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30/08/2012

Documentaire "Vaccins : le virus du doute". Commentaires sur le principe de la vaccination

Le documentaire « Vaccins, le virus du doute », réalisé par Gaël Chauvin, a été diffusé sur France 5, dans l’émission « Enquête de santé » (dernière rediffusion le 23 août dernier).

C’est un documentaire plutôt équilibré, ce qui est rare ces temps-ci, puisque les réalisateurs ont souvent un parti pris, une opinion préconçue qu’ils tentent d’étayer en enquêtant uniquement à charge ou à décharge. Or cela ne me semble pas être le premier rôle du journalisme grand public, en particulier lorsqu’il ne s’agit pas d’investiguer, mais d’informer sur les positions et les forces en présence et de nous faire réfléchir, afin de contribuer à un débat public permettant une décision citoyenne en connaissance de cause. Une telle décision ne peut pas être prise dans un dialogue de sourds où chacun campe sur ses idées préconçues et où ce sont les passions et les intérêts particularistes qui prédominent, quelle que soit leur nature : idéologique, commerciale, habitus culturels et professionnels et autres.

Plus bas, après le rappel des grandes lignes du documentaire, j'ajoute des liens et des commentaires sur la santé publique, sur les conséquences de la polarisation en matière de vaccinations et de science en général, de même que sur les conséquences de la logique individualiste néolibérale, qui, aussi étonnant que cela puisse paraître au premier abord, sont visibles depuis les revendications de liberté vaccinale jusqu'aux pratiques de l'industrie pharmaceutique. Pour conclure en rappelant le principe de vaccination, à ne pas confondre avec des applications hasardeuses qui s'en réclament et à ne pas rejeter à cause de ces dernières. Question de logique...


Vaccins , Le Virus Du Doute par 007ovni


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27/08/2012

Vaccins : pour une critique au cas par cas, sans dogmatismes ni préjugés (débat au Festival de l’Avenir au Naturel)

Le 1er et le 2 septembre aura lieu à l’Albenc la 16ème édition du Festival de l’Avenir au Naturel, Festival avenir naturel 16 affiche.jpgorganisé principalement par l’association Espace Nature Isère, avec le soutien de plusieurs communes et conseils généraux. Outre la « foire bio » avec ses 230 exposants, des conférences et des débats auront lieu tout au long de ces deux journées, sur des thèmes variés tels que les OGM, le nucléaire, le recyclage des déchets, les changements dans l’acception du travail, les questions bioclimatiques, la décroissance et l’action pour l’environnement, des questions de santé publique… Le programme des débats, le catalogue des exposants et toutes les informations pratiques (accès…) peuvent être téléchargés sur cette page. Contact pour plus d’informations : 04 76 36 50 10 et ce site.

Le dimanche 2 septembre à 16:00 aura lieu à la salle polyvalente un débat intitulé « Vaccins : pour une critique au cas par cas, sans dogmatismes ni préjugés », avec le Dr Jean DOUBOVETZKY et Elena PASCA.

Voici la présentation telle qu’elle figure dans le programme :

« Au vu de leur faible coût de production et de leur prescription massive, les vaccins, pris globalement, sont une source inépuisable de profit pour l'industrie pharmaceutique. Or la campagne de peur sur la grippe A H1N1, la contestation des vaccins contre l'hépatite B et contre les papillomavirus humains… montrent une méfiance grandissante des citoyens. Cette attitude tend à se généraliser, et d'autres vaccins sont mis en cause, en même temps que s'affirment de plus en plus des courants antivaccin. Mais peut-on tenir un discours généralisant sur les vaccins, éludant leurs différences ? La solution est-elle de passer d'une acceptation en bloc de tous les vaccins à un rejet en bloc ? Ne faut-il pas creuser la voie d'une argumentation rationnelle, d'une critique au cas par cas ?

Docteur Jean DOUBOVETZKY, médecin généraliste à Albi, rédacteur de la revue Prescrire, auteur de plusieurs livres et articles.

Elena PASCA, philosophe, animatrice du blog Pharmacritique et administratrice de la Fondation Sciences Citoyennes. »

**

Merci à Sébastien Goguet, d’Espace Nature Isère, pour l’organisation.

21/08/2012

Lois et moyens de répression et de prévention des conflits d’intérêts : audition par le comité de déontologie de l’Anses

Le 23 mai et le 20 juin, j’ai été auditionnée, au nom de Sciences Citoyennes et pour mes autres comité de déontologie anses,anses conflits d'intérêt,conflits d'intérêts lois,lois etats-unis industrie pharmaceutique,false claims act,elena pasca,corruption médecine lois,procès états-unis industrie pharmaceutique,lanceurs d'alerte lois,poursuite bâillon slapp,biais médecine,experts indépendants,expertise santé conflits d'intérêt,audition conflits d'intérêt,expertise citoyenne médecine,loi sécurité médicamentactivités, par le Comité de déontologie et de prévention des conflits d’intérêts de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Le Comité est présidé par le philosophe Pierre Le Coz, par ailleurs vice-président du Conseil national consultatif d’éthique ; parmi ses membres, détaillés sur cette page, figure l’excellente juriste Marie-Angèle Hermitte, co-auteure de la proposition de loi sur la déontologie de l’expertise et la protection des lanceurs d’alerte (sur cette page du site de Sciences Citoyennes). Je salue l’ouverture de l’Anses au dialogue avec la société civile et à l’expertise citoyenne.

Au total, il y a eu à peu près quatre heures et demi d’audition : exposés suivis de réponses aux questions et de débats avec les membres du comité. Le sujet que j’ai abordé in extenso concerne les dispositifs législatifs et administratifs en vigueur à l’étranger – en particulier aux Etats-Unis, mais aussi en Grande-Bretagne et les débats en Allemagne -, qui permettent de réprimer les abus de l’industrie pharmaceutique et les conséquences des conflits d’intérêts, de la désinformation, etc. Base juridique des divers types de procès intentés aux Etats-Unis - grâce auxquels nous obtenons des informations jusque-là confidentielles -, ils servent aussi de moyens de dissuasion.

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14/08/2012

"Selling sickness. People Before profits" : conférence internationale sur le disease mongering (février 2013)

Merci à Leonore Tiefer, co-organisatrice de cet événement, de m'en avoir parlé. 

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Du 20 au 22 février 2013 aura lieu à Washington la conférence internationale « Selling sickness : People before profits » (Vendre des maladies. Pour que la santé l'emporte sur les profits). Le site décrit l’historique, les objectifs, les grands thèmes, les organisateurs… Il y a aussi un appel à contributions (à envoyer avant le 1er octobre 2012).

Elle s’inscrit dans la série qui a débuté en avril 2006 par la conférence « Selling Sickness » à Newcastle (Australie). Les actes sont accessibles dans la collection « Disease mongering » de la revue indépendante PLoS Medicine.

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27/07/2012

Résumé des interventions lors du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements" (hors contributions)

Pour compléter les actes du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements » (27-28 avril à la Faculté de médecine de Bobigny), dont la publication commence sur cette page, voici le résumé des principales interventions faites pendant les ateliers (lors de la discussion succédant aux contributions) et pendant les trois assemblées plénières.

Merci à François PESTY d’avoir pris des notes et de les avoir transcrites. J’ai rajouté quelques paragraphes. Une version moins complète de ce texte a été diffusée sous le titre « Verbatim des interventions ». Si d’autres intervenants souhaitent compléter ce texte, merci de m’adresser le résumé de leurs interventions lors des débats et plénières à pharmacritique@voila.fr.

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20/07/2012

De la médecine préventive à l'abus de prévention: "L'acharnement préventif" par Pierre Biron

L’ACHARNEMENT PRÉVENTIF bilan régulier utilité,prévention abus de prévention,preventive hounding,pierre biron,dépistage cancer,génétique thérapie médecine,profilage génétique,médecine générale clinique,déshumanisation médecine technique,médicalisation états physiologiques,disease mongering,surmédicalisation exemples,médecine préventive conflits d'intérêt,pharmacologie sociale,surdépistage cancers,bilans sanguins systématiques critique,examen clinique,exercice de la médecine vs technique

Par le Pr Pierre BIRON*

(Photo: site de l'Université de Montréal)

Message public : attention au bilan médical périodique, au santéisme biologique et au profilage génétique!

La période de la médecine à visage humain que pratiquaient les généralistes est une espèce menacée. Les médecins observaient jadis le malade dans son cadre de vie; au moins ils le regardaient marcher entre la salle d’attente et celle de l’examen; que de choses un œil averti peut déceler dans une démarche chez une personne qui consulte.

Une seconde période a vu l’essor d’une médecine technologique centrée sur les systèmes, les organes, les cellules et pratiquée par de véritables ingénieurs du corps humain, ces spécialistes de 2e et 3e ligne bien mieux payés qu’un généraliste dévoué et au bon jugement, même dans les régimes publics de soins. Le progrès médical devint assimilé à celui des spécialisations médicales en milieu hospitalier, nécessitant de couteux appareillages, de couteux médicaments, de couteux entrainements pour savoir s’en servir.

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07/07/2012

Ateliers N° 4, 5 et 6 (Actes du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements")

Le colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements » qui a eu lieu le 27 et le 28 avril à la surdépistage cancer,surmédicalisation surtraitement,médicalisation anticipation maladie,anne vega,anne pellissier fall,sous-médicalisation accès aux soins,pauvreté santé inégalités,surmédicalisation marché néolibéralisme,médicaments essentiels,maurice rapin médicaments essentiels,liste médicaments essentiels,mucoviscidose dépistage,evidence-based medicine surmédicalisationFaculté de médecine de Bobigny a été présenté plusieurs fois, en particulier dans les notes contenant l’introduction détaillée et le programme. Les enjeux et les possibles suites à donner – j’imaginais un mouvement citoyen d’idées - ont été évoqués dans le communiqué de presse des organisateurs.

Quant aux actes (powerpoint et textes transmis par les intervenants et les modérateurs) : sur Pharmacritique ont déjà été publiés les actes de l’atelier N° 1 (Surmédicalisation, mythe ou réalité), de l’atelier N° 2 (Causes et sources de surmédicalisation), de l’atelier N° 3 (Surdiagnostics sources de surtraitements), de même que les comptes-rendus des ateliers faits par les modérateurs respectifs. Des liens insérés au début de chaque page permettent d’accéder à tout ce qui a été publié là-dessus sur ce blog.

Voici les contributions aux ateliers N° 4, 5 et 6 (et quelques liens et fichiers complémentaires, envoyés par les contributeurs).

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02/07/2012

Atelier N° 3 : "Surdiagnostics sources de surtraitements" (suite des actes du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements")

Pour la continuité et une vue d’ensemble, vous pouvez lire les principaux documents déjà postés sur Pharmacritique à propos du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », qui a eu lieu les 27 et 28 avril 2012 à la Faculté de médecine de Bobigny.

  • Le programme et l’introduction détaillée;
  • Le communiqué de presse des organisateurs (« La surmédicalisation, un dysfonctionnement majeur et systémique, à haut risque pour la santé publique comme pour notre système de soins »);
  • Les comptes-rendus des six ateliers, faits par leurs modérateurs respectifs ;
  • Les interventions lors de l’atelier N°1 (Surmédicalisation, mythe ou réalité) ;
  • Les interventions lors de l’atelier N°2 (Causes et sources de surmédicalisation).

Et voici l’introduction et les interventions - powerpoint ou texte, selon ce que les auteurs m'ont envoyé - lors de l’atelier N°3. Merci à tous ! J'ajoute trois liens reçus d'Alain Braillon, vers des textes critiques du surdépistage et surdiagnostic du cancer de la prostate.

