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24/03/2017

Opérer l'endométriose sous médicaments: échec garanti. Contre-productif, néfaste pour les ovaires et la fertilité, avec des effets indésirables systémiques...

Je reprends ici un texte publié en 2009 sur le blog de l'association AVEAG de victimes des horace roman,isabella chanavaz-lacheray,pierre collinet,endométriose conflits d'intérêt,endométriose traitement,endométriose chirurgie,endométriose décapeptyl,décapeptyl effets indésirables,chirurgie cancer prostate médicaments,chirurgie décapeptyl,décapeptyl effets ovaires,décapeptyl effets fertilité,décapeptyl fiv,endométriose traitement hormonal,endométriose traitement médical,chirurgie énergie plasma,endométriose chu de rouen,endométriose médicaments atrophie,endométriose plans de clivage,chirurgie dégâts ovaires,enantone chirurgie,visanne endométriose,visanne effets indésirables,progestatifs effets indésirablesanalogues agonistes GnRH (Enantone, Décapeptyl,...) et repris en 2016 parce qu'il a connu quelques péripéties techniques. J'ai fait quelques ajouts fin 2016, qui sont en bleu dans le texte, soit pour compléter l'argumentation, soit pour évoquer l'exacerbation de tendances décelées en 2009.

Et c'est pourquoi, lors de la reprise en 2016, j'ai évoqué le Pr Horace Roman, la Dr Isabella Chanavaz-Lacheray et leurs pratiques généralisées au CHU de Rouen, mais aussi le Pr Pierre Collinet et d'autres du réseau G4 et d'ailleurs, menant à une marchandisation et une chronicisation de l'endométriose dans un contexte d'une soumission totale de la recherche médicale à l'industrie pharmaceutique et d'un niveau de conflits d'intérêts ahurissant.

On ne peut même plus parler véritablement de "recherche" - qui veut dire tester un produit pour éventuellement le déclarer inutile, néfaste, moins bon que d'autres, etc. Puisque la nature du contrat signé par le G4 - le groupement d'hôpitaux publics et privés de Rouen, Caen, Lille et Amiens, ayant pour cobayes la cohorte de femmes CIRENDO - fait qu'il ne s'agit plus vraiment de tester des médicaments, des instruments et des dispositifs médicaux pour voir si ils peuvent avoir un intérêt clinique et un bénéfice pour les patientes, et si oui, lequel; tester si  ils sont meilleurs que ceux existants; si ils sont bien tolérés; tester si il y a un bénéfice clinique à administrer longuement - sachant que la prudence du "d'abord ne pas nuire" impose de limiter les prescriptions à la durée minimale - et ainsi de suite.

Non, la nature du contrat one-stop shop - formule de services tout-compris - exclut le rejet d'un produit et oblige les équipes de soignants à jouer les communicants, certes en faisant carrière au passage et en bénéficiant de rémunérations personnelles, déjà grâce à "l'incitation financière à l'inclusion" (de toute nouvelle patiente dans la cohorte CIRENDO), etc... Ce type de contrat les oblige à faire en sorte que les produits des industriels qui paient - et qui détiennent même la structure cadre des essais cliniques (le CeNGEPS) - soit "reconnus" utiles, meilleurs, nécessaires, etc., qu'il y ait une communication scientifique et médiatique très large autour d'eux, que leurs ventes soient optimales et qu'ils soient implémentés dans le schéma thérapeutique conseillé par les sociétés savantes et les autorités sanitaires. Ce qui implique de les faire adouber par les recommandations officielles de prise en charge, fort opportunément en cours de changement, par un groupe de travail mis en place par la Haute Autorité de Santé; il est composé de praticiens ayant des "liens d'intérêt", comme on le dit pudiquement, et dont plusieurs viennent notamment du G4. Le groupe n'était même pas encore constitué lorsque le Pr Loïc Marpeau comme d'autres ont annoncé dans les media que leur schéma de traitement de médicamentation en continu et de chirurgie au Plasma Jet serait repris par les recommandations, qui doivent sortir fin 2017...

