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24/04/2012

"Politique de lutte contre le tabagisme en France: De la guerre au compromis et à la collaboration", par Alain Braillon

 NdR : Une présentation détaillée du Dr Alain Braillon, de sa formation, ses activités et sa situation actuelle figure au début de la longue interview parue sur Pharmacritique sous le titre « La santé publique dans tous ses états ». La politique française de lutte contre le tabagisme faisait partie des sujets abordés dans cet entretien, mais avec ce texte, la méthode et la forme scientifiques viennent étayer les critiques exprimées. L’introduction plus générale est suivie du texte intégral d’un rapport co-écrit par le Dr Alain Braillon, le Dr Anne-Sophie Méreux et le Pr Gérard Dubois, intitulé « Politique de lutte contre le tabagisme en France: De la guerre au compromis et à la collaboration ». [EP]


En France, la politique de lutte contre le tabac est partie en fumée!

Par le Dr Alain BRAILLON

La France est une exception parmi les pays riches, elle est livrée au lobby du tabac.

Ces dernières années la consommation de tabac n’a pas baissé comme ailleurs et elle a même augmenté ! C’est d’autant plus surprenant que notre consommation est déjà élevée, 34 % de fumeurs, contre 21% au Royaume-Uni, 19% en Australie, et 17% au Canada. Pire, les adolescents sont de plus en plus nombreux à fumer comme l’a montré une récente enquête. Le tabac est la cause directe du décès prématuré de 60 000 personnes chaque année en France. C’est la première cause de décès évitable.

Cette situation est d’autant plus incroyable que les mesures pour réduire la consommation de tabac sont connues et efficaces. Elles ont été appliquées avec succès en 1991 (Loi Evin) et 2003 (plan Cancer I). Cela a permis de réduire de moitié la consommation de tabac et la mortalité par cancer du poumon des hommes de 35 à 44 ans. Mais depuis cinq ans, chaque arbitrage demandé au Premier ministre et au président de la République a été tranché en faveur des industriels du tabac ou des buralistes. C’est 12 000 morts qui n’ont pas été évitées.

La France a ratifié en 2004 la Convention-Cadre pour la Lutte Anti-Tabac (Organisation Mondiale de la Santé) mais elle n’applique pas les mesures nécessaires pour faire baisser la consommation. La France est aussi en infraction à l'article 5.3 de cette convention qui impose de protéger les politiques de santé publique de l'influence de l'industrie du tabac.

Le texte que j’ai co-écrit avec Anne Sophie Mereau et le Pr Gérard Dubois, président de la commission addiction à l’Académie Nationale de Médecine, est un rapport détaillé sur les politiques menées pour la santé publique et contre le tabac depuis les années 50. Il démontre comment depuis une demi douzaine d’années ces politiques publiques sont en faveur des industriels du tabac et contre la santé de la population. http://braillon.net/alain/rltabac.pdf

Ce rapport n’est pas isolé.

Le Pr Bertrand Dautzenberg vient aussi de publier un livre qui fait le même constat : La République enfumée, les lobbies du tabac sous Chirac et Sarkozy : du meilleur au pire. http://www.viva.presse.fr/Tabac-le-nombre-de-deces-chez-les_16835.html

Ces faits ont fait l’objet de publications dans les grandes revues médicales nationales et internationales :

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23/04/2012

"Quand la complicité médico-pharmaceutique dévoie le savoir médical", par Pierre Biron

Quand la complicité médico-pharmaceutique dévoie [1] le savoir médical Pierre Biron,conflits d'intérêts médecine pharmaceutique,corruption médecine pharmaceutique,surmédicalisation surmédicamentation,industrie pharmaceutique influence critiques,expertise médicale indépendance influence,leader d'opinion médecine industrie pharmaceutique,Pierre Biron conflits d'intérêt médecine,pierre biron pharmas-co-dépendance,façonnage de maladies disease mongering,maladies inventées vendeurs de maladies

 

Par le Pr Pierre BIRON *

 

À l’époque de Louis XIV, le roi prenait comme maîtresses et honorait des faveurs de la cour les filles de grandes familles puissantes qui auraient pu faire ombrage à son pouvoir quasi absolu ou le contester; ainsi, toute cette famille était pour ainsi dire neutralisée[2].

Aujourd’hui, l’industrie des produits médicaux accorde ses faveurs et appuie l’ambition professionnelle d’une poignée de leaders d’opinion de spécialités médicales au grand pouvoir de prescrire; ainsi, toute la spécialité est pour ainsi dire neutralisée. De la cardiologie à l’oncologie et la diabétologie en passant par la psychiatrie, la pédiatrie, la gériatrie et la médecine générale, tout dépend des profits escomptés. Ainsi, les infectiologues sont peu courtisés, car l’industrie délaisse la recherche en antibiothérapie; ce n’est pas assez payant, les patients guérissent souvent et après quelques années de commercialisation, la résistance bactérienne s’installe.

Les experts qui cèdent à la tentation de devenir des leaders d’opinion – de méchantes langues les surnomment dealers d’opinion – peuvent acquérir une grande renommée, exercer beaucoup d’influence sur leurs pairs, siéger sur des comités qui rédigent les recommandations cliniques (clinical guidelines) aux prescripteurs, arrondir leurs fins de mois, conseiller les assureurs publics, paraître comme auteurs d’articles pas toujours écrits par eux-mêmes. Et mener à des dépenses inutiles sans pour autant améliorer tangiblement la santé.

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06/04/2012

Le glas aurait-il sonné pour la mammographie de dépistage ?

Auteurs:

Pierre BIRON (Professeur honoraire de l’Université de Montréal, Canada) [1] Fernand TURCOTTE (Professeur émérite de l’Université Laval, Canada) [2] (photo)


LE GLAS AURAIT-IL SONNE POUR LA MAMMOGRAPHIE DE DEPISTAGE?

 

Les invitations au dépistage : une forme bien fernand turcotte.jpgparticulière de loterie

Imaginons une boîte contenant 2000 billets. Tirer un billet de cette boîte équivaut à accepter l’invitation de subir une mammographie de dépistage tous les 2 à 3 ans durant 10 ans.

La boîte ne contient qu’un seul billet gagnant, qui fera de cette chanceuse une « grande gagnante » : elle évitera de mourir du cancer du sein grâce aux traitements reçus après un dépistage positif confirmé.

Aucun des 1 999 autres billets n’est un billet gagnant.

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05/04/2012

Sauvons la librairie Lady Long Solo ! Halte à la destruction des librairies indépendantes! Pétition à la Mairie du 11ème

Certes, ce n’est pas le sujet du blog. Mais j’ai toujours aimé les librairies de quartier, qui néolibéralisme culture disparition,lady long solo librairie pétition,librairie indépendante livre néolibéralisme,édiction livre culture capitalisme financier,paris librairies de quartier,accès à la culture prix argent,sauver librairies indépendantes,consommation biens culturels capitalisme,culture consommation loisirs capitalismeont une âme, une vraie individualité, et sont des lieux de rencontre entre amateurs de culture. Ce sont de telles librairies, ainsi que des bibliothèques, qui m’ont donné le goût de la lecture. Et je serai toujours prête pour toute action visant à défendre les bibliothèques publiques et les librairies de quartier.

Si on laisse faire, chaque établissment culturel et tout ce qui a trait à la culture, ainsi que ses médiateurs, disparaîtront peu à peu, chacun de façon isolée, donc moins visible. C'est le sort réservé à la culture par un néolibéralisme qui n'en a que faire, en tout cas de celle qui sort du strict commerce. Pour l'idéologie néolibérale, la culture au sens propre du terme est dangereuse, puisque des individus cultivés, informés et qui agissent donc en connaissance de cause, en citoyens avisés, sont plus difficiles à dompter et à réduire au stade de travailleurs obéissants et de consommateurs de loisirs et de divertissements de type émissions TF1.

J’appelle tous les amateurs de la culture, tous les opposants à la tendance actuelle qui transforme Paris en une juxtaposition de monuments envahis par les touristes, quartiers sans âme, bureaux, boutiques et restaurants et fast-food, où les logements hors de prix ne laissent à terme que les plus fortunés, à signer la pétition demandant une préemption municipale par la mairie du 11ème arrondissement. Il suffit de cet acte pour que la librairie « Lady Long Solo » (38 rue Keller, Paris 75011), lieu de rencontres et d’échanges culturels, continue à faire le bonheur du quartier, par son choix indépendant et éclairé de livres permettant à des petits éditeurs, snobés par les granges enseignes, de se faire connaître et de continuer à publier de la bonne littérature, écrire en dehors du cirque médiatique.

Si nous ne faisons rien, Lady Long Solo, incapable de payer des loyers prohibitifs, tombera dans les mains de promoteurs qui en feront une boutique de fringues, dont le quartier regorge déjà...

Voici le texte de la pétition. Merci de diffuser largement !

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30/03/2012

La collusion de Narcisse et des médias pour la désinformation. Par Jacques Testart

Avant-propos d’Elena Pasca :

"En 2009, lors d’un débat avec la psychanalyste Monette VACQUIN et Jacques TESTART au sujet de la procréation médicalement assistée, j’ai posé plusieurs questions dont celle portant sur le narcissisme de tous les acteurs qui interviennent dans ce processus et de l’impact que cela aura sur le narcissisme et l’image de soi de l’enfant. J’ai pris des notes et ferai un article là-dessus (narcissisme, complexe démiurgique et conséquences, mémoire et histoire, éthique et science…), qui renverra aussi aux textes cités par Jacques Testart, aux rôles respectifs, à ses activités en comparaison avec celles de René Frydman, qui n’a pas entamé le tournant éthique…

Après avoir lu la tribune de Jacques Testart dans Médiapart, je lui ai reposé cette question du narcissisme, du complexe démiurgique (omnipotence...) de René Frydman et de ce que l'industrie lui permet d'en faire pour traduire ses fantasmes en réalité... et suggéré d’autres aspects qui mériteraient d’être évoqués pour compléter cette tribune et placer certains accents différemment. Je suis contente qu’il ait accepté ma proposition. J’ai longuement présenté les activités, les écrits et la démarche réflexive et éthique de Jacques Testart dans l’introduction de son premier texte sur Pharmacritique : "Entre idéologies et industries, quelle place pour la décision citoyenne en bioéthique ?" Son site contient une page biographique et une liste jacques testart bébé éprouvette,rené frydman bébé éprouvette amandine,procréation médicalement assistée histoire,jacques testart technoscience reproduction,rené frydman congélation ovules méthodes procréation,bioéthique procréation reproduction fiv,diagnostic préimplantatoire,diagnostic prénatal embryon séléction,media lobby médical,journalisme médical influence,leaders d'opinion médecine reproduction,media indépendance lobby industrie,narcissisme médical reproduction pma,illusion démiurgique médecine toute-puissance,recherches sur l'embryon projet loibibliographique très détaillées."

 

LA COLLUSION DE NARCISSE ET DES MEDIAS POUR LA DESINFORMATION

Par Jacques TESTART

"Ne prenons pas des airs de demi-dieux, ou même de démiurges, là où nous n’avons été que de petits sorciers" Jean Rostand

En réponse à la monopolisation médiatique organisée autour de René Frydman à l’occasion des 30 ans d’Amandine, premier bébé issu de fivète (fécondation in vitro et transfert d’embryon) français, Médiapart a publié mon texte [1] que la presse écrite avait refusé (« ça n’intéresse pas les gens »…). J’aurais souhaité m’en tenir là tant ma situation de partie prenante s’accorde péniblement avec une critique sereine. Mais plusieurs amis ont souhaité que je développe certains points et Elena Pasca m’a offert l’hospitalité de Pharmacritique pour une analyse plus approfondie d’un aveuglement médiatique qui mène à la désinformation.

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19/03/2012

"Santé: moraliser la politique du médicament". Conférence de presse d’Eva Joly. Commentaires sur le complexe médico-industriel, politique et médiatique

En raison des dramatiques événements de Toulouse (et Montauban), la conférence de presse est reportée. Je vous informerai le moment venu.