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28/06/2012

De la maladie à la rue… Ou comment, en tombant malade, on peut finir sans domicile fixe. Appel

NdlR: Le texte contient un appel à manifester contre l’expulsion, le dimanche 1er juillet à 15 h devant handicap dalo,syndrome ehlers-danlos,nguyêt-nga cao-thai,jean doubovetzky,handicap logement adapté,santé logement,manifestation solidarité,solidarité sociale,sans domicile fixe soins,invalidité conséquences,santé précarité pauvreté,droit au logement dalo,inégalités sociales en santé,handicap solidaritéla Mairie du 15ème arrondissement, au 31 rue Péclet - 75015 PARIS (M° Vaugirard (ligne 12); Bus: 70, 80, 88). Merci de diffuser largement et de transmettre toute idée, toute solution, tout encouragement à Mme [...]. Soyons solidaires, mobilisons-nous pour contredire ce que dit l'image (tirée du blog FunnyFox)!

"De la maladie à la rue… Ou comment, en tombant malade, on peut finir sans domicile fixe"

Par le Dr [...]

Contact: [...]

[Texte, adresse de contact, nom, prénom et autres détails dans les commentaires effacés à la demande de la personne concernée]

MISE A JOUR du 27 novembre 2012, pour expliquer les modifications

Voici les raisons pour lesquelles j'efface cet article, car je dois une explication à toutes les personnes qui se sont manifestées à la suite de l'article, des mails et des coups de fil que j'ai passés afin de contribuer à aider la personne en question (que j'appellerai Mme X). 

C'est Mme X qui a demandé le retrait de l'article, parce qu'il ne lui sert plus ("il n'est plus efficace" [!?]) et pourrait même lui être nuisible dans ses nouvelles démarches telles que sa recherche d'emploi. [En fait, je la pensais handicapée en incapacité de travail.]  

Cela dit, si on m'avait demandé mon avis, j'aurais essayé de rendre ce texte totalement anonyme, en effaçant le nom ainsi que tout ce qui pourrait identifier la personne malade, mais en laissant le corps du texte parce qu'il dit ce que vivent beaucoup de malades chroniques et souffrant de handicaps.  Ma pensée et ma solidarité vont à tous ceux qui vivent une exclusion sociale en plus de l'exclusion et isolation entraînées par la maladie et le handicap, à tous ceux qui, du fait de leur situation de santé, vivent des discriminations et/ou ont des difficultés de logement, d'emploi, des difficultés relationnelles et autres.

Voici les grandes lignes de l'histoire, que je ne connais pas directement, exposée de façon anonyme :

J'ai été sollicitée par un médecin pour participer à une manifestation de soutien à une femme malade chronique qui était sous le coup d'une expulsion de son logement. Pour qu'il n'y ait pas de malentendu, ni quant à moi ni quant au médecin auteur de l'article, je précise que c'est la personne malade chronique en question qui avait appelé à un maximum d'échos autour de son cas, par elle-même sur les réseaux sociaux, puis à travers ses amis et ses connaissances, etc. C'est évidemment elle-même qui a donné son nom et voulu qu'il soit publié, avec tous les détails précis sur sa situation professionnelle, de santé, familiale, etc.

Je ne la connaissais pas et n'en avais même pas entendu parler. C'est par solidarité avec les malades et handicapés en général que j'ai réagi. Je lui ai proposé de faire partie des personnes qui pourraient l'héberger (au cas où l'expulsion se ferait) et qu'elle rédige son appel à manifester sous la forme d'un article que j'allais publier sur Pharmacritique. Elle a demandé au médecin d'écrire cet article, de servir de contact, etc. J'ai relu l'article et corrigé quelques détails; nous en avons discuté tous les trois, puis je l'ai publié après le feu vert de Mme X.

Et moi et le médecin avons demandé à d'autres blogueurs (médecins et autres) de publier le même texte (ou au moins un lien, un mot); ils ne l'ont pas fait; du coup, ils n'ont pas non plus été sollicités par la suite, ni en lien avec ce texte, ni pour d'autres questions et demandes. 

Par la suite, j'ai envoyé un mail collectif à des connaissances, j'ai passé des coups de fil et essayé d'imaginer une aide qui pourrait être apportée à Mme X. J'ai transmis à celle-ci et au médecin une idée de contact avec une association; certes, ce n'est pas l'idée du siècle, juste une piste. Mme X n'étant pas intéressée et ne souhaitant pas y aller, le médecin a contacté l'association. Je ne connais pas la suite.

Puisqu'un certain nombre des personnes que j'avais sollicitées m'ont demandé des nouvelles et que je n'en avais pas non plus, j'ai demandé à Mme X si elle avait échappé à l'expulsion et lui ai suggéré de poster quelques lignes donnant des nouvelles et remerciant ceux qui se sont mobilisés d'une façon ou d'une autre. Elle a posté un commentaire annonçant le report de l'expulsion.
Après avoir posté l'article, j'ai repondu aux autres sollicitations de Mme X, au téléphone et par mail, l'écoutant longuement et lui donnant toutes les informations que je pouvais avoir ou obtenir sur les divers aspects qu'elle a abordé.

Enfin, j'efface cet article qu'elle "souhaite voir disparaître". J'ai relu aussi les commentaires et supprimé et son nom et le nom du médecin partout. Elle m'a recontacté pour me demander d'effacer un lien qui contenait son prénom, ce que j'ai fait le 4 décembre. Désolée pour ces modifications apportées aux commentaires, mais, compte tenu de certains détails dans les mails de Mme X, j'ai préféré tout effacer.

Bonne chance à Mme X.

J'exprime toute ma solidarité avec toutes les personnes malades et handicapées, en particulier avec celles qui sont isolées, qui sont moins entreprenantes ou ont honte d'insister auprès de leurs connaissances et des inconnus, qui ne peuvent pas faire entendre leur voix et n'ont personne pour se mobiliser pour elles, pour leur donner la parole et/ou les aider à la prendre. Si je garde le titre - une trace de l'ancien article -, c'est parce que je pense à elles et que c'était une façon de contribuer un tout petit peu à ce qu'on parle plus de leur situation.

24/06/2012

Actes du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements". Atelier N° 2: Causes et sources de surmédicalisation

La publication des actes du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics et surtraitementses" (27 et surmédicalisation,actes colloque surmédicalisation surdiagnostics surtraitements,surdiagnostics,surtraitement,médicalisation critique,disease mongering,femmes médicalisation psychiatrie,elena pasca,surmédicalisation causes,néolibéralisme médecine,médecine contrôle social,médecine normalité,biodiversité psychodiversité,différence uniformité,médecine fonction sociale,théorie critique médicalisation28 avril à la Faculté de médecine de Bobigny) a commencé par les comptes-rendus des six ateliers du colloque, faits par leurs modérateurs respectifs. Ont suivi les contributions (textes et fichiers powerpoint tels qu’envoyés par les contributeurs) à l’Atelier N° 1 ("Surmédicalisation, mythe ou réalité"). Je rappelle que le programme complet du colloque est sur cette page ; celle-ci contient une introduction générale, qui tente de placer la surmédicalisation dans un contexte plus global et d'en rappeler quelques enjeux pour l'ensemble des citoyens. Enfin, le communiqué de presse est sur cette page. (L'image accompagne un éditorial du British Medical Journal du 28.08.2008 sur la formation médicale continue financée par les laboratoires pharmaceutiques). 

Outre les contributions à l’atelier N° 2, ce texte contient aussi deux documents fort bien faits et édifiants, réalisés par le Dr Monique Debauche, psychiatre à la Free Clinic de Bruxelles, membre du GRAS (Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé). Il s’agit d’une suite de publicités et autres images qui illustrent l’évolution de la médicalisation et surmédicalisation des femmes, en particulier sous l’angle psychologique et psychiatrique. Le document se regarde pratiquement comme un film, car les images parlent d’elles-mêmes ; les quelques annotations en marge donnent des éléments supplémentaires facilitant la compréhension. Ce document a été présenté par Monique Debauche lors de la 12ème Rencontre Internationale Femmes et Santé (RIFS). Il a été projeté en boucle le matin du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements".

Le deuxième document reçu du Dr Monique Debauche, que je remercie, est lui aussi construit de la même façon : "Médicaments psychiatriques : modes et tendances". Dans le programme initial du colloque, c’est ce qui figure comme titre de la contribution, mais elle aurait été trop longue, donc le Dr Debauche est intervenue sur ce modèle de signalement collaboratif et efficace des effets indésirables qu’est le site Riskx.org, mis en place par David Healy.

Mon introduction et ma contribution sont à la fin du texte, avant le compte-rendu ; il s'agit du powerpoint complet (au colloque, je n'avais retrouvé que celui introductif et ai improvisé en fonction de mes notes, pour aborder les aspects évoqués plus bas).

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20/06/2012

Héparines: Lettre de Jacques Poirier à la ministre de la Santé, Marisol Touraine

Texte retiré le 27 novembre 2012.

J'ai décidé de mettre un terme à toute relation avec Jacques Poirier, mettre fin à ce que Jacques Poirier qualifie de "soutien indéfectible" de ma part, un engagement qui lui a été "précieux". Il m'a pris tout le temps et l'énergie que j'avais depuis plusieurs années, et ce

  • dans le cadre de Sciences Citoyennes (j'ai servi d'intermédiaire, mis en place la campagne de soutien, lu et relu les textes et dossiers, fait une bonne partie de tout ce qu'il y avait à faire, etc.),
  • sur Pharmacritique (mes propres textes, relecture d'autres textes, recherche d'informations, etc.)
  • avec les journalistes (que j'ai informés en détail, étant "contact presse" à ce sujet depuis le début); aussi avec toute personne demandant des informations
  • et tout simplement humainement, ce qui veut dire soutenir, être à l'écoute (généralement plusieurs fois par semaine, par mail et au téléphone), encaisser et essayer de garder le cap en cas d'engagements non tenus ou modifiés en cours de route, en cas de changements d'attitude de sa part (surtout suite à des critiques et des questions); tenter de le ramener à la raison lorsqu'il interprétait un fait anodin ou incertain comme une preuve de la validité de ses théories; chercher, envoyer et commenter des informations, relire et corriger ses textes, etc.)

Je mets un terme à tout cela parce qu'il s'avère que Jacques Poirier et moi n'avons pas les mêmes valeurs, ni les mêmes méthodes, ni la même acception de ce qui est acceptable, éthique, etc. Je suis loin de la sphère idéologique et des convictions qui sont les siennes et pourraient guider une partie de sa façon d'agir et d'interagir. Pendant longtemps, je pensais, en cas de discordances, que c'est moi qui ne comprenais pas et n'avais pas assez d'éléments, donc ne pouvais pas contredire Jacques Poirier. Puis peu à peu, le doute s'est installé et j'ai posé et reposé des questions, cherché des réponses ailleurs; j'ai aussi essayé de tempérer la tendance à interpréter certains faits selon un prisme déformant qui validerait ses convictions de départ, malgré l'absence de preuves. J'aurais dû mettre un terme à tout cela il y a longtemps, mais c'est difficile lorsqu'on pense être face à un ami à qui l'on aimerait offrir jusqu'au bout une aide illimitée.

Sauf que, pour moi, la fin ne justifie pas les moyens (et nous n'avons pas la même acception de la fin, d'ailleurs). 

De façon générale, je m'engage à 100% et peux tout donner dans l'engagement pour une cause, mais il faut qu'elle soit entièrement défendable. Car je ne peux pas fermer les yeux sur des questions d'éthique, de validité scientifique, etc. L'éthique ne se divise pas; les allégations non valides sur une partie du dossier entâchent l'ensemble du dossier et montrent une façon de faire, une méthode, montrent jusqu'où quelqu'un est capable d'aller. Et je n'accepte pas que l'on me "guide", que l'on se serve de moi puis de Pharmacritique comme d'un outil de provocation, comme une "arme", comme un moyen de diffuser des thèses incorrectes, des accusations injustifiées; je n'accepte pas non plus que moi ou quiconque soyons "encouragés" à prendre des risques pour quelqu'un d'autre qui reste dans l'ombre.

Etc.

