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24/07/2011

Endométriose: l’exérèse complète sans traitement hormonal, seul traitement efficace (Dr Harry Reich)

Mise à jour du 3/12/2016 Outre cet article, il faut lire deux autres textes très détaillés:

- l'un qui inclut la traduction d'un article du Dr David Redwine abordant toutes les dimensions importantes, depuis les causes et les symptômes jusqu'aux traitements médicaux (inutiles) et au seul traitement utile: la chirurgie d'exérèse complète, faite dans certaines conditions, en dehors et à distance de tout traitement médicamenteux hormonal: "Redéfinir l'endométriose à l"âge moderne".

- un autre, posté le 24 novembre 2016, qui complète le premier: "Exérèse curative vs. marchandisation à vie. Risques de la chirurgie sous traitement hormonal"

Les deux abordent les effets indésirables des traitements médicamenteux y compris dans d'autres indications (cancers de la prostate, fibromes en préopératoire, puberté précoce centrale, procréation médicalement assistée). Il est largement question aussi des effets sur la grossesse: fausse couche et autres effets foetotoxiques: malformations (effets tératogènes), impact sur la fertilité, neuro-tératologie fonctionnelle (troubles neurologiques et neuropsychologiques, notamment des troubles du comportement apparaissant plusieurs années après la naissance, voire même à la puberté).

Cet article est un compte-rendu commenté d’une vidéo filmée lors d’une réunion de l’Association Américaine de Chirurgie Laparoscopique Harry Reich.jpg(American Association of Laparoscopic Surgery), qui a eu lieu en 2007 à Washington. Le Dr Paul Indman (à gauche de l’image) discute avec le Dr Harry Reich des traitements de l’endométriose, et la conclusion est claire : le traitement médical hormonal n’a aucune efficacité, aucun intérêt, « l’Enantone, c’est zéro », comme n’importe quel analogue agoniste GnRH. « Ca ne marche pas du tout ». Seule l’exérèse complète de l’ensemble des lésions, nodules, endométriomes, etc., qui conserve les organes et est faite en dehors et à distance de tout traitement hormonal offre la possibilité d'une guérison définitive de l’endométriose.

J’ai détaillé certaines des questions soulevées ici et abordé la question de l’inutilité et des effets indésirables des analogues agonistes GnRH dans l’ensemble des indications (fibromes en préopératoire, cancer de la prostate, cancer du sein, procréation médicalement assistée, puberté précoce centrale, endométriose) dans l’introduction à la traduction d’un texte du Dr David Redwine, soulignant que ces pseudo-traitements médicamenteux hormonaux rendent la chirurgie incomplète, puisque le chirurgien ne peut enlever que ce qu’il peut voir, et induisent un cercle vicieux infernal pour les femmes qui souffrent d’endométriose. Maladie chronicisée pour le profit des laboratoires pharmaceutiques et de toute sorte de praticiens et de guérisseurs qui vivent de cette chronicisation. L’article en question est « Endométriose : le combat du Dr David Redwine contre les pseudo-traitements hormonaux, la psychologisation et la chronicisation ».

Le texte le plus clair et le plus argumenté est celui paru sur cette page, sous le titre ""Redéfinir l'Endométriose à l'âge moderne": le Dr David Redwine sur l'endométriose et son traitement par exérèse complète conservant les organes". Il contient une longue introduction et la traduction d'un texte synthétique du Dr David Redwine, portant sur les points les plus importants: sur les symptômes et les localisations de l'endométriose, sur son pseudo-traitement médicamenteux inefficace mais ayant beaucoup d'effets indésirables, sur la cause de l'endométriose, avec l'historique de l'étude de cette maladie et les diverses théories causales démenties par les faits mais toujours utilisées. Pourquoi? Parce qu'une explication telle que la théorie de John Sampson, parlant d'un reflux menstruel de l'endomètre qui irait se greffer sur des organes pelviens sert d'excuse aux médecins pour les traitements inappropriés: un reflux menstruel chronique ferait de l'endométriose une maladie impossible à guérir.

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23/07/2011

Scientisme et irrationalisme, dogmes symétriques délétères pour la médecine. Question de Res Publica

J’ai répondu à la question de Nicolas Pomiès, rédacteur de gauche républicaine.jpgResPublica, revue internet du réseau de la Gauche républicaine, portant sur « la tentation d’abandon de la science », de plus en plus manifeste du fait des scandales sanitaires et technologiques qui se multiplient. La réponse est parue le 19 mai 2011 sur cette page, sous le titre « Une question à Elena Pasca pour une appropriation citoyenne de la techno-science ».

Pour ne pas rester dans le discours abstrait, j’ai préféré prendre l’exemple concret de la santé et de la médecine, sous l’angle des déformations induites par le ghost management (Sergio Sismondo), les conflits d’intérêts, les financements industriels et le marketing qui désinforme professionnels de santé et usagers. Sans oublier les médecines douces (homéopathie et autres alternatives) et les questions soulevées par certaines modalités de leur exercice et de la communication qui les entoure, avec le problème d'un dogme inversé qui tend à instaurer une censure dans l'expression et l'exercice d'un scepticisme sain, propre à l'exercice public de la raison.

Comme je l’ai dit surtout dans cet article, puis dans celui-ci, à travers l’exemple du courant antivaccin consirationniste qui rejette tous les vaccins en bloc, scientisme et irrationalisme sont en rapport de symétrie inversée, formant une dialectique des contraires qui dépendent l’un de l’autre, se médiatisent (au sens philosophique de la médiation : Vermittlung) et se nourrissent l’un l’autre. Les deux semblent incapables d’autoréflexion critique, les deux sont des usages illégitimes de la raison comme de la science. Scientisme et irrationalisme (antiscience, pseudo-sciences…) appliqués à la santé et aux soins ont pour effet la délégitimation de la médecine et de la science, pour des raisons certes différentes, mais dont les conséquences sont comparables. Cela mériterait une réflexion approfondie.

Pour la réflexion sur les technosciences et la nécessité de l'encadrement éthique des sciences, la Fondation Sciences Citoyennes est une référence. Et je renvoie, outre le site de l'association, à l'excellent livre de Jacques Testart, Catherine Bourgain et Agnès Sinaï, « Labo-Planète ou comment 2030 se prépare sans les citoyens » (Mille et une nuit 2011). Dans cet article qui était au départ un compte-rendu détaillé de « Labo-Planète », j'ai donné d'autres références, notamment philosophiques, évoquant des penseurs qui ont contribué à poser les termes de ce questionnement, par exemple par une analyse de la rationalité instrumentale (dite aussi raison subjective), l'un des rejetons de la raison qui s'hypertrophie au point de risquer d'en annihiler les principes.

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17/07/2011

Endométriose: Dr David B. Redwine contre le traitement médicamenteux, la psychologisation et la chronicisation

Mise à jour du 3 décembre 2016: Les articles sur l'endométriose sont accessibles à partir de cette page. Le dernier, en date du 24 novembre 2016, vaut le détour : "Endométriose: exérèse curative vs. marchandisation à vie. Risques d'une chirurgie sous traitement hormonal."

La marchandisation à vie est plus que jamais d'actualité, compte tenu de l'offensive marketing et financière tous azimuts des industriels fabricant des instruments chirurgicaux tels que Plasma Surgical (pour l'instrument de thermodestruction par énergie plasma au gaz argon Plasma Jet), Ethicon et d'autres, ainsi que des laboratoires pharmaceutiques fabricant toutes les classes de médicaments hormonaux que l'on peut prescrire chez une femme endométriosique médicamentée en continu jusqu'à la ménopause, pur "compenser" l'utilisation de techniques de thermodestruction lucratives, mais inaptes à éradiquer l'endométriose. Le Pr Horace Roman, son équipe du CHU de Rouen et tout son réseau réuni dans l'association RouEndométriose, dont fait partie aussi le Dr Isabella Chanavaz-Lacheray, chantre d'une "stratégie thérapeutique à vie" - ont des liens d'intérêt avec beaucoup de laboratoires. En matière d'agonistes GnRH, c'est Ipsen qui paie le plus, donc il est certain que c'est le Décapeptyl (triptoréline) qui sera utilisé...

Des articles contenant des informations utiles ont été postés dans divers articles parus sur le blog de l'association AVEAG (Victimes Enantone, Décapeptyl (agonistes GnRH)), par exemple sur cette page.