J’ai été sollicitée par trois femmes, Eva JOLY, Michèle RIVASI et Aline ARCHIMBAUD, dont j’admire eva joly santé médicament,michèle rivasi santé médicament pharmaceutique,europe écologie les verts santé médicament,elena pasca,conflits d'intérêts médecine médicament loi,prix médicaments france europe,progrès thérapeutique autorisation de mise sur le marché,lobbying politique industrie pharmaceutique les verts,accès aux soins programme politique,coûtefficacité médicament,médecine prédictive médecine préventive,prévention dépistages cancer critique,media lobbying influence,experts conflits d'intérêt biais médecine,leo neels,écologie politique santé médecine médicament,prix médicament coût recherche développementl’intégrité et l’engagement, pour apporter une dimension d’ « expertise citoyenne » et de voix de la société civile lors d’une conférence de presse le mercredi 21 mars (détails à la fin) sur les moyens de « moraliser la politique du médicament », c'est-à-dire dans un domaine où la société civile et le débat citoyen sont marginalisés, voire exclus.

Habituellement, les professionnels de santé considèrent la santé – et surtout le médicament – comme une chasse gardée, réservée aux « techniciens » et aux « industries » de la santé. (Le terme même, appliqué à la santé, devrait choquer et interpeller...) Et les hommes politiques basent leurs décisions sur des expertises exclusivement techniciennes… Il faut ajouter à cela les agences de communication et les media. Ceux-ci n’ont pas fait leur travail d’investigation sur les médicaments et les abus des industriels et des leaders d'opinion (professionnels ou associatifs), mais ont toujours excellé dans la présentation des « découvertes » scientifiques et médicales, divinisées comme si toute nouveauté technoscientifique était un progrès thérapeutique et un progrès humain. Maintenant, ces mêmes media chassent le scoop, faisant la une dès qu’on parle d’un effet secondaire, comme si c’était une découverte qu'un médicament - le tramadol ou un autre - était à prescrire avec prudence, par exemple… Ces mêmes media n’ont pas changé dans leur rôle de courroie de transmission au service des intérêts productivistes des lobbies qui les possèdent en majorité…

Prenez les hommes politiques avec leurs conflits d’intérêts (sur tous ces sujets, voir les articles à partir de la liste alphabétique à gauche), les chercheurs et médecins avec les leurs, les media oscillant entre ignorance et vulgarisation toujours irréfléchies, et placez-les dans un système structurellement construit de façon à profiter aux industriels, où l’industrie pharmaceutique exerce un ghost management sans faille (voir cet article et celui-ci), c’est-à-dire une gestion invisible, mais omniprésente de tous les aspects et à tous les niveaux du système de recherche, de formation et d’information médicales – et vous aurez les principaux acteurs du microcosme de marionnettes de l’industrie qui est responsable du marasme actuel des choses. C’est un état dont on commence à peine à deviner l’étendue (des dégâts), que j’essaie d’esquisser et de dénoncer depuis que Pharmacritique existe.

Cette sollicitation d'une expertise citoyenne de l'extérieur d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), sans instrumentalisation politique ou autre, car totalement désintéressée, rompt avec les « traditions » du petit cercle exclusif des décideurs politico-sanitaires, avec leurs communicants et leurs conseillers plus ou moins intéressés, qui se fréquentent, fomentent des plans de carrière et forment des chapelles. C’est pour cela que j’ai accepté, alors que je ne fais pas partie d’Europe Ecologie les Verts (et d’aucun parti politique, d’ailleurs).

 

Au fil des ans et de mes participations régulières à des débats et colloques – cinq ces mois-ci, que je n’ai pas eu le temps d’annoncer -, et sans parler des discussions sous une autre forme et des sollicitations auxquelles je n’ai pas pu donner suite, j’ai remarqué toutefois que les écologistes sont plus ouverts au débat. Je pense surtout à la dimension de démocratie participative, avec le débat citoyen, avec cette ouverture à l’« expertise citoyenne » et à une « science citoyenne » qui irritent les professionnels, prompts à les déclarer illégitimes…

Pourtant, je ne cesse de rappeler, dans une terminologie qui paraît surannée, qu'en République, c’est le débat citoyen dans l’espace public politique qui permet, par abstraction successives des particularismes (de type appartenance à un parti politique, etc.) de dégager des intérêts universalisables, donc des intérêts qui dépassent tout corporatisme. Aucun corps intermédiaire – de type « ordre » (des médecins, etc.) ou corporation… - ne doit confisquer ce débat et la décision, ni ne peut prétendre représenter les citoyens. Je l’ai dit et redit dans ces pages.

Certes, on ne fera pas les prescriptions à la place des médecins, ni les recherches à la place des chercheurs. L’expertise citoyenne, ce n’est pas cela, n’en déplaise à ceux qui sèment la confusion pour la discréditer et tenter de s’en débarrasser pour garder l’exclusivité des cercles « sachants » traditionnels, sans droit de regard des citoyens, réduits au rôle de cobayes pour les produits des éprouvettes des divers industriels, fabriqués selon les cahier de charges de ces derniers: brevets et profits immédiats, avec l’impératif de soigner la santé financière des multinationales.

Ce type de discours rejetant l’expertise citoyenne revient régulièrement, et je l’ai entendu, avec des arguments qui paraissent solides à première vue, aussi dans l’exposé de Denis ZMIROU-NAVIER, professeur de santé publique à la Haute Ecole de Santé publique de Nancy. Nous étions les deux seuls Français participant au colloque sur les moyens de renforcer l’indépendance de l’expertise en santé publique, organisé par les députés écologistes belges Thérèse SNOY et Jacques MOREL le 20 janvier au Parlement fédéral belge (voir le programme détaillé). J’y reviendrai en détail, car il est révélateur de voir comment son raisonnement arrive, de proche en proche, à banaliser les conflits d’intérêts, définis de façon très large, ce qui lui permet de dire que nous aurions tous des liens, des dépendances, des intérêts, des conflits d’intérêts, y compris par la simple adhésion à une association… On voit que le rejet de l’expertise citoyenne a des raisons autres que celles qui paraissent évidentes, ainsi que des conséquences. Lorsqu’on assimile et qu’on met sur le même niveau l’engagement bénévole et désintéressé, sans conflit d’intérêts, d’un citoyen au sein d’une association indépendante et le « lien » d’un expert payé par des industriels pour faire passer leurs intérêts avant ceux de la santé publique, cela revient à neutraliser le danger et les conséquences des conflits d’intérêts, à les banaliser et les légitimer, à assimiler lobbying et plaidoyer citoyen…

J’ai répondu à cela, non pas par des discours théoriques, mais par des faits et des arguments chiffrés. Je pense avoir montré qu’un citoyen de base peut parler médicament. Une fois dans mon exposé de la matinée, portant sur des lois étrangères – surtout aux Etats-Unis, mais aussi en Grande-Bretagne et en Allemagne - permettant de réprimer et de dissuader les abus des industriels en matière de corruption, de conflits d’intérêts et de leurs conséquences, en matière de produits défectueux, mais aussi à d’autres niveaux tels que l’accès à l’information, le recours des victimes, etc. L’exposé portait aussi sur certains dispositifs juridiques et institutionnels pouvant servir d’exemple pour améliorer plusieurs niveaux dans la chaîne du médicament. Puis en répondant à des questions, mais surtout dans mon intervention de l’après-midi, lorsque j’ai interpellé de façon argumentée Leo NEELS, dirigeant du syndicat patronal de l’industrie pharmaceutique belge (Pharma.be), l’homologue de Christian LAJOUX, patron du LEEM français (Les Entreprises du médicament) et PDG de Sanofi France. Je raconterai les détails, ils sont édifiants.

 

L’expertise citoyenne sur les médicaments ne consiste pas à vouloir en prescrire, ni mélanger les éprouvettes et se substituer aux experts, comme dans les cauchemars des scientifiques et des médecins grevés de conflits d’intérêts et craignant qu’on vienne leur demander des comptes, ou même dans les cauchemars de ceux qui n’ont pas de conflits d’intérêts, mais ont besoin d’invariants, d’un ordre bien défini, d’une hiérarchie et de cases que le « forum hybride citoyen » viendrait bouleverser comme l’entropie en thermodynamique…

Le citoyen de base peut – et doit – débattre et décider s’agissant du rôle du médicament et des industries de santé, s’agissant de tout ce qui biaise la chaîne du médicament (discours marketing sur le médicament, entre autres, qui pousse à la surmédicalisation et à la surconsommation), s’agissant de tout ce qui induit des conflits d’intérêts, des biais et des influences sur le comportement des prescripteurs et des patients…

Les sujets ne manquent pas, et nous ne devons pas rester dans le rôle de cobayes, subissant ce que d’autres ont décidé de nous faire consommer. Nous pouvons agir déjà par un bulletin de vote, par le soutien aux sources d’information indépendantes, par une autoréflexion et en développant notre esprit critique – ce qui nous sera utile au-delà de la préservation de notre santé face à toute cette « prévention » médicamenteuse et à une médecine dévoyée de son rôle et devenue de plus en plus, avec notre complicité tacite :

- prescriptive : au sens prétendument éthique, comme lorsqu’elle normalise les être humains, uniformise et standardise, extirpe la différence dans les comportements (la psychodiversité…), devient un moyen de contrôle social et un gardien de l’ordre, en utilisant divers moyens qui vont des camisoles chimiques aux préceptes comportementaux déplacés ;

- préventive : en particulier par la prévention réduite au médicament (donc dans l’intérêt des industriels), ainsi qu’à des dépistages réguliers dont bon nombre n’ont pas lieu d’être (cancer du sein, cancer de la prostate…) et font plus de mal que de bien. La médecine devrait soigner lorsqu’il y a maladie, pas imposer la consommation de médicaments au cas où, sait-on jamais, il y aurait maladie à l’avenir… Et la prévention devrait être limité au seul domaine où elle est efficace : éducation, information sur les comportements à risque, sur les modes de vie et les modifications à apporter en cas de problème, sur les expositions professionnelles ou autres à des produits dangereux, etc. Mais ici, on touche aussi aux inégalités socio-économiques en santé, car la vraie prévention devrait passer par là : l’amélioration des conditions de vie, d’habitat, d’alimentation, de travail… Et même l’accès égalitaire aux soins ne réglera pas ces problèmes-là. Et il est plus facile – et en plus rentable pour les industriels et moins coûteux pour l’Etat, mais seulement à première vue – de prescrire des médicaments que de résoudre les problèmes induits par la pauvreté…

- prédictive (au moyen du « tout génétique », par exemple, comme au moyen de divers marqueurs pour dépister des maladies de plus en plus tôt, même s’il n’y a pas de thérapeutique. Comme dans la maladie d’Alzheimer, où savoir à 20 ans que l’on souffrira (peut-être) plus tard de cette maladie ne peut qu’induire une énorme souffrance psychologique, voire détruire une vie… Bonne élève du marketing pharmaceutique et intéressée à l’être, la médecine a développé beaucoup de moyens de médicaliser des bien-portants et pousser à la consommation de médicaments aussi en jouant à Madame Soleil (puisque les moyens utilisés sont tout aussi scientifiquement fondés que le tarot de cette dernière, qui avait de plus l’avantage d’être plus poétique…).

 

Et lorsque ni la génétique ni les marqueurs ne permettent de transformer une personne en bonne santé en malade consommateur de médicaments, il y a toujours le disease mongering (façonnage de maladies, invention et redéfinition de maladies, voir les articles) : les médecins en inventent pour tous les goûts, pour tous les modes de vie (lifestyle drugs…, médicaments et actes médicaux de confort…), pour toutes les étapes de la vie (ménopause, baisse de la fonction érectile, vieillissement en général...), pour toutes les demandes sociales (dresser les enfants en les déclarant hyperactifs ou les adolescents en « trouble de désobéissance », camoufler le mal-être socio-économique en le psychologisant en dépression ou d’autres « troubles » mentaux. Le nombre de ces derniers est passé de 106 en 1952, lors de la première édition du DSM, à plus de 350 dans la quatrième édition du DSM (Manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux)…

La description de David SACKETT de la médecine préventive s’applique parfaitement aussi à son dévoiement en médecine prédictive et prescriptive. Son article paru en 2002 dans le CMAJ (Canadian Medical Association Journal) sous le titre The Arrogance or Preventive Medicine est une lecture fort instructive pour comprendre comment le système pousse structurellement la médecine vers des rôles qui ne sont pas les siens – et que nous ne devons pas accepter. Nous ne devons pas accepter son arrogance, son agir présomptueux et impérieux, les préceptes qu’elle n’a aucune légitimité à formuler, son incapacité à reconnaître ses limites et à accepter la critique, son rôle de rouage dans la machinerie du profit industriel, avec les médecins comme exécutants et victimes consentantes.