Quant à Jacques Poirier, je lui ai posé plusieurs fois des questions et demandé des preuves sur la validité de certaines accusations à propos de l'AFSSAPS (formulées par diverses voies de communication, dont les deux articles de Jean Lefebvre sur Pharmacritique et ceux où il est question de l'association Familles de France), questions restées sans réponse digne de ce nom.

Le texte réglementaire de l'AFSSAPS dit la même chose que les textes réglementaires européens quant aux éventuelles dérogations qui pourraient intervenir en cas de force majeure (rupture d'approvisionnement en intestins de porc et le recours à des intestins de ruminants pour la fabrication d'héparines); il n'y a donc là aucune irrégularité, aucun dysfonctionnement par rapport à l'Europe, aucune "distorsion de concurrence" que l'AFSSAPS aurait délibérément faite afin de favoriser Sanofi et qui mettrait en danger les usagers français d'énoxaparine (Lovenox) plus que d'autres Européens. 

L'absence de preuves aurait dû empêcher la diffusion de telles allégations d'"irrégularités graves commises par l'AFSSAPS". On ne crée pas une vérité en diffusant des allégations par divers moyens de communication qui vont se citer l'un l'autre et vont créer le buzz jusqu'à ce que ces allégations seront reprises partout, seront la référence générale, donc deviendront "vraies".

J'ai longtemps voulu me persuader que tel ou tel incident (de divers ordre, que je ne vais pas déballer ici) relevait d'un enthousiasme trop fervent pour la cause et ai fermé les yeux sur les discordances, sur les méthodes et façons de faire.

La Fondation Sciences Citoyennes (FSC) soutient Jacques Poirier à propos de son licenciement, dont tout porte à croire qu'il a été abusif, Sanofi-Aventis voulant mettre un terme à un combat juste pour le contrôle de la sécurité des héparines chinoises. Mais si l'on regarde de près, ni Sciences Citoyennes (et à ma connaissance) ni Didier Levieux n'ont jamais relayé les allégations concernant l'AFSSAPS.  C'est moi qui ai demandé à Sciences Citoyennes de ne pas suivre toutes les propositions de Jacques Poirier, par exemple de ne pas se lancer dans une action hasardeuse contre l'AFSSAPS au Conseil d'Etat, puisqu'il n'y avait aucune preuve. Heureusement, le conseil d'administration a été d'accord avec moi. Je n'ose imaginer ce qui se serait passé autrement, le risque pris par FSC sur tous les plans (moral, financier...) 

Je souhaite à Jacques Poirier de gagner son procès à propos de son licenciement et de ce qui s'est passé au moment où il a été liciencié - et de réfléchir sur le reste, en particulier sur ce qu'il demande aux autres de faire pour lui et à sa place. Peut-être pense-t-il que faire le buzz à travers des allégations spectaculaires l'aide pour son procès, quitte à risquer de créer une psychose chez des usagers français de l'énoxaparine.

Ce sera sans moi. 

Jacques Poirier et moi n'avons rien en commun. Je ne vais pas entrer dans les détails (je les ai, ayant gardé l'ensemble des mails échangés depuis le début) et n'ai mentionné que le minimum, afin que les lecteurs sachent que les thèses à propos de l'AFSSAPS diffusées dans les articles de Jean Lefebvre et dans les articles parlant de Familles de France sont des hypothèses non fondées. J'en parle aussi pour que personne ne s'imagine que je laisse tomber pour je ne sais quelle raison occulte. D'autre part, je me devais d'en parler afin de présenter mes excuses aux lecteurs pour toutes les allégations non fondées. J'ai été de bonne foi, j'y croyais, faisant confiance à la source, c'est-à-dire à Jacques Poirier.  

Je ne laisse sur le blog que le dossier scientifique par Didier Levieux et le texte sur les conflits d'intérêt par Anne-Sophie Versier, qui ne portent pas sur Jacques Poirier.

Désolée pour ce billet d'humeur, ces phrases spontanées; c'est une grande déception, à la mesure de mon engagement intensif. Je ne l'ai même pas relu.


13/06/2012

Actes du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements". L’atelier N° 1 : "La surmédicalisation, mythe ou réalité"

Le programme du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », qui a eu lieu les 27 et 28 avril 2012 à la Faculté de médecine de Bobigny, est sur cette page. La présentation détaillée est sur celle-ci, avec une introduction globale sur les enjeux et l’urgence d’une prise de conscience par l’ensemble des citoyens, car la critique de la surmédicalisation n’est pas l’apanage des professionnels de santé.

Traduction pratique de la logique mercantile néolibérale dans le domaine d’une santé marchandisée, rendue possible par le dévoiement de la fonction sociale de la médecine, la (médicalisation et) surmédicalisation déforme toutes les pratiques et tous les actes médicaux, comme nous (les organisateurs) l’avons dit dans le communiqué de presse. Tous les citoyens sont concernés, et ils doivent en être conscients et contrecarrer ce phénomène, à titre individuel comme collectif, car ce sont eux qui paient, dans tous les sens du terme. Espérons que des alertes répétées mèneront enfin à la création d’un mouvement d’idées citoyen que j’ai appelé de mes vœux. Ce qui veut dire que l’on sortirait de l’entre-soi de quelques convaincus prêchant aux convaincus, de ce cercle restreint de « sachants ». Et que ce mouvement ne risquerait pas d'être orienté, dirigé et/ou limité par des professionnels de santé selon leurs intérêts plus ou moins directs, plus ou moins conscients, et selon leur degré de prise de conscience. Ce degré est limité parce qu’ils participent de ce système, en vivent, contribuent à le reproduire et à fournir les justifications et légitimations. Sans oublier qu'ils ont généralement du mal à reconnaître leur propre rôle dans la surmédicalisation, les surdiagnostics et les surtraitements.

La publication des actes du colloque a commencé par les comptes-rendus des ateliers du colloque, faits par leurs modérateurs. Voici les interventions composant l'atelier N° 1 (présentations powerpoint ou textes complets, selon ce que les auteurs ont transmis), suivies par le compte-rendu. 

Mise à jour: Sont accessibles les actes de l'atelier N° 2 (Causes et sources de la surmédicalisation), de l'atelier N° 3 (Surdiagnostics sources de surtraitements) et des ateliers N° 4, 5 et 6.

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08/06/2012

Actes du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements": les comptes-rendus des ateliers (causes, formes, enjeux, médicaments essentiels…)

Les 27 et 28 avril 2012 a eu lieu à la Faculté de médecine de Bobigny le colloque surmédicalisation,colloque surmédicalisation surdiagnostics surtraitements,disease mongering surmédicalisation,surconsommation médicaments médicalisation,cancer surdiagnostic dépistage,médicalisation surmédicalisation,sécurité sociale impact surmédicalisation,sous-médicalisation accès aux soins,psychiatrie médicalisation dsm,groupe princeps,elena pasca,surmédicalisation causes formes risque,néolibéralisme médecine contrôle social,biopolitique biopouvoir médecine,médicaments essentiels,médicalisation sciences sociales« Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », co-organisé par le Groupe Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas), le Département de Médecine générale de la Faculté de Bobigny et la SFTG (voir le programme).

Conceptualiser pour faire comprendre les enjeux pour tous les citoyens

A ceux qui n’en ont pas encore eu connaissance, je conseille de commencer par cette page de présentation du colloque et des ateliers, avec mon introduction détaillée sur les enjeux et l’importance d’une prise de conscience globale, par l’ensemble des citoyens, de l’omniprésence de la surmédicalisation, de ses causes, formes et conséquences, de ses risques pour notre santé individuelle et publique, tout comme pour le système public solidaire de santé et de soins. Cette compréhension est d’autant plus urgente que nous n’en avons pas conscience, parce que la surmédicalisation n’est pas un bloc ; son aspect systémique résulte d’une convergence de pratiques et d’intérêts d’acteurs divers, dans tous les champs du soin, acteurs qui lui donnent des justifications de santé publique (prévention…) et même des légitimations d'apparence éthique. Tous ces dérapages sont rendus possibles par le dévoiement de la fonction sociale de la médecine – thème de mon intervention -, et ils sont non seulement socialement acceptés, mais socialement valorisés… Parmi les distinctions que j’ai faites pour mieux expliquer le phénomène et ses justifications – car la conceptualisation et catégorisation est indispensable si l’on veut comprendre, expliquer et inciter à agir - figure celle entre médecine préventive, médecine prédictive et médecine prescriptive (au sens éthique du terme, illégitime).

Notre communiqué de presse, « La surmédicalisation : un dysfonctionnement majeur et systémique, à haut risque pour la santé publique comme pour notre système de soins », contient certaines formulations concises de nature à éveiller l’esprit critique sur l’étendue quantitative et les dégâts qualitatifs de la surmédicalisation et sur le fait que la médicalisation inutile (et les cercles vicieux qu’elle induit) ont pour contraire dialectique la sous-médicalisation. La tendance est à l’augmentation des deux, si cette thématique ne fait pas son chemin dans l’espace public, dans un débat public mené par l’ensemble des citoyens, car il concerne les choix de principe et les décisions à prendre sur nos modes de vie et sur le type de société dans laquelle nous imaginons notre avenir.

Sortir de l’entre-soi corporatiste pour un débat et des décisions citoyennes

Ce débat doit impérativement être soustrait aux corporatismes, et ce d’autant plus que les professionnels de santé se sont toujours trompés ou ont échoué, parce qu’ils n’ont pas su (ou voulu) sortir de l’entre-soi, ni aborder lucidement leur propre rôle et celui de leurs organisations (ordre des médecins, syndicats, associations, sociétés savantes…) dans la légitimation, la reproduction et même l’aggravation des structures systémiques qui ont pour résultat quasi automatique la surmédicalisation.

J’ai essayé de porter, parmi les organisateurs du colloque, ces idées et surtout la nécessaire sortie de l’entre-soi corporatiste, comme la sortie du petit cercle des convaincus. J’ai exprimé cela aussi lors du colloque et après, appelant à faire sauter les barrières (et les querelles de clocher) entre spécialités et entre professionnels de santé et usagers, à renoncer aux habitudes de décision et d’action exclusivement de médecins à médecins (et organisations médicales), à ne pas prendre des décisions autoritaires à la place des usagers, ni dans un sens ni dans l’autre, mais à leur apporter des catégories explicatives, des concepts et des exemples utiles et facilitant leur compréhension, les aidant à construire et exprimer leur esprit critique, leur subjectivité réflexive et délibérative, à faire un usage public de la raison, notamment dans les décisions qui leur reviennent de droit, de par les capacités juridiques qui sont leur apanage en République.

Ce danger d’entraver la création et l’essaimage d’un mouvement d’idées à cause des vieux réflexes corporatistes et de l’entre-soi médical est toujours présent. Je n’ai jamais agi dans un esprit opportuniste et cela ne changera pas. Je ne me limiterai pas à un rôle de perroquet et de panneau publicitaire et ne cautionnerai aucun acte qui risquerait d’entraver le mouvement citoyen et de limiter l’information et la possibilité d’appropriation de ces sujets par l’ensemble des citoyens. Eux seuls – et non pas quelques médecins et organisations bienveillants mais illégitimes s’ils veulent parler au nom de la majorité - peuvent mettre un terme à des pratiques aussi répandues et aussi fortement enracinées ; eux seuls peuvent y voir plus clair, car l’immense majorité n’a aucun intérêt à la reproduction de ce système et n’en vit pas. 

Les lecteurs de Pharmacritique ne seront pas dépaysés, puisqu’il s’agit de thèmes et d’éléments déjà abordés largement sur ce blog, dans les articles des catégories « surmédicalisation », « prévention, abus de prévention », « disease mongering » et ailleurs. Car toutes les structures de notre pseudo-système de santé, et même la moindre forme de désinformation médicale, le moindre biais et le moindre conflit d’intérêt – tout cela a pour conséquence l’augmentation du nombre de bien-portants devenus malades consommateurs de médicaments, sous prétexte de prévention, dépistages, bilans réguliers…

Un mot sur l’atelier N° 2

J’ai parlé plus longuement que les autres contributeurs, car outre l’introduction à l’atelier (la catégorisation des causes exposées lors de la présentation du colloque) et la modération, j’ai aussi fait une contribution (comme les autres contributeurs).

