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11/01/2017

Endométriose: exérèse curative vs marchandisation à vie. Critiques de la chirurgie au Plasma Jet du Pr Horace Roman. Effets indésirables du Décapeptyl et autres médicaments

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Dans sa forme revue et augmentée du 15 janvier 2017, le texte fait à peu près 90 pages (avec beaucoup d'images). Les ajouts répétés rendent la forme moins endométriose traitement,endométriose chirurgie,endométriose traitement médical,endométriose traitement hormonal,endométriose exérèse,endométriose chronicisation,endométriose exérèse marges saines,enantone préopératoire,décapeptyl préopératoire,marchandisation de l'endométriose,endométriose conflits d'intérêt,cancer de la prostate agonistes gnrh,horace roman endométriose,rouendométriose industrie pharmaceutique,isabella chanavaz lacheray endométriose,endométriose décapeptyl,endométriose chirurgie plasma,plasma argon endométriose,ablation de l'endométriose,endométriose plasma jet,endométriose plasma horace roman,endométriose plasma fertilitélisible, d'autant que le format blog ne permet pas la pagination habituelle. Les retours sur certains arguments (avec des exemples différents), les images, les schémas et les liens explicatifs sont là pour permettre aux femmes concernées de comprendre en détail les méthodes du complexe médico-pharmaceutique et se défendre mieux.

Il faut tirer la sonnette d'alarme au plus vite quant à une régression spectaculaire qui se prépare dans le traitement de l'endométriose: le schéma de traitement anachronique, grevé de conflits d'intérêts et biais multiples, proposé par les praticiens du G4 (CHU de Rouen, Lille, Caen, Amiens), ce parfait exemple de complexe médico-industriel à échelle régionale, autour du Pr Horace Roman et utilisant les femmes de la cohorte CIRENDO du Nord-Ouest comme cobayes du shopping industriel, dans les termes du Pr Roman lui-même: one-stop shops. Tous les termes seront expliqués dans les chapitres dédiés.

Le Pr Horace Roman et le G4 ne sont qu'un point de départ, parce qu'il est question de leur influence sur les recommandations que la Haute Autorité de Santé doit émettre dans les mois à venir. J'évoque beaucoup d'autres praticiens ayant des conflits d'intérêts, partout en France, et des pratiques médicales et de recherche clinique dont les travers sont occultés grâce aux procédés rhétoriques communs dans la campagne d'influence en direction de l'opinion, des media, des autres professionnels de santé, des associations, etc. J'essaie de décortiquer les éléments de langage formant le discours marketing médico-pharmaceutique sur l'endométriose chronicisée et ses traitements chronicisants, discours utilisant de façon très sélective les données de la recherche, puisqu'il est  façonné pour satisfaire un maximum d'intérêts autres que ceux de la santé des patientes. J'expose les principales dimensions de la marchandisation de l'endométriose et de son industrialisation, comparable à celle du cancer du sein, y compris du côté d'associations sous influence. L'on assiste à une forme de disease mongering/façonnage de maladies/invention de maladies, puisque l'endométriose est réinventée sous un angle d'opportunités (de carrière, commerciales, ...), avec un storytelling qui permet d'imposer comme inévitables (et à très long terme) des médicaments dont l'efficacité n'a jamais été prouvée, malgré les centaines d'études financées par leurs fabricants.

Le G4 mène une campagne de communication tous azimuts afin de devenir LA référence et de faire adouber ses pratiques par les recommandations officielles. Or toutes les études proposées comme preuve ont un très faible niveau de preuve, une méthodologie faible, sans parler du fait qu'au moins quatre auteurs principaux (Mathieu Auber, Maud Vassilieff, Julie Ness, Solène Quibel, Isabelle Motte) de ces études de référence sont des... étudiants qui ont expérimenté l'ablation à l'énergie plasma, ont théorisé l'exérèse partielle vs celle radicale et le traitement médicamenteux pendant leur internat. Leur travail a été repris par le principal auteur senior, le Pr Horace Roman, et quelques autres signataires d'articles circulaires. Mais lui-même nous dit avoir "découvert l'endométriose en 2002, pendant [son] internat" (cf. l'interview donnée à ce site roumain), ce qui veut dire qu'en cinq ans de chirurgie gynécologique généraliste, il a été capable de tout apprendre sur toutes les pathologies et d'acquérir en même temps une expertise telle en endométriose qu'elle justifie de changer les pratiques courantes en France et à l'international. Puisqu'il préconise, dès novembre 2007, de remplacer la résection colorectale par des pratiques d'exérèse plus conservatrice (shaving, résection en pastille, résection superficielle) mais avec un risque fortement augmenté de persistance de l'endométriose. En 2009, il en arrive à l'ablation au Plasma Jet, au shaving par Plasma Jet sous agoniste GnRH, combinant ainsi les pires possibilités. Le changement de paradigme se base donc sur le travail de quatre étudiants, là où l'expérience des chirurgiens est cruciale. Pas étonnant que ces internes se rabattent sur des techniques incomplètes dont on peut effacer les traces (l'ablation brûle tout) et occulter les conséquences par des médicaments. L'exérèse radicale leur est inaccessible avant quelques dizaines d'années de pratique. 

Les analogues agonistes de la GnRH - Enantone, Décapeptyl, Synarel, Zoladex, dont l'homologation en endométriose et en fibromes se base sur une fraude - ne devraient même pas être autorisés dans l'endométriose. Ils sont inutiles, extrêmement risqués, et même contre-productifs (entre autres parce qu'ils diminuent temporairement la visibilité des lésions, et en imagerie et lors de la chirurgie, sans qu'il y ait forcément amélioration clinique). Takeda Abbott/AbbVie musèle les critiques et achète le silence de la plupart des victimes qui intentent des procès et ont des chances de l'emporter. Lorsque la bulle éclatera, le scandale des effets indésirables sera énorme. Combien d'invalides, de morts, d'années de souffrance, combien de fausses couches, d'enfants malformés et souffrant de neurotératologie fonctionnelle (troubles du comportement,...)?