Or notre passivité rend possible la reproduction de ce système, avec des adaptations minimes et des mesurettes cosmétiques lorsque cela déborde : ainsi, la loi de Xavier BERTRAND sur le sécurité de la chaîne du médicament apporte quelques mesures dues de longue date, mais sans rien changer à la nature structurellement pharma-amicale de notre système de santé et de soins. Une excellente communication autour de cette loi l’a fait paraître révolutionnaire, alors que seules les apparences changent, comme je l’ai dit dans un communiqué détaillé de la Fondation Sciences Citoyennes, et dans un autre article détaillant les mesures et les sanctions prévues, ainsi que la position ambiguë l’Ordre des médecins. Paul JANIAUD a lui aussi souligné d’autres « oublis inquiétants » dans la loi.

 

Nul besoin d’être professionnel de santé pour parler de cela. Et le citoyen lambda a même l’avantage de ne pas vivre de ce système, de ne pas y contribuer, de n’avoir aucun conflit d’intérêts.

Elena Pasca

***

Voici l’annonce de la conférence de presse, qui aura lieu le mercredi 21 mars de 15 h à 16 h à cette adresse : IREMMO, 5, rue Basse des Carmes, 75005 Paris

 

SANTE : IL FAUT MORALISER LA POLITIQUE DU MEDICAMENT

En présence de :

  • Eva JOLY, candidate Europe Ecologie Les Verts à l'élection présidentielle
  • Michèle RIVASI, députée européenne EELV  
  • Aline ARCHIMBAUD, sénatrice EELV de la Seine-Saint-Denis
  • Elena PASCA, philosophe, créatrice du blog Pharmacritique, membre du CA de Sciences Citoyennes

 

« Les coûts en santé ont explosé ces dernières années. Aujourd'hui, entre 25 et 35% de la population renonce à se soigner, faute de moyens. En cause : dépassement d'honoraires, franchises, tarifications à l'acte... Mais également médicaments de plus en plus chers. Les français dépensent en effet entre 4 et 8 fois plus qu'il y a 25 ans pour leurs médicaments, alors que ces derniers ne sont pas plus efficaces. En effet, le progrès thérapeutique stagne depuis une quinzaine d'années. En l'absence d'une analyse coût/efficacité et d'une autorisation de mise sur le marché exigeant la supériorité des nouveaux médicaments, l'on peut compter sur les doigts d'une main les médicaments vraiment novateurs, parmi les centaines autorisés chaque année en France. Et pourtant, les profits pharmaceutiques augmentent, et les restes à charge des patients, aussi...

Comment en sommes-nous arrivés là? Quel rôle jouent aujourd'hui les industries pharmaceutiques, leur marketing, leur lobbying et leurs stratégies? Pourquoi les citoyens sont-ils les premières victimes de cette politique opaque? Comment réaliser des économies dans ce secteur? En quoi le programme de la candidate écologiste pourra répondre à ces questions?

Réponses le 21 mars prochain. »

09/03/2012

"Sarkozy, bilan de la casse". "L’abécédaire des maux du sarkozysme". Constats et propositions de la Fondation Copernic

Les éditions Syllepse viennent de publier (en février 2012) l’ouvrage « Sarkozy : bilan de la casse », nicolas sarkozy bilan réformes,sarkozy bilan de la casse,abécédaire des maux du sarkozysme,néolibéralisme communication image politique,campagne éléctorale nicolas sarkozy programme,économie réformes protection sociale,fondation copernic nicolas sarkozy propositions,nicolas sarkozy chômage santé pouvoir d'achat,media lobbying communication influencedans la collection « Les notes et documents de la Fondation Copernic » (144 pages, 7 euros) ; le même texte est disponible aussi sous forme de hors série de l’Humanité sous le titre « L’abécédaire des maux du sarkozysme ».

C'est un ouvrage à lire impérativement, afin de voter en connaissance de cause et de ne pas (ou ne plus) se laisser endormir par les berceuses d’une équipe à laquelle il faut reconnaître un grand mérite : elle est inégalée en communication. Cette communication se fait grâce à l’emprise sur des media serviles - soit par conflits d’intérêts, soit par autocensure -, où le journalisme d’investigation n’existe plus. Ces media nous désinforment en habillant (à peine) les communiqués de presse reçus des lobbyistes et autres agences de communication travaillant pour les industriels et autres « acteurs de la vie économique », acteurs de ce monde des affaires - dans tous les sens du terme - que Nicolas Sarkozy voulait promouvoir en allégeant le droit des affaires, par exemple pour ne plus embêter des entrepreneurs aussi exemplaires que les laboratoires Servier par des lourdeurs administratives et autres contrôles.  

Cette communication fabrique l’opinion par des méthodes d’influence et de persuasion pourtant bien connues, mais néanmoins toujours aussi efficaces, dans un monde où, justement, c’est l’opinion qui domine, car l’avis en connaissance de cause ne peut plus se former, la citoyenneté ne peut plus se construire et s’exprimer, puisque cette emprise empêche l’espace public politique (la Öffentlichkeit des philosophes) de se construire.

Nous finissons par reprendre, comme si c’était notre avis mûrement réfléchi, l’essentiel de la désinformation que l’on nous sert à toutes les sauces : Nicolas Sarkozy aurait sauvé l’Europe... en cautionnant la pseudo-politique économique qui ne sert que les intérêts de l’Allemagne et finira par mettre l’Europe à genoux ; il aurait « moralis[é] le capitalisme »... d’une façon qui démonétise le mot « morale » tout comme le mot « réforme », jusqu’à les rendre synonymes de régression, d'involution sociale, de collusions, copinages, conflits d'intérêts... Et ainsi de suite.

[Parenthèse sans rapport avec le livre: j'ai essayé de contribuer un peu, sur ce blog et ailleurs, à l'analyse des exploits de Nicolas Sarkozy et de son équipe en matière de conflits d'intérêts, lobbying et collusions avec l'industrie pharmaceutique et les « industries de la santé » (le terme même en dit long...). Pour ce qui est des collusions avec les industriels intervenant dans tous les aspects de la prise en charge des personnes âgées (maladie, assurances et mutuelles, maisons de retraite...), j'ai publié en mars 2009 une longue analyse des relations étroites de Nicolas Sarkozy et de ses frères avec ceux qui font du profit sur le dos de nos grand-parents. L'article, largement repris depuis 2009 par les rares media indépendants, s'appelle "Conflits d'intérêts des frères Sarkozy, plan Alzheimer et mutuelles obligatoires pour le profit de Sanofi et des assurances".

Ce n'est que l'une des mailles du filet, en matière de santé, mais elle est typique et aide à comprendre quelle est la vraie raison de certains choix économiques - franchises médicales et autres ponctions des patients, maladie d'Alzheimer comme priorité de santé publique, partenariats public/privé, restructuration de la recherche publique... - qui favorisent les intérêts privés et les profits des industriels, mais nous sont présentés par la communication comme relevant des meilleures intentions de promouvoir la santé publique et d'un volontarisme politique inégalé. Il en va de même pour la loi de Xavier Bertrand, de réforme de la chaîne du médicament, introduisant certaines mesures cosmétiques dues de longue date, compte tenu du retard français en la matière, mais qui ne changeront en rien la nature structurellement pharma-amicale de notre système de santé et de soins, donc les risques pour la santé publique. (Voir les billets sur tous ces sujets à partir de la liste des catégories à gauche de la page.)]

Nous sommes désinformés en permanence. Aussi, lorsque des analyses indépendantes arrivent à voir le jour, il faut impérativement les lire. Lisons ce bilan de Nicolas Sarkozy, de son gouvernement et son administration, cet ouvrage que l'Humanité présente comme un « manuel de campagne » : « De A à Z, les principales mesures du quinquennat sont décryptées par 64 auteurs réunis par la Fondation Copernic. De AAA à Vidéosurveillance, en passant par Bouclier fiscal, Gandrange, Enseignants, Roms, RGPP ou encore Kadhafi, près de 130 mots sont rassemblés dans ce hors série que l’Humanité publie en partenariat avec la Fondation Copernic. Les auteurs, pour l’essentiel des responsables d’associations, de syndicats, des acteurs et chercheurs du mouvement social, passent au crible le bilan du quinquennat, de A à Z. »

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03/03/2012

Toxicité du maïs OGM de Monsanto MON 810 confirmée. Arrivera-t-il bientôt en France ?

Après l'extrait d'une chronique de Hervé Kempf ("Ubu président") sur la disparition de l'écologie du paysage préélectoral et des commentaires sur la mollassonnerie de la demande française de moratoire sur le maïs transgénique MON 810 de Monsanto, qui pourrait n'être que de pure forme, je reprends un communiqué de presse. Daté du 29 février 2012, il est signé par la Fondation Sciences Citoyennes et le ENSSER logo.gifréseau ENSSER (European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility : Réseau européen des scientifiques pour une responsabilité sociale et environnementale). Plusieurs scientifiques de Sciences Citoyennes participent à ce réseau.

L’on voit à nouveau que les discours marketing de Monsanto sont infirmés jour après jour par les recherches : l’insecticide produit par la variété MON 810 ne tue pas seulement les insectes ciblées, mais aussi d’autres. La toxine Bt constitue un danger aux proportions inconnues, imprévisibles et incontrôlables.

Or la pression des lobbyistes qui promeuvent les intérêts de Monsanto auprès des décisionnaires nationaux et européens et très forte et la clause de sauvegarde française pourrait n’être bientôt qu’un souvenir. Certes, le 20 février, la France a demandé de nouveau à l’Union européenne de suspendre l’autorisation du MON 810 et précisé que le pays pourrait prendre des "mesures conservatoires" d’interdiction temporaire de la culture de ce maïs insecticide Bt.

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01/03/2012

Collectif des 39 en meeting contre l’exclusion de la folie et l’évaluation unilatérale des pratiques psychothérapeutiques (17 mars à Montreuil)

Mise à jour à la fin, datée du 9 mars, avec le nom des intervenants au meeting

Le Collectif des 39 (psychiatres) contre la nuit sécuritaire m’a fait parvenir ce texte, invitant tout le collectif des 39 contre la nuit sécuritaire,collectif psychiatrie contre LOPPSI,exclusion de la folie,haute autorité de santé psychanalyse,meeting montreuil 17 mars collectif des 39,hospitalité pour la folie,maladie mentale prise en charge stigmatisation,maladie mentale traitement enfermement,soins sous contrainte psychiatres critiquesmonde à participer au meeting qui aura lieu le samedi 17 mars de 9 h à 18h, à Montreuil, à la Parole Errante. Adresse complète : La Maison de l'Arbre, 9 Rue François Debergue, 93100 Montreuil, tél. 01 48 70 00 76.

Outre les messages adressées aux hommes politiques – et notamment aux candidats aux élections présidentielles qui seront présents -, les orateurs rappellerons leurs positions de principe quant à l’hospitalité de la folie, leur rejet des lois promulguées récemment ainsi que des tendances qui se dessinnent à travers les décisions récentes prises par la Haute Autorité de Santé.

Je rappelle qu'il est toujours possible de signer la pétition "Réforme de la psychiatrie - une déraison d'Etat". D'autres billets présentant en détail le Collectif des 39, leur manifeste, leurs actions et revendications, y compris sous forme vidéo, sont accessibles en descendant sur cette page. J'ai largement développé cet aspect ailleurs, mais tenais à redire que, par les temps qui courent, où les divergences corporatistes font de plus en plus exploser la dyade médecin/patient, ces psychiatres donnent l'exemple de ce que devrait être l'engagement pour les patients, dans une convergence des intérêts qui devrait l'emporter sur tout autre type de considérations.

