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07/10/2017

Quels patients serons-nous demain? Promesses de personnalisation: des médecines douces au transhumanisme. Table ronde le 7 octobre à Pantin

Le festival Sciences infuses, qui a lieu du 17 septembre au 14 octobre, s'interroge cette année sur médecine personnalisée,caroline barry,inserm médecines douces,transhumanisme médecine,homme bionique,don d'organes,bioéconomie,corps-marché,marchandisation de la santé,médecine contrôle social,biotechnologies risque médecine,technosciences médecine,elena pasca,soins holistiques,psychanalyse hyperactivité,psychanalyse efficacité,psychanalyse misogynie,gérard pommier,yann diener,gilbert levetles formes de santé qui se mettent en place d'une part par l'emprise de plus en plus grande des pseudo-sciences ("médecines douces", "médecines alternatives", complémentaires), d'autre part par les changements de la médecine venant des technosciences et des applications technologiques. "Quelle santé pour demain?" est la question d'ensemble, commune aux manifestations sur lesquelles vous pouvez vous informer à partir de cette page.

Le samedi 7 octobre à 17:00 aura lieu à la Bibliothèque Elsa Triolet de Pantin une table ronde sous le titre "Quels patients serons-nous demain?", à laquelle j'aurai le plaisir d'intervenir pour débattre avec Caroline BARRY, chercheure à l'INSERM, membre d'une équipe chargée d'évaluer les pratiques alternatives. Cette équipe a déjà rendu plusieurs rapports d'évaluation scientifique de certaines pratiques telles que l'ostéopathique, l'auriculothérapie, l'hypnose, etc. Caroline Barry présentera et commentera les résultats de ces évaluations et les perspectives d'avenir. J'aborderai, quant à moi, le volet technosciences en médecine, du point de vue des enjeux éthiques et de la nécessaire lecture critique des promesses...

Avant de commenter et de parler des critiques d'une psychanalyse qui est l'exemple-type de la mystification pseudo-scientifique, voici la présentation de la table ronde sur cette page du site des bibliothèques de Pantin, qui contient aussi toutes les informations pratiques:

"Une médecine sur mesure, c’est la promesse de la médecine personnalisée. Grâce aux progrès de la génétique, de la pharmacie et de l’informatique, une révolution scientifique est annoncée : traiter chaque patient en fonction de son profil génétique, de son environnement.

Mais cette médecine prédictive inquiète aussi: est-elle vraiment fiable ? Prédir une maladie qui se déclarera peut-être dans 20 ans, n’est-ce pas gâcher la vie des patients qui d’ailleurs se tournent de plus en plus vers les médecines alternatives : hypnose, jeûne, ostéopathie

Philosophe, animatrice du blog Pharmacritiques, Elena Pasca de l'association Sciences Citoyennes est connue comme lanceuse d’alerte, elle échangera avec Caroline Barry, chercheuse à l'INSERM qui travaille à l’évaluation des médecines alternatives.

Image : CC BY-NC-ND 2.0 Richard Ricciardi"

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27/12/2012

"Mourir sur ordonnance: Un père enquête sur l’industrie pharmaceutique"...

Terence H. YOUNG, Mourir sur ordonnance : Un père enquête sur l’industrie pharmaceutique, pierre biron,terence h young,mort sur ordonnance,prepulsid effets indésirables,médicaments décès,effets indésirables pharmacovigilance,cisapride effets indésirables,cisapride effets cardiovasculaires,prescription hors amm,reflux gastro-oesophagien médicaments risques,johnson & johnson,information effets indésirables,médecine profit commerce,industrie pharmaceutique profit,médecins responsabilitéMontréal, Écosociété, 2011, 352 pages. Préface de Jean-Claude St-Onge (auteur de L’Envers de la pilule). Traduction par Françoise Forest et Geneviève Boulanger

Légende de la photo :

La première de couverture de la version française montre une épitaphe (fictive) : VANESSA CHARLOTTE YOUNG (l984-2000) PREPULSID – POSOLOGIE 50 MG PAR JOUR

 

Recension par Pierre BIRON*

Professeur honoraire de pharmacologie à l’Université de Montréal (auteur de l’Alterdictionnaire médico-pharmaceutique anglais-français, présenté en détail à la fin de cet article).