Peut-on parler d'"expertise" du Pr Horace Roman au bout de quelques années de chirurgie gynécologique généraliste et d'obstétrique? S'agissant de changer les recommandations officielles, d'aller contre les standards internationaux et contre ceux dont l'expertise se compte en décennies à n'opérer que des endométrioses, il faudrait un peu plus. Sans oublier certaines allégations incorrectes faites sur des supports promotionnels et dans les media, s'agissant des chiffres de l'infertilité et des "preuves" de l'utilité du traitement médicamenteux dont le Pr Horace Roman dit qu'il serait "obligatoire". Il ne l'est que s'il s'agit d'assurer l'excellente santé des industriels en prenant ces femmes en otage pendant deux ou trois dizaines d'années. Pour toute une vie, en fait, puisqu'il faudra traiter les effets indésirables avec d'autres médicaments. Toute la chaîne de vente se frotte les mains, charlatans et vendeurs de remèdes "naturels" compris.

Il y a urgence. Il faut empêcher que les recommandations annoncées pour 2016/2017 reprennent et consacrent le schéma de traitement régressif, mais lucratif proposé par le Pr Horace Roman et le G4, qui inspire beaucoup d'autres. On renoncerait à vouloir apprendre l'exérèse radicale sous prétexte qu'elle fait trop de dégâts. Mais c'est le cas lorsque ce sont des praticiens inexpérimentés qui la pratiquent, et dans des conditions mauvaises. Où sont les déontologues de la Haute Autorité de Santé, censés veiller à l'indépendance des recommandations par rapport à l'industrie? 

Les autorités sanitaires (DGOS, HAS, ministère de la Santé) ainsi que l'association Endo France (soutien de première heure) et le Pr Loïc Marpeau ont déjà annoncé plus ou moins officiellement que l'expérimentation régionale de Normandie (autour du CHU de Rouen) constituera - avec celle de la région PACA portant sur la mise en réseau de professionnels et d'outils - le fondement des recommandations de prise en charge de l'endométriose par la Haute Autorité de Santé, notamment par "l'évaluation des méthodes de prise en charge (médicaments ou chirurgie)" faite par le G4. Des praticiens ayant des rémunérations personnelles et qui sont les promoteurs directs d'un instrument me-too évaluent les méthodes de traitement pour le compte des autorités sanitaires...

Les deux expérimentations et les recommandations de la HAS qui devraient les adouber sont même censées être les fondements d'un "nouveau modèle de prise en charge de l'endométriose", selon un communiqué de la ministre Marisol Touraine. On peut craindre la chronicisation, la marchandisation et l'industrialisation définitives de l'endométriose.

 

Régression à un schéma thérapeutique désavoué car cumulant trop de risques

Il y a deux variantes d'une même régression thérapeutique, ce qui la rend encore plus intéressante - dans tous les sens du terme "intérêt" - pour les praticiens de plusieurs disciplines, là où seuls quelques rarissimes chirurgiens expérimentés étaient légitimes. Sous le prétexte très à la mode d'une "prise en charge pluridisciplinaire", le Pr Horace Roman nous propose une régression

- soit à un traitement purement médicamenteux de l'endométriose, à l'efficacité non prouvée, qui peut être pratiqué par des généralistes, des gynécologues, des endocrinologues, etc. avec divers médicaments choisis en fonction des liens d'intérêt avec tel industriel ou parce que les praticiens auront été influencés par la communication d'influence des leaders d'opinion ayant des conflits d'intérêts (dans la formation médicale continue, la presse spécialisée, ...)

- soit à un schéma de traitement en trois temps, auquel évidemment toutes les spécialités médicales ont intérêt. Tout le monde peut y trouver son compte, sauf les femmes concernées. D'autant que le Pr Horace Roman veut faire tomber l'exigeante exérèse radicale et la remplacer par des techniques d'exérèse partielle ou d'ablation me-too avec des instruments me-too qui peuvent être expérimentés à l'infini sur les cohortes inter-régionales de femmes par des formules de services tout-compris (one-stop shops) que le G4 propose aux industriels d'acheter.

Ce schéma de traitement en trois temps relève du passé; contrairement à ce qui est dit par ces praticiens et les associations qui les soutiennent, il est déconseillé partout, car maximisant les risques, et ce pour une efficacité moindre que l'exérèse complète seule, dont seuls quelques praticiens en fin de carrière et ultraspécialisés sont capables en France. Il se compose de : 1/ un traitement préopératoire par analogue agoniste GnRH, 2/ une technique d'ablation lucrative (à la place d'une exérèse radicale trop difficile à apprendre et à généraliser et qui se pratique à perte), ablation dont l'incomplétude serait compensée par 3/ un traitement médicamenteux jusqu'à la endométriose traitement,endométriose chirurgie,endométriose traitement médical,endométriose traitement hormonal,endométriose exérèse,endométriose chronicisation,endométriose exérèse marges saines,enantone préopératoire,décapeptyl préopératoire,marchandisation de l'endométriose,endométriose conflits d'intérêt,cancer de la prostate agonistes gnrh,horace roman endométriose,rouendométriose industrie pharmaceutique,isabella chanavaz lacheray endométriose,endométriose décapeptyl,endométriose chirurgie plasma,plasma argon endométriose,ablation de l'endométriose,endométriose plasma jet,endométriose plasma horace roman,endométriose plasma fertilitéménopause.

Ce schéma en trois étapes a été préconisé il y a 20-30 ans, lorsque les médicaments de type danatrol (Danazol), puis les agonistes GnRH, puis les progestatifs ont été mis sur le marché ou étendus à l'indication "endométriose". C'est à ce moment-là qu'a commencé le storytelling tel qu'il est diffusé encore aujourd'hui. Les spin doctors du complexe médico-pharmaceutique ont tissé un discours fait de pseudo-évidences visant à jeter le discrédit sur la chirurgie (qui traitait fort bien l'endométriose, mais par laparotomie), afin de créer un marché aux médicaments. Et de faire une place sur le marché à la longue série d'instruments chirurgicaux me-too expérimentés par la voie laparoscopique, avec des prétentions à la minimisation de l'impact (minimally invasive surgery inspirée de la microchirurgie), mais sans les compétences particulières qui vont avec. Et comme la chirurgie effectivement pratiquée - par des chirurgiens non formés et par les internes qui font le gros du travail en secteur public - est loin de donner ce qu'elle donne lorsqu'elle est faite par les chirurgiens experts, toutes techniques confondues, les industriels ont proposé à tous un cache-misère médicamenteux en continu ainsi que des techniques d'ablation moins exigeantes. C'est l'involution que décrit le Dr David Redwine dans l'article traduit sur cette page: "Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne", concluant que le traitement médical est la marque de fabrique de ceux qui ne savent pas traiter l'endométriose.  

