La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

09/02/2011

Médiator : faut-il avoir peur des médicaments ? Vidéo du débat sur la LCP, avec Christian Lajoux...

J’ai déjà évoqué ce débat qui a eu lieu le 10 janvier 2011 sur la Chaîne Parlementaire, dans l'émission "Ca vous regarde".

En fait, ce n'est pas la vidéo qui compte - ça, c'est plutôt pour les archives, parce qu'on ne peut pas dire grand-chose lors d'un tel débat. Si vous n'avez que peu de temps, je vous invite à lire surtout l'article, qui porte presque le même titre: « Médiator et les autres : faut-il avoir peur des médicaments ?  Débat suivi d’informations, explications, liens… »

J’y ai exposé – sur 15 pages - beaucoup de thématiques que j’aurais aimé pouvoir aborder lors de l’émission… Il contient aussi beaucoup de liens permettant d’approfondir des questions essentielles sur le contrôle quasi total de l'industrie pharmaceutique sur toute la filière médicament (sous-notification des effets indésirables, information inexistante sur les risques des médicaments, financement des agences sanitaires, formation médicale continue sous la coupe de l’industrie pharmaceutique, visite médicale et nouvelles stratégies marketing des laboratoires, biais dans la recherche clinique, formes plus ou moins visibles de conflits d’intérêts, presse médicale aux ordres des firmes, conflits d’intérêts des associations de patients, verrouillage du système par les leaders d’opinion, ghost management, conflits d’intérêts de la famille Sarkozy, panne de l’innovation, chiffres-clés d’une analyse socio-économique des pharmas…).

Je rappelle ici simplement les participants au débat, puis l’annonce sur le site de la LCP: Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne;  Christian Lajoux, Président du LEEM, PDG de Sanofi-Aventis France; José Duquenoy, président de l’association ADVM (victimes du Médiator de la région Nord); Elena Pasca, philosophe et vice-présidente de la Fondation Sciences Citoyennes, blog Pharmacritique.

 


Mediator : faut-il avoir peur des médicaments ?
envoyé par LCP. -

Lire la suite

05/02/2011

Jacques Poirier et les héparines : "conflit de travail" ou sécurité sanitaire négligée ?

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

01/02/2011

Entrevue virtuelle avec Jean Peneff: "La France malade de ses médecins" [1]

Par Pierre Biron jean peneff sociologie de la médecine,la france malade de ses médecins,surmédicalisation surmédicamentation,prescriptions médicales irrationnelles,dr knock médicalisation,disease mongering médecine,clinique et technicisation médecine,abus de prévention médecine,commerce privatisation médecine

médecin et anciennement professeur-chercheur en pharmacologie à l’Université de Montréal [2]


Question – Le rôle traditionnel de soignant est-il en train d’être détrôné par un rôle de pourvoyeur en vue de meilleures performances du corps humain ?

Réponse – Oui… la recherche du plaisir, la stimulation des sens, l’accroissement des capacités physiques, sexuelles, sportives ou intellectuelles font partie des nouvelles exigences des classes aisées urbaines. On passe ainsi de ‘maladie’ à ‘trouble de santé’, de ‘santé’ à ‘dépassement de soi’ avec recherche de performances, travail sur les sensations ou les sentiments à partir de la chimie, ou travail sur l’apparence.

Q – Comment pratiquent alors ces médecins devenus des pourvoyeurs et des « gros prescripteurs » plutôt que des soignants prudents?

Lire la suite

30/01/2011

Héparines : du côté des conflits d’intérêts

Par Anne-Sophie Versier

Ingrédient indispensable de tout scandale sanitaire, du sang contaminé à l’hormone de croissance ou au Mediator: les conflits d’intérêts. Il s’agit le plus souvent d’un conflit entre un intérêt économique et la santé publique : des élus défendent la rentabilité d’un laboratoire au nom de la sauvegarde du commerce extérieur ou de l’emploi, et des médecins leaders d’opinion englués dans des liens incestueux avec les laboratoires ne sont plus en mesure de distinguer l’intérêt général de l’intérêt privé.

Dans le cas des héparines dont Pharmacritique a déjà abondamment traité (voir cet article et celui-ci), on retrouve ces mêmes conflits d’intérêts au cœur du système. En voici un exemple parmi bien d’autres, suivi de quelques interrogations.

 

héparines NTtimes Ariana Lindquist.jpg

[NdR: l'image est tirée d'un article du New York Times du 28.02.2008 intitulé "Twists in Chain of Supplies for Blood Drug").

A l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), le groupe de travail chargé des traitements de la thrombose reçoit pour président le Pr Philippe Lechat en janvier 2007. A cette époque, le Pr Lechat mène pourtant l’étude VALIDE pour Sanofi-Aventis, destinée à valider l’usage du Lovenox° (énoxaparine) chez des insuffisants rénaux, ainsi qu’il l’a mentionné dans sa précédente (et dernière) déclaration publique d’intérêts publiée.

Lire la suite

27/01/2011

23% des Français renoncent à des soins faute d’argent. Les résultats du Baromètre Cercle Santé analysant 8 pays

 

accès aux soins Pancho.jpg

L'image est tirée du site de France Handicap, où elle illustre l'article "Minimum vieillesse, adultés handicapés et chômeurs... Les oubliés de la CMU".

Le rapport du Baromètre Cercle Santé, réalisé par l’Institut CSA pour la compagnie d’assurances Europ’Assistance, porte sur sept pays européens (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Suède, Pologne et Autriche), auxquels s’ajoutent, pour la première fois, les Etats-Unis. La dernière édition, rendue publique en septembre 2010, nous apprend quelles sont les inquiétudes des Français – dans le contexte européen – quant au système de santé et de soins, mais aussi les tendances, inquiétantes, dans le recours aux soins, leur accessibilité et leur qualité.

Ce sondage à grande échelle complète l'analyse de Health Consumer Powerhouse, portant plus sur les détails de la qualité de soins selon des critères factuels, dont j'avais rendu compte dans un article du 31 janvier 2009 intitulé "Dessous de table, listes d'attente, accès restreint à certains soins, information limitée, autoritarisme... Le système de santé français n'est plus que 10ème en Europe".

Voici quelques-uns des résultats du Baromètre Cercle Santé. J'ai extrait ceux qui concernent les perceptions des Français, avant de passer au communiqué de presse dont je complète les chiffres, sur certains points importants, par des extraits de la synthèse ou de la version intégrale du rapport (celle-ci est téléchargeable à partir de la page principale). Quelques commentaires et des liens placés à la fin de l'article permettent d'aller plus loin au sujet des inégalités socio-économiques en santé. Certes, on a déjà parlé de ce sondage, mais un seul chiffre a retenu l'attention des media. Or il me semble que le tableau d'ensemble mérite attention.

49% des Français estiment que le système de santé actuel ne garantit pas l’égalité d’accès aux soins (48% oui, 3% ne savent pas). Ils sont 23% à avoir renoncé à des soins en 2010 – pour 11% en 2009 - et 12% à penser qu’ils seront peut-être amenés à le faire. Sur les huit pays pris en compte, seuls les Polonais (25%) et les Américains ont été dans une situation plus difficile (24%) de ce point de vue. C’est une progression de 12%, la même que celle enregistrée en Pologne, très forte par rapport aux autres pays. Ce n’est qu’en Allemagne et en Italie que le nombre de personnes ayant dû renoncer à des soins ou les reporter à augmenté, notamment de 5%.

