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16.08.2011

Lobbying pour Sanofi et le Lantus, avec éviction et diffamation de Peter Sawicki, manipulation de Wikipédia…

Le Lantus (insuline glargine), prescrit dans le traitement du diabète insulinodépendant, a rapporté à Lantus.jpgSanofi plus de 2 milliards d’euros rien qu’en 2009. Et l’histoire a montré que lorsque l’un de ses médicaments est mis en cause, Sanofi peut recourir à divers stratagèmes pour le défendre, faisant appel à des agences de communication, mobilisant les leaders d’opinion qu’il paie, lançant des plans pour désinformer et/ou museler la presse, licenciant tel lanceur d'alerte... Sans parler d’autres méthodes peu catholiques pour augmenter ses profits, dont j’ai donné quelques exemples sur Pharmacritique...

Or le Lantus, soupçonné dès sa mise sur le marché en 2000 de favoriser les cancers, est de plus en plus critiqué depuis 2005. J’ai rendu compte, dans deux articles écrits en 2009, des études qui renforcent et actualisent le soupçon de cancers sous Lantus, puis évoqué la stratégie de désinformation de Sanofi.

Un article de Markus Grill paru le 11 juillet 2011 dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel nous peter sawicki iqwig industrie pharmaceutique,lantus risque cancers,sanofi-aventis lobbying,sanofi-aventis corruption,institut für qualität und wirtschaftlichkeit im gesundheitswesen,wikipédia industrie pharmaceutique,web 2.0 manipulation,lobbying conflits d'intérêts industrie pharmaceutique,fdp parti libéral lobbying industrie pharmaceutique,lantus solostar cancer risque,lantus effets indésirables,insuline glargine cancer,lantus efficacité insulines humaines,wiki-watch wikipédia transparence,philip rösler lobbying industrie pharmaceutique,politique de santé droite,cdu fdp industrie pharmaceutique,assurance-maladie allemagne,chris viehbacher,hommes politiques lobbying industrie pharmaceutiqueapprend qu’un homme politique de droite, Wolfgang Stock, a fait un lobbying intense pour Sanofi, manipulant Wikipédia à répétition : les articles sur le Lantus et celui sur son principal critique, le Pr Peter Sawicki (photo Die Welt) et l’institut IQWiG, de même que ceux sur Sanofi-Aventis, son PDG, etc.

Le diabétologue et ancien directeur de l’IQWiG, Pr Peter Sawicki, a été évincé sur demande du lobby pharmaceutique, dans le cadre de la politique clientéliste de la droite allemande, et surtout des libéraux de la FDP. Le Lantus fait partie des médicaments mis en cause par l'IQWiG, institut indépendant d’évaluation des médicaments. Dès 2005, il a contesté l’efficacité du Lantus par rapport aux insulines humaines. En 2009, il a été le premier à poser la question du risque accru de cancers sous Lantus.

Or Wolfgang Stock dirige un cabinet de lobbying ayant Sanofi parmi ses clients. Et c’est le même qui a fondé Wiki Watch, destiné à… améliorer la transparence dans l’usage de Wikipédia. Les détails illustrent parfaitement les méthodes auxquelles les lobbyistes et les industriels de la pharmacie sont prêts à recourir pour défendre leurs produits, ainsi que l’ampleur du réseau d’intérêts politico-médiatique et son influence sur la prise de décision.

J’évoque aussi les perquisitions et mises en examen touchant Sanofi-Aventis dans une affaire de corruption présumée en Allemagne.

Je réitère ma méfiance envers le web 2.0 sous toutes ses formes, facile à manipuler et instrumentaliser, pour faire de la publicité, désinformer, inciter à la médicamentation…

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06.07.2009

Selon Arznei-Telegramm, Sanofi-Aventis désinforme sur la sécurité du Lantus, lié à un risque accru de cancers

Cette note est à lire à la suite de celle-ci : "Lantus / insuline glargine et risque de cancers. Trois études renforcent les vieux soupçons. Arznei-Telegramm logo.jpgArznei-Telegramm demande le retrait du marché".

Il s’agit d’une étude de grande ampleur faite par l’Institut d’évaluation de la qualité et du rapport coût/efficacité des médicaments (IQWiG, institut indépendant, cauchemar de l'industrie pharmaceutique allemande). Les résultats de deux autres études observationnelles vont dans le même sens d'une augmentation du risque de cancers sous Lantus. Il faut lire la note citée pour comprendre les résultats, ainsi que les tenants et aboutissants.