Extraits de deux textes reçus du Collectif des 39:

« A moins de 2 mois d’échéances électorales importantes, nous avons décidé de nous adresser aux candidats à l’élection présidentielle pour leur demander de préciser leur position et de répondre à nos demandes formulées dans notre manifeste. Les représentants du P.S., du Front de Gauche, d’E.E.L.V., du N.P.A., nous ont déjà assurés de leur présence.

 

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25/02/2012

Alter dictionnaire médico-pharmaceutique bilingue de Pierre Biron, par Fernand Turcotte

pierre biron alter dictionnaire logo.jpg

Par le Pr Fernand TURCOTTE


Pierre Biron est professeur honoraire de pharmacologie à l'Université de Montréal. Une présentation plus détaillée de ses activités et de ses engagements est comprise dans l'introduction aux deux articles déjà publiés dans Pharmacritique : « La pharmaco-prévention dans les unités de soin de longue durée : un acharnement à dénoncer » (le 24/08/2011, sur cette page) et « Entrevue virtuelle avec Jean Peneff: "La France malade de ses médecins" » (01/02/2011, sur cette page).


Pierre Biron continue de mettre à jour chaque mois son Alter dictionnaire médico-pharmaceutique bilingue, déjà présenté par Mme Pasca.

Son objectif est que l’analyse critique de l’univers médico-pharmaceutique puisse se répandre en français et contribuer à une métamorphose de notre attitude envers la médecine et le médicament.
Cet ouvrage est évolutif et bilingue, engagé à documenter la surmédicalisation, la surmédicamentation, la corruption du savoir médical, la "pharma-co-dépendance" et les intérêts particuliers.

Il est destiné aux journalistes, enseignants et observateurs bilingues de la scène médico-pharmaceutique, cherchant à comprendre les termes dans leur contexte et interpréter les discours des acteurs du médicament. Un projet sans but lucratif, sciemment biaisé en faveur des patients et de l’intérêt public, contenant 2 250+ articles et 1 400+ références dans la version de février courant (2012).

Son auteur souhaite que vous le partagiez avec les collègues en raison de vos convictions, et la citation de courts extraits est encouragée. Il est mis à jour et enrichi chaque mois, hébergé sur le site de l'Encyclopédie de l'Agora, site piloté par le philosophe québécois Jacques Dufresne.

L'adresse URL est

http://agora-1.org/fichiers/alter_dictionnaire_medico-pha...

et le téléchargement est gratuit.

 

24/02/2012

Colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics et surtraitements" fin avril: présentation détaillée et appel à contributions actualisés

Dans ce billet, je faisais la première annonce du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics et surmédicalisation surmédicamentation surconsommation médicaments,surmédicalisation médicalisation soin excès,normalité pathologie maladie seuil,colloque surmédicalisation surdiagnostics surtraitements,elena pasca surmédicalisation,disease mongering façonnage de maladies surmédicalisation,surmédicalisation causes formes,surmédicalisation conflits d'intérêts,surmédicalisation paiement à la performance organisation,surmédicalisation relation médecin patient examen clinique,erreur médicale surmédicalisation iatrogénie,groupe princeps colloquesurtraitements », qui aura lieu le 27 et le 28 avril 2012 à la Faculté de médecine de Bobigny, dont le Département de médecine générale est co-organisateur, avec le groupe Princeps et la SFTG (Société de formation thérapeutique du généraliste). Le colloque est organisé en toute indépendance et ne bénéficie d’aucun financement.  

Voici la plaquette définitive du colloque, contenant le bulletin d’inscription, les informations pratiques utiles, ainsi que la présentation détaillée des six ateliers. Les thèmes proposés ne sont que des points de départ, pour baliser un terrain très large et inciter à la réflexion pour les contributions. Le déroulement précis de chaque atelier sera en fonction de la nature et du contenu des communications retenues par le comité d’organisation.

Nous vous invitons à nous soumettre vos propositions de contribution avant le 20 mars 2012: un intitulé et un résumé de 500 caractères (espaces compris), dans un document en format word, attaché en pièce jointe à votre mail. Le comité d'organisation informera rapidement les auteurs des communications retenues et publiera le programme définitif. Chaque auteur devra faire une déclaration d’intérêts. Par souci de simplicité et d’efficacité, nous avons gardé un seul moyen de communication pour tout (envoi des abstracts, commentaires, suggestions…) : l’adresse mail

surmedicalisation@tribunes.com

Merci de diffuser largement cette information dans vos réseaux. Suite à plusieurs remarques et questions, je tiens à souligner que le colloque n’est pas réservé aux professionnels de santé. Nous serions heureux d’avoir des contributions d’horizons très divers, avec des approches différentes. Certains ateliers paraissent très spécialisés, certes. Mais ils ne sont pas exclusifs. Et l’atelier N°2, par exemple, consacré aux causes et sources de surmédicalisation et que j’aurai le plaisir d’animer, est largement ouvert aux approches sociologiques et des sciences humaines et sociales en général, de même qu’à des approches historiques, économiques, etc.

Pas besoin d’être médecin ou pharmacien pour répondre aux questions de principe posées ici; au contraire, un regard socio-historique, socio-économique, critique des idéologies, etc. me semble a priori plus pertinent, s’agissant de l’analyse des causalités, aussi parce que l’analyse globale est souvent plus lucide lorsqu’elle est faite de l’extérieur du système.

Une telle question globale, en filigrane dans les thèmes proposés pour l’atelier sur les causes, est de savoir si la surmédicalisation est un phénomène spécifique au capitalisme, s’il change de forme et s’aggrave avec le néolibéralisme, etc. Est-ce qu’il s’agit de la traduction en médecine de la tendance historique à la technicisation de nos modes de vie, à une autre forme de contrôle social passant par la discipline des corps et des esprits, typique de ce que Michel Foucault appelait « biopolitique » et « médicalisation infinie » ? Est-ce donc une facette de ce phénomène global qu’est l’emprise des technosciences sur tous les aspects de la vie et de la société, avec la tendance à la standardisation, à l’uniformisation et à la normalisation de nos existences, selon des standards artificiels de « normalité » qui ne profitent qu’à ceux qui vivent de ce qu’on appelle désormais clairement « industries de la santé ».

Parlant de causes et de sources de surmédicalisation, la génétique me semble un sujet incontournable. En général, il serait important de voir comment des discours scientistes ont été vulgarisés et sont entrés dans les représentations idéologiques courantes, entraînant plein d'illusions sur la « prévention » et une médicalisation aux conséquences parfois extrêmes. (Pensons à l'ablation des seins en prévention d'un hypothétique cancer du sein, à cause de la présence d'un gène; pensons à ce que Jacques Testart appelle « eugénisme libéral » dans la technologisation de la procréation. Etc.) 

Tout cela parce qu'on nous inonde de discours sur le tout génétique, que les applications technoscientifiques sont présentées toutes comme des espoirs pour arriver un jour à un risque zéro, à la performance et au jeunisme infinis. Les intérêts industriels et les lobbies de toute sorte qui vivent de ces industries de la santé (y compris les organisations professionnelles médicales dans leur inertie) tendent à transformer la médecine non seulement en une technique préventive standardisée, mais carrément en une médecine prédictive - et prescriptive au sens éthique de ce terme.

La description détaillée des thèmes proposés pour chaque atelier vous permettra de voir cette ouverture transdisciplinaire. Nous voulons réfléchir ensemble à ces phénomènes, justement en dépassant une hyperspécialisation qui empêche les citoyens d’appréhender ces phénomènes dans leur globalité et de comprendre à quel point la surmédicalisation, ce n’est pas un débat à porter entre techniciens de la santé, mais quelque chose qui touche chacun(e) d’entre nous dans tous les aspects de nos vies et qui façonne celles-ci de manière insidieuse. La surmédicalisation sous toutes ses formes est tellement omniprésente et banalisée qu’on ne la perçoit plus, car elle est présentée comme résultant de la « science » et étant un « progrès » en elle-même, comme si la technologie était nécessairement éthiquement acceptable, comme si toute nouveauté était un progrès pour l’humain. Ces lignes suffisent à montrer qu’il s’agit d’une problématique globale que nous devons comprendre et nous approprier pour agir.

Autant préciser d'emblée que nous concevons ce colloque dans une approche rationnelle, avec des argumentations faites en raison et des raisonnements scientifiques. Pour ce qui est des questions techniques, nous nous appuyons surl'evidence-based medicine (médecine fondée sur le niveau de preuve). Il faut sortir de la polarisation de plus en plus marquée entre discours scientistes et dogmatiques, d'une part, et approches irrationalistes et rejets en bloc (de la médecine, etc.), d'autre part. Cette polarisation en extrêmes - qui se nourrissent l'un l'autre dans une dialectique des contraires - n'est pas une solution aux conséquences de la surmédicalisation; au contraire, elle empêche une réflexion et une action rationnelles et fait le jeu de tous ceux qui vivent du système actuel (soit parce qu'ils contribuent à ce système de l'intérieur, soit parce que la dénonciation stérile de ce dernier est devenue leur fonds de commerce).

Nous constaterons ensemble, en réfléchissant à partir des contributions de chacun(e), que l’étude de la surmédicalisation, depuis ses causes jusqu’à ses formes et ses conséquences ubiquitaires, nous donnera un cadre global de réflexion nous permettant de structurer et de comprendre beaucoup d’informations isolées que nous recevons tous les jours. Nous verrons si on peut remédier à l’omniprésence de la surmédicalisation dans tous les champs de la santé, des soins, de l’information santé… autrement que par une refonte globale du système de santé et de soins, allant de pair avec une éducation critique des usagers.

Elena Pasca

Voici la plaquette avec le bulletin d’inscription, suivie par la présentation détaillée des ateliers :

 

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22/02/2012

Toxiques environnementaux, fertilité et maladies de l’appareil reproducteur: analyse de l’Institut de Veille sanitaire

L’Institut de Veille sanitaire (InVS) a publié le 21 février 2012 un numéro thématique de son Bulletin santé environnementale reproduction,environnement toxique fertilité,perturbateurs endocriniens toxicité,perturbateurs endocriniens InVS,fertilité reproduction perturbateurs endocriniens,bulletin épidémiologique hebdomadaire environnement fertilitéEpidémiologique Hebdomadaire (BEH) intitulé « Enjeux environnementaux pour la fertilité humaine » (BEH N° 7-8-9/2012). Le texte vaut le détour et ses perspectives ne se limitent pas aux divers aspects impliqués dans la baisse de la fertilité.

Comme le dit Alfred Spira dans son éditorial, les catastrophes de ces dernières années accentuent l’interrogation sur l’impact néfaste des « progrès scientifiques, technologiques et industriels » sur la santé humaine et le devenir de la planète. J’ai abordé ces questions dans l’article détaillé qui part du livre de Jacques Testart, Catherine Bourgain et Agnès Sinaï « Labo-Planète. Comment 2030 se prépare sans les citoyens » (Mille et une nuits 2011), dans lequel j’évoque les aspects théoriques et donne des références.  Dans ce billet, je me limiterai aux questions traitées dans cette analyse de l'InVS, qui illustrent par ailleurs parfaitement la validité du raisonnement théorique...

