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31/08/2011

Julien Balkany fait pression sur les auteurs du livre 'Le vrai scandale du gaz de schiste'

Extraits de la lettre d’information de l'association Générations futures (ex MDRGF: Mouvement pour les droits et le respect des générations futures) : julien balakany,toréador gaz de schiste,françois veillerette gaz de schiste,générations futures gaz de schiste,gaz de schiste lobby conflits d'intérêts politique,le vrai scandale du gaz de schiste,pression censure gaz de schiste,julien balkany toréador gaz de schiste,exploitation gaz de schiste risque écologique

Pressions inacceptables sur les auteurs du livre 'Le Vrai Scandale du gaz de schiste'

« A la veille de la parution du livre de Marine Jobert et François Veillerette sur les gaz de schiste ( 'Le vrai scandale des gaz de schiste', Ed Les Liens qui Libèrent, http://www.gaz-de-schiste.fr ), l'avocat de Julien Balkany (ex Vice Président non exécutif de la société Toreador [Toreador Resources Corporation] et demi frère du fameux Patrick Balkany) vient d'écrire à l'éditeur et aux auteurs du livre en les menaçant à mots à peine couverts de poursuites judiciaires.

Pour mémoire Toreador s'est vu délivrer en 2009 un permis d'explorer les gisements d'hydrocarbures non conventionnels (ici pétrole de schiste) sur une surface de 779 km2 à cheval sur l'Aisne, la Seine et Marne et la Marne, dans le périmètre du permis dit "de Château Thierry".

Selon la lettre de l'avocat, Maître Fedida, notre livre (non encore publié, il sort demain le 31 août !) comporterait des éléments diffamatoires. L'avocat précise qu'il a reçu ordre de nous ‘mettre en garde’.

On ne saurait être plus clair : ce livre dérange et le trader Julien Balkany, très en pointe dans le développement de Toreador en France ces dernières années, essaye de faire pression sur les auteurs et l'éditeur de ce livre évènement en laissant planer la menace de poursuites judiciaires. Alors que les permis d'exploration avaient été accordés dans le plus grand secret, Monsieur Balkany voudrait maintenant sans doute que le secret continue à régner sur ce dossier...

Peut être espère t'il que l’éditeur et les auteurs cèderont aux pressions et modifieront le contenu du livre... ce en quoi il se trompe lourdement !
"Ce procédé est insupportable ! Il vise à restreindre notre liberté d'expression et la liberté d'information !", déclare François Veillerette, Porte Parole de Générations Futures, et co auteur du livre.

Nous avons besoin de votre soutien pour pouvoir repousser ces pressions et permettre au livre d'être diffusé dans les meilleures conditions afin de permettre à toutes et tous d'être réellement julien balakany,toréador gaz de schiste,françois veillerette gaz de schiste,générations futures gaz de schiste,gaz de schiste lobby conflits d'intérêts politique,le vrai scandale du gaz de schiste,pression censure gaz de schiste,julien balkany toréador gaz de schiste,exploitation gaz de schiste risque écologiqueinformés sur ce dossier, comme c'est votre droit !! »

Toutes les informations sont sur le site http://www.gaz-de-schiste.fr, où vous trouverez « dans les jours qui viennent des extraits du livre, des témoignages exclusifs, des échos des médias, des interviews...pour compléter les informations du livre 'Le Vrai Scandale des gaz de schiste' en vente dés le 31 août 2011 dans toutes les librairies et en ligne sur les sites spécialisés. » Vous pouvez envoyer des messages de soutien à l'adresse levraiscandaledesgazdeschiste@yahoo.fr.

"Gaz de schiste: le combat continue".

Interview de François Veillerette sur le livre 'Le vrai scandale des gaz de schiste' sur Europe 1 
http://info.sfr.fr/france/audios/gaz-de-schiste-combat-continue,688403/

29/08/2011

La santé sous contrôle pharmaceutique... Comment combattre influences et conflits d'intérêts ? (Débat François Autain, Yves Gimbert, Elena Pasca)

Le samedi 3 septembre aura lieu un débat lors duquel j’aurai le plaisir de retrouver un excellent Espace nature isère.jpginterlocuteur:

François AUTAIN, sénateur, médecin de formation, auteur et co-auteur de nombreuses initiatives, rapports et projets de loi pour limiter conflits d’intérêts et influence de l’industrie pharmaceutique sur la médecine et le système de santé, président des missions sénatoriales d’information sur la campagne de vaccination contre la grippe AH1N1 et sur le Médiator. 

Espace Nature Isère organise à partir du vendredi 2 septembre la 15ème édition du Festival de l’Avenir au Naturel, avec le soutien du conseil général de l’Isère, du conseil général de Rhône-Alpes et de nombreuses communes et organisations. La devise est « On ne subit pas l’avenir, on le fait » (Georges Bernanos). Lieu : L’Albenc en Isère (38470), tél. 04 76 36 50 10

Toutes les informations sur le Festival de l’Avenir au Naturel sont accessibles à partir de cette page ; le programme complet est ici

Le samedi 3 septembre à 19h00 aura lieu un débat intitulé « La santé sous contrôle pharmaceutique... Comment combattre influences et conflits d'intérêts ? »

« A la suite du scandale du Mediator, les pratiques et agissements de l'industrie pharmaceutique sont sous les feux médiatiques : conflits d'intérêts dans le domaine de l'expertise scientifique, positions de force et moyens de pression exercés sur les institutions pour imposer des "nouveaux médicaments" d'une efficacité contestable.

Le sénateur de Loire Atlantique François AUTAIN, Président de la mission d’information sur le Médiator et Elena PASCA, philosophe et responsable du site internet "Pharmacritique" (une référence dans le domaine de l'information sur les rapports entre industrie pharmaceutique, médecine et usagers), feront un état des lieux sur la faillite du système de recherche, de formation et d'information médicales. Quelles solutions peut-on envisager pour diminuer l'influence de l'industrie et l'impact des conflits d'intérêts ? Vers quoi peut évoluer l'industrie pharmaceutique en plein déclin d'inventivité depuis bientôt 30 ans ? »

Le débat sera animé par Yves GIMBERT, directeur de recherches au CNRS / Département de Chimie moléculaire de l'Université Joseph Fourier de Grenoble, administrateur de la Fondation Sciences Citoyennes, bon connaisseur des risques technologiques.

Pour ma part, j'aborderai certains des aspects qui étaient au programme de mon audition (au nom de Sciences Citoyennes) par la mission d'information sur le Médiator de l'Assemblée nationale, fin avril, audition que j'ai dû annuler au dernier moment, pour des raisons de santé. 

26/08/2011

Nouveaux décès sous MabThéra/Rituxan. Rappel des leucoencéphalopathies et autres effets indésirables graves

En France, le rituximab est commercialisé sous le nom de marque MabThéra par les laboratoires mabthera effets indésirables,mabthéra leucoencéphalopathie multifocale progressive,anticorps monoclonaux effets secondaires,leucoencéphalopathie multifocale progressive lemp iatrogène,mabthéra décès,arthrite rhumatoïde traitement médicament,hépatite b médicament,tysabri leucoencéphalopathie multifocale progressive,maladies auto-immunes traitement,lymphome traitement médicament,leucémie traitement médicament,biomédicaments anticorps monoclonaux,roche décès médicaments,biotechnologie risque décès,anti tnf effets indésirables,biomédicaments effets secondaires,coût mabthéra anticorps monoclonaux,progrès thérapeutique anticorps monoclonauxRoche, dans certains lymphomes et leucémies et dans la polyarthrite rhumatoïde. Il fait partie des anticorps monoclonaux, que j’évoque souvent sur Pharmacritique, de même que Tysabri, Avastin, Humira, Enbrel, Herceptin, Raptiva (retiré du marché aussi à cause de leucoencéphalopathies), Remicade, Cimzia, Xolair…

Je détaille la dernière alerte de Santé Canada, en juin 2011, pour plusieurs cas de décès liés à la perfusion de MabThéra, puis les alertes précédentes des autorités sanitaires canadiennes et françaises sur les leucoencéphalopathies multifocales progressives (LEMP). Sans oublier les mises en garde portant sur d’autres effets indésirables, tous avec quelques cas mortels, tels qu’une réactivation d’une hépatite B, des occlusions et perforations intestinales, des réactions cutanées sévères… Une alerte de 2009 de la FDA nous apprend qu’un décès par LEMP peut survenir jusqu’à un an et demi après l’arrêt du traitement par MabThéra.

Je rappelle aussi d’autres effets indésirables communs à toute la classe des anticorps monoclonaux, en donnant des liens, y compris vers le verdict très sévère des revues indépendantes Arznei-Telegramm, Prescrire et Butlleti Groc. J'aborde l'infection opportuniste par le virus JC à l’origine de la LEMP et finis par reposer la question d’une évaluation globale de ces biomédicaments, d’autant plus nécessaire que le progrès thérapeutique qui leur est reconnu est faible, voire très faible, pour la plupart d’entre eux, pour des coûts astronomiques habituels dès qu’il s’agit de biotechnologie.

Le rapport benefices/risques n'est pas le même dans un cancer ou dans les maladies auto-immunes. Ce problème se pose de plus en plus, compte tenu du marketing agressif et des demandes d'extensions d'indication. 

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24/08/2011

La pharmaco-prévention dans les unités de soins de longue durée: un acharnement à dénoncer

Par le Pr Pierre BIRON pierre biron pharmacologie,prévention abus de prévention,médicalisation surmédicalisation surmédicamentation,unité de soins de longue durée personnes âgées,vieillissement soins hôpital,personne âgée médicaments effets indésirables,statines personnes âgées,alzheimer médicament anticholinestérasiques effets indésirables,calcium suppléments densité osseuse,bisphosphonates effets indésirables,preventive hounding prévention,acharnement thérapeutique personnes âgées,usld soins qualité de vie,viellissement qualité de vie soins long séjour,centre soins long séjour,personnes âgées dépendance autonomie,personnes âgées médicaments coûtefficacité

[Professeur honoraire de pharmacologie à l’Université de Montréal, engagé sur toutes les questions de pharmacologie sociale, Pierre Biron est un observateur critique de la scène médico-pharmaceutique, auteur et co-auteur de nombreux articles et chapitres de livres sur l’influence de l’industrie pharmaceutique sur la médecine, l’abus de prévention, la surmédicalisation et surmédicamentation, les formes de disease mongering (façonnage de maladies), les politiques du médicament… 

Pierre Biron vient de publier un dictionnaire engagé, critique et évolutif, anglais/français, de la médecine dans ses rapports à l’industrie pharmaceutique, qui peut être téléchargé gratuitement sur cette page de l’Encyclopédie de l’Agora (site incontournable fondé et animé par le philosophe Jacques Dufresne).