« Une nuit de terreur » est le titre approprié du chapitre premier d’un livre remarquable qui se lit comme un roman sauf que tout est vrai. L’ouvrage constitue un documentaire dramatique rédigé par un député fédéral canadien du parti Conservateur (comparable à l’UMP) d’une ville de la province de l’Ontario, Canada, dont la jeune fille est morte devant lui d’un effet indésirable rare mais grave d’un médicament qui n’aurait jamais du demeurer sur le marché au Canada et n’aurait jamais du être prescrit à sa fille.

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20/07/2012

De la médecine préventive à l'abus de prévention: "L'acharnement préventif" par Pierre Biron

L’ACHARNEMENT PRÉVENTIF bilan régulier utilité,prévention abus de prévention,preventive hounding,pierre biron,dépistage cancer,génétique thérapie médecine,profilage génétique,médecine générale clinique,déshumanisation médecine technique,médicalisation états physiologiques,disease mongering,surmédicalisation exemples,médecine préventive conflits d'intérêt,pharmacologie sociale,surdépistage cancers,bilans sanguins systématiques critique,examen clinique,exercice de la médecine vs technique

Par le Pr Pierre BIRON*

(Photo: site de l'Université de Montréal)

 

Message public : attention au bilan médical périodique, au santéisme biologique et au profilage génétique!

La période de la médecine à visage humain que pratiquaient les généralistes est une espèce menacée. Les médecins observaient jadis le malade dans son cadre de vie; au moins ils le regardaient marcher entre la salle d’attente et celle de l’examen; que de choses un œil averti peut déceler dans une démarche chez une personne qui consulte.

Une seconde période a vu l’essor d’une médecine technologique centrée sur les systèmes, les organes, les cellules et pratiquée par de véritables ingénieurs du corps humain, ces spécialistes de 2e et 3e ligne bien mieux payés qu’un généraliste dévoué et au bon jugement, même dans les régimes publics de soins. Le progrès médical devint assimilé à celui des spécialisations médicales en milieu hospitalier, nécessitant de couteux appareillages, de couteux médicaments, de couteux entrainements pour savoir s’en servir.

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07/07/2012

Actes du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements". Ateliers 4, 5 et 6

Le colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements » qui a eu lieu le 27 et le 28 avril à la surdépistage cancer,surmédicalisation surtraitement,médicalisation anticipation maladie,anne vega,anne pellissier fall,sous-médicalisation accès aux soins,pauvreté santé inégalités,surmédicalisation marché néolibéralisme,médicaments essentiels,maurice rapin médicaments essentiels,liste médicaments essentiels,mucoviscidose dépistage,evidence-based medicine surmédicalisationFaculté de médecine de Bobigny a été présenté plusieurs fois, en particulier dans les notes contenant l’introduction détaillée et le programme. Les enjeux et les possibles suites à donner – j’imaginais un mouvement citoyen d’idées - ont été évoqués dans le communiqué de presse des organisateurs.

Quant aux actes (powerpoint et textes transmis par les intervenants et les modérateurs) : sur Pharmacritique ont déjà été publiés les actes de l’atelier N° 1 (Surmédicalisation, mythe ou réalité), de l’atelier N° 2 (Causes et sources de surmédicalisation), de l’atelier N° 3 (Surdiagnostics sources de surtraitements), de même que les comptes-rendus des ateliers faits par les modérateurs respectifs. Des liens insérés au début de chaque page permettent d’accéder à tout ce qui a été publié là-dessus sur ce blog.

Voici les contributions aux ateliers N° 4, 5 et 6 (et quelques liens et fichiers complémentaires, envoyés par les contributeurs).