La médicamentation continue serait interrompue de temps à autre par des chirurgies d'ablation horace roman,isabella chanavaz-lacheray,pierre collinet,endométriose conflits d'intérêt,endométriose traitement,endométriose chirurgie,endométriose décapeptyl,décapeptyl effets indésirables,chirurgie cancer prostate médicaments,chirurgie décapeptyl,décapeptyl effets ovaires,décapeptyl effets fertilité,décapeptyl fiv,endométriose traitement hormonal,endométriose traitement médical,chirurgie énergie plasma,endométriose chu de rouen,endométriose médicaments atrophie,endométriose plans de clivage,chirurgie dégâts ovaires,enantone chirurgie,visanne endométriose,visanne effets indésirables,progestatifs effets indésirablesou d'exérèse incomplète à l'énergie plasma (Plasma Jet) faites sous agoniste GnRH (surtout Décapeptyl, car c'est IPSEN qui paie massivement, et partout en France), dont l'incomplétude connue d'avance serait compensée par une médicamentation jusqu'à la ménopause, en alternant les produits de tous les laboratoires pharmaceutiques: progestatifs, contraceptifs cycliques ou en continu, d'autres "cures" de Décapeptyl, etc. C'est selon les industriels qui achètent des formules de one-stop shop, comme les y invite Horace Roman au nom du G4.

Des pauses sont prévues pour les grossesses - ce qui fait de la place à d'autres médicaments et dispositifs d'autres industriels pharmaceutiques. Après quelques mois d'"autorisation de conception spontanée" - forcément insuffisants, puisque la chirurgie à l'énergie plasma baisse le taux d'hormone antimullerienne, diminuant ainsi la fertilité, et que cette hormone met du temps à éventuellement remonter toute seule - Horace Roman, Isabella Chanavaz-Lacheray et les autres du CHU de Rouen et du G4 préconisent la procréation médicalement assistée, sachant qu'ils préfèrent le protocole long de fécondation in vitro, celui qui utilise le plus de médicaments, notamment le plus d'agonistes GnRH: Décapeptyl ou Synarel à libération immédiate, éventuellement après des mois d'Enantone ou de Décapeptyl à libération prolongée... C'est ce protocole long qui est le plus décrié pour ses effets indésirables, y compris toxiques pour les grossesses et les enfants. Je traduirai des textes là-dessus comme sur d'autres effets indésirables dans d'autres indications.

De toutes façons, des informations sont données depuis 2005, y compris aux autorités de santé et aux associations, de même que sur des listes de discussion et de forums privés et publics. A la suite d'une rencontre en septembre 2007, obtenue après plusieurs années de bataille (et d'ignorance de la part des associations de patient(e)s, si ce n'est des attaques, comme celles venant d'EndoFrance), l'AFSSAPS s'est engagée à compléter les informations dans le Vidal, quasiment inexistantes auparavant. Et elles ont changé en bonne partie.

Mais même les informations disponibles dans le Vidal ne sont pas prises en compte par les médecins, par les patients, sur les sites d'associations de patient(e)s, sur les réseaux sociaux, etc. Où est la responsabilité d'associations de femmes souffrant d'endométriose, par exemple, qui ne disent rien des conflits d'intérêts des médecins qu'elles conseillent? Et qui ne disent quasiment rien des effets indésirables, mais reprennent le marketing médico-pharmaceutique en disant qu'il y aurait un consensus de tous les spécialistes (?!) sur le fait qu'"il convient de priver l'organisme des oestrogènes", et ce à long terme, puisque l'endométriose est une maladie oestrogénodépendante?

EndoFrance oublie de dire que l'on peut mourir dès la première heure après une injection de Décapeptyl, même à petite dose de 0,1mg à libération immédiate utilisée en procréation médicalement assistée. C'est dans le Vidal depuis près de dix ans, entre maintes autres informations qui ont été communiquées dès 2005 à cette association, sans aucune réaction, puis évoquées sur son forum (avec des réactions de rejet), mais qui ont été validées par les autorités de santé. Douleurs musculaires, articulaires, osseuses, troubles neurologiques, cardiovasculaires, immunitaires, troubles endocriniens (de l'hypophyse, de la thyroïde, ...), troubles psychiatriques et bien d'autres... 