Sur Pharmacritique, Pierre Biron a publié l’article « Entrevue virtuelle avec Jean Peneff: "La France malade de ses médecins" ». (Photo: revue Protégez-vous)]

 

La pharmaco-prévention dans les unités de soins de longue durée: un acharnement à dénoncer

Chaque jour il peut se consommer – disons huit pour la présente discussion - pilules ordonnancées par lit d’Unités de soins de longue durée (dits Centres hospitaliers de soins de longue durée ou CHSLD, au Québec) et parfois plus. Avec plus de 45 700 de ces lits en mars 2010, cela ferait 133 400 000 de prises annuelles auxquelles seraient exposés nos aînés non autonomes au Québec. On peut refaire de tels calculs en France, en Suisse, en Belgique. Autant d’aînés exposés aux effets indésirables, dont le risque augmente exponentiellement avec le nombre de produits consommés quotidiennement. Exposés le sont aussi les porte-monnaie des contribuables et des payeurs de primes de mutuelles et complémentaires santé.

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16/08/2011

Lobbying pour Sanofi et le Lantus, avec éviction et diffamation de Peter Sawicki, manipulation de Wikipédia…

Le Lantus (insuline glargine), prescrit dans le traitement du diabète insulinodépendant, a rapporté à Lantus.jpgSanofi plus de 2 milliards d’euros rien qu’en 2009. Et l’histoire a montré que lorsque l’un de ses médicaments est mis en cause, Sanofi peut recourir à divers stratagèmes pour le défendre, faisant appel à des agences de communication, mobilisant les leaders d’opinion qu’il paie, lançant des plans pour désinformer et/ou museler la presse, licenciant tel lanceur d'alerte... Sans parler d’autres méthodes peu catholiques pour augmenter ses profits, dont j’ai donné quelques exemples sur Pharmacritique...

Or le Lantus, soupçonné dès sa mise sur le marché en 2000 de favoriser les cancers, est de plus en plus critiqué depuis 2005. J’ai rendu compte, dans deux articles écrits en 2009 (voir cette page), des études qui renforcent et actualisent le soupçon de cancers sous Lantus, puis évoqué la stratégie de désinformation de Sanofi, pour défendre le Lantus malgré tous les arguments scientifiques ( sur cette page).

Un article de Markus Grill paru le 11 juillet 2011 dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel nous peter sawicki iqwig industrie pharmaceutique,lantus risque cancers,sanofi-aventis lobbying,sanofi-aventis corruption,institut für qualität und wirtschaftlichkeit im gesundheitswesen,wikipédia industrie pharmaceutique,web 2.0 manipulation,lobbying conflits d'intérêts industrie pharmaceutique,fdp parti libéral lobbying industrie pharmaceutique,lantus solostar cancer risque,lantus effets indésirables,insuline glargine cancer,lantus efficacité insulines humaines,wiki-watch wikipédia transparence,philip rösler lobbying industrie pharmaceutique,politique de santé droite,cdu fdp industrie pharmaceutique,assurance-maladie allemagne,chris viehbacher,hommes politiques lobbying industrie pharmaceutiqueapprend qu’un homme politique de droite, Wolfgang Stock, a fait un lobbying intense pour Sanofi, manipulant Wikipédia à répétition : les articles sur le Lantus et celui sur son principal critique, le Pr Peter Sawicki (photo Die Welt) et l’institut IQWiG, de même que ceux sur Sanofi-Aventis, son PDG, etc.

Le diabétologue et ancien directeur de l’IQWiG, Pr Peter Sawicki, a été évincé sur demande du lobby pharmaceutique, dans le cadre de la politique clientéliste de la droite allemande, et surtout des libéraux de la FDP. Le Lantus fait partie des médicaments mis en cause par l'IQWiG, institut indépendant d’évaluation des médicaments. Dès 2005, il a contesté l’efficacité du Lantus par rapport aux insulines humaines. En 2009, il a été le premier à poser la question du risque accru de cancers sous Lantus.

Or Wolfgang Stock dirige un cabinet de lobbying ayant Sanofi parmi ses clients. Et c’est le même qui a fondé Wiki Watch, destiné à… améliorer la transparence dans l’usage de Wikipédia. Les détails illustrent parfaitement les méthodes auxquelles les lobbyistes et les industriels de la pharmacie sont prêts à recourir pour défendre leurs produits, ainsi que l’ampleur du réseau d’intérêts politico-médiatique et son influence sur la prise de décision.

J’évoque aussi les perquisitions et mises en examen touchant Sanofi-Aventis dans une affaire de corruption présumée en Allemagne.

Je réitère ma méfiance envers le web 2.0 sous toutes ses formes, facile à manipuler et instrumentaliser, pour faire de la publicité, désinformer, inciter à la médicamentation…

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11/08/2011

L’argent du lobbying: une "transparence" à géométrie variable, déplore ALTER-EU

Voici un court article que j’ai fait le 22 juin pour le site de la Fondation Sciences Citoyennes. Il ALTER-EU logo.jpgs’agissait de rendre compte d’un communiqué de presse d’ALTER-EU, tout en rappelant au passage les dernières actions et les livres disponibles.

J’ai eu le plaisir de faire la connaissance d’un certain nombre de membres des associations qui composent ALTER-EU lorsque j’ai représenté Sciences Citoyennes à l’assemblée générale de la coalition, fin avril 2010 à Bruxelles. J'ai des échanges réguliers en particulier avec Natacha Cingotti (Amis de la Terre/ALTER-EU) et tiens à la féliciter publiquement pour son excellent travail.

Sans oublier les rencontres de mars 2010, lors du colloque « L’expertise en question. Conflits d’intérêts en santé et défaillances de l’évaluation », co-organisé par Sciences Citoyennes et le CRIIGEN au Parlement européen (voir cet article et le résumé vidéo). Je reprendrai bientôt l’intervention du Dr Pierre Chevalier (rédacteur en chef de la revue Minerva) et la mienne, puisque c’est nous qui avons donné des exemples de conflits d’intérêts en matière de  médecine / médicament.

"L’argent du lobbying: une « transparence » à géométrie variable, déplore ALTER-EU"

Par Elena Pasca

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10/08/2011

Vaccination scolaire contre le cancer du col de l’utérus contestée en Belgique

Par Initiative Citoyenne Gardasil Initiative citoyenne.jpg

Dans le journal belge Le Soir, on pouvait lire en juin dernier que la Communauté Française imiterait la Communauté flamande en incluant, elle aussi, la vaccination contre le cancer du col de l'utérus dans le programme de vaccinations scolaires, dès la rentrée scolaire prochaine.

La Ministre de la Santé en Communauté française interrogée, Mme Fadila Laanan, expliquait alors dans Le Soir que la vaccination serait libre et que "les parents choisiront en conscience".

Pourtant, l'ancienne Ministre de la Santé en Communauté Française, Catherine Fonck, avait refusé d'inclure cette vaccination controversée dans le cadre de la médecine scolaire et, interrogée dans Le Soir le 8 décembre 2008, elle déclarait notamment : "Il ne faut pas imposer le vaccin, ce qui va arriver si on l'inclut tel quel dans la médecine scolaire."

Tout cela démontre donc le caractère crucial de la qualité de l'information fournie aux jeunes filles et aux parents concernés par cette future "campagne de sensibilisation" sans quoi beaucoup de personnes se sentiront obligées, dans les faits, de recourir à un acte médical non indispensable qu'elles pourraient regretter après coup.

C'est donc dans un souci de liberté et de démocratie, une fois encore, que le collectif citoyen indépendant "Initiative Citoyenne" a adressé en date du 8 août dernier, par recommandé et par mail, un courrier de questions précises aux Ministres belges Fadila Laanan (Santé en Communauté Française) & Marie-Dominique Simonet (Enseignement obligatoire) auquel, nous l'espérons, ces dernières répondront dans les plus brefs délais.

Chose qui ne devrait guère être difficile, ceci dit, si ces Ministres se sont entourées de scientifiques compétents et responsables...

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09/08/2011

Arrêt d’un essai clinique du Gardasil en Inde: 7 décès, 120 effets indésirables graves, conflits d’intérêts, désinformation…

Texte largement complété le 9 août au soir

Dans plusieurs articles parus dans les media indiens, on apprend que le Conseil Indien de la Brinda Karat the Hindu.jpgRecherche Médicale (ICMR : Indian Council of Medical Research) a décidé en juin 2010 d’arrêter la vaccination par le Gardasil dans les deux régions Gujarat et Andhra, dans le cadre d'un essai clinique mené depuis juillet 2009 par Merck, les autorités régionales et l’ONG PATH basée à Seattle. Le programme visait à inclure des jeunes filles des couches sociales les plus pauvres (intouchables, musulmanes, etc.) et bénéficiait pour ce faire d’un financement de la Fondation Bill et Melinda Gates.

La députée communiste Brinda Karat a exigé l’arrêt immédiat de cette recherche médicale lorsque la presse a fait état du décès de sept jeunes filles et d’au moins 120 cas d’effets indésirables sévères après la vaccination par Gardasil. La députée a réclamé la mise en place d’une commission d’enquête indépendante afin de déterminer les responsabilités dans cet essai et de clarifier les conflits d’intérêts des puissances publiques et les conditions éthiques et scientifiques dans lesquelles se fait la recherche clinique en Inde, à travers des partenariats public-privé pour le compte de multinationales occidentales du médicament.

Brinda Karat a accusé Merck de désinformation délibérée et de publicité trompeuse sur le Gardasil.

L’affaire rebondit, et la presse indienne rend compte d’actions récentes et en cours, menées par Brinda Karat et diverses associations, qui aboutissent à une remise en question globale de la recherche clinique délocalisée en Inde et une réflexion sur les conséquences des conflits d’intérêts et des partenariats public-privé en santé. Des actions en justice sont exigées.