La revue médicale allemande indépendante Arznei-Telegramm (Télégramme du médicament) persiste et signe. Après la demande de retrait sur le marché, motivée dans le texte traduit par Pharmacritique dans la note déjà mentionnée, elle a envoyé le 3 juillet une autre alerte à son réseau, mettant en garde tout le monde contre la stratégie de défense adoptée par Sanofi-Aventis. En plus de dire que l’IQWiG sèmerait des peurs injustifiées, la firme tente de désinformer quant au risque de cancer sous Lantus en brandissant une étude qui n’a pourtant pas de pertinence en la matière. Par contre, elle est très pertinente s'agissant d'illustrer les énormes conflits d'intérêts des auteurs et le fait que Sanofi-Aventis a fait tout le travail: du financement à l'évaluation des données et à la rédaction du texte (détails à la fin de la note). Quant au parle du ghost management... Cette gestion et ce contrôle invisibles, mais omniprésents de toute la recherche et de tout le circuit de l'information sur le médicament que nous avons illustrés en parlant de Merck.

Pharmacritique vous propose une traduction intégrale de cette dernière alerte d'Arznei-Telegramm.

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29.06.2009

Lantus / insuline glargine et risque de cancers. Trois études renforcent les vieux soupçons. Arznei-Telegramm demande le retrait du marché

Mise à jour en date du 6.07.09 à la fin

Le réseau d’alerte (« blitz a-t ») de la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm m'a informé le 27 juin de la diffusion sur le Lantus eDrug search.gifsite de l’Association européenne d’études sur le diabète (EASD) de trois études mettant en évidence un risque augmenté de cancer chez les patients diabétiques traités par insuline glargine (principe actif de Lantus° et Optisulin° de Sanofi-Aventis). Pour Arznei-Telegramm, « la seule conclusion logique, c’est le retrait du marché ». D’autant que le soupçon d'un effet cancérigène pèse sur le Lantus° depuis sa mise sur le marché en 2000.

Sanofi-Aventis n’est pas d’accord avec les résultats. Et l'agence du médicament (AFSSAPS) a publié aujourd'hui (29 juin) un communiqué avec la rengaine habituelle: l’EMEA (agence européenne du médicament) analyse cela. « Dans l’attente des résultats, et compte tenu de données discordantes voire contradictoires entre ces études, aucune conclusion ne peut être apportée. L’EMEA et l’AFSSAPS recommandent aux patients de ne pas interrompre leur traitement. »

Lorsque trois études différentes, dont l’une faite par l'excellent IQWiG, l'institut allemand d’évaluation de la qualité et du rapport coût-efficacité des médicaments, tirent la sonnette d'alarme, relayées par Arznei-Telegramm, alors que les autorités sanitaires et le labo disent autre chose, la seule action raisonnable – et prudente - est de suivre l'avis de l’institut et de la revue médicale indépendants. Toute l’histoire des catastrophes sanitaires et de l’absence d’information et de réaction typiques des autorités sanitaires nous pousse à la méfiance (arguments en fin de l’article, après les traductions). L'enjeu est trop important pour se fier à la langue de bois et aux temporisations.

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02.12.2008

Avandia: risque de mortalité accru de 15%; risque d’insuffisance cardiaque de plus de 13% par rapport à Actos

Le numéro du 24 novembre de Archives of Internal Medicine publie une etude intitulée “Comparison of Cardiovascular Outcomes in Elderly Avandia Bloomberg.jpgPatients With Diabetes Who Initiated Rosiglitazone vs Pioglitazone Therapy” (Comparaison des résultats obtenus chez des diabétiques plus âgés traités par rosiglitazone versus pioglitazone). L’étude de Winkelmayer et al a inclus 28.361 diabétiques de plus de 65 ans traités entre 2000 et 2005 par Avandia ou Actos. Les auteurs concluent à une hausse de la mortalité parmi les patients traités par Avandia (rosiglitazone) de l’ordre de 15%, toutes causes confondues. Avandia augmente de 13% le risque d’insuffisance cardiaque par rapport à Actos (pioglitazone), qui est lui-même loin d'être irréprochable…

A se demander d’ailleurs quelle est la véritable raison de cette comparaison, si ce n’est de présenter Actos dans une lumière plus favorable, vu les soupçons qui pèsent sur toute la classe des thiazolidinediones et glitazones, puisque les effets secondaires semblent communs à toute la classe.

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01.11.2008

Avandia déconseillé et Actos traitement de troisème instance, selon les sociétés internationales de diabète

La dernière livraison du Lancet (2008;372:9649,1520) nous informe que la American Diabetes Association (ADA) et la European Avandia Science Photo Library.jpgAssociation for the Study of Diabetes (EASD) ont fait paraître le 22 octobre des nouvelles recommandations qui déconseillent explicitement l’emploi d’Avandia dans le traitement du diabète de type 2. Cela tranche avec leur position de janvier 2008, où elles envisageaient encore un recours possible à la rosiglitazone en deuxième intention. Une autre bonne nouvelle pour la sécurité des patients, c’est la relégation de la pioglitazone (Actos) en traitement de troisième intention. En fait, c'est une honte que des glitazones soient encore sur le marché, comme nous l’avons dit dans cette note. En attendant le retrait, espérons que cette nouvelle finira par arriver aux oreilles de l’AFSSAPS, que même les estimations de 83.000 crises cardiaques dues à Avandia (voir ici et ici) n’ont pas tirée de son sommeil habituel…

 

Prescribing Advice for GPs nous donne le lien vers le texte intégral paru dans la revue Diabetes Care : Medical Management of Hyperglycemia in Type 2 Diabetes: A Consensus Algorithm for the Initiation and Adjustment of Therapy.

 

C'est un autre coup dur pour GSK, dont les cadres devront avoir eux-mêmes recours à la balle anti-stress que les visiteurs médicaux proposent aux médecins (cf. la fin de cette note)...

Photo : Lancet / Science Photo Library

 

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique


Mise à jour d'avril 2011

toutes les notes sur les effets indésirables d'Actos, d'Avandia et des glitazones en général comme sur d'autres médicaments prescrits dans le diabète sont accessibles en descandant sur cette page.

11.04.2008

L'insuline inhalée Exubera - autre médicament autorisé trop vite. Conséquences: risque de cancer du poumon, selon Pfizer

Voici une analyse de l'affaire Exubera qui va au-delà de la dépêche d'Associated Press reprise par quelques journaux 49327fab25a4912b14e1bcec09c43a17.jpgfrançais, dont Le Point en date du 10 avril 2008, qui titre L'insuline inhalée Exubera liée à des cancers du poumon, selon Pfizer. « Les laboratoires américains Pfizer et Nektar Therapeutics ont indiqué mercredi avoir observé une augmentation des cas de cancer du poumon chez des patients utilisant l'insuline inhalée Exubera. Cette révélation a donné le coup de grâce à l'anti-diabétique qui avait connu un échec commercial après sa mise sur le marché en 2006. »

Il est très curieux que Pfizer ait renoncé à Exubera en octobre 2007 et rétrocédé les droits à la firme Nektar sans dire un mot des risques et effets secondaires… Selon le communiqué du mois d’octobre, Pfizer se retire parce qu’Exubera n’est pas suffisamment rentable, compte tenu de la concurrence des autres formes d’insuline, mais insiste sur la sécurité d’emploi du médicament et sur son efficacité… La firme propose même de prolonger la disponibilité du médicament – par pure bonté d’âme, certainement… L’annonce du risque de cancer du poumon est faite six mois plus tard. Manœuvre tactique pour essayer d’échapper aux conséquences ? Ou pour ne pas couper les rentrées d'argent trop vite? On est en droit de se poser la question.

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31.01.2008

Avandia: conflits d'intérêts partout. L'Afssaps parle pour ne rien changer

 L’édition d’hier du journal International Herald Tribune annonce une autre facette du scandale Avandia (rosiglitazone), qui confirme, si besoin était, à quel point cette affaire ressemble à celle du Vioxx. En plus des effets secondaires similaires (surtout cardiovasculaire) des deux médicaments et des multiples tentatives pour occulter la vérité, l'affaire Avandia est un autre exemple éclantant du fait que certains médecins n’ont plus ni foi ni loi lorsqu'ils sont achetés par les firmes pharmaceutiques…

D'autre part, notre vénérable Afssaps reste semblable à elle-même, imperturbable même devant tant de crises cardiaques... comme le montre son communiqué du 25 janvier. Elle a le coeur solide, elle...

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03.01.2008

Actos et Avandia: nouvelle étude confirme les effets indésirables cardio-vasculaires

N'oublions pas ACTOS (Takeda Abbott Pharmaceuticals) ! Actos 4.jpg

Mise à Jour (avril 2011)

Toutes les notes sur Actos, Avandia et les glitazones en général, ainsi que sur d'autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (lantus...) sont accessibles en descendant sur cette page.

Une étude canadienne publiée le 12 décembre par le « Journal de l’Association Américaine de Médecine » (JAMA) confirme les effets indésirables cardiovasculaires d’AVANDIA (firme GSK), mais met en cause tout autant ACTOS (firme Takeda Abbott), puisque les conclusions portent sur toute la classe de thiazolidinediones.

Des chercheurs de l’Institut de Sciences Cliniques Evaluatives de Toronto ont mené une étude à partir de la base des données de l’assurance-maladie d’Ontario, incluant 159,026 diabétiques âgés d’au moins 66 ans, suivis en moyenne pendant 3,8 ans, jusqu’en mars 2006. Ils ont étudié les risques d’infarctus du myocarde, d’insuffisance cardiaque congestive et de décès. Les résultats ne laissent pas de doute : les patients traités par thiazolidinediones ont un risque accru de 60% d’insuffisance cardiaque congestive, un risque accru de 40% d’infarctus du myocarde et un risque accru de 29% de décès, en comparaison avec des patients traités par d’autres antidiabétiques.

Les chiffres semblent concerner surtout Avandia, pour la simple raison que c’était le médicament dominant dans la population étudiée, souligne l’investigatrice principale, Lorraine Lipscombe. Cela dit, les auteurs parlent explicitement de toute la classe : ces résultats apportent des preuves correspondant à ce qui se passe en réalité, après les essais clinques et la commercialisation, lorsque les médicaments sont prescrits à large échelle mais ne sont quasiment plus étudiés. Ces données contrastent habituellement avec celles obtenues dans le cadre artificiel créé par les essais cliniques, qui sélectionnent les participants en nombre limité, selon des critères bien définis et n’analysent que certains paramètres, concernant généralement l’efficacité de tel médicament sur un aspect bien précis (« point final » de l’essai).

En l’occurrence, cette étude faite en « real-word setting » (cadre et paramètres « réels », non imposés ou modifiés par les chercheurs) confirme les résultats de certains essais cliniques selon lesquels « les risques des thiazolidinediones l’emportent sur les bénéfices, même chez les patients qui n’avaient pas de maladies cardio-vasculaires évidentes au départ », disent les chercheurs. Il y a d’autres arguments forts, détaillés dans le texte complet de l’étude : le risque de décès est augmenté par les thiazolidinediones non seulement en monothérapie, mais aussi en thérapie combinée (avec d’autres antidiabétiques). Cela accentue la relation de cause à effet avec cette classe de médicaments et contraste avec la diminution de la morbi-mortalité induite par les autres antidiabétiques. En outre, même une utilisation passée de TZD accroît le risque de décès. Les diabétiques traités par TZD avaient une mortalité augmentée toutes causes confondues, c’est-à-dire non seulement par infarctus du myocarde ou insuffisance cardiaque congestive. Enfin, la mortalité des diabétiques de cette cohorte était indépendante de l’état cardiovasculaire avant le début du traitement ou de la durée du diabète. Ce qui veut dire que des diabétiques qui n’avaient pas de symptômes cardiovasculaires et/ou qui avaient un diabète récent, donc a priori sans complications, ont pu tout autant subir ce type d’effets indésirables des TZD ou décéder. Les résultats de l’étude s’inscrivent donc en faux contre ce qui était affirmé jusqu’ici, à savoir que les TZD seraient à manier avec prudence uniquement chez les personnes à haut risque d’insuffisance cardiaque congestive. Aucun sous-groupe n’a été protégé des effets indésirables d’Avandia et d’Actos.

Résumé original de l’étude et références : Thiazolidinediones and Cardiovascular Outcomes in Older Patients With Diabetes, Lipscombe et all, JAMA, 298(22), 12 December 2007, p 2634–2643

http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/298/22/2634

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Cette étude contredit celle portant spécifiquement sur ACTOS, publiée en septembre dans le même journal (JAMA), par une équipe américaine incluant le Dr Steven Nissen, chercheur qui avait dénoncé les risques accrus de crises cardiaques sous Avandia.

http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/298/10/1180

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Rien ne laisse penser qu’ACTOS puisse être moins nocif qu’AVANDIA. Toute la classe des glitazones / thiazolidinediones est à bannir de l’usage, comme le conseillaient les revues indépendantes Arznei-Telegramm (Allemagne) et Prescrire.

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

01.01.2008

Nouvelle étude: comment Actos et Avandia produisent-ils ostéoporose et fractures? (II)

Actos, Avandia : mécanisme de l'ostéoporose et des fractures élucidé (suite de la note précédente) Actos 3.jpg

 

 

Une étude américaine qui vient d’être publiée dans la revue Nature éclaire l’un des mécanismes fondamentaux par lequels les glitazones (Actos - pioglitazone, Avandia - rosiglitazone, et les médicaments composés qui en contiennent) induisent des troubles osseux, de l’ostéoporose, et donc des fractures. Mécanisme jusqu'alors inexpliqué et étonnant. Les auteurs ont mené l’expérimentation sur des souris, mais c’était pour comprendre les risques encourus par les humains dans le traitement du diabète. Ils ne manquent pas d’exprimer leurs réserves quant à l’utilisation à large échelle des glitazones, assénant un coup supplémentaire à cette classe, et surtout à Avandia, qui est actuellement en très mauvaise posture sur le continent nord-américain. Pas de souci, les firmes GSK et Takeda continuent à se remplir tranquillement les poches en Europe, où aucune autorité sanitaire ne les embête, malgré les effets secondaires catastrophiques d'Actos et d'Avandia et malgré le fait que les antidiabétiques classiques ont plus de bénéfices (démontrés, qui plus est!) et beaucoup moins de risques.

Toute cette classe de médicaments déstabilise l’équilibre entre les ostéoclastes (cellules responsables de la résorption de l’os, donc de sa destruction) et les ostéoblastes (qui produisent et régénèrent l’os).  Cet équilibre est déjà mis à mal par le vieillissement naturel qui fragilise les os, mais les glitazones sont un facteur aggravant, comme vient de le démontrer cette équipe de chercheurs californiens à l’exemple d’Avandia. On savait que la rosiglitazone inhibait les ostéoblastes, mais la recherche a montré qu’en plus de cela, elle active aussi les ostéoclastes et fait donc pencher encore plus la balance du côté de la résorption osseuse. Ce qui augmente fortement le risque d’ostéoporose et de fractures.

Toutes les glitazones ont cet effet producteur d’ostéopénie puis d’ostéoporose. Il n’y a plus de doute, puisque, en plus des constatations cliniques ayant déjà fait l’objet d’alertes sanitaires, les chercheurs californiens ont montré que cela se passe à travers l’impact caractéristiques des glitazones sur le récepteur d’une protéine appelé PPAR-gamma (peroxisome proliferator-activated receptor gamma), qui déclenche cette inhibition des ostéoblastes et l'activation concomittante des ostéoclastes. Or, ce mécanisme d'action et cet impact définissent les glitazones en tant que classe et induisent une bonne partie de leurs effets directs. Autrement dit, il ne s'agit pas d'une propriété marginale. On en revient à l'interrogation formulée par  Steven Nissen et son équipe dans le New England Journal of Medicine en mai 2007, quant à la série de problèmes que les glitazones développées successivement ont pu provoquer. Cf. notre note "Glitazones (Avandia, Actos) : encore sur le marché?"

Le résumé du texte publié en décembre 2007 dans la revue Nature : « PPAR-gamma regulates osteoclastogenesis in mice »

Le texte intégral de l'étude ainsi que la réponse de la firme GSK (pour Avandia) et d’autres informations sur les fractures induites par Actos, etc. sont sur cette page :

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Une explication générale, accessible et illustrée de la balance ostéoblastes - ostéoclastes et de l’ostéoporose (sans rapport avec les glitazones), sur ces pages de la Société Française de Rhumatologie.