Outre les études mettant en évidence « une augmentation des allergies chez les enfants, une augmentation de l’incidence du diabète de type 2 et une augmentation en 25 ans du nombre de nouveaux cas de certains cancers tant chez l’homme que chez la femme, une augmentation de l’obésité et des maladies chroniques », se pose la question de l’impact sur la capacité de l’humanité à se reproduire. Cette interrogation, prégnante en particulier depuis la parution en 1962 du livre de Rachel Carson, « Silent spring » (« Printemps silencieux »), suppose un « débat sur des choix importants de développement, industriels, de modes de vie et de modèles économiques ». Et même si les législateurs et autres décideurs politico-sanitaires sont en retard sur le débat de société, qui commence peu à peu, l’on a quand même vu un certain nombre de mesures concernant les perturbateurs endocriniens, dont deux lois votées en 2011. Espérons que ce numéro du BEH  contribue à une prise de conscience, en particulier de la part des professionnels de santé, qui en sont les destinataires et qui ignorent largement la « santé environnementale »…

Les perturbateurs endocriniens, principales substances exogènes mises en cause, sont largement abordés dans un chapitre à part, « Mécanismes et enjeux de la perturbation endocrinienne », dont je conseille vivement la lecture, parce qu’il permet de comprendre la spécificité du mode d’action des perturbateurs endocriniens et la multiplicité de leurs effets toxiques, qui en fait un problème de santé publique face auquel les approches habituelles en toxicologie perdent leur validité.

Cette analyse pose aussi la question, restée longtemps taboue à cause des intérêts industriels en jeu et de l’influence des lobbies industriels sur les décideurs politiques, de la relation entre l’exposition professionnelle à divers toxiques environnementaux et les anomalies de la fertilité et les affections de l’appareil reproducteur. Le numéro contient par ailleurs une revue de la littérature scientifique récente à ce sujet aussi, sans être toutefois une méta-analyse (qualificatif utilisé par le Journal de l'Environnement), faute de méthodologie adéquate et de la prise en compte de toutes les études disponibles.

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20/02/2012

Repenser les rapports Recherche / Société : initiative française 2012 dans le cadre du Forum Mondial Sciences et Démocratie

FMSD mars 2012 logo.jpg

La Fondation Sciences Citoyennes, et en particulier son coordinateur, Fabien Piasecki, est la cheville ouvrière du Forum Mondial Sciences et Démocratie (FMSD). Je reprends la plaquette de présentation de l'Initiative française 2012 du FMSD. Ce forum pour repenser les rapports Recherche / Société, ouvert à tous et gratuit dans la limite des places disponibles, se tiendra le 24 mars 2012 de 9h à 19h à la Halle aux farines (Université Paris-Diderot).

Les inscriptions préalables ne sont pas nécessaires, mais il est préférable d’informer les organisateurs de votre venue. Merci de diffuser l'information le plus largement possible dans vos réseaux.

« Les 4 et 5 février 2011 s’est tenu à Dakar le 2e Forum Mondial Sciences et Démocratie (FMSD) qui a réuni plus de 130 universités, ONGs, institutions scientifiques et gouvernements des cinq continents dans le cadre d’un dialogue politique visant à questionner le rapport de nos sociétés à leurs institutions de recherche et d’enseignement supérieur, au nord comme au sud. Le succès de cette entreprise, lancée en 2007, nous amène à proposer de décliner ces débats aux niveaux régionaux et nationaux. L’initiative Un forum pour repenser les rapports Recherche / Société concerne le contexte français et, indirectement, la situation à l’échelle européenne voire mondiale.

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16/02/2012

La santé publique ne connaît pas la crise !

Par le Dr Cesar Eduardo Wong Alcazarmédecine humanitaire dérives,santé publique pays pauvres,ong humanitaire éthique,santé publique profit affaires,organisation mondiale de la santé commerce profit,nations unies politique santé,oms pays pauvres profit santé,cesar eduardo wong alcazar,médecine profit pays en voie de développement *

 

En temps de crise économique, si vous hésitez dans quel domaine investir afin d’assurer votre avenir, tournez-vous dans un secteur épargné par la crise, un bon business rentable : la santé publique dans des pays en voie de développement.

J’ai 33 ans, je suis médecin et je rêvais un jour de « sauver le monde » ou d’y contribuer. Pour moi, la santé publique, c’était le moyen qui allait me permettre de réaliser mes rêves.

Je suis parti en mission humanitaire en Asie et en Afrique pour des programmes de lutte contre le  paludisme et le VIH. Au cours de ces missions, j’ai été confronté à des réalités difficiles, tant sur le point médical que sur le point éthique et j’ai rencontré des gens qui ne partageaient pas du tout mon point de vue…

J’ai compris que de leur point de vue, la santé est un très bon business. Chacun a intérêt que le développement d’un programme de santé ne se fasse pas trop vite (sauf la population qui devrait tirer bénéfice de ce programme).  Tant qu’il y a des malades, il y a des soignants, des philanthropes, des bénévoles, mais aussi des investisseurs, des organismes internationaux, des agences de développement, des gouvernements corrompus, et un nombre incalculable de profiteurs !

Par ces quelques lignes, je voudrais vous faire partager ma brève expérience et mes désillusions sur ce que j’ai rencontré dans les programmes de santé publique à l’étranger.

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09/02/2012

Bisphénol A et diabète: de nouvelles confirmations chez l’homme

Voici un communiqué du Réseau Environnement Santé (RES) daté du 9 février 2012. perturbateurs endocriniens métabolisme diabète,diabète cause environnement,diabète bisphénol A BPA,bisphénol A toxicité endocrinienne,réseau environnement santé,études bisphénol A diabète,perturbateurs endocriniens maladies chroniques,pollution perturbateurs endocriniens,santé environnementale,maladies chroniques environnement,OMS maladies chroniques diabèteD'autres textes sur le bisphénol A et les perturbateurs endocriniens, contenant des liens et des références, sont accessibles en descendant sur cette page.

« Bisphénol A et Diabète : de nouvelles confirmations chez l’Homme »

3 études récentes confirment que le Bisphénol A est impliqué dans le diabète de type 2 chez l’homme.

« Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le diabète est une maladie chronique qui survient lorsque le pancréas ne produit pas assez d'insuline ou lorsque l'organisme n'est pas capable d'utiliser efficacement l'insuline qu'il produit. Il en résulte une concentration accrue de glucose dans le sang (hyperglycémie).

La responsabilité d’un certain nombre de substances chimiques dites « diabétogènes », dont le Bisphénol A, est de plus en plus mise en évidence. L’étude la plus récente a été publiée le 8 février dans la revue PLoS ONE (« action insulinotrope rapide des faibles doses de bisphénol-A sur des îlots de Langerhans de souris et humains : le rôle de récepteur des oestrogènes ») [1]. Les auteurs font partie de l’équipe du Dr Angel Nadal de l'Université Miguel Hernandez Elche à Alicante, Espagne, qui a déjà publié de nombreux travaux sur BPA, diabète et obésité.

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30/01/2012

Antidépresseurs : nombreux risques pour une efficacité controversée dans une dépression marchandisée

Ceci est le texte intégral de mon article paru dans le numéro de mai 2011 de la antidépresseurs effets indésirables,antidépresseurs suicide,antidépresseurs bénéficesrisques efficacité,dépression traitement médicamenteux,biais de publication médecine,disease mongering troubles mentaux,dépression marketing marchandisation,dsm disease mongering psychiatrie,antidépresseurs dépendance sevrage,antidépresseurs inhibiteurs sélectifs recapture sérotonine,surmédicalisation surconsommation psychotropesrevue Alternative Santé (pp. 18-21), sous le titre (donné par la rédaction) « Antidépresseurs : l’overdose ». Je l’ai introduit et commenté dans ce billet. Le nombre de signes était limité (dans la revue); c'est pour cela que le texte est très comprimé, sans transitions, ni figures de style, sans aucun mot qui ne semblait pas indispensable à la compréhension.

Antidépresseurs : l’overdose

Aldous Huxley imaginait dès les années 30 le médicament parfait, appelé Soma, qui crée un bonheur artificiel, émousse les émotions et pensées inadaptées par rapport aux normes sociales et devient ainsi un outil efficace de contrôle social. C’est le moyen idéal pour les tenants de la biocratie, l’une des formes de biopolitique (Michel Foucault) qui implique la médicalisation de l’existence, pour discipliner corps et esprits, normaliser les individus « déviants » à coups de camisoles chimiques et de bonheur standardisé. La psychiatrie ainsi dévoyée devient une gardienne de l’ordre socio-économique [1].

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27/01/2012

Publicité directe sur les médicaments sous prétexte d’information des patients: la Commission européenne persiste

Cela fait partie des nombreuses informations reçues pendant ma période d’inactivité (sur ce blog, du moins), qui restent actuelles et devraient être largement diffusées

Voici un communiqué du Collectif Europe et Médicament, de l’ISDB (International publicité directe aux consommateurs,dtca direct-to-consumer advertising,publicité pharmaceutique,paquet pharmaceutique europe,commission européenne industrie pharmaceutique,information directe aux patients,marketing pharmaceutique,médicaments directive européenneSociety of Drug Bulletins) et de Health Action International, daté du 1er décembre 2011 :  « Proposition modifiée de Directive sur l'“information” des patients : quelques améliorations, mais toujours le risque d’une publicité directe aux patients ».

Inutile de faire une longue introduction. Les risques d‘une publicité directe pour les médicaments d’ordonnance (DTCA : direct-to-consumer advertising) ont été abordés en détail sur Pharmacritique, dans les notes accessibles à partir de cette page et de celle-ci, et en particulier dans cet article, qui contient beaucoup de liens et références : « Que vaut l’"information" par les firmes ou "publicité directe aux consommateurs"? Rien pour les patients, tout pour l'industrie! »

 J’ai aussi relayé d’autres communiqués du Collectif Europe et Médicament protestant contre le « paquet pharmaceutique » : ces mesures que la Commission européenne persiste à vouloir faire passer sous des formes plus détournées, malgré les nombreuses critiques (qui ont quand même réussi à éviter le pire). Il s’agit principalement d’abandonner la pharmacovigilance aux laboratoires pharmaceutiques et d’autoriser ceux-ci à se faire une publicité directe, donc sans le filtre critique des professionnels de santé, sous prétexte d’être une source d’information pour les patients, de contribuer à l'éducation thérapeutique et d'aider à une meilleure observance aux traitements.

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26/01/2012

Sunshine Act finalisé: déclaration publique des paiements industriels aux médecins, aux hôpitaux, pour la formation médicale continue…

Bien avant que Pharmacritique ne voie le jour, j’informais autour de moi de l’existence de dispositifs de Grassley officiel.jpgtransparence aux Etats-Unis, depuis 1993 au Minnesota, puis dans d’autres Etats (Vermont, Maine, New Jersey…), ainsi que des initiatives du sénateur républicain Charles Grassley (dit Chuck Grassley), sensibilisé par le lanceur d’alerte du Vioxx, le Dr David Graham (épidémiologiste à la FDA: agence états-unienne du médicament).

David Graham et Charles Grassley continuent à faire un vrai tandem, l’épidémiologiste signalant au politique tout médicament défectueux, dont le rapport bénéfices/risques est défavorable, ou toute malversation ou manipulation des données de telle ou telle firme pharmaceutique à propos de tel produit qu'elle souhaite voir autorisé par la FDA. Et depuis que Charles Grassley a dû dire publiquement que le Dr Graham était sous sa "protection" (!) pour que celui-ci ne subisse plus de représailles de toutes sortes, le sénateur a pris conscience des difficultés que connaissent les lanceurs d’alerte, malgré la législation protectrice la plus avancée au monde, dont les débuts remontent à… 1863, avec le False Claims Act, renforcé par de nombreux amendements et par d’autres dispositifs spécifiques dont le Whistleblower Protection Act de 1989. Il a mis à disposition des lanceurs d'alerte une ligne de fax qui leur est réservé et figure sur son site internet. 

Outre les nombreuses enquêtes lancées sur des médicaments (Avandia et les glitazones, etc.) et des classes de médicaments précis (anticorps monoclonaux, etc.), Charles Grassley est aussi à l’origine d’un programme de transparence au niveau fédéral, soutenu en particulier par les démocrates. Ce Sunshine Act (Physician Payment Sunshine Act ou Physician Payment Sunshine Provisions) a été intégré dans la loi de réforme de la santé promulguée par Barack Obama en mars 2010, comme je l’ai souligné dans ce communiqué de presse de la Fondation Sciences Citoyennes, qui appelait les autorités françaises à suivre l’exemple d’Obama. Car il a fallu du courage pour une telle réforme et pour tenir bon, malgré la campagne de dénigrement lancée par l’industrie pharmaceutique, par les assurances privées et par toutes les composantes de « l’industrie de la santé », qui profitaient de cette opacité pour influencer les prescriptions des médecins à travers un registre de méthodes allant de la corruption aux diverses formes de conflits d’intérêts et aux multiples formes de biais et d’influences conscientes et inconscientes.  

