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11/03/2011

Non à la réforme sécuritaire de la psychiatrie ! Rassemblement du mardi 15 mars à 16 h devant l'Assemblée

la nuit sécuritaire.JPG

Pour une présentation du mouvement initié par le Collectif des 39 [contre la] Nuit Sécuritaire, voir les notes réunies sous la catégorie « Psychiatrie : dérives sécuritaires, exclusion de la folie ». La pétition lancée le 20 février 2011 contre le projet de loi peut être signée sur cette page.

Le Collectif des 39 organise un rassemblement devant l'Assemblée Nationale (Place Edouard Herriot 75007 Paris, Métro Assemblée Nationale, ligne 12) le mardi 15 mars 2011 de 16h00 à 20h00.

Non à la réforme sécuritaire de la psychiatrie !

« Cette mobilisation a pour objectif le retrait du projet de loi "relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet d'une prise en charge  psychiatrique". Ce projet de loi élude la question de la qualité des soins et vise essentiellement au contrôle social, transformant les soignants en auxiliaires de police.

Nous vous invitons donc tous et toutes à participer à cette mobilisation afin de convaincre nos députés de voter contre.

Ce rassemblement sera aussi l'occasion de distiller quelques gouttes de folie douce en cette ère de plus en plus sécuritaire et de grand renfermement. L'ensemble des syndicats de psychiatres et de personnels ont annoncé qu'ils s'associaient à notre rassemblement.

Professionnels de la psychiatrie, patients, familles et citoyens, exprimons notre indignation face à ce projet de police sanitaire ! »

Collectif des 39

http://www.collectifpsychiatrie.fr/

10/03/2011

Michèle Rivasi demande la suspension du vaccin Pandemrix chez les enfants (narcolepsie)

Avant de citer le communiqué de presse de l’eurodéputée Michèle Rivasi, voici quelques données chiffrées précises extraites de l’analyse Pandemrix 2.jpgde ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control), publiée le 2 mars :

Il ne s’agit plus d’un problème limité à la Finlande et aux pays nordiques, car jusqu’au 27 janvier 2011, 162 notifications suggérant une narcolepsie en lien avec le vaccin contre la grippe A H1N1 Pandemrix (du laboratoire GSK) ont été reçues par la pharmacovigilance européenne EudraVigilance. 55 signalements viennent de Finlande, 20 de France, 8 d’Allemagne, 2 d’Irlande, 1 des Pays-Bas, 10 de Norvège, 1 du Portugal, 61 de Suède. Auxquels s’ajoutent 3 signalements venus d’Islande et 4 de Suisse.

Il faut souligner qu’en Suède, 59% de la population a été vaccinée et que sur les 61 cas suédois, 53 touchent des enfants et adolescents de moins de 20 ans.

Voici le texte de l’ECDC d’où sont extraites les données: "Reports of cases of narcolepsy and cataplexy in children and adolescents in Finland, Iceland, and Sweden”.

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08/03/2011

Misogynie culturelle et médicale. Le livre de Guy Bechtel "Les quatre femmes de dieu" et des exemples de surmédicalisation des femmes (endométriose, statines...)

L'une des fonctions essentielles de l'éclairage historique du présent est circonscrite par la formule de Vladimir Jankélévitch: "le Bechtel les 4 femmes fr.jpgdéniaisement par l'histoire"... Pourquoi? Pour apprendre comment des faits sociaux se sont agrégés de telle façon plutôt que d'une autre, apprendre à quoi les luttes des féministes nous ont arraché(e)s et dans quelle nuit nous risquons de retomber peu à peu si nous ne prenons pas conscience du fait que la libération des femmes est un processus, une lutte de tous les jours, et non pas un état acquis une fois pour toutes.

On parle des femmes portant la burqa, torturées physiquement, éliminées... Et les images nous détournent de l'abîme tout aussi inacceptable qui existe toujours chez nous - qui prétendons pourtant être progressistes et éclairés, sortis de la barbarie - entre les droits des femmes et ceux des hommes. Le livre de Guy BECHTEL "Les quatre femmes de dieu: la putain, la sorcière, la sainte & Bécassine" (Plon 2000, puis rééditions chez Pocket) éclaire le présent en retraçant l'histoire des tortures morales, des humiliations et contraintes infligées aux femmes par le christianisme, particulièrement dans sa variante catholique. Elles sont une conséquence de la diabolisation des femmes, considérées comme des êtres maléfiques et impurs, comme la racine de tous les maux, ce qui justifierait qu’elles subissent à l'infini des punitions toujours plus sophistiquées, qu’elles restent à l'état de minorité et d'incapacité civile et fassent l'objet d'une surveillance et d'un contrôle omniprésents.

Pourquoi parler de ce livre de Guy Bechtel sur Pharmacritique? Parce que la médecine a de tout temps contribué à opprimer les femmes, et la féminisation du corps médical ne change rien à cette oppression fort bien enracinée dans la doctrine comme dans les pratiques conscientes ou pas, et qui s'exercent par l'instrumentalisation du corps des femmes et son contrôle.

Car c'est le corps des femmes qui est le plus médicalisé, surmédicalisé au profit de l'industrie pharmaceutique et à d'autres "industries de la santé". Ce corps, idéalisé pour mieux pouvoir le contrôler de multiples façons, est soumis à la dictature d'une « normalité » inventée de toutes pièces, pour le bénéfice de la domination de genre et de celle économique. Cette normalité n’a d’existence qu’au même titre que d’autres outils marketing – c’est un « standard » imaginaire avec tout son cortège de clichés et de préjugés très efficaces pour le pharmacommerce. On ne peut pas dénoncer la normalisation des femmes entreprise (aussi) par la médecine sans la situer dans le contexte, parce que la misogynie de la médecine a ses racines dans la misogynie culturelle et religieuse que Bechtel met en évidence avec toute la rigueur de l'historien qu'il est, et sans intention militante ni polémique. D'où l'efficacité du livre.

Je reprends ici ma critique du livre, parue en 2003 dans la revue de philosophie et littérature "Place aux Sens", précédée par quelques remarques préliminaires et exemples de misogynie traduite dans une psychosomatique à deux balles.

Je donne en particulier l'exemple du dérapage de l'élite de la gynécologie française, qui s'est laissée mener en bateau par un psychanalyste charlatan cherchant à faire parler de lui et à recruter. Les grands pontes et leurs revues ont avalisé des interprétations sectaires ahurissantes de l'endométriose (et d'autres maladies à prédominance féminine), dont la cause serait une "névrose hystérique" due à des viols et autres sévices sexuels... Ca dépasse l'entendement... Une campagne que j'ai initiée a heureusement réussi à obliger le Pr Patrick Madelenat, le Pr Charles Chapron, le Dr Jean Bélaisch et d'autres à faire marche arrière avant que cela aille trop loin. C'était en 2007 - 2008, mais des tendances déviantes existent encore... Décidément, les femmes doivent lutter tous les jours pour se faire respecter - et bien soigner...

Enfin, l'article finit par des extraits du livre de Bechtel.

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Les vaccins Prévenar 7 et Act-HIB suspendus au Japon après le décès de quatre enfants

Une dépêche de Reuters nous apprend que le ministère de la Santé du Japon a décidé hier (7 mars 2011) de suspendre l’utilisation Prévenar bienvenue.jpgde deux vaccins : le PREVENAR 7 de Pfizer et l’ACT- HIB de Sanofi-Pasteur, administrés en prévention de certaines formes de pneumonies par streptocoques, de méningites bactériennes et de certaines autres infections provoquées par l’haemophilus influenzae B. (A noter qu'en France comme dans d'autres pays, c'est Wyeth, une filiale de Pfizer, qui commercialise le Prévenar).

La décision a été prise suite à la mort de quatre enfants de moins de deux ans dans les deux jours suivant leur vaccination et restera en vigueur le temps d’une enquête approfondie. Des officiels américains de l’agence du médicament (FDA : Food and Drug Administration) et du centre spécialisé dans les maladies infectieuses (CDC : Center for Disease Control and Prevention) affirment suivre cela avec attention, tout en soulignant, dans un communiqué envoyé aux media, que de tels problèmes n’ont pas été enregistrés aux Etats-Unis. (Outre-Atlantique, le Prévenar est vendu sous le nom PREVNAR).

Trois des enfants japonais avaient reçu en même temps le Prévenar 7 et l’ActHIB ; trois autres ont été vaccinés le même jour aussi par des Sanofi aventis logo 2.jpgvaccins mixtes contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche.

Selon un porte-parole de Sanofi, le laboratoire a commercialisé plus de 3 millions de doses d’Act-HIB au Japon depuis 2008. Pfizer affirme quant à lui que plus de 2 millions de doses de Prévenar 7 ont été administrées depuis l’année dernière.

A noter que trois enfants sont décédés en février dernier aux Pays-Bas après avoir été vaccinés par Prévenar. L’enquête menée par les autorités a conclu qu’il n’y avait pas de lien de causalité avec le vaccin.

Sanofi-Aventis dit que "l'essentiel, c'est la santé" (voir son logo)...

07/03/2011

La presse médicale: organe publicitaire de l'industrie pharmaceutique pour la dé-formation médicale continue...

Le 28 février 2011 paraissait sur le site du Canadian Medical Journal une enquête d’Annette Becker et al intitulée « The association Plantu presse médicale lèche-bottes.jpgbetween a journal’s source of revenue and the drug recommendations made in the articles it publishes » (L’association entre les sources de revenus des journaux médicaux et les recommandations de médicaments contenues dans les articles).

Les résultats montrent sans aucun doute possible que la presse gratuite allemande – financée exclusivement par les publicités des laboratoires pharmaceutiques – recommande presque toujours les médicaments en question, alors que la presse indépendante se prononce généralement contre les mêmes médicaments… Les journaux médicaux ayant des sources mixtes de financement se situent entre les deux.

Cette enquête vaut tout autant pour la France et confirme, si besoin était, tout ce qui a déjà été dit quant à l’influence néfaste sur les prescriptions et à la désinformation résultant du financement industriel de la filière médicament, depuis la recherche clinique jusqu’à la formation et à l’information médicales des professionnels comme des associations de patients et du grand public.

Je rappelle les articles parus sur Pharmacritique sous la catégorie « Media, presse médicale, organes publicitaires des lobbies » et l’article détaillé traitant spécifiquement de la presse gratuite appartenant majoritairement à l’empire de Gérard Kouchner.

Avant de passer à l’article proprement dit, il me semble essentiel de rappeler quelques grandes lignes de ce que l’on sait sur les conséquences du "sponsoring" par l'industrie pharmaceutique – forme majeure de conflits d’intérêts – et des biais qui en résultent, à tous les niveaux de la filière médicament.

Cette caricature de Plantu - dont j'ai malheureusement perdu l'endroit original de parution - est éloquente...

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05/03/2011

Philippe Lechat et les héparines de Sanofi-Aventis : les intérêts du labo avant la santé publique? (documents II)

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

03/03/2011

L’alerte de Jacques Poirier sur les dangers des héparines d’Aventis a été ignorée par les instances sanitaires et la justice (documents I)

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

02/03/2011

Pétition du Collectif des 39 contre « une déraison d’Etat » : le projet de loi Sarkozy - Bachelot réformant la psychiatrie

Je me joins à tous les citoyens soucieux de la préservation des libertés fondamentales – c’est-à-dire entre autres d’un Etat de droit, où les principes républicains sont respectés et non bafoués tous les jours au moyen de méthodes de flicage et de fichage, de « soins » sous contrainte et autres ségrégations visant les personnes les plus vulnérables, à tous les citoyens soucieux d’une médecine non dévoyée en gardienne de prison pourvoyeuse de camisoles chimiques et autres outils de contrôle social – pour appeler à signer et à diffuser la pétition mise en ligne le 20 février 2011 par le Collectif des 39 contre les dérives sécuritaires de la psychiatrie. L’intitulé du texte pointe déjà l’étendue des enjeux : « Réforme de la Psychiatrie : Une déraison d’Etat ». La photo qui accompagne le texte original

Pétition collectif des 39 réforme psychiatrie.jpg

en dit long sur le respect des libertés dans le cadre de soins contraints en ambulatoire... C'est à cela que correspond, en réalité, la berceuse que nous chante Nora Berra sur le renforcement des droits des patients...

Il s'agit de mobiliser le plus largement possible afin d'empêcher l'adoption du texte présenté par Roselyne Bachelot et accessible sur cette page de l'Assemblée nationale: "Projet de loi relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge". Le dossier législatif contenant les travaux préliminaires se trouve sur cette page.

Pour en savoir plus, on peut consulter, outre les nombreux textes et vidéos sur le site du Collectif, les articles parus sur le site de l’Union syndicale de la psychiatrie (USP), à commencer par la dépêche APM qui rend compte des grandes lignes de cette réforme de la loi de 1990, présentée en mai 2010 à l’Assemblée nationale et qui devient encore plus restrictive et arbitraire du fait d’une disposition adoptée le 26 janvier en Conseil des ministres en réponse à une objection du Conseil constitutionnel.

Dès lors qu’un juge interviendra lorsque les hospitalisations sous contrainte dépasseront 15 jours et se prononcera tous les six mois en cas d'internement de longue durée, ces « soins [sic] sans consentement » pourront être facilement renouvelés. Cette nouvelle loi qui devrait entrer en vigueur devrait concernent pas moins de 70.000 personnes…

Le Syndicat des psychiatres d’exercice public (SPEP) et l’Intersyndicale Nationale des praticiens hospitaliers (INPH) ont eux aussi manifesté, dans un communiqué commun, leur inquiétude face à cette judiciarisation des soins et appelé tous les professionnels de santé comme les autres citoyens à « faire barrage à ce projet de loi d’essence sécuritaire ».

Le projet de loi intégrant désormais cette restriction supplémentaire sera débattu prochainement au Parlement. C’est dire qu’il est urgent de soutenir le mouvement de protestation tel qu’il est mené par le Collectif des 39, qui laisse les euphémismes de côté pour présenter les vrais enjeux.


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20/02/2011

Héparines : production, commercialisation, sécurité des héparines chinoises et risque d’encéphalopathie spongiforme bovine (deuxième partie)

[Note d'Elena Pasca: Voici la deuxième partie de l’exposé du Dr Didier Levieux, à lire en continuité avec la première, parue sur cette page, et avec les autres articles consacrés à divers aspects de l’affaire des héparines chinoises (conflits d’intérêts des experts des autorités sanitaires avec Sanofi-Aventis, au sujet des héparines (Lovenox : énoxaparine) ; le cas du lanceur d’alerte Jacques Poirier ; la pétition et la campagne de soutien organisée par la Fondation Sciences Citoyennes ; une bibliographie très riche pour ceux qui veulent en savoir plus, etc. Retour au texte de Didier Levieux :]

 

10.3.2 Contrôle de l'héparine en cours de purification (héparine "brute")

Deux types de contaminants sont recherchés :

1) des contaminants (ADN, protéines) pouvant servir à caractériser l'espèce animale à l'origine de l'héparine

2) le dermatan sulfate et de la chondroïtine persulfatée.

 

10.3.2.1 Détection de contaminants spécifiques d'espèce :

10.3.2.1.1 Recherche de fragments d'ADN spécifiques d'espèce

Cette recherche s'effectue par PCR (Polymerase Chain Reaction), c'est-à-dire par amplification de séquences d'ADN cibles présentes à l'état de trace. Leur "photocopie" répétée, grâce à des "amorces" et à un système enzymatique (Taq polymérase), multiplie le nombre d'exemplaire jusqu'à ce qu'elles puissent être mises en évidence par migration électrophorétique.

Deux difficultés majeures rendent délicate la PCR dans son application à l'héparine :

- l'ADN est fortement dégradé durant le procédé de purification de l'héparine et cette dégradation dépend du procédé utilisé. La technique a donc été progressivement améliorée chez Sanofi-Aventis par l'amplification de séquences relativement courtes (amplicons de 90 paires de bases) et présentes de façon répétées (ADN satellite).

- l'héparine est un inhibiteur très puissant de la PCR. Pour ne conserver que l'ADN contaminant, différents procédés ont été testés, dont l'extraction de l'héparine.Toutefois, l'élimination complète de l'héparine est difficile, et les analystes de Sanofi-Aventis reconnaissent, en 2008 (Houiste et al, 2008) que dans leurs mains il n'a pas été possible d'obtenir un rendement reproductible. Ils utilisent donc maintenant une autre voie d'approche : la digestion enzymatique de l'héparine (incubation pendant 12 heures avec un mélange d'héparinases I et II). Toutefois, ces enzymes peuvent être inhibées par les glycosaminoglycanes persulfatés ou d'autres substances (Anger, 2010).

La recherche d'ADN pour caractériser l'espèce d'origine a par ailleurs de sérieuses limites :

- les amorces permettant la réalisation de la PCR ne sont pas disponibles dans le commerce ; elles sont la propriété de l'industriel et jalousement gardées. La technique utilisée par un industriel ne peut donc être validée par les autorités dans l'un de ses laboratoires ou pratiquée par d'autres industriels.

- l'ADN n'est pas spécifique de tissu ou d'organe : la contamination par un poil ou une squame cutanée de bovin donnera une réponse positive pour un risque sanitaire nul. D'où des risques de fausses contaminations dans les ateliers qui préparent l'héparine brute et la nécessité de faire les analyses dans des laboratoires hautement spécialisés, protégés de toute contamination inter-échantillons, ou amenée par les techniciens.

- surtout, la recherche d'ADN contaminants ne peut détecter de l'héparine bovine ou ovine que s'il reste, justement, des contaminants. Or, le niveau de contaminants est très variable selon les héparines brutes. Par exemple, leur couleur varie du brun chocolat au blanc plâtre, selon le soin apporté au procédé et à la maîtrise des différentes étapes de la purification. Ainsi une héparine bovine "brute" provenant d'Amérique du Sud, par exemple, peut ne contenir aucun fragment d'ADN. Une héparine "brute", "propre" pourra cependant contenir du prion, car celui-ci est beaucoup plus résistant que l'ADN au procédé de fabrication

Pour pallier à cet écueil, l'industriel valide uniquement les lots d'héparine sur lesquels de l'ADN porcin est trouvé, signifiant ainsi que l'héparine est bien "brute". On comprendra aisément qu'il suffit d'ajouter une trace d'ADN porcin (quelques soies de porc...) dans une héparine bovine relativement purifiée pour rendre l'échantillon « conforme » : présence d'ADN de porc, donc héparine "brute" propre à la poursuite des analyses, et absence d'ADN de bovin.

10.3.2.1.2 Recherche de protéines spécifiques d'espèce

Des travaux conduits à l'INRA dans le cadre d'un co-financement par Aventis-Pharma, ont mis en évidence une protéine (aprotinine) qui n'existe que chez les bovins. De plus, cette protéine est synthétisée par les mêmes cellules que celles qui synthétisent l'héparine (mastocytes). Enfin, cette protéine de petite taille et résistante aux traitements thermiques, a une charge électrique très positive. De ce fait, elle est libérée de ces cellules étroitement associée à l'héparine (elle-même chargée très négativement), d'où les difficultés rencontrées par les chercheurs pour la caractériser (Rivera et al, 2002a,b). Ces qualités en font une cible parfaite pour dépister l'héparine bovine, et l'équipe INRA a donc développé une technique ELISA (Enzyme Linked Immunosorbent Assay) pour son dosage (Levieux et al, 2001).

Les dosages de type ELISA sont couramment utilisés dans tous les laboratoires d'analyses, en médecine humaine ou vétérinaire. Ils permettent de détecter des anticorps contre divers agents pathogènes ou les agents pathogènes eux-mêmes (bactéries, virus, prion...) ; ils sont également utilisés pour doser des marqueurs biologiques, des hormones, des pesticides, etc. La technique publiée par l'INRA (Levieux et al, 2001a) permet de détecter 5 parties d'intestin de bovin dans 1.000.000 de parties d'intestin de porc.

Les essais comparatifs effectués en 1999 lors de sa mise au point ont montré que cet ELISA était 30 à 300 fois plus sensible que la PCR (selon le type d'amorce utilisé pour la PCR par Aventis-Pharma). La technique est infiniment plus simple que la PCR et non sujette à des contaminations autres que par des cellules mastocytaires de bovins, cellules que l'on trouve majoritairement dans les tissus d'où on extrait l'héparine : intestin et poumon. Elle est donc plus fiable. Aventis-Pharma a néanmoins préféré développer sa PCR en interne, et la technique ELISA n'a donc pas été commercialisée. Elle est quand même appliquée actuellement par la Société IDBiotech sur simple demande de la part des industriels ou des autorités sanitaires.

Dans la même démarche, l'INRA a développé parallèlement des tests ELISA pour détecter les contaminants porcins, ovins et caprins (Levieux et al, 2001b).

Bien entendu, comme pour la recherche d'ADN, la sensibilité de la détection de ces tests ELISA est très dépendante du niveau de purification de l'héparine, et la technique ne pourra jamais déceler une héparine bovine relativement purifiée.

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Héparines : production, commercialisation, sécurité des héparines chinoises et risque d’encéphalopathie spongiforme bovine (exposé scientifique I)

[Note d’Elena Pasca: cette présentation et explication scientifique richement documentée et référencée, daté du 20 octobre 2010, fait partie des documents rassemblés sur le site de la Fondation Sciences Citoyennes, qui a mené une campagne de soutien (coordonnée par moi, Elena Pasca) au lanceur d’alerte Jacques Poirier. Puisque les documents sont dans un grand fichier PDF téléchargeable, donc plus difficiles d’accès, Didier Levieux m’a demandé de reprendre cette présentation sur Pharmacritique, afin de compléter, par cet exposé scientifique, les articles déjà parus sur le blog, dans la catégorie « Héparines chinoises, Lovenox°, prion, chondroïtine », et accessibles à partir de cette page. A noter que le Dr Levieux a déjà publié sur Pharmacritique un article édifiant intitulé « Jacques Poirier et les héparines de Sanofi : "conflit de travail" ou sécurité sanitaire négligée ? »]

Par le Dr Didier Levieux

Directeur de recherches honoraires à l’INRA

1. L'héparine : indications, mode d'action, structure

2. La production d’héparine

3. La commercialisation de l'héparine en France

4. L'importance économique de l'héparine pour Sanofi-Aventis

5. L'importance économique des héparines chinoises

6. Le problème de la sécurité des matières premières d'origine chinoise

7. Les conséquences de l'encéphalite spongiforme bovine (ESB)

8. Le risque d'encéphalopathie spongiforme transmissible (EST)

9. Les "Matériaux à Risque Spécifié", la liste actuelle

10. Les possibilités de sécurisation de l’héparine

10.1 Qualité des sources de matières premières et leur traçabilité

10.2 Capacité du procédé de fabrication à inactiver le prion

10.3 Contrôles analytiques

10.3.1. Contrôle de la matière première princeps : la muqueuse intestinale

10.3.2 Contrôle de l'héparine en cours de purification (héparine "brute")

10.3.2.1. Détection des contaminants spécifiques d'espèce

10.3.2.1.1. Recherche de fragments d'ADN spécifiques d'espèce

10.3.2.1.2. Recherche de protéines spécifiques

10.3.2.2. Recherche de contaminants polysaccharidiques

10.3.3 Contrôle de l'héparine pure

11. La contamination de l'héparine par la chondroïtine persulfatée

11.1 Les accidents mortels aux Etat-Unis

11.2 Chondroïtine sulfate, chondroïtine persulfatée ?

11.3 L'origine de la contamination : la filière chinoise

11.4 La toxicité de la chondroïtine persulfatée

12. Aux Etats-Unis, le Congrès s'inquiète

13. Où en est-on aujourd'hui? Une évolution inquiétante de la Pharmacopée européenne et française

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16/02/2011

Biais, manipulation et falsification de la recherche médicale financée par l’industrie pharmaceutique (article d’Arznei-Telegramm)

La revue allemande Arznei-Telegramm, ma principale source et référence en raison de son excellente qualité et de son indépendance, Wolfgang Becker-Brüser.jpgpubliait le 15 janvier 2010 un article incontournable qui passe en revue plusieurs méthodes utilisées par les firmes pharmaceutiques pour influencer le résultat des essais cliniques qu’elles financent, et ainsi manipuler et fausser la recherche, les recommandations de bonne pratique et l’information fondées sur ces derniers.

Le financement industriel de la recherche clinique est par ailleurs l’une des formes majeures que prennent les conflits d’intérêts. Puisque les leaders d’opinion (key opinion leaders) payés pour être des investigateurs / évaluateurs des médicaments dans la recherche seront à la fois juge et partie… Ces investigateurs ne sont pas toujours les vrais auteurs, ils peuvent n’avoir qu’un accès partiel aux données ou ne pas y avoir participé du tout, mais prêter leur nom (auteurs « honoraires » ou « invités ») moyennant finances…

Ces mêmes leaders d’opinion se retrouvent en même temps en position de consultants pour les laboratoires; membres des comités de rédaction de la presse médicale, elle aussi dépendante; experts auprès des hommes politiques et des autorités sanitaires qui autorisent les médicaments testés dans lesdits essais; membres des comités scientifiques des associations de malades (instrumentalisées pour faire de la publicité aux molécules des labos qui les financent); grands pontes dans les hôpitaux qui décident de la stratégie thérapeutique; conseillers des media grand public; conférenciers et formateurs dans la formation médicale initiale et continue… Et ainsi de suite. C’est un verrouillage complet du système, à tous les niveaux, puisque les mêmes experts payés par les firmes en occupent toutes les articulations stratégiques et peuvent donc l’influencer et l’instrumentaliser selon les intérêts des laboratoires pharmaceutiques.

C’est d’une désinformation organisée et délibérée qu’on doit parler, puisque les multiples biais et façons d’influencer et falsifier les résultats des essais cliniques, le ghostwriting et le marketing intervenant dans la rédaction des articles ainsi que la publication sélective créent une image totalement faussée de l’utilité et de l’efficacité des médicaments.

L’article s’intitule « Le financement par les firmes crée un potentiel considérable de manipulation de la recherche » (« Firmenfinanzierte Forschung – erhebliches Manipulationspotential », a-t 2010; 41: 1-3) et prend pour point de départ les agissements de Pfizer dans le cas d’un antidépresseur que la firme voulait voir homologué. Cela aurait été impossible si les données avaient été transparentes et publiées en totalité, puisque globalement, elles ne mettaient en évidence aucune efficacité. Du coup, Pfizer a essayé de cacher les études à résultat négatif.

Plusieurs autres exemples sont donnés afin de prouver sans conteste à quel point l’information que nous avons est tronquée et très éloignée de la réalité, du fait de la publication sélective, de l’occultation des effets secondaires et d’autres agissements qui sont monnaie courante. Nous le verrons en lisant l’article, que je traduis intégralement, avec l’aimable autorisation du directeur d’Arznei-Telegramm, le Dr Wolfgang Becker-Brüser (photo tirée de ce site).


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13/02/2011

La corruption et les conflits d’intérêts ont la vie dure… Le Bribery Act britannique est reporté sine die

La presse britannique disait que le « Bribery Act of 2010 » allait être la législation la plus stricte au monde en matière de lutte contre Bribery Act of 2010 ministère Justice GB.jpgtoutes les facettes de la corruption, incluant certaines formes de conflits d’intérêts, y compris en médecine.

La même presse a rendu compte régulièrement des tentatives des multinationales (et autres groupes de pression privés) de vider la loi de sa substance, puis d’en empêcher le vote ou l’application. Leur lobbying intensif a porté ses fruits. L’application du Bribery Act (loi anticorruption), qui a été la toute dernière loi votée sous le gouvernement travailliste et qui devait entrer en vigueur au mois d’avril 2011 après avoir été contresignée par la reine Elisabeth II, a été de nouveau reportée, et cette fois-ci sine die, par la coalition des conservateurs et des libéraux, ouvertement alliés à la Confédération des industriels britanniques (CBI). Prétexte ? Elle pourrait nuire à la compétitivité des entreprises britanniques…

Dans la suite de l’article, je reviens sur quelques aspects de la loi – dont le texte est consultable sur le site du ministère de la Justice – et ses implications, ainsi que sur d’autres dimensions corrélatives relevées dans la presse britannique. Je rends compte de l’article paru début février sur le site du British Medical Journal, qui aborde la loi et les implications de son report sous l’angle des conflits d’intérêts médico-pharmaceutiques. A la fin de l'article, vous trouverez quelques extraits du texte de loi.

J’ai souvent dit sur Pharmacritique qu’une étape indispensable dans l’élimination des conflits d’intérêts était juridique : il faut un qualificatif juridique des actes commis, afin de pouvoir à la fois réprimer les dérapages et dissuader. Les Etats-Unis restent toujours inégalés, avec leur False Claims Act et d’autres dispositifs législatifs, certes imparfaits, mais permettant de poursuivre les laboratoires en justice, d’obtenir des informations autrement inaccessibles et de protéger les lanceurs d’alerte. Le Sunshine Act (voir cet article et celui-ci), qui entrera en vigueur en 2013 – s’il résiste à la forte contestation actuelle -, contient lui aussi d’autres dispositions qui apporteront de la transparence, voire permettront de réprimer certaines formes de conflits d’intérêts à plusieurs niveaux du circuit du médicament et de la pratique médicale (grossistes du médicament, self-referral, etc.).

Le Bribery Act britannique apporte un qualificatif juridique exemplaire : il inscrit des paragraphes spécifiques et adaptés aux pratiques médico-pharmaceutiques dans le Code pénal, pour réprimer directement certaines formes de conflits d’intérêts…

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11/02/2011

Antivaccin et scientistes prédisant l'apocalypse par les vaccins ou par la grippe A: autocritique ou rationalisations un an après?

J'ai écrit cet article d'une traite, le 22 décembre 2010. Il est resté dans un tiroir. Je le poste tel quel, sans relecture. Certains n'apprécieront Madame Soleil.jpgpas, mais je ne suis pas là pour me faire des amis. Le problème abordé est important, par-delà la forme brute et spontanée.

Le 22 décembre 2009, j'ai reçu (sur une messagerie privée (!)) un courriel furieux  que je trouve assez représentatif de l'ensemble de ce qu'on m'a jeté à la figure à cause du travail d'information de Pharmacritique sur la grippe AH1N1 et les vaccins. L'expéditrice me donnait rendez-vous un an après pour constater les conséquences "eugénistes" (et autres) des vaccins contre la grippe A H1N1, mais pas seulement, puisqu'elle citait aussi un vaccin contre l'hépatite B. Elle disait qu'un an après, l'irresponsabilité de mon argumentaire serait clairement démontrée dans les faits qui n'allaient pas manquer de se produire... (A l'époque, je ne voulais pas céder aux peurs ambiantes et avais aussi demandé aux commentateurs médecins de ne pas donner des conseils personnalisés qui inciteraient les gens à ne pas se faire vacciner par peur des effets secondaires. Ce n'est pas le rôle d'un blog / site internet de se substituer à la consultation médicale et d'aller au-delà d'informations générales, certes sourcées et référencées, données pour faire réfléchir et aider à la formation d'un esprit critique).

Je me demande où est l'hécatombe annoncée par des experts scientistes tels Antoine Flahault, d'une part (30.000 morts), mais aussi, d'autre part, par des antivaccinalistes tels Marc Girard (60.000 victimes des vaccins, de mémoire), sans parler des antivaccinalistes les plus extrêmes, ceux adeptes de la théorie du complot / conspiration mondiale, qui voyaient de l'eugénisme au bout de l'aiguille, décimant un quart de l'humanité.

Est-ce que les deux parties viendront reconnaître leurs erreurs et surtout les conséquences désastreuses que leurs approches - qui se nourrissent l'une l'autre, dialectiquement - ont sur la réaction des citoyens face à des éventuels problèmes réels de santé publique?

Le doute est primordial pour la méthode. La philosophe que je suis va encore plus loin. Mais le doute doit être fondé, argumenté, pas amplifié du fait de la transmission par les réseau sociaux - problème que je souligne à nouveau -, ni basé sur des idéologies et des convictions et modes de vie personnels qui permettent de présenter les faits dans la lumière voulue...

Peut-on admettre que - pour démontrer l'inefficacité et les failles du système - certains mélangent pommes et poires, par exemple en passant des vaccins antigrippe aux vaccins contre l'hépatite B et de celui-ci au Médiator, comme si c'était la même chose? Les antivaccinalistes le font, mais ce qui me paraît plus problématique, c'est qu'un expert désormais très médiatique et ayant beaucoup de suiveurs (sans trop de recul critique) tels que Marc Girard n'est pas loin de faire la même chose. En particulier dans son livre, qui passe confusément d'un dossier à un autre, d'une accusation à une autre, sur un ton de règlement de comptes que j'ai déjà critiqué (et il m'en a voulu, mais tant pis). Une certaine réserve idéologique et une certaine retenue devrait être de mise lorsqu'on parle en tant qu'expert.

Car autrement, quelle différence entre les faits déformés par les conflits d'intérêts matériels avec les industriels et ceux déformés du fait d'une vision idéologique qui oriente l'interprétation? Comme disait Nietzsche, il n'y a pas de faits, il n'y a que des interprétations. Comment sortir de ce relativisme qui rend impossbiles à la fois la science et la morale? Il faut d'abord distinguer entre foi et savoir. Puis s'en tenir à une méthode rigoureuse. Seule l'information issue d'études et interprétations faites selon des paramètres méthodologiques très stricts et rigoureux, vérifiables et reproductibles, exempts de sources de biais et de conflits d'intérêts - seule celle-là devrait être prise comme un argument valable - mais pas une certitude - dans une lecture critique aux sources multiples dont nous ne pourrons jamais nous dispenser.

Je n'adhère ni aux certitudes scientistes à la Antoine Flahault, Jean-François Delfraissy, Claude Hannoun ou d'autres experts ayant des conflits d'intérêts, ni aux certitudes presque inversement symétriques des antivaccinalistes. Tout cela - et surtout ce que je pense des conséquences de cet épisode symptomatique de la destruction de la raison - est détaillé dans l'analyse faite en décembre 2009: "Grippe A H1N1: valse des morts pour attiser les peurs. Dialectique des contraires entre l'apocalypse des scientistes et l'hécatombe des antivaccinalistes".

L'article est toujours d'actualité, parce que j'y ai posé le problème des conséquences de toutes ces exagérations dé-raisonnables, qu'elles soient scientistes ou irrationalistes, sur l'exercice même de la raison et les limites éthiques de la science, sur l'esprit critique des gens et les habitudes prises pour s'informer: des rumeurs juxtaposées et mâtinées de quelques éléments véridiques, des idéologèmes appliqués sans recul critique à des faits non analysés - cela suffirait pour être crédible de nos jours... Triste état de la raison! On se fie aux experts et aux idéologues de son camp, ou alors aux autorités - avec le même aveuglement dans les deux cas. Les préjugés, stéréotypes et autres biais de la connaissance jouent à plein et évitent de penser par soi-même... C'est certes leur rôle en tant que repères dans la connaissance, mais uniquement à un stade primitif, initial, le temps d'une première orientation. S'arrêter là, c'est s'aveugler volontairement, se poser non pas des limites, mais des bornes. Des oeillères. Or je n'en veux pas, quelle qu'en soit l'origine, quelles que soient les "compétences expertales" des leaders d'opinion de tous bords et de toutes castes.

C'est ainsi - et non pas comme une question de personnes - qu'il faut comprendre mon attitude, ici ou ailleurs. Pourquoi certains qui vantent les mérites de l'indépendance ne la supportent pas dans faits, surtout lorsqu'on l'applique à eux aussi ? Doit-on définir un camp, puis être indépendant du camp d'en face, mais dépendant des leaders d'opinion de son propre camp? Ce n'est même pas logique... Alors éthique, encore moins... Quant à la morale... Une telle attitude de partialité partisane la rend impossible.

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09/02/2011

Médiator : faut-il avoir peur des médicaments ? Vidéo du débat sur la LCP, avec Christian Lajoux...

J’ai déjà évoqué ce débat qui a eu lieu le 10 janvier 2011 sur la Chaîne Parlementaire, dans l'émission "Ca vous regarde".

En fait, ce n'est pas la vidéo qui compte - ça, c'est plutôt pour les archives, parce qu'on ne peut pas dire grand-chose lors d'un tel débat. Si vous n'avez que peu de temps, je vous invite à lire surtout l'article, qui porte presque le même titre: « Médiator et les autres : faut-il avoir peur des médicaments ?  Débat suivi d’informations, explications, liens… »

J’y ai exposé – sur 15 pages - beaucoup de thématiques que j’aurais aimé pouvoir aborder lors de l’émission… Il contient aussi beaucoup de liens permettant d’approfondir des questions essentielles sur le contrôle quasi total de l'industrie pharmaceutique sur toute la filière médicament (sous-notification des effets indésirables, information inexistante sur les risques des médicaments, financement des agences sanitaires, formation médicale continue sous la coupe de l’industrie pharmaceutique, visite médicale et nouvelles stratégies marketing des laboratoires, biais dans la recherche clinique, formes plus ou moins visibles de conflits d’intérêts, presse médicale aux ordres des firmes, conflits d’intérêts des associations de patients, verrouillage du système par les leaders d’opinion, ghost management, conflits d’intérêts de la famille Sarkozy, panne de l’innovation, chiffres-clés d’une analyse socio-économique des pharmas…).

Je rappelle ici simplement les participants au débat, puis l’annonce sur le site de la LCP: Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne;  Christian Lajoux, Président du LEEM, PDG de Sanofi-Aventis France; José Duquenoy, président de l’association ADVM (victimes du Médiator de la région Nord); Elena Pasca, philosophe et vice-présidente de la Fondation Sciences Citoyennes, blog Pharmacritique.

 


Mediator : faut-il avoir peur des médicaments ?
envoyé par LCP. -

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05/02/2011

Jacques Poirier et les héparines : "conflit de travail" ou sécurité sanitaire négligée ?

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

01/02/2011

Entrevue virtuelle avec Jean Peneff: "La France malade de ses médecins" [1]

Par Pierre Biron jean peneff sociologie de la médecine,la france malade de ses médecins,surmédicalisation surmédicamentation,prescriptions médicales irrationnelles,dr knock médicalisation,disease mongering médecine,clinique et technicisation médecine,abus de prévention médecine,commerce privatisation médecine

médecin et anciennement professeur-chercheur en pharmacologie à l’Université de Montréal [2]


Question – Le rôle traditionnel de soignant est-il en train d’être détrôné par un rôle de pourvoyeur en vue de meilleures performances du corps humain ?

Réponse – Oui… la recherche du plaisir, la stimulation des sens, l’accroissement des capacités physiques, sexuelles, sportives ou intellectuelles font partie des nouvelles exigences des classes aisées urbaines. On passe ainsi de ‘maladie’ à ‘trouble de santé’, de ‘santé’ à ‘dépassement de soi’ avec recherche de performances, travail sur les sensations ou les sentiments à partir de la chimie, ou travail sur l’apparence.

Q – Comment pratiquent alors ces médecins devenus des pourvoyeurs et des « gros prescripteurs » plutôt que des soignants prudents?

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30/01/2011

Héparines : du côté des conflits d’intérêts

Par Anne-Sophie Versier

Ingrédient indispensable de tout scandale sanitaire, du sang contaminé à l’hormone de croissance ou au Mediator: les conflits d’intérêts. Il s’agit le plus souvent d’un conflit entre un intérêt économique et la santé publique : des élus défendent la rentabilité d’un laboratoire au nom de la sauvegarde du commerce extérieur ou de l’emploi, et des médecins leaders d’opinion englués dans des liens incestueux avec les laboratoires ne sont plus en mesure de distinguer l’intérêt général de l’intérêt privé.

Dans le cas des héparines dont Pharmacritique a déjà abondamment traité (voir cet article et celui-ci), on retrouve ces mêmes conflits d’intérêts au cœur du système. En voici un exemple parmi bien d’autres, suivi de quelques interrogations.

 

héparines NTtimes Ariana Lindquist.jpg

[NdR: l'image est tirée d'un article du New York Times du 28.02.2008 intitulé "Twists in Chain of Supplies for Blood Drug").

A l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), le groupe de travail chargé des traitements de la thrombose reçoit pour président le Pr Philippe Lechat en janvier 2007. A cette époque, le Pr Lechat mène pourtant l’étude VALIDE pour Sanofi-Aventis, destinée à valider l’usage du Lovenox° (énoxaparine) chez des insuffisants rénaux, ainsi qu’il l’a mentionné dans sa précédente (et dernière) déclaration publique d’intérêts publiée.

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27/01/2011

23% des Français renoncent à des soins faute d’argent. Les résultats du Baromètre Cercle Santé analysant 8 pays

 

accès aux soins Pancho.jpg

L'image est tirée du site de France Handicap, où elle illustre l'article "Minimum vieillesse, adultés handicapés et chômeurs... Les oubliés de la CMU".

Le rapport du Baromètre Cercle Santé, réalisé par l’Institut CSA pour la compagnie d’assurances Europ’Assistance, porte sur sept pays européens (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Suède, Pologne et Autriche), auxquels s’ajoutent, pour la première fois, les Etats-Unis. La dernière édition, rendue publique en septembre 2010, nous apprend quelles sont les inquiétudes des Français – dans le contexte européen – quant au système de santé et de soins, mais aussi les tendances, inquiétantes, dans le recours aux soins, leur accessibilité et leur qualité.

Ce sondage à grande échelle complète l'analyse de Health Consumer Powerhouse, portant plus sur les détails de la qualité de soins selon des critères factuels, dont j'avais rendu compte dans un article du 31 janvier 2009 intitulé "Dessous de table, listes d'attente, accès restreint à certains soins, information limitée, autoritarisme... Le système de santé français n'est plus que 10ème en Europe".

Voici quelques-uns des résultats du Baromètre Cercle Santé. J'ai extrait ceux qui concernent les perceptions des Français, avant de passer au communiqué de presse dont je complète les chiffres, sur certains points importants, par des extraits de la synthèse ou de la version intégrale du rapport (celle-ci est téléchargeable à partir de la page principale). Quelques commentaires et des liens placés à la fin de l'article permettent d'aller plus loin au sujet des inégalités socio-économiques en santé. Certes, on a déjà parlé de ce sondage, mais un seul chiffre a retenu l'attention des media. Or il me semble que le tableau d'ensemble mérite attention.

49% des Français estiment que le système de santé actuel ne garantit pas l’égalité d’accès aux soins (48% oui, 3% ne savent pas). Ils sont 23% à avoir renoncé à des soins en 2010 – pour 11% en 2009 - et 12% à penser qu’ils seront peut-être amenés à le faire. Sur les huit pays pris en compte, seuls les Polonais (25%) et les Américains ont été dans une situation plus difficile (24%) de ce point de vue. C’est une progression de 12%, la même que celle enregistrée en Pologne, très forte par rapport aux autres pays. Ce n’est qu’en Allemagne et en Italie que le nombre de personnes ayant dû renoncer à des soins ou les reporter à augmenté, notamment de 5%.

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21/01/2011

Violence, homicides, agressions : effets secondaires de 31 médicaments tels que Champix, antidépresseurs, sédatifs / hypnotiques, Ritaline…

Un article paru le 15 décembre 2010 dans la revue en libre accès PLoS One (Public Library of Science) sous le titre « Prescription Drugs Champix violence Revolution Broadcasting.jpgAssociated with Reports of Violence Towards Others » (Médicaments d’ordonnance signalés pour leurs effets secondaires de violence envers autrui) rend compte d’une étude rétrospective des signalements à la pharmacovigilance des Etats-Unis (FDA : Food and Drug Administration) entre 2004 et 2009.

31 médicaments ont été mis en cause pour 1527 actes de violence : crimes, idéation meurtrière, violences sur les personnes, abus sexuel et autres actes de violence commis sur d’autres personnes.

Le médicament le plus incriminé pour de tels effets secondaires est le Champix (tartrate de varénicline), suivi de onze antidépresseurs, six sédatifs / hypnotiques et trois médicaments prescrits dans le TDAH (trouble déficit d’attention avec hyperactivité). Voir plus bas pour la liste.

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Co-responsables de l'inflation des coûts de Medicare, les médecins protestent contre la diminution de leurs honoraires

Moins bien payés que par les assurances privées, un médecin sur cinq - toutes spécialités confondues - et jusqu'à un tiers des généralistes Medicare Kaiser.jpgdes Etats-Unis refusent de plus en plus de patients dépendant du programme public Medicare. Celui-ci rembourse certains soins (élémentaires, choisis en fonction du coût, de la durée et d'autres critères tout aussi "humanistes") à des patients sans ressources des catégories suivantes: personnes âgées, handicapés, certains malades chroniques à affections sévères et personnel militaire pauvre.

Or non seulement rien n'est fait pour que la tendance à l'exclusion  des pauvres s'inverse, mais au contraire, une coupe de 21% à 25% est imminente dans les remboursements des honoraires des médecins par Medicare.

Ce programme public a été utilisé par la plupart des médecins comme une vache à lait infinie, et des laboratoires pharmaceutiques tels que Sanofi-Aventis ont fraudé à répétition, ce qui a mené à une forte augmentation du coût global de cette assurance-maladie (voir plus bas).

Mais on n'assiste malheureusement à aucune analyse structurelle et mise en cause des pratiques médicales ; non, on ne voit - comme d'habitude - que les plaintes des médecins contre la diminution de leurs honoraires... Certes, les problèmes que connaît Medicare sont multifactoriels, mais je choisis d'aborder cet angle-là, parce que les pratiques de prescription et surprescription des médecins ne sont jamais mises en cause comme un facteur responsable de la dégradation des systèmes de soins, et qu'il me semble inacceptable que ce soient toujours les patients qui trinquent.

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20/01/2011

Affaire des héparines frelatées : scandale de santé publique, lanceur d’alerte viré, discrimination entre patients et distorsion de concurrence

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

16/01/2011

Xavier Bertrand annonce une réforme globale de la filière médicament et de la pharmacovigilance, une transparence totale sur les conflits d'intérêts...

Le cabinet de Xavier Bertrand a envoyé aux rédactions - y compris à Pharmacritique - une synthèse de ses "propositions d'action" suivie IGAS logo.jpgde son intervention lors de la conférence de presse du 15 janvier 2011, qui a fait suite à la remise du rapport de l'IGAS intitulé sobrement "Enquête sur le Médiator", dont voici l'intégralité. C'est du bon travail, et les inspecteurs ne mâchent pas leurs mots. A bon entendeur...

Quoi dire des propos et propositions de Xavier Bertrand (que je reprends plus bas) ? Chiche!

Attendons les actes. On jugera sur pièces, parce que les belles paroles sont là, mais peut-être en sont-elles que des "paroles, paroles, paroles", comme disait la chanson... Des paroles choisies pour faire tilt aux oreilles des critiques de longue date des conflits d'intérêts en santé et de leurs conséquences sur l'ensemble de la filière médicament, depuis la recherche clinique jusqu'à l'évaluation et l'autorisation de mise sur le marché (AMM), à la pharmacovigilance, à la formation médicale initiale et continue, puis jusqu'aux modalités d'information (ou plutôt désinformation) des médecins et du public sur le médicament, ses bénéfices et ses risques.

J'ai commencé il y a des années à donner le Physician Payment Sunshine Act comme exemple (première publication sur Pharmacritique le 17 décembre 2007, mais j'avais d'autres supports avant), en présentant aussi d'autres dispositifs et projets anglo-saxons dont on pourrait s'inspirer et en parlant de l'ennemi N° 1 des pharmas aux Etats-Unis, à savoir le sénateur Charles Grassley... Cela inspirait des réactions mitigées, compte tenu des vues de ce sénateur de droite, conservateur à l'américaine, dont les convictions ne cadrent certainement pas avec les miennes, ni avec celles de la plupart de mes interlocuteurs... Mais il a beaucoup de mérites autres, et vu le nombre de médicaments dangereux qu'il a contribué à neutraliser, vu les actions qu'il est capable de mener, y compris avec des partenaires démocrates, et la protection des lanceurs d'alerte qu'il a appris à apprécier malgré son enracinement politique - eh bien, il mérite que je m'attire quelques railleries.

Désormais, Chuck Grassley et le Sunshine Act dont il est le principal auteur et "promoteur" font partie des références "classiques" même pour les critiques français des pharmas. Qui ont aussi compris qu'il valait mieux laisser les préjugés de côté, aller au-delà d'une certaine supériorité française qui interdisait de se pencher sur les choses au-delà des apparences et prédisposait à des interprétations superficielles... Il vaut mieux s'interroger sur l'intérêt de certains dispositifs juridiques d'inspiration anglo-saxonne portant sur l'information des usagers, la protection des lanceurs d'alerte, l'importance des qualifications juridiques permettant de réprimer les dérapages des labos de même que les conséquences des conflits d'intérêts. Je peux dire que le message est bien passé. De proche en proche, de support en support. Xavier Bertrand en parle même comme d'une évidence.

Le Sunshine Act deviendra effectif en 2013, sous la forme que j'ai évoquée dans ce communiqué de presse fait pour la Fondation Sciences Citoyennes, qui a eu un grand succès. Nous exigions justement que la France suive l'exemple et mette en place un tel dispositif - et tout ce qu'il faudra pour qu'il y ait une véritable transparence sur les conflits d'intérêts en santé. Tout en soulignant que la transparence n'était qu'une étape et non pas un objectif en soi. Le but ultime, c'est l'élimination des conflits d'intérêts, la refonte globale et radicale de l'ensemble du système de santé, d'expertise et d'évaluation.

La Fondation Sciences Citoyennes parle, dans ce communiqué comme dans d'autres documents - et en particulier dans une proposition de loi sur la déontologie de l'expertise et la protection des lanceurs d'alerte -, de l'urgence à définir les principes d'une déontologie (et non pas une simple éthique contextuelle et relative) de l'expertise. Nous proposons de faire cela à travers une instance éthique appelée Haute autorité de l'expertise et de l'alerte, qui, comme son nom l'indique, aurait aussi pour mission de définir le statut du lanceur d'alerte et les modalités de son intervention et de sa protection. Ce qui implique aussi des changements dans certains domaines du droit. Y compris pour définir les modalités de l'exercice des capacités décisionnaires par les citoyens, ainsi que de l'exercice d'une expertise citoyenne dont les contours restent à définir par cette instance éthique.

L'expertise se doit d'être systématiquement pluraliste, contradictoire, transparente, multidisciplinaire, afin que les décisions politiques qui sont prises sur cette base traduisent autant que possible l'intérêt général et non pas les intérêts économiques de quelques industriels qui peuvent se payer une armée de leaders d'opinion qui verrouillent le système depuis la recherche clinique jusqu'à l'information...

Il est donc assez intéressant de voir quelle forme prendra le "Conseil de déontologie" dont parle Xavier Bertrand, de l'entendre faire appel à des lanceurs d'alerte protégés, parler d'une expertise pluraliste, multidisciplinaire, avec une participation citoyenne à tous les niveaux. Et avec une transparence à tous les niveaux, y compris s'agissant d'avis minoritaires exprimés lors de délibérations qui doivent être rendues publiques.

Il y a ainsi beaucoup d'éléments intéressants dans ce que dit Bertrand et dont un certain nombre recoupent les exigences de la Fondation Sciences Citoyennes. Mais ce discours est-il vraiment crédible ? L'imbrication entre l'industrie pharmaceutique et les hommes politiques comme la haute fonction publique - et désormais même entre la recherche publique et celle privée - est telle qu'un discours parlant de tout mettre à plat semble plus fait pour des effets d'annonce. Mais je serai la première à applaudir si j'ai tort.

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15/01/2011

Le Médiator et les autres: faut-il avoir peur des médicaments ? 15 pages d'informations et liens utiles

Le lundi 10 janvier 2011 à 19 : 00, j'ai participé à un débat sur la LCP (La chaîne parlementaire - Assemblée nationale), intitulé "Médiator: faut-il avoir peur des médicaments?" Il s'agissait de situer le Médiator dans le contexte, de comprendre comment ce "drame" - que le patron de l'industrie pharmaceutique Christian Lajoux" désignait comme un "accident" - a pu se produire et si d'autres catastrophes sanitaires sont actuellement en cours ou à venir.

Les participants étaient: Gérard Bapt (député PS, cardiologue de formation), José Duquesnoy (président de l'association des victimes du Médiator ADVM, de la région du Nord), Christian Lajoux (président directeur général de Sanofi-Aventis France et patron du L€€M (syndicat patronal des 300 laboratoires pharma actifs en France) et moi-même (Elena Pasca, philosophe, administratrice de la Fondation Sciences Citoyennes et "auteure" de Pharmacritique). Le débat était animé par le présentateur de l’émission « Ca vous regarde », Arnaud Ardoin.

Cliquez sur « Lire la suite » pour accéder aux commentaires, informations, liens, explications… qui dépassent très largement les thèmes abordés lors du débat. J’essaie d’aborder plusieurs dimensions illustrant le contrôle total de l’industrie pharmaceutique sur la filière du médicament et sur toute l’information qui s’y rattache.

Entre autres: nouvelles tendances: marketing relationnel vs R&D; données socio-économiques des pharmas; conflits d'intérêts des associations; leaders d'opinion (médecins et leaders associatifs) qui verrouillent le système de santé et de soins; industrie du cancer, irrationalité de la pensée s'agissant de certains médicaments; absence d'analyse coût - efficacité; formation médicale continue et presse médicale dans les mains des pharmas; certains propos de Christian Lajoux; l'hypocrisie générale des autorités sanitaires et des médecins quant aux conflits d'intérêts; l'ineptie des codes volontaires de déontologie, etc., etc. Tout cela avec des liens pour approfondir.

La vidéo de l'émission (48 minutes) et l'annonce par la LCP se trouvent dans cet article. Ici, je souhaite rappeler - sur une quinzaine de pages - certaines problématiques essentielles, en donnant des liens pour approfondir. Bref, ce que j'aurais voulu dire dans l'émission si j'avais eu le temps...

Une image très négative de l’industrie pharmaceutique, d’où l'urgence d'une communication très soignée…

Dans des pays où l’opinion publique a pris conscience de la gravité de la situation, suite à des scandales révélés par des media qui font leur travail au quotidien - et non pas une fois par décennie, comme chez nous pour le Médiator -, l’image des laboratoires pharmaceutiques est très détériorée.

Un sondage commandité en 2005 par la Kaiser Family Foundation confirmait l’effondrement de l’image de l’industrie pharmaceutique, et ce malgré les mécénats et autres œuvres de charité pour lesquelles elle dépense plus que d’autres industries aux Etats-Unis.

Seules l’industrie pétrolière et celle du tabac faisait pire. Pour 70% des personnes interrogées, c’est l’industrie pharmaceutique qui est la plus avide de profits et, pour ce faire, met le profit avant les êtres humains, profite de leur malheur.

Selon un sondage de Harris de décembre 2010, les trois industries qu’il est le plus urgent et indispensable de contrôler et de réguler sont, dans l’ordre, l’industrie pétrolière, celle pharmaceutique et celle du tabac. Ces trois sont aussi les moins dignes de confiance et les plus susceptibles d’être malhonnêtes. (Je reviendrai sur cette image dégradée des laboratoires, car il est évident qu’elle explique le recours accru à tout ce pourrait la redresser, donc à des lobbyistes et leurs méthodes publicitaires et de relations publiques).

LEEM : la branche française du lobby le plus puissant au monde, celui qui dépense aussi le plus en activités de lobbying / communication / relations publiques…

Je commence par rappeler quelques-unes des notes parues sur Pharmacritique au sujet du L€€M (Les Entreprises du médicament), représenté par Christian Lajoux lors du débat, histoire de mieux faire comprendre de qui il s'agit. Car il y a une grande différence entre l'image et la réalité, entre le discours et les actes, et j'ai rappelé lors du débat que l'industrie pharmaceutique emploie moult cabinets de lobbyistes qui servent à lisser l'image et à maîtriser la communication et les artifices rhétoriques de façon à détourner le débat vers des terrains consensuels ou en tout cas pas minés, pas de nature à éveiller un esprit critique peu aiguisé en France.

Ceux qui ont suivi les deux séminaires d’ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying) ont pu mieux comprendre à quel point un lobbyiste maîtrise les techniques de persuasion les plus perfectionnées, qui peuvent vous convaincre que 2 + 2 = 5, malgré toutes les preuves contraires.

Les représentants des pharmas se cachent toujours derrière  diverses formes de clichés du genre: l'industrie pharmaceutique crée des emplois, est indispensable à la société sous sa forme actuelle, car c'est elle qui lui permet les investissements et la recherche permettant de soigner et guérir des maladies telles les cancers, le SIDA, etc.

Ce sont des lobbyistes qui élaborent pour leurs clients les réponses et les stratégies rhétoriques, et j'avais fait remarquer aux autres participants, avant l'émission, qu'il ne fallait pas suivre Christian Lajoux sur ce terrain-là, parce que nous ne pouvions pas à la hauteur. Je le sais pour avoir suivi et analysé la nature de ses interventions médiatiques, servi comme il est par des journalistes pour le moins serviables, si ce n’est serviles. Si les interlocuteurs laissent Lajoux poser les termes du débat, c’est fini, c’est lui qui mène la danse, et les autres perdent leur temps de parole à déjouer les pièges et autres artifices rhétoriques, au lieu de discuter de façon argumentée et chiffrée, sans langue de bois.

Mais la structure d'un tel débat - interventions courtes, alors qu'il ne peut y avoir de réponse par oui ou par non à de telles questions - et le temps imparti (48 minutes pour quatre intervenants, plus les questions du journaliste, plus les interventions de deux spectateurs dont l'un était un ancien visiteur médical, habitué de l'émission, venu soutenir ses (anciens?) patrons - ne permet pas d'aller au-delà des généralités.

Voici quelques articles et notes (réunis sous la catégorie « Ethique et pharmas, firmes et LEEM ») qui en disent long sur la situation actuelle, où l’industrie pharmaceutique mène la danse, et pas seulement par la rhétorique: on laisse le L€€M s’autoréguler, émettre un code volontaire de bonne conduite, non contrôlée et une charte de la visite médicale, tout aussi volontaire... Ces deux caricatures (celle-ci et celle-ci) montrent à quoi ces codes de déontologie volontaire (sic) peuvent servir, d’un point de vue pragmatique…

*** Sarkozy et l’industrie pharmaceutique : le poisson pourrit par la tête…

Cette autorégulation bafoue par ailleurs tous les principes, à commencer par le sens du terme « déontologie », qui est tout sauf volontaire, puisqu’elle relève même pas des éthiques relatives, arbitraires, concurrentielles, mais de la morale et de ce qu’elle a de normatif, par-delà les applications éthiques. Tout cela signifie en clair qu’on se fiche des principes et de la morale.

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09/01/2011

Astellas attaque la revue Prescrire pour "dénigrement" du Protopic. Il est urgent de protéger les lanceurs d’alerte

Voila ce qui se passe dans un pays qui ne protège pas ses lanceurs d’alerte, qui doivent subir des poursuites-bâillon visant à les poursuites bâillon.jpgintimider et les discréditer, mais aussi à faire un "exemple", c’est-à-dire à dissuader toute éventuelle critique d’un médicament ou dispositif médical, en l’occurrence. Mais même si le lobby pharmaceutique est le plus puissant au monde – c’est l’industrie qui dépense le plus pour des activités de lobbying (et consultance, communication / "relations publiques", marketing, etc.), - ces poursuites-bâillon ne sont pas son apanage exclusif.

Tous les industriels pratiquent ce qu’on appelle les SLAPP (strategic lawsuit against public participation) : poursuite stratégique contre la mobilisation publique, en particulier dans des pays tels la France, où ils ne risquent rien, mais peuvent facilement arriver à leurs fins: faire peur et donc décourager toute voix critique.

Chez nous, dans un pays qui se dit pourtant une République – par définition soucieuse de la santé et de l’information libre de ses citoyens -, il n’y a pas non plus une vraie loi sur la liberté d’information telle que le FOIA des Etats-Unis (Freedom of Information Act) ; pas d’exigences inscrites dans le droit et dans les moeurs de transparence ; pas de recours collectif en justice (class actions, etc.), ni d’autres façons d’obtenir justice pour les victimes ; pas de qualifications juridiques permettant des poursuites pénales des industriels en cas de dérapage, de médicaments défectueux, de corruption active ou passeive, etc. ; pas d’autorités sanitaires indépendantes de l’argent des industriels, pas de presse médicale indépendante, et ainsi de suite. La notion de "conflits d'intérêts" n'est ni inscrite clairement dans le droit ni enracinée dans la culture publique, politique, entrepreneuriale ou même associative.

Sur toutes les questions liées à la protection des usagers / consommateurs, à la réflexion sur le lobbying, les conflits d'intérêts sous toutes leurs formes, sur toutes les questions liées à la responsabilité des industriels (comme des scientifiques, d'ailleurs) et au fait que ce sont les citoyens qui doivent se resaisir de leurs capacités décisionnaires afin d'exiger des pratiques conformes à l'éthique et des lois strictes - sur tout cela, la France accuse un retard dau moins 20 ans.

Lors d'un débat récent, je donnais un exemple simple illustrant ce retard: c'est en 2005 que le Pr Jean-Claude Salomon parle pour la première fois en France du "complexe médico-industriel" dans un petit livre (salutaire!) du même nom publié par ATTAC. Aux Etats-Unis, on en parlait depuis les années 70, et le Pr Arnold Relman (voir aussi cet article traduit par Pharmacritique sur la marchandisation de la santé) écrivait à ce sujet en 1980, dans une revue qui n'est pas un repaire de gauchistes: New England Journal of Medicine...

Si nous étions dans un pays où la santé publique était l’intérêt majeur, c’est Astellas qui, suite à l’alerte lancée par la revue Prescrire, devrait fournir la preuve que son Protopic° (tacrolimus) a une balance bénéfice – risques favorable… Or chez nous, non seulement on tend à museler les rares voix indépendantes, mais en plus on inverse la charge de la preuve…

Raison de plus d’exiger – et j’en ai parlé plus d’une fois sur Pharmacritique et ailleurs - une analyse lucide de l'ensemble du complexe médico-industriel et la remise à plat de tout le système de santé (incluant donc l'information santé, la transparence sur les conflits d'intérêts, etc.). Exiger en même temps l’élaboration d’une déontologie de l’expertise qui donnerait toute sa place à l’expertise indépendante, dans un système d’expertise systématiquement contradictoire et pluraliste et dont les délibérations comme l’ensemble du processus de décision seraient transparents, depuis la recherche clinique jusqu’à l’AMM (autorisation de mise sur le marché (par l’AFSSAPS), en passant par l'évaluation du service médical rendu (par la HAS) et la fixation des prix (par le CEPS), etc.

La formulation des principes d’une déontologie de l’expertise - qui permettrait aussi d’éliminer progressivement les conflits d’intérêts et enracinerait le principe de l’expertise citoyenne – serait l’une des missions d’une Haute autorité de l’alerte et d’expertise.

Car la définition du statut du lanceur d’alerte et des modalités de sa protection – qui demande des changements surtout dans la législation sur la liberté d’information, dans le Code du travail et celui de la santé publique – ne peut voir le jour que si l’on crée une telle instance éthique indépendante dont les principales dimensions ont été explicitées dans la proposition de loi élaborée par la Fondation Sciences Citoyennes. L’exposé des motifs et le texte sont accessibles à partir de cette page.

La Fondation Sciences Citoyennes a mis en place régulièrement des campagnes de soutien à des lanceurs d’alerte livrés pieds et mains liés aux représailles de leur hiérarchies ou des lobbies concernés. Je rappelle les deux dernières campagnes, en soutien à Gilles-Eric Séralini (sur les risques des OGM, articles à partir de cette page) et à Jacques Poirier.

J’ai coordonné la majeure partie de la campagne de soutien à Jacques Poirier (articles accessibles à partir de cette page), lanceur d’alerte sur le danger des héparines chinoises utilisées dans la fabrication du Lovenox° (énoxaparine). J’ai aussi écrit un article introductif avec beaucoup de liens et invite les lecteurs qui ne l'ont pas encore fait à signer la pétition toujours ouverte.

Le verdict dans ces deux « cas » sera rendu public après la mi-janvier, et nous ne pouvons qu’espérer que, malgré l’absence d’une loi spécifique de protection – telle que le Whistleblower Protection Act aux Etats-Unis, par exemple -, la justice française saura raison garder.

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23/12/2010

Avastin n’est plus autorisé dans le cancer du sein (Etats-Unis). Rappel des problèmes des anticorps monoclonaux (Enbrel, Humira, Tysabri, Herceptin, Xolair...)

Avastin (bevacizumab de Roche) fait partie de ces médicaments issus des biotechnologies très à la mode, et notamment de la classe des avastin.jpganticorps monoclonaux, avec d’autres comme le Herceptin (trastuzumab de Roche), le Humira (adalimumab d'Abbott), le MabThéra (rituximab de Roche) ou encore les anti TNF (Enbrel (etanercept de Wyeth), Remicade (infliximab de Centocor), Raptiva (efalizumab), Tysabri (natalizumab d'Elan Pharma…) utilisés en dernière intention dans des maladies chroniques telles le psoriasis, la sclérose en plaques, l’arthrite rhumatoïde…

Dans les articles déjà parus sur Pharmacritique, j’ai critiqué l’absence d’évaluation digne de ce nom, évoqué les effets secondaires de classe, dont certains sont très graves, posé le problème du rapport coût – efficacité, compte tenu du coût astronomique de ces médicaments, surtout par rapport à leur efficacité plus que discutable et aux effets indésirables gravissimes de type leucoencéphalopathie multifocale, etc…

Le Raptiva, utilisé dans le psoriasis, a été récemment retiré du marché à cause d’effets secondaires de ce type (voir lien plus bas).

Et voici que la FDA (Food and Drug Administration : agence du médicament des Etats-Unis), qui avait accordé à l’Avastin une AMM (autorisation de mise sur le marché) conditionnelle dans le cancer du sein, décide le 16 décembre de la lui retirer, après avoir reporté plusieurs fois la décision, à cause des fortes pressions politiques et associatives. La raison? Les études faites par la suite montrent que l’Avastin n’apporte aucun bénéfice, tout en provoquant des effets secondaires graves, dont certains sont potentiellement mortels…

A noter qu’en Europe, les AMM ont été définitives d’emblée, malgré la quasi-inexistence de preuves de bénéfices apportés par ces médicaments, en particulier dans les cancers.

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14/12/2010

Honoraires des médecins en hausse, mécontentement de l'opinion publique aussi... Le lobby médical critiqué en Allemagne

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel - titre phare de la presse allemande, aux positions centristes -, a publié le 11 octobre 2010, à la page Markus Grill.gif105, un entretien réalisé par Markus Grill. Il s'agit de l'un des meilleurs journalistes d'investigation, spécialisé en santé, qui a publié en 2008 un livre sur l'influence de l'industrie pharmaceutique sur la médecine, les politiques et le système de santé dans son ensemble: Kranke Geschäfte. Wie die Pharmaindustrie uns manipuliert (Des affaires malsaines. Comment l'industrie pharmaceutique nous manipule).

Dans l'interview parue sous le titre « Un entretien désagréable », que je traduis intégralement, Grill interroge un personnage très influent quant au sort économique et social de la médecine et surtout des médecins...

Quelques mot sur le contexte allemand, très important pour comprendre le changement de ton:

L'année dernière, il y a eu quelques scandales impliquant de tels personnages influents, des lobbyistes et autres représentants des intérêts exclusifs des médecins, qui n'ont pas hésité devant des techniques grossières de manipulation de l’opinion publique et des media, devant des méthodes sensationnalistes et des mises en scène (acteurs présentés comme médecins crevant la dalle, fausses manifs, faux chiffres...), pour que les médecins pleurent misère devant les caméras… Des cas isolés de médecins hospitaliers non titularisés, surchargés et sous-payés ont été présentés maintes fois à l'opinion publique comme étant typiques, par exemple. Avec l'intention de conditionner l'opinion, de faire peur à la population en disant que, dans ces conditions, les médecins deviennent un danger, qu'il n'y a pas à s'étonner des erreurs médicales, etc. Si les Allemands veulent des soins sûrs, il faut qu'il paient mieux leurs médecins. Sauf qu'aucune comparaison ne pouvait être faite, faute de savoir la vérité sur les revenus de départ.

Tout cela afin que la population accepte les exigences de toute sorte et les hausses répétées des honoraires des médecins. Ces augmentations ont toujours été exprimées en pourcentages, de façon voilée, parlant de "modèles" de médecins volontairement irréalistes. Il n'y a jamais eu de chiffres clairs.

Le Spiegel avait dénoncé ces méthodes en particulier dans deux articles de 2009, bien documentés, et qui ont contribué à un début de changement d’attitude vis-à-vis des médecins auparavant considérés avec beaucoup de bienveillance et d'indulgence, comme des victimes surexploitées et mal payées, qui se tourneraient tout naturellement vers l'industrie pharmaceutique, pour compenser. Et qui, menacés, seraient obligés de faire un lobbying très intense, de défendre leur position, leurs acquis.

L'un de ces articles, paru le 30 mars 2009 dans une rubrique appelé "Lobbying", s'intitulait "Ärzte ohne Grenzen" : c'est un jeu de mots ironique à partir de "médecins sans frontières", ici au sens opposé de l'humanisme et du dévouement, signifiant sans aucune limite, jamais contents... Bref, des médecins insatiables. Le "Dr Impécable", chouchou des media, devient le Dr Excès, "Dr Démesure" ["Dr. Masslos"]. Et des images de médecins roulant en Porsche Cayenne vers une manifestation pour exiger une hausse d'honoraires n'aident pas...

Du coup, certains media qui se sentaient instrumentalisés ont commencé à s'intéresser de plus près non pas aux discours des lobbyistes, mais aux faits, manifestement bien différents. Et de poser la question d'une certaine indécence, et même d'une indécence certaine, dont témoignait un médecin généraliste très gêné par les revendications.

Indécence à la fois quant aux revenus / honoraires / tarifs, quant à cette opacité sur les relations avec les laboratoires pharmaceutiques (les conflits d'intérêts...), au paternalisme ou à l'arrogance dans les relations avec des patients peu ou pas éclairés, et en général quant aux défauts de plus en plus visibles du système de santé pénalisant toujours plus des patients qui paient de plus en plus pour de moins en moins de soins. Ce sont toujours les usagers qui trinquent, alors que les médecins obtiennent toujours plus et ne s'occupent que de leur paroisse... Ces revendications purement corporatistes et la manipulation de l'opinion ne passent plus. C'est le début de la fin de l'éternelle idylle entre journalistes et médecins, annonçait le Spiegel - lui aussi -, dans cet article du 30 mars.

Et voilà que non seulement ça ne change pas, mais qu'une nouvelle hausse des honoraires arrive, alors que les patients ont à subir des conditions de soins drastiques et des paiements et déremboursements toujours plus importants. A mon avis, les médecins auraient mieux fait de s'abstenir.

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12/12/2010

Vaccin Gardasil: "Judicial Watch" expose les effets secondaires signalés aux Etats-Unis

L'ONG conservatrice "Judicial Watch" a annoncé le 28 septembre les résultats de sa dernière demande auprès de la FDA (Food and Drug Gardasil3.jpgAdministration: agence du médicament des Etats-Unis), en application de la loi sur la liberté de l'information (Freedom of Information Act). Celle-ci oblige toute institution publique à donner les renseignements en sa possession sur simple demande écrite de n'importe quel citoyen.

Judicial Watch a obtenu le détail des effets secondaires du vaccin Gardasil signalés à la FDA entre mai 2009 et septembre 2010. Ils sont résumés sur cette page, où l'ONG parle de 3.589 effets indésirables enregistrés pendant ce laps de temps et s'attarde plus longuement sur certains d'entre eux. Il y aurait 789 signalements d'effets secondaires sévères, dont 213 ont débouché sur une "invalidité permanente", ainsi que 25 cas de syndrome de Guillain-Barré. Il y aurait même 16 morts, parmi lesquels 4 suicides.

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07/12/2010

Dérives sécuritaires en psychiatrie: criminalisation de la folie. Enjeux et conséquences (débat le 9 décembre)

Le jeudi 9 décembre, j’aurai le plaisir d’animer un débat sur les enjeux et conséquences de la criminalisation de la folie, auquel participeront Michaël Guyader (Psychiatre, Collectif des 39 contre la Nuit Sécuritaire), Claude Louzoun (Psychiatre, Collectif Liberté Égalité Justice) et Denis Salas (Magistrat, chargé d’enseignement et de recherche à l’Ecole Nationale de la Magistrature). (Voir plus bas pour les détails).

J’ai parlé à plusieurs reprises (voir cette page, ou encore ici et ici, par exemple) du mouvement contre La Nuit Sécuritaire et rappelle que la pétition lancée par le Collectif des 39 - à l’origine de cette protestation qui réaffirme que la médecine est mandataire des intérêts des patients et non pas le bras armé d’un régime politique et économique - est toujours ouverte sur cette page.

 

Bobines 2010.jpg

 

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17/11/2010

"Technoscience sans conscience": débat du 18 novembre dans le cadre du Festival de cinéma ATTAC "La démesure, jusqu'à quand?"

Festival ATTAC démesure.jpgLe jeudi 18 novembre à 20:00 aura lieu le débat "Technoscience sans conscience", avec Thierry Méot, statisticien, responsable de l'Association Sciences Technologies Société, et moi-même (Elena Pasca, philosophe, administratrice de la Fondation Sciences Citoyennes). Le débat fera suite à la projection du documentaire "Alertes sur la cité", réalisé par Jean Druon.

Il fait partie du 8ème Festival de cinéma d'ATTAC - Images Mouvementées - dont le thème choisi cette année est "La démesure, jusqu'à quand ?" et qui se déroule du du mercredi 17 au mardi 23 novembre 2010 au Centre culturel de la Clef: 34, rue Daubenton Paris 5e,
Métro Censier Daubenton.

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11/10/2010

Héparines chinoises et Lovenox: Appel à soutenir le lanceur d'alerte Jacques Poirier face à Sanofi-Aventis

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

 
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