Sur Pharmacritique, il faut lire un article particulièrement clair et synthétique : "Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne: Dr David Redwine sur l’endométriose et son traitement par exérèse complète conservant les organes". Il s'agit d'une traduction en français d'un exposé scientifique (illustrations et explications à l'appui) des principales dimensions de l'endométriose David Redwine endosurgeon.jpg(causes, symptômes, analyse des techniques chirurgicales efficaces, dénonciation de l'inefficacité et de l'inutilité des "traitements" médicamenteux, critique des préjugés et de la méconnaissance de cette maladie par les médecins, etc. La traduction est précédée d'une très longue introduction faite par moi, exposant les principaux problèmes que posent les diverses théories sur les causes de l'endométriose et les divers traitements chirurgicaux, ainsi que le traitement médical: les traitements de blocage ovarien par analogues agonistes de la GnRH et par progestatifs). 

Le texte qui suit n’est que le premier d’une série d’articles consacrés à l’endométriose (où le nom du Dr David B. REDWINE reviendra souvent) et à ses pseudo-traitements hormonaux qui la chronicisent pour le plus grand bonheur de Takeda Abbott (AbbVie), Ipsen, AstraZeneca, Ferring, Organon, Plasma Surgical, Ethicon… et des médecins qu’ils paient. Un nombre très important de praticiens vivent de cette chronicisation (gynécologues médicaux, radiologues, urologues, psychosomaticiens, psychiatres, psychanalystes, endocrinologues, guérisseurs de toute sorte…). Guérir l'endométriose, mettre un terme à cette véritable industrie de l’endométriose, impliquerait une énorme diminution de revenus de ces satellites des labos et des praticiens désinformés par le discours dominant, par une formation médicale continue assurée par des leaders d’opinion qui donnent leurs avis d’experts depuis des congrès luxueux qui ont lieu à Monte Carlo ou sur d’autres plages. Voici un exemple patent:

Le Dr Jean BELAISCH, promoteur de la psychologisation de l’endométriose en France, avec le soutien inexplicable d’une EndoFrance contestée, contente tous les acteurs de cette industrie : ceux qui vivent de la chronicisation par les médicaments et ceux qui vivent de l’absence patente de l’efficacité de ces derniers (psys, guérisseurs, etc.)... Le Dr Jean Belaisch a proposé de contourner la chirurgie et privilégier un « traitement empirique » médicamenteux pendant des années, avec des progestatifs et des analogues agonistes GnRH. Contourner la chirurgie veut dire médicamenter lourdement à l’aveugle, en prenant, outre le risque d'effets indésirables, le risque d'une erreur de diagnostic. Car on ne peut diagnostiquer l'endométriose que par la chirurgie, sans parler du diagnostic différentiel par rapport à un cancer des ovaires, par exemple, que seule l'analyse anatomopathologique permet d'exclure.

De plus, le Dr Belaisch a fait ces propositions en 2007 lors des « Gynovations », luxueuse formation médicale continue annuelle, sponsorisée cette année-là par pas moins de 42 laboratoires pharmaceutiques et avec un « programme social » très opulent...

Je me demande pourquoi veut-il médicamenter lourdement et pendant des années des femmes souffrant d'une maladie dont il suppose qu'elle aurait pour cause (!) un « traumatisme psycho-sexuel » (viols, incestes, d'autres sévices sexuels) ou un abandon par les parents, dans la moitié des cas. Curieuse « cause » qui ne s'appliquerait qu'à la moitié des patientes du Dr Belaisch, avec tous les biais de recrutement existant dans la patientèle d'un médecin étiqueté depuis des décennies comme mettant tout ou presque sur le dos du psychisme, pour justifier les mauvais résultats des traitements médicamenteux, et sans la moindre étude pour étayer ses suppositions. Cette "cause" est frappée de nullité d'emblée pour tous ceux qui ont des notions de psychologie et de psychanalyse, car la relation de causalité ne s'applique pas au psychisme. C'est de la spéculation, au mauvais sens du terme. J'y reviendrai.

La seule chance de guérison, c’est une chirurgie d'exérèse complète faite selon certaines règles strictes, dont la première est qu’elle soit faite sans aucun « traitement » hormonal préopératoire et se base sur des examens qui cartographient les lésions et qui n’ont de chance de les voir toutes que lorsqu’ils sont faits en dehors (et même à distance) de tout pseudo-traitement hormonal. L'imagerie et l'examen clinique devraient être faits de préférence juste avant ou pendant les règles, lorsque le taux d'oestrogènes est au plus haut et que, par conséquent, les lésions d'endométriose atteignent leur maximum de visibilité. C'est là que les inflammations en surface indiquent aux chirurgiens qu'il faut creuser en profondeur, c'est là que les plans de clivage peuvent être très nets, que l'étendue des lésions apparaît, etc.

Je commence la série de textes par la traduction d’un texte de l’excellent Dr David B. Redwine (voir aussi son site, Endopaedia): « Endométriose, ignorance, politique et "le choix de Sophie" » (c’est-à-dire un choix impossible). Il illustre parfaitement le calvaire des femmes endométriosiques et la torture psychologique et morale qu’elles ont à subir de la part de bon nombre de médecins, en plus de celle physique. Car les principaux symptômes de l’endométriose sont les douleurs pelviennes, la dysménorrhée; une hypofertilité arrive dans 30 à 40% des cas. Le problème de fertilité n’est autant mis en avant que parce que la misogynie – dont l’un des symptômes est la réduction des femmes à des utérus sur pattes, pondeuses d'hommes - est fortement enracinée dans nos cultures (voir mon article sur les racines de cette misogynie médicale, à partir du livre de Guy BECHTEL, « Les quatre femmes de Dieu : la putain, la sorcière, la sainte et Bécassine », où j’ai abordé aussi des aspects liés à l’endométriose et à un dérapage récent en France).

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14/07/2011

Méthothrexate: décès par surdosage. Rappel des effets indésirables listés aux Etats-Unis

Je relaie une information reçue le 12 juillet du Centre régional de pharmacovigilance de Toulouse (Service de pharmacologie du Pr Methotrexate.JPGJean-Louis Montastruc), puis renvoie au RCP (résumé des caractéristiques du produit) états-unien, et notamment aux sections « mises en garde et précautions d’emploi » et « effets indésirables ».

A noter que dans son numéro de mai 2007, la revue Prescrire s’est insurgée « que des patients meurent encore d'erreurs de dose de méthotrexate, alors que ces erreurs sont connues depuis longtemps et sont évitables », avec ces précisions :

« Le méthotrexate est un médicament cytotoxique utilisé en cancérologie, rhumatologie et dermatologie. Ses effets indésirables, parfois graves, voire mortels, touchent divers organes. Ils augmentent avec la dose et en cas d'insuffisance rénale. Des troubles tels qu'une fièvre et des ulcérations buccales peuvent révéler l'apparition d'effets indésirables. La revue Prescrire souligne que des centaines de cas d'effets indésirables graves de ce médicament ont été collectés dans le monde entier depuis les années 1980, dont des dizaines de cas mortels, souvent dus à des erreurs. » Voir aussi l’article "Méthotrexate par voie orale : prévenir les surdoses par erreur" Rev Prescrire 2007 ; 27 (283) : 352-355.

A noter aussi un article de S. Reutenauer et al paru en octobre 2009 sous le titre « Surdosage au méthotrexate : complications, prise en charge et prévention » dans la revue Réanimation, vol. 18, N° 7 : 654-658.

La revue allemande Arznei-Telegramm a abordé a plusieurs reprises les effets indésirables, les interactions médicamenteuses et le surdosage du méthothrexate (Novatrex, Imeth, Methotrexate Bellon, etc.).

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12/07/2011

Gardasil: deux victimes demandent reconnaissance des effets indésirables et indemnisation. Rappel des faits qui plombent Gardasil et Cervarix

Gardasil Ben Lansing 2 caricature modifiée.jpg

Un article du Monde paru le 11 juillet 2011 sous le titre « Gardasil : premières demandes d’indemnisation » nous informe de deux cas d’effets indésirables graves et persistants survenus chez deux jeunes filles, l'une de 14 ans et l'autre de 20 ans, à la suite de la vaccination par Gardasil.

Je cite quelques extraits de cet article et renvoie à une situation similaire en Espagne, puis rappelle la situation de conflits d’intérêts qui grève lourdement toutes les parties prenantes dans les affaires juteuses autour du Gardasil (et du Cervarix), ainsi que la situation de sous-notification chronique des effets secondaires et les doutes qui pèsent sur le système de recueil des effets indésirables.