Ces techniques d'ablation ont plusieurs mérites, mais pas tellement en tant que traitements... Elles sont très lucratives, et leurs fabricants sont prêts à investir beaucoup pour les promouvoir. Chaque chirurgien peut donc inscrire son nom dans l'histoire en communicant sur l'expérimentation de l'instrument de l'industriel qui le paie (et paie la campagne de communication et d'influence). Elles ont un autre intérêt: la thermodestruction ne laisse aucune trace. Tout est brûlé, personne ne peut donc dire s'il s'agissait vraiment d'endométriose, par exemple. On doit croire les chirurgiens sur parole. Même chose quant à l'exérèse incomplète: si l'on ne fait pas de résection segmentaire, qui peut dire qu'il n'y a pas un autre nodule à côté de celui excisé en pastille? 

Voilà où nous en sommes.

 

Mulleriose et métaplasie coelomique: une causalité qui fait de l'endométriose une maladie curable par une exérèse radicale sans médicaments

Il faudrait que les recommandations annoncées soient l'occasion d'une refonte du modèle explicatif des causes et de l'histoire naturelle de l'endométriose, intégrant les informations qui confirment une théorie dont les praticiens n'expliquent pas les conséquences aux patientes, parce que cela exclut tout médicament: les anomalies embryonnaires, les résidus des canaux de Muller. Le Dr David Redwine parle de mulleriose dans ce texte et dans celui-ci: Mulleriosis: the single best fit model of origin of endometriosis. J Reprod Med 1988;33:915-920.). Il y a des processus de métaplasie cœlomique, sous l'influence de plusieurs facteurs, parmi lesquels l'exposition de l'embryon à des perturbateurs endocriniens. Ces anomalies mulleriennes deviennent symptomatiques à la puberté chez les femmes et lors d'un traitement par œstrogènes chez les hommes. Les études détaillées comparant l'endomètre eutopique (muqueuse utérine) et des lésions censées être de l'endomètre ectopique prouvent qu'ils ne sont pas identiques; ils se ressemblent parce qu'ils ont un précurseur commun.

Les lésions de la mal nommée endométriose ne sont pas de l'endomètre reflué par menstruation rétrograde et autotransplanté à l'infini, qui rendrait donc cette maladie chronique. Les deux théories sont contradictoires. L'existence d'endométriose chez les hommes et de lésions chez des fœtus femelles avortés excluent l'idée de reflux menstruel. La mulleriose veut dire que trouver et exciser toutes les lésions (avec des marges saines) peut éradiquer définitivement l'endométriose. 

Il faudrait que le discours marketing soit décortiqué, pour que l'on cesse de mettre sur le dos de l'endométriose ce qui relève des effets indésirables des médicaments et des chirurgies mal faites. Il faudrait que les femmes ayant subi ce cercle vicieux soient reconnues comme des victimes de iatrogénie médicamenteuse et chirurgicale et soignées en conséquence. C'est le cas de l'écrasante majorité en France. Ce qui éviterait que les jeunes générations subissent le même sort.

Il faut que la Haute Autorité de Santé exige que les standards internationaux soient appliqués par les praticiens, que toutes les femmes soient opérées rapidement et d'emblée par exérèse radicale conservant les organes, faite dans les conditions précises qui en assurent le succès (chez des femmes sans traitements hormonaux préalables, après une cartographie radiologique et un examen clinique incluant le toucher rectal faits eux aussi en dehors et à distance de tout traitement hormonal, etc.). Et que l'exérèse soit pratiquée par des chirurgiens expérimentés et spécifiquement formés. 

Or en France, je compte trois chirurgiens (et quelques autres en voyant large) qui peuvent prétendre à un label d'expert - connaître l'endométriose et savoir faire de l'exérèse complète -, mais même eux la font habituellement sous agoniste GnRH (Décapeptyl ou Enantone). Sauf lorsque les patientes se font opérer en dehors de toute étude (dans laquelle les industriels imposent leurs produits), refusent tout médicament et tiennent bon. Ou ne disent pas qu'elles ne l'ont pas pris. Pourtant, l'utilité d'un traitement préopératoire n'a jamais été prouvée. Au contraire, les études ont mis en évidence des effets contre-productifs: les risques de ne pas voir toute l'endométriose, de rendre l'identification des plans de clivage plus difficile, voire impossible, d'emporter trop de tissu sain, etc. Sans même parler des effets indésirables. 

Le Pr Horace Roman et quelques autres ont repris le storytelling médico-pharmaceutique. Il multiplie les écrits à destination de tous les publics disant que le traitement médicamenteux ne serait "pas une option, mais une obligation" (!) Les conflits d'intérêts sont ahurissants, mais non déclarés dans les media et non connus par les femmes et les associations concernées. Ils relativisent d'emblée la crédibilité.

Et les résultats donnés dans les études de ces auteurs du G4 sont bien en-deça de ceux escomptés, malgré tous les biais permettant à leurs auteurs de les embellir. Les résultats en termes de grossesses comme en termes d'amélioration durable des symptômes ne justifient en rien de remplacer l'exérèse radicale par une exérèse partielle, ni de remplacer l'exérèse par l'ablation, ni de faire l'ablation à l'énergie plasma argon (et non pas au laser CO2, par exemple). Il y a même une mauvaise surprise, occultée, quant à l'état de la réserve ovarienne. 

Il y aura des articles détaillés, pour rendre compte de certaines initiatives, creuser tout ce que j'ai dit ici et exposer une quantité énorme d'informations sur l'endométriose et ses traitements, ainsi que sur les mauvaises pratiques et les ratés des praticiens français. Informations et témoignages accumulés depuis 2003, par divers moyens, y compris en dialoguant avec des femmes atteintes d'endométriose et des professionnels de santé de plusieurs pays.

Plusieurs textes sont accessibles sur Pharmacritique en descendant sur cette page. Il y a eu une interruption ces dernières années, à cause de mes soucis de santé.