C’est après lecture des résumés qui nous ont été envoyés que j’ai décidé d’en faire une, afin que des causes majeures de la surmédicalisation (thème de cet atelier) soient évoquées au moins une fois : des explications prenant en compte le contexte global, des hypothèses plus osées, très critiques, donc risquant la controverse, mais argumentées. Plusieurs personnes m’ont dit avoir eu un véritable « déclic », avoir compris comment tout s’est mis en place aussi du point de vue socio-économique, historique et idéologique, et avec quelles conséquences essentielles pour la santé, mais aussi pour le modèle actuel de société, avec la médecine comme outil de contrôle social exerçant une correction en vue de la mise au pas et de l'extirpation de la différence. Alors je me dis que le risque – me voir reprocher moult fois la longueur – valait la peine. Selon les retours que j’ai eus, cette interprétation fait sens et contribue à la construction d'une explication théorique plus globale, un cadre logique de pensée dans lequel viennent s’inscrire les informations et les exemples concrets. 

Elena Pasca

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COMPTES-RENDUS DES SIX ATELIERS (par leurs modérateurs)

Atelier N°1: 27 avril matin : SURMEDICALISATION, MYTHE OU REALITE

Animation et compte-rendu par Jean-Claude SALOMON

Introduction - Jean-Claude SALOMON

Quelles hypothèses peuvent être explorées :

  • - La surmédicalisation est une tendance lourde associée au mouvement médical.
  • - La surmédicalisation fait progressivement obstacle au progrès médical et entrave le fonctionnement de l’action sanitaire et médicale.
  • - La surmédicalisation résulte de l’obligation de moyens plutôt que de l’obligation de résultats . Elle détourne les moyens de leurs fins.
  • - La surmédicalisation coexiste avec la sous-médicalisation et avec les inégalités de santé, sans parvenir à les réduire.

Quelles questions peuvent avoir des réponses :

  • - Quel rapport y a-t-il entre la surmédicalisation et la marchandisation de la santé?
  • - La démarcation entre le normal et le pathologique s’est-elle déplacée?
  • - La médicalisation des problèmes sociaux est-elle extensive ?
  • - Comment la surmédicalisation est-elle ressentie par les citoyens (bien portants ou malades), par les institutions, par les professionnels ?
  • - Quels dysfonctionnements provoque-t-elle ?
  • - Que peut-on mesurer avec méthode et rigueur?
  • - Quelles catégories professionnelles sont concernées : épidémiologistes, économistes, démographes, géographes etc. (IRDES, DRESS) ?
  • - Situation comparée entre pays et entre régions.
  • - La surmédicalisation est-elle un dysfonctionnement du système de santé ? Dans l’affirmative est-ce un dysfonctionnement systémique ?
  • - La surmédicalisation, les surdiagnostics et les surtraitements sont-ils seulement l’expression du consumérisme ordinaire commun à tous les pays industrialisés?
  • - Surmédicalisation et sous médicalisation : 2 faces de la même médaille ou expression des inégalités de santé ?

 

Sylvie FAINZANG - La surmédicalisation, entre médecins et malades : en mettant la surmédicalisation en perspective avec les réactions de résistance qu'elle engendre chez les patients et les diagnostics auxquels ces derniers se livrent dans le cadre de l'automédication, on montre que les individus ne sont pas les simples objets, passifs, de la surmédicalisation puisqu'ils peuvent y être réfractaires, ou au contraire en être les auteurs. Dans ces deux cas, la surmédicalisation va de pair avec une sous-médicalisation, par un effet de sélection des symptômes médicalisés.

Jacques BIRGE - La non prescription en médecine générale : enquête de pratiques chez les maîtres de stage et stagiaires Stage ambulatoire en soins primaires en autonomie supervisée (SASPAS) lorrains

Hypothèse : Il existe une dispersion de pratiques en terme de prescription ou de non-prescription. Un nombre non négligeable de médecins s’abstienne de prescrire, quand cela ne met pas en cause la qualité des soins.

Méthode : Enquête de pratiques, prospective.

Résultats : Dispersion de non-prescription : 0 à 34 %.

Conclusion : Hypothèse validée, La non-prescription est une pratique réalisable et acceptée que l’ont peut promouvoir en France. Ceci vaut aussi bien pour les médicaments que pour les examens complémentaires.

Bernard DUPERRAY et Bernard JUNOD - Dépistage du cancer : le modèle de prévention contredit par les faits

La justification du dépistage procède d’un mythe : le modèle linéaire de l’histoire naturelle du cancer. La confiance des médecins dans la valeur pronostique de l’examen au microscope d’un prélèvement de lésions suspectes a renforcé la perception d’efficacité de la destruction des cancers diagnostiqués tôt. Morbidité et mortalité consécutives au dépistage de masse prouvent aujourd’hui que le surdiagnostic – confusion entre maladie cancéreuse et « cancer » qui n’aurait pas eu de conséquence sur la santé – a illusionné soignants et patients. Contrairement aux espoirs suscités par l’extension du dépistage organisé, l’incidence des cancers avancés ne recule pas. La frontière entre le normal et le pathologique est un thème de recherche beaucoup trop négligé en cancérologie mammaire.

Etienne ANTOINE - Surmédicalisation ou contre-productivité : un regard contemporain sur Ivan Illich

Ivan Illich commençait Némésis médicale, l’expropriation de la santé, par ces mots: «L’entreprise médicale menace la santé.»

Il analysait l’effet paradoxal de cette médecine en plein essor, qu’il divisait en trois formes de iatrogénèse: clinique, structurelle et sociale.

Nous nous demanderons si ce livre polémique publié en 1976 reste d’actualité. La surmédicalisation n’étant actuellement envisagée que sous son aspect de iatrogénèse clinique, il nous faudra donc nous interroger sur ses aspects structuraux et sociaux.

 Débat et synthèse de l’atelier

Il est clair que les hypothèses et les questions formulées en introduction n’ont pas de réponse après la présentation des communications. Elles ne pouvaient en avoir, sinon de façon partielle. En partant des expériences et des observations rapportées, il n’est possible par induction de parvenir à la vision générale de la surmédicalisation que de façon progressive, par accumulation de résultats. Cet atelier ne pouvait prétendre à plus. Toutefois il est important que l’exploration de ce phénomène ait été amorcée. En ce sens le but recherché a été atteint. Il semble vain de dénoncer le consumérisme des patients ou les prescriptions abusives des médecins si on n’est pas capable de mesurer ce que l’on explore. L’économie et la politique de santé ne peuvent être évacuées ou être fondées sur des affirmations ou sur de simples intuitions. Alors que la médecine tente de se rebâtir sur des preuves scientifiques (Evidence Based Medicine – EBM), l’économie et la politique de santé doivent se construire sur des preuves d’une autre nature, mais aussi rigoureuses, pour enlever la conviction et aider à prendre des décisions (Evidence Based Policy – EBP).

On conçoit que cette démarche soit entourée d’un bruit de fond qu’il faut méthodiquement atténué.

Bien d’autres questions devront être l’objet des études pour les années à venir.

  • - La surmédicalisation peut elle être une réponse adaptative ?
  • - La prévention quaternaire permet-elle de réduire la surmédicalisation ?
  • - L’orientation vers les actes, les examens et les produits essentiels est-elle illusoire ?
  • - quels sont les avantages et les inconvénients des normes de médicalisation et de bonnes pratiques
  • - La «règle ou la norme» doivent-elles résulter de démarches simultanées  du terrain vers la conceptualisation (bottom up) et l’inverse (top down).
  • - Si la surmédicalisation est bien réelle; ses déterminants peuvent-ils être mieux analysés ?
  • - Dans l’affirmative sont-ils accessibles à l’action sanitaire et sociale?

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Atelier 2 : CAUSES ET SOURCES DE SURMEDICALISATION, vendredi 27 avril 2012, (9H30- 12H00), avec une cinquantaine de participants

Modération et compte-rendu: Elena Pasca

Contributions (par ordre de prise de parole) :

  • Elena PASCA : La surmédicalisation, conséquence du dévoiement de la fonction sociale de la médecine
  • Pierre-Guillaume PARIS: La santé, catégorie normative qui façonne les subjectivités
  • Luc PERINO : Surmédicalisation : un dysfonctionnement systémique habilement exploité
  • Laurent LETRILLIART, Denis POUCHAIN: Troubles cognitifs légers: une zone grise à risque de surmédicalisation
  • Monique DEBAUCHE: Les médicaments psychiatriques : modes et tendances
  • Edwige LE MOUEL, Olivier DECAUX, Antoinette PERLAT, Patrick JEGO, Bernard  GROSBOIS: Incidentalomes biologiques : étude prospective en consultation de médecine interne

Dans l’introduction, Elena PASCA (philosophe) a insisté sur la nécessité d’une catégorisation et d’une analyse globale du contexte, des causes, des formes et des conséquences de la surmédicalisation. Elle a exposé et exemplifié quelques catégories.

Dans son intervention sur le dévoiement de la fonction sociale de la médecine, elle a évoqué certains apports des sciences sociales permettant de comprendre les changements à tous les niveaux – droit, idéologie, économie, psychologie sociale et mentalités… - qui sont soit les prémisses, soit les conséquences de la surmédicalisation.

Ces changements systémiques ou ponctuels ont permis la reproduction du complexe médico-industriel au prix d’adaptations minimes ; ils ont rendu possible l’instrumentalisation de la médecine, puis le dévoiement de sa fonction sociale vers des rôles illégitimes où elle transforme des bien-portants en malades pour élargir le marché de l’industrie pharmaceutique, à l’aide de techniques de persuasion, de marketing et de disease mongering, sous des prétextes paraissant scientifiquement fondés tels que la prévention, réduite à la médicamentation. Cette médecine préventive se double d’une médecine prédictive aux fondements douteux (le tout génétique…) et d’une médecine prescriptive (au sens prétendument éthique : le médecin édicte des préceptes comportementaux pour des individus et des populations, à travers des politiques hygiénistes et des normes médicales qui deviennent des normes sociales de mise au pas).

Il y a danger d’une dérive irréversible vers une médecine outil de contrôle social imperceptible mais omniprésent, une médecine gardienne de l’ordre établi (voir la réforme de la psychiatrie...) et instrument d’ingénierie sociale aux mains d’une biopolitique qui uniformise les individus, les normalise selon des standards arbitraires et extirpe la différence. Les auteurs de l’Ecole de Francfort – largement cités – ont mis en garde contre ce nivellement et contre l’exclusion des différents (ceux qui n’acceptent pas la « correction » par le « traitement » médico-pharmacologique). Il est socialement valorisé de se dire malade – dépressif, bipolaire, hyperactif… -, mais disqualification et stigmatisation sociales guettent si l’on ne s’ajuste pas aux rôles socio-économiques, si l’on est différent, critique, marginal, inadapté au système et à son marché du travail. C’est soit l’identification à une case selon les normes néolibérales, soit un diagnostic de « trouble » selon le DSM (Manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux). La diversité humaine (psychodiversité…) risque de disparaître au profit d’individus devenus permutables, interchangeables, façonnés selon les mêmes standards biologiques, morphologiques et psychiques.

Sous l’influence d’un marketing pharmaceutique décuplé depuis l’avènement de la psychopharmacologie et de l’individualisme néolibéral qui accentue les droits subjectifs et défensifs, les individus revendiquent un droit à la santé conçue comme un vague bien-être (cf. définition de l'OMS). La « correction » médico-pharmaceutique qu’ils reçoivent annihile le potentiel de subjectivité réflexive et délibérative qui nous sortirait du cercle vicieux entre notre consumérisme et l’offre médicale qui crée la demande.

