molécules des labos qui les financent); grands pontes dans les hôpitaux qui décident de la stratégie thérapeutique; conseillers des media grand public; conférenciers et formateurs dans la formation médicale initiale et continue… Et ainsi de suite. C’est un verrouillage complet du système, à tous les niveaux, puisque les mêmes experts payés par les firmes en occupent toutes les articulations stratégiques et peuvent donc l’influencer et l’instrumentaliser selon les intérêts des laboratoires pharmaceutiques.

C’est d’une désinformation organisée et délibérée qu’on doit parler, puisque les multiples biais et façons d’influencer et falsifier les résultats des essais cliniques, le ghostwriting et le marketing intervenant dans la rédaction des articles ainsi que la publication sélective créent une image totalement faussée de l’utilité et de l’efficacité des médicaments.

L’article s’intitule « Le financement par les firmes crée un potentiel considérable de manipulation de la recherche » (« Firmenfinanzierte Forschung – erhebliches Manipulationspotential », a-t 2010; 41: 1-3) et prend pour point de départ les agissements de Pfizer dans le cas d’un antidépresseur que la firme voulait voir homologué. Cela aurait été impossible si les données avaient été transparentes et publiées en totalité, puisque globalement, elles ne mettaient en évidence aucune efficacité. Du coup, Pfizer a essayé de cacher les études à résultat négatif.

Plusieurs autres exemples sont donnés afin de prouver sans conteste à quel point l’information que nous avons est tronquée et très éloignée de la réalité, du fait de la publication sélective, de l’occultation des effets secondaires et d’autres agissements qui sont monnaie courante. Nous le verrons en lisant l’article, que je traduis intégralement, avec l’aimable autorisation du directeur d’Arznei-Telegramm, le Dr Wolfgang Becker-Brüser (photo tirée de ce site).


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29.06.2009

Des "Médecins sous influence" pharmaceutique propagent les biais et la désinformation comme jadis la fièvre puerpérale, selon Peter Mansfield

La chaîne australienne ABC a posté le 25 mai dans sa rubrique tribunes et prises de position ("Unleashed") un texte édifiant du Dr Peter Peter Mansfield virtualcongress.jpgMansfield intitulé "Under the Influence" (Médecins sous influence). Pharmacritique vous propose une traduction.

Peter R. Mansfield est le directeur de l’association Healthy Skepticism, peu active et fortement influencée par la façon anglo-saxonne de percevoir l'ensemble du système de santé, mais dont les objectifs en matière de lutte contre la promotion pharmaceutique trompeuse sont louables.

[NdlR: J'ai retiré plusieurs fragments pour les réécrire avec plus de précisions].

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06.01.2009

Les firmes vont-elles s’emparer de l’enseignement de la thérapeutique et de la pharmacologie en Grande-Bretagne?

Une nouvelle publiée hier sur le site du British Medical Journal nous apprend comment les firmes pharmaceutiques investissent les facultés Loup mouton FunkyPix.jpgde médecine, non plus seulement à travers les visiteurs médicaux qui apportent des repas ou font des affaires avec les universitaires, mais carrément en dispensant des cours de pharmacologie… Cette spécialité médicale, dont l’enseignement est déjà très réduit, en France aussi, est une espèce menacée d’extinction. Triste constat, alors que l’information indépendante sur les médicaments, leur mode d’action, leurs effets secondaires, etc. devrait au contraire être une composante essentielle de la formation médicale initiale et continue. Surtout si l’on veut des praticiens dont l’exercice se conforme au principe exigeant d’abord de ne pas nuire…

On savait déjà que la formation médicale continue était dans les mains des firmes et que l’influence de celles-ci s’exerçait - par des chemins multiples et tortueux - aussi sur la formation initiale. Mais voici que l’industrie pharmaceutique est autorisée à enseigner la thérapeutique dans certaines facultés britanniques de médecine… Et demain en France ? Des économies de bouts de chandelle – puisque les firmes ne se font pas payer, du moins pas directement – qui seront payées par des dépenses ultérieures fortement augmentées, vu les mauvaises habitudes de prescription inculquées aux futurs médecins dès leur plus jeune âge… Là, les firmes n’y vont plus par quatre chemins, mais droit au but, profitant des défauts structurels du monde universitaire médical.

Pas besoin de gloser longuement… Remarquons juste que la lecture du texte donne des frissons aussi parce qu’on se rend compte que cette imposture ne date pas d’hier et qu’on se demande comment elle a pu s’implanter sans que les cercles médicaux indépendants protestent. Le pharmacologue interrogé ne semble pas non plus outré par les conflits d'intérêts évidents…

Pharmacritique vous propose une traduction rapide de l’article de Rebecca Coombes intitulé "Stepping into the therapeutics void" (Combler le vide thérapeutique, BMJ 2009;338:a3179). 