 

Une bulle médiatique par un effet boule de neige reprenant tels quels les éléments de langage du discours médico-pharmaceutique

Ce très long article a une dimension "billet d'humeur" assumée, parce qu'elle traduit mon endométriose traitement,endométriose chirurgie,endométriose traitement médical,endométriose traitement hormonal,endométriose exérèse,endométriose chronicisation,endométriose exérèse marges saines,enantone préopératoire,décapeptyl préopératoire,marchandisation de l'endométriose,endométriose conflits d'intérêt,cancer de la prostate agonistes gnrh,horace roman endométriose,rouendométriose industrie pharmaceutique,isabella chanavaz lacheray endométriose,endométriose décapeptyl,endométriose chirurgie plasma,plasma argon endométriose,ablation de l'endométriose,endométriose plasma jet,endométriose plasma horace roman,endométriose plasma fertilitéindignation face à la bulle médiatique formée autour du Pr Horace Roman, autour du Plasma Jet et du schéma de médicamentation à long terme. Sans esprit critique. Il n'y a aucune objection, même pas pour dire que tout cela se base sur des théories invalidées par la littérature médicale (la théorie du reflux menstruel récurrent, qui rendrait l'endométriose chronique tant qu'il y a des règles et rendrait inévitable leur suppression continue par des médicaments, présentée parfois en parlant juste de localisations ectopiques d'endomètre).

Il n'y a pas d'objection pour dire que ce schéma de traitement ne correspond pas aux standards internationaux; que les toutes les études bien faites du point de vue de l'evidence-based medicine (cf. méta-analyse de Cochrane) ont conclu à la supériorité de l'exérèse radicale conservant les organes, à l'inutilité du traitement médicamenteux post-opératoire si la chirurgie est complète; pour dire qu'il n'y a pas de bon niveau de preuve pour étayer l'allégation d'une efficacité supérieure d'un traitement médicamenteux en continu par rapport à celui cyclique en cas de chirurgie incomplète. Mais les firmes ont beaucoup de contraceptifs en continu à placer sur le marché.

Il y a même une admiration béate, alors que le Pr Horace Roman propose aux industriels une cohorte de 900 femmes atteintes d'endométriose avec carrément des "one-stop shops": des achats multiservices pour satisfaire tous leurs besoins par une seule équipe publique. (Elles étaient 900 en 2013, comme on le verra plus bas, c'est-à-dire avant la labellisation facilitée par Endo France, qui a certainement permis de fournir plus de testeuses aux industriels).

One-stop shop en matière de recherche médicale veut dire qu'un établissement public propose de se endométriose traitement,endométriose chirurgie,endométriose traitement médical,endométriose traitement hormonal,endométriose exérèse,endométriose chronicisation,endométriose exérèse marges saines,enantone préopératoire,décapeptyl préopératoire,marchandisation de l'endométriose,endométriose conflits d'intérêt,cancer de la prostate agonistes gnrh,horace roman endométriose,rouendométriose industrie pharmaceutique,isabella chanavaz lacheray endométriose,endométriose décapeptyl,endométriose chirurgie plasma,plasma argon endométriose,ablation de l'endométriose,endométriose plasma jet,endométriose plasma horace roman,endométriose plasma fertilitécharger de tout, pour le compte d'un industriel qui dit ce qu'il veut obtenir et contrôle tout le processus. Et ce depuis la conception d'un produit jusqu'aux dimensions marketing, c'est-à-dire la communication et l'optimisation de la stratégie de vente, en passant par la mise en place et la réalisation de la recherche clinique, dont la méthodologie exclut toute possibilité d'invalider les allégations d'utilité, d'efficacité ou de nocivité moindre des produits industriels testés (médicaments et/ou instruments).

Les hôpitaux publics formant le G 4 (les CHU de Rouen, Amiens, Lille, Caen) - qui "disposent" de leurs patientes sous forme de la cohorte CIRENDO  - proposent de fonctionner comme n'importe quelle société privée de recherche sous contrat permettant aux industriels d'externaliser une partie de leurs activités. J'analyse cela en détail dans le chapitre dédié. (L'image est tirée de cette page).

L'idée de cette régression, d'une telle dépendance à vie des femmes, d'une telle soumission aux intérêts particularistes m'est insupportable, en tant que citoyenne lambda, en tant que philosophe engagée contre le lobbying, les conflits d'intérêts et les formes d'influence, en tant que femme manifestant une solidarité de genre avec ces femmes traitées comme des cobayes et ayant des proches qui ont subi les mauvais traitements (au double sens du terme). Mais aussi en tant que membre du conseil d'administration de Sciences Citoyennes.

Outre les citoyens engagés, l'association Sciences Citoyennes réunit des lanceurs d'alerte et des chercheurs - y compris du Nord - qui luttent au quotidien contre ces pratiques, font des analyses critiques des politiques de recherche et de la soumission au privé, aux industriels, et lancent des initiatives françaises et européennes pour une recherche responsable, au service des citoyens. Je les évoque dans le chapitre dédié, tout comme les lois et les réglementations successives en France et en Europe qui ont entériné cette soumission aux intérêts économiques et financiers des multinationales, à travers les groupements publics d'intérêt, les partenariats public-privé, etc.

J'invite toutes les associations qui soutiennent et/ou conseillent le Pr Horace Roman - lui et les autres praticiens impliqués dans le G4 et la CIRENDO (les CHU de Rouen, Amiens, Caen et Lille), de même que les quelques autres chirurgiens d'autres régions qui font de l'ablation à l'énergie plasma au gaz argon et de l'exérèse conservatrice - à suivre les liens que je donne déjà dans cet article et à réfléchir sur les conséquences de leur soutien et de la publicité ainsi faite.

J'en appelle au Formindep, à la revue Prescrire, à tous les esprits critiques à se saisir du sujet et à réagir avant que ces pratiques intéressées soient adoubées au niveau national par les recommandations.

J'invite les journalistes à sortir de leur admiration béate et à faire leur travail. En 2007, lorsque j'ai commencé Pharmacritique, il n'y avait pas grand monde à parler publiquement des travers du complexe médico-pharmaceutique, mais il me semblait qu'ils avaient compris entre-temps la nécessité d'un recul critique face aux annonces publicitaires et d'une investigation qui ne consiste pas à faire des documentaires en transposant pour la télévision ce qui est sur internet depuis dix ans et a fait déjà des milliers de victimes. Qu'ils creusent dès qu'il y a l'annonce d'une technologie soi-disant "révolutionnaire", au lieu de reprendre les communiqués de presse des firmes et d'interviewer les praticiens qui portent leurs intérêts, sans même leur demander de faire une déclaration publique d'intérêts, pourtant obligatoire selon l'article 26 de la loi du 4 mars 2002.