Enfin, je renvoie à l’analyse des résultats intermédiaires à trois ans des essais cliniques de Merck sur lesquelles se base l’AMM (autorisation de mise sur le marché), et qui ne met en évidence qu'une efficacité de 17%, au réseau tentaculaire de conflits d’intérêts et à la soixantaine d’articles déjà parus sur Pharmacritique au sujet de ces deux vaccins d’utilité et d’efficacité douteuse, et dont les effets secondaires ont fait souvent la une, en particulier suite aux rapports de Judicial Watch. La caricature, modifiée par moi, est signée Ben Lansing.

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09/07/2011

Surdiagnostic des cancers: entre dépistage obligatoire en Pologne et surdépistage imposé en douce en France sous pressions diverses

J’ai déjà évoqué dans ces pages la surmédicalisation – cette médicalisation infinie de la vie dont parlait Foucault en tant que forme de dépistage cancers Turcotte Welch.jpgbiopouvoir et moyen de contrôle social, en abordant certaines de ses formes, dont l’abus de prévention. Le surdépistage des cancers en est une facette particulièrement grave, compte tenu des conséquences extrêmes qu’elle peut induire (procédures inutiles et risquées, médicamentation très lourde qui peut être mortelle (un analogue agoniste GnRH (Enantone/Eligard/Viadur, Décapeptyl, Zoladex…) chez un homme de plus de 70 ans ayant des facteurs de risque cardiovasculaires risque beaucoup plus de le tuer qu’un cancer de la prostate - avant ou après lui avoir rendue la vie très pénible).

Certes, le dépistage d’une dysplasie de haut grade par un frottis cervico-vaginal n’entre pas dans la même catégorie, puisqu’il n’a pas le même risque qu’une biopsie de la prostate ou que des mammographies cumulées. Mais d’ici à le rendre obligatoire…

Je voudrais signaler cette nouvelle inquiétante venue de Pologne, tout en rappelant que la situation n’est pas meilleure en France et ailleurs. Chez nous, c’est peut-être plus grave, parce que l’obligation n’est pas perceptible comme telle. L’industrie pharmaceutique et les autres industriels qui ont intérêt à développer ces pratiques de surmédicalisation, de concert avec les médecins qui se prêtent au jeu, du fait des conflits d’intérêts ou de la désinformation – amènent les usagers à se soumettre librement. C’est une façon beaucoup plus efficace, parce que ces derniers pensent que c’est dans l’intérêt de leur santé de se soumettre à ces dépistages, voir même que c’est leur liberté de les demander et de les avoir.

Je rappelle plus bas qu’il y certains décideurs politiques, certains médecins et réseaux de médecins qui s’opposent à cela – et peuvent le payer très cher. Enfin, j’évoque la manipulation par la peur et divers moyens de pression qui interviennent dans l’autorisation des médicaments et procédures ayant trait de près ou de loin aux cancers, dans les extensions d’indication, dans le refus d’évaluation ou réévaluation de moyens thérapeutiques d’efficacité douteuse, etc.

Je donne un certain nombre de liens et de références d'articles et livres sur les dangers et les conséquences du dépistage organisé (surdépistage) et du surdiagnostic qui en résulte et mène à des traitements inutiles et risqués.

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08/07/2011

Texte de Claude Béraud retiré ("Menaces sur l’assurance maladie: entre fictions et réalités")

Texte retiré le 29 octobre 2016

Il est dit ailleurs: le comportement de Claude Béraud me donne envie de vomir. Il est l'exacte négation de la morale. J'ai eu tort, je me suis fait avoir, il me faut rectifier. Cela commence par retirer tous les textes et par demander à Claude Béraud de retirer tout ce qui vient de moi dans ces textes. Ce qu'il a fait en octobre 2015 était trop, même pour quelqu'un comme moi. Je donnerai les détails, parce que je dois défaire l'image que j'ai moi-même construite, certes en y croyant à l'époque et en cherchant des excuses pour tous les dérapages, à savoir parler de Claude Béraud en termes d'éthique et de morale.

Je n'ai jamais accepté d'être un ghostwriter.

Je n'ai jamais donné mon accord pour qu'il utilise mon travail en dehors de Pharmacritique, que ce soit sur internet et/ou dans des livres.

Claude Béraud peut évidemment faire ce qu'il veut de ce qu'il a lui-même produit (y compris avec l'aide de personnes autres que moi, puisqu'il suffit d'aller lire son blog pour voir que les textes parus ailleurs ont été retravaillés). Mais il ne peut pas faire ce qu'il veut de mon travail. Il a assez profité, de toutes façons, même en dehors du travail de réécriture. La demande concerne aussi l'éditeur du dernier livre, Thierry Souccar, qui n'a pas pris la peine de poser la question, alors que près d'un tiers du corps du livre était déjà paru sur Pharmacritique.

07/07/2011

"Mâles en péril". Documentaire sur les effets des perturbateurs endocriniens: 8 juillet à 22h10 sur ARTE

Le documentaire "Mâles en péril" sera diffusé demain 8 juillet à 22 h 10 sur ARTE. Réalisé par Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, il a mâles en péril spermatozoïdes.jpgreçu le prix Europa 2008 dans la catégorie "Meilleur programme télévisé d'actualité".  C'est une enquête sur des phénomènes inquiétants touchant à la fertilité masculine, aux maladies de l'appareil reproducteur (cancers...), qui parle des investigations scientifiques menées sur les perturbateurs endocriniens (phtalates, bisphénol A, pesticides...) ainsi que des lobbies industriels qui mettent leurs profits avant la santé publique.

Rediffusions: samedi 9 juillet à 10h00, jeudi 14 juillet à 3h50, lundi 25 juillet à 2h40 sur ARTE.

En France, le Réseau Environnement Santé - co-fondé par la Fondation Sciences Citoyennes - est en pointe sur les perturbateurs endocriniens. Son site contient bon nombre d'informations et de documents édifiants.

Voici la présentation sur le site d'ARTE (où vous trouverez des liens intéressants à ce sujet), suivi de quatre extraits vidéo:

 

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06/07/2011

Pour une recherche européenne au service des citoyens, pas du profit! Lettre ouverte de 98 organisations et ONG. Innovative Medicines Initiative et autres exemples

Cette lettre ouverte est une initiative de la Fondation Sciences Citoyennes, coordonnée par la déléguée générale de l’association, Claudia FSC logo.jpgNeubauer, dont je tiens à souligner l’excellent travail, ainsi que l'excellent travail de l'ensemble des salariés.

Mise à jour du 26 juillet: l'appel peut désormais être signé individuellement, sur cette page. Merci de signer et de diffuser l'information.

http://sciencescitoyennes.org/open-letter-eu-research/

La « stratégie de Lisbonne » désigne la politique européenne en matière de recherche, visant à privatiser l’ensemble des systèmes nationaux de recherche pour les mettre sous la coupe de firmes, multinationales et autres entreprises privées qui s’en mettront plein les poches. En France, c’est le collectif Sauvons la recherche qui mène la résistance contre l’édification d’un « marché de la connaissance », avec Sauvons l’université pour ce qui met en danger plus spécifiquement l’enseignement supérieur.

A ce qui est dit (voir les textes reproduits ci-après) dans le communiqué de presse et la lettre ouverte envoyée par 98 organisations et ONG à José Manuel Barroso et à divers représentants des Etats-membres et du Parlement européen, j’ajouterais l’exemple concret de Innovative Medicines Initiative (IMI), projet issu du 7ème programme-cadre européen pour la recherche et qui concrétise les Initiatives technologiques communes (JTI ou Joint Technology Initiative), ayant « pour objectif de renforcer l’innovation et la compétitivité des industriels dans un secteur économique clé pour l’Europe ». Compétitivité, le mot est lâché…

J’ai épinglé ce projet dans un article d’octobre 2008 intitulé « Innovative Medicines Initiative : la Commission européenne et EFPIA s’allient pour dévaliser la recherche et les deniers publics ».

Après des commentaires sur Innovative Medicines Initiative et les partenariats public–privé, je donne plusieurs exemples et liens, rappelant entre autres l’implication directe et intéressée de Nicolas Sarkozy dans ce type de politique et les conflits d’intérêts des frères Sarkozy, avec des intérêts matériels directs dans des projets concrétisant cette politique, puis reproduis le communiqué de presse et la lettre ouverte signée par les 98 associations et organisations européennes.

