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29/07/2011

"Redéfinir l’endométriose à l’âge moderne": Dr David Redwine sur l’endométriose et son traitement par exérèse radicale conservatrice

A la suite des autres articles sur l'endométriose, accessibles en descendant sur cette page, voici la traduction d’un texte édifiant et synthétique sur l'endométriose, ses causes, ses symptômes, endométriose exérèse radicale conservatrice,endométriose causes symptômes traitements,endométriose traitement médicamenteux hormonal,endométriose enantone décapeptyl zoladex gonapeptyl synarel,endométriose david redwine chirurgie exérèse,endométriose électrocoagulation laser exérèse vaporisation,endométriose métaplasie coelomique cause,endométriose génétique environnement hérédité famille,endométriose guérison chirurgie exérèse,endométriose efficacité risque chirurgie médicaments progestatif,endométriose grossesse ménopause fertilitéses formes et son seul traitement efficace, écrit par le chirurgien David B. Redwine et repris début 2005 dans la revue italienne Leadership Medica. L‘original, intitulé "Redefining Endometriosis in the Modern Era", est sur cette page.

Il s'agit d'en finir avec les mythes et les préjugés d'un autre âge, avec cette ignorance et ces clichés sur le pseudo-traitement médicamenteux savamment entretenus pour justifier le maintien du statu quo, c'est-à-dire cette chronicisation de l'endométriose pour les profits des laboratoires pharmaceutiques qui commercialisent des analogues agonistes GnRH (Enantone, Décapeptyl...) ou des progestatifs (Lutényl, Surgestone...) ainsi que pour les profits des médecins leaders d’opinion qu'ils paient comme consultants et de tous ceux qui vivent de l'industrie de l'endométriose.

Ces questions ont été abordées de façon très détaillée dans l’introduction à la traduction d’un autre article du même médecin : "Endométriose : le combat du Dr David B. Redwine contre les pseudo-traitements hormonaux, la psychologisation et la chronicisation".

Le seul traitement de l’endométriose, c’est l’exérèse radicale conservatriceévoquée aussi par le Dr Harry Reich - que trop peu de chirurgiens maîtrisent, malheureusement. Et même ceux qui la maîtrisent la rendent partielle, donc inefficace à terme, car ils la pratiquent alors que la patiente est sous un traitement hormonal, par analogues agonistes GnRH (Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Synarel...) ou par progestatifs (Lutéran, Lutényl, Surgestone, Cérazette...).

David B. Redwine est l'un des meilleurs chirurgiens de l’endométriose au monde. Pionnier de la technique de l’exérèse, auteur de centaines d’articles, exposés, démonstrations ainsi que de plusieurs livres et chapitres de livres (dont "Surgical Management of Endometriosis", "100 Questions and Answers about Endometriosis"), il a aussi beaucoup contribué à la description des formes moins évidentes et moins connues de la maladie, telles que les "lésions subtiles", les vésicules et papules, les formes fibreuses, etc. (Voir le site ENDOPAEDIA pour plus de détails).

Dans l'article déjà cité, j'ai présenté ses activités, les écrits et les organisations professionnelles dont le Dr David Redwine fait partie.

Pour mieux comprendre, voici un sommaire des aspects évoqués en détail dans les articles précédents.

Il vaut mieux commencer par lire cet article, comprenant une introduction et la traduction d'un texte du Dr David Redwine, pour comprendre le calvaire que vivent les femmes françaises souffrant d'endométriose, parce que très peu de chirurgiens maîtrisent l'exérèse radicale conservatrice, qui est pourtant reconnue partout comme le seul traitement capable de guérir l'endométriose. Elles vivent un cercle vicieux de traitements médicamenteux inutiles, contre-productifs et très risqués, suivis de chirurgies rendues incomplètes par l'effet temporaire de ces mêmes médicaments, puis d'autres "cures" de médicaments, puis d'autres interventions incomplètes et par des techniques inadéquates, avec les séquelles inévitables telles que les adhérences... Séquelles dont ceux qui ne veulent pas d'une guérison chirurgicale se servent pour discréditer la chirurgie, mettant dans le même sac toutes les techniques chirurgicales...  (L'article cité explique pourquoi les pseudo-traitements hormonaux de type analogues agonistes GnRH [Enantone, Décapeptyl...] ou alors progestatifs [Lutéran, Lutényl, Surgestone...] condamnent les chirurgies à l'échec et détaille les effets indésirables de ces médicaments).