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16/02/2012

La santé publique ne connaît pas la crise ! Le business des ONG dans les pays pauvres, initié par l'OMS

Par le Dr Cesar Eduardo Wong Alcazarmédecine humanitaire dérives,santé publique pays pauvres,ong humanitaire éthique,santé publique profit affaires,organisation mondiale de la santé commerce profit,nations unies politique santé,oms pays pauvres profit santé,cesar eduardo wong alcazar,médecine profit pays en voie de développement *

 

En temps de crise économique, si vous hésitez dans quel domaine investir afin d’assurer votre avenir, tournez-vous dans un secteur épargné par la crise, un bon business rentable : la santé publique dans des pays en voie de développement.

J’ai 33 ans, je suis médecin et je rêvais un jour de « sauver le monde » ou d’y contribuer. Pour moi, la santé publique, c’était le moyen qui allait me permettre de réaliser mes rêves.

Je suis parti en mission humanitaire en Asie et en Afrique pour des programmes de lutte contre le  paludisme et le VIH. Au cours de ces missions, j’ai été confronté à des réalités difficiles, tant sur le point médical que sur le point éthique et j’ai rencontré des gens qui ne partageaient pas du tout mon point de vue…

J’ai compris que de leur point de vue, la santé est un très bon business. Chacun a intérêt que le développement d’un programme de santé ne se fasse pas trop vite (sauf la population qui devrait tirer bénéfice de ce programme).  Tant qu’il y a des malades, il y a des soignants, des philanthropes, des bénévoles, mais aussi des investisseurs, des organismes internationaux, des agences de développement, des gouvernements corrompus, et un nombre incalculable de profiteurs !

Par ces quelques lignes, je voudrais vous faire partager ma brève expérience et mes désillusions sur ce que j’ai rencontré dans les programmes de santé publique à l’étranger.

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04/10/2011

Conflits d’intérêts, marasme éthique, influence pharmaceutique... Menaces sur la médecine (Roy Poses et Health Care Renewal)

Par ses activités, prises de positions et analyses, le Dr Roy Poses est l’une des principales Roy Poses,health Care renewal,conflits d'intérêts médecine industrie pharmaceutique,éthique médicale déontologie professionalisme,médecine conflits d'intérêts profit commerce,leaders d'opinion médecine,recherche médicale manipulation,formation médicale continue influence pharmaceutique,médecine universitaire influence pharmaceutique,facultés de médecine management gestion commerciale,lanceurs d'alerte médecine risques,ghostwriting information médicalefigures de la résistance aux influences et manipulations de l’industrie pharmaceutique. Depuis 1994, il est professeur associé de médecine à l’Université de Brown (Etats-Unis), l’une des plus réputées du pays. Depuis 1999, il est aussi professeur associé de médecine interne à la Virginia Commonwealth University.

Il a fondé et préside la Foundation for Integrity and Responsibility in Medicine (FIRM).

Roy Poses est le fondateur et principal auteur du meilleur blog / site sur le complexe médico-industriel : Health Care Renewal. Parmi les thèmes abordés sur ce blog très documenté figurent : le marasme éthique et moral en médecine ; la perte du professionnalisme (au sens anglo-saxon, qui met l’accent sur la déontologie et sur les modalités d’application d’un savoir technique, dont la simple maîtrise théorique n’est que le degré zéro) ; la dévalorisation des valeurs éthiques en médecine au profit d’un appât du gain croissant ; la dégringolade morale de la médecine universitaire (et pas seulement…); les diverses formes de corruption, conflits d’intérêts et lobbying et leurs conséquences ; les leaders d’opinion et autres formes d’asservissement à l’industrie pharmaceutique ; les influences, manipulations et biais plus ou moins directs de l’industrie pharmaceutique à tous les niveaux (formation initiale et formation médicale continue, presse et information médicale en général, recherche clinique…).

Le blog Health Care Renewal s’est imposé comme LA meilleure référence internationale sur ces sujets, sans aucun équivalent français comparable. Au lieu d’une longue introduction, j’ai choisi de traduire un texte qui illustre le registre très large de sujets abordés sur Health Care Renewal, principalement par Roy Poses.