Lire la suite

21/01/2011

Violence, homicides, agressions : effets secondaires de 31 médicaments tels que Champix, antidépresseurs, sédatifs / hypnotiques, Ritaline…

Un article paru le 15 décembre 2010 dans la revue en libre accès PLoS One (Public Library of Science) sous le titre « Prescription Drugs Champix violence Revolution Broadcasting.jpgAssociated with Reports of Violence Towards Others » (Médicaments d’ordonnance signalés pour leurs effets secondaires de violence envers autrui) rend compte d’une étude rétrospective des signalements à la pharmacovigilance des Etats-Unis (FDA : Food and Drug Administration) entre 2004 et 2009.

31 médicaments ont été mis en cause pour 1527 actes de violence : crimes, idéation meurtrière, violences sur les personnes, abus sexuel et autres actes de violence commis sur d’autres personnes.

Le médicament le plus incriminé pour de tels effets secondaires est le Champix (tartrate de varénicline), suivi de onze antidépresseurs, six sédatifs / hypnotiques et trois médicaments prescrits dans le TDAH (trouble déficit d’attention avec hyperactivité). Voir plus bas pour la liste.

Lire la suite

Co-responsables de l'inflation des coûts de Medicare, les médecins protestent contre la diminution de leurs honoraires

Moins bien payés que par les assurances privées, un médecin sur cinq - toutes spécialités confondues - et jusqu'à un tiers des généralistes Medicare Kaiser.jpgdes Etats-Unis refusent de plus en plus de patients dépendant du programme public Medicare. Celui-ci rembourse certains soins (élémentaires, choisis en fonction du coût, de la durée et d'autres critères tout aussi "humanistes") à des patients sans ressources des catégories suivantes: personnes âgées, handicapés, certains malades chroniques à affections sévères et personnel militaire pauvre.

Or non seulement rien n'est fait pour que la tendance à l'exclusion  des pauvres s'inverse, mais au contraire, une coupe de 21% à 25% est imminente dans les remboursements des honoraires des médecins par Medicare.

Ce programme public a été utilisé par la plupart des médecins comme une vache à lait infinie, et des laboratoires pharmaceutiques tels que Sanofi-Aventis ont fraudé à répétition, ce qui a mené à une forte augmentation du coût global de cette assurance-maladie (voir plus bas).

Mais on n'assiste malheureusement à aucune analyse structurelle et mise en cause des pratiques médicales ; non, on ne voit - comme d'habitude - que les plaintes des médecins contre la diminution de leurs honoraires... Certes, les problèmes que connaît Medicare sont multifactoriels, mais je choisis d'aborder cet angle-là, parce que les pratiques de prescription et surprescription des médecins ne sont jamais mises en cause comme un facteur responsable de la dégradation des systèmes de soins, et qu'il me semble inacceptable que ce soient toujours les patients qui trinquent.

Lire la suite

20/01/2011

Affaire des héparines frelatées : scandale de santé publique, lanceur d’alerte viré, discrimination entre patients et distorsion de concurrence

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

16/01/2011

Xavier Bertrand annonce une réforme globale de la filière médicament et de la pharmacovigilance, une transparence totale sur les conflits d'intérêts...

Le cabinet de Xavier Bertrand a envoyé aux rédactions - y compris à Pharmacritique - une synthèse de ses "propositions d'action" suivie IGAS logo.jpgde son intervention lors de la conférence de presse du 15 janvier 2011, qui a fait suite à la remise du rapport de l'IGAS intitulé sobrement "Enquête sur le Médiator", dont voici l'intégralité. C'est du bon travail, et les inspecteurs ne mâchent pas leurs mots. A bon entendeur...

Quoi dire des propos et propositions de Xavier Bertrand (que je reprends plus bas) ? Chiche!

Attendons les actes. On jugera sur pièces, parce que les belles paroles sont là, mais peut-être en sont-elles que des "paroles, paroles, paroles", comme disait la chanson... Des paroles choisies pour faire tilt aux oreilles des critiques de longue date des conflits d'intérêts en santé et de leurs conséquences sur l'ensemble de la filière médicament, depuis la recherche clinique jusqu'à l'évaluation et l'autorisation de mise sur le marché (AMM), à la pharmacovigilance, à la formation médicale initiale et continue, puis jusqu'aux modalités d'information (ou plutôt désinformation) des médecins et du public sur le médicament, ses bénéfices et ses risques.

J'ai commencé il y a des années à donner le Physician Payment Sunshine Act comme exemple (première publication sur Pharmacritique le 17 décembre 2007, mais j'avais d'autres supports avant), en présentant aussi d'autres dispositifs et projets anglo-saxons dont on pourrait s'inspirer et en parlant de l'ennemi N° 1 des pharmas aux Etats-Unis, à savoir le sénateur Charles Grassley... Cela inspirait des réactions mitigées, compte tenu des vues de ce sénateur de droite, conservateur à l'américaine, dont les convictions ne cadrent certainement pas avec les miennes, ni avec celles de la plupart de mes interlocuteurs... Mais il a beaucoup de mérites autres, et vu le nombre de médicaments dangereux qu'il a contribué à neutraliser, vu les actions qu'il est capable de mener, y compris avec des partenaires démocrates, et la protection des lanceurs d'alerte qu'il a appris à apprécier malgré son enracinement politique - eh bien, il mérite que je m'attire quelques railleries.

Désormais, Chuck Grassley et le Sunshine Act dont il est le principal auteur et "promoteur" font partie des références "classiques" même pour les critiques français des pharmas. Qui ont aussi compris qu'il valait mieux laisser les préjugés de côté, aller au-delà d'une certaine supériorité française qui interdisait de se pencher sur les choses au-delà des apparences et prédisposait à des interprétations superficielles... Il vaut mieux s'interroger sur l'intérêt de certains dispositifs juridiques d'inspiration anglo-saxonne portant sur l'information des usagers, la protection des lanceurs d'alerte, l'importance des qualifications juridiques permettant de réprimer les dérapages des labos de même que les conséquences des conflits d'intérêts. Je peux dire que le message est bien passé. De proche en proche, de support en support. Xavier Bertrand en parle même comme d'une évidence.

Le Sunshine Act deviendra effectif en 2013, sous la forme que j'ai évoquée dans ce communiqué de presse fait pour la Fondation Sciences Citoyennes, qui a eu un grand succès. Nous exigions justement que la France suive l'exemple et mette en place un tel dispositif - et tout ce qu'il faudra pour qu'il y ait une véritable transparence sur les conflits d'intérêts en santé. Tout en soulignant que la transparence n'était qu'une étape et non pas un objectif en soi. Le but ultime, c'est l'élimination des conflits d'intérêts, la refonte globale et radicale de l'ensemble du système de santé, d'expertise et d'évaluation.

La Fondation Sciences Citoyennes parle, dans ce communiqué comme dans d'autres documents - et en particulier dans une proposition de loi sur la déontologie de l'expertise et la protection des lanceurs d'alerte -, de l'urgence à définir les principes d'une déontologie (et non pas une simple éthique contextuelle et relative) de l'expertise. Nous proposons de faire cela à travers une instance éthique appelée Haute autorité de l'expertise et de l'alerte, qui, comme son nom l'indique, aurait aussi pour mission de définir le statut du lanceur d'alerte et les modalités de son intervention et de sa protection. Ce qui implique aussi des changements dans certains domaines du droit. Y compris pour définir les modalités de l'exercice des capacités décisionnaires par les citoyens, ainsi que de l'exercice d'une expertise citoyenne dont les contours restent à définir par cette instance éthique.

L'expertise se doit d'être systématiquement pluraliste, contradictoire, transparente, multidisciplinaire, afin que les décisions politiques qui sont prises sur cette base traduisent autant que possible l'intérêt général et non pas les intérêts économiques de quelques industriels qui peuvent se payer une armée de leaders d'opinion qui verrouillent le système depuis la recherche clinique jusqu'à l'information...