Il faut rendre cela conscient à l’aide de concepts critiques et porter le débat dans l’espace public politique, afin qu’un mouvement citoyen empêche le complexe médico-industriel d’achever la mutation anthropologique (K. Applbaum) et l’état de biopouvoir quasi-totalitaire anticipé par Foucault et d’autres.

Si la médecine peut jouer un tel rôle, c’est que la santé est une catégorie normative en fonction de laquelle se construit la subjectivité et le rapport à soi. Pierre-Guillaume PARIS, philosophe de la santé, l’a montré par des exemples tirés du domaine des cancers – publicités et préceptes édictés à diverses époques -, qui illustrent l’évolution des représentations de la relation médecin/patient et des façons de concevoir la médecine. L’on comprend comment se forment historiquement les attentes des médecins, et notamment l’homo medicus : un patient idéal, qui serait capable d’objectivation et surtout de compliance, donc d’observance non critique des prescriptions. L’on comprend aussi comment se construisent les représentations de soi des usagers en tant que patients et au-delà, dans leur subjectivité, puisque le savoir médical joue un rôle de médiation dans cette construction. Le corps du patient tend à devenir un objet de la médecine, son autocompréhension et ses conduites étant en rapport avec les attentes des médecins et les médiations de ce type.

Cette construction est déterminée par le contexte économique et historique : celui d’une gouvernementalité et d’une rationalité libérales, avec toutes les conséquences sociales, sociétales et idéologiques. La médecine, qui paraît être transparente et dire la réalité telle qu’elle est, est un outil parfait. Ces dehors scientifiques appuient la demande implicite faite aux patients : entrer dans le monde tel qu’il est circonscrit par la médecine, regarder leurs corps comme des objets cliniques, se battre et « positiver », agir en « entrepreneur de soi », bref, se soumettre aux exigences et aux outils d’une médecine entrée en hybridation avec le management, la psychologie, la publicité, comme on peut le voir avec la psycho-neuro-immunologie, par exemple…

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05/06/2012

"Santé, jusqu’où irons-nous?" Entrevue virtuelle avec Oscar Grosjean

NdlR : Pierre BIRON est professeur honoraire de pharmacologie à l’Université de Oscar Grosjean,pierre biron,surmédicalisation disease mongering,dépistage cancer surmédicalisation,prévention abus de prévention dépistage,sécurité sociale danger privatisation,disease mongering cholestérol ostéoporose hypertension,médecine générale rémunération qualité,elena pasca surmédicalisation,aide à l'observance,influence pharmaceutique médicalisation,surmédicalisation soins inutiles,sous-médicalisation pauvreté accès aux soins,acharnement thérapeutique,procréation médicalement assistée risquesMontréal, auteur et co-auteur de nombreux articles et d’un Alterdictionnaire médico-pharmaceutique anglais-français, critique et évolutif. J’ai fait une présentation détaillée de l’auteur, qui a publié plusieurs articles sur Pharmacritique, à la fin de son texte sur la « complicité médico-pharmaceutique [qui] dévoie le savoir médical ».

Ici, Pierre Biron nous présente le livre d’Oscar GROSJEAN, Santé, jusqu’où irons-nous? Fabriquer des patients pour tuer la Sécu. Charleroi, Couleur livres, 2005, 120 pages, 13 euros.

Selon la présentation de l’éditeur, Oscar Grosjean est « chirurgien, maître de stage et diplômé en criminologie. Collaborateur de l’Université de Liège, il a poursuivi des travaux de recherche particulièrement en transplantation. Responsable du service de chirurgie à la Faculté de médecine du Rwanda de 68 à 71, il a aussi effectué une dizaine de missions chirurgicales en Afrique et au Proche-Orient ». L’introduction au livre, faite par l’éditeur, est sur cette page du site qui contient aussi les illustrations. [Elena Pasca]

 

« Santé, jusqu’où irons-nous? » Entrevue virtuelle avec Oscar Grosjean 

Par le Pr Pierre BIRON

Un ouvrage décapant qui décrit les choses telles qu’elles sont devenues en matière de santé et de médecine. Un ouvrage sur la médecine d’aujourd’hui, « débordant de constatations surprenantes et de questions impertinentes », comme de savoir si les examens et soins proposés aujourd’hui, de plus en plus nombreux et coûteux, sont utiles à notre santé. Son regard critique nous rappelle celui des Américains Nortin Hadler (Malades d’inquiétude ?) et Gilbert Welch (Dois-je me faire tester pour le cancer ?), tous deux traduits par Fernand Turcotte, aux Presses de l’Université Laval (Québec, CA).

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21/05/2012

La surmédicalisation : un dysfonctionnement majeur et systémique, à haut risque pour la santé publique comme pour notre système de soins. Communiqué de presse

Voici le communiqué de presse des organisateurs du colloque « Surmédicalisation, colloque surmédicalisation logo.jpgsurdiagnostics, surtraitements » (présentation et programme détaillé sur cette page), à savoir

  • le groupe d’études Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas),
  • la SFTG (Société de Formation Thérapeutique du Généraliste) et
  • le Département de Médecine générale de la Faculté de médecine de Bobigny

Nous avons préféré envoyer ce communiqué après l’élection présidentielle qui a focalisé toute l’attention.

Evidemment, la richesse des échanges durant ces deux journées et les nombreuses idées pour les suites à donner ne sauraient être évoquées dans une forme aussi succincte… Nous restons à la disposition de tous ceux qui souhaitent en savoir plus et de tous ceux, que nous espérons de plus en plus nombreux, qui souhaitent se joindre au « mouvement d’idées » qui résulte de ce colloque. Mouvement auquel nous allons donner une traduction pratique dans les semaines et les mois à venir, afin de contribuer à une prise de conscience des professionnels de santé, des media, ainsi que de l’ensemble des citoyens quant aux causes, aux formes et aux conséquences d’une surmédicalisation omniprésente et la plupart du temps inconsciente; surtout les risques ne sont pas perçus comme tels, puisqu'elle se présente sous les dehors respectables de la prévention, comme le reflet d'une politique de santé publique mise en place - pensent les citoyens - selon des critères rigoureux et évalués...

Les citoyens doivent avoir les outils théoriques nécessaires pour comprendre ce qu'ils risquent - car toute prescription inutile induit un risque inutile -, ce pour quoi ils paient, dans tous les sens du terme, pour savoir qu'ils n'ont pas toute l'information ou sont désinformés sur l'intérêt pour leur santé de ces bilans annuels - qui trouvent des anomalies (incidentalomes) sans aucune signification pathologique - et de ces dépistages organisés de tel ou tel cancer... 

Les citoyens doivent comprendre quels sont les rouages systémiques qui empêchent le changement et assurent la reproduction d'un système qui ne profite pas à la santé individuelle et publique, mais aux intérêts de ceux qui vivent de cette surmédicalisation, de la mise en place des dépistages qui, tels des loteries, mènent aux cercles vicieux de surdiagnostics et de surtraitements, où les rares "gagnants" ne doivent pas faire oublier que l'immense majorité perd au change. Combien de centaines et de milliers de "dégâts collatéraux" (pensons au number needed to harm...) sont "acceptables" pour qu'une seule femme en tire un bénéfice? Une seule sur les 2.000 subissant des mammographies régulières de dépistage pendant 10 ans...

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20/05/2012

"La médicalisation de la santé et du mal-être" (III): "Les malades sans maladie". Par le Pr Claude Béraud

Texte retiré le 7 janvier 2016.

Je posterai le vrai travail du pr Claude Béraud, sans ma réécriture.

19/05/2012

La médicalisation de la santé et du mal-être (II). Par le Pr Claude Béraud

Texte retiré le 7 janvier 2016.

Je posterai le vrai travail du Pr Claude Béraud, sans ma réécriture. 

18/05/2012

La médicalisation de la santé et du mal-être (I). Par le Pr Claude Béraud

Texte retiré le 7 janvier 2016.

Je postera le vrai travail du Pr Claude Béraud, sans ma réécriture. 

16/05/2012

Héparines sous le règne du Profit : du "conflit de travail" aux conflits d’intérêts et aux risques sanitaires

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

 

15/05/2012

Proposition de loi Ecolo Groen : dispositifs de régulation des conflits d’intérêts et déontologie de l’expertise (registre national de l’expertise, Conseil supérieur de l’expertise…)

Ecolo Groen ecologie politique rencontres.jpg

Le 20 janvier 2012, j’ai participé, au nom de la Fondation Sciences Citoyennes (FSC) à une journée de débats sur les moyens de renforcer l’expertise indépendante, organisée au Parlement fédéral belge par les députés Thérèse SNOY (voir son site) et Jacques MOREL. (Le programme est accessible sur cette page, avec la liste des intervenants de la matinée. L’introduction et les diaporamas des intervenants sont sur le site d’Ecolo Groen).

Après les interventions du matin, l’après-midi a eu lieu une table ronde avec des représentants des institutions belges intervenant en santé publique, avec une responsable d’une fédération belge de consommateurs et avec Leo NEELS, le patron du syndicat patronal de l’industrie pharmaceutique belge Pharma.be (homologue de Christian Lajoux, du LEEM français). 

Les discussions ont porté surtout sur les conflits d'intérêts et les procédures institutionnelles de leur "gestion" - terme qui ne veut rien dire -, dans un esprit d'autocongratulation que l'on connaît en France aussi: dès qu'il y a un embryon de déclaration des liens d'intérêts, les représentants des institutions interrogées considèrent que le système fonctionne très bien, que le problème des conséquences des conflits d'intérêts a été réglé... Or, comme je l'ai dit souvent, lors de divers débats, sur Pharmacritique, mais aussi à travers des communiqués de Sciences Citoyennes sur le double tranchant de la transparence, celle-ci ne résout rien, mais contribue au contraire à légitimer et banaliser les conflits d'intérêts et les jeux d'influences et groupes de pression, comme s'ils étaient une composante inéluctable et indépassable du jeu démocratique et des pratiques scientifiques... Bref, "la déontologie de l'expertise ne se limite pas à la déclaration des conflits d'intérêts" (communiqué de presse de la FSC du 5.01.2010).

Rappelons que, à l’aide d’un groupe d’experts multidisciplinaires, Sciences Citoyennes a rédigé une proposition FSC logo.jpgde loi sur la déontologie de l’expertise et la protection de l’alerte, prévoyant la création d’une Haute autorité de l’expertise et de l’alerte, aux prérogatives décrites dans le texte. Ces prérogatives recoupent en partie celles que les députés écologistes belges (Ecolo Groen) attribuent au Conseil supérieur de l’expertise dont ils demandent la création.

Leurs propositions sur la déontologie de l’expertise vont dans le même sens que celles de Sciences Citoyennes. Espérons qu’en France aussi, des hommes politiques donneront plus de place à l’expression non tronquée de l’« expertise citoyenne », créeront des formes de démocratie participative telles que les conventions de citoyens – autre proposition phare de la FSC – pour permettre une décision citoyenne éclairée, en connaissance de cause, sur tous les enjeux scientifiques et technologiques. 

Voici le communiqué de presse très détaillé des députés Ecolo Groen à l’origine de la proposition de loi :


« Ecolo-Groen dépose une proposition pour veiller à l’indépendance de l’expertise scientifique dans les matières de santé publique et d’environnement »

L’objectif : Rendre de la légitimité à nos institutions de santé publique en évitant les conflits d’intérêts de nos scientifiques 


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11/05/2012

Quid de l’enquête sur la sécurité des héparines/Lovenox°? Rappel des risques (prion...) et lettres de Jacques Poirier à Xavier Bertrand

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

08/05/2012

La médecine générale à l’honneur dans "Profession: médecin de famille", livre de Marc Zaffran présenté par Pierre Biron

NdR : Pour nous immerger dans la réflexion de Martin WINCKLER, nom de plume de Marc médecine générale spécificités caractéristiques,profession médecin de famille zaffran,marc zaffran livres,relation médecin patient martin winckler,pierre biron,médecin de famille difficultés,école des soignants winckler,relation médecin patient écoute erreur médicale,martin winckler romans littérature médicale,médecine de famille québec,médecine générale empathie écouteZAFFRAN, Pierre BIRON utilise une forme plus originale que le compte-rendu classique, qui se révèle aussi plus appropriée : il s’agit d’une interview virtuelle, dont les réponses sont imaginées à partir du livre. Comme il ne s’agit pas de citations exactes, l’interprétation de l’intervieweur et son propre point de vue s’imbriquent avec ceux de Martin Winckler, comme dans une fugue où la deuxième voix non seulement alterne avec la première, mais souligne son sens et permet au lecteur d’accéder à plusieurs strates de signification. Cette forme est plus efficace, car au départ, elle déconcerte le lecteur, qui, intrigué, voudra en savoir plus à la fois sur la réflexion de l’auteur du livre et sur celle de l’auteur de l’entretien, pour mieux distinguer les deux voix. C’est le même procédé qui structure son texte « Entretien virtuel avec Jean Peneff : "La France malade de ses médecins" » (à lire sur cette page).