La précédente tentative de Sunshine Act et de réforme de la santé et de l’assurance-maladie a été portée par Hillary Clinton (sous la présidence Clinton) ; elle a échoué après une campagne extrêmement violente d’injures et de dénigrement contre « Hillary la rouge »… Car une assurance-maladie publique est assimilée à du communisme. Et tous les républicains actuellement en course aux primaires, pour l’investiture et la candidature aux présidentielles de novembre prochain, ont déclaré vouloir supprimer l’ensemble de la loi réformant la santé, y compris le Sunshine Act. Vivement la réélection d’Obama !

L’histoire du Sunshine Act et ses dispositions les plus importantes sont présentées dans divers articles sur Pharmacritique, avec des liens permettant d’approfondir (voir par exemple les articles sur cette page, surtout celui-ci et celui-là).

La version originale du texte de loi est sur cette pagesunshine law.jpg

Le Sunshine Act - la lumière du soleil comme le meilleur désinfectant dans cet abcès qu'est l'imbrication entre médecine et industrie pharmaceutique - est une réglementation de transparence sur les conflits d’intérêts qui oblige les laboratoires pharmaceutiques à déclarer, à partir de 2013, sur un site web en libre accès, toute somme ou tout cadeau dépassant 10 dollars donnés à des médecins et à des institutions médicales (de formation et/ou de soins). L’obligation de déclaration concernera aussi d’autres formes de conflits d’intérêts intervenant dans la pratique des professionnels de santé et à plusieurs niveaux du circuit du médicament et des soins.

Un éditorial du New York Times en date du 20 janvier 2012, appelé « Who Else is Paying the Doctor ? » (Qui d’autre paie votre médecin? Sous-entendu : transparence sur toutes les sources de revenu des médecins, y compris l’industrie pharmaceutique), nous apprend que tous les moyens nécessaires à la mise en place du Sunshine Act ont été finalisés. Ainsi, le Department of Health and Human Services (ministère fédéral de la Santé) a développé les procédures de signalement. De leur côté, les firmes pharmaceutiques avaient jusqu’au 1er janvier 2012 pour collecter les informations qui seront publiées sur un site gouvernemental en accès public. Les réglementations proposées à chaque niveau concerné ont été finalisées le 14 décembre 2011 et sont ouvertes aux commentaires et critiques jusqu’au 17 février 2012, date à laquelle les préliminaires seront clos.

Le Sunshine Act pourra désormais s’appliquer comme prévu et entrera en vigueur pleinement en 2013, pour le volet « sanctions ». Les laboratoires, les producteurs de dispositifs médicaux et autres fabricants de produits santé pourront être punis d’amendes allant jusqu’à 150.000 dollars par an s’ils ne déclarent pas tous les paiements ; ces amendes pourront atteindre un million de dollars par an si l’omission est volontaire.

Elena Pasca

22/01/2012

Fractures atypiques du fémur sous bisphosphonates: effet indésirable reconnu par Santé Canada et l’AFSSAPS

Je rappelle le contexte de surmédicalisation et de disease mongering dans ostéoporose traitements,bisphosphonates effets indésirables,fractures atypiques du fémur,prévention ostéoporose ostéopénie,surmédicalisation ostéoporose,disease mongering ostéoporose,fosamax effets indésirables,ostéoporose fractures prévention,facteur de risque ostéoporose,santé des femmes prévention,surmédicalisation femmes,ménopause médicaments médicalisation,bonviva effets indésirables,ostéodensitométrie dépistage ostéoporose,surdépistage préventionlequel le sens du « dépistage » et de la « prévention » a été déformé, y compris pour ce qui est de la densité minérale osseuse et sa diminution physiologique au cours du vieillissement. Après cette introduction et les liens vers les articles dans lesquels ces questions ont déjà été abordées – avec les effets indésirables des bisphosphonates tels que l’ostéonécrose de la mâchoire, les fractures atypiques, des douleurs musculaires et articulaires, etc. -, je cite l’information donnée par les agences canadienne et française du médicament quant aux fractures atypiques du fémur comme effet indésirable de classe de tous les bisphosphonates. Les résumés des caractéristiques du produit (RCP) et les notices seront modifiés pour intégrer cet effet. Pour une fois, l’information donnée au public par les Européens est un peu plus détaillée ; cela dit, ce sont les Nord-Américains qui ont en premier abordé ouvertement l’impact de cet effet indésirable.

Les principaux médicaments prescrits en (« prévention » de) l’ostéoporose sont : l’acide alendronique (Fosamax) l'acide ibandronique ou ibandronate (Bonviva, Bondronat), l'acide pamidronique ou pamidronate (Aredia, Merck-Pamidronate), l'acide clodronique ou clodronate (Bonefos, Clastoban, Lytos, Ostac), l'acide étidronique ou étidronate (Didronel, Osteodidronel), l'acide risédronique ou risédronate (Actonel), l'acide tiludronique ou tiludronate (Skelid), l'acide zolédronique ou zolédronate (Aclasta, Zométa, Reclast).

L'image accompagne un article paru en 2010 dans le JAMA (Journal of the American Medical Association) sous le titre "Studies Probe Possible Link Between Bisphosphonates and Femoral Fractures". JAMA 2010;303(18):1795-1796.

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16/01/2012

Renforcer l’indépendance de l’expertise en santé publique: colloque au Parlement belge (20 janvier 2012)

Voici l’annonce d’un colloque auquel j’aurai le plaisir de participer, au nom de Sciences Citoyennes, au séminaire expertise bruxelles 200112.jpgParlement belge (et non pas celui européen, cette fois), pour une intervention le matin et une table ronde l’après-midi. Le sujet de mon intervention: "Exemples de garanties juridiques et institutionnelles pour une expertise indépendante et intègre". "Garanties" est certes un mot beaucoup trop fort. Il s'agit de dispositifs législatifs et juridiques étrangers et de réglementations qui pourraient servir d’exemple (avec des adaptations) pour dissuader et réprimer les dérapages dans la recherche et l'expertise en santé, avec l'exemple de la proposition de loi de la Fondation Sciences Citoyennes, portant sur la déontologie de l’expertise et la protection des lanceurs d’alerte. Ce sont surtout de lois et dispositifs en vigueur aux Etats-Unis, étonnement peu connus en France et en Belgique, apportant un minimum de garde-fous, garantissant un minimum d’accès à l’information, permettant d'aller vers une criminalisation des conflits d'intérêts et de leurs conséquences. Ce ne sont pas des garanties, mais on pourrait partir de là pour en définir quelques-unes...

Cela semble utopique, mais on n'a pas d'autre choix que d'être pessimiste en théorie et optimiste en pratique... Je me souviens encore des réactions lorsque j'ai commencé à parler, sur des listes de discussion, puis sur Pharmacritique, des initiatives du sénateur US Charles Grassley, parmi lesquelles figurait le Sunshine Act, ainsi que des lois, des programmes et des initiatives de transparence existant dans des Etats tels que le Minnesota. Aujourd'hui, tout le monde parle du Sunshine Act et les exemples états-uniens ne sont plus systématiquement mal interprétés ou rejetés. L'espoir est donc permis que d'autres exemples suivent le même chemin... Il existe aussi des propositions et des débats amorçant une évolution dans des pays européens, qui méritent d'être pris comme points de départ. je pense en particulier à l'Allemagne, mais les nouvelles sont très contrastées... J’évoque ces sujets depuis longtemps de façon dispersée et surtout lors de débats, car c'est ce que je préfère, en attendant de faire un article qui les énumère tous dans un même papier.

J’aurai le plaisir de retrouver le Dr Pierre Chevalier, enseignant-chercheur en médecine générale à l’Université catholique de Louvain, rédacteur en chef de la revue Minerva et président du GRAS (Groupe de recherche et d’action pour la santé).

Voici l’annonce et le programme du colloque:

"Suite aux fréquentes mises en cause de l’indépendance des experts en santé publique concernant les substances dangereuses pour la santé et les médicaments ; et suite aux auditions de la commission de santé publique de la Chambre, nous voulons élargir le débat à des expériences étrangères et à des voix indépendantes.

Un colloque pour :

  • renforcer la légitimité de l’expertise en santé publique
  • réaffirmer ses balises déontologiques
  • améliorer la manière dont sont élaborés les avis guidant les décisions politiques
  • dégager des recommandations applicables en Belgique et ailleurs

 

9h15 : Présidence et introduction

Thérèse SNOY, députée fédérale Ecolo 

9h30 : Les obstacles à l’indépendance de la science dans l’évaluation des risques

John FAGAN, Earth Open Source

10h00 : Partage des expériences et illustration des enjeux

David LELOUP, journaliste indépendant

Dr Marianne EWALENKO, cardiologue, Chirec

Pr Jan M.C. GEUNS, Laboratory of Functional Biology (KUL)

11h00 Pause

11h15 Les principes directeurs de l’expertise en santé publique

Pr Denis ZMIROU-NAVIER, INSERM, Haute Ecole de Santé publique de Nancy

Elena PASCA, Fondation Sciences Citoyennes

Dr Pierre CHEVALIER, UCL, président du GRAS

12h45 Lunch

 

APRES-MIDI

Présidence : Dr Jacques MOREL, député Fédération Wallonie - Bruxelles Ecolo

14h00 : Table ronde : Quels outils pratiques ?

Quelle mise en place au sein des institutions publiques ? Quelle place pour la gestion des conflits d’intérêts ? Regards croisés avec les intervenants de la matinée

16h00 Pause

16h15 Conclusions politiques"

 

**

Parlement fédéral, Salle des Congrès

Rue de Louvain 21

1000 Bruxelles

Informations : cecile.rassinfosse@ecolo.be

(00-32) 02 549 86 19

Traduction assurée : anglais – néerlandais – français

 

14/01/2012

Effets indésirables des décongestionants ORL contenant des vasoconstricteurs

Information reçue le 16 décembre 2011 du Centre de PharmacoVigilance de Midi-Pyrénées.

"L'Agence Européenne du Médicament (EMA), l'Afssaps et le Centre Midi-Pyrénées de PharmacoVigilance, de PharmacoEpidémiologie et d'Informations sur le Médicament souhaitent vous informer sur la sécurité d'emploi et l'usage des décongestionnants de la sphère ORL, renfermant un vasoconstricteur administrés par voie orale ou nasale.

La persistance de signalements d'effets indésirables cardiaques et neurologiques chez des patients traités par les médicaments contenant des vasoconstricteurs, utilisés dans le traitement symptomatique des rhinites, conduit l'Afssaps à rappeler les recommandations inhérentes à leur utilisation. L'enquête de pharmacovigilance concernant ces médicaments est en cours d'actualisation, afin de pouvoir considérer la nécessité d'actions supplémentaires.
        
Depuis le 1er janvier 2011, 15 cas graves d'effets indésirables cardiovasculaires (à type d'hypertension artérielle, crise d'angor) ou neurologique (à type de convulsion, troubles du comportement et accident vasculaire), survenus chez des patients ayant pris une spécialité renfermant un vasoconstricteur (voie orale ou nasale), ont été enregistrés dans la base nationale de pharmacovigilance. Dans 25 % des cas, les recommandations présentes dans le résumé des caractéristiques du produit de ces spécialités n'étaient pas respectées (durée de traitement supérieure à 5 jours, non respect des contre-indications).
L'Afssaps rappelle le bon usage des médicaments renfermant un vasoconstricteur (VC) utilisés pour leurs propriétés décongestionnantes de la sphère ORL :

  • la posologie maximale ne doit pas être dépassée
  • la durée maximale de traitement ne doit pas excéder 5 jours
  • ces médicaments sont contre-indiqués chez l'enfant de moins de 15 ans et en cas notamment d'hypertension artérielle sévère ou mal équilibrée, d'antécédents d'accident vasculaire cérébral ou de facteurs de risque susceptibles de favoriser la survenue d'AVC, en raison de l'activité sympathomimétique alpha du VC, d'insuffisance coronarienne sévère, d'antécédents de convulsions.