A ce calvaire physique s'ajoute une torture morale, parce que certains médecins sont influencés par les thèses ineptes du Dr Jean Belaisch sur des traumatismes psycho-sexuels qui seraient, selon lui, la "cause" de l'endométriose chez une centaine de ses patientes. Une centaine sur les 200 qu'il évoque de son expérience empirique, donc sans aucune étude ni autre évaluation scientifiques. Il faut noter que, compte tenu de ses liens avec l'association EndoFrance, qui tournent autour de la thématique psychologique, compte tenu du fait que tout le monde sait qu'il psychologise l'endométriose, les  patientes qui vont voir le Dr Jean Belaisch le font justement parce qu'elles sont sensibles à une explication psychologisante, quelle que soit sa nature. C'est ce qu'on appelle un biais, qui fausse d'emblée la signification de ses constats très partiels et la portée de ses dires. Ces patientes - qui cherchent une explication simple, unique, compréhensible et avec l'illusion de pouvoir agir si elles adoptent une "attitude positive" - ne sont pas représentatives de l'immense majorité des femmes qui souffrent d'endométriose. Cela, même EndoFrance l'a dit. Les personnes (patientes, professionnels de santé, etc.) qui soutiennent ce genre de thèses sont extrêmement minoritaires.

Voyons ce qu'il en est de la "cause", sachant que la première objection vient du fait que la relation de causalité ne s'applique pas dans le psychisme. (A ne mène pas à B; B ne permet pas de déduire A. Etc. Aucun syllogisme ne s'applique. C'est d'ailleurs typique d'un autre biais - le biais d'autovalidation, appelé aussi biais d'autoconfirmation - que de se servir de façon sélective dans l'arsenal de la terminologie psychologique et/ou psychanalytique. Ainsi, le Dr Belaisch et le psychanalyste auquel il a ouvert la voie sélectionnent seulement ce qu'ils peuvent instrumentaliser afin que leurs thèses paraissent avoir un semblant de scientificité psychologique. Un habillage qui ne trompe que ceux qui ignorent tout de la psychologie et de la psychanalyse et n'ont pas assez de culture générale pour réaliser que donner quelques citations hors contexte et introduire des notions hors contexte n'est pas une garantie de scientificité. Manifestement, la rédaction de Gynécologie, Obstétrique et Fertilité et tous ceux qui ont pu reprendre de tels textes (EndoFrance compris) devraient améliorer leurs connaissances.

Il y aurait donc une cause (violences sexuelles, traumatismes psycho-sexuels, ou alors abandon par les parents (!)) pour la moitié des 200 cas vus par le Dr Jean Belaisch, mais une autre cause (sans rapport avec le psychisme) pour l'autre moitié de ces 200 cas... Ce médecin a une façon étonnante de concevoir la science. Et quid de l'immense majorité des femmes endométriosiques? Quid des hommes qui ont développé une endométriose, habituellement à un âge très avancé, et dont personne ne suppose qu'elle serait due à un traumatisme psychique du genre névrose hystérique?

Sans aucun argument scientifique pour étayer ces spéculations, mais probablement désireux de faire école coûte que coûte, le Dr Jean Belaisch a ouvert les portes de la revue Gynécologie, Obstétrique et Fertilité (GOF) à un psychanalyste aux méthodes charlatanesques qui va encore plus loin et parle d'incestes répétés comme cause, sur la base de 16 cas... (Je ne le nomme pas justement parce qu'il dit détester l'indifférence. Il veut faire parler de lui à tout prix, quitte à faire des dégâts, au point de poster une interview imaginaire avec lui-même. Il a lancé des spéculations aussi quant à d'autres maladies, proposant ses services et se disant spécialiste de chacune; maladies qu'il considère comme des expressions de l'hystérie, seulement chez les femmes).

Dans l'article cité ainsi que dans celui-ci (consacré à la misogynie médicale), je raconte en détail comment la revue Gynécologie, Obstétrique et Fertilité a publié en mars 2007 un article du psychanalyste en question, reprenant des thèses misogynes sur des sévices sexuels qui seraient la cause non seulement de l'endométriose, mais d"un "nombre potentiellement illimité de maladies" pour autant que ce sont des femmes qui en souffrent... Une même maladie aurait donc une cause psychique chez les femmes (incestes répétés), et une cause organique chez les hommes. C'est un tissu d'inepties tellement énormes que l'on a du mal à croire que la rédaction ait pu laisser passer cela, d'autant que le psychanalyste en question se moque ouvertement aussi des médecins...

J'ai initié et mené la plupart d'une campagne de protestation qui a abouti à une marche arrière de tous ceux qui ont été impliqués dans ce dérapage de la revue Gynécologie, Obstétrique et Fertilité. Cela m'a pris huit mois de bataille, mais il fallait le faire.