Est-ce que la privation d'oestrogènes vaut la peine de risquer une apoplexie hypophysaire qui peut tuer ou entraîner un dysfonctionnement hormonal à vie? Sachant que le blocage de la production d'oestrogènes par les ovaires n'empêche pas les lésions d'endométriose, puisqu'elles ont la capacité de transformer localement, grâce à l'enzyme aromatase, l'androsténédione en estradiol... Prendre Décapeptyl ou un autre médicament pour induire une aménorrhée (la mal nommée "ménopause artificielle") prive tout l'organisme des oestrogènes, sauf les lésions d'endométriose... Pourquoi les associations ne parlent-elles pas de cela? Et pourquoi le Dr Erick Petit - qui défile au premier rang avec les associations lors de la marche annuelle - n'en parle-t-il pas dans la brochure qu'il co-signe avec le Dr Eric Sauvanet pour le compte du laboratoire IPSEN (fabricant du Décapeptyl)?

Côtoyer ainsi les médecins - comme lors de galas de charité et d'autres manifestations témoignant de la marchandisation - augmente manifestement le risque d'oublier de poser les questions qui fâchent sur les conflits d'intérêts, en créant une proximité et des obligations plus ou moins conscientes, comme celles entre les médecins et les visiteurs médicaux... Il faudrait éviter toute fréquentation de ce genre, toute promotion de médecins sur les sites associatifs, toute promotion de traitements et de discours biaisés sur la maladie et ne dire que ce qui correspond aux standards internationaux et a été vérifié conforme à la médecine fondée sur le niveau de preuves. Tout le reste n'est que publicité, plus ou moins directe. Comme les textes de Horace Roman publiés par EndoFrance, qui malmènent la littérature médicale pour promouvoir les objectifs des nombreux laboratoires pharmaceutiques avec lesquels Horace Roman a des liens d'intérêts et dont il reçoit même des rémunérations personnelles non déclarées dans la base de données gouvernementale Transparence Santé (cf. l'enquête  évoquée plus bas, qui détaille les conflits d'intérêts et les réseaux, précisant que Horace Roman est rémunéré même par deux sociétés de lobbying et de communication médicale, qui ont l'industrie pharmaceutique pour clients. La boucle est bouclée).

Rien n'est évoqué qui puisse troubler le discours marketing de chronicisation et de marchandisation de l'endométriose. Pourtant, les associations se veulent oecuméniques, ouvertes à tous, sauf aux critiques, qui disparaissent vite fait... Par contre, ceux qui proposent des recettes commerciales dans le genre médicaments, mais aussi sophrologie ou coachings et d'autres régimes, sont les bienvenus. Et tout se vaut. J'ai ainsi appris que le moment était venu d'une recette détox du printemps... Les prescriptions gratuites d'esprit critique ne font pas recette, elles. Je conseille, quant à moi, à toute personne de compter les sommes qu'elle dépense en régimes, plantes, livres de régimes hypotoxiques, homéopathie, sophrologie, etc. Il y a de quoi se payer des vacances, qui auront une efficacité certaine, elles. Et sans risques.

Je reviendrai en détail sur la responsabilité des associations. Sensibiliser à l'existence de la maladie est une très bonne chose, mais cela devrait s'arrêter aux symptômes et aux conseils d'ordre général. Avec mention des conflits d'intérêts, etc. Les associations savent que les campagnes de sensibilisation sur telle maladie (disease awareness campaign) sont un moyen privilégié de publicité pour les médicaments, de façon détournée, d'autant plus efficace qu'elle passe par les associations et leur prétentions de "neutralité".

Conseiller des médecins et reprendre le discours marketing des laboratoires sans un mot sur les conflits d'intérêts, de même que soutenir des "candidatures spontanées" au titre d'expert - comme l'a fait EndoFrance pour Horace Roman et le CHU de Rouen - cela est totalement différent. Si EndoFrance procède comme avec le Dr Jean Belaisch, les femmes endométriosiques sont mal barrées... A savoir diffuser sur leur site des inepties pendant plus de dix ans et ne les effacer que lorsque Jean Belaisch a disparu de la scène médicale... Comme si de rien n'était. Et sans réparer les dégâts induits pour toutes les femmes, qui continuent d'ailleurs de s'aggraver. Faudra-t-il attendre la retraite du Pr Horace Roman et des autres du comité scientifique et/ou avec lesquels EndoFrance fait des soirées de gala?