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08/08/2011

Gardasil: efficacité non démontrée en prévention du cancer du col de l’utérus, dit la revue Prescrire

Depuis 2007, des articles critiques, des pétitions et d’autres actions sont menées contre le Gardasil, et revue prescrire gardasil,gardasil efficacité dysplasie cancer du col de l'utérus,gardasil cervarix efficacité utilité,gardasil cervarix effets indésirables,gardasil cervarix protection croisée hpv 31,prévention dysplasie cancer du col de l'utérus,frottis cervico-vaginal dépistage cancer du col de l'utérus,gardasil bénéficesrisques,gardasil conflits d'intérêts,gardasil après rapports sexuels,gardasil recommandations vaccinales hpvcette critique est particulièrement bien faite en Allemagne (par la revue Arznei-Telegramm et la revue grand public Gute Pillen, Schlechte Pillen qu’elle co-édite avec trois autres journaux médicaux indépendants) et en Espagne (en particulier par les pétitionnaires autour du Pr Carlos Alvarez-Dardet, par le Dr Juan Gervas, l’association ADIBS et d’autres).

Au printemps 2007, la revue Prescrire prenait une position différente, considérant le Gardasil comme prometteur (un espoir à confirmer), puis le citant dans le palmarès des médicaments 2007 qui apportent un progrès thérapeutique. Même position en avril 2009, surtout sous l’angle des effets secondaires : « le profil d'effets indésirables rend raisonnable le pari de la vaccination » (Rev Prescrire 2009 ; 29 (306) : 269). A noter que la contestation dans d’autres pays n’a pas porté sur les effets indésirables et les risques supposés, mais sur l’absence de preuves d’efficacité et d’utilité et sur le fait qu’autoriser un tel vaccin dans de telles conditions revient à l’expérimenter directement sur la population. En l’occurrence, il s’agit de jeunes filles en bonne santé, ce qui devrait interdire de revue prescrire gardasil,gardasil efficacité dysplasie cancer du col de l'utérus,gardasil cervarix efficacité utilité,gardasil cervarix effets indésirables,gardasil cervarix protection croisée hpv 31,prévention dysplasie cancer du col de l'utérus,frottis cervico-vaginal dépistage cancer du col de l'utérus,gardasil bénéficesrisques,gardasil conflits d'intérêts,gardasil après rapports sexuels,gardasil recommandations vaccinales hpvprendre quelque risque que ce soit, surtout à une échelle aussi large. 

Je suis ravie de voir que la revue Prescrire infléchit un peu son jugement, même si elle ne rejoint toujours pas les autres journaux indépendants et les organisations (médicales et d’usagers) indépendantes qui ont pris position. L’infléchissement s’exprime dans deux articles de 2011 de la revue Prescrire, l’un paru en janvier, l’autre en mars (détaillés en fin d’article).  

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06/08/2011

La misère de la santé publique cachée par le mastère Pasteur/CNAM/EHESP, sans garanties d’indépendance face à l'industrie

Le 23 juin, j’ai reçu un communiqué de presse du CNAM (Conservatoire national des Arts et Métiers). santé publique,alain braillon,prévention santé publique cancer,vaccins prévention santé publique,mastère santé publique cnam pasteur ehesp,antoine flahault santé publique,alice dautry santé publique,conservatoire national des arts et métiers santé publique,gérard dubois tabac buralistes,poursuite bâillon slapp,strategic lawsuit against public participation poursuite slappIl m’informe que le CNAM, l’Institut Pasteur et l’EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique) vont mettre en place ensemble un mastère de santé publique, destiné à devenir une référence nationale. On ne peut que se féliciter si jamais il y a une volonté de rattraper l’énorme retard français en créant une filière apte à rivaliser avec les masters of public health des universités anglo-saxonnes.

Sauf que… la situation est loin d’être ce qu'elle paraît. Et une vitrine bien lustrée ne cache pas la misère qu’il y a derrière, ni la casse de ce qui existe déjà. Quelle est la logique régissant la création de ce qui se veut une référence, alors même que l’on détruit des services de santé publique existants (voir plus bas pour celui du CHU d’Amiens), que l’on cherche des noises aux médecins de santé publique, que les restrictions budgétaires aboutissent inexorablement à faire de cette parente pauvre de la médecine une composante que l’on cherchera bientôt avec une loupe dans nos hôpitaux publics sinistrés de toute façon ?

Une filière de référence peut-elle être mise en place sous la direction d’experts tels que la Pre Alice Dautry et le Pr Antoine Flahault, sans garanties d'indépendance par rapport à l'industrie pharmaceutique et sans retour sur des erreurs passées ?

Après un bref rappel du sort du Dr Alain Braillon et de son ancien chef de service, victime d’un SLAPP (poursuite-bâillon), je fais quelques commentaires rappelant certains faits révélateurs sur l'état de la santé publique, puis reproduis la réponse que j’ai envoyée au CNAM et le communiqué de presse reçu de ce dernier.  

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04/08/2011

Projet de loi de sécurité sanitaire: des oublis inquiétants

Par Paul JANIAUD 

Ancien directeur de recherches à l’INSERM, ancien représentant des organismes de recherche auprès de la Commission européenne (Direction générale Recherche).

Paul Janiaud a coordonné l’expertise collective INSERM : « Comment limiter fréquence et gravité des accidents iatrogènes d’origine médicamenteuse », remise en 2002 aux ministères de la Santé et de la Recherche qui l’avaient commandée, ainsi qu’à l’agence du médicament de l’époque et au collège du conseil médical de la CNAMTS. Cette expertise collective non publiée (la clause figurait dans la convention finale) préconisait déjà de nombreuses dispositions inscrites dans le projet de loi (DCI, moyens pour la pharmacovigilance, signalement facilité, assouplissement de la notion de "proprietary properties" qui interdit de rendre publics les effets toxiques...

 

Le projet de loi concernant la sécurité sanitaire comporte plusieurs aspects constituant des pas en avant intéressants. Bien entendu, il s’agit d’un projet de loi qui peut être émasculé lors de son examen par les assemblées parlementaires. Cependant, en le prenant comme tel, plusieurs points méritent des précisions.

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02/08/2011

Sciences Citoyennes appelle Xavier Bertrand à revoir son projet de loi sur la chaîne du médicament

J’ai repris et commenté les annonces faites le 15 janvier 2011 par le ministre de la Santé, Xavier fondation sciences citoyennes projet de loi médicament,xavier bertrand projet de loi médicament,igas rapport pharmacovigilance gouvernance de la chaîne du médic,prescrire propositions réforme médicament,ufc que choisir action de groupe,recours collectif en justice médicament industrie pharmaceutique,pharmacovigilance réforme mesures xavier bertrand,sécurité médicament afssaps,autorisation de mise sur le marché médicaments évaluation,transparence conflits d'intérêts déclaration publique,conflits d'intérêts médicament transparence,afssaps has conflits d'intérêts déclaration publique,déontologie de l'expertise protection de l'alerte,haute autorité de l'expertise et de l'alerte sciences citoyennesBertrand, quant aux mesures envisagées afin de réformer la chaîne du médicament suite au scandale du Médiator, notamment dans cet article du 16 janvier.

Les promesses étaient belles, mais pour moi comme pour Sciences Citoyennes, il s’agissait d’attendre les actes et de juger sur pièces. Alors que reste-t-il de ces promesses de janvier, plus radicales, elles, si on les compare à ce que Xavier Bertrand a annoncé le 23 juin et avec ce qu’il a dévoilé de son projet de loi soumis hier (1er août) en conseil de ministres ? Le projet de loi contient des mesures qui vont dans le bon sens, vers un minimum de transparence et de sécurité, mais il s'agit plus de rattraper le retard considérable de la France que d'avancées à proprement parler. Il y a déjà un recul net par rapport aux annonces de janvier, alors on est en droit de se demander ce qu'il en restera après le passage par les débats parlementaires, où divers intérêts seront traduits dans des amendements. 

La Fondation Sciences Citoyennes demande d’ores et déjà au ministre de la Santé de revoir son projet afin de tenir ses promesses et engagements publics. Et cela ne peut pas se faire sans que Xavier Bertrand intègre dans son projet de loi les propositions les plus avancées formulées récemment par l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), par la revue Prescrire, par UFC Que Choisir et par Sciences Citoyennes.

Voici le communiqué de presse contenant un certain nombre de références intéressantes sur ce sujet, envoyé le 1er août et repris sur le site de l’association :

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29/07/2011

"Redéfinir l’endométriose à l’âge moderne": Dr David Redwine sur l’endométriose et son traitement par exérèse radicale conservatrice

A la suite des autres articles sur l'endométriose, accessibles en descendant sur cette page, voici la traduction d’un texte édifiant et synthétique sur l'endométriose, ses causes, ses symptômes, endométriose exérèse radicale conservatrice,endométriose causes symptômes traitements,endométriose traitement médicamenteux hormonal,endométriose enantone décapeptyl zoladex gonapeptyl synarel,endométriose david redwine chirurgie exérèse,endométriose électrocoagulation laser exérèse vaporisation,endométriose métaplasie coelomique cause,endométriose génétique environnement hérédité famille,endométriose guérison chirurgie exérèse,endométriose efficacité risque chirurgie médicaments progestatif,endométriose grossesse ménopause fertilitéses formes et son seul traitement efficace, écrit par le chirurgien David B. Redwine et repris début 2005 dans la revue italienne Leadership Medica. L‘original, intitulé "Redefining Endometriosis in the Modern Era", est sur cette page.

Il s'agit d'en finir avec les mythes et les préjugés d'un autre âge, avec cette ignorance et ces clichés sur le pseudo-traitement médicamenteux savamment entretenus pour justifier le maintien du statu quo, c'est-à-dire cette chronicisation de l'endométriose pour les profits des laboratoires pharmaceutiques qui commercialisent des analogues agonistes GnRH (Enantone, Décapeptyl...) ou des progestatifs (Lutényl, Surgestone...) ainsi que pour les profits des médecins leaders d’opinion qu'ils paient comme consultants et de tous ceux qui vivent de l'industrie de l'endométriose.

Ces questions ont été abordées de façon très détaillée dans l’introduction à la traduction d’un autre article du même médecin : "Endométriose : le combat du Dr David B. Redwine contre les pseudo-traitements hormonaux, la psychologisation et la chronicisation".