Les pseudo-traitements médicamenteux de l'endométriose veulent dire tout simplement que l'on chronicise cette maladie pour le profit des laboratoires pharmaceutiques et de tous les médecins qui vivent de cette surmédicamentation dont les endométriosiques sont victimes pendant des décennies. Les traitements hormonaux n'ayant aucun effet, les médecins disent que "c'est dans la tête", ce qui est une excuse parfaite pour les mauvais traitements et l'incompétence... Et cela remplit les cabinets des psychosomaticiens, psychiatres, psychanalystes. Cela fait aussi le bonheur de tous les guérisseurs de toute sorte, auxquels certaines femmes s'adressent en désespoir de cause. Bref, maintenir le statu quo médicamenteux est un enjeu pour tous ceux qui vivent de cette véritable industrie de l'endométriose chronicisée. Evidemment, toute personne qui essaie de critiquer cette industrie s'expose à une levée de boucliers de la part de ceux qui y participent d'une façon ou d'une autre, et bien entendu de la part de ceux qui en vivent et ne veulent pas que cette source de profits disparaisse. Cela peut aller jusqu'à des campagnes de dénigrement, habituellement menées sous d'autres prétextes (attaques personnelles, etc.), afin de jeter le discrédit sur le critique.

Je répète mon indignation face à la proposition du Dr Jean Belaisch de soumettre ces femmes à un "traitement empirique" pouvant durer des années, voire des décennies, alternant entre progestatifs macrodosés et agonistes GnRH, et ce en aveugle, sans diagnostic préalable.

Je réitère mon indignation face à ses thèses psychologisantes, insultantes pour ces femmes, et face au fait que l'association de patientes EndoFrance ait pu soutenir le Dr Jean Belaisch et publier des articles en ce sens sur son site internet. A noter que l'association paie cher ce soutien. Malgré son nom, elle n'est pas représentative de ce que pense l'énorme majorité des endométriosiques et ne leur rend pas service en popularisant de telles thèses. (Suite à la campagne que j'ai menée, EndoFrance a dû clairement contester les thèses du psychanalyste, avec lequel elle avait pourtant signé un contrat (!) en 2005, mais elle ne s'est toujours pas détachée du Dr Jean Belaisch.)

A noter aussi que suite à la même campagne, le CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) a désavoué tous les auteurs qui invoqueraient des causes psychologiques, psychosomatiques, des sévices sexuels ou des traumatismes, etc. comme causes de l'endométriose.

Tout cela est dit en détail dans les articles cités. Je tenais simplement à rappeler quelques-unes des dimensions, pour mieux situer cette traduction dans son contexte.

Un article explicatif plus global suivra bientôt, qui permettra de mieux comprendre les enjeux, ainsi que les différences entre (les conséquences de) l’exérèse radicale conservatrice sans traitement hormonal préalable et les pratiques courantes en France. En espérant que les femmes prennent conscience de la misogynie médicale, du fait qu'elles doivent se révolter et exiger le respect. Elles doivent exiger la création de centres spécialisés en endométriose - dont l'efficacité est prouvée -, pour qu'elles aient les meilleures chances de guérison ou du moins d'amélioration durable et sans risques inutiles.

Merci à Em. pour la première version, revue par moi. Et merci au Dr David B. Redwine de m’avoir autorisé à traduire certains de ses textes et les publier sur Pharmacritique.

Elena Pasca

*

 « REDEFINIR L’ENDOMETRIOSE A L’AGE MODERNE »

par le Dr David Redwine

« L‘endométriose est un tissu qui ressemble dans une certaine mesure à l’endomètre, c’est-à-dire à la muqueuse tapissant la cavité utérine. On peut trouver ce tissu à des endroits différents de cette cavité qui est sa place naturelle. La douleur est le symptôme le plus important de cette maladie.

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24/07/2011

Endométriose: l’exérèse radicale sans traitement hormonal, seul traitement efficace (Dr Harry Reich)

Cet article est un compte-rendu commenté d’une vidéo filmée lors d’une réunion de l’Association Américaine de Chirurgie Laparoscopique Harry Reich.jpg(American Association of Laparoscopic Surgery), qui a eu lieu en 2007 à Washington. Le Dr Paul Indman (à gauche de l’image) discute avec le Dr Harry Reich des traitements de l’endométriose, et la conclusion est claire : le traitement hormonal n’a aucune efficacité, aucun intérêt, « l’Enantone, c’est zéro », comme n’importe quel analogue agoniste GnRH. « Ca ne marche pas du tout ». Seule l’exérèse radicale conservatrice de l’ensemble des lésions, nodules, endométriomes, etc., faite en dehors et à distance de tout traitement hormonal offre la possibilité d'une guérison définitive de l’endométriose.