Aucune association, aucun médecin, aucun usager qui fait une recherche tant soit peu sérieuse sur les effets indésirables du Décapeptyl, Enantone et les autres, et ce dans toutes les indications (cancer de la prostate et du sein, fibromes en préopératoire, puberté précoce centrale, endométriose...), bref, personne ne peut dire ne pas avoir eu les informations sur les effets indésirables des analogues agonistes GnRH, largement diffusées depuis 2005 et transmises aussi directement à bon nombre d'entre eux. La responsabilité d'EndoFrance, par exemple, est entière, pour ne pas avoir tenu compte de ces informations, sans oublier les attaques à l'égard de ceux qui les ont données.

Ces aspects et beaucoup d'autres sont évoqués dans le texte très détaillé qui aborde toutes les dimensions de l'approche de l'endométriose et de son traitement en France, y compris côté associations et leur instrumentalisation dans la stratégie marketing de désinformation sur la maladie et ses traitements, côté effets indésirables des médicaments, sans oublier la psychologisation pour servir d'alibi au travail mal fait et à l'inefficacité des "traitements", etc. : "Endométriose: exérèse curative vs marchandisation à vie. Critiques de la chirurgie à l'énergie plasma du Pr Horace Roman. Effets indésirables des médicaments." Les autres textes sur l'endométriose sont accessibles en descendant sur cette page. La première section de ce texte concerne les effets contre-productifs des médicaments sur la chirurgie, tels que les dégâts sur le tissu ovarien sain, etc. D'autres sections concernent les effets toxiques en matière de reproduction (fausses couches, malformations, troubles du comportement de enfants et/ ou altération de leur fertilité, etc.). Les effets indésirables à proprement parler sont évoqués à plusieurs endroits, tout particulièrement dans la dernière section du texte.

Le texte initial de 2009 aborde un aspect important, laissé de côté parce qu'il est un puissant argument contre l'utilisation des analogues agonistes de la GnRH en préopératoire : les enseignements tirés de la chirurgie du cancer de la prostate. Pendant une bonne dizaine d'années après la mise sur le marché du premier agoniste GnRH, Enantone (acétate de leuproréline, appelé Lupron aux Etats-Unis et au Canada), qui s'est faite avec une AMM (autorisation de mise sur le marché) dans l'indication cancer de la prostate hormonodépendant, toutes les interventions chirurgicales sur la prostate ont été faites avec Enantone/Lupron en préopératoire, l'intention affichée étant de baisser le taux de testostérone, diminuer la taille des tumeurs, etc., de la même façon que baisser le taux d'oestrogènes en endométriose et diminuer (temporairement) la taille des lésions... D'autres formes de leuproréline et d'autres agonistes de la GnRH (Décapeptyl, Zoladex, Bigonist, Eligard, Synarel, Viadur...) ont eux aussi été utilisés, avec les mêmes résultats, puisqu'ils sont tous bonnet blanc et blanc bonnet.

Or de nos jours, la chirurgie du cancer de la prostate n'est plus du tout faite sous traitement hormonal (blocage androgénique), et une telle hormonosuppression est déconseillée par les sociétés savantes et les diverses recommandations de bonne pratique. Elle est contre-productive, condamnant d'avance les chances de succès d'une chirurgie avec un rapport bénéfice-risques correct, et ce quelle que soit la technique et l'instrument chirurgicaux. Le chirurgien emportera soit trop - avec des dégâts pour les tissus et les structures nerveuses voisines - soit pas assez, laissant donc en place des cellules malades. Une intervention soit incomplète, soit trop invasive, donc. Voici pourquoi:

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10/09/2014

Avonex dans la sclérose en plaques: Essai clinique biaisé et mauvaise évaluation rapportent 28 milliards à Biogen

Par le Dr Alexis CLAPIN 

Je suis neurologue de formation et j’ai travaillé pendant 20 ans dans l’industrie pharmaceutique. Lors de la mise sur le marché d’Avonex, je travaillais chez Serono comme responsable médical. J’ai quitté l’industrie pharmaceutique il y a quatre ans. [Plus de détails et déclaration publique d'intérêts à la fin de l’article.]

 

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Comment Biogen a engrangé 28 milliards de dollars avec un essai clinique biaisé

Avonex est un interféron bêta autorisé à la fin des années 90 dans le traitement de la sclérose en plaques évoluant par poussées. La Food & Drug Administration (FDA, agence d’évaluation des médicaments aux Etats-Unis) et l’Agence Européenne des Médicaments  (EMA - European Medicines Agency) ont approuvé Avonex en surestimant ses bénéfices. Pourtant, la FDA avait vu que l’essai était biaisé et que le fabricant/sponsor Biogen avait défendu l’efficacité d’Avonex par des propos trompeurs. L’EMA, qui ne ré-analyse pas les essais cliniques à partir des données individuelles, n’a pas vu le biais et a vanté les bénéfices d’Avonex conformément aux propos trompeurs rédigés par Biogen dans le rapport d’essai clinique remis aux autorités sanitaires.

Dès lors, de très nombreux patients ont reçu un traitement dont les bénéfices étaient surestimés. Avonex est devenu le leader du marché et a permis à son fabricant d’engranger à la fin 2013 plus de 28 milliards de dollars, dont trois en 2013.

Le cas « Avonex » permet de souligner les difficultés à obtenir une évaluation initiale fiable des médicaments et surtout les difficultés à obtenir une remise en cause des mauvaises évaluations passées. L’EMA, responsable de l’évaluation initiale biaisée, ne se donne pas les moyens de se détromper.

 

Rappel historique sur les interférons dans le traitement de la sclérose en plaques

La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire du système nerveux central. La maladie se caractérise par la survenue de lésions inflammatoires, dans le cerveau et la moelle épinière, détruisant les connexions nerveuses. Ces lésions, vues sous la forme de petites plaques sur les examens d’imagerie par résonance magnétique, sont responsables des troubles cliniques. Généralement, la sclérose en plaques débute par des troubles neurologiques évoluant par poussées qui peuvent apparaître en quelques heures et persister quelques semaines. Ces poussées peuvent ou non laisser des séquelles, telles qu'un déficit visuel, un déficit moteur ou sensitif… L’évolution est très variable d’un patient à l’autre. Certaines formes de sclérose en plaques évoluent très lentement, avec très peu de poussées et de déficit résiduel, d’autres évoluent malheureusement plus ou moins rapidement vers un déficit neurologique responsable d’un handicap sévère.

Certains patients ont une forme différente de sclérose en plaques, dite progressive, évoluant d’emblée par une progression continue du handicap.

Les corticoïdes ou l’ACTH (AdrenoCorticoTrophin Hormone stimulant la sécrétion endogène de corticoïdes), puissants anti-inflammatoires, sont les premiers traitements de la sclérose en plaques. Ils sont administrés lors des poussées.  

Les premiers traitements, dits de fond et administrés au long cours, sont les interférons bêta. Ils ont été évalués dans cette indication en raison de leur activité anti-inflammatoire. Depuis leur autorisation de mise sur le marché, à la fin du siècle dernier, de nombreux autres produits ont été approuvés. Certains sont prescrits en première intention, au début de la maladie. D’autres traitements ne sont prescrits qu’en cas d’échec des produits de première intention ou en cas de formes graves (mitoxantrone, natalizumab, alemtuzumab, fingolimod, par exemple). Ils sont prescrits en deuxième intention en raison de risques d’effets indésirables graves.

L’évaluation de l’efficacité des traitements de fond de la sclérose en plaques évoluant par poussée est basée sur trois critères : la survenue de poussées, la progression du handicap et la survenue de lésions vues sur l’imagerie par résonance magnétique nucléaire.

Les trois premiers interférons bêta approuvés par la FDA et par l’EMA dans l’indication sclérose en avonex,sclérose en plaques,avonex ema epar,avonex fda,avonex efficacité,biais essais cliniques,open access essais cliniques,accès aux données essai clinique,has avonex,avonex revue prescrire,biais recherche médicale,sclérose en plaques traitement,interférons efficacité,interférons sclérose en plaques,alexis clapin,biogen profit,rebif efficacité,betaferon efficacité,avonex bénéfices-risques,afssaps évaluation médicaments,sclérose en plaques immunomodulateurs,profit pharmaceutiqueplaques évoluant par poussées sont Betaferon, Avonex et Rebif.

Betaferon  (Betaseron aux Etats-Unis) du laboratoire Schering AG (Chiron associé à Berlex aux Etats-Unis) est le premier mis sur le marché, approuvé en 1993 par la FDA [1] et en 1995 par l’EMA [2]. Il lui est accordé aux Etats-Unis, conformément à l’Orphan Drug Status, une période monopolistique de sept ans.

Mais en 1995 [3], la FDA accorde à un autre interféron bêta, Avonex, développé par Biogen et Rentschler Technology, une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans la même indication thérapeutique. Avonex annule l’Orphan Drug Status de Betaseron sur des critères de tolérance. Berlex a bien essayé de s’opposer à l’arrivée d’Avonex, mais sans succès. L’argument utilisé par Berlex était le suivant : la formulation d’Avonex commercialisée est différente de celle utilisée dans l’essai clinique [4]. Effectivement, Avonex peut être considéré comme le premier biosimilaire autorisé par la FDA, puisque l’étude clinique a été réalisée avec un interféron obtenu sur une lignée cellulaire différente de celle utilisée pour la fabrication du produit commercialisé.

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10/10/2012

Ghostwriting (auteurs fantôme) et autres méthodes de manipulation et influence sur la recherche médicale et l’information

Sergio Sismondo a forgé le terme « ghost management » pour parler de l’influence de marketing pharmaceutique,ghostwriting,ghost management,rédacteurs fantôme médecine,société de recherche sous contrat pharmaceutique,nègre fantôme recherche médicale,ghostwriting auteurs recherche médicale,marc-andré gagnon,sergio sismondo,disease mongering,surmédicalisation formes,recherche médicale biais influences,influence pharmaceutique médecine,essais cliniques financement pharmaceutique,manipulation essais cliniques,biais influences fraude pharmaceutique,coût recherche développement médicament,dépenses lobbying promotion pharmaceutique,recherche universitaire financement pharmaceutique,partenariat public-privé pharmaceutique,sanofi gardasil marketing,désinformation médicalel’industrie pharmaceutique : un management total, une gestion invisible, mais omniprésente, de tous les niveaux de la recherche, de la formation et de l’information médicales. Le but ? Créer une désinformation généralisée, car même là où il n’y a pas de conflits d’intérêts, pas de corruption et de fraude directes, il existe des influences directes et indirectes, des biais dans la littérature médicale, etc.

Les principales techniques utilisées sont décrites dans l’article de Sergio Sismondo paru en septembre 2007 dans la revue PLoS Medicine : “Ghost Management: How Much of the Medical Literature Is Shaped Behind the Scenes by the Pharmaceutical Industry?” (Ghost management : quelle est la proportion de littérature médicale façonnée en coulisses par l’industrie pharmaceutique ? PLoS Med 4(9): e286.doi:10.1371/journal.pmed.0040286).

Sergio Sismondo, professeur de philosophie et de sociologie à la Queen's University, a co-signé un article avec le socio-économiste Marc-André Gagnon, professeur adjoint à la  School of Public Policy and Administration, Université de Carleton (que j’ai eu le plaisir de rencontrer longuement en 2010). L’article est paru le 2 octobre 2012 dans le journal canadien Le Soleil sous le titre « Des auteurs-fantômes discréditent la recherche médicale ».

L'illustration accompagne un article intitulé "Half the top US academic medical centres have no policy on ghostwriting" (La moitié des facultés de médecine les plus prestigieuses des Etats-Unis n'ont pas de politique de gestion du ghostwriting), qui commente les résultats d'une enquête rendue publique dans un article de Jeffrey Lacasse et Jonathan Leo, paru le 2 février 2010 dans la revue PLoS Medicine sous le titre "Ghostwriting at Elite Academic Medical Centers in the United States".

Je fais une longue introduction présentant divers aspects liés au ghostwriting, au ghost management et à la manipulation de la recherche médicale, suivie de quelques extraits du dernier article de Marc-André Gagnon et Sergio Sismondo, qui présente certains enjeux de façon synthétique et accessible. Il faut revenir là-dessus, parce que tout le monde devrait comprendre les conséquences de telles mauvaises pratiques de rédaction médicale en termes de déformation et dénaturation de l'information que nous tous (professionnels de santé et usagers) avons sur l'efficacité de tel médicament et de telle intervention médicale, sur le rapport bénéfices/risques, etc. L'emploi d'auteurs fantôme pose la question plus large de ce qu'est un auteur scientifique, mais ce qui m'intéresse ici, c'est que nous comprenions à quel point les apparences peuvent être trompeuses. Même ce qui paraît être certain - l'efficacité et la bonne tolérance de tel médicament apparemment solidement évalué, dans des études multiples d'apparence méthodologique solide (RCT) et avec des résultats apparemment indiscutables - peut n'être que le résultat d'effets rhétoriques visant à placer les médicaments dans une lumière favorable, le résultat de manipulations des données et des résultats, d'une publication sélective (uniquement les résultats favorables, même lorsqu'ils sont minoritaires) et de l'emploi de divers moyens permettant d'embellir la réalité et la rendre commercialement exploitable.

Ce ghost management permet de créer et d’entretenir la surmédicalisation (voir les articles) qui, omniprésente, déforme l’ensemble du système de santé et de soins ainsi que les représentations des usagers. Il permet de verrouiller le système en bloquant ses articulations stratégiques par des experts ayant des conflits d’intérêts : des leaders d’opinion influents, une sorte de VRP de luxe que certains appellent dealers d’opinion. (Voir les articles sur les key opinion leaders, surtout celui-ci).

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16/02/2009

Circadin/ mélatonine: un bluff publicitaire et une AMM facile de plus. Apprenons des notions d'EBM pour lire le jargon

J'ai critiqué dans une note récente l’arbitraire – souvent dangereux dans ses conséquences – qui caractérise les homologations Mélatonine miracle Réseau Morphée.jpgdes médicaments par les agences nationales du médicament (AFSSAPS en France) et par celle européenne (EMEA), qui ont une réputation notoire de générosité et d'indulgence envers les firmes pharmaceutiques… Voici un exemple de plus pour étayer notre note: l’agence européenne du médicament (EMEA) avait octroyé déjà en 2007 au laboratoire Neurim (Lundbeck en France) une autorisation européenne de mise sur le marché (AMM) pour le Circadin, et ce sur des bases scientifiques douteuses. Et fin 2008, les autorités sanitaires françaises ont donné leur bénédiction à ce médicament en traitement de l'insomnie primaire des personnes de plus de 55 ans.

Pourquoi insister sur le Circadin, entre tous les pseudo-médicaments et les homologations douteuses? Parce que c'est une occasion pour les usagers d'apprendre à exercer leur esprit critique en lisant entre les lignes lorsqu'ils trouvent certaines informations écrites en jargon. Voici quelques tuyaux, pour commencer, spontanément et sans aucune prétention de systématicité ou autre.

Il faut que nous autres, usagers, sortions du préjugé qui nous fait croire que si un médicament est sur le marché, c'est qu'il a été bien testé, à la fois sur le plan de l'efficacité et sur le plan des risques, effets secondaires et interactions médicamenteuses. Le Circadin montre parfaitement qu'il n'en est rien...

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01/05/2008

New York: Des enfants pauvres et orphelins enrôlés de force pour tester des médicaments anti-HIV (vidéo BBC)

Voici des extraits vidéo, traduits en français, d’un reportage de 2004 de la BBC (chaîne publique britannique), qui a été repris le 20 mars 2008 dans l’émission de Canal+ « Lundi investigation » . Il n’est que très peu médiatisé, et pour cause… Avant de regarder les deux vidéos, traduites en français, il serait intéressant de lire cette introduction et de vous assurer que votre estomac est bien accroché...

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