Le seul traitement de l’endométriose, c’est l’exérèse radicale conservatriceévoquée aussi par le Dr Harry Reich - que trop peu de chirurgiens maîtrisent, malheureusement. Et même ceux qui la maîtrisent la rendent partielle, donc inefficace à terme, car ils la pratiquent alors que la patiente est sous un traitement hormonal, par analogues agonistes GnRH (Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Synarel...) ou par progestatifs (Lutéran, Lutényl, Surgestone, Cérazette...).

David B. Redwine est l'un des meilleurs chirurgiens de l’endométriose au monde. Pionnier de la technique de l’exérèse, auteur de centaines d’articles, exposés, démonstrations ainsi que de plusieurs livres et chapitres de livres (dont "Surgical Management of Endometriosis", "100 Questions and Answers about Endometriosis"), il a aussi beaucoup contribué à la description des formes moins évidentes et moins connues de la maladie, telles que les "lésions subtiles", les vésicules et papules, les formes fibreuses, etc. (Voir le site ENDOPAEDIA pour plus de détails).

Dans l'article déjà cité, j'ai présenté ses activités, les écrits et les organisations professionnelles dont le Dr David Redwine fait partie.

Pour mieux comprendre, voici un sommaire des aspects évoqués en détail dans les articles précédents.

Il vaut mieux commencer par lire cet article, comprenant une introduction et la traduction d'un texte du Dr David Redwine, pour comprendre le calvaire que vivent les femmes françaises souffrant d'endométriose, parce que très peu de chirurgiens maîtrisent l'exérèse radicale conservatrice, qui est pourtant reconnue partout comme le seul traitement capable de guérir l'endométriose. Elles vivent un cercle vicieux de traitements médicamenteux inutiles, contre-productifs et très risqués, suivis de chirurgies rendues incomplètes par l'effet temporaire de ces mêmes médicaments, puis d'autres "cures" de médicaments, puis d'autres interventions incomplètes, avec les séquelles inévitables telles que les adhérences... (L'article explique pourquoi les pseudo-traitements hormonaux de type analogues agonistes GnRH [Enantone, Décapeptyl...] ou alors progestatifs [Lutéran, Lutényl, Surgestone...] condamnent les chirurgies à l'échec et détaille les effets indésirables de ces médicaments).

A ce calvaire s'ajoute une torture morale, parce que certains médecins sont influencés par les thèses ineptes du Dr Jean Belaisch sur des traumatismes psycho-sexuels qui seraient, selon lui, la "cause" de l'endométriose chez une centaine de ses patientes. Une centaine sur les 200 qu'il évoque de son expérience empirique, donc sans aucune étude ni autre évaluation scientifiques. Il faut noter que, compte tenu de ses liens avec EndoFrance, qui tournent autour de la thématique psychologique, compte tenu de sa réputation créée justement parce que l'on sait sous quel angle il aborde cette maladie, les  patientes qui vont voir le Dr Belaisch le font justement parce qu'elles sont sensibles à une explication psychologisante, quelle que soit sa nature. C'est ce qu'on appelle un biais, qui fausse d'emblée la portée de ses dires. Ces patientes ne sont pas représentatives de l'immense majorité des femmes qui souffrent d'endométriose. Cela, même EndoFrance l'a dit. Les personnes (patientes, professionnels de santé, etc.) qui soutiennent ce genre de thèses sont extrêmement minoritaires.

Voyons ce qu'il en est de la cause.

Il y aurait donc une cause (violences sexuelles, traumatismes psycho-sexuels, ou alors abandon par les parents) pour la moitié des 200 cas vus par le Dr Belaisch, mais une autre cause (sans rapport avec le psychisme) pour l'autre moitié de ces 200 cas... Ce médecin a une façon étonnante de concevoir la science. Et quid de l'immense majorité des femmes endométriosiques? Quid des hommes qui ont développé une endométriose, habituellement à un âge très avancé, et dont personne ne suppose qu'elle serait due à un traumatisme psychique du genre névrose hystérique?

Sans aucun argument scientifique pour étayer ces spéculations, mais probablement désireux de faire école coûte que coûte, le Dr Jean Belaisch a ouvert les portes de la revue Gynécologie, Obstétrique et Fertilité (GOF) à un psychanalyste aux méthodes charlatanesques qui va encore plus loin et parle d'incestes répétés comme cause, sur la base de 16 cas... (Je ne le nomme pas justement parce qu'il dit détester l'indifférence. Il veut faire parler de lui à tout prix, quitte à faire des dégâts, au point de poster une interview imaginaire avec lui-même. Il a lancé des spéculations aussi quant à d'autres maladies, proposant ses services et se disant spécialiste de chacune; maladies qu'il considère comme des expressions de l'hystérie, seulement chez les femmes).

Dans l'article cité ainsi que dans celui-ci (consacré à la misogynie médicale), je raconte en détail comment la revue Gynécologie, Obstétrique et Fertilité a publié en mars 2007 un article du psychanalyste en question, reprenant des thèses misogynes sur des sévices sexuels qui seraient la cause non seulement de l'endométriose, mais d"un "nombre potentiellement illimité de maladies" pour autant que ce sont des femmes qui en souffrent... Une même maladie aurait donc une cause psychique chez les femmes (incestes répétés), et une cause organique chez les hommes. C'est un tissu d'inepties tellement énormes que l'on a du mal à croire que la rédaction ait pu laisser passer cela, d'autant que le psychanalyste en question se moque ouvertement aussi des médecins...

J'ai initié et mené la plupart d'une campagne de protestation qui a abouti à une marche arrière de tous ceux qui ont été impliqués dans ce dérapage de la revue Gynécologie, Obstétrique et Fertilité. Cela m'a pris huit mois de bataille, mais il fallait le faire.

Les pseudo-traitements médicamenteux de l'endométriose veulent dire tout simplement que l'on chronicise cette maladie pour le profit des laboratoires pharmaceutiques et de tous les médecins qui vivent de cette surmédicamentation dont les endométriosiques sont victimes pendant des décennies. Les traitements hormonaux n'ayant aucun effet, les médecins disent que "c'est dans la tête", ce qui est une excuse parfaite pour les mauvais traitements et l'incompétence... Et cela remplit les cabinets des psychosomaticiens, psychiatres, psychanalystes. Cela fait aussi le bonheur de tous les guérisseurs de toute sorte, auxquels certaines femmes s'adressent en désespoir de cause. Bref, maintenir le statu quo médicamenteux est un enjeu pour tous ceux qui vivent de cette véritable industrie de l'endométriose chronicisée. Evidemment, toute personne qui essaie de critiquer cette industrie s'expose à une levée de boucliers de la part de ceux qui y participent d'une façon ou d'une autre, et bien entendu de la part de ceux qui en vivent et ne veulent pas que cette source de profits disparaisse. Cela peut aller jusqu'à des campagnes de dénigrement, habituellement menées sous d'autres prétextes (attaques personnelles, etc.), afin de jeter le discrédit sur le critique.

Je répète mon indignation face à la proposition du Dr Jean Belaisch de soumettre ces femmes à un "traitement empirique" pouvant durer des années, voire des décennies, alternant entre progestatifs macrodosés et agonistes GnRH, et ce en aveugle, sans diagnostic préalable.

Je réitère mon indignation face à ses thèses psychologisantes, insultantes pour ces femmes, et face au fait que l'association de patientes EndoFrance ait pu soutenir le Dr Jean Belaisch et publier des articles en ce sens sur son site internet. A noter que l'association paie cher ce soutien. Malgré son nom, elle n'est pas représentative de ce que pense l'énorme majorité des endométriosiques et ne leur rend pas service en popularisant de telles thèses. (Suite à la campagne que j'ai menée, EndoFrance a dû clairement contester les thèses du psychanalyste, avec lequel elle avait pourtant signé un contrat (!) en 2005, mais elle ne s'est toujours pas détachée du Dr Jean Belaisch.)

A noter aussi que suite à la même campagne, le CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) a désavoué tous les auteurs qui invoqueraient des causes psychologiques, psychosomatiques, des sévices sexuels ou des traumatismes, etc. comme causes de l'endométriose.

Tout cela est dit en détail dans les articles cités. Je tenais simplement à rappeler quelques-unes des dimensions, pour mieux situer cette traduction dans son contexte.

Un article explicatif plus global suivra bientôt, qui permettra de mieux comprendre les enjeux, ainsi que les différences entre (les conséquences de) l’exérèse radicale conservatrice sans traitement hormonal préalable et les pratiques courantes en France. En espérant que les femmes prennent conscience de la misogynie médicale, du fait qu'elles doivent se révolter et exiger le respect. Elles doivent exiger la création de centres spécialisés en endométriose - dont l'efficacité est prouvée -, pour qu'elles aient les meilleures chances de guérison ou du moins d'amélioration durable et sans risques inutiles.

Merci à Em. pour la première version, revue par moi. Et merci au Dr David B. Redwine de m’avoir autorisé à traduire certains de ses textes et les publier sur Pharmacritique.

Elena Pasca

*

 « REDEFINIR L’ENDOMETRIOSE A L’AGE MODERNE » par le Dr David Redwine

« L‘endométriose est un tissu qui ressemble dans une certaine mesure à l’endomètre, c’est-à-dire à la muqueuse tapissant la cavité utérine. On peut trouver ce tissu à des endroits différents de cette cavité qui est sa place naturelle. La douleur est le symptôme le plus important de cette maladie.

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24/07/2011

Endométriose: l’exérèse radicale sans traitement hormonal, seul traitement efficace (Dr Harry Reich)

Cet article est un compte-rendu commenté d’une vidéo filmée lors d’une réunion de l’Association Américaine de Chirurgie Laparoscopique Harry Reich.jpg(American Association of Laparoscopic Surgery), qui a eu lieu en 2007 à Washington. Le Dr Paul Indman (à gauche de l’image) discute avec le Dr Harry Reich des traitements de l’endométriose, et la conclusion est claire : le traitement hormonal n’a aucune efficacité, aucun intérêt, « l’Enantone, c’est zéro », comme n’importe quel analogue agoniste GnRH. « Ca ne marche pas du tout ». Seule l’exérèse radicale conservatrice de l’ensemble des lésions, nodules, endométriomes, etc., faite en dehors et à distance de tout traitement hormonal offre la possibilité d'une guérison définitive de l’endométriose.

J’ai détaillé certaines des questions soulevées ici et abordé la question de l’inutilité et des effets indésirables des analogues agonistes GnRH dans l’ensemble des indications (fibromes en préopératoire, cancer de la prostate, cancer du sein, procréation médicalement assistée, puberté précoce centrale, endométriose) dans l’introduction à la traduction d’un texte du Dr David Redwine, soulignant que ces pseudo-traitements médicamenteux hormonaux rendent la chirurgie incomplète, puisque le chirurgien ne peut enlever que ce qu’il peut voir, et induisent un cercle vicieux infernal pour les femmes qui souffrent d’endométriose. Maladie chronicisée pour le profit des laboratoires pharmaceutiques et de toute sorte de praticiens et de guérisseurs qui vivent de cette chronicisation. L’article en question est « Endométriose : le combat du Dr David Redwine contre les pseudo-traitements hormonaux, la psychologisation et la chronicisation ».

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23/07/2011

Scientisme et irrationalisme, dogmes symétriques délétères pour la médecine. Question de Res Publica

J’ai répondu à la question de Nicolas Pomiès, rédacteur de gauche républicaine.jpgResPublica, revue internet du réseau de la Gauche républicaine, portant sur « la tentation d’abandon de la science », de plus en plus manifeste du fait des scandales sanitaires et technologiques qui se multiplient. La réponse est parue le 19 mai 2011 sur cette page, sous le titre « Une question à Elena Pasca pour une appropriation citoyenne de la techno-science ».

Pour ne pas rester dans le discours abstrait, j’ai préféré prendre l’exemple concret de la santé et de la médecine, sous l’angle des déformations induites par le ghost management (Sergio Sismondo), les conflits d’intérêts, les financements industriels et le marketing qui désinforme professionnels de santé et usagers. Sans oublier les médecines douces (homéopathie et autres alternatives) et les questions soulevées par certaines modalités de leur exercice et de la communication qui les entoure, avec le problème d'un dogme inversé qui tend à instaurer une censure dans l'expression et l'exercice d'un scepticisme sain, propre à l'exercice public de la raison.

Comme je l’ai dit surtout dans cet article, puis dans celui-ci, à travers l’exemple du courant antivaccin consirationniste qui rejette tous les vaccins en bloc, scientisme et irrationalisme sont en rapport de symétrie inversée, formant une dialectique des contraires qui dépendent l’un de l’autre, se médiatisent (au sens philosophique de la médiation : Vermittlung) et se nourrissent l’un l’autre. Les deux semblent incapables d’autoréflexion critique, les deux sont des usages illégitimes de la raison comme de la science. Scientisme et irrationalisme (antiscience, pseudo-sciences…) appliqués à la santé et aux soins ont pour effet la délégitimation de la médecine et de la science, pour des raisons certes différentes, mais dont les conséquences sont comparables. Cela mériterait une réflexion approfondie.

Pour la réflexion sur les technosciences et la nécessité de l'encadrement éthique des sciences, la Fondation Sciences Citoyennes est une référence. Et je renvoie, outre le site de l'association, à l'excellent livre de Jacques Testart, Catherine Bourgain et Agnès Sinaï, « Labo-Planète ou comment 2030 se prépare sans les citoyens » (Mille et une nuit 2011). Dans cet article qui était au départ un compte-rendu détaillé de « Labo-Planète », j'ai donné d'autres références, notamment philosophiques, évoquant des penseurs qui ont contribué à poser les termes de ce questionnement, par exemple par une analyse de la rationalité instrumentale (dite aussi raison subjective), l'un des rejetons de la raison qui s'hypertrophie au point de risquer d'en annihiler les principes.

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17/07/2011

Endométriose: le combat du Dr David B. Redwine contre les pseudo-traitements hormonaux, la psychologisation et la chronicisation

Mise à jour (en italiques): Les articles sur l'endométriose sont accessibles à partir de cette page.

Lire en particulier l'article "Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne: Dr David Redwine sur l’endométriose et son traitement par exérèse radicale conservatrice", qui est une traduction en français d'un exposé scientifique (illustrations et explications à l'appui) des principales dimensions de l'endométriose David Redwine endosurgeon.jpg(causes, symptômes, analyse des techniques chirurgicales efficaces, dénonciation de l'inefficacité et de l'inutilité des "traitements" médicamenteux, critique des préjugés et de la méconnaissance de cette maladie par les médecins, etc.)

Ce n’est que le premier d’une série d’articles consacrés à l’endométriose (où le nom du Dr David B. REDWINE reviendra souvent) et à ses pseudo-traitements hormonaux qui la chronicisent pour le plus grand bonheur de Takeda Abbott, Ipsen, AstraZeneca, Ferring, Organon… et des médecins qu’ils paient. Un nombre très important de praticiens vivent de cette chronicisation (gynécologues médicaux, psychosomaticiens, psychiatres, psychanalystes, endocrinologues, guérisseurs de toute sorte…). La guérir, mettre un terme à cette véritable industrie de l’endométriose, impliquerait une énorme diminution de revenus de ces satellites des labos et des praticiens désinformés par le discours dominant, par une formation médicale continue assurée par des leaders d’opinion qui donnent leurs avis d’experts depuis des congrès luxueux qui ont lieu à Monte Carlo ou sur d’autres plages. Voici un exemple patent:

Le Dr Jean BELAISCH, promoteur de la psychologisation de l’endométriose en France, avec le soutien inexplicable d’une EndoFrance contestée, contente tous les acteurs de cette industrie : ceux qui vivent de la chronicisation par les médicaments et ceux qui vivent de l’absence patente de l’efficacité de ces derniers (psys, guérisseurs, etc.)... Le Dr Jean Belaisch a proposé de contourner la chirurgie et privilégier un « traitement empirique » médicamenteux pendant des années, avec des progestatifs et des analogues agonistes GnRH. Contourner la chirurgie veut dire médicamenter lourdement à l’aveugle, en prenant, outre le risque d'effets indésirables, le risque d'une erreur de diagnostic. Car on ne peut diagnostiquer l'endométriose que par la chirurgie, sans parler du diagnostic différentiel par rapport à un cancer des ovaires, par exemple, que seule l'analyse anatomopathologique permet d'exclure. De plus, le Dr Belaisch a fait ces propositions en 2007 lors des « Gynovations », luxueuse formation médicale continue annuelle, sponsorisée cette année-là par pas moins de 42 laboratoires pharmaceutiques et avec un « programme social » très opulent...

Je me demande pourquoi veut-il médicamenter lourdement et pendant des années des femmes souffrant d'une maladie dont il suppose qu'elle aurait pour cause (!) un « traumatisme psycho-sexuel » (viols, incestes, d'autres sévices sexuels) ou un abandon par les parents, dans la moitié des cas. Curieuse « cause » qui ne s'appliquerait qu'à la moitié des patientes du Dr Belaisch, avec tous les biais de recrutement existant dans la patientèle d'un médecin étiqueté depuis des décennies comme mettant tout ou presque sur le dos du psychisme, pour justifier les mauvais résultats des traitements médicamenteux, et sans la moindre étude pour étayer ses suppositions. Cette "cause" est frappée de nullité d'emblée pour tous ceux qui ont des notions de psychologie et de psychanalyse, car la relation de causalité ne s'applique pas au psychisme. C'est de la spéculation, au mauvais sens du terme. J'y reviendrai.

La seule chance de guérison, c’est une chirurgie selon certaines règles strictes, dont la première est qu’elle soit faite sans aucun « traitement » préopératoire et se base sur des examens qui cartographient les lésions et qui n’ont de chance de les voir toutes que lorsqu’ils sont faits en dehors (et même à distance) de tout pseudo-traitement hormonal. L'imagerie et l'examen clinique devraient être faits de préférence juste avant ou pendant les règles, lorsque les lésions atteignent leur maximum de visibilité. C'est là que les inflammations en surface indiquent aux chirurgiens qu'il faut creuser en profondeur, c'est là que les plans de clivage peuvent être très nets, que l'étendue des lésions apparaît, etc.

Je commence la série par la traduction d’un texte de l’excellent Dr David B. Redwine (voir aussi son site, Endopaedia): « Endométriose, ignorance, politique et "le choix de Sophie" » (c’est-à-dire un choix impossible). Il illustre parfaitement le calvaire des femmes endométriosiques et la torture psychologique et morale qu’elles ont à subir de la part de bon nombre de médecins, en plus de celle physique. Car l’endométriose est d’abord une maladie très douloureuse, avant d’être un souci de fertilité dans 30% des cas environ. La fertilité n’est autant mise en avant que parce que la misogynie – dont l’un des symptômes est la réduction des femmes à des utérus sur pattes, pondeuses d'hommes - est fortement enracinée dans nos cultures (voir mon article sur les racines de cette misogynie, à partir du livre de Guy BECHTEL, « Les quatre femmes de Dieu : la putain, la sorcière, la sainte et Bécassine », où j’ai abordé aussi des aspects liés à l’endométriose et à un dérapage récent en France).

En 2003, le rédacteur en chef de Gynaecology Forum, Stephen Killick, a demandé au Dr David B. Redwine de réunir plusieurs experts de renommée internationale autour de lui, pour consacrer un numéro au seul traitement efficace de l’endométriose: l'exérèse radicale conservatrice. Radicale parce qu’elle éradique toutes les lésions d’endométriose en même temps, quelle qu’en soit la localisation (intestins, vessie, ligaments, diaphragme, poumons, foie, péritoine, ovaires…), et conservatrice parce qu’elle ne cède pas à la facilité consistant à enlever les organes. Le point commun des intervenants est de ne pas céder non plus à une autre facilité qui se révèle être contre-productive et instaure un cercle vicieux infernal pour les femmes endométriosiques : les prétendus « traitements hormonaux » (analogues agonistes GnRH [Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Synarel, Supréfact…], les progestatifs macro-dosés [Surgestone, Lutényl, Lutéran…], le danatrol [Danazol]…) rendent la chirurgie incomplète, tout en exposant à des risques d’effets secondaires dont certains peuvent être très sévères, voire même irréversibles. Le schéma est totalement irrationnel: traitements médicamenteux inutiles et risqués (et qui retardent les grossesses ou créent des risques pour le foetus) --> chirurgies incomplètes --> autres traitements médicamenteux inutiles et risqués...