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24/06/2011

Prix des médicaments et coût de la recherche et développement: les fictions de l'industrie balayées par Arznei-Telegramm

Je cite très souvent l’excellente revue allemande indépendante Arznei-Telegramm (située dans un château d'eau, voir la galerie de photos), allant jusqu’à dire qu’il faudrait peut-être apprendre l’allemand Arznei-telegramm hiver 2009.jpgpour être bien informé… Je pense aussi à la revue grand public Gute Pillen, schlechte Pillen (bons médicaments, mauvais médicaments) qu'Arznei-Telegramm co-édite depuis 2006 avec trois autres journaux médicaux indépendants.

Un mot au passage sur les travaux, souvent exemplaires, de l’institut indépendant d’évaluation de la qualité et de l’efficience des soins IQWIG (Institut für Qualität und Wirtschaftlichkeit im Gesundheitswesen), mis en place en 2004. Son directeur, le Pr Peter Sawicki, diabétologue et excellent connaisseur de l’evidence-based medicine, a été évincé en août 2010 sous la pression du lobby pharmaceutique relayé par les politiques. L’hebdomadaire Der Spiegel a fait état d’une demande d’éviction venue directement du cabinet de la chancelière Angela Merkel.

Notre Haute autorité de santé, qui n’est exemplaire que par les conflits d’intérêts de ses experts, à commencer par ceux de son président, le Pr Jean-Luc Harousseau, ferait bien de s’inspirer de l’IQWIG.

Arznei-Telegramm, c’est plus de 40 ans d’un parcours sans faute, toujours en première ligne dans la bataille pour un usage rationnel du médicament, contre les conflits d’intérêts et autres influences sur les prescripteurs. On trouve soit la revue soit l’un de ses rédacteurs (Wolfgang Becker-Brüser, Peter Schönhöfer, Ingrid Mühlhauser, Michael M. Kochen et les autres) dans toute action significative dans ce domaine. Ils déconstruisent aussi un par un les mythes et fictions du marketing par lesquels l’industrie pharmaceutique cherche à justifier ses excès et son ghost management de tous les rouages du système de recherche, de formation et d’information médicales.

L’un de ces mythes consiste à diffuser largement – par les moyens de communication qu’elle influence, voire détient – des chiffres et des données fantaisistes et invérifiables sur les coûts de la recherche et du développement (R&D), principalement pour tenter de justifier les prix exorbitants des médicaments, les brevets et les marques (voir cette page du LEEM, par exemple) et occulter le fait que l’argent est majoritairement dépensé pour le marketing / la promotion / les publicités plus ou moins directes ainsi que pour le lobbying et le financement des divers moyens d’influence. Financer la désinformation coûte cher.

Parlant de prix, on atteint des sommets avec ceux des médicaments tels que les anticorps monoclonaux, que j’ai souvent évoqués dans ces pages, d’autant que les biotechnologies sont encore plus opaques que le reste… Nous payons ces prix en plus de payer les subventions publiques pour la recherche, qui aboutissent à des brevets et des profits privés, eux.

Voici la traduction intégrale d’un article paru dans le numéro de mai d’Arznei-Telegramm, avec l’aimable autorisation du directeur de la publication, l'excellent Dr Wolfgang Becker-Brüser (médecin et pharmacien). Il s’intitule "Der 800-Millionen-Dollar Mythos… Was kostet die Entwicklung eines Arzneimittels wirklich ? (a-t 2011; 42: 48 (6 mai 2011)): Le mythe du médicament à 800 millions de dollars. Combien coûte réellement le développement d’un médicament?

Les coûts réels sont très éloignés des prétentions des firmes (le LEEM parle de "près d'un milliard d'euros", GSK de 800 millions en moyenne, pour 10 à 15 ans de développement et une molécule sur 10.000 arrivée à terme, voir cette page). Prétentions mises à mal aussi par l'article de 2003 de Prescrire: "Coût de recherche et développement du médicament: la grande illusion". Arznei-Telegramm apporte des données toutes récentes, où il est question de 43 millions. Grand écart... Et n'oublions pas qu’il existe une tendance croissante à la délocalisation et que la production, l’achat de certaines matières premières, mais aussi certains essais cliniques (voir cet article sur le livre "Cobayes humains" de Sonia Shah) se font de plus en plus dans des pays pauvres ou en développement.

Elena Pasca

Voici la traduction française de l'article d'Arznei-Telegramm:

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21/06/2011

Lovenox de Sanofi-Aventis: Jacques Poirier demande à Xavier Bertrand une enquête sur les héparines frelatées et le rôle de l’AFSSAPS

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

12/06/2011

Collectif des 39: Appel au rassemblement contre la réforme des soins psychiatriques. Livre de Denis Salas sur le populisme pénal

J’ai rendu compte à plusieurs reprises des objectifs et des initiatives du Collectif des 39 contre la Nuit sécuritaire dans les notes accessibles Denis Salas volonté de punir populisme.jpgà partir de cette page.

Et c'est avec un grand plaisir que j'ai animé le débat organisé par la Fondation Sciences Citoyennes le 9 décembre 2010 sous le titre "Dérives sécuritaires en psychiatrie: criminalisation de la folie. Enjeux et conséquences". Y ont participé deux des principaux initiateurs de ce mouvement, le Dr Michaël GUAYDER et le Dr Claude LOUZOUN, ainsi que Denis SALAS, chargé d'enseignement et de recherche à l'Ecole Nationale de la Magistrature.

J'ai eu le plaisir d'interviewer longuement Denis Salas en 2005 ("Le droit: dernier bastion de l'universalisme?"), dans le cadre d'un dossier que j'avais fait pour la revue Place au(x) Sens sous le titre "L'Universalisme en question(s)", doublé d'un cycle de débats et de conférences à la Fondation Heinrich Heine, dont j'ai assuré la coordination scientifique. C'est un dossier qui garde toute son actualité; peut-être faudrait-il le reprendre. La seule partie accessible sur internet est l'entretien avec mon ancien directeur de recherche, le philosophe Heinz Wismann, intitulé "Figures de l'universel", qui a été repris par la revue Dogma.

Denis Salas avait déjà participé à un débat pluridisciplinaire en 1996 à la Fondation Heinrich Heine, que j'avais organisé pour tenter de comprendre ce qui me paraissait être un changement significatif et une radicalisation des formes de violence des jeunes: "Nouvelles formes de violence juvénile?", avec le sociologue Michel Wieviorka et le philosophe et philologue Heinz Wismann, directeurs de recherche à l'EHESS.

J'invite les lecteurs à consulter les ouvrages et articles de ces auteurs et, faute de temps pour faire un article à part, j'attire l'attention en particulier sur l'un des nombreux livres de Denis Salas qui analyse l'ensemble du contexte sociétal, historique, juridique, politique dans lequel s'inscrit cette criminalisation des malades mentaux, qui n'en est que l'un des épiphénomènes: "La volonté de punir. Essai sur le populisme pénal" (Hachette 2005).

Ce livre nous fait comprendre entre autres comment le système juridique a tenté de s'adapter pour prendre en compte la parole des victimes, par-delà la "réparation" qu'apporte la justice. Mais aussi comment cette parole peut être instrumentalisée, par exemple lorsque les politiques poursuivent des fins électoralistes et populistes en édictant loi après loi à la suite de faits divers dramatiques. Ils jouent sur l'émotion suscitée dans l'opinion publique, qui peut penser à tort que tous les malades mentaux seraient des assassins en puissance qu'il faudrait enfermer à double tour pour le restant de leur vie, sans autre traitement qu'une camisole chimique, pour le plus grand bonheur de l'industrie pharmaceutique.

Et pourquoi pas tenter d'"identifier" les "déviants" - et les tentatives ne manquent pas - dès l'enfance et/ou en fonction du milieu social et de théories fumeuses sur l'"hérédité" et l'"inné", qui font un retour en force lorsqu'il s'agit de créer et d'exploiter des peurs, des stéréotypes et des préjugés irrationnes qu'aucun argument logique et rationnel ne peut combattre, tant l'impact des images sanglantes illustrant des faits divers est puissant. L'identité... ce concept que la Théorie critique a démoli à juste titre, parce qu'il n'a sa place que dans la logique. Nulle part ailleurs ne se vérifie le A = A. Mais c'est encore un autre sujet. Les lecteurs intéressés peuvent creuser en lisant, parmi les ouvrages traduits en français, la Dialectique négative de Theodor W. Adorno.