Il est donc assez intéressant de voir quelle forme prendra le "Conseil de déontologie" dont parle Xavier Bertrand, de l'entendre faire appel à des lanceurs d'alerte protégés, parler d'une expertise pluraliste, multidisciplinaire, avec une participation citoyenne à tous les niveaux. Et avec une transparence à tous les niveaux, y compris s'agissant d'avis minoritaires exprimés lors de délibérations qui doivent être rendues publiques.

Il y a ainsi beaucoup d'éléments intéressants dans ce que dit Bertrand et dont un certain nombre recoupent les exigences de la Fondation Sciences Citoyennes. Mais ce discours est-il vraiment crédible ? L'imbrication entre l'industrie pharmaceutique et les hommes politiques comme la haute fonction publique - et désormais même entre la recherche publique et celle privée - est telle qu'un discours parlant de tout mettre à plat semble plus fait pour des effets d'annonce. Mais je serai la première à applaudir si j'ai tort.

Lire la suite

15/01/2011

Le Médiator et les autres: faut-il avoir peur des médicaments ? 15 pages d'informations et liens utiles

Le lundi 10 janvier 2011 à 19 : 00, j'ai participé à un débat sur la LCP (La chaîne parlementaire - Assemblée nationale), intitulé "Médiator: faut-il avoir peur des médicaments?" Il s'agissait de situer le Médiator dans le contexte, de comprendre comment ce "drame" - que le patron de l'industrie pharmaceutique Christian Lajoux" désignait comme un "accident" - a pu se produire et si d'autres catastrophes sanitaires sont actuellement en cours ou à venir.

Les participants étaient: Gérard Bapt (député PS, cardiologue de formation), José Duquesnoy (président de l'association des victimes du Médiator ADVM, de la région du Nord), Christian Lajoux (président directeur général de Sanofi-Aventis France et patron du L€€M (syndicat patronal des 300 laboratoires pharma actifs en France) et moi-même (Elena Pasca, philosophe, administratrice de la Fondation Sciences Citoyennes et "auteure" de Pharmacritique). Le débat était animé par le présentateur de l’émission « Ca vous regarde », Arnaud Ardoin.

Cliquez sur « Lire la suite » pour accéder aux commentaires, informations, liens, explications… qui dépassent très largement les thèmes abordés lors du débat. J’essaie d’aborder plusieurs dimensions illustrant le contrôle total de l’industrie pharmaceutique sur la filière du médicament et sur toute l’information qui s’y rattache.

Entre autres: nouvelles tendances: marketing relationnel vs R&D; données socio-économiques des pharmas; conflits d'intérêts des associations; leaders d'opinion (médecins et leaders associatifs) qui verrouillent le système de santé et de soins; industrie du cancer, irrationalité de la pensée s'agissant de certains médicaments; absence d'analyse coût - efficacité; formation médicale continue et presse médicale dans les mains des pharmas; certains propos de Christian Lajoux; l'hypocrisie générale des autorités sanitaires et des médecins quant aux conflits d'intérêts; l'ineptie des codes volontaires de déontologie, etc., etc. Tout cela avec des liens pour approfondir.

La vidéo de l'émission (48 minutes) et l'annonce par la LCP se trouvent dans cet article. Ici, je souhaite rappeler - sur une quinzaine de pages - certaines problématiques essentielles, en donnant des liens pour approfondir. Bref, ce que j'aurais voulu dire dans l'émission si j'avais eu le temps...

Une image très négative de l’industrie pharmaceutique, d’où l'urgence d'une communication très soignée…

Dans des pays où l’opinion publique a pris conscience de la gravité de la situation, suite à des scandales révélés par des media qui font leur travail au quotidien - et non pas une fois par décennie, comme chez nous pour le Médiator -, l’image des laboratoires pharmaceutiques est très détériorée.

Un sondage commandité en 2005 par la Kaiser Family Foundation confirmait l’effondrement de l’image de l’industrie pharmaceutique, et ce malgré les mécénats et autres œuvres de charité pour lesquelles elle dépense plus que d’autres industries aux Etats-Unis.

Seules l’industrie pétrolière et celle du tabac faisait pire. Pour 70% des personnes interrogées, c’est l’industrie pharmaceutique qui est la plus avide de profits et, pour ce faire, met le profit avant les êtres humains, profite de leur malheur.

Selon un sondage de Harris de décembre 2010, les trois industries qu’il est le plus urgent et indispensable de contrôler et de réguler sont, dans l’ordre, l’industrie pétrolière, celle pharmaceutique et celle du tabac. Ces trois sont aussi les moins dignes de confiance et les plus susceptibles d’être malhonnêtes. (Je reviendrai sur cette image dégradée des laboratoires, car il est évident qu’elle explique le recours accru à tout ce pourrait la redresser, donc à des lobbyistes et leurs méthodes publicitaires et de relations publiques).

LEEM : la branche française du lobby le plus puissant au monde, celui qui dépense aussi le plus en activités de lobbying / communication / relations publiques…

Je commence par rappeler quelques-unes des notes parues sur Pharmacritique au sujet du L€€M (Les Entreprises du médicament), représenté par Christian Lajoux lors du débat, histoire de mieux faire comprendre de qui il s'agit. Car il y a une grande différence entre l'image et la réalité, entre le discours et les actes, et j'ai rappelé lors du débat que l'industrie pharmaceutique emploie moult cabinets de lobbyistes qui servent à lisser l'image et à maîtriser la communication et les artifices rhétoriques de façon à détourner le débat vers des terrains consensuels ou en tout cas pas minés, pas de nature à éveiller un esprit critique peu aiguisé en France.

Ceux qui ont suivi les deux séminaires d’ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying) ont pu mieux comprendre à quel point un lobbyiste maîtrise les techniques de persuasion les plus perfectionnées, qui peuvent vous convaincre que 2 + 2 = 5, malgré toutes les preuves contraires.

Les représentants des pharmas se cachent toujours derrière  diverses formes de clichés du genre: l'industrie pharmaceutique crée des emplois, est indispensable à la société sous sa forme actuelle, car c'est elle qui lui permet les investissements et la recherche permettant de soigner et guérir des maladies telles les cancers, le SIDA, etc.

Ce sont des lobbyistes qui élaborent pour leurs clients les réponses et les stratégies rhétoriques, et j'avais fait remarquer aux autres participants, avant l'émission, qu'il ne fallait pas suivre Christian Lajoux sur ce terrain-là, parce que nous ne pouvions pas à la hauteur. Je le sais pour avoir suivi et analysé la nature de ses interventions médiatiques, servi comme il est par des journalistes pour le moins serviables, si ce n’est serviles. Si les interlocuteurs laissent Lajoux poser les termes du débat, c’est fini, c’est lui qui mène la danse, et les autres perdent leur temps de parole à déjouer les pièges et autres artifices rhétoriques, au lieu de discuter de façon argumentée et chiffrée, sans langue de bois.

Mais la structure d'un tel débat - interventions courtes, alors qu'il ne peut y avoir de réponse par oui ou par non à de telles questions - et le temps imparti (48 minutes pour quatre intervenants, plus les questions du journaliste, plus les interventions de deux spectateurs dont l'un était un ancien visiteur médical, habitué de l'émission, venu soutenir ses (anciens?) patrons - ne permet pas d'aller au-delà des généralités.