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01/02/2011

Entretien virtuel de Pierre Biron avec Jean Peneff, auteur de "La France malade de ses médecins"

Entrevue virtuelle avec Jean Peneff: "La France malade de ses médecins" [1]

Par Pierre Biron jean peneff sociologie de la médecine,la france malade de ses médecins,surmédicalisation surmédicamentation,prescriptions médicales irrationnelles,dr knock médicalisation,disease mongering médecine,clinique et technicisation médecine,abus de prévention médecine,commerce privatisation médecine

médecin et anciennement professeur-chercheur en pharmacologie à l’Université de Montréal [2]

 

Question – Le rôle traditionnel de soignant est-il en train d’être détrôné par un rôle de pourvoyeur en vue de meilleures performances du corps humain ?

Réponse – Oui… la recherche du plaisir, la stimulation des sens, l’accroissement des capacités physiques, sexuelles, sportives ou intellectuelles font partie des nouvelles exigences des classes aisées urbaines. On passe ainsi de ‘maladie’ à ‘trouble de santé’, de ‘santé’ à ‘dépassement de soi’ avec recherche de performances, travail sur les sensations ou les sentiments à partir de la chimie, ou travail sur l’apparence.

Q – Comment pratiquent alors ces médecins devenus des pourvoyeurs et des « gros prescripteurs » plutôt que des soignants prudents?

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25/10/2009

Claude Béraud critique le ghost writing... chez les autres

Dans le numéro 14 (novembre 2007) de la « Lettre d’actualité médicale » qu’il a rédigée entre 2006 et 2008, Claude Béraud analysait l’apport de deux articles traitant des conséquences de l’externalisation de la recherche médicale et de la rédaction des articles médicaux, source majeure de biais et de conflits d'intérêts dans la recherche clinique et dans l’information médicale qui la présente. La stratégie de maximisation des profits impose une marchandisation croissante, se traduisant par la sous-traitance à des sociétés de recherche sous contrat et à des sociétés de rédaction/ communication médicale, qui n’ont que les laboratoires pharmaceutiques pour seuls clients – et donc nulle indépendance.

Ces deux articles parlent du ghost management (la gestion fantôme, invisible mais omniprésente, de toute la recherche, de la formation et de l'information médicales) dont le ghostwriting est une composante essentielle. Il s'agit de l'écriture fantôme ou de la rédaction appelée "fantôme" parce qu'elle est faite par des employés des firmes qui rédigent des articles signés à la fin par des leaders d’opinion payés pour légitimer scientifiquement cette production. Les ghostwriters sont là non pas parce que les grands pontes n'auraient pas le temps, mais pour faire en sorte que les résultats des essais cliniques apparaissent dans la lumière la plus favorable possible, depuis l'interprétation des données jusqu'à l'écriture, en fonction des exigences du service marketing du laboratoire qui paie.

Ces deux articles nous livrent – par la médiation de Claude Béraud - une aide théorique, c’est-à-dire des concepts nous permettant de développer un cadre d’analyse critique afin de mieux situer et comprendre les exemples concrets de manipulation de la recherche et de l’information médicale qui sont donnés ici ou là, et de réaliser que tant que durera cette façon de faire, la santé individuelle et publique resteront en danger.

[Mise à jour: Je retire un long fragment présentant Claude Béraud, parce qu'il était totalement trompeur. Je me suis fait avoir par le discours victimaire de quelqu'un qui sait parfaitement influencer en utilisant tous les moyens, afin d'obtenir ce qu'il veut. Preuves à l'appui. Je me suis fait avoir parce qu'un lecteur m'a contacté et me l'a présenté comme une victime, un vieillard malmené, dépressif parce que plus personne ne parle de lui et ne lit son blog, parce qu'il a des choses à dire et à transmettre, mais a besoin d'aide, etc. Je me suis employée à le sortir de la dépression, en utilisant des dithyrambes auxquels il a fini par croire. Je l'ai encouragée à écrire en discutant pendant des heures avec lui des thématiques courantes, en lui disant que j'allais relire, mais aussi faire beaucoup de communication là-dessus, l'aider à laver son honneur, etc.