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05/06/2011

DSM, disease mongering et conflits d’intérêts en psychiatrie. Boris Cyrulnik sur les "fausses maladies"

Une polémique récente aux Etats-Unis, évoquée par la revue Books de février 2011, relance la controverse autour du disease mongering DSM IV.jpg (façonnage de maladies : voir les articles à ce sujet à partir de cette page), car l’ancien directeur du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) en vient enfin à critiquer ce qu’il a lui-même cautionné, ce que tous les critiques ont déjà largement exposé : pour satisfaire l’industrie pharmaceutique, les experts chargés de la rédaction de cette « bible » des psychiatres font du disease mongering. Ils recyclent et renommes d’anciennes maladies pour les rendre plus attrayantes et plus rentables, ils inventent des maladies douteuses, appelées vaguement « troubles » pour la plupart.

Dans un entretien vidéo repris plus bas, Boris Cyrulnik commente le disease mongering et l’emprise de l’industrie pharmaceutique.

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28/05/2011

Héparines et sécurité sanitaire: Familles de France répond à DG SANCO sur les "irrégularités" de l’AFSSAPS

Texte retiré le 27 novembre 2012 (j'ai décidé de mettre un terme à mon soutien à Jacques Poirier).

24/05/2011

Risque d’accouchement prématuré induit par des édulcorants (communiqué du Réseau Environnement Santé)

On a beaucoup parlé de l'aspartame ces derniers mois dans les media. Je viens de recevoir ce communiqué de presse du Réseau Environnement Santé (RES), très actif sur tous les risques environnementaux (et leurs RES logo complet.pngconséquences) tels que les perturbateurs endocriniens et autres substances toxiques (bisphénol A, phtalates, parabènes…). Le site du RES contient beaucoup d’informations utiles sur ces questions. Dans le texte, il n'est pas question que de l'aspartame, mais de tous les édulcorants, très (trop) utilisés à cause d'un marketing qui nous bassine avec des impératifs de minceur et nous fait croire qu'ils pourraient aider à contrôler le poids et réduire l'apport calorique.

« 24 mai 2011 - Pas de produits à base d’édulcorants chez la femme enceinte


Nous, médecins et sages-femmes, avons à ce jour suffisamment d’éléments en terme de bénéfice/risque pour déconseiller aux femmes enceintes de consommer quotidiennement des édulcorants intenses pendant la grossesse.

Le bénéfice d’une consommation d’édulcorants n’est pas démontré, notamment en termes de contrôle du poids, et en l’état de nos connaissances on ne peut que déconseiller d’utiliser des produits dont l’innocuité n’est pas suffisamment établie. En effet la consommation de boissons avec édulcorant peut induire un risque d'accouchement prématuré selon une étude prospective portant sur 59 334 femmes danoises enceintes (1).

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05/05/2011

"Antidépresseurs: l’overdose" (marchandisation de la dépression ; effets secondaires des antidépresseurs)

J’ai répondu avec plaisir à l'invitation de la revue Alternative Santé d’écrire sur les antidépresseurs. Après un article paru dans le numéro de mars 2011 sous le titre "Violence sur autrui : 31 médicaments en cause" (p. 17), qui reprend quelques informations données dans cette note, j’en ai fait un plus détaillé et plus spécifique, paru dans le numéro de mai sous le titre (donné par la rédaction) "Antidépresseurs : l’overdose" (pp. 18-21).

Il est toujours délicat d’aborder toute une classe de médicaments dans un seul article, même long, parce qu’il y a beaucoup de différences entre les divers types d’antidépresseurs (tricycliques, ISRS, ISRSN...) et donc entre leurs effets secondaires : différence de nature, de gravité, de fréquence… Cela reste un article de vulgarisation, car je ne suis pas une professionnelle de santé et n’ai aucune prétention de production d’information médicale. J’essaie d’être un passeur d’informations, tout en donnant beaucoup de références de livres et d’articles indispensables, pour que les lecteurs qui le souhaitent puissent approfondir le sujet.

J’aborde en une première partie la marchandisation de la dépression, rappelant quelques-unes des étapes du processus de "production historique" (Monique Debauche, Janet Currie) de cette "épidémie", mentionnant le disease mongering, quelques méthodes de marketing et de désinformation et quelques biais qui rendent celle-ci possible. Dans la deuxième partie, il est question d’abord de la faiblesse scientifique de l’argumentation de l’industrie pharmaceutique : l’absence de preuves fiables quant à l’utilité, à l’efficacité et au bénéfice clinique des antidépresseurs (sauf dans Whitaker 2 clair.pngles dépressions "graves") ; l’absence de preuves scientifiques fiables pour démontrer l’hypothèse théorique d’une dépression qui aurait une cause biologique (déséquilibre des neurotransmetteurs, en particulier de la sérotonine). Puis j’essaie d’évoquer les effets secondaires les plus graves (d’autres étant détaillés dans un encadré), avec les précautions de rigueur.

Il ne s’agit pas de diaboliser ces médicaments, ni de les rejeter en bloc ou de proposer autre chose à la place. Il s’agit simplement de rappeler certaines failles dans la genèse des informations actuelles et le rôle du marketing et des conflits d’intérêts dans ce qui nous est présenté comme de la science, et ce afin d’exiger un usage rationnel de ces médicaments. Car au vu de tous les facteurs fort empiriques qui concourent à l’avènement de cette "épidémie artificielle" de dépression, parfaitement décrite par Robert Whitaker dans un livre choc, au vu de l’efficacité limitée aux dépressions graves, au vu d’effets indésirables bien documentés, eux, on peut se demander pourquoi les médecins nous font courir autant de risques. Je parle de la prescription massive d'antidépresseurs chez des personnes présentant de vagues "troubles" - dont la liste s'allonge  d’année en année avec le concours du DSM -, de même que chez des personnes ayant des vagues à l’âme ou une souffrance psychique d’origine diverse. Une médicalisation à outrance de tous les aspects de la vie, la psychologisation qui de pair avec l'individualisme, un standard de "normalité" artificielle et la redéfinition de la "santé" (qui englobe désormais un vague "bien-être complet" des individus) entretiennent le "mythe de la cure chimique" (Joanna Moncrieff) censée gommer les aspérités de la subjectivité et les souffrances d'individus aux prises avec des phénomènes socio-économiques systémiques sur lesquels ils n'ont aucune prise.

La question qui s’impose : "A quand un usage rationnel des antidépresseurs et une évaluation méthodologiquement fiable et dénuée de biais et de conflits d’intérêts ?"

Le livre de Robert Whitaker s’intitule Anatomy of an Epidemic. Magic Bullets, Psychiatric Drugs and the Astonishing Rise of Mental Illness, Random House 2009.

Pour un complément de lecture sur Pharmacritique, je renvoie aux articles réunis sous les multiples catégories ayant trait à la psychiatrie, à la dépression et aux effets secondaires de certains médicaments, aux méthodes marketing… et en particulier aux articles accessibles à partir de ces pages : « Dépression, antidépresseurs », « Conflits d’intérêts en psychiatrie ; DSM », "Disease mongering, façonnage de maladies », « Normalité, contrôle social, culture psy », « Médicalisation de la vie, surmédicamentation ».

A propos d’Alternative Santé, je voudrais signaler un très bon article de Michel de Lorgéril, paru dans le numéro de mars sous le titre « Cholestérol, statines et cerveau ».

Elena Pasca

14/04/2011

Conflits d’intérêts dans les recommandations de bonne pratique en cardiologie. Comment l’influence pharmaceutique dissémine et devient invisible

Une première version moins détaillée de cet article est parue sur le site de la Fondation Sciences Citoyennesrecommandations cardiologie.jpg

Le numéro du 28 mars des Archives of Internal Medicine contient une analyse bien documentée de la déclaration ou non des diverses formes de conflits d’intérêts dans les 17 dernières recommandations de bonne pratique (RBP) élaborées sous l’égide des deux organisations professionnelles majeures dans la cardiologie : l’ACC (American College of Cardiology) et l’AHA (American Heart Association). Il s’agit des dernières 17 RBP parues entre 2004 et 2008.

L’article de Todd MENDELSON et al est paru sous le titre « Conflicts of Interest in Cardiovascular Clinical Practice Guidelines » (Arch Intern Med 2011; 171:577-584, abstract sur cette page). Il est commenté dans un éditorial signé par le cardiologue Steven NISSEN, connu pour son implication dans plusieurs études et démarches visant des médicaments à rapport bénéfice – risques défavorables tels que l’Avandia (rosiglitazone). L’éditorial cinglant de Steven Nissen s’intitule « Can we trust cardiovascular practice guidelines? Comment on "Conflicts of interest in cardiovascular clinical practice guidelines" » (Peut-on faire confiance aux recommandations de bonne pratique clinique cardiovasculaire ? Arch Intern Med 2011; 171:584-585, début sur cette page).