Voici quelques articles et notes (réunis sous la catégorie « Ethique et pharmas, firmes et LEEM ») qui en disent long sur la situation actuelle, où l’industrie pharmaceutique mène la danse, et pas seulement par la rhétorique: on laisse le L€€M s’autoréguler, émettre un code volontaire de bonne conduite, non contrôlée et une charte de la visite médicale, tout aussi volontaire... Ces deux caricatures (celle-ci et celle-ci) montrent à quoi ces codes de déontologie volontaire (sic) peuvent servir, d’un point de vue pragmatique…

*** Sarkozy et l’industrie pharmaceutique : le poisson pourrit par la tête…

Cette autorégulation bafoue par ailleurs tous les principes, à commencer par le sens du terme « déontologie », qui est tout sauf volontaire, puisqu’elle relève même pas des éthiques relatives, arbitraires, concurrentielles, mais de la morale et de ce qu’elle a de normatif, par-delà les applications éthiques. Tout cela signifie en clair qu’on se fiche des principes et de la morale.

Lire la suite

09/01/2011

Astellas attaque la revue Prescrire pour "dénigrement" du Protopic. Il est urgent de protéger les lanceurs d’alerte

Voila ce qui se passe dans un pays qui ne protège pas ses lanceurs d’alerte, qui doivent subir des poursuites-bâillon visant à les poursuites bâillon.jpgintimider et les discréditer, mais aussi à faire un "exemple", c’est-à-dire à dissuader toute éventuelle critique d’un médicament ou dispositif médical, en l’occurrence. Mais même si le lobby pharmaceutique est le plus puissant au monde – c’est l’industrie qui dépense le plus pour des activités de lobbying (et consultance, communication / "relations publiques", marketing, etc.), - ces poursuites-bâillon ne sont pas son apanage exclusif.

Tous les industriels pratiquent ce qu’on appelle les SLAPP (strategic lawsuit against public participation) : poursuite stratégique contre la mobilisation publique, en particulier dans des pays tels la France, où ils ne risquent rien, mais peuvent facilement arriver à leurs fins: faire peur et donc décourager toute voix critique.

Chez nous, dans un pays qui se dit pourtant une République – par définition soucieuse de la santé et de l’information libre de ses citoyens -, il n’y a pas non plus une vraie loi sur la liberté d’information telle que le FOIA des Etats-Unis (Freedom of Information Act) ; pas d’exigences inscrites dans le droit et dans les moeurs de transparence ; pas de recours collectif en justice (class actions, etc.), ni d’autres façons d’obtenir justice pour les victimes ; pas de qualifications juridiques permettant des poursuites pénales des industriels en cas de dérapage, de médicaments défectueux, de corruption active ou passeive, etc. ; pas d’autorités sanitaires indépendantes de l’argent des industriels, pas de presse médicale indépendante, et ainsi de suite. La notion de "conflits d'intérêts" n'est ni inscrite clairement dans le droit ni enracinée dans la culture publique, politique, entrepreneuriale ou même associative.

Sur toutes les questions liées à la protection des usagers / consommateurs, à la réflexion sur le lobbying, les conflits d'intérêts sous toutes leurs formes, sur toutes les questions liées à la responsabilité des industriels (comme des scientifiques, d'ailleurs) et au fait que ce sont les citoyens qui doivent se resaisir de leurs capacités décisionnaires afin d'exiger des pratiques conformes à l'éthique et des lois strictes - sur tout cela, la France accuse un retard dau moins 20 ans.

Lors d'un débat récent, je donnais un exemple simple illustrant ce retard: c'est en 2005 que le Pr Jean-Claude Salomon parle pour la première fois en France du "complexe médico-industriel" dans un petit livre (salutaire!) du même nom publié par ATTAC. Aux Etats-Unis, on en parlait depuis les années 70, et le Pr Arnold Relman (voir aussi cet article traduit par Pharmacritique sur la marchandisation de la santé) écrivait à ce sujet en 1980, dans une revue qui n'est pas un repaire de gauchistes: New England Journal of Medicine...

Si nous étions dans un pays où la santé publique était l’intérêt majeur, c’est Astellas qui, suite à l’alerte lancée par la revue Prescrire, devrait fournir la preuve que son Protopic° (tacrolimus) a une balance bénéfice – risques favorable… Or chez nous, non seulement on tend à museler les rares voix indépendantes, mais en plus on inverse la charge de la preuve…

Raison de plus d’exiger – et j’en ai parlé plus d’une fois sur Pharmacritique et ailleurs - une analyse lucide de l'ensemble du complexe médico-industriel et la remise à plat de tout le système de santé (incluant donc l'information santé, la transparence sur les conflits d'intérêts, etc.). Exiger en même temps l’élaboration d’une déontologie de l’expertise qui donnerait toute sa place à l’expertise indépendante, dans un système d’expertise systématiquement contradictoire et pluraliste et dont les délibérations comme l’ensemble du processus de décision seraient transparents, depuis la recherche clinique jusqu’à l’AMM (autorisation de mise sur le marché (par l’AFSSAPS), en passant par l'évaluation du service médical rendu (par la HAS) et la fixation des prix (par le CEPS), etc.

La formulation des principes d’une déontologie de l’expertise - qui permettrait aussi d’éliminer progressivement les conflits d’intérêts et enracinerait le principe de l’expertise citoyenne – serait l’une des missions d’une Haute autorité de l’alerte et d’expertise.

Car la définition du statut du lanceur d’alerte et des modalités de sa protection – qui demande des changements surtout dans la législation sur la liberté d’information, dans le Code du travail et celui de la santé publique – ne peut voir le jour que si l’on crée une telle instance éthique indépendante dont les principales dimensions ont été explicitées dans la proposition de loi élaborée par la Fondation Sciences Citoyennes. L’exposé des motifs et le texte sont accessibles à partir de cette page.

La Fondation Sciences Citoyennes a mis en place régulièrement des campagnes de soutien à des lanceurs d’alerte livrés pieds et mains liés aux représailles de leur hiérarchies ou des lobbies concernés. Je rappelle les deux dernières campagnes, en soutien à Gilles-Eric Séralini (sur les risques des OGM, articles à partir de cette page) et à Jacques Poirier.

J’ai coordonné la majeure partie de la campagne de soutien à Jacques Poirier (articles accessibles à partir de cette page), lanceur d’alerte sur le danger des héparines chinoises utilisées dans la fabrication du Lovenox° (énoxaparine). J’ai aussi écrit un article introductif avec beaucoup de liens et invite les lecteurs qui ne l'ont pas encore fait à signer la pétition toujours ouverte.

Le verdict dans ces deux « cas » sera rendu public après la mi-janvier, et nous ne pouvons qu’espérer que, malgré l’absence d’une loi spécifique de protection – telle que le Whistleblower Protection Act aux Etats-Unis, par exemple -, la justice française saura raison garder.

Lire la suite

23/12/2010

Avastin n’est plus autorisé dans le cancer du sein (Etats-Unis). Rappel des problèmes des anticorps monoclonaux (Enbrel, Humira, Tysabri, Herceptin, Xolair...)

Avastin (bevacizumab de Roche) fait partie de ces médicaments issus des biotechnologies très à la mode, et notamment de la classe des avastin.jpganticorps monoclonaux, avec d’autres comme le Herceptin (trastuzumab de Roche), le Humira (adalimumab d'Abbott), le MabThéra (rituximab de Roche) ou encore les anti TNF (Enbrel (etanercept de Wyeth), Remicade (infliximab de Centocor), Raptiva (efalizumab), Tysabri (natalizumab d'Elan Pharma…) utilisés en dernière intention dans des maladies chroniques telles le psoriasis, la sclérose en plaques, l’arthrite rhumatoïde…

Dans les articles déjà parus sur Pharmacritique, j’ai critiqué l’absence d’évaluation digne de ce nom, évoqué les effets secondaires de classe, dont certains sont très graves, posé le problème du rapport coût – efficacité, compte tenu du coût astronomique de ces médicaments, surtout par rapport à leur efficacité plus que discutable et aux effets indésirables gravissimes de type leucoencéphalopathie multifocale, etc…

Le Raptiva, utilisé dans le psoriasis, a été récemment retiré du marché à cause d’effets secondaires de ce type (voir lien plus bas).