Il a apprécié, il en a voulu toujours plus, au point de me faire des reproches voilés, parce qu'il n'y avait pas assez de commentaires à tel texte, par exemple, parce que les gens ne le contactaient pas, etc. Il a voulu me proposer même un travail d'esclave: taper à l'ordinateur ses anciens textes et les actualiser (actualiser les données contenues). Et ainsi de suite. Il sait très bien utiliser y compris son âge et sa déchéance, parce qu'on a du mal à dire non à une personne âgée qui se plaint et demande de l'aide. Il m'a remercié chaleureusement, mais toujours en privé. En public, il a essayé de faire de moi un ghostwriter, et il est revenu à la charge. Preuves à l'appui, puisque j'ai pris soin de documenter ses dérapages. Et après plusieurs tentatives de mise au point, après près de deux ans de silence suivi d'un dernier essai de le faire prendre conscience de son comportement, j'ai laissé tomber et retiré les textes. N'ayant jamais donné mon accord pour qu'il utilise mon travail, je demande qu'il disparaisse. Que Claude Béraud publie ce qu'il écrit tout seul, sans relecture portant même sur le langage. Et s'il est mécontent de ce qu'il peut faire tout seul, alors qu'il reconnaisse l'apport des autres ou qu'il arrête.

Je me suis fait avoir parce que, après des expériences désastreuses, j'avais besoin de croire en l'existence de médecins au-dessus de la mêlée, aux pratiques qui concrétisent l'éthique, etc. Claude Béraud s'est révélé être la parfaite négation de la morale, de l'impératif catégorique qui dit de traiter autrui toujours comme une fin en soi, comme un sujet à part entière, mis à égalité, et non pas comme un objet. Claude Béraud a construit un discours en fonction de mes attentes qu'il avait pu voir sur Pharmacritique et, une fois qu'il a bien entériné son influence, n'a eu de cesse de tenter de m'exploiter.

D'autre part, je n'avais pas lu les propos du livre qui déconstruit à juste titre "la crise de foie", mais qui parle de toute douleur abdominale chronique, non objectivée rapidement par lui, comme d'un symptôme de névrose hystérique chez les femmes. En termes très violents. Sans se dire un seul instant qu'il est possible qu'il se trompe, que la médecine a des limites, etc. Il juge en termes violents les tentatives des médecins d'aller au-delà des moyens rapides de diagnostic, car ce serait installer ces femmes dans leur névrose et les amener à un état gravissime et irréversible de névrose dépassée.

Claude Béraud et ceux qui ont travaillé dans son service, selon sa façon de faire, selon son influence, sont responsables des souffrances de milliers de femmes atteintes par exemple d'endométriose, dont les localisations digestives sont très difficiles à diagnostiquer et passent inaperçues lors d'examens radiologiques faits par des radiologues non spécialisés. Beaucoup ne seront visibles que lors de la chirurgie. J'ai évidemment essayé d'aborder ces questions avec lui, à partir d'un paragraphe dans le texte sur la surmédicalisation que j'ai soumis à une relecture approfondie. Il ne veut même pas en entendre parler. Il balaie tout ce qui risque de contredire ses certitudes. Il a une mémoire sélective quant à tout ce qu'il a fait qui ne cadre pas avec l'image qu'il veut laisser de lui à la postérité, image que j'ai contribué à façonner, mais cela sera largement rectifié, preuves à l'appui.

Claude Béraud m'a envoyé ce texte lors d’un échange mentionnant le ghostwriting, sur lequel je rassemble des matériaux en vue d’un article synthétique. Il est ironique de constater après coup qu'il critique ce genre de procédés chez les autres, mais qu'il faut beaucoup insister pour qu'il mentionne la participation de quelqu'un d'autre à la rédaction de ses écrits à lui. Mention bien cachée à la fin des notes... Fin de la mise à jour

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01/12/2008

Paiement à l’acte / T2A, conflits d’intérêts et non respect de la déontologie : on rentabilise et privatise en excluant pauvres et malades chroniques

La situation est résumée dans l’article "Le plus gros conflit d’intérêts des médecins", paru sur le blog Sous le sarrau : "Les médecins se Argent pharma Ärztezeitung.jpgretrouvent (…) au beau milieu d’un conflit d’intérêts : bien faire leur travail ou faire de l’argent".