651 « épisodes » de conflits d’intérêts ont été dénombrés, pour 56% des 498 personnes impliquées dans la rédaction de ces 17 recommandations de bonne pratique (RBP).

Je voudrais insister particulièrement sur le rôle des avis d’expert et des recommandations de bonne pratique, parce que c’est l’une des articulations stratégiques du système de désinformation et de ghost management mis en place par les laboratoires pharmaceutiques, aux Etats-Unis comme partout ailleurs. A travers elles, des connaissances médicales déformées et biaisées par les conflits d’intérêts de la recherche et des experts apparaissent comme légitimes, comme étant de la science et non une traduction des intérêts privés de l’industrie pharmaceutique; elles sont formalisées et établies comme des modèles à suivre à tous les niveaux de la pratique médicale.

Cette formalisation permet d’occulter les biais initiaux et de disséminer partout les conflits d’intérêts, tout en les rendant illisibles et invisibles. C’est toute l’influence pharmaceutique qui devient ainsi invisible, sous l’apparence d’un discours scientifique qui paraît neutre et objectif. Ce qui vaut pour les Etats-Unis, vaut encore plus pour la France, où les laboratoires n’ont quasiment pas de contraintes et où nous avons un retard d’au moins 20 ans sur ces questions…

Se pose à nouveau la question de la transparence et de l’illusion de « gestion » des conflits d’intérêts par les déclarations publiques, dont je rappelle à nouveau l’insuffisance, m’appuyant sur les positions de la Fondation Sciences Citoyennes et  des articles plus anciens de Pharmacritique.

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11/04/2011

"Labo-Planète ou Comment 2030 se prépare sans les citoyens", par Jacques Testart, Catherine Bourgain et Agnès Sinaï (compte-rendu détaillé)

Jacques Testart, Agnès Sinaï, Catherine Bourgain: « Labo-Planète ou Comment 2030 se prépare sans les citoyens ». Mille et une nuit 2010, 175 Labo Planète couverture.jpgpages, 10 euros. (Avec Mémoire des luttes et la Fondation Sciences Citoyennes).

J’ai fait le compte-rendu de ce livre, fort instructif et lui-même déjà très bien référencé, à travers quelques-unes de mes propres références philosophiques : la Théorie critique, Jürgen Habermas, Michel Foucault, Michel Freitag, Richard Sennett, Kant… qui permettent au lecteur qui aura lu et l'ouvrage et mes commentaires d’aller encore plus loin dans l’histoire de cette problématique et ses implications.

Bien entendu, tout compte-rendu est imparfait et incomplet. De plus, mes références peuvent orienter la lecture. Je conseille vivement de lire le livre, qui a le mérite d’exposer sans catastrophisme aucun les grandes lignes d’une problématique globale qui devrait devenir prioritaire pour nous tous.

Ceux qui ne s’intéressent qu’à l’industrie pharmaceutique, à la médecine (la médicalisation de l’existence, l’impact des innovations…) et aux conflits d’intérêts en santé / médecine ne seront pas déçus, ni dépaysés, parce que cette dimension est elle aussi présente, soit directement à travers des exemples, soit indirectement à travers la réflexion globale qui permet de mieux placer ce domaine dans son contexte et comprendre les tensions et les jeux d’influence qui le traversent et en déterminent la configuration actuelle.

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05/04/2011

Effets secondaires et efficacité des psychotropes: suicides en Suède liés aux antidépresseurs, antipsychotiques, tranquillisants et hypnotiques

Les études sur les effets indésirables et l’absence d’efficacité des antidépresseurs (voir plus bas) se succèdent et se ressemblent. L’un des suicide psychotropes Larsson.jpgrisques majeurs mis en évidence, désormais reconnu et souligné en particulier par la pharmacovigilance anglo-saxonne, est le suicide.

Une enquête indépendante faite par Janne Larsson et publiée en octobre 2009 a analysé les suicides enregistrés en 2007 en Suède, selon les données du Socialstyrelsen (NBWH : National Board of Health and Welfare) et des six filiales régionales du Collège national de médecine légale. Ces données n’étant pas publiques, elles ont été obtenues sur demande, en vertu de la législation sur la liberté d’information. Elles sont détaillées, parce que la loi suédoise oblige les centres régionaux de santé à faire un rapport au NBHW dans chaque cas de suicide et de joindre le dossier médical. L’investigateur les a croisées avec les données obtenues par les autopsies.

En 2007, 1.126 suicides (sans compter les tentatives) ont été commis en Suède (325 femmes et 801 hommes). 1.109 (soit 98%) de ces cas ont fait l’objet d’une autopsie. 724 (soit 64%) des personnes décédées par suicide en 2007 avaient eu des traitements psychopharmacologiques dans l’année précédant leur acte (250 femmes (soit 77%) et 306 hommes (59%)).

Ci-après, le détail des résultats, quelques références et commentaires et le rappel des conclusions de mieux en mieux documentées sur l'efficacité très faible des antidépresseurs, si tant est qu'elle existe...

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01/04/2011

Conflits d’intérêts rarement déclarés dans les méta-analyses d’essais cliniques (JAMA)

Le JAMA (Journal of the American Medical Association) publie dans son numéro du 9 mars 2011 une étude faite par des investigateurs du JAMA logo.jpgCanada, des Etats-Unis et des Pays-Bas, dirigée par Michelle Roseman (Université McGill, Montréal): "Reporting of conflicts of interest in meta-analyses of trials of pharmacological treatments". JAMA. 2011;305(10):1008-17 » (Déclaration des conflits d’intérêts dans les méta-analyses d’essais cliniques de traitements pharmacologiques).

29 méta-analyses se référant à 509 essais cliniques contrôlés randomisés (RCT : randomized controlled trials) ont été retenues. Quant aux journaux, ont été retenus ceux ayant un facteur d’impact élevé : Annals of Internal Medicine, British Medical Journal, JAMA, Lancet, NEJM, PLoS Medicine ; s’y ajoute la Cochrane Collaboration (pour les revues systématiques) et plusieurs journaux de 5 spécialités différentes. Sur ces 29 méta-analyses, onze sont parues dans le JAMA, le Lancet, le BMJ et les Annals of Internal Medicine.

Seules 2 méta-analyses sur les 29 (soit 7%) comportent des déclarations d’intérêt relatives au financement des essais RCT, mais ces indications sont placées à des endroits peu visibles (notes de bas de page, tableaux…). Aucune méta-analyse ne comporte de déclaration d’intérêts des investigateurs et auteurs des essais. 318 RCT sur 509 (soit 62,5 %) déclarent les sources de financement. Il s’agit de l'industrie pharmaceutique pour 219 d’entre eux (68,9 %), partiellement ou totalement ; et de sources autres pour 30,5%. Un peu moins d’un pour cent n’ont pas de financement. Un quart des essais RCT (132 sur les 509) incluent des déclarations d’intérêts des auteurs. Sur ces 132 essais contenant des "disclosures", 41 (soit 68,9%) ont au moins un auteur en situation de conflits d’intérêts avec les pharmas.

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Industrie pharmaceutique : fin des brevets pour dix médicaments des plus vendus. Panne de l’innovation

Je voudrais signaler trois articles de Pharmactua, Investopedia et Alternatives économiques, qui analysent la situation de l’industrie Tahor.jpgpharmaceutique compte tenu de l’expiration, en 2011 et 2012, des brevets d’une dizaine de médicaments des plus vendus. On parle d’un « patent cliff » (falaise), une sorte glissement de terrain sous les pieds des firmes, mais les fragments cités plus bas montrent qu’elles ont de la réserve et savent rebondir. Elles l’ont toujours fait, pas de raison d’inquiétude…

Il est toutefois utile de regarder les stratégies mises en œuvre pour faire face à cette perte sèche qui se chiffre en dizaines de milliards de dollars, alors que l’on sait qu’il n’y a pas d’autres blockbusters pour remplacer des médicaments tels que Tahor°, Zyprexa°, Plavix°, Actos°, Enbrel°, Inipomp°, Singulair°, Concerta°

Et ce parce que les laboratoires ne produisent plus grand-chose depuis une quinzaine d’années – c’est clairement dit depuis 2001 dans la « Déclaration de l’ISDB sur le progrès thérapeutique dans le domaine du médicament » (voir aussi cet article). Cette panne de l’innovation est l’une des raisons pour lesquelles l’accent est tellement mis sur le marketing, dans cette inversion du rapport entre marketing et R&D (recherche et développement) analysée entre autres par Léo-Paul Lauzon et Marc Hasbani (voir cet article qui rend compte de leur étude socio-économique des 10 firmes les plus puissantes).