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05.10.2008

Choice : visite académique et financement réinventé pour stopper l’influence des pharmas, la désinformation et le marketing débridé

Dans un dossier paru en mai 2008, l’association australienne de défense des consommateurs Surmédicamentation.jpgCHOICE a publié un rapport intitulé "Pushing Pills" (Un marketing des médicaments qui dépasse les bornes). Les anglophiles y trouveront un bon argumentaire sur les conséquences néfastes de la publicité des firmes pharmaceutiques. L’introduction générale est suivie de l’analyse des stratégies promotionnelles utilisées pour désinformer les médecins généralistes, à l’exemple des médicaments contre l’hypertension artérielle, puis d’une considération lucide de l’impact de ces méthodes publicitaires à visée commerciale. Enfin, l’association fait des propositions concrètes et exige la mise en pratique de la seule solution raisonnable à cette désinformation risquée pour les patients : une information indépendante des médecins, au moyen de la visite académique et d’un financement complètement revu. J'ai fait quelques analogies avec la situation française.

 

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25.08.2008

Peter Mansfield: "Influence de l'industrie pharmaceutique sur l'exercice de la médecine"

J'ai cité dans cette note des extraits d’un exposé fait en 2006 à Berlin par Peter R. Mansfield, fondateur de Healthy Skepticism, dans le cadre 808753811.jpgd’un colloque co-organisé par les revues allemandes indépendantes et l’ordre berlinois des médecins. En mai 2008, Peter R. Mansfield est allé de nouveau à Berlin, à l’invitation des mêmes organisateurs ainsi que de MEZIS, association anti-corruption du réseau No Free Lunch. Et il a repris certains arguments sous une forme actualisée et fort bien illustrée, dans un texte intitulé “Influence of the Pharmaceutical Industry on the Practice of Medicine”.

Une recherche par le titre ne donne rien ; je suis tombée là-dessus sur le site de… l’ordre berlinois des médecins ( !) et m’empresse de donner le lien. Il y a moins de texte et plus d'images que dans la conférence de 2006. Le tout donne un excellent aperçu des ressorts de la désinformation médicale, ainsi que de certains mécanismes psychosociaux de l'influence - très souvent inconsciente - qu'exercent les firmes pharmaceutiques sur les médecins et leurs prescriptions.

La photo figure dans le texte : il faut se boucher les oreilles pour ne plus entendre ce que disent les firmes pharmaceutiques et leurs VRP. ("Bullshit" signifie "foutaises").

Mise à jour:

Voir aussi la traduction intégrale d'un autre texte du fondateur de Healthy Skepticism, qui explique en termes très clairs comment s'exercent et se disséminent les influences, les biais cognitifs multiples face auxquels personne n'est immunisé. Il faut faire de la prévention, en évitant de s'exposer aux moyens d'influence des firmes, parce qu'on ne peut qu'être contaminé à leur contact, et qu'il n'y a pas de traitement: "Des "médecins sous influence" pharmaceutique propagent la désinformation et les biais comme jadis la fièvre puerpérale", nous dit Peter R. Mansfield".

 

Elena Pasca

22.07.2008

Jerome Kassirer: il faut éliminer les conflits d’intérêts, pas les légitimer par une déclaration d'intérêts

Jerome Kassirer est professeur à la faculté de médecine de la Tufts University et auteur de plusieurs livres et de nombreux articles critiquant 624857823.jpgles méthodes de l'industrie pharmaceutique et la corruption de la médecine par l'argent des firmes. Il a aussi été rédacteur en chef du New England Journal of Medicine, d’où il a été évincé pour ses vues trop critiques.

Le 8 avril 2008, Kassirer publiait dans le Los Angeles Times un article intitulé Tainted Medicine (« Une médecine corrompue. Des conflits d’intérêts financiers amènent à poser quelques questions fâcheuses sur la confiance qu’on peut encore avoir dans la recherche médicale »). Le texte synthétise les propos tenus un an auparavant lors d’une présentation appelée Financial Conflicts : Consequences, Proposals et dans une courte vidéo.

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21.07.2008

Transparence et information: l'industrie pharmaceutique a beaucoup plus d'obligations aux Etats-Unis qu'en Europe (enquête)

La division Marketing Overdose du chien de garde Consumers International est à l’origine d’une enquête auprès de 12 firmes pharmaceutiques 1767351289.jpgpour savoir quelles sont leurs obligations européennes de déclaration publique (disclosure) des financements, par rapport à celles américaines. Les résultats confirment ce qu’on n’arrête pas de dire dans ces pages. Alors que les Etats-Unis ont déjà certaines dispositions légales contraignantes en matière de gestion des conflits d’intérêts et que les législateurs, les institutions et les sociétés médicales font des efforts, les pays européens laissent les firmes faire pratiquement ce qu’elles veulent.

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