Illustration: Ärztezeitung.

 

Les auteurs de l’appel Sauver l’hôpital, que l’on peut signer sur cette page, constatent eux aussi que la "nouvelle gouvernance" imposée à l’hôpital constitue "un dangereux début de reniement de ce qu’est l’éthique médicale, en voulant faire de la santé une marchandise comme les autres."

 

Un éditorial de Pierre Grimaldi dans le numéro de novembre de la revue Médecine, intitulé "L’arnaque de la T2A", va dans le même sens. Quelques extraits : "Le paiement à l'activité, comme le paiement à l'acte, pose le problème potentiel des conflits d'intérêts. Le principe éthique inscrit dans le Code de déontologie est « le juste soin au juste coût » : s'il est inéthique de ne pas soigner un patient en fonction de ses besoins, il est également inéthique de gaspiller les deniers publics confiés par les citoyens aux médecins. Contrairement au reste de l'activité économique, en médecine, l'inutile n'est pas éthique. La raison en est simple : ce qui est gaspillé par les uns sera enlevé aux autres. (…)

 

Ainsi, ne sont pas T2A rentables, les patients précaires, les patients dont l'hospitalisation n'a pas pu être programmée, les patients ayant des pathologies particulièrement graves, les patients de réanimation, les patients de pédiatrie, les patients ayant une maladie chronique nécessitant une éducation thérapeutique, les patients ne pouvant pas rentrer au domicile... (…)

 

Contre tout bon sens, les dirigeants veulent imposer une convergence public/privé en 2012. Cette convergence serait la mort de l'hôpital public, sommé pour survivre de se transformer en clinique concurrentielle. (…) Si on continue, le système français ne sera plus basé sur une complémentarité entre trois secteurs (cliniques privées à but lucratif, hôpitaux privés non lucratifs, hôpitaux publics) mais sur une concurrence de tous contre tous.

À l'étape actuelle, le financement à la T2A a comme prévu entraîné une augmentation non pas de l'activité mais du chiffre d'affaires des cliniques de 9 % (certaines cliniques comme l'Institut Montsouris possède un logiciel permettant d'optimiser le codage !), tandis que les hôpitaux ont enregistré un déficit d'environ 700 millions d'euros dont 350 pour les CHU. (…) Pour retourner à l'équilibre, il leur faudra non seulement augmenter l'activité (que celle-ci soit médicalement utile ou inutile) mais aussi abandonner certaines activités (y compris utiles) et peut-être sélectionner les patients. Il faudra surtout pouvoir licencier car la masse salariale intervient pour 70 % des dépenses hospitalières.

 

La prochaine étape sera donc très sûrement la transformation du statut de service public en établissement privé à mission de service public. Le chirurgien Guy Vallancien, dans un rapport demandé par la ministre de la Santé, propose même de vendre les murs des hôpitaux pour créer un Réseau Hospitalier de France comparable au Réseau Ferré de France. Cela permettrait selon lui de « recentrer les professionnels de santé sur leur coeur de métier » en louant les bâtiments comme la SNCF loue désormais le rail. Si la qualité doit être comparable à celle des caténaires, on a quelques soucis à se faire. (…)"

 

*

Elena Pasca

03/10/2008

Marketing illégal du Deroxat/Seroxat par GSK et occultation du risque suicidaire: 40 millions de dollars d'amende

Nous parlions dans la note précédente du suicide comme effet secondaire de plusieurs antidépresseurs et autres Deroxat suicide final.jpgmédicaments. Cela colle parfaitement avec l’actualité…

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12/09/2008

Arnold Relman s’en prend aux médecins inféodés aux firmes, auxquelles ils abandonnent jusqu'à leur formation médicale continue

Le numéro du 3 septembre du JAMA (Journal of the American Medical Association) contient trois commentaires sur le thème des relations Corruption Eric Uslaner.jpgentre médecins et industrie pharmaceutique. L’un d’eux est signé par Arnold S. Relman et s’intitule "Industry Support of Medical Education" (Pharmacritique traduit l'intégralité du texte, réservé aux abonnés). Nous avons présenté brièvement le Pr Arnold Relman dans cette note où nous traduisions un excellent texte de cette grande figure de la résistance à la corruption par les Big Pharma : "Ethique et valeurs médicales dans un monde marchand où la santé n’est qu’un commerce parmi d’autres".