J’ai abordé le sujet aussi dans un article qui part du bilan médicament de l’année 2008, fait par la revue Prescrire : « Progrès thérapeutique nul en 2008, dit Prescrire. Multiples critiques de l'autorisation de mise sur le marché de médicaments mal évalués ». J’y citais entre autres Christian Lajoux, le patron du LEEM:

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31/03/2011

La Suède suspend le Pandemrix à cause de la narcolepsie. Michèle Rivasi réitère sa demande de retrait européen

L’Agence suédoise du médicament (Läkemedelsverket, équivalent de notre AFSSAPS) a rendu publics le 29 mars 2011 les résultats d’une Michèle Rivasi.jpgétude dans les registres de l’assurance-maladie de quatre régions (détails plus bas) comprenant 57% de la population du pays.

81 notifications de narcolepsie ont été faites, mettant en question le Pandemrix, dont 69 cas concernent des enfants et adolescents de moins de 20 ans.

Les résultats suggèrent un risque quatre fois plus élevé de développer une narcolepsie dans les deux - trois mois suivant la vaccination par Pandemrix des moins de 20 ans. Ils vont dans le même sens que l’étude finlandaise, qui a conclu sur un risque neuf fois plus élevé de narcolepsie chez les moins de 19 ans. Aucun risque n’a été constaté chez les adultes.

Au vu de ces résultats, qui devront être complétés pour compenser certaines limitations de l’étude, l’agence suédoise du médicament déconseille le Pandemrix chez les moins de 20 ans.

L’eurodéputée Michèle Rivasi (photo du site des Verts lyonnais) avait déjà interpellé la Commission européenne à ce sujet (voir l’article de Pharmacritique, qui rend compte aussi de l’étude finlandaise). Elle s’adresse de nouveau à John Dalli, le commissaire européen de la DG SANCO (direction générale pour la santé et la protection des consommateurs), demandant que la Commission européenne retire l’AMM (autorisation de mise sur le marché) du Pandemrix chez les moins de 20 ans. Le communiqué de presse daté d’aujourd’hui (31 mars) s’intitule : « Pandemrix : La Commission européenne est-elle atteinte de Narcolepsie ? »

 

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30/03/2011

Antidépresseurs et glaucome aigu à angle fermé : nouvelles données. Retour sur les médicaments ayant cet effet secondaire

Une étude présentée le 19 mars au congrès annuel 2011 de l’Association américaine de psychiatrie gériatrique (AAGP : American Association glaucome.jpgfor Geriatric Psychiatry) apporte une confirmation partielle de ce lien de causalité connu depuis une dizaine d’années. Les femmes âgées de plus de 66 ans ayant pris des antidépresseurs inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (ISRSN tels que Effexor° de Wyeth / Pfizer et Cymbalta° d’Eli Lilly) ont un risque plus élevé de faire un glaucome aigu à angle fermé (ou par fermeture de l'angle). Et ce surtout dans les premières semaines de prise de ces médicaments.

Cela dit, la puissance statistique est faible, et il ne s’agit pas d’une étude randomisée contrôlée selon les standards de l’EBM (evidence-based medicine : médecine fondée sur le niveau de preuve), mais d’une analyse des données administratives de l’Ontario, portant quand même sur 5.642 personnes (66,3 % de femmes ; âge moyen 77 ans).

Après les détails, vous trouverez un rappel de la position d’Arznei-Telegramm et un fragment d’un bulletin de pharmacovigilance niçois de 2003, qui présente de façon synthétique les classes de médicaments liés à des glaucomes iatrogènes et tente d’en comprendre les mécanismes. (C’est une adaptation française d’un article paru dans la revue Drug Safety).

Un tel glaucome semble être une affection rare, mais il vaut mieux que nous, usagers, connaissions ce risque, parce qu’il s’agit d’une urgence ophtalmologique : en l’absence de traitement rapide, la baisse de la vision peut être rapide et entraîner une cécité. (L'image est tirée de ce site, où elle illustre un article décrivant le glaucome par fermeture de l'angle).

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28/03/2011

Cocaïne, héroïne, opium, alcool… Médicaments et autres remèdes de grand-mère en images

Un ami canadien m’a envoyé ce rappel des plaisirs médicamenteux de nos grands-parents et arrière grand-parents, du temps où les politiques hygiénistes n’avaient pas encore tout aseptisé ni déclaré illégales un certain nombre de substances qui avaient de quoi les rendre heureux, voire euphoriques, du berceau jusqu'au tombeau… C’est peut-être pour compenser l’absence de ces substances présentes alors dans des médicaments et "alicaments" (cocaïne, héroïne, opium sous diverses formes, alcools…) que nous prenons actuellement autant d’antidépresseurs et autres psychotropes... Nos arrière grand-parents avaient leur ritaline à eux: 5 gouttes d'opium chez un nouveau-né de 5 jours un peu agité, de la cocaïne contre les maux de dents et en prévention de la grippe, etc.

Les affiches publicitaires pour ces produits sont hilarantes ; à voir le pape Léon XIII faire de la publicité pour un "vin de coca" (Bordeaux et extrait de feuilles de coca) dont il a récompensé l’inventeur et qu’il appréciait particulièrement… Bref, de quoi passer un bon moment alors que l’actualité pharmaceutique n’est pas rose. Voici le texte et les images:

"Pourquoi nos arrière-grands-parents se souviennent autant de leur jeunesse. (Je suis même surpris qu'ils se souviennent de quoi que ce soit !!)

 

1 flacon d'héroïne.jpg

Un flacon d'Héroïne Bayer's : Entre les années 1890 et 1910 de l'héroïne était vendue comme substitut à la morphine ne causant pas de dépendance. Elle a été aussi utilisée pour traiter les enfants souffrant de fortes toux.


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Vaccin Pandemrix : cause "probable" des cas de narcolepsie en Finlande. Risque élevé pour tous les enfants vaccinés

Pour compléter l'information disponible sur Pharmacritique à ce sujet Pandemrix Wikipédia.jpg

Selon un communiqué de l'Institut national finlandais pour la santé (THL) daté du 1er février 2011 et rendu public par une dépêche de l'Agence France Presse, le PANDEMRIX° de GSK est la cause "probable" de l'augmentation importante de cas de narcolepsie en 2009 et 2010 en Finlande. Une augmentation trois fois supérieure aux taux de narcolepsie enregistré chez les enfants et adolescents les trois années précédant cette vaccination. (Image tirée de cette page de Wikipédia).

"Actuellement, l'explication la plus probable est que l'augmentation des cas de narcolepsie est due à l'effet conjoint du vaccin et d'un ou plusieurs autres facteurs". "L'association observée est si évidente qu'il est improbable que d'autres facteurs dits collatéraux puissent expliquer le phénomène", car dans 90% des cas de narcolepsie, les adolescents ont été vaccinés par Pandemrix. Les symptômes se sont déclarés dans les deux à dix semaines suivant la vaccination.

Pour ne rien exclure, d'autres recherches seront menées à bien avant un rapport final au mois d'août. La plus haute autorité sanitaire finlandaise estime que les enfants et adolescents de 4 à 19 ans vaccinés par Pandemrix (vaccin adjuvanté contre la grippe A H1N1) ont un risque neuf fois plus élevé de souffrir de narcolepsie. En France, six cas ont été enregistrés, mais notre pharmacovigilance s'est hâtée de nier tout rapport avec le vaccin.

En tout, 90 millions de personnes ont été vaccinés par Pandemrix dans 19 pays européens, dont 2,5 millions en Finlande.

A noter que, de même qu’en septembre 2010, le Comité pour les médicaments à usage humain (CHMP) de l’agence européenne du médicament (EMA) a réaffirmé dans un communiqué de presse du 18 février 2011 qu’il n’était pas possible d’établir un lien de causalité entre Pandemrix et narcolepsie et que le rapport bénéfices-risques restait positif. (“European Medicines Agency reviews further data on narcolepsy and possible association with Pandemrix. Causal relationship not established; further study results awaited”).

*

J'ai rendu compte dans cet article, relayant la demande de l’eurodéputée Michèle Rivasi de retrait du Pandemrix chez les moins de 20 ans - du nombre de cas de narcolepsie enregistrés dans plusieurs pays européens en lien avec le Pandemrix.