Et voici que la FDA (Food and Drug Administration : agence du médicament des Etats-Unis), qui avait accordé à l’Avastin une AMM (autorisation de mise sur le marché) conditionnelle dans le cancer du sein, décide le 16 décembre de la lui retirer, après avoir reporté plusieurs fois la décision, à cause des fortes pressions politiques et associatives. La raison? Les études faites par la suite montrent que l’Avastin n’apporte aucun bénéfice, tout en provoquant des effets secondaires graves, dont certains sont potentiellement mortels…

A noter qu’en Europe, les AMM ont été définitives d’emblée, malgré la quasi-inexistence de preuves de bénéfices apportés par ces médicaments, en particulier dans les cancers.

Lire la suite

14/12/2010

Honoraires des médecins en hausse, mécontentement de l'opinion publique aussi... Le lobby médical critiqué en Allemagne

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel - titre phare de la presse allemande, aux positions centristes -, a publié le 11 octobre 2010, à la page Markus Grill.gif105, un entretien réalisé par Markus Grill. Il s'agit de l'un des meilleurs journalistes d'investigation, spécialisé en santé, qui a publié en 2008 un livre sur l'influence de l'industrie pharmaceutique sur la médecine, les politiques et le système de santé dans son ensemble: Kranke Geschäfte. Wie die Pharmaindustrie uns manipuliert (Des affaires malsaines. Comment l'industrie pharmaceutique nous manipule).

Dans l'interview parue sous le titre « Un entretien désagréable », que je traduis intégralement, Grill interroge un personnage très influent quant au sort économique et social de la médecine et surtout des médecins...

Quelques mot sur le contexte allemand, très important pour comprendre le changement de ton:

L'année dernière, il y a eu quelques scandales impliquant de tels personnages influents, des lobbyistes et autres représentants des intérêts exclusifs des médecins, qui n'ont pas hésité devant des techniques grossières de manipulation de l’opinion publique et des media, devant des méthodes sensationnalistes et des mises en scène (acteurs présentés comme médecins crevant la dalle, fausses manifs, faux chiffres...), pour que les médecins pleurent misère devant les caméras… Des cas isolés de médecins hospitaliers non titularisés, surchargés et sous-payés ont été présentés maintes fois à l'opinion publique comme étant typiques, par exemple. Avec l'intention de conditionner l'opinion, de faire peur à la population en disant que, dans ces conditions, les médecins deviennent un danger, qu'il n'y a pas à s'étonner des erreurs médicales, etc. Si les Allemands veulent des soins sûrs, il faut qu'il paient mieux leurs médecins. Sauf qu'aucune comparaison ne pouvait être faite, faute de savoir la vérité sur les revenus de départ.

Tout cela afin que la population accepte les exigences de toute sorte et les hausses répétées des honoraires des médecins. Ces augmentations ont toujours été exprimées en pourcentages, de façon voilée, parlant de "modèles" de médecins volontairement irréalistes. Il n'y a jamais eu de chiffres clairs.

Le Spiegel avait dénoncé ces méthodes en particulier dans deux articles de 2009, bien documentés, et qui ont contribué à un début de changement d’attitude vis-à-vis des médecins auparavant considérés avec beaucoup de bienveillance et d'indulgence, comme des victimes surexploitées et mal payées, qui se tourneraient tout naturellement vers l'industrie pharmaceutique, pour compenser. Et qui, menacés, seraient obligés de faire un lobbying très intense, de défendre leur position, leurs acquis.

L'un de ces articles, paru le 30 mars 2009 dans une rubrique appelé "Lobbying", s'intitulait "Ärzte ohne Grenzen" : c'est un jeu de mots ironique à partir de "médecins sans frontières", ici au sens opposé de l'humanisme et du dévouement, signifiant sans aucune limite, jamais contents... Bref, des médecins insatiables. Le "Dr Impécable", chouchou des media, devient le Dr Excès, "Dr Démesure" ["Dr. Masslos"]. Et des images de médecins roulant en Porsche Cayenne vers une manifestation pour exiger une hausse d'honoraires n'aident pas...

Du coup, certains media qui se sentaient instrumentalisés ont commencé à s'intéresser de plus près non pas aux discours des lobbyistes, mais aux faits, manifestement bien différents. Et de poser la question d'une certaine indécence, et même d'une indécence certaine, dont témoignait un médecin généraliste très gêné par les revendications.

Indécence à la fois quant aux revenus / honoraires / tarifs, quant à cette opacité sur les relations avec les laboratoires pharmaceutiques (les conflits d'intérêts...), au paternalisme ou à l'arrogance dans les relations avec des patients peu ou pas éclairés, et en général quant aux défauts de plus en plus visibles du système de santé pénalisant toujours plus des patients qui paient de plus en plus pour de moins en moins de soins. Ce sont toujours les usagers qui trinquent, alors que les médecins obtiennent toujours plus et ne s'occupent que de leur paroisse... Ces revendications purement corporatistes et la manipulation de l'opinion ne passent plus. C'est le début de la fin de l'éternelle idylle entre journalistes et médecins, annonçait le Spiegel - lui aussi -, dans cet article du 30 mars.

Et voilà que non seulement ça ne change pas, mais qu'une nouvelle hausse des honoraires arrive, alors que les patients ont à subir des conditions de soins drastiques et des paiements et déremboursements toujours plus importants. A mon avis, les médecins auraient mieux fait de s'abstenir.

Lire la suite

12/12/2010

Vaccin Gardasil: "Judicial Watch" expose les effets secondaires signalés aux Etats-Unis

L'ONG conservatrice "Judicial Watch" a annoncé le 28 septembre les résultats de sa dernière demande auprès de la FDA (Food and Drug Gardasil3.jpgAdministration: agence du médicament des Etats-Unis), en application de la loi sur la liberté de l'information (Freedom of Information Act). Celle-ci oblige toute institution publique à donner les renseignements en sa possession sur simple demande écrite de n'importe quel citoyen.

Judicial Watch a obtenu le détail des effets secondaires du vaccin Gardasil signalés à la FDA entre mai 2009 et septembre 2010. Ils sont résumés sur cette page, où l'ONG parle de 3.589 effets indésirables enregistrés pendant ce laps de temps et s'attarde plus longuement sur certains d'entre eux. Il y aurait 789 signalements d'effets secondaires sévères, dont 213 ont débouché sur une "invalidité permanente", ainsi que 25 cas de syndrome de Guillain-Barré. Il y aurait même 16 morts, parmi lesquels 4 suicides.

Lire la suite

07/12/2010

Dérives sécuritaires en psychiatrie: criminalisation de la folie. Enjeux et conséquences (débat le 9 décembre)

Le jeudi 9 décembre, j’aurai le plaisir d’animer un débat sur les enjeux et conséquences de la criminalisation de la folie, auquel participeront Michaël Guyader (Psychiatre, Collectif des 39 contre la Nuit Sécuritaire), Claude Louzoun (Psychiatre, Collectif Liberté Égalité Justice) et Denis Salas (Magistrat, chargé d’enseignement et de recherche à l’Ecole Nationale de la Magistrature). (Voir plus bas pour les détails).