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24/08/2008

Formation médicale continue: institutions médicales et firmes refusent de limiter le financement industriel, dit Moynihan dans le BMJ

Le journaliste et universitaire australien Ray Moynihan, un critique de référence des rapports malsains entre médecins et firmes, a publié le 470891549.jpg14 août 2008 sur le site du British Medical Journal un article intitulé ”Sponsorship of Medical Education. Is the relationship between pharma and medical education on the rocks?” (Financement de la formation médicale. Les rapports entre l’industrie pharmaceutique et la formation médicale continue seraient-ils en danger ?). BMJ 2008;337:a925 (pas de lien direct ; début de l’article ici). Deux autres articles et plusieurs réponses se sont ajoutés pour constituer un nouveau dossier du BMJ sur la mainmise des firmes sur la formation médicale continue.

 

Puisque le texte intégral de l’article original de Ray Moynihan n’est pas en libre accès, Pharmacritique vous propose une traduction.

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11/08/2008

L'ordre des médecins et l'industrie pharmaceutique: frères siamois et relations incestueuses...

Qui disait que le mariage par intérêt ne donne pas d'union solide ? Et une progéniture qui fait bloc. Ou monopole. Ou encore cartel, selon les reproches que l'Office allemand antitrust fait à l'ordre des médecins pour avoir promu les intérêts de son frère siamois (l'industrie pharmaceutique), en bourrant le crâne des médecins de publicités en guise de formation médicale continue. Et l'ordre médico-pharmaceutique de France et de Navarre? Il se porte comment, lui, dont aucun office antitrust et aucune loi ne viennent troubler la quiétude ?

Le Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM) et co-responsable de la situation actuelle de corruption, de conflits d'intérêts généralisés. C'est lui qui a permis le contrôle total de l'industrie pharmaceutique et des fabricants de dispositifs médicaux sur l'ensemble de notre pseudo-système de santé, sur toute la recherche médicale, sans oublier la formation médicale initiale et continue et les moyens d'information (de désinformation) des professionnels de santé comme des usagers. Les victimes d'effets indésirables de médicaments devraient porter plainte systématiquement contre les médecins prescripteurs, mais aussi contre le CNOM.

Car c'est l'Ordre des médecins qui gère les relations des médecins avec l'industrie pharmaceutique; chaque médecin qui signe un contrat doit le soumettre à l'Ordre départemental des médecins, qui le valide selon un barème tenu secret. Or on aimerait bien savoir quel est le prix de l'intégrité et de l'indépendance d'un médecin, selon le CNOM et pour quelles activités...

L'existence même d'un ordre des médecins est contraire à l'esprit et à la loi de la République, puisque la Révolution était censée mettre un terme aux ordres et aux privilèges qui vont avec, afin qu'aucun corps professionnel intermédiaire ne s'interpose entre les citoyens et la loi et que tous les citoyens soient égaux devant la loi commune. Or les velléités d'autorégulation (sic) et d'autodiscipline (sic) de l'ordre des médecins font que les assujettis à cet organisme qui rassemble les positions les plus réactionnaires échappent à la loi commune, échappent au Code pénal. Il faut dissoudre tous les ordres professionnels, il faut appliquer la loi Le Chapelier de 1791 et garantir la généralité de la loi. Interdire les intérêts corporatistes que l'on voit fleurir partout, se traduisant dans des sous-systèmes de vassalité quasi-féodale autour des firmes et des leaders d'opinion qui verrouillent le système pour le profit des industriels qui les paient et leur permettent de faire carrière (l'argent industriel finance des essais cliniques et les moyens d'en parler, finance aussi les grandes campagnes de communication dans la presse médicale et les sociétés savantes (elles-mêmes financées) ainsi que dans les media généralistes, qui font que la cote des leaders d'opinion augmente, qu'ils sont promus experts auprès des instances de régulation car ayant écrit sur le sujet (grâce aux industriels...). Et ainsi de suite, dans un cercle vicieux infini. 