Et les 35 articles parus sur Pharmacritique depuis l'été 2009 au sujet de la grippe AH1N1 - accessibles en descendant sur cette page - montrent les mises en garde en particulier quant aux adjuvants (squalène, cellules MDCK...), que j'ai relayées en présentant et en traduisant surtout des travaux allemands (et quelques espagnols).

La revue allemande indépendante Arznei-Telegramm a été comme toujours très lucide sur les risques des adjuvants et les pratiques douteuses de Glaxo Smith Kline, sans pour autant dévier des pratiques scientifiques.

Quelques exemples : « Grippe A: un vaccin douteux aux adjuvants risqués sera expérimenté directement sur la population », déplorait Arznei-Telegramm au mois d’août 2009, après un long travail d’explicaiton sur le caractère bénin de cette grippe. Ces propos ont été repris par des media allemands qui ont fait très tôt un remarquable travail d’investigation sur l’inefficacité et les effets secondaires du Tamiflu, sur les divers vaccins, les méthodes douteuses des laboratoires et des leaders d’opinion impliqués dans cet immense business. (A propos des affaires et des conflits d’intérêts, voir aussi le documentaire « Un virus fait débat » diffusé par ARTE en octobre 2009, pour lequel j’ai eu le plaisir de conseiller deux journalistes allemands et dans lequel j’ai fait une brève apparition).

La revue estimait que Focetria et Pandemrix – adjuvantés au squalène -, autorisés sans évaluation digne de ce nom, pourraient être plus dangereux que la grippe AH1N1, que le Celvapan (avec des cellules MDCK) n’était pas plus sûr que les vaccins au squalène, rappelait que les Etats-Unis n’ont pas autorisé de vaccins adjuvantés mais ont demandé que tous les vaccins contre la grippe A H1N1 soient produits selon les schémas classiques de fabrication des vaccins contre la grippe saisonnière. Aucune dimension essentielle du problème n'a échappé à Arznei-Telegramm. Chapeau bas, encore une fois!

Elena Pasca

© Pharmacritique

27/03/2011

Pilule du lendemain EllaOne: syncopes, kystes ovariens, données lacunaires... Retour sur la contraception d'urgence

Selon une jeune fille, il est plus "fun" de se renseigner toute seule sur internet que d'apprendre des adultes. Je profite de la brève pour faire passer quelques ellaOne.jpginfos générales...

EllaOne° (ulipristal acétate) du laboratoire HRA Pharma est un modulateur des récepteurs à la progestérone qui a été autorisé en 2010 comme contraception d'urgence -"pilule du lendemain" et du surlendemain"- car elle est censée être efficace jusqu'à 97% jusqu'au cinquième jour. Cette homologation s'est faite sur la base d'études de non infériorité par rapport aux molécules déjà existantes dans la même indication: mifépristone (RU 486: Mifégyne°) et lévonorgestrel (Norlevo° AMM 1999, Vikela° AMM 2002). EllaOne n'apporte selon la Haute autorité de santé (HAS) qu'un "progrès thérapeutique mineur par rapport au NORLEVO [lévonorgestrel de HRA Pharma] dans la contraception d'urgence".

Arznei-Telegramm a fait une évaluation très critique des données fort lacunaires (et intermédiaires) disponibles sur EllaOne et souligne entre autres les kystes ovariens induits par cette molécule, nécessitant parfois des interventions chirurgicales, l'absence de données sur divers aspect, par exemple quant à son effet pendant les 3 premiers jours après un rapport non protégé, son coût deux fois plus élevé...

Avant d'arriver à la brève de la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm signalant des cas rares de syncope sous EllaOne° et à son article très critique, je rappelle les faits essentiels qu'il faut connaître quant à l'usage de la contraception d'urgence et aux principales méthodes (un dispositif intra-utérin (DIU) de cuivre peut être utilisé et il est même plus efficace, ce qu'on ne dit pas assez...).

Je renvoie aux écrits de Martin Winckler puis rappelle : le signal d'alarme quant aux grossesses extra-utérines en cas d'échec de la "pilule du lendemain"; l'étude comparative montrant une efficacité égale de ces "pilules du lendemain"; enfin les études sur lesquelles se base l'AMM (autorisation de mise sur le marché d'EllaOne°) et le RCP états-unien (résumé des caractéristiques du produit) de l'ulipristal. Occasion de rappeler la longue liste d'interactions médicamenteuses à garder en tête quant à la contraception hormonale, qu'elle soit régulière ou d'urgence.

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22/03/2011

Assises du médicament: "Un front commun d’action pour des contre-Assises du médicament indépendantes!" (Fondation Sciences Citoyennes)

Voici un communiqué de presse fait pour la Fondation Sciences Citoyennes (FSC). Je devais représenter l'association aux Assises du Fondation Sciences citoyennes logo.gifmédicament, si le ministère ne nous avait pas refusé l'inscription, comme à d'autres participants indépendants... De toute façon, j'étais mandatée pour faire un rapide constat critique, donner les références de nos contributions, et en particulier de la proposition de loi sur la déontologie de l'expertise et la protection des lanceurs d'alerte (sur cette page), et claquer la porte très vite, si possible en concertation avec d'autres participants indépendants.

La meilleure attitude nous semble être celle consistant à ne pas se laisser instrumentaliser dans cette mascarade contrôlée par l'industrie et mise en place pour que rien ne change en profondeur. Il faudrait construire un front commun d'action et de proposition, pour que les indépendants soutiennent mutuellement leurs propositions dans le domaine de la santé, de l'expertise et de l'alerte en général, et puissent élaborer des positions communes. Ce qui permettrait aussi de mettre en place des contre - Assises du médicament indépendantes, transparentes et pluralistes. Une vraie évaluation, c’est-à-dire de vraies assises (voir ci-après).

Le communiqué existe en deux versions: une version courte (une page et demi) envoyée le 21 mars aux media, et une version longue et référencée postée sur cette page du site de la Fondation. C'est la version détaillée que je reproduis ci-après:

Elena Pasca (Fondation Sciences Citoyennes et Pharmacritique)


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21/03/2011

Héparines: Familles de France saisit la DG SANCO pour dénoncer la complaisance de l’AFSSAPS à l’égard des laboratoires français

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

18/03/2011

Prématurés: risque augmenté d’entérocolite nécrosante après transfusion de globules rouges

La revue Pediatrics – organe officiel de la American Academy of Pediatrics - a publié le 14 mars sur son site l’étude “Increased Odds of entérocolite nécrosante Dralami edu.jpgNecrotizing Enterocolitis After Transfusion of Red Blood Cells in Premature Infants » (Pediatrics 2011;127:635-641). Traduction : Risque accru d’entérocolite nécrosante après transfusion de globules rouges chez des nourrissons prématurés. (Image tirée de ce site français: article décrivant l'entérocolite nécrosante en général).

David A. Paul et son équipe de Newark et de Philadelphia ont mis en place une étude rétrospective de cohorte incluant 2311 nourrissons prématurés ayant un poids de naissance inférieur à 1.500 grammes et pris en charge dans un seul centre de néonatalogie. Les investigateurs n’ont retenu que les cas d’entérocolite nécrosante (ECN) intervenus dans les 48 heures après le début d’une transfusion de globules rouges stockées dans des poches de perfusion (PRBC : packed red blood cells).

Des extraits du texte complet – réservé aux abonnés –, publiés en fin d'article, complètent l’annonce des résultats bruts par des éléments très intéressants et un rappel bienvenu de la littérature médicale à ce sujet. Des études passées, certes à une échelle moindre, ont déjà montré une association entre transfusion et ECN.


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17/03/2011

Les antidépresseurs augmentent le risque d’accident vasculaire cérébral. Effets secondaires confirmés par des études

La littérature médicale sur les effets indésirables des antidépresseurs est déjà bien fournie. Ici, je souhaite simplement signaler la parution Prozac.jpgd’une nouvelle étude dont les résultats comprennent certes quelques paradoxes, mais ne sont pas dénués d’intérêt.

Il y a eu l’étude de décembre 2009 de Smoller et al parlant du risque plus élevé de décès (toute cause confondue) et d’accident vasculaire cérébral (AVC) chez les femmes ménopausées sous traitement. Ces résultats semblent pouvoir être extrapolés aussi aux hommes, même si les données générales sont parfois contradictoires et que les mécanismes ne sont pas bien compris. Et pourtant, les auteurs de cette nouvelle étude, Chi-Shin Wu et al, parue le 15 mars et montrant un lien entre les AVC et la prise d’antidépresseur peu de temps avant, affirment que leurs résultats doivent être pris en compte dans l’élaboration des recommandations de bonne pratique et dans les décisions de santé publique.

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