Je traduis ici l’introduction à ce numéro de Gynaecology Forum, faite par le Dr David B. Redwine, l’un des pionniers de l’exérèse radicale conservatrice et l'un des meilleurs chirurgiens actuels de l'endométriose. Merci à lui de m’avoir autorisé à traduire plusieurs de ses textes et les publier sur Pharmacritique. Et surtout un grand merci de m’avoir ouvert les yeux, à moi comme à beaucoup d’autres. Car c’est en lisant certains textes du Dr David Redwine, puis en correspondant depuis 2002 avec des professionnels de santé et des usagers états-uniens engagés que j’ai commencé à comprendre l’étendue et les conséquences de l’influence de l’industrie pharmaceutique sur l’ensemble du système de santé, de formation et d’information des médecins comme des usagers.

J’ai compris aussi à quel point les femmes endométriosiques françaises sont désavantagées. Parce que moins de dix chirurgiens français sont capables de faire une exérèse complète – et que même l’énorme majorité d'entre eux ne la font pas, parce que, du fait de leurs conflits d’intérêts, ils utilisent les pseudo-traitements hormonaux en préopératoire... Tout en sachant qu'ils se condamnent d'emblée à l'échec et à la répétition des interventions.

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14/07/2011

Méthothrexate: décès par surdosage. Rappel des effets indésirables listés aux Etats-Unis

Je relaie une information reçue le 12 juillet du Centre régional de pharmacovigilance de Toulouse (Service de pharmacologie du Pr Methotrexate.JPGJean-Louis Montastruc), puis renvoie au RCP (résumé des caractéristiques du produit) états-unien, et notamment aux sections « mises en garde et précautions d’emploi » et « effets indésirables ».

A noter que dans son numéro de mai 2007, la revue Prescrire s’est insurgée « que des patients meurent encore d'erreurs de dose de méthotrexate, alors que ces erreurs sont connues depuis longtemps et sont évitables », avec ces précisions :

« Le méthotrexate est un médicament cytotoxique utilisé en cancérologie, rhumatologie et dermatologie. Ses effets indésirables, parfois graves, voire mortels, touchent divers organes. Ils augmentent avec la dose et en cas d'insuffisance rénale. Des troubles tels qu'une fièvre et des ulcérations buccales peuvent révéler l'apparition d'effets indésirables. La revue Prescrire souligne que des centaines de cas d'effets indésirables graves de ce médicament ont été collectés dans le monde entier depuis les années 1980, dont des dizaines de cas mortels, souvent dus à des erreurs. » Voir aussi l’article "Méthotrexate par voie orale : prévenir les surdoses par erreur" Rev Prescrire 2007 ; 27 (283) : 352-355.

A noter aussi un article de S. Reutenauer et al paru en octobre 2009 sous le titre « Surdosage au méthotrexate : complications, prise en charge et prévention » dans la revue Réanimation, vol. 18, N° 7 : 654-658.

La revue allemande Arznei-Telegramm a abordé a plusieurs reprises les effets indésirables, les interactions médicamenteuses et le surdosage du méthothrexate (Novatrex, Imeth, Methotrexate Bellon, etc.).

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12/07/2011

Gardasil: deux victimes demandent reconnaissance des effets indésirables et indemnisation. Rappel des faits qui plombent Gardasil et Cervarix

Gardasil Ben Lansing 2 caricature modifiée.jpg

Un article du Monde paru le 11 juillet 2011 sous le titre « Gardasil : premières demandes d’indemnisation » nous informe de deux cas d’effets indésirables graves et persistants survenus chez deux jeunes filles, l'une de 14 ans et l'autre de 20 ans, à la suite de la vaccination par Gardasil.

Je cite quelques extraits de cet article et renvoie à une situation similaire en Espagne, puis rappelle la situation de conflits d’intérêts qui grève lourdement toutes les parties prenantes dans les affaires juteuses autour du Gardasil (et du Cervarix), ainsi que la situation de sous-notification chronique des effets secondaires et les doutes qui pèsent sur le système de recueil des effets indésirables.

Enfin, je renvoie à l’analyse des résultats intermédiaires à trois ans des essais cliniques de Merck sur lesquelles se base l’AMM (autorisation de mise sur le marché), et qui ne met en évidence qu'une efficacité de 17%, au réseau tentaculaire de conflits d’intérêts et à la soixantaine d’articles déjà parus sur Pharmacritique au sujet de ces deux vaccins d’utilité et d’efficacité douteuse, et dont les effets secondaires ont fait souvent la une, en particulier suite aux rapports de Judicial Watch. La caricature, modifiée par moi, est signée Ben Lansing.

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09/07/2011

Surdiagnostic des cancers: entre dépistage obligatoire en Pologne et surdépistage imposé en douce en France sous pressions diverses

J’ai déjà évoqué dans ces pages la surmédicalisation – cette médicalisation infinie de la vie dont parlait Foucault en tant que forme de dépistage cancers Turcotte Welch.jpgbiopouvoir et moyen de contrôle social, en abordant certaines de ses formes, dont l’abus de prévention. Le surdépistage des cancers en est une facette particulièrement grave, compte tenu des conséquences extrêmes qu’elle peut induire (procédures inutiles et risquées, médicamentation très lourde qui peut être mortelle (un analogue agoniste GnRH (Enantone/Eligard/Viadur, Décapeptyl, Zoladex…) chez un homme de plus de 70 ans ayant des facteurs de risque cardiovasculaires risque beaucoup plus de le tuer qu’un cancer de la prostate - avant ou après lui avoir rendue la vie très pénible).

Certes, le dépistage d’une dysplasie de haut grade par un frottis cervico-vaginal n’entre pas dans la même catégorie, puisqu’il n’a pas le même risque qu’une biopsie de la prostate ou que des mammographies cumulées. Mais d’ici à le rendre obligatoire…

Je voudrais signaler cette nouvelle inquiétante venue de Pologne, tout en rappelant que la situation n’est pas meilleure en France et ailleurs. Chez nous, c’est peut-être plus grave, parce que l’obligation n’est pas perceptible comme telle. L’industrie pharmaceutique et les autres industriels qui ont intérêt à développer ces pratiques de surmédicalisation, de concert avec les médecins qui se prêtent au jeu, du fait des conflits d’intérêts ou de la désinformation – amènent les usagers à se soumettre librement. C’est une façon beaucoup plus efficace, parce que ces derniers pensent que c’est dans l’intérêt de leur santé de se soumettre à ces dépistages, voir même que c’est leur liberté de les demander et de les avoir.

Je rappelle plus bas qu’il y certains décideurs politiques, certains médecins et réseaux de médecins qui s’opposent à cela – et peuvent le payer très cher. Enfin, j’évoque la manipulation par la peur et divers moyens de pression qui interviennent dans l’autorisation des médicaments et procédures ayant trait de près ou de loin aux cancers, dans les extensions d’indication, dans le refus d’évaluation ou réévaluation de moyens thérapeutiques d’efficacité douteuse, etc.

Je donne un certain nombre de liens et de références d'articles et livres sur les dangers et les conséquences du dépistage organisé (surdépistage) et du surdiagnostic qui en résulte et mène à des traitements inutiles et risqués.

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08/07/2011

Menaces sur l’assurance maladie: entre fictions et réalités. Par Claude Béraud

Par le Pr Claude BERAUD Claude Béraud Charente Libre.jpg

Professeur honoraire à l’Université de Bordeaux (cardiologie, pharmacologie, hépatologie), ancien médecin conseil national de la Sécurité sociale, ancien vice-président de la Commission de transparence de la Mutualité française, auteur de plusieurs livres dont "Le Foie des Français" (1983), "Les médicaments sans tabou. Pièges, mensonges et vérités" (2005), "Petite encyclopédie critique du médicament" (2002). Pour une présentation plus détaillée et pour d’autres articles, voir son blog sur l'actualité médicale. Cet article est une version revue et complétée d’un texte paru dans le vol. 29 n° 1 (mars 2011) de la revue Sciences sociales et Santé sous le titre « Les menaces sur l’assurance maladie ». La photo illustre cet article de Charente Libre.

Contact auteur: beraud-claude@wanadoo.fr

Le vieillissement de la population est sans cesse évoqué par les décideurs politiques, les professionnels des soins et les médias comme la principale cause, avec les progrès médicaux, de la croissance des dépenses de soins et de son amplification dans l’avenir.

Pour de nombreux économistes, cette conception est un zombie, c'est-à-dire une idée morte que les politiques[i] ne veulent pas enterrer, ou un « red herring » (hareng rouge), c'est-à-dire un moyen de faire diversion, de parler d’autre chose et de noyer le poisson.[ii]

L’importance relative attribuée à deux causes, parmi d’autres, de l’augmentation des dépenses de santé : le vieillissement de la population, les pratiques médicales, explique ces points de vue différents.

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07/07/2011

"Mâles en péril". Documentaire sur les effets des perturbateurs endocriniens: 8 juillet à 22h10 sur ARTE

Le documentaire "Mâles en péril" sera diffusé demain 8 juillet à 22 h 10 sur ARTE. Réalisé par Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, il a mâles en péril spermatozoïdes.jpgreçu le prix Europa 2008 dans la catégorie "Meilleur programme télévisé d'actualité".  C'est une enquête sur des phénomènes inquiétants touchant à la fertilité masculine, aux maladies de l'appareil reproducteur (cancers...), qui parle des investigations scientifiques menées sur les perturbateurs endocriniens (phtalates, bisphénol A, pesticides...) ainsi que des lobbies industriels qui mettent leurs profits avant la santé publique.

Rediffusions: samedi 9 juillet à 10h00, jeudi 14 juillet à 3h50, lundi 25 juillet à 2h40 sur ARTE.

En France, le Réseau Environnement Santé - co-fondé par la Fondation Sciences Citoyennes - est en pointe sur les perturbateurs endocriniens. Son site contient bon nombre d'informations et de documents édifiants.

Voici la présentation sur le site d'ARTE (où vous trouverez des liens intéressants à ce sujet), suivi de quatre extraits vidéo:

 

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06/07/2011

Pour une recherche européenne au service des citoyens, pas du profit! Lettre ouverte de 98 organisations et ONG. Innovative Medicines Initiative et autres exemples

Cette lettre ouverte est une initiative de la Fondation Sciences Citoyennes, coordonnée par la déléguée générale de l’association, Claudia FSC logo.jpgNeubauer, dont je tiens à souligner l’excellent travail, ainsi que l'excellent travail de l'ensemble des salariés.