J’ai parlé à plusieurs reprises (voir cette page, ou encore ici et ici, par exemple) du mouvement contre La Nuit Sécuritaire et rappelle que la pétition lancée par le Collectif des 39 - à l’origine de cette protestation qui réaffirme que la médecine est mandataire des intérêts des patients et non pas le bras armé d’un régime politique et économique - est toujours ouverte sur cette page.

 

Bobines 2010.jpg

 

Lire la suite

17/11/2010

"Technoscience sans conscience": débat du 18 novembre dans le cadre du Festival de cinéma ATTAC "La démesure, jusqu'à quand?"

Festival ATTAC démesure.jpgLe jeudi 18 novembre à 20:00 aura lieu le débat "Technoscience sans conscience", avec Thierry Méot, statisticien, responsable de l'Association Sciences Technologies Société, et moi-même (Elena Pasca, philosophe, administratrice de la Fondation Sciences Citoyennes). Le débat fera suite à la projection du documentaire "Alertes sur la cité", réalisé par Jean Druon.

Il fait partie du 8ème Festival de cinéma d'ATTAC - Images Mouvementées - dont le thème choisi cette année est "La démesure, jusqu'à quand ?" et qui se déroule du du mercredi 17 au mardi 23 novembre 2010 au Centre culturel de la Clef: 34, rue Daubenton Paris 5e,
Métro Censier Daubenton.

Lire la suite

11/10/2010

Héparines chinoises et Lovenox: Appel à soutenir le lanceur d'alerte Jacques Poirier face à Sanofi-Aventis

Texte retiré le 27 novembre 2012 (fin de mon soutien à Jacques Poirier).

Explication sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2012/06/...

02/10/2010

Bisphénol A: Le lobbying et les conflits d'intérêts de l'EFSA l'emportent sur la science et la santé publique...

Et rebelote... Après un avis plus que mitigé sur les OGM, l'EFSA (European Food Safety Authority: Autorité européenne de sécurité alimentaire) EFSA.gifvient de rendre un avis sur le bisphénol A pour le moins tout aussi contestable. Les conflits d'intérêts l'emportent encore une fois sur la protection de la santé des citoyens européens...

Pour ce qui est des informations sur le bisphénol, on peut se référer au site du Réseau Environnement Santé, réseau qui a été co-fondé par la Fondation Sciences Citoyennes, afin de faciliter une action plus ciblée en matière de santé environnementale. Sur Pharmacritique, il y a eu quelques articles réunis sous les catégories "Perturbateurs endocriniens, bisphénol, phtalates, parabènes", "Toxiques, déchets, pollution" ou à la catégorie "Pétitions", mais surtout la traduction d'un certain nombre de fragments d'un rapport du National Toxicology Programm (Etats-Unis) dans un article du 23 avril 2008 au titre suggestif: "Bisphénol A (BPA): cancérigène, toxique neurologique et perturbateur endocrinien. Rapport américain très alarmant".

Voici le communiqué de presse du Réseau Environnement Santé, en date du 30 septembre:

Lire la suite

01/10/2010

Conférence internationale de Healthy Skepticism: "Selling Sickness", du 7 au 8 octobre à Amsterdam

Tous les détails sont sur cette page de l'équipe "Gezonde Scepsis", qui a organisé cette conférence internationale de l'association "Healthy sellingsickness_logo.jpgSkepticism" (dont je fais partie), avec un financement et la participation du ministère néerlandais de la santé et de l'Institut néerlandais pour un usage rationnel des médicaments (Instituut voor Verantwoord Medicijngebruik). L'office régional européen de l'OMS participe lui aussi au financement.

La conférence aura lieu à Amsterdam, à l'hôtel Mövenpick, du 7 au 8 octobre inclus, sous le titre "Selling Sickness" (Vendre des maladies [pour vendre des médicaments]), qui est en fait le titre d'un livre de Ray Moynihan et Alan Cassels pour désigner l'une des techniques de base du phénomène marketing appelé "disease mongering", imparfaitement traduit en français par "façonnage de maladies" ou parfois "invention de maladies".

Pharmacritique a été parmi les tout premiers blogs ou sites français à aborder ce véritable exploit du marketing pharmaceutique et à en décortiquer les grandes lignes et significations, et à nommer les auteurs qui ont contribué à forger et/ou à diffuser largement ce syntagme. J'en parle à beaucoup d'endroits, mais les articles les plus "concentrés" sur le sujet sont accessibles à partir de cette page.

 

Lire la suite

25/09/2010

Meeting national du mouvement des psychiatres contre la "nuit sécuritaire" (Collectif des 39)

 


nuit sécuritaire soins.png

Aujourd'hui, samedi 25 septembre a lieu de 9 h à 17 h le 3ème Meeting National du Collectif des 39 à Villejuif.

Espace Congrès Les Essalières, 3 bd Chastenet du Géry – M° Villejuif Léo Lagrange.

Pour tous les documents (appel à participer au meeting, dossier expliquant le mouvement contre la "nuit sécuritaire" et les raisons de la constitution du "collectif des 39), allez sur le site du collectif des 39. Et n'oubliez pas de signer la pétition!

Elena Pasca

Lire la suite

19/09/2010

Lobbying et conflits d'intérêts en santé: santé des hommes, santé de la planète. Séminaire du 21 septembre à l'Assemblée nationale

Le mardi 21 septembre aura lieu le deuxième d'une série de trois séminaires intitulés "La démocratie à l’épreuve du lobbying", prévus au Sénat et à l'Assemblée Nationale et organisés par les associations membres du comité d'animation du réseau de veille et d'action citoyenne ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying).

La Fondation Sciences Citoyennes fait partie de ce comité, donc des organisateurs, et elle a été représentée par Jacques Testart et moi-même (Elena Pasca) lors du premier séminaire, qui s'est déroulé le 22 juin à l'Assemblée nationale et a eu pour objectif la clarification sémantique du terme et de ses corrélats.

Nous avons tenté d'éclaircir certaines confusions qui se banalisent (ainsi, des associations et ONG se disent "lobbyistes", alors que ni les moyens ni les objectifs ne sont les mêmes et que le résultat est une légitimation du lobbying au profit des plus forts). Pour ce faire, il fallait tenter une délimitation plus rigoureuse du champ sémantique autour du mot lobbying, ainsi qu'identifier ses enjeux et son impact sur la démocratie en général. Cet impact intervient entre autres à travers les décisions politiques sous influence directe des lobbies - ou alors indirecte à travers les expertises biaisées par les conflits d'intérêts. Il faut sensibiliser l'opinion au fait que de telles décisions ont pour conséquence nombre de distorsions plus ou moins visibles de l'intérêt général.

Les détails de ce premier séminaire (programme, intervenants, animation, etc.) figurent sur cette page de Pharmacritique.

Le deuxième séminaire, consacré plus spécifiquement au lobbying et aux conflits d'intérêts en santé, aura lieu le mardi 21 septembre 2010, de 13 h à 18 h à l'Assemblée nationale, au 101 rue de l’Université à Paris.

Lobbying : Et notre santé ? Et celle de la planète ?

A partir de cas pratiques du domaine de la santé (notamment l’industrie pharmaceutique, la médecine et les conflits d’intérêts…) et de l’environnement, ce séminaire se propose d'étudier l’impact des lobbyistes d’intérêt industriels et financiers sur la décision publique et les répercussions sur l’avenir de la société humaine et des biens publics mondiaux.
Avec une recherche de solutions pour réduire l’influence des lobbyistes et rétablir un contrôle citoyen dans ces domaines.
(Programmes et intervenants plus bas).