J’ai détaillé certaines des questions soulevées ici et abordé la question de l’inutilité et des effets indésirables des analogues agonistes GnRH dans l’ensemble des indications (fibromes en préopératoire, cancer de la prostate, cancer du sein, procréation médicalement assistée, puberté précoce centrale, endométriose) dans l’introduction à la traduction d’un texte du Dr David Redwine, soulignant que ces pseudo-traitements médicamenteux hormonaux rendent la chirurgie incomplète, puisque le chirurgien ne peut enlever que ce qu’il peut voir, et induisent un cercle vicieux infernal pour les femmes qui souffrent d’endométriose. Maladie chronicisée pour le profit des laboratoires pharmaceutiques et de toute sorte de praticiens et de guérisseurs qui vivent de cette chronicisation. L’article en question est « Endométriose : le combat du Dr David Redwine contre les pseudo-traitements hormonaux, la psychologisation et la chronicisation ».

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17/07/2011

Endométriose: le combat du Dr David B. Redwine contre les pseudo-traitements hormonaux, la psychologisation et la chronicisation

Mise à jour (en italiques): Les articles sur l'endométriose sont accessibles à partir de cette page.

Lire en particulier l'article "Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne: Dr David Redwine sur l’endométriose et son traitement par exérèse radicale conservatrice", qui est une traduction en français d'un exposé scientifique (illustrations et explications à l'appui) des principales dimensions de l'endométriose David Redwine endosurgeon.jpg(causes, symptômes, analyse des techniques chirurgicales efficaces, dénonciation de l'inefficacité et de l'inutilité des "traitements" médicamenteux, critique des préjugés et de la méconnaissance de cette maladie par les médecins, etc.)

Ce n’est que le premier d’une série d’articles consacrés à l’endométriose (où le nom du Dr David B. REDWINE reviendra souvent) et à ses pseudo-traitements hormonaux qui la chronicisent pour le plus grand bonheur de Takeda Abbott, Ipsen, AstraZeneca, Ferring, Organon… et des médecins qu’ils paient. Un nombre très important de praticiens vivent de cette chronicisation (gynécologues médicaux, psychosomaticiens, psychiatres, psychanalystes, endocrinologues, guérisseurs de toute sorte…). La guérir, mettre un terme à cette véritable industrie de l’endométriose, impliquerait une énorme diminution de revenus de ces satellites des labos et des praticiens désinformés par le discours dominant, par une formation médicale continue assurée par des leaders d’opinion qui donnent leurs avis d’experts depuis des congrès luxueux qui ont lieu à Monte Carlo ou sur d’autres plages. Voici un exemple patent:

Le Dr Jean BELAISCH, promoteur de la psychologisation de l’endométriose en France, avec le soutien inexplicable d’une EndoFrance contestée, contente tous les acteurs de cette industrie : ceux qui vivent de la chronicisation par les médicaments et ceux qui vivent de l’absence patente de l’efficacité de ces derniers (psys, guérisseurs, etc.)... Le Dr Jean Belaisch a proposé de contourner la chirurgie et privilégier un « traitement empirique » médicamenteux pendant des années, avec des progestatifs et des analogues agonistes GnRH. Contourner la chirurgie veut dire médicamenter lourdement à l’aveugle, en prenant, outre le risque d'effets indésirables, le risque d'une erreur de diagnostic. Car on ne peut diagnostiquer l'endométriose que par la chirurgie, sans parler du diagnostic différentiel par rapport à un cancer des ovaires, par exemple, que seule l'analyse anatomopathologique permet d'exclure. De plus, le Dr Belaisch a fait ces propositions en 2007 lors des « Gynovations », luxueuse formation médicale continue annuelle, sponsorisée cette année-là par pas moins de 42 laboratoires pharmaceutiques et avec un « programme social » très opulent...

Je me demande pourquoi veut-il médicamenter lourdement et pendant des années des femmes souffrant d'une maladie dont il suppose qu'elle aurait pour cause (!) un « traumatisme psycho-sexuel » (viols, incestes, d'autres sévices sexuels) ou un abandon par les parents, dans la moitié des cas. Curieuse « cause » qui ne s'appliquerait qu'à la moitié des patientes du Dr Belaisch, avec tous les biais de recrutement existant dans la patientèle d'un médecin étiqueté depuis des décennies comme mettant tout ou presque sur le dos du psychisme, pour justifier les mauvais résultats des traitements médicamenteux, et sans la moindre étude pour étayer ses suppositions. Cette "cause" est frappée de nullité d'emblée pour tous ceux qui ont des notions de psychologie et de psychanalyse, car la relation de causalité ne s'applique pas au psychisme. C'est de la spéculation, au mauvais sens du terme. J'y reviendrai.

La seule chance de guérison, c’est une chirurgie selon certaines règles strictes, dont la première est qu’elle soit faite sans aucun « traitement » préopératoire et se base sur des examens qui cartographient les lésions et qui n’ont de chance de les voir toutes que lorsqu’ils sont faits en dehors (et même à distance) de tout pseudo-traitement hormonal. L'imagerie et l'examen clinique devraient être faits de préférence juste avant ou pendant les règles, lorsque les lésions atteignent leur maximum de visibilité. C'est là que les inflammations en surface indiquent aux chirurgiens qu'il faut creuser en profondeur, c'est là que les plans de clivage peuvent être très nets, que l'étendue des lésions apparaît, etc.

Je commence la série par la traduction d’un texte de l’excellent Dr David B. Redwine (voir aussi son site, Endopaedia): « Endométriose, ignorance, politique et "le choix de Sophie" » (c’est-à-dire un choix impossible). Il illustre parfaitement le calvaire des femmes endométriosiques et la torture psychologique et morale qu’elles ont à subir de la part de bon nombre de médecins, en plus de celle physique. Car l’endométriose est d’abord une maladie très douloureuse, avant d’être un souci de fertilité dans 30% des cas environ. La fertilité n’est autant mise en avant que parce que la misogynie – dont l’un des symptômes est la réduction des femmes à des utérus sur pattes, pondeuses d'hommes - est fortement enracinée dans nos cultures (voir mon article sur les racines de cette misogynie, à partir du livre de Guy BECHTEL, « Les quatre femmes de Dieu : la putain, la sorcière, la sainte et Bécassine », où j’ai abordé aussi des aspects liés à l’endométriose et à un dérapage récent en France).

En 2003, le rédacteur en chef de Gynaecology Forum, Stephen Killick, a demandé au Dr David B. Redwine de réunir plusieurs experts de renommée internationale autour de lui, pour consacrer un numéro au seul traitement efficace de l’endométriose: l'exérèse radicale conservatrice. Radicale parce qu’elle éradique toutes les lésions d’endométriose en même temps, quelle qu’en soit la localisation (intestins, vessie, ligaments, diaphragme, poumons, foie, péritoine, ovaires…), et conservatrice parce qu’elle ne cède pas à la facilité consistant à enlever les organes. Le point commun des intervenants est de ne pas céder non plus à une autre facilité qui se révèle être contre-productive et instaure un cercle vicieux infernal pour les femmes endométriosiques : les prétendus « traitements hormonaux » (analogues agonistes GnRH [Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Synarel, Supréfact…], les progestatifs macro-dosés [Surgestone, Lutényl, Lutéran…], le danatrol [Danazol]…) rendent la chirurgie incomplète, tout en exposant à des risques d’effets secondaires dont certains peuvent être très sévères, voire même irréversibles. Le schéma est totalement irrationnel: traitements médicamenteux inutiles et risqués (et qui retardent les grossesses ou créent des risques pour le foetus) --> chirurgies incomplètes --> autres traitements médicamenteux inutiles et risqués...

Je traduis ici l’introduction à ce numéro de Gynaecology Forum, faite par le Dr David B. Redwine, l’un des pionniers de l’exérèse radicale conservatrice et l'un des meilleurs chirurgiens actuels de l'endométriose. Merci à lui de m’avoir autorisé à traduire plusieurs de ses textes et les publier sur Pharmacritique. Et surtout un grand merci de m’avoir ouvert les yeux, à moi comme à beaucoup d’autres. Car c’est en lisant certains textes du Dr David Redwine, puis en correspondant depuis 2002 avec des professionnels de santé et des usagers états-uniens engagés que j’ai commencé à comprendre l’étendue et les conséquences de l’influence de l’industrie pharmaceutique sur l’ensemble du système de santé, de formation et d’information des médecins comme des usagers.

J’ai compris aussi à quel point les femmes endométriosiques françaises sont désavantagées. Parce que moins de dix chirurgiens français sont capables de faire une exérèse complète – et que même l’énorme majorité d'entre eux ne la font pas, parce que, du fait de leurs conflits d’intérêts, ils utilisent les pseudo-traitements hormonaux en préopératoire... Tout en sachant qu'ils se condamnent d'emblée à l'échec et à la répétition des interventions.

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