 

L'approche proposée minimise les chances de la chirurgie, maximise ses risques et les effets indésirables des médicaments à l'efficacité non prouvée

Les effets indésirables des médicaments seront abordés à plusieurs endroits, particulièrement dans la partie de fin de ce texte, parlant d'une doxa qui présente comme logique la suppression oestrogénique et attribue ces réactions adverses à... l'endométriose elle-même. Je commence par les effets contre-productifs sur l'intervention chirurgicale.

Les chirurgiens savent que ces techniques d'exérèse conservatrice et d'ablation sont incomplètes, qu'en les choisissant, ils choisissent de laisser en place une certaine quantité d'endométriose. Ce risque est majoré si la chirurgie se fait sous traitement de suppression hormonale, que l'on utilise un agoniste GnRH (Décapeptyl, Enantone, Synarel, Zoladex,...), un progestatif ou un contraceptif en continu, et même un contraceptif cyclique, s'agissant de certains risques pour la chirurgie.

Combiner une technique d'ablation ou d'exérèse partielle avec un traitement médicamenteux préopératoire, c'est exclure toute chance de guérison. Rajouter un traitement médicamenteux cache-misère jusqu'à la ménopause, c'est rajouter des risques, sans efficacité à long terme, une sorte de sparadrap qui ralentirait la repousse.

Quelle est la logique expliquant que l'on prescrive à long, voire à très long terme des médicaments dont l'efficacité n'a jamais été prouvée, malgré les centaines d'études financées par leurs fabricants, avec tous les biais et les méthodes douteuses que l'on retrouve à chaque fois que des investigations sont faites? Un médicament inutile rend d'autant plus inacceptable les effets indésirables, qui sont désastreux, particulièrement avec Enantone, Décapeptyl, Synarel...

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29/07/2011

"Redéfinir l’endométriose à l’âge moderne": Dr David B. Redwine sur l’endométriose et son traitement par exérèse complète sans médicaments

Mise à jour de décembre 2016:

[1) Cet article est complété par un texte de plus de 70 pages posté fin décembre 2016:  "Endométriose: exérèse curative vs. marchandisation à vie. Critiques de la chirurgie au Plasma Jet du Pr Horace Roman. Risques d'une chirurgie sous traitement hormonal." Car c'est une marchandisation à vie que propose l'équipe du CHU de Rouen et d'autres, réunis dans l'association RouEndométriose et le G4, autour du Pr Horace Roman - tous largement financés par l'industrie pharmaceutique et les fabricants de dispositifs médicaux. La marchandisation et la mise en place d'une véritable industrie de l'endométriose sont une conséquence logique de la chronicisation par médicaments décrite plus bas, couplée à des techniques ablatives inefficaces,  telles que le Plasma Jet du fabricant Plasma Surgical, qui finance massivement. Une campagne toute aussi massive de communication a permis la médiatisation d'un schéma de traitement présenté comme "une obligation", qui est une régression par rapport aux standards internationaux préconisant l'exérèse complète.]

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A la suite des autres articles sur l'endométriose, accessibles en descendant sur cette page, voici la endométriose traitement hormonal,endométriose décapeptyl,endométriose analogues agonistes gnrh,endométriose médicaments effets secondaires,enantone effets indésirables,décapepetyl effets indésirables,endométriose traitement chirurgical,endométriose ménopause artificielle,endométriose guérison,endométriose progestatifs effets indésirables,endométriose chirurgie exérèse,endométriose ovaires,endométriose infertilité,métaplasie coelomique endométriose,endométriose génétique,endométriose psychologie,endométriose cause,endométriose chirurgie risques,jean belaisch endométriose,endométriose grossesse,david redwine endométriose,endométriose patrick madelenat,endométriose charles chapron,revue gynécologie obstétrique et fertilité endométriose,endométriose reflux menstruel,endométriose exérèse,endométriose enantone,endométriose traitement médical,endométriose médecines douces,endométriose cause sampson,endométriose industrie pharmaceutique,endométriose conflits d'intérêt,endométriose traitementtraduction d’un texte édifiant et synthétique sur l'endométriose, ses causes, ses symptômes, ses formes et son seul traitement efficace, écrit par le chirurgien David B. REDWINE et repris début 2005 dans la revue italienne Leadership Medica. L‘original, intitulé "Redefining Endometriosis in the Modern Era", est sur cette page.

Il s'agit d'en finir avec les mythes et les préjugés d'un autre âge, avec cette ignorance et ces clichés sur le pseudo-traitement médicamenteux savamment entretenus pour justifier le maintien du statu quo, c'est-à-dire cette chronicisation de l'endométriose pour les profits des laboratoires pharmaceutiques qui commercialisent des analogues agonistes GnRH (Enantone, Décapeptyl...) ou des progestatifs (Lutényl, Surgestone...) ainsi que pour les profits des médecins leaders d’opinion qu'ils paient comme consultants et de tous ceux qui vivent de l'industrie de l'endométriose.

Ces questions ont été abordées de façon très détaillée dans l’introduction à la traduction d’un autre article du même médecin : "Endométriose : le combat du Dr David B. Redwine contre les pseudo-traitements hormonaux, la psychologisation et la chronicisation".

Le seul traitement de l’endométriose, c’est l’exérèse complète conservant les organes– évoquée aussi par le Dr Harry Reich (cf. cette page pour les détails en français) - que trop peu de chirurgiens maîtrisent, malheureusement. Et même ceux qui la maîtrisent la rendent partielle, donc inefficace à terme, car ils la pratiquent alors que la patiente est sous un traitement hormonal, par analogues agonistes GnRH (Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Synarel...) ou par progestatifs (Lutéran, Lutényl, Surgestone, Cérazette...).

David B. Redwine est l'un des meilleurs chirurgiens de l’endométriose au monde. Pionnier de la technique de l’exérèse, auteur de centaines d’articles, exposés, démonstrations ainsi que de plusieurs livres et chapitres de livres (dont "Surgical Management of Endometriosis" 2004, "100 Questions and Answers about Endometriosis", 2008), il a aussi beaucoup contribué à la description endométriose traitement hormonal,endométriose décapeptyl,endométriose agonistes gnrh,endométriose médicaments,enantone effets indésirables,décapepetyl effets indésirables,endométriose traitement chirurgical,endométriose ménopause artificielle,endométriose guérison,endométriose progestatifs,endométriose chirurgie récidive,endométriose exérèse,endométriose causes,endométriose infertilité,métaplasie coelomique endométriose,endométriose génétique,endométriose psychologie,endométriose endomètre ectopique,endométriose chirurgie risques,jean belaisch endométriose,endométriose grossesse,david b redwine endométriose,endométriose patrick madelenat,endométriose charles chapron,adénomyose,endométriose reflux menstruel,endométriose enantone,endométriose traitement médical,endométriose médecines douces,endométriose cause,endométriose industrie pharmaceutique,endométriose conflits d'intérêt,endométriose traitement,endométriose anomalies embryonaires,endométriose mulleriose,endométriose canaux de muller,endométriose péritonéale,endométriose exérèse complètedes formes moins évidentes et moins connues de la maladie, telles que les "lésions subtiles", les vésicules et papules, les formes fibreuses, etc. (Voir son site ENDOPAEDIA pour plus de détails).

Dans l'article déjà cité, j'ai présenté ses activités, les écrits et les organisations professionnelles dont le Dr David Redwine fait partie.

Pour mieux comprendre, voici un sommaire des aspects évoqués en détail dans les articles précédents.

Il vaut mieux commencer par lire cet article, pour comprendre le calvaire que vivent les femmes françaises souffrant d'endométriose, parce que très peu de chirurgiens maîtrisent l'exérèse complète conservatrice (conservatrice ici au sens de "conserver les organes", pas d'intervention minimale). Cette technique est pourtant reconnue partout comme le seul traitement capable de guérir l'endométriose, si elle est faite dans certaines conditions.

Les Françaises qui souffrent d'endométriose vivent un cercle vicieux de traitements médicamenteux inutiles, contre-productifs et très risqués, suivis de chirurgies rendues incomplètes par l'effet temporaire de ces mêmes médicaments, puis d'autres "cures" de médicaments, puis d'autres interventions incomplètes et par des techniques inadéquates, avec les séquelles inévitables telles que les adhérences... Séquelles dont ceux qui ne veulent pas d'une guérison chirurgicale se servent pour discréditer la chirurgie, mettant dans le même sac toutes les techniques chirurgicales, pour dire que la chirurgie en général aurait des effets délétères en endométriose, que les risques de séquelles chirurgicales l'emporteraient sur les bénéfices.

C'est ainsi que l'on a pu lire dans la revue Gynécologie, Obstétrique et Fertilité, qui se veut pourtant scientifique et éditée par un éditeur (Elsevier) se prétendant lui aussi scientifique, des éditoriaux et autres impressions (car il ne s'agit pas d'articles référencés) appelant les chirurgiens d'avoir "pitié pour les femmes" souffrant d'endométriose, ce qui voudrait dire ne pas les opérer, parce que cela les exposerait à trop de risques.

Des auteurs tels que le Dr Jean Belaisch et le Dr Alain Audebert sont dans cette optique. Il faudrait proposer aux femmes souffrant d'endométriose un"coaching" (!) leur apprenant à vivre avec, à l'accepter au lieu de vouloir s'en débarrasser. A grands renforts de traitements hormonaux empiriques pendant des années, voire des dizaines d'années. Et ces mêmes femmes se verront traiter (dans la même revue et dans d'autres de la même trempe) d'emmerdeuses, sans aucun respect. Comment réagir lorsqu'un médecin (Sylvain Mimoun) dit à d'autres qui participeront eux aussi à la prise en charge de femmes endométriosiques: "je vous souhaite bien du plaisir"! et d'autres remarques dégradantes?

Mais les effets délétères de la chirurgie qui sont ainsi montés en épingle sont ceux accumulés à cause d'interventions chirurgicales répétées, car partielles et faites par des techniques inadéquates et dangereux pour les organes, comme les techniques thermiques dont il est impossible de maîtriser l'effet sur des tissus superposés et qui endommagent souvent des tissus fragiles tels que les ovaires. Ce dont il s'agit avec l'exérèse radicale, c'est de tout exciser en une seule opération faite dans des conditions optimales de visibilité.

L'article cité explique pourquoi les pseudo-traitements hormonaux de type analogues agonistes GnRH [Enantone, Décapeptyl...] ou alors progestatifs [Lutéran, Lutényl, Surgestone...] condamnent les chirurgies à l'échec et détaille les effets indésirables de ces médicaments.

Au calvaire physique s'ajoute la torture morale que vivent ces femmes, à cause de ce type de traitement dégradant et humiliant. Qui arrive à son apogée dans les agissements et les paroles de  certains médecins qui sont influencés par les thèses ineptes du Dr Jean Belaisch. Selon les idées de ce médecin qui en est resté à une image des femmes d'un autre siècle, des traumatismes psycho-sexuels seraient la "cause" de l'endométriose chez une centaine de ses patientes. Une centaine sur les 200 qu'il évoque de son expérience empirique, donc sans aucune étude ni autre évaluation scientifiques.

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24/07/2011

Endométriose: l’exérèse complète sans traitement hormonal, seul traitement efficace (Dr Harry Reich)

Mise à jour du 3/12/2016 Outre cet article, il faut lire deux autres textes très détaillés sur le même thème:

- l'un qui inclut la traduction d'un article du Dr David Redwine abordant toutes les dimensions importantes, depuis les causes et les symptômes jusqu'aux traitements médicaux (inutiles) et au seul traitement utile: la chirurgie d'exérèse complète, faite dans certaines conditions, en dehors et à distance de tout traitement médicamenteux hormonal: "Redéfinir l'endométriose à l"âge moderne". Il est évoqué plus bas dans l'article, mais l'affichage de la page a été défectueux pour tous les lecteurs utilisant des navigateurs autres que Mozilla Firefox. Ce n'est qu'il y a quelques semaines que j'ai réussi à réparer cela. 

- un autre, posté le 24 novembre 2016, qui complète le premier: "Exérèse curative vs. marchandisation à vie. Risques de la chirurgie sous traitement hormonal"

Les deux abordent l'exérèse versus les techniques d'ablation de l'endométriose, les risques d'un traitement médicamenteux préopératoire (Décapeptyl, Enantone, ...), les effets indésirables des traitements médicamenteux y compris dans d'autres indications (cancers de la prostate, fibromes en préopératoire, puberté précoce centrale, procréation médicalement assistée). Dans ces deux articles et dans celui-ci, il est question aussi de l'impact délétère sur la fertilité et des effets toxiques sur la grossesse: fausse couche et autres effets foetotoxiques (malformations (effets tératogènes)), ainsi que de la neuro-tératologie fonctionnelle (troubles neurologiques et neuropsychologiques, notamment des troubles du comportement apparaissant plusieurs années après la naissance, voire même à la puberté).

Cet article est un compte-rendu commenté d’une vidéo filmée lors d’une réunion de l’Association Américaine de Chirurgie Laparoscopique Harry Reich.jpg(American Association of Laparoscopic Surgery), qui a eu lieu en 2007 à Washington. Le Dr Paul Indman (à gauche de l’image) discute avec le Dr Harry Reich des traitements de l’endométriose, et la conclusion est claire : le traitement médical hormonal n’a aucune efficacité, aucun intérêt, « l’Enantone, c’est zéro », comme n’importe quel analogue agoniste GnRH. En France, à cause de l'offensive d'Ipsen, qui paie beaucoup de chirurgiens, gynéologues médicaux et autres, c'est le Décapeptyl qui est massivement prescrit. Tout aussi "zéro" côté efficacité, tout aussi risqué et contre-productif pour la chirurgie.

« Ca ne marche pas du tout », insiste le Dr Harry Reich. Seule l’exérèse complète de l’ensemble des lésions, nodules, endométriomes, etc., qui conserve les organes et est faite en dehors et à distance de tout traitement hormonal offre la possibilité d'une guérison définitive de l’endométriose. Cela rejoint le point de vue du Dr David Redwine - exposé dans les articles mentionnés, qui incluent des traductions de deux de ses textes - et de tous les chirurgiens états-uniens spécialisés dans le traitement de l'endométriose et indépendants à la fois de l'industrie pharmaceutique et des industriels qui fabriquent des instruments chirurgicaux. Le schéma est toujours le même: ceux-ci mettent en place des campagnes publicitaires et d'influence et paient des chirurgiens pour promouvoir une énième version d'instrument chirurgical pour faire non pas de l'exérèse, mais une ablation de l'endométriose, généralement par thermodestruction (carboniser, "vaporiser" l'endométriose). Une ablation sous traitement médicamenteux, c'est combiner le pire, en tout cas, c'est exclure toute chance de chirurgie complète, donc exclure toute chance de guérison.

J’ai détaillé certaines des questions soulevées ici et abordé la question de l’inutilité et des effets indésirables des analogues agonistes GnRH dans l’ensemble des indications (fibromes en préopératoire, cancer de la prostate, cancer du sein, procréation médicalement assistée, puberté précoce centrale, endométriose) dans l’introduction à la traduction d’un texte du Dr David Redwine, soulignant que ces pseudo-traitements médicamenteux hormonaux rendent la chirurgie incomplète, puisque le chirurgien ne peut enlever que ce qu’il peut voir, et induisent un cercle vicieux infernal pour les femmes qui souffrent d’endométriose. Maladie chronicisée pour le profit des laboratoires pharmaceutiques et de toute sorte de praticiens et de guérisseurs qui vivent de cette chronicisation. L’article en question est « Endométriose : le combat du Dr David Redwine contre les pseudo-traitements hormonaux, la psychologisation et la chronicisation ».

Le texte le plus clair et le plus argumenté est celui paru sur cette page, sous le titre ""Redéfinir l'Endométriose à l'âge moderne": le Dr David Redwine sur l'endométriose et son traitement par exérèse complète conservant les organes". Il contient une longue introduction et la traduction d'un texte synthétique du Dr David Redwine, portant sur les points les plus importants: sur les symptômes et les localisations de l'endométriose, sur son pseudo-traitement médicamenteux inefficace mais ayant beaucoup d'effets indésirables, sur la cause de l'endométriose, avec l'historique de l'étude de cette maladie et les diverses théories causales démenties par les faits mais toujours utilisées. Pourquoi? Parce qu'une explication telle que la théorie de John Sampson, parlant d'un reflux menstruel de l'endomètre qui irait se greffer sur des organes pelviens sert d'excuse aux médecins pour les traitements inappropriés: un reflux menstruel chronique ferait de l'endométriose une maladie impossible à guérir. Si l'endométriose revient tant qu'il y a des règles, il n'y a pas d'autre choix que de prendre jusqu'à la ménopause des traitements hormonaux supprimant les règles... Mais les maillons de la chaîne de vente - allant des industriels jusqu'aux médecins prescripteurs et aux associations influencées par les membres de leurs comités scientifiques - ne disent pas que cette théorie non seulement n'a jamais été prouvée, mais a été infirmée de plusieurs points de vue. Il faudra revenir sur les détails dans un autre article.

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17/07/2011

Endométriose: Dr David B. Redwine contre le traitement médicamenteux, la psychologisation et la chronicisation

Mise à jour du 3 décembre 2016: Les articles sur l'endométriose sont accessibles à partir de cette page. Le dernier, en date du 24 novembre 2016, vaut le détour : "Endométriose: exérèse curative vs. marchandisation à vie. Risques d'une chirurgie sous traitement hormonal."

La marchandisation à vie est plus que jamais d'actualité, compte tenu de l'offensive marketing et financière tous azimuts des industriels fabricant des instruments chirurgicaux tels que Plasma Surgical (pour l'instrument de thermodestruction par énergie plasma au gaz argon Plasma Jet), Ethicon et d'autres, ainsi que des laboratoires pharmaceutiques fabricant toutes les classes de médicaments hormonaux que l'on peut prescrire chez une femme endométriosique médicamentée en continu jusqu'à la ménopause, pour "compenser" l'utilisation de techniques de thermodestruction lucratives, mais inaptes à éradiquer l'endométriose. Le Pr Horace Roman, son équipe du CHU de Rouen et tout son réseau réuni dans l'association RouEndométriose, dont fait partie aussi le Dr Isabella Chanavaz-Lacheray (chantre d'une "stratégie thérapeutique à vie" , ont des liens d'intérêt avec beaucoup de laboratoires. En matière d'agonistes GnRH, c'est Ipsen qui paie le plus, quasiment à tous les chirurgiens en France; alors est-ce un hasard si c'est le Décapeptyl (triptoréline) d'Ipsen qui est désormais beaucoup plus prescrit que l'Enantone d'AbbVie?

Des articles contenant des informations utiles ont été postés dans divers articles parus sur le blog de l'association AVEAG (Victimes Enantone, Décapeptyl (agonistes GnRH)), par exemple sur cette page.

Sur Pharmacritique, il faut lire un article particulièrement clair et synthétique : "Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne: Dr David Redwine sur l’endométriose et son traitement par exérèse complète conservant les organes". Il s'agit d'une traduction en français d'un exposé scientifique (illustrations et explications à l'appui) des principales dimensions de l'endométriose David Redwine endosurgeon.jpg(causes, symptômes, analyse des techniques chirurgicales efficaces, dénonciation de l'inefficacité et de l'inutilité des "traitements" médicamenteux, critique des préjugés et de la méconnaissance de cette maladie par les médecins, etc. La traduction est précédée d'une très longue introduction faite par moi, exposant les principaux problèmes que posent les diverses théories sur les causes de l'endométriose et les divers traitements chirurgicaux, ainsi que le traitement médical: les traitements de blocage ovarien par analogues agonistes de la GnRH et par progestatifs). 

Le texte qui suit n’est que le premier d’une série d’articles consacrés à l’endométriose (où le nom du Dr David B. REDWINE reviendra souvent) et à ses pseudo-traitements hormonaux qui la chronicisent pour le plus grand bonheur de Takeda Abbott (AbbVie), Ipsen, AstraZeneca, Ferring, Organon, Plasma Surgical, Ethicon… et des médecins qu’ils paient.

Un nombre très important de praticiens vivent de cette chronicisation (gynécologues médicaux, radiologues, urologues, psychosomaticiens, psychiatres, psychanalystes, endocrinologues, guérisseurs de toute sorte…). Guérir l'endométriose, mettre un terme à cette véritable industrie de l’endométriose, impliquerait une énorme diminution de revenus de ces satellites des labos et des praticiens désinformés par le discours dominant, par une formation médicale continue assurée par des leaders d’opinion qui donnent leurs avis d’experts depuis des congrès luxueux qui ont lieu à Monte Carlo ou sur d’autres plages. Voici un exemple patent:

Le Dr Jean BELAISCH, promoteur de la psychologisation de l’endométriose en France, avec le soutien inexplicable d’une EndoFrance contestée, contente tous les acteurs de cette industrie : ceux qui vivent de la chronicisation par les médicaments et ceux qui vivent de l’absence patente de l’efficacité de ces derniers (psys, guérisseurs, etc.)... Le Dr Jean Belaisch a proposé de contourner la chirurgie et privilégier un « traitement empirique » médicamenteux pendant des années, avec des progestatifs et des analogues agonistes GnRH. Contourner la chirurgie veut dire médicamenter lourdement à l’aveugle, en prenant, outre le risque d'effets indésirables, le risque d'une erreur de diagnostic. Car on ne peut diagnostiquer l'endométriose que par la chirurgie, sans parler du diagnostic différentiel par rapport à un cancer des ovaires, par exemple, que seule l'analyse anatomopathologique permet d'exclure.

De plus, le Dr Belaisch a fait ces propositions en 2007 lors des « Gynovations », luxueuse formation médicale continue annuelle, sponsorisée cette année-là par pas moins de 42 laboratoires pharmaceutiques et avec un « programme social » très opulent...

Je me demande pourquoi veut-il médicamenter lourdement et pendant des années des femmes souffrant d'une maladie dont il suppose qu'elle aurait pour cause (!) un « traumatisme psycho-sexuel » (viols, incestes, d'autres sévices sexuels) ou un abandon par les parents, dans la moitié des cas. Curieuse « cause » qui ne s'appliquerait qu'à la moitié des patientes du Dr Jean Belaisch, avec tous les biais de recrutement existant dans la patientèle d'un médecin étiqueté depuis des décennies comme mettant tout ou presque sur le dos du psychisme, pour justifier les mauvais résultats des traitements médicamenteux, et sans la moindre étude pour étayer ses suppositions.

Cette "cause" est frappée de nullité d'emblée pour tous ceux qui ont des notions de psychologie et de psychanalyse, car la relation de causalité ne s'applique pas au psychisme. C'est de la spéculation, au mauvais sens du terme. J'y reviendrai.

La seule chance de guérison, c’est une chirurgie d'exérèse complète faite selon certaines règles strictes, dont la première est qu’elle soit faite sans aucun « traitement » hormonal préopératoire et se base sur des examens qui cartographient les lésions et qui n’ont de chance de les voir toutes que lorsqu’ils sont faits en dehors (et même à distance) de tout pseudo-traitement hormonal. L'imagerie et l'examen clinique devraient être faits de préférence juste avant ou pendant les règles, lorsque le taux d'oestrogènes est au plus haut et que, par conséquent, les lésions d'endométriose atteignent leur maximum de visibilité. C'est là que les inflammations en surface indiquent aux chirurgiens qu'il faut creuser en profondeur, c'est là que les plans de clivage peuvent être très nets, que l'étendue des lésions apparaît, etc.

Je commence la série de textes par la traduction d’un texte de l’excellent Dr David B. Redwine (voir aussi son site, Endopaedia): « Endométriose, ignorance, politique et "le choix de Sophie" » (c’est-à-dire un choix impossible). Il illustre parfaitement le calvaire des femmes endométriosiques et la torture psychologique et morale qu’elles ont à subir de la part de bon nombre de médecins, en plus de celle physique. Car les principaux symptômes de l’endométriose sont les douleurs pelviennes, la dysménorrhée; une hypofertilité arrive dans 30 à 40% des cas. Le problème de fertilité n’est autant mis en avant que parce que la misogynie – dont l’un des symptômes est la réduction des femmes à des utérus sur pattes, pondeuses d'hommes - est fortement enracinée dans nos cultures (voir mon article sur les racines de cette misogynie médicale, à partir du livre de Guy BECHTEL, « Les quatre femmes de Dieu : la putain, la sorcière, la sainte et Bécassine », dans lequel j’ai abordé aussi des aspects liés à l’endométriose).

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