Lire la suite

17/08/2010

"Sciences, clinique, psychotropes: quelles interactions?" Colloque international à Bruxelles (12 octobre 2010)

La Dre Monique Debauche m'a signalé d'un colloque pluridisciplinaire qu'elle co-organise au mois surconsommation psychotropes,monique debauche,diagnostic en psychiatrie,dépression et antidépresseurs,santé mentale,disease mongering,médicalisation de la vied'octobre à Bruxelles et dont le programme s'annonce excellent: "Sciences, clinique et psychotropes: quelles interactions?" (détails plus bas).

Monique Debauche est psychiatre et travaille à cette institution exemplaire dans l'approche globale de la santé qu'est la Free Clinic de Bruxelles. Elle fait partie du GRAS (Groupe de Recherche et d'Action en Santé), association de médecins belges indépendants, membre de l'ISDB (International Society of Drug Bulletins), dont je recommande vivement les travaux.

Lire la suite

16/08/2010

Transparence des conflits d'intérêts des médecins: suivons l'exemple d'Obama avec les Physician Payment Sunshine Provisions

Voici un communiqué de presse que j'ai fait il y a plusieurs mois pour la Fondation Sciences Citoyennes. Laissé de côté à cause de multiples sunshine law.jpgautres travaux en cours, il n'est parti que le 22 juillet... Ce n'est pas le meilleur moment pour des communiqués de presse, mais, comme vous pouvez le constater, les convenances ne m'intéressent pas, même pas s'agissant de respecter les conventions quant à la forme d'un tel texte... Je préfère donner plus d'informations, situer la problématique dans le contexte, donner des liens, pour que le lecteur comprenne que, même s'agissant d'une information états-unienne, cela le concerne tout autant, si ce n'est plus, vu l'inexistence d'une telle législation en France et en Europe.

Logo des lois de tranparence (sunshine laws) de l'Etat du Maine. (Elena Pasca)

Lire la suite

02/07/2010

"Citoyenneté, politique et engagement" - journée de débats du 3 juillet

J'aurai le plaisir de représenter la Fondation Sciences Citoyennes à ces débats. A cause d'un changement de dernière minute - c'est Jacques Testart qui avait été invité au départ à une table ronde - et de ma rencontre tardive avec l'organisateur, Eric Julliard, tous les détails n'ont pas encore été intégrés au programme, même s'ils ont été signalés de façon dispersée sur le blog Harmonie (voir plus bas).

Je donne ici la version actualisée.

Outre la participation à une table ronde, j'aurai aussi l'honneur d'introduire la journée, pour tenter de remettre en question "la fraude des mots" et des principes, de démarrer un questionnement du réseau conceptuel imposé par le néolibéralisme et repris sans recul critique par bon nombre d'associations et organisations militantes. Tenter aussi de rappeler le sens des idéalités contrefactuelles et des principes républicains et moraux selon la "tradition" politique française et les fondements théoriques kantiens. Et comme il serait impossible de faire cela en très peu de temps, j'aurai le plaisir d'animer un atelier sur ces thèmes, à partir de 17:00, avec les personnes intéressées (s'il y en aura). Voici une présentation succincte.

Le samedi 3 juillet aura lieu la journée de débats « Citoyenneté, politique et engagement », organisée par Eric Julliard et dont la Fondation Sciences Citoyennes est l'un des partenaires, avec d'autres associations telles Anticor, Alternative citoyenne, Clairvoyance, Ni putes ni soumises... La webradio engagée Fréquence Orange couvrira les débats. Tous les détails sont sur le blog Harmonie, entièrement consacré à cette journée et à ses prolongements.

 

Adresse et horaires :

De 9 : 15 à 18 :00 (Attention, l'heure du début à été avancée ; c'est 9:15 et non plus 10:00. Il y a quelques autres modifications par rapport au programme initial. Vous lisez ici la dernière version).

Lieu : Hôtel de l'Industrie, 4 place Saint-Germain-des-Prés, Paris 6ème.

La version détaillée du programme ainsi que l'invitation et d'autres informations peuvent être téléchargés à partir de cette page. Et voici une brève introduction suivie du programme. (Une présentation détaillée des intervenants figure sur cette page).

 

Lire la suite

22/06/2010

La démocratie à l'épreuve du lobbying. Séminaire du réseau ETAL (22 juin à l'Assemblée nationale)

Voici l'annonce du premier des trois séminaires sur les questions liées au lobbying organisés par le réseau ETAL (voir plus bas) à l'Assemblée nationale. La Fondation Sciences Citoyennes est membre du comité d'animation du réseau ETAL. J'aurai le plaisir d'intervenir sur un thème qui me tient à cœur, à savoir les enjeux politiques plus « profonds » du lobbying : ses conséquences sur le modèle universaliste / républicain (la quasi synonymie des deux termes n'est malheureusement plus évidente) et les (auto)contradictions dans l'argumentaire associatif, y compris au sein des associations qui refusent de se dire lobbyistes. Je persiste à penser qu'il faudrait faire une analyse politique qui montre à quel point penser dans les termes imposés par les lobbyistes / les multinationales, se cantonner dans cet enclos terminologique ne peut pas aboutir à un raisonnement valide, et encore moins à des conclusions valides.

Il faudrait prendre le temps d'exposer le tout, de clarifier le champ sémantique, de casser quelques évidences, de débattre... Ce ne sera pas demain...

Une remarque : Je ne suis pas une « spécialiste » du lobbying et n'ai aucune envie de le devenir. Ce n'est pas non plus un thème habituel du courant de pensée auquel je me rattache : la Théorie critique (Ecole de Francfort). Par contre, pour le dire vite fait, je suis une républicaine de la vieille école, grâce en particulier à Heinz Wismann, qui m'a ouvert les yeux sur ces questions, en apparence bien éloignées de mes « intérêts » de connaissance. Mais l'hyperspécialisation crée elle-même des enclos d'une autre nature...

Mes excuses pour l'annonce très tardive du séminaire. L'inscription est terminée depuis une semaine.

Elena Pasca

Lire la suite

08/06/2010

Lobbying: significations et pratiques. Formation de la Fondation Sciences Citoyennes, le 9 juin

Les conflits d'intérêts (voir la présentation de la formation sur cette page) et le lobbying sont l'une des dimensions de plus en plus investies logo FSC.jpgpar la Fondation Sciences Citoyennes depuis 2009. Ce sont deux facettes du même phénomène, comme je l'ai souligné dans cet article présentant la position de la Fondation. Ils font l'objet de formations séparées simplement pour qu'on puisse leur consacrer plus de temps.

J'aurai le plaisir d'intervenir lors de cette session de formation sur le lobbying, qui s'inscrit dans le cycle de formations organisé par la Fondation Sciences Citoyennes entre le 14 avril et le 30 juin, pour ses adhérents et les adhérents des associations partenaires.

La description, le programme du cycle de formations et la liste des intervenants figurent à la fin de ce texte. L'entrée est libre. Informations et inscription: contact@sciencescitoyennes.org. Merci à Glen Millot, coordinateur de la Fondation, qui a tout mis en place.

A noter que les intervenants font partie du comité d'animation du réseau de veille et d'action citoyennes ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying), qui s'est construit autour de l'"Appel citoyen pour un encadrement et une transparence des activités de lobbying en direction des instances de décision publique". Le réseau organise une série de trois séminaires sur le lobbying, à l'Assemblée nationale et au Sénat. Le premier aura lieu le 22 juin à l'Assemblée nationale; la présentation et le bulletin d'inscription - à remplir au plus vite - figurent sur cette page.

Précision afin de dissiper toute confusion: Le réseau ETAL aura bientôt un site indépendant. En attendant, les activités du réseau ETAL se trouvent sur le site de l'association Adéquations, qui bénéficie d'un financement pour en assurer la coordination.