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09/07/2008

"Money Talks. Le profit avant la sécurité des patients". Documentaire sur l'emprise des firmes pharmaceutiques

Des extraits d'un documentaire de 2008, écrit et réalisé par Kathleen Slattery-Moschkau, ancienne visiteuse médicale aux Etats-Unis. Elle a aussi produit un film appelé "Side effects". Détails sur le site Money Talks.

19/05/2008

Les façonneurs de maladies, héritiers du Dr Knock, ancêtre du disease mongering...

Les firmes pharmaceutiques et les médecins qui en soignent les finances en appliquant la stratégie marketing dont fait partie le disease mongering (façonnage ou invention de maladies) sont les dignes héritiers du Dr Knock (personnage de Jules Romains), passé maître dans l’art d’amener un patient en bonne santé à se découvrir une vraie maladie à la place d’un désagrément occasionnel ou d'une parfaite santé… L'exagération des facteurs de risque, l'abus de prévention auquel on assiste de nos jours, la surmédicalisation et surmédicamentation, la médicalisation et marchandisation des états d'âme, les recettes publicitaires, le pharmacommerce de la peur... tout y était déjà. A voir ou à revoir…

13/05/2008

Le DSM V en préparation regorge de conflits d'intérêts des experts psychiatres. Et l'APA fait de la com' pour noyer le poisson

Qu’on veuille ou non le reconnaître, l’APA (Association Américaine de Psychiatrie) tient les rênes de la psychiatrie mondiale parce que c’est elle qui a le pouvoir de définir les termes, de poser « les principes de vision et de division » (Bourdieu) en fonction desquels se fait la distinction / division entre le normal et le pathologique en termes de santé mentale. C’est un immense pouvoir que de définir la "normalité" et de décider de ce qui est ou non un trouble psychique qui entrera dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), édité et révisé par l’APA. Pouvoir d'abord idéologique. Et puisque nous vivons dans une idéologie néolibérale triomphante selon laquelle rien ne doit s'opposer à la maximisation des profits, force est de constater que ce pouvoir est entre les mains des marchands des diverses multinationales. 


Nous parlions dans cette note du fait que les psychiatres sont les médecins les plus financés par l’industrie pharmaceutique. Les conflits d’intérêts n’ont pas contourné le DSM, loin de là, ce qui a valu beaucoup de critiques à l’APA. La vague de protestations recommence, puisqu’un communiqué de presse de l’organisation a rendu publics début mai les noms des 28 psychiatres superviseurs et des 120 membres des groupes de travail chargés de préparer la 5ème édition du DSM, à paraître en 2012. Comme avant, 16 des 28 superviseurs ont de très forts liens financiers avec l’industrie pharmaceutique pour diverses activités promotionnelles.

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15/01/2008

Le business de nos médecins nous concerne ! Demandons des comptes !

Voici un slogan digne d’une campagne de prévention en santé publique ! Comme il est peu probable que le LEEM (syndicat de l’industrie pharmaceutique) finance une telle campagne et que la presse médicale s’en fasse l’écho, c’est à chacun de nous de la mettre en pratique.

Médecins et usagers doivent apprendre à dépasser leurs non-dits, arrogants ou embarrassés, quant aux intérêts financiers en jeu. L’argent n’est ni un sujet nouveau ni un tabou, puisque les médecins qui demandent des dépassements d’honoraires sans "tact [ni] mesure" font preuve d’une pudeur fort sélective. Autant aborder toutes les facettes de ce qu’implique cet intermédiaire – l’argent - dans la relation de soins et tirer toutes les conséquences de la cupidité de certains médecins sur la qualité de la médecine et la maîtrise des comptes publics.

Posons la question qui fâche, pour savoir si nos médecins sont aussi doués en « affaires » qu’en médecine: docteur, avez-vous un lien financier ou autre avec la firme qui produit ce médicament, cette prothèse, cette orthèse ?

Ce titre suggestif - "Your Doctor's Business Is Your