Lire aussi les commentaires d’Elena Pasca à la fin de cet article, en particulier sur « l'école des soignants ».

 

"Profession : Médecin de famille". Entretien virtuel avec Marc Zaffran

Par le Pr Pierre BIRON

Professeur honoraire de pharmacologie à l’université de Montréal [1]

 

Voici un livre, sorte de causerie au coin du feu qui se lit en moins d’une heure, où un ex-médecin de famille, écrivain par surcroît,  québécois d’adoption, nous livre sa vision de l’essence du bon médecin de famille, du praticien de la médecine à visage humain – alias omnipraticien, généraliste, médecin personnel – une espèce en voie de disparition et dont le Québec en particulier manque cruellement.

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25/04/2012

Programme du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements" (27-28 avril)

Mise à jour à la fin : horaires du collloque et annonce d'une réunion de "debriefing et prospective" le samedi après-midi, après le colloque

Le colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements" aura lieu à la Faculté de médecine de colloque surmédicalisation,surmédicalisation surdiagnostics surtraitements,surconsommation médicaments médicalisation,elena pasca,groupe princeps surmédicalisation,médicaments essentiels groupe princeps,société de formation thérapeutique du généraliste colloque surmé,médecine préventive abus de prévention,dépistages cancer sein cancer prostate critique,alain siary surmédicalisation,surmédicalisation causes formes,disease mongering façonnage de maladiesBobigny (Bâtiment de l'Illustration) le 27 et le 28 avril 2012. Il est organisé par le groupe Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas), la Société de Formation Thérapeutique du Généraliste (SFTG) et le Département de médecine générale de la Faculté de médecine de Bobigny.

L’introduction, la présentation d’ensemble et toutes les informations pratiques (modalités d'accès, bulletin d'inscription...) sont accessibles sur cette page. Les inscriptions pour assister au colloque sont possibles sur place (frais d’inscription uniquement par chèque à l’ordre de la SFTG).

Programme des six ateliers :

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24/04/2012

"Politique de lutte contre le tabagisme en France: De la guerre au compromis et à la collaboration", par Alain Braillon

 NdR : Une présentation détaillée du Dr Alain Braillon, de sa formation, ses activités et sa situation actuelle figure au début de la longue interview parue sur Pharmacritique sous le titre « La santé publique dans tous ses états ». La politique française de lutte contre le tabagisme faisait partie des sujets abordés dans cet entretien, mais avec ce texte, la méthode et la forme scientifiques viennent étayer les critiques exprimées. L’introduction plus générale est suivie du texte intégral d’un rapport co-écrit par le Dr Alain Braillon, le Dr Anne-Sophie Méreux et le Pr Gérard Dubois, intitulé « Politique de lutte contre le tabagisme en France: De la guerre au compromis et à la collaboration ». [EP]


En France, la politique de lutte contre le tabac est partie en fumée!

Par le Dr Alain BRAILLON

La France est une exception parmi les pays riches, elle est livrée au lobby du tabac.

Ces dernières années la consommation de tabac n’a pas baissé comme ailleurs et elle a même augmenté ! C’est d’autant plus surprenant que notre consommation est déjà élevée, 34 % de fumeurs, contre 21% au Royaume-Uni, 19% en Australie, et 17% au Canada. Pire, les adolescents sont de plus en plus nombreux à fumer comme l’a montré une récente enquête. Le tabac est la cause directe du décès prématuré de 60 000 personnes chaque année en France. C’est la première cause de décès évitable.

Cette situation est d’autant plus incroyable que les mesures pour réduire la consommation de tabac sont connues et efficaces. Elles ont été appliquées avec succès en 1991 (Loi Evin) et 2003 (plan Cancer I). Cela a permis de réduire de moitié la consommation de tabac et la mortalité par cancer du poumon des hommes de 35 à 44 ans. Mais depuis cinq ans, chaque arbitrage demandé au Premier ministre et au président de la République a été tranché en faveur des industriels du tabac ou des buralistes. C’est 12 000 morts qui n’ont pas été évitées.

La France a ratifié en 2004 la Convention-Cadre pour la Lutte Anti-Tabac (Organisation Mondiale de la Santé) mais elle n’applique pas les mesures nécessaires pour faire baisser la consommation. La France est aussi en infraction à l'article 5.3 de cette convention qui impose de protéger les politiques de santé publique de l'influence de l'industrie du tabac.

Le texte que j’ai co-écrit avec Anne Sophie Mereau et le Pr Gérard Dubois, président de la commission addiction à l’Académie Nationale de Médecine, est un rapport détaillé sur les politiques menées pour la santé publique et contre le tabac depuis les années 50. Il démontre comment depuis une demi douzaine d’années ces politiques publiques sont en faveur des industriels du tabac et contre la santé de la population. http://braillon.net/alain/rltabac.pdf

Ce rapport n’est pas isolé.

Le Pr Bertrand Dautzenberg vient aussi de publier un livre qui fait le même constat : La République enfumée, les lobbies du tabac sous Chirac et Sarkozy : du meilleur au pire. http://www.viva.presse.fr/Tabac-le-nombre-de-deces-chez-les_16835.html

Ces faits ont fait l’objet de publications dans les grandes revues médicales nationales et internationales :

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23/04/2012

"Quand la complicité médico-pharmaceutique dévoie le savoir médical", par Pierre Biron

Quand la complicité médico-pharmaceutique dévoie [1] le savoir médical Pierre Biron,conflits d'intérêts médecine pharmaceutique,corruption médecine pharmaceutique,surmédicalisation surmédicamentation,industrie pharmaceutique influence critiques,expertise médicale indépendance influence,leader d'opinion médecine industrie pharmaceutique,Pierre Biron conflits d'intérêt médecine,pierre biron pharmas-co-dépendance,façonnage de maladies disease mongering,maladies inventées vendeurs de maladies

 

Par le Pr Pierre BIRON *

 

À l’époque de Louis XIV, le roi prenait comme maîtresses et honorait des faveurs de la cour les filles de grandes familles puissantes qui auraient pu faire ombrage à son pouvoir quasi absolu ou le contester; ainsi, toute cette famille était pour ainsi dire neutralisée[2].

Aujourd’hui, l’industrie des produits médicaux accorde ses faveurs et appuie l’ambition professionnelle d’une poignée de leaders d’opinion de spécialités médicales au grand pouvoir de prescrire; ainsi, toute la spécialité est pour ainsi dire neutralisée. De la cardiologie à l’oncologie et la diabétologie en passant par la psychiatrie, la pédiatrie, la gériatrie et la médecine générale, tout dépend des profits escomptés. Ainsi, les infectiologues sont peu courtisés, car l’industrie délaisse la recherche en antibiothérapie; ce n’est pas assez payant, les patients guérissent souvent et après quelques années de commercialisation, la résistance bactérienne s’installe.

Les experts qui cèdent à la tentation de devenir des leaders d’opinion – de méchantes langues les surnomment dealers d’opinion – peuvent acquérir une grande renommée, exercer beaucoup d’influence sur leurs pairs, siéger sur des comités qui rédigent les recommandations cliniques (clinical guidelines) aux prescripteurs, arrondir leurs fins de mois, conseiller les assureurs publics, paraître comme auteurs d’articles pas toujours écrits par eux-mêmes. Et mener à des dépenses inutiles sans pour autant améliorer tangiblement la santé.

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06/04/2012

Le glas aurait-il sonné pour la mammographie de dépistage ?

Auteurs:

Pierre BIRON (Professeur honoraire de l’Université de Montréal, Canada) [1] Fernand TURCOTTE (Professeur émérite de l’Université Laval, Canada) [2] (photo)


LE GLAS AURAIT-IL SONNE POUR LA MAMMOGRAPHIE DE DEPISTAGE?

 

Les invitations au dépistage : une forme bien fernand turcotte.jpgparticulière de loterie

Imaginons une boîte contenant 2000 billets. Tirer un billet de cette boîte équivaut à accepter l’invitation de subir une mammographie de dépistage tous les 2 à 3 ans durant 10 ans.

La boîte ne contient qu’un seul billet gagnant, qui fera de cette chanceuse une « grande gagnante » : elle évitera de mourir du cancer du sein grâce aux traitements reçus après un dépistage positif confirmé.

Aucun des 1 999 autres billets n’est un billet gagnant.

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05/04/2012

Sauvons la librairie Lady Long Solo ! Halte à la destruction des librairies indépendantes! Pétition à la Mairie du 11ème

Certes, ce n’est pas le sujet du blog. Mais j’ai toujours aimé les librairies de quartier, qui néolibéralisme culture disparition,lady long solo librairie pétition,librairie indépendante livre néolibéralisme,édiction livre culture capitalisme financier,paris librairies de quartier,accès à la culture prix argent,sauver librairies indépendantes,consommation biens culturels capitalisme,culture consommation loisirs capitalismeont une âme, une vraie individualité, et sont des lieux de rencontre entre amateurs de culture. Ce sont de telles librairies, ainsi que des bibliothèques, qui m’ont donné le goût de la lecture. Et je serai toujours prête pour toute action visant à défendre les bibliothèques publiques et les librairies de quartier.

Si on laisse faire, chaque établissment culturel et tout ce qui a trait à la culture, ainsi que ses médiateurs, disparaîtront peu à peu, chacun de façon isolée, donc moins visible. C'est le sort réservé à la culture par un néolibéralisme qui n'en a que faire, en tout cas de celle qui sort du strict commerce. Pour l'idéologie néolibérale, la culture au sens propre du terme est dangereuse, puisque des individus cultivés, informés et qui agissent donc en connaissance de cause, en citoyens avisés, sont plus difficiles à dompter et à réduire au stade de travailleurs obéissants et de consommateurs de loisirs et de divertissements de type émissions TF1.

J’appelle tous les amateurs de la culture, tous les opposants à la tendance actuelle qui transforme Paris en une juxtaposition de monuments envahis par les touristes, quartiers sans âme, bureaux, boutiques et restaurants et fast-food, où les logements hors de prix ne laissent à terme que les plus fortunés, à signer la pétition demandant une préemption municipale par la mairie du 11ème arrondissement. Il suffit de cet acte pour que la librairie « Lady Long Solo » (38 rue Keller, Paris 75011), lieu de rencontres et d’échanges culturels, continue à faire le bonheur du quartier, par son choix indépendant et éclairé de livres permettant à des petits éditeurs, snobés par les granges enseignes, de se faire connaître et de continuer à publier de la bonne littérature, écrire en dehors du cirque médiatique.

Si nous ne faisons rien, Lady Long Solo, incapable de payer des loyers prohibitifs, tombera dans les mains de promoteurs qui en feront une boutique de fringues, dont le quartier regorge déjà...

Voici le texte de la pétition. Merci de diffuser largement !

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30/03/2012

La collusion de Narcisse et des médias pour la désinformation. Par Jacques Testart

Avant-propos d’Elena Pasca :

"En 2009, lors d’un débat avec la psychanalyste Monette VACQUIN et Jacques TESTART au sujet de la procréation médicalement assistée, j’ai posé plusieurs questions dont celle portant sur le narcissisme de tous les acteurs qui interviennent dans ce processus et de l’impact que cela aura sur le narcissisme et l’image de soi de l’enfant. J’ai pris des notes et ferai un article là-dessus (narcissisme, complexe démiurgique et conséquences, mémoire et histoire, éthique et science…), qui renverra aussi aux textes cités par Jacques Testart, aux rôles respectifs, à ses activités en comparaison avec celles de René Frydman, qui n’a pas entamé le tournant éthique…

Après avoir lu la tribune de Jacques Testart dans Médiapart, je lui ai reposé cette question du narcissisme, du complexe démiurgique (omnipotence...) de René Frydman et de ce que l'industrie lui permet d'en faire pour traduire ses fantasmes en réalité... et suggéré d’autres aspects qui mériteraient d’être évoqués pour compléter cette tribune et placer certains accents différemment. Je suis contente qu’il ait accepté ma proposition. J’ai longuement présenté les activités, les écrits et la démarche réflexive et éthique de Jacques Testart dans l’introduction de son premier texte sur Pharmacritique : "Entre idéologies et industries, quelle place pour la décision citoyenne en bioéthique ?" Son site contient une page biographique et une liste jacques testart bébé éprouvette,rené frydman bébé éprouvette amandine,procréation médicalement assistée histoire,jacques testart technoscience reproduction,rené frydman congélation ovules méthodes procréation,bioéthique procréation reproduction fiv,diagnostic préimplantatoire,diagnostic prénatal embryon séléction,media lobby médical,journalisme médical influence,leaders d'opinion médecine reproduction,media indépendance lobby industrie,narcissisme médical reproduction pma,illusion démiurgique médecine toute-puissance,recherches sur l'embryon projet loibibliographique très détaillées."

 

LA COLLUSION DE NARCISSE ET DES MEDIAS POUR LA DESINFORMATION

Par Jacques TESTART

"Ne prenons pas des airs de demi-dieux, ou même de démiurges, là où nous n’avons été que de petits sorciers" Jean Rostand

En réponse à la monopolisation médiatique organisée autour de René Frydman à l’occasion des 30 ans d’Amandine, premier bébé issu de fivète (fécondation in vitro et transfert d’embryon) français, Médiapart a publié mon texte [1] que la presse écrite avait refusé (« ça n’intéresse pas les gens »…). J’aurais souhaité m’en tenir là tant ma situation de partie prenante s’accorde péniblement avec une critique sereine. Mais plusieurs amis ont souhaité que je développe certains points et Elena Pasca m’a offert l’hospitalité de Pharmacritique pour une analyse plus approfondie d’un aveuglement médiatique qui mène à la désinformation.

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19/03/2012

"Santé: moraliser la politique du médicament". Conférence de presse d’Eva Joly. Commentaires sur le complexe médico-industriel, politique et médiatique

En raison des dramatiques événements de Toulouse (et Montauban), la conférence de presse est reportée. Je vous informerai le moment venu.


J’ai été sollicitée par trois femmes, Eva JOLY, Michèle RIVASI et Aline ARCHIMBAUD, dont j’admire eva joly santé médicament,michèle rivasi santé médicament pharmaceutique,europe écologie les verts santé médicament,elena pasca,conflits d'intérêts médecine médicament loi,prix médicaments france europe,progrès thérapeutique autorisation de mise sur le marché,lobbying politique industrie pharmaceutique les verts,accès aux soins programme politique,coûtefficacité médicament,médecine prédictive médecine préventive,prévention dépistages cancer critique,media lobbying influence,experts conflits d'intérêt biais médecine,leo neels,écologie politique santé médecine médicament,prix médicament coût recherche développementl’intégrité et l’engagement, pour apporter une dimension d’ « expertise citoyenne » et de voix de la société civile lors d’une conférence de presse le mercredi 21 mars (détails à la fin) sur les moyens de « moraliser la politique du médicament », c'est-à-dire dans un domaine où la société civile et le débat citoyen sont marginalisés, voire exclus.

Habituellement, les professionnels de santé considèrent la santé – et surtout le médicament – comme une chasse gardée, réservée aux « techniciens » et aux « industries » de la santé. (Le terme même, appliqué à la santé, devrait choquer et interpeller...) Et les hommes politiques basent leurs décisions sur des expertises exclusivement techniciennes… Il faut ajouter à cela les agences de communication et les media. Ceux-ci n’ont pas fait leur travail d’investigation sur les médicaments et les abus des industriels et des leaders d'opinion (professionnels ou associatifs), mais ont toujours excellé dans la présentation des « découvertes » scientifiques et médicales, divinisées comme si toute nouveauté technoscientifique était un progrès thérapeutique et un progrès humain. Maintenant, ces mêmes media chassent le scoop, faisant la une dès qu’on parle d’un effet secondaire, comme si c’était une découverte qu'un médicament - le tramadol ou un autre - était à prescrire avec prudence, par exemple… Ces mêmes media n’ont pas changé dans leur rôle de courroie de transmission au service des intérêts productivistes des lobbies qui les possèdent en majorité…

Prenez les hommes politiques avec leurs conflits d’intérêts (sur tous ces sujets, voir les articles à partir de la liste alphabétique à gauche), les chercheurs et médecins avec les leurs, les media oscillant entre ignorance et vulgarisation toujours irréfléchies, et placez-les dans un système structurellement construit de façon à profiter aux industriels, où l’industrie pharmaceutique exerce un ghost management sans faille (voir cet article et celui-ci), c’est-à-dire une gestion invisible, mais omniprésente de tous les aspects et à tous les niveaux du système de recherche, de formation et d’information médicales – et vous aurez les principaux acteurs du microcosme de marionnettes de l’industrie qui est responsable du marasme actuel des choses. C’est un état dont on commence à peine à deviner l’étendue (des dégâts), que j’essaie d’esquisser et de dénoncer depuis que Pharmacritique existe.

Cette sollicitation d'une expertise citoyenne de l'extérieur d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), sans instrumentalisation politique ou autre, car totalement désintéressée, rompt avec les « traditions » du petit cercle exclusif des décideurs politico-sanitaires, avec leurs communicants et leurs conseillers plus ou moins intéressés, qui se fréquentent, fomentent des plans de carrière et forment des chapelles. C’est pour cela que j’ai accepté, alors que je ne fais pas partie d’Europe Ecologie les Verts (et d’aucun parti politique, d’ailleurs).

 

Au fil des ans et de mes participations régulières à des débats et colloques – cinq ces mois-ci, que je n’ai pas eu le temps d’annoncer -, et sans parler des discussions sous une autre forme et des sollicitations auxquelles je n’ai pas pu donner suite, j’ai remarqué toutefois que les écologistes sont plus ouverts au débat. Je pense surtout à la dimension de démocratie participative, avec le débat citoyen, avec cette ouverture à l’« expertise citoyenne » et à une « science citoyenne » qui irritent les professionnels, prompts à les déclarer illégitimes…

Pourtant, je ne cesse de rappeler, dans une terminologie qui paraît surannée, qu'en République, c’est le débat citoyen dans l’espace public politique qui permet, par abstraction successives des particularismes (de type appartenance à un parti politique, etc.) de dégager des intérêts universalisables, donc des intérêts qui dépassent tout corporatisme. Aucun corps intermédiaire – de type « ordre » (des médecins, etc.) ou corporation… - ne doit confisquer ce débat et la décision, ni ne peut prétendre représenter les citoyens. Je l’ai dit et redit dans ces pages.

Certes, on ne fera pas les prescriptions à la place des médecins, ni les recherches à la place des chercheurs. L’expertise citoyenne, ce n’est pas cela, n’en déplaise à ceux qui sèment la confusion pour la discréditer et tenter de s’en débarrasser pour garder l’exclusivité des cercles « sachants » traditionnels, sans droit de regard des citoyens, réduits au rôle de cobayes pour les produits des éprouvettes des divers industriels, fabriqués selon les cahier de charges de ces derniers: brevets et profits immédiats, avec l’impératif de soigner la santé financière des multinationales.

Ce type de discours rejetant l’expertise citoyenne revient régulièrement, et je l’ai entendu, avec des arguments qui paraissent solides à première vue, aussi dans l’exposé de Denis ZMIROU-NAVIER, professeur de santé publique à la Haute Ecole de Santé publique de Nancy. Nous étions les deux seuls Français participant au colloque sur les moyens de renforcer l’indépendance de l’expertise en santé publique, organisé par les députés écologistes belges Thérèse SNOY et Jacques MOREL le 20 janvier au Parlement fédéral belge (voir le programme détaillé). J’y reviendrai en détail, car il est révélateur de voir comment son raisonnement arrive, de proche en proche, à banaliser les conflits d’intérêts, définis de façon très large, ce qui lui permet de dire que nous aurions tous des liens, des dépendances, des intérêts, des conflits d’intérêts, y compris par la simple adhésion à une association… On voit que le rejet de l’expertise citoyenne a des raisons autres que celles qui paraissent évidentes, ainsi que des conséquences. Lorsqu’on assimile et qu’on met sur le même niveau l’engagement bénévole et désintéressé, sans conflit d’intérêts, d’un citoyen au sein d’une association indépendante et le « lien » d’un expert payé par des industriels pour faire passer leurs intérêts avant ceux de la santé publique, cela revient à neutraliser le danger et les conséquences des conflits d’intérêts, à les banaliser et les légitimer, à assimiler lobbying et plaidoyer citoyen…

J’ai répondu à cela, non pas par des discours théoriques, mais par des faits et des arguments chiffrés. Je pense avoir montré qu’un citoyen de base peut parler médicament. Une fois dans mon exposé de la matinée, portant sur des lois étrangères – surtout aux Etats-Unis, mais aussi en Grande-Bretagne et en Allemagne - permettant de réprimer et de dissuader les abus des industriels en matière de corruption, de conflits d’intérêts et de leurs conséquences, en matière de produits défectueux, mais aussi à d’autres niveaux tels que l’accès à l’information, le recours des victimes, etc. L’exposé portait aussi sur certains dispositifs juridiques et institutionnels pouvant servir d’exemple pour améliorer plusieurs niveaux dans la chaîne du médicament. Puis en répondant à des questions, mais surtout dans mon intervention de l’après-midi, lorsque j’ai interpellé de façon argumentée Leo NEELS, dirigeant du syndicat patronal de l’industrie pharmaceutique belge (Pharma.be), l’homologue de Christian LAJOUX, patron du LEEM français (Les Entreprises du médicament) et PDG de Sanofi France. Je raconterai les détails, ils sont édifiants.