Il est inutile et potentiellement dangereux d'associer entre eux deux de ces médicaments (même administrés par des voies différentes).

Nous restons à votre disposition pour toute information sur le médicament au 05-61-25-51-12, mail : pharmacovigilance.toulouse@cict.fr. Vous trouverez plus d'informations sur le site www.bip31.fr et sur le site www.afssaps.sante.fr.

N'oubliez pas par ailleurs de déclarer au Centre Midi-Pyrénées de PharmacoVigilance, de PharmacoEpidémiologie et d'Information sur le médicament les effets indésirables "graves" ou encore "inattendus" des médicaments. Ceci nous permettra d'améliorer l'efficience de nos prescriptions pour nos malades.

Bien Confraternellement à vous."
Professeur Jean-Louis Montastruc et l'Equipe du Centre Midi-Pyrénées de PharmacoVigilance, de PharmacoEpidémiologie et d'Informations sur le Médicament (CRPV)

Mise à jour du 16/01/2012:

Comme le rappelle une lectrice à juste titre, il manque les noms des produits, mentionnés sur le site de l'AFSSAPS (à télécharger à partir de cette page) et dont certains sont en vente sans ordonnance. Voici la "liste des produits contenant des vasoconstricteurs actuellement commercialisés" (mais sans mention de la voie d'administration et de la dénomination commune internationale): Vasoconstricteurs non associés: Aturgyl, Pernazene, Sudafed

Vasoconstricteurs associés: Derinox, Deturgylone, Humoxal, Rhinamide, Rhinofluimucil, Rhino Sulfuryl, Actifed Rhume Jour et Nuit, Actifed Rhume, Dolirhume, Dolirhumepro, hexa rhume, Humex rhume, Nurofen rhume, Rhinadvil, Rhinadvil tab, Rhinureflex, Rhumagrip

Vasoconstricteurs associés à la cétirizine [Zyrtec] et utilisés dans la rhinite allergique:Actifed LP rhinite allergique, Humex rhinite allergique

06/01/2012

"Surmédicalisation, surdiagnostics et surtraitements": colloque le 27 et 28 avril. Appel à contributions

La plaquette définitive et la présentation détaillée des ateliers sont sur cette page. Merci de tenir compte des actualisations. 


Merci de diffuser ces trois textes qui contiennent un court texte d’appel, l’appel à contributions et surmédicalisation médicalisation,surdiagnostic,surconsommation médicaments médicalisation,surtraitement surmédicamentation surconsommation médicaments,surmédicalisation colloque,surmédicalisation prévention surdépistage,surmédicalisation disease mongering,surmédicalisation surmédicamentation causes,médicaments essentiels,groupe princepsles grandes lignes thématiques (à affiner et préciser) que nous proposons d’aborder lors des six ateliers du colloque qui aura lieu les 27 et 28 avril 2012 à la Faculté de Médecine de Bobigny sous le titre « Surmédicalisation, surdiagnostics et surtraitements ».

Le colloque est co-organisé par le groupe Princeps (dont je fais partie, voir plus bas), par la SFTG (Société de formation thérapeutique du généraliste) et le Département de Médecine générale de la Faculté de Médecine de Bobigny.

Merci d’adresser vos contributions, suggestions, etc. à

surmedicalisation@tribunes.com

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02/01/2012

Rétablir le programme CESA (contaminants et environnement) et le REMERA (registre des malformations du Rhône Alpes)

Mise à jour datée du 16 janvier 2012 à la fin de l'article

A l’heure où les études et les preuves scientifiques s’accumulent pointant dans le sens d’une remera registre malformations,malformations toxiques environnement,médicament tératogène,tératogénie malformation cause,programme cesa anr,contaminants environnement,nicolas sarkozy lobbying santé,santé environnementale recherche programmes,toxicologie environnement,santé cause toxique environnement,perturbateurs endocriniens législation,législation européenne agents toxiques,pétition programme cesa anr,anses santé environnementale contaminantsimplication massive des toxiques environnementaux dans la survenue de diverses maladies, qu’il s’agisse de co-facteurs ou de corrélations à approfondir, la recherche française fait marche arrière. Elle est pourtant déjà très en retard par rapport aux pays anglo-saxons en particulier, sans parler du retard en matière de sensibilisation de la population et des professionnels de santé, évident lorsqu’on regarde la quasi inexistence de formations en santé environnementale et le mépris des leaders d’opinion pour cette problématique. Lors du Grenelle de l’Environnement, de la mise en place de la Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation et des Plans Nationaux Santé Environnement (PNSE) 1 et 2 comme du Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE), l’on a pu constater ce retard français, que ces dispositifs auraient dû permettre de rattraper. Or il n’en est rien.

Au niveau européen, c’est chaotique : un pas en avant, deux en arrière. La législation REACH sur les agents toxiques a été extrêmement difficile à obtenir, avec un résultat minimaliste. Et pourtant, les lobbies industriels ont fait en sorte d’obtenir de leurs porte-voix politiques des réglementations qui, dans les faits, détricotent REACH, en revenant à des notions tels que les seuls d’exposition ou la dose minime de nocivité, dépassées selon la toxicologie. D’autre part, la Commission européenne a lancé en août 2011 une campagne pour la mise en place d’études scientifiques des perturbateurs endocriniens, y compris dans leur effet nocif cumulatif, permettant une évaluation globale (voir cet article, qui donne aussi des références complètes et des liens).

En France, il y a eu des avancées quant au bisphénol A en particulier, confirmé par le vote, en octobre dernier et à la surprise générale, une loi interdisant le bisphénol A dans les récipients alimentaires, qui confirme le précédent vote sur d’autres perturbateurs endocriniens.

C’est dans ce contexte que le conseil d’administration de l’Agence nationale de la recherche (ANR) a voté le 27 octobre dernier l’arrêt du programme de recherche CESA («Contaminants et environnement: métrologie, santé, adaptabilité, comportements et usages»), à contre-courant de tout ce qui se fait dans les autres pays occidentaux et même des travaux lancés par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire).

Une pétition publique peut être consultée et signée sur cette page : « Pétition pour le rétablissement de l’appel d’offre de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) concernant les contaminants de l’environnement et leurs effets (CESA) ».

D’autre part, on apprend que le REMERA (Registre des Malformations congénitales de Rhône-Alpes) remera registre malformations,malformations toxiques environnement,médicament tératogène,tératogénie malformation cause,programme cesa anr,contaminants environnement,nicolas sarkozy lobbying santé,santé environnementale recherche programmes,toxicologie environnement,santé cause toxique environnement,perturbateurs endocriniens législation,législation européenne agents toxiques,pétition programme cesa anr,anses santé environnementale contaminantss’arrêtera le 1er janvier 2012, privant ainsi les citoyens comme les professionnels de santé des données sur les effets tératogènes et autres toxicités des contaminants environnementaux et autres agents toxiques tels que des médicaments et autres substances chimiques de toute sorte…

Voici quelques détails sur ces décisions, suivis par des extraits de la réaction de plusieurs associations et des réflexions sur la manipulation de la recherche publique et le gaspillage des deniers publics dans des programmes de recherche finalisés imposés par les industriels à travers la nouvelle politique de partenariats (sic) public-privé, qui traduit l’ »économie de la connaissance » voulue par la « stratégie de Lisbonne » et par la politique de Nicolas Sarkozy, acquise aux intérêts industriels (voir détails et liens plus bas). 

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31/12/2011

Qui a tué le Père Noël ?

Non, à première vue, ce n'est pas une mort iatrogène, même si c'est à la mode désormais d'incriminer l'industrie pharmaceutique en oubliant que bien d'autres acteurs font partie de ce cercle vicieux qui médicalise nos vies. Et même si, vu l'âge vénérable du père Noël, c'est sûr qu'un analogue agoniste GnRH (Enantone, Décapeptyl...) ou une glitazone (Actos...) ou une gliptine ou ... aurait provoqué une crise cardiaque en moins de deux ou une insuffisance cardiaque en moins de trois. Ou peut-être le père Noël a-t-il trop abusé du Viagra, par ces temps de jeunisme, de performance et de durée obligatoires et uniformisés.

N'est pas Don Quijote qui veut...

Quoi qu'il en soit, si vous voulez élever une batterie d'enfants fanatiques du nucléaire, farouches opposants à l'écologie et aux technosciences - même si ce n'est pas mère nature qui a fait pousser les éoliennes -, montrez-leur cette image de Jean-Michel Thiriet et expliquez-leur pourquoi ils n'auront plus de jeux vidéos l'année prochaine, ni des poupées souffrant d'hypertrophie mammaire par prothèses à vous gonfler le trou de la Sécu, ni des animaux qui illustrent les fonctions digestives...

Les Lumières - c'est le cas de le dire - auront eu raison du mythe et de l'obscurantisme intéressé de nos gosses...

En 2012, essayons de faire nôtre la boutade de George Peters citée par le Pr Jean-Louis Montastruc: "un médicament, ça va ; deux médicaments, c’est possible ; trois médicaments, surveiller le malade ; quatre médicaments, surveiller le médecin ; cinq médicaments, hospitaliser le médecin !"

Puisque personne ne s'essaie à cette tâche ingrate, Pharmacritique devrait "surveiller" aussi les médecins, même si certains d'entre eux, heureusement rarissimes, préféreraient me voir à la place du père Noël, sur une pale d'éolienne (c'est le message de paix et d'amour du prochain qui se dégage de leur "annonciations" ou "bonnes nouvelles", pour rester dans le vocabulaire de saison...). Peut-être trouveront-ils un peu de sérénité ou résoudront-ils un éventuel dysfonctionnement des sécrétions biliaires grâce aux médicaments garantis naturels, en DCI, efficaces et sans effets indésirables listés sur cette page, du genre du Fepalcon° ;) Du temps des hippies, il y avait d'autres substances pour créer une ambiance de peace and love ;)

Bonne année à tous! 

Noël écologiste éolienne.jpg


20/10/2011

LobbyPlanet Europe: Corporate Europe Observatory cartographie les lobbyistes auprès des institutions européennes et leurs méthodes

LobbyPlanet CEO.jpg

Corporate Europe Observatory (CEO) vient de publier le livre "Lobby Planet. Putting Brussels Lobbyists on the Map", dont je décris plus bas le contexte et les grandes lignes, avant de donner des extraits édifiants et de rappeler deux autres livres essentiels parus sur le même sujet. L'image, signée Khalil Bendib, accompagne la présentation de Lobby Planet sur le site du CEO.

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14/10/2011

Déclaration des conflits d’intérêts: sanctions votées, mais personne pour les appliquer. Fin des privilèges de l’ordre des médecins?

L’on présente la France comme un exemple de « médecine socialisée », et pourtant, xavier bertrand loi médicament,loi sécurité sanitaire médicament,sanctions non déclaration liens d'intérêts,amendes non déclaration conflits d'intérêts,conseil de l'ordre des médecins conflits d'intérêts,les entreprises du médicament leem loi médicament,ordre des médecins industrie pharmaceutique,conseil de l'ordre discipline répression,transparence conflits d'intérêts médecine pharmaceutique,république loi commune loi particulariste,ordre des médecins corporatisme médical,police médicale conflits d'intérêts,catherine lemorton loi médicament sécurité sanitaire,pharmaciens déclaration liens d'intérêtsc’est l’influence de la médecine organisée qui y est très forte pour maintenir la désorganisation et empêcher toute évaluation, tout contrôle, toute mesure disciplinaire qui relèverait de la loi commune et non pas de réglementations disciplinaires ordinales.

On verra plus bas que le même problème risque de frapper de nullité les sanctions votées par les députés en première lecture à l’Assemblée nationale, le 28 septembre dernier, puis par un vote solennel le 4 octobre. Je détaille ces sanctions et passe en revue aussi ce que dit le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) à travers un débat du 4 octobre dernier (voir l’article du Monde) et le communiqué de presse qui s’en fait l’écho et exprime l’influence de cette organisation corporatiste, dont la simple existence nie l'indivisibilité de la République et l'esprit comme la lettre de la loi Le Chapelier de 1791, qui a mis un terme aux corporations de l'Ancien régime, à leur autorégulation (sic), à leurs provilèges et velléités d'influence.

C’est là-dessus que tout va se jouer : qui assurera le constat des infractions et la répression ? Qui fera la police ? Le même Conseil de l’ordre qui a jusqu’ici « géré » et avalisé le contrôle du système de santé par l’industrie pharmaceutique, qui a organisé les relations inextricables des médecins et de leurs organisations avec les laboratoires, pour le profit des industriels et de ses vassaux ? Ou alors la loi commune et générale s’imposera-t-elle enfin à l’ « ordre » particulariste des médecins et aux autres corporations de professionnels de santé ? Ce sera un moment de vérité.  

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13/10/2011

"Pertinence des prescriptions médicamenteuses": des critères simples et efficaces. "Prescrire hors AMM ?"

Après quelques remarques de mon cru, sur la médecine organisée et la désorganisation d'un système de santé sans évaluation, la liberté de prescription, etc., je reprends deux textes avec l’aimable jean-louis montastruc,déprescrire surprescription,évaluation prescriptions actes médicaux,évaluation pratiques professionnelles,prescription hors amm encadrement,bip 31 pharmacologie,formation médicale continue prescription,surprescription industrie pharmaceutique,surprescription interactions iatrogénie,prescription effets indésirables iatrogénie,surmédicalisation surprecription surmédicamentation,évaluation système de santé et de soinsautorisation de leur auteur, le Pr Jean-Louis Montastruc. La photo accompagne une interview qu'il a donnée au Figaro et qui vaut elle aussi le détour: "Il faut revoir l'évaluation des médicaments" (28/09/10), comme ses autres écrits et prises de position.

Le texte intitulé « Pertinence des prescriptions médicamenteuses » est paru dans le N° 3 du Bulletin d’informations de pharmacologie (BIP 31) du Service de Pharmacologie clinique du CHU de Toulouse (BIP31.fr 2011, 18 (3), p. 26-27), dont je conseille vivement la lecture, y compris par les usagers. Le BIP 31 fait partie de l'ISDB (International Society of Drug Bulletins), l'union des revues pharmacologiques indépendantes. L'auteur est Jean-Louis MONTASTRUC, professeur de pharmacologie, chef de ce service et responsable du Centre régional de Pharmacovigilance de Midi-Pyrénées. (Je reviendrai en détail sur ses diverses activités dans un autre article).

Je reproduis aussi un autre article du Pr Jean-Louis Montastruc, paru dans le même numéro du BIP 31 (page 27) sous le titre « Prescrire hors AMM ? », puisqu’il est directement lié au premier et se rapporte aussi aux débats actuels sur l’encadrement de la prescription hors AMM [autorisation de mise sur le marché], c’est-à-dire en dehors des indications pour lesquelles tel médicament a été autorisé par l’agence du médicament AFSSAPS (future ANSM). 

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12/10/2011

Protection des lanceurs d'alerte et indépendance de l'expertise: le gouvernement cale, Sciences Citoyennes avance!

Voici un communiqué de presse de la Fondation Sciences Citoyennes, daté du 10 octobre.

Le programme intégral de la 7ème édition du festival Sciences en Bobines est disponible sur le site. Il aura lieu du 12 au 23 octobre 2011 dans 6 villes de France.

"Protection des lanceurs d'alerte et indépendance de l'expertise: le gouvernement cale sur l'article 52 de la loi Grenelle 1, la Fondation Sciences Citoyennes avance !"

"La loi « médicaments » commence sa navette au parlement. Compte tenu de la première version de cette loi votée à l’assemblée nationale le 4 octobre 2011, il est clair que le gouvernement cherche à imposer un texte a minima qui ne protègera pas suffisamment la population d’une industrie pharmaceutique où sévissent l’opacité et les conflits d’intérêt. L’affaire dite du Médiator vient d’en faire une splendide démonstration.

L’article 52 de la loi Grenelle 1 était censé avancer sur la création d’une instance « propre à assurer la protection de l’alerte et de l’expertise, afin de garantir la transparence, la méthodologie  et  la déontologie des expertises ». Force est de constater qu’aucune progression significative n’a eu lieu depuis la promulgation de la loi le 3 août 2009. Les scandales sanitaires et environnementaux risquent de se poursuivre car rien n’est mis sérieusement en place pour interrompre ce déroulé tragique.

Dans ce contexte, la Fondation Sciences Citoyennes organise le vendredi 14 octobre une présentation de sa proposition de loi sur la déontologie de l’expertise et la protection des lanceurs d’alerte, un événement intégré à son festival de films-débats « Les Sciences en Bobines » consacré cette année aux lanceurs d’alerte.

Programme de la soirée du 14 octobre :

20h00 – Film La Science Achetée de Bertam Verhaag, 2009, 88 mn

21h30 – Présentation par Marie-Angèle Hermitte, docteur en droit et directrice de recherche au CNRS, de la proposition de loi dont elle est co-rédactrice avec la Fondation Sciences Citoyennes ; elle sera suivie d’un débat avec la salle.

Lieu : Cinéma La Clef (entrée libre et gratuite) – 21 rue de la Clef, 75005 Paris"

11/10/2011

"Sexe et addictions sur ordonnance" (livre sur les effets indésirables du Requip)

C'est un livre écrit par un avocat sur le parcours d'un de ses clients: un homme de 52 Requip effets indésirables,requip jeu addiction,agonistes dopaminergiques effets indésirables,sifrol effets indésirables,addiction sexe hypersexualité médicaments,jeu pathologique requip sifrol,parkinson médicament effets indésirables,didier jambart procès requip gsk,gsk requip procès,antoine beguin livre procès gsk requip,pharmacovigilance médicaments parkinsonans traité entre 2003 et 2005 par l’agoniste dopaminergique Requip (ropinirole) pour la maladie de Parkinson.

Des media (Ouest France, Le Télégramme...) ont relaté son parcours judiciaire semé d’embûches, qui l’a mené entre autres à refuser une indemnisation de façade par l’ONIAM et prendre un avocat (renonçant à l'assistance par l’association AAAVAM). Le 31 mars 2011, Didier Jambart a fini par gagner son procès contre GSK (Glaxo Smith Kline), laboratoire qui commercialise le Requip.  

Selon Ouest France, « des documents médicaux [produits lors du procès] établissent que les effets indésirables du Requip « étaient connus de la communauté scientifique avant 2003. Le laboratoire ne pouvait donc pas les méconnaître (…) en ne renseignant pas la notice sur ces risques. Le laboratoire a failli à son obligation de sécurité. En conséquence, la justice a décidé de condamner le laboratoire qui commercialise ce médicament à 117 000 € de dommages et intérêts » et a considéré que le Requip était un « médicament défectueux », au vu de ces omissions dans l'information sur le médicament.

L’avocat de Didier Jambart, Antoine Béguin, a écrit le livre « Sexe et addictions sur ordonnance » (L'Appart 2011, 200 pages, 16 euros, reversés à une association, selon les informations donnés par M. Jambart). Maître Béguin a déclaré à l’AFP : « Je ne remets pas en cause l'apport thérapeutique réel de ces médicaments mais le défaut d'information de leurs fabricants et des organes de contrôle à l'égard des patients sur ces risques de réactions ». La préface est signée par le Dr Irène Frachon, lanceur d’alerte dans le scandale du Médiator.

Antoine Béguin et Didier Jambart disent avoir reçu des centaines de témoignages d’autres patients traités par des médicaments dopaminergiques et ayant eu des effets indésirables de type addiction et désinhibition (jeu pathologique, hypersexualité, passages à l’acte, perversions et autres compulsions, délires, épisodes maniaques, hallucinations et autres effets indésirables psychiatriques). Chez Didier Jambart, cela s’est manifesté par un « besoin compulsif de jouer, de s'exhiber et de se travestir, il a dilapidé son argent, brisé sa famille, fait plusieurs tentatives de suicide ». Selon les témoignages et les avis des experts qu’il à sollicités, l’avocat Antoine Béguin estime « entre 15 et 20% le nombre de patients atteints par ce [type d’] effets » indésirables des médicaments dopaminergiques ; ce qui fait environ 10.000 parkinsoniens touchés. Ces médicaments sont autorisés dans le Parkinson, mais sont prescrits aussi hors AMM dans le syndrome des jambes sans repos, la fibromyalgie...

Méthodes publicitaires et désinformation des laboratoires pharmaceutiques, contrôles et pharmacovigilance insuffisants, absence d’interlocuteurs pour les victimes, absence d’intérêt pour les effets indésirables, voire mépris des diverses instances sanitaires publiques -  le livre d’Antoine Béguin aborde ces aspects à partir du cas concret de Didier Jambart. L'avocat a aussi un blog sur lequel il parle du livre et donne d'autres liens. D’autres informations sont données dans un article du 8 octobre 2011 de Ouest France : « Parkinson : le livre d'un Angevin qui accuse les laboratoires ».

Sans aucun rapport avec cela, j’avais répondu à l’automne 2007, sur une liste de discussion, à une demande de bibliographie sur ces effets secondaires (surtout le jeu pathologique) des agonistes dopaminergiques de deuxième génération (Requip (ropinirole) et Sifrol (pramipexole)). J’ai fait une liste d’articles, venant surtout de la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm (moins accessible à cause de la langue), avec quelques explications. Un article détaillé à ce sujet, partant de mes recherches de 2007, est depuis longtemps sur la liste de sujets à traiter sur Pharmacritique. Mais elle est tellement longue et mon temps tellement limité… Alors j'essaie de me rattraper en parlant de ce livre, quitte à faire une exception (je ne parle habituellement pas de cas particuliers). 

Elena Pasca

10/10/2011

Noctran, Equanil, mépronizine (méprobamate): suspendus pour rapport bénéfice/risques défavorable. D'autres hypnotiques sont visés

De véritables « soupes d’hypnotiques » (Noctran, Mépronizine (insomnie occasionnelle de l’adulte), hypnotiques effets indésirables,noctran retrait effets indésirables,kaologeais effets indésirables retrait,precyclan effets indésirables retrait,méprobamate retrait effets indésirables,mépronizine effets indésirables retrait,equanil effets indésirables retrait,sevrage alcoolique médicaments,insomnie médicaments effets indésirables,syndrome prémenstruel médicamennt effets indésirables,hypnotiques somnifères syndrome de sevrage,hypnotique interactions,neuroleptiques cachés,acéprométazine effets indésirablescombinaisons à base de méprobamate (dans le sevrage alcoolique entre autres), dont le Kaologeais (gomme de sterculia+ kaolin+ magnésium+ méprobamate dans les troubles fonctionnels digestifs avec anxiété), Précyclan (bendrofluméthiazide + méprobamate dans le syndrome prémenstruel) sont actuellement sur le marché. Ces "soupes", selon l'excellente expression de Prescrire, font des ravages, en particulier chez les personnes âgées, avec une liste très longue d’effets indésirables graves et d’interactions potentielles.

En mai et juin 2010, la commission d'autorisation de mise sur le marché de l’AFSSAPS a proposé le retrait du marché des spécialités à base de l'anxiolytique méprobamate, commercialisées sous les noms Méprobamate Richard, Equanil (forme orale et injectable) et Mépronizine (formes orales).

Outre quelques informations, je reprends l’information envoyée par le centre régional de pharmacovigilance de Midi-Pyrénées (service du Pr Jean-Louis Montastruc), d’une part sur le méprobamate, d’autre part sur la mépronizine de Sanofi-Aventis (association de méprobamate et acéprométazine, un neuroleptique caché), critiquée par la revue Prescrire. Le retrait de la mépronizine est annoncé par l’AFSSAPS pour janvier 2012, soit… après plus de 40 ans de commercialisation…

Je finis par une reprise détaillée des informations toutes récentes à ce sujet – et surtout sur les effets indésirables - dans la revue Prescrire.

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