Mise à jour du 26 juillet: l'appel peut désormais être signé individuellement, sur cette page. Merci de signer et de diffuser l'information.

http://sciencescitoyennes.org/open-letter-eu-research/

La « stratégie de Lisbonne » désigne la politique européenne en matière de recherche, visant à privatiser l’ensemble des systèmes nationaux de recherche pour les mettre sous la coupe de firmes, multinationales et autres entreprises privées qui s’en mettront plein les poches. En France, c’est le collectif Sauvons la recherche qui mène la résistance contre l’édification d’un « marché de la connaissance », avec Sauvons l’université pour ce qui met en danger plus spécifiquement l’enseignement supérieur.

A ce qui est dit (voir les textes reproduits ci-après) dans le communiqué de presse et la lettre ouverte envoyée par 98 organisations et ONG à José Manuel Barroso et à divers représentants des Etats-membres et du Parlement européen, j’ajouterais l’exemple concret de Innovative Medicines Initiative (IMI), projet issu du 7ème programme-cadre européen pour la recherche et qui concrétise les Initiatives technologiques communes (JTI ou Joint Technology Initiative), ayant « pour objectif de renforcer l’innovation et la compétitivité des industriels dans un secteur économique clé pour l’Europe ». Compétitivité, le mot est lâché…

J’ai épinglé ce projet dans un article d’octobre 2008 intitulé « Innovative Medicines Initiative : la Commission européenne et EFPIA s’allient pour dévaliser la recherche et les deniers publics ».

Après des commentaires sur Innovative Medicines Initiative et les partenariats public–privé, je donne plusieurs exemples et liens, rappelant entre autres l’implication directe et intéressée de Nicolas Sarkozy dans ce type de politique et les conflits d’intérêts des frères Sarkozy, avec des intérêts matériels directs dans des projets concrétisant cette politique, puis reproduis le communiqué de presse et la lettre ouverte signée par les 98 associations et organisations européennes.

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24/06/2011

Recherche et développement: 802 millions de dollars par médicament? Une fiction balayée par Arznei-Telegramm

Je cite très souvent l’excellente revue allemande indépendante Arznei-Telegramm (située dans un château d'eau, voir la galerie de photos), allant jusqu’à dire qu’il faudrait peut-être apprendre l’allemand Arznei-telegramm hiver 2009.jpgpour être bien informé… Je pense aussi à la revue grand public Gute Pillen, schlechte Pillen (bons médicaments, mauvais médicaments) qu'Arznei-Telegramm co-édite depuis 2006 avec trois autres journaux médicaux indépendants.

Un mot au passage sur les travaux, souvent exemplaires, de l’institut indépendant d’évaluation de la qualité et de l’efficience des soins IQWIG (Institut für Qualität und Wirtschaftlichkeit im Gesundheitswesen), mis en place en 2004. Son directeur, le Pr Peter Sawicki, diabétologue et excellent connaisseur de l’evidence-based medicine, a été évincé en août 2010 sous la pression du lobby pharmaceutique relayé par les politiques. L’hebdomadaire Der Spiegel a fait état d’une demande d’éviction venue directement du cabinet de la chancelière Angela Merkel.

Notre Haute autorité de santé, qui n’est exemplaire que par les conflits d’intérêts de ses experts, à commencer par ceux de son président, le Pr Jean-Luc Harousseau, ferait bien de s’inspirer de l’IQWIG.

Arznei-Telegramm, c’est plus de 40 ans d’un parcours sans faute, toujours en première ligne dans la bataille pour un usage rationnel du médicament, contre les conflits d’intérêts et autres influences sur les prescripteurs. On trouve soit la revue soit l’un de ses rédacteurs (Wolfgang Becker-Brüser, Peter Schönhöfer, Ingrid Mühlhauser, Michael M. Kochen et les autres) dans toute action significative dans ce domaine. Ils déconstruisent aussi un par un les mythes et fictions du marketing par lesquels l’industrie pharmaceutique cherche à justifier ses excès et son ghost management de tous les rouages du système de recherche, de formation et d’information médicales.

L’un de ces mythes consiste à diffuser largement – par les moyens de communication qu’elle influence, voire détient – des chiffres et des données fantaisistes et invérifiables sur les coûts de la recherche et du développement (R&D), principalement pour tenter de justifier les prix exorbitants des médicaments, les brevets et les marques (voir cette page du LEEM, par exemple) et occulter le fait que l’argent est majoritairement dépensé pour le marketing / la promotion / les publicités plus ou moins directes ainsi que pour le lobbying et le financement des divers moyens d’influence. Financer la désinformation coûte cher.

Parlant de prix, on atteint des sommets avec ceux des médicaments tels que les anticorps monoclonaux, que j’ai souvent évoqués dans ces pages, d’autant que les biotechnologies sont encore plus opaques que le reste… Nous payons ces prix en plus de payer les subventions publiques pour la recherche, qui aboutissent à des brevets et des profits privés, eux.

Voici la traduction intégrale d’un article paru dans le numéro de mai d’Arznei-Telegramm, avec l’aimable autorisation du directeur de la publication, l'excellent Dr Wolfgang Becker-Brüser (médecin et pharmacien). Il s’intitule "Der 800-Millionen-Dollar Mythos… Was kostet die Entwicklung eines Arzneimittels wirklich ? (a-t 2011; 42: 48 (6 mai 2011)): Le mythe du médicament à 800 millions de dollars. Combien coûte réellement le développement d’un médicament?

Les coûts réels sont très éloignés des prétentions des firmes (le LEEM parle de "près d'un milliard d'euros", GSK de 800 millions en moyenne, pour 10 à 15 ans de développement et une molécule sur 10.000 arrivée à terme, voir cette page). Prétentions mises à mal aussi par l'article de 2003 de Prescrire: "Coût de recherche et développement du médicament: la grande illusion". Arznei-Telegramm apporte des données toutes récentes, où il est question de 43 millions. Grand écart... Et n'oublions pas qu’il existe une tendance croissante à la délocalisation et que la production, l’achat de certaines matières premières, mais aussi certains essais cliniques (voir cet article sur le livre "Cobayes humains" de Sonia Shah) se font de plus en plus dans des pays pauvres ou en développement.

Elena Pasca

Voici la traduction française de l'article d'Arznei-Telegramm:

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21/06/2011

Lovenox de Sanofi-Aventis: Jacques Poirier demande à Xavier Bertrand une enquête sur les héparines frelatées et le rôle de l’AFSSAPS

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

12/06/2011

Collectif des 39: Appel au rassemblement contre la réforme des soins psychiatriques. Livre de Denis Salas sur le populisme pénal

J’ai rendu compte à plusieurs reprises des objectifs et des initiatives du Collectif des 39 contre la Nuit sécuritaire dans les notes accessibles Denis Salas volonté de punir populisme.jpgà partir de cette page.

Et c'est avec un grand plaisir que j'ai animé le débat organisé par la Fondation Sciences Citoyennes le 9 décembre 2010 sous le titre "Dérives sécuritaires en psychiatrie: criminalisation de la folie. Enjeux et conséquences". Y ont participé deux des principaux initiateurs de ce mouvement, le Dr Michaël GUAYDER et le Dr Claude LOUZOUN, ainsi que Denis SALAS, chargé d'enseignement et de recherche à l'Ecole Nationale de la Magistrature.

J'ai eu le plaisir d'interviewer longuement Denis Salas en 2005 ("Le droit: dernier bastion de l'universalisme?"), dans le cadre d'un dossier que j'avais fait pour la revue Place au(x) Sens sous le titre "L'Universalisme en question(s)", doublé d'un cycle de débats et de conférences à la Fondation Heinrich Heine, dont j'ai assuré la coordination scientifique. C'est un dossier qui garde toute son actualité; peut-être faudrait-il le reprendre. La seule partie accessible sur internet est l'entretien avec mon ancien directeur de recherche, le philosophe Heinz Wismann, intitulé "Figures de l'universel", qui a été repris par la revue Dogma.

Denis Salas avait déjà participé à un débat pluridisciplinaire en 1996 à la Fondation Heinrich Heine, que j'avais organisé pour tenter de comprendre ce qui me paraissait être un changement significatif et une radicalisation des formes de violence des jeunes: "Nouvelles formes de violence juvénile?", avec le sociologue Michel Wieviorka et le philosophe et philologue Heinz Wismann, directeurs de recherche à l'EHESS.

J'invite les lecteurs à consulter les ouvrages et articles de ces auteurs et, faute de temps pour faire un article à part, j'attire l'attention en particulier sur l'un des nombreux livres de Denis Salas qui analyse l'ensemble du contexte sociétal, historique, juridique, politique dans lequel s'inscrit cette criminalisation des malades mentaux, qui n'en est que l'un des épiphénomènes: "La volonté de punir. Essai sur le populisme pénal" (Hachette 2005).

Ce livre nous fait comprendre entre autres comment le système juridique a tenté de s'adapter pour prendre en compte la parole des victimes, par-delà la "réparation" qu'apporte la justice. Mais aussi comment cette parole peut être instrumentalisée, par exemple lorsque les politiques poursuivent des fins électoralistes et populistes en édictant loi après loi à la suite de faits divers dramatiques. Ils jouent sur l'émotion suscitée dans l'opinion publique, qui peut penser à tort que tous les malades mentaux seraient des assassins en puissance qu'il faudrait enfermer à double tour pour le restant de leur vie, sans autre traitement qu'une camisole chimique, pour le plus grand bonheur de l'industrie pharmaceutique.

Et pourquoi pas tenter d'"identifier" les "déviants" - et les tentatives ne manquent pas - dès l'enfance et/ou en fonction du milieu social et de théories fumeuses sur l'"hérédité" et l'"inné", qui font un retour en force lorsqu'il s'agit de créer et d'exploiter des peurs, des stéréotypes et des préjugés irrationnes qu'aucun argument logique et rationnel ne peut combattre, tant l'impact des images sanglantes illustrant des faits divers est puissant. L'identité... ce concept que la Théorie critique a démoli à juste titre, parce qu'il n'a sa place que dans la logique. Nulle part ailleurs ne se vérifie le A = A. Mais c'est encore un autre sujet. Les lecteurs intéressés peuvent creuser en lisant, parmi les ouvrages traduits en français, la Dialectique négative de Theodor W. Adorno.

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05/06/2011

DSM, disease mongering et conflits d’intérêts en psychiatrie. Boris Cyrulnik sur les "fausses maladies"

Une polémique récente aux Etats-Unis, évoquée par la revue Books de février 2011, relance la controverse autour du disease mongering DSM IV.jpg (façonnage de maladies : voir les articles à ce sujet à partir de cette page), car l’ancien directeur du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) en vient enfin à critiquer ce qu’il a lui-même cautionné, ce que tous les critiques ont déjà largement exposé : pour satisfaire l’industrie pharmaceutique, les experts chargés de la rédaction de cette « bible » des psychiatres font du disease mongering. Ils recyclent et renommes d’anciennes maladies pour les rendre plus attrayantes et plus rentables, ils inventent des maladies douteuses, appelées vaguement « troubles » pour la plupart.

Dans un entretien vidéo repris plus bas, Boris Cyrulnik commente le disease mongering et l’emprise de l’industrie pharmaceutique.

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28/05/2011

Héparines et sécurité sanitaire: Familles de France répond à DG SANCO sur les "irrégularités" de l’AFSSAPS

Texte retiré le 27 novembre 2012 (j'ai décidé de mettre un terme à mon soutien à Jacques Poirier).

24/05/2011

Risque d’accouchement prématuré induit par des édulcorants (communiqué du Réseau Environnement Santé)

On a beaucoup parlé de l'aspartame ces derniers mois dans les media. Je viens de recevoir ce communiqué de presse du Réseau Environnement Santé (RES), très actif sur tous les risques environnementaux (et leurs RES logo complet.pngconséquences) tels que les perturbateurs endocriniens et autres substances toxiques (bisphénol A, phtalates, parabènes…). Le site du RES contient beaucoup d’informations utiles sur ces questions. Dans le texte, il n'est pas question que de l'aspartame, mais de tous les édulcorants, très (trop) utilisés à cause d'un marketing qui nous bassine avec des impératifs de minceur et nous fait croire qu'ils pourraient aider à contrôler le poids et réduire l'apport calorique.

« 24 mai 2011 - Pas de produits à base d’édulcorants chez la femme enceinte


Nous, médecins et sages-femmes, avons à ce jour suffisamment d’éléments en terme de bénéfice/risque pour déconseiller aux femmes enceintes de consommer quotidiennement des édulcorants intenses pendant la grossesse.

Le bénéfice d’une consommation d’édulcorants n’est pas démontré, notamment en termes de contrôle du poids, et en l’état de nos connaissances on ne peut que déconseiller d’utiliser des produits dont l’innocuité n’est pas suffisamment établie. En effet la consommation de boissons avec édulcorant peut induire un risque d'accouchement prématuré selon une étude prospective portant sur 59 334 femmes danoises enceintes (1).

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05/05/2011

"Antidépresseurs: l’overdose" (marchandisation de la dépression ; effets secondaires des antidépresseurs)

J’ai répondu avec plaisir à l'invitation de la revue Alternative Santé d’écrire sur les antidépresseurs. Après un article paru dans le numéro de mars 2011 sous le titre "Violence sur autrui : 31 médicaments en cause" (p. 17), qui reprend quelques informations données dans cette note, j’en ai fait un plus détaillé et plus spécifique, paru dans le numéro de mai sous le titre (donné par la rédaction) "Antidépresseurs : l’overdose" (pp. 18-21).

Il est toujours délicat d’aborder toute une classe de médicaments dans un seul article, même long, parce qu’il y a beaucoup de différences entre les divers types d’antidépresseurs (tricycliques, ISRS, ISRSN...) et donc entre leurs effets secondaires : différence de nature, de gravité, de fréquence… Cela reste un article de vulgarisation, car je ne suis pas une professionnelle de santé et n’ai aucune prétention de production d’information médicale. J’essaie d’être un passeur d’informations, tout en donnant beaucoup de références de livres et d’articles indispensables, pour que les lecteurs qui le souhaitent puissent approfondir le sujet.

J’aborde en une première partie la marchandisation de la dépression, rappelant quelques-unes des étapes du processus de "production historique" (Monique Debauche, Janet Currie) de cette "épidémie", mentionnant le disease mongering, quelques méthodes de marketing et de désinformation et quelques biais qui rendent celle-ci possible. Dans la deuxième partie, il est question d’abord de la faiblesse scientifique de l’argumentation de l’industrie pharmaceutique : l’absence de preuves fiables quant à l’utilité, à l’efficacité et au bénéfice clinique des antidépresseurs (sauf dans Whitaker 2 clair.pngles dépressions "graves") ; l’absence de preuves scientifiques fiables pour démontrer l’hypothèse théorique d’une dépression qui aurait une cause biologique (déséquilibre des neurotransmetteurs, en particulier de la sérotonine). Puis j’essaie d’évoquer les effets secondaires les plus graves (d’autres étant détaillés dans un encadré), avec les précautions de rigueur.

Il ne s’agit pas de diaboliser ces médicaments, ni de les rejeter en bloc ou de proposer autre chose à la place. Il s’agit simplement de rappeler certaines failles dans la genèse des informations actuelles et le rôle du marketing et des conflits d’intérêts dans ce qui nous est présenté comme de la science, et ce afin d’exiger un usage rationnel de ces médicaments. Car au vu de tous les facteurs fort empiriques qui concourent à l’avènement de cette "épidémie artificielle" de dépression, parfaitement décrite par Robert Whitaker dans un livre choc, au vu de l’efficacité limitée aux dépressions graves, au vu d’effets indésirables bien documentés, eux, on peut se demander pourquoi les médecins nous font courir autant de risques. Je parle de la prescription massive d'antidépresseurs chez des personnes présentant de vagues "troubles" - dont la liste s'allonge  d’année en année avec le concours du DSM -, de même que chez des personnes ayant des vagues à l’âme ou une souffrance psychique d’origine diverse. Une médicalisation à outrance de tous les aspects de la vie, la psychologisation qui de pair avec l'individualisme, un standard de "normalité" artificielle et la redéfinition de la "santé" (qui englobe désormais un vague "bien-être complet" des individus) entretiennent le "mythe de la cure chimique" (Joanna Moncrieff) censée gommer les aspérités de la subjectivité et les souffrances d'individus aux prises avec des phénomènes socio-économiques systémiques sur lesquels ils n'ont aucune prise.

La question qui s’impose : "A quand un usage rationnel des antidépresseurs et une évaluation méthodologiquement fiable et dénuée de biais et de conflits d’intérêts ?"

Le livre de Robert Whitaker s’intitule Anatomy of an Epidemic. Magic Bullets, Psychiatric Drugs and the Astonishing Rise of Mental Illness, Random House 2009.

Pour un complément de lecture sur Pharmacritique, je renvoie aux articles réunis sous les multiples catégories ayant trait à la psychiatrie, à la dépression et aux effets secondaires de certains médicaments, aux méthodes marketing… et en particulier aux articles accessibles à partir de ces pages : « Dépression, antidépresseurs », « Conflits d’intérêts en psychiatrie ; DSM », "Disease mongering, façonnage de maladies », « Normalité, contrôle social, culture psy », « Médicalisation de la vie, surmédicamentation ».

A propos d’Alternative Santé, je voudrais signaler un très bon article de Michel de Lorgéril, paru dans le numéro de mars sous le titre « Cholestérol, statines et cerveau ».

Elena Pasca

14/04/2011

Conflits d’intérêts dans les recommandations de bonne pratique en cardiologie. Comment l’influence pharmaceutique dissémine et devient invisible

Une première version moins détaillée de cet article est parue sur le site de la Fondation Sciences Citoyennesrecommandations cardiologie.jpg

Le numéro du 28 mars des Archives of Internal Medicine contient une analyse bien documentée de la déclaration ou non des diverses formes de conflits d’intérêts dans les 17 dernières recommandations de bonne pratique (RBP) élaborées sous l’égide des deux organisations professionnelles majeures dans la cardiologie : l’ACC (American College of Cardiology) et l’AHA (American Heart Association). Il s’agit des dernières 17 RBP parues entre 2004 et 2008.

L’article de Todd MENDELSON et al est paru sous le titre « Conflicts of Interest in Cardiovascular Clinical Practice Guidelines » (Arch Intern Med 2011; 171:577-584, abstract sur cette page). Il est commenté dans un éditorial signé par le cardiologue Steven NISSEN, connu pour son implication dans plusieurs études et démarches visant des médicaments à rapport bénéfice – risques défavorables tels que l’Avandia (rosiglitazone). L’éditorial cinglant de Steven Nissen s’intitule « Can we trust cardiovascular practice guidelines? Comment on "Conflicts of interest in cardiovascular clinical practice guidelines" » (Peut-on faire confiance aux recommandations de bonne pratique clinique cardiovasculaire ? Arch Intern Med 2011; 171:584-585, début sur cette page).

651 « épisodes » de conflits d’intérêts ont été dénombrés, pour 56% des 498 personnes impliquées dans la rédaction de ces 17 recommandations de bonne pratique (RBP).

Je voudrais insister particulièrement sur le rôle des avis d’expert et des recommandations de bonne pratique, parce que c’est l’une des articulations stratégiques du système de désinformation et de ghost management mis en place par les laboratoires pharmaceutiques, aux Etats-Unis comme partout ailleurs. A travers elles, des connaissances médicales déformées et biaisées par les conflits d’intérêts de la recherche et des experts apparaissent comme légitimes, comme étant de la science et non une traduction des intérêts privés de l’industrie pharmaceutique; elles sont formalisées et établies comme des modèles à suivre à tous les niveaux de la pratique médicale.

Cette formalisation permet d’occulter les biais initiaux et de disséminer partout les conflits d’intérêts, tout en les rendant illisibles et invisibles. C’est toute l’influence pharmaceutique qui devient ainsi invisible, sous l’apparence d’un discours scientifique qui paraît neutre et objectif. Ce qui vaut pour les Etats-Unis, vaut encore plus pour la France, où les laboratoires n’ont quasiment pas de contraintes et où nous avons un retard d’au moins 20 ans sur ces questions…

Se pose à nouveau la question de la transparence et de l’illusion de « gestion » des conflits d’intérêts par les déclarations publiques, dont je rappelle à nouveau l’insuffisance, m’appuyant sur les positions de la Fondation Sciences Citoyennes et  des articles plus anciens de Pharmacritique.

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