 

L’expertise citoyenne sur les médicaments ne consiste pas à vouloir en prescrire, ni mélanger les éprouvettes et se substituer aux experts, comme dans les cauchemars des scientifiques et des médecins grevés de conflits d’intérêts et craignant qu’on vienne leur demander des comptes, ou même dans les cauchemars de ceux qui n’ont pas de conflits d’intérêts, mais ont besoin d’invariants, d’un ordre bien défini, d’une hiérarchie et de cases que le « forum hybride citoyen » viendrait bouleverser comme l’entropie en thermodynamique…

Le citoyen de base peut – et doit – débattre et décider s’agissant du rôle du médicament et des industries de santé, s’agissant de tout ce qui biaise la chaîne du médicament (discours marketing sur le médicament, entre autres, qui pousse à la surmédicalisation et à la surconsommation), s’agissant de tout ce qui induit des conflits d’intérêts, des biais et des influences sur le comportement des prescripteurs et des patients…

Les sujets ne manquent pas, et nous ne devons pas rester dans le rôle de cobayes, subissant ce que d’autres ont décidé de nous faire consommer. Nous pouvons agir déjà par un bulletin de vote, par le soutien aux sources d’information indépendantes, par une autoréflexion et en développant notre esprit critique – ce qui nous sera utile au-delà de la préservation de notre santé face à toute cette « prévention » médicamenteuse et à une médecine dévoyée de son rôle et devenue de plus en plus, avec notre complicité tacite :

- prescriptive : au sens prétendument éthique, comme lorsqu’elle normalise les être humains, uniformise et standardise, extirpe la différence dans les comportements (la psychodiversité…), devient un moyen de contrôle social et un gardien de l’ordre, en utilisant divers moyens qui vont des camisoles chimiques aux préceptes comportementaux déplacés ;

- préventive : en particulier par la prévention réduite au médicament (donc dans l’intérêt des industriels), ainsi qu’à des dépistages réguliers dont bon nombre n’ont pas lieu d’être (cancer du sein, cancer de la prostate…) et font plus de mal que de bien. La médecine devrait soigner lorsqu’il y a maladie, pas imposer la consommation de médicaments au cas où, sait-on jamais, il y aurait maladie à l’avenir… Et la prévention devrait être limité au seul domaine où elle est efficace : éducation, information sur les comportements à risque, sur les modes de vie et les modifications à apporter en cas de problème, sur les expositions professionnelles ou autres à des produits dangereux, etc. Mais ici, on touche aussi aux inégalités socio-économiques en santé, car la vraie prévention devrait passer par là : l’amélioration des conditions de vie, d’habitat, d’alimentation, de travail… Et même l’accès égalitaire aux soins ne réglera pas ces problèmes-là. Et il est plus facile – et en plus rentable pour les industriels et moins coûteux pour l’Etat, mais seulement à première vue – de prescrire des médicaments que de résoudre les problèmes induits par la pauvreté…

- prédictive (au moyen du « tout génétique », par exemple, comme au moyen de divers marqueurs pour dépister des maladies de plus en plus tôt, même s’il n’y a pas de thérapeutique. Comme dans la maladie d’Alzheimer, où savoir à 20 ans que l’on souffrira (peut-être) plus tard de cette maladie ne peut qu’induire une énorme souffrance psychologique, voire détruire une vie… Bonne élève du marketing pharmaceutique et intéressée à l’être, la médecine a développé beaucoup de moyens de médicaliser des bien-portants et pousser à la consommation de médicaments aussi en jouant à Madame Soleil (puisque les moyens utilisés sont tout aussi scientifiquement fondés que le tarot de cette dernière, qui avait de plus l’avantage d’être plus poétique…).

 

Et lorsque ni la génétique ni les marqueurs ne permettent de transformer une personne en bonne santé en malade consommateur de médicaments, il y a toujours le disease mongering (façonnage de maladies, invention et redéfinition de maladies, voir les articles) : les médecins en inventent pour tous les goûts, pour tous les modes de vie (lifestyle drugs…, médicaments et actes médicaux de confort…), pour toutes les étapes de la vie (ménopause, baisse de la fonction érectile, vieillissement en général...), pour toutes les demandes sociales (dresser les enfants en les déclarant hyperactifs ou les adolescents en « trouble de désobéissance », camoufler le mal-être socio-économique en le psychologisant en dépression ou d’autres « troubles » mentaux. Le nombre de ces derniers est passé de 106 en 1952, lors de la première édition du DSM, à plus de 350 dans la quatrième édition du DSM (Manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux)…

La description de David SACKETT de la médecine préventive s’applique parfaitement aussi à son dévoiement en médecine prédictive et prescriptive. Son article paru en 2002 dans le CMAJ (Canadian Medical Association Journal) sous le titre The Arrogance or Preventive Medicine est une lecture fort instructive pour comprendre comment le système pousse structurellement la médecine vers des rôles qui ne sont pas les siens – et que nous ne devons pas accepter. Nous ne devons pas accepter son arrogance, son agir présomptueux et impérieux, les préceptes qu’elle n’a aucune légitimité à formuler, son incapacité à reconnaître ses limites et à accepter la critique, son rôle de rouage dans la machinerie du profit industriel, avec les médecins comme exécutants et victimes consentantes.

Or notre passivité rend possible la reproduction de ce système, avec des adaptations minimes et des mesurettes cosmétiques lorsque cela déborde : ainsi, la loi de Xavier BERTRAND sur le sécurité de la chaîne du médicament apporte quelques mesures dues de longue date, mais sans rien changer à la nature structurellement pharma-amicale de notre système de santé et de soins. Une excellente communication autour de cette loi l’a fait paraître révolutionnaire, alors que seules les apparences changent, comme je l’ai dit dans un communiqué détaillé de la Fondation Sciences Citoyennes, et dans un autre article détaillant les mesures et les sanctions prévues, ainsi que la position ambiguë l’Ordre des médecins. Paul JANIAUD a lui aussi souligné d’autres « oublis inquiétants » dans la loi.

 

Nul besoin d’être professionnel de santé pour parler de cela. Et le citoyen lambda a même l’avantage de ne pas vivre de ce système, de ne pas y contribuer, de n’avoir aucun conflit d’intérêts.

Elena Pasca

***

Voici l’annonce de la conférence de presse, qui aura lieu le mercredi 21 mars de 15 h à 16 h à cette adresse : IREMMO, 5, rue Basse des Carmes, 75005 Paris

 

SANTE : IL FAUT MORALISER LA POLITIQUE DU MEDICAMENT

En présence de :

  • Eva JOLY, candidate Europe Ecologie Les Verts à l'élection présidentielle
  • Michèle RIVASI, députée européenne EELV  
  • Aline ARCHIMBAUD, sénatrice EELV de la Seine-Saint-Denis
  • Elena PASCA, philosophe, créatrice du blog Pharmacritique, membre du CA de Sciences Citoyennes

 

« Les coûts en santé ont explosé ces dernières années. Aujourd'hui, entre 25 et 35% de la population renonce à se soigner, faute de moyens. En cause : dépassement d'honoraires, franchises, tarifications à l'acte... Mais également médicaments de plus en plus chers. Les français dépensent en effet entre 4 et 8 fois plus qu'il y a 25 ans pour leurs médicaments, alors que ces derniers ne sont pas plus efficaces. En effet, le progrès thérapeutique stagne depuis une quinzaine d'années. En l'absence d'une analyse coût/efficacité et d'une autorisation de mise sur le marché exigeant la supériorité des nouveaux médicaments, l'on peut compter sur les doigts d'une main les médicaments vraiment novateurs, parmi les centaines autorisés chaque année en France. Et pourtant, les profits pharmaceutiques augmentent, et les restes à charge des patients, aussi...

Comment en sommes-nous arrivés là? Quel rôle jouent aujourd'hui les industries pharmaceutiques, leur marketing, leur lobbying et leurs stratégies? Pourquoi les citoyens sont-ils les premières victimes de cette politique opaque? Comment réaliser des économies dans ce secteur? En quoi le programme de la candidate écologiste pourra répondre à ces questions?

Réponses le 21 mars prochain. »

09/03/2012

"Sarkozy, bilan de la casse". "L’abécédaire des maux du sarkozysme". Constats et propositions de la Fondation Copernic

Les éditions Syllepse viennent de publier (en février 2012) l’ouvrage « Sarkozy : bilan de la casse », nicolas sarkozy bilan réformes,sarkozy bilan de la casse,abécédaire des maux du sarkozysme,néolibéralisme communication image politique,campagne éléctorale nicolas sarkozy programme,économie réformes protection sociale,fondation copernic nicolas sarkozy propositions,nicolas sarkozy chômage santé pouvoir d'achat,media lobbying communication influencedans la collection « Les notes et documents de la Fondation Copernic » (144 pages, 7 euros) ; le même texte est disponible aussi sous forme de hors série de l’Humanité sous le titre « L’abécédaire des maux du sarkozysme ».

C'est un ouvrage à lire impérativement, afin de voter en connaissance de cause et de ne pas (ou ne plus) se laisser endormir par les berceuses d’une équipe à laquelle il faut reconnaître un grand mérite : elle est inégalée en communication. Cette communication se fait grâce à l’emprise sur des media serviles - soit par conflits d’intérêts, soit par autocensure -, où le journalisme d’investigation n’existe plus. Ces media nous désinforment en habillant (à peine) les communiqués de presse reçus des lobbyistes et autres agences de communication travaillant pour les industriels et autres « acteurs de la vie économique », acteurs de ce monde des affaires - dans tous les sens du terme - que Nicolas Sarkozy voulait promouvoir en allégeant le droit des affaires, par exemple pour ne plus embêter des entrepreneurs aussi exemplaires que les laboratoires Servier par des lourdeurs administratives et autres contrôles.  

Cette communication fabrique l’opinion par des méthodes d’influence et de persuasion pourtant bien connues, mais néanmoins toujours aussi efficaces, dans un monde où, justement, c’est l’opinion qui domine, car l’avis en connaissance de cause ne peut plus se former, la citoyenneté ne peut plus se construire et s’exprimer, puisque cette emprise empêche l’espace public politique (la Öffentlichkeit des philosophes) de se construire.

Nous finissons par reprendre, comme si c’était notre avis mûrement réfléchi, l’essentiel de la désinformation que l’on nous sert à toutes les sauces : Nicolas Sarkozy aurait sauvé l’Europe... en cautionnant la pseudo-politique économique qui ne sert que les intérêts de l’Allemagne et finira par mettre l’Europe à genoux ; il aurait « moralis[é] le capitalisme »... d’une façon qui démonétise le mot « morale » tout comme le mot « réforme », jusqu’à les rendre synonymes de régression, d'involution sociale, de collusions, copinages, conflits d'intérêts... Et ainsi de suite.

[Parenthèse sans rapport avec le livre: j'ai essayé de contribuer un peu, sur ce blog et ailleurs, à l'analyse des exploits de Nicolas Sarkozy et de son équipe en matière de conflits d'intérêts, lobbying et collusions avec l'industrie pharmaceutique et les « industries de la santé » (le terme même en dit long...). Pour ce qui est des collusions avec les industriels intervenant dans tous les aspects de la prise en charge des personnes âgées (maladie, assurances et mutuelles, maisons de retraite...), j'ai publié en mars 2009 une longue analyse des relations étroites de Nicolas Sarkozy et de ses frères avec ceux qui font du profit sur le dos de nos grand-parents. L'article, largement repris depuis 2009 par les rares media indépendants, s'appelle "Conflits d'intérêts des frères Sarkozy, plan Alzheimer et mutuelles obligatoires pour le profit de Sanofi et des assurances".

Ce n'est que l'une des mailles du filet, en matière de santé, mais elle est typique et aide à comprendre quelle est la vraie raison de certains choix économiques - franchises médicales et autres ponctions des patients, maladie d'Alzheimer comme priorité de santé publique, partenariats public/privé, restructuration de la recherche publique... - qui favorisent les intérêts privés et les profits des industriels, mais nous sont présentés par la communication comme relevant des meilleures intentions de promouvoir la santé publique et d'un volontarisme politique inégalé. Il en va de même pour la loi de Xavier Bertrand, de réforme de la chaîne du médicament, introduisant certaines mesures cosmétiques dues de longue date, compte tenu du retard français en la matière, mais qui ne changeront en rien la nature structurellement pharma-amicale de notre système de santé et de soins, donc les risques pour la santé publique. (Voir les billets sur tous ces sujets à partir de la liste des catégories à gauche de la page.)]

Nous sommes désinformés en permanence. Aussi, lorsque des analyses indépendantes arrivent à voir le jour, il faut impérativement les lire. Lisons ce bilan de Nicolas Sarkozy, de son gouvernement et son administration, cet ouvrage que l'Humanité présente comme un « manuel de campagne » : « De A à Z, les principales mesures du quinquennat sont décryptées par 64 auteurs réunis par la Fondation Copernic. De AAA à Vidéosurveillance, en passant par Bouclier fiscal, Gandrange, Enseignants, Roms, RGPP ou encore Kadhafi, près de 130 mots sont rassemblés dans ce hors série que l’Humanité publie en partenariat avec la Fondation Copernic. Les auteurs, pour l’essentiel des responsables d’associations, de syndicats, des acteurs et chercheurs du mouvement social, passent au crible le bilan du quinquennat, de A à Z. »

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