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

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Mise à Jour (avril 2011)

Toutes les notes sur Actos, Avandia et les glitazones en général, ainsi que sur d'autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (lantus...) sont accessibles en descendant sur cette page.

Actos, Avandia: causes d’ostéoporose et de fractures (I)

Je voudrais réparer l'"injustice" consistant à ne pas parler des fractures et de l'ostéoporose produites par ACTOS... Actos 2.jpg

J’ai détaillé quelques-uns des multiples effets secondaires graves d’Avandia (rosiglitazone) dans les premières notes, en rappelant que toutes les glitazones avaient à peu près les mêmes effets indésirables et ne devraient plus être prescrites (Arznei-Telegramm, Prescrire). Les troubles osseux et les fractures figuraient sur cette liste, mais le sujet mérite quelques lignes à part, puisqu’une nouvelle étude vient confirmer l’importance de cet effet secondaire. On le verra dans la note suivante, parce que je voudrais d’abord rappeler ce qui est connu depuis 2006 en Europe et avec plus de détails depuis le printemps 2007 au Canada.

Même l’Afssaps s’est inquiétée en 2006 et a répercuté une information transmise par la firme GSK à l’agence européenne du médicament (EMEA) : « Augmentation de l’incidence des fractures chez les patientes traitées au long cours par rosiglitazone (Avandia®) »

Cf. aussi le RCP (résumé des caractéristiques du produit) européen d’Avandia

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Mais je n’ai pas trouvé les mêmes mises en garde européennes pour l’ACTOS, alors qu'elles existent ailleurs. Au contraire, un bulletin de pharmacovigilance émis par le Centre régional de pharmacovigilance de Strasbourg en mars 2007 reprend les dires de l’EMEA (agence européenne du médicament), selon laquelle « Ce risque [de fractures] ne serait pas constaté avec la pioglitazone (Actos®, laboratoires Takeda) », mais serait un effet indésirable limité à Avandia… On voit encore une fois à quel point l’information médicale en français est fiable…

En avril 2007, Santé Canada rendait publique une lettre de la firme Takeda Abbott, qui commercialise Actos, mettant en garde contre la « Hausse de l'incidence des fractures chez des patientes recevant un traitement à long terme par les comprimés d'ACTOS® (chlorhydrate de pioglitazone) contre le diabète de type 2 »

Un extrait :

  • « Les résultats de l'analyse des dix-neuf essais ont démontré qu'un nombre significativement plus élevé de femmes traitées par la pioglitazone que de femmes traitées par un médicament ne faisant pas partie de la classe des thiazolidinédiones (autres agents antidiabétiques tels que la metformine ou des sulfonylurées [gliclazide, glyburide ou glimépiride], ou un placebo) ont subi au moins une fracture osseuse (2,6 % et 1,7 %, respectivement).
  • Le risque de fracture n'avait pas augmenté chez les hommes.
  • Il faut sérieusement envisager le risque de fracture chez les femmes atteintes de diabète de type 2 actuellement traitées par la pioglitazone et chez celles à qui on considère l'administrer. (…) »

Parlant des effets secondaires des pioglitazones, sous-classe des glitazones, il faut être juste et ne pas oublier COMPETACT, le « frère » d’Actos.

*

Autant rappeler aussi la mise en garde de Santé Canada sur les fractures induites par Avandia, Avandamet, Avandaryl (tous les médicaments contenant de la rosiglitazone), avec des taux de fractures très importants relevés lors d'une des études menées par la firme GSK elle-même. L’alerte est plus sérieuse que celle donnée par les Européens.

  • « Au cours de l'étude ADOPT, un nombre significativement plus élevé de femmes ayant reçu de la rosiglitazone ont subi des fractures par rapport à celles ayant reçu la metformine ou le glyburide (9,3 % vs 5,1% et 3,5%, respectivement). La majorité de ces fractures se situaient au niveau du bras (humérus), de la main ou du pied; les foyers de fractures différant de ceux associés à l'ostéoporose post-ménopausique (par ex., hanche ou vertèbre). (…)
  • Le risque de fracture doit être pris en considération dans les soins prodigués aux patients, particulièrement aux femmes atteintes du diabète de type 2 (…) ».

Elena Pasca
copyright Pharmacritique

Mise à jour d'avril 2011

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