9 juin, de 19h à 21h30: LOBBYING: SIGNIFICATIONS  ET  PRATIQUES

Adresse: AGECA, 177 rue de Charonne – 75011 Paris. Accès : M° Alexandre Dumas (ligne 2) ou Charonne (ligne 9). Bus 76 (Charonne-Bagnolet).

Intervenants:

  • Claude Layalle, ATTAC
  • Yveline Nicolas, Adéquations
  • Elena Pasca, Fondation Sciences Citoyennes

Lire la suite

04/06/2010

"Sciences, lobbying et citoyens: un enjeu démocratique": débat le 5 juin à l'Institut de Silfiac

J'aurai le plaisir de représenter la Fondation Sciences Citoyennes à ce débat où j'évoquerai des aspects relevant des conflits d'intérêts dans le système actuel d'expertise scientifique et de régulation. Pour en savoir plus sur L'institut de Silfiac, lisez cette page.

Voici la présentation, le programme et les intervenants de cette journée.

Institut de Silfiac/Skol Uhel Silieg

Institut pour un développement durable et solidaire en Bretagne

Le 5 juin 2010, au bourg de Silfiac (et non à Crénihuel)

Sciences, lobbying et citoyens : un enjeu démocratique

"Avant et surtout depuis le sommet de Copenhague, les remises en cause incessantes des conclusions des scientifiques du GIEC par les climato-sceptiques ont réussi à entamer le début de mobilisation politique pour lutter contre les causes et conséquences du changement climatique, semant le doute chez de nombreux citoyens sur la nécessité de modifier leurs habitudes.

Comment ce revirement s’est-il opéré ? Quelles sont les méthodes utilisées ? Sous la pression de quels lobbies ? Quelles en sont les conséquences, politiques notamment ? Comment peut-on s’en défendre ?

Les mêmes remises en cause et dénigrements des scientifiques et de leurs travaux existent également en matière d’amiante, de pesticides, d’OGM ou de marées vertes, et là la Bretagne est plus directement ou spécifiquement concernée.

Lire la suite

24/05/2010

Australie: Décès d’une enfant et des dizaines de convulsions fébriles suite au vaccin trivalent antigrippe, incluant le A H1N1

Le 4 mai paraissait sur le site du British Medical Journal l’article de Melissa Sweet "Australia suspends seasonal flu vaccination of young Vaccin Relay.fr.jpgchildren" (BMJ  2010;340:c2419).

On apprend que l’Australie prolonge la suspension – décrétée le 23 avril - de la vaccination des enfants de moins de 5 ans par le vaccin trivalent contre la grippe saisonnière. Les autorités attendent les résultats d’une enquête sur la vague de convulsions fébriles enregistrée suite à ce vaccin fabriqué par CSL, en plus du décès d’une fillette de deux ans, en rapport chronologique avec le vaccin, mais considéré toujours comme "non élucidé" par la société savante financée par l'industrie qui s'est prononcée sur ce cas.

Lire la suite

Affaires illégales de Roche et pressions maximales pour vendre du Tamiflu, selon un ancien employé

Lors d'un procès aux prud'hommes intenté par un ancien employé de Roche, John Miller, celui-ci a dévoilé certains stratagèmes douteux Roche.jpgutilisés par la filiale britannique du laboratoire suisse. Ce dernier aurait imposé aux visiteurs médicaux des objectifs de vente de Tamiflu (l'antiviral oseltamivir) chiffrés à 15 à 20 millions de livres sterling rien que pour une période de neuf mois de l'année 2006. Les visiteurs médicaux devaient se servir de la menace d'une épidémie imminente de grippe - et des peurs générées par la grippe aviaire -, et ne devaient pas s'embarrasser des lois qui limitent aux professionnels de santé la gestion / prescription de tels médicaments.

Nous apprenons par le même article du Financial Times en date du 21 mai, "Roche Accused Over Illegal Tamiflu Deals", que le laboratoire n'aurait pas non plus respecté ce qui avait été décidé par les autorités, à savoir le schéma de distribution prioritaire du Tamiflu considéré alors comme une ressource rare devant être stockée en priorité par des puissances publiques.

D'autres détails à lire dans l'article.

Dans la catégorie "Grippe A H1N1, Tamiflu, vaccins antigrippe..." de Pharmacritique, vous pourrez lire d'autres articles sur des sujets tels: l'inefficacité du Tamiflu, les résistances de bon nombre de souches virales, les effets secondaires, le fait que le médicament était pratiquement condamné à disparaître et n'a été sauvé in extremis que par le marketing de la peur, de même que les méthodes de Roche, telles les pressions sur les autorités pour l'achat de stocks énormes selon les conditions définies par la firme.

© Pharmacritique. Aucune reproduction sans accord préalable.

07/05/2010

La Fondation Sciences Citoyennes et ENSSER appellent à soutenir Gilles-Eric Séralini et l'indépendance de l'expertise et de la recherche

Pour le respect de la controverse scientifique et de l’expertise contradictoire - Soutien à Gilles-Eric Séralini et à ses co-auteurs

La Fondation Sciences Citoyennes et le Réseau Européen des Chercheurs pour la Responsabilité Sociale et Environnementale ENSSER (www.ensser.org) viennent de lancer une campagne de soutien au professeur Gilles-Eric Séralini (Université de Caen) et à ses collègues Joël Spiroux de Vendômois et Dominique Cellier. Ces chercheurs sont  actuellement victimes d'attaques et de pressions morales de la part de Monsanto, de l'EFSA (agence européenne de sécurité des aliments), de l'AFBV (Association française des biotechnologies végétales) et d'autres organismes ayant donné des avis favorables à  l'autorisation des OGM. Ces attaques font suite à la publication des résultats des contre-expertises faites par Séralini et al. des études de Monsanto sur trois maïs génétiquement modifiés.

Les recherches et expertises du Gilles-Eric Séralini sur la toxicité des OGM et de pesticides tels le Roundup ont un retentissement international, notamment au Canada, en Europe, aux Etats-Unis, de même qu'en Inde, où elles ont contribué au moratoire sur l'aubergine OGM. Cet écho ne peut que gêner les velléités d'expansion des industriels et mettre dans l'embarras les chercheurs dont les conflits d'intérêts en font les serviles instruments de Monsanto et Cie.

Vous pouvez consulter sur le site de la Fondation la lettre de soutien à Séralini et ses collègues, ainsi que bon nombre de documents qui précisent la problématique. En approfondissant, vous réaliserez qu'il ne s'agit pas du « cas Séralini » en particulier. L'enjeu est beaucoup plus important et plus général: défendre l'indépendance de la recherche et des chercheurs, la possibilité de mener des controverses scientifiques et d'avoir une expertise indépendante, pluraliste et contradictoire qui offre certaines garanties contre l'instrumentalisation des recherches scientifiques par les industriels qui ne peuvent pas être à la fois juge et partie, surtout lorsque des profits énormes sont en jeu.
La version chercheurs : http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1806
La version grand public : http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1807

A partir de cette page, vous pourrez signer la lettre de soutien et accéder à la liste des signataires. En outre, vous remarquerez que la lettre de soutien ne se limite pas à un texte. Au-delà de la position de principe sur l'expertise et le respect du débat scientifique, cet appel au soutien se base sur des faits scientifique que les industriels et leurs valets cherchent à discréditer. Vous êtes invités à les découvrir à partir des travaux de Séralini et al., référencés et partiellement rappelés ici. Depuis la même page, vous pourrez consulter la réponse de Monsanto et Cie, celle des chercheurs et les échanges qui s'en sont suivis. La page renvoie aussi à la version anglaise de la lettre de soutien.
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1801
Merci de signer cette lettre de soutien et de contribuer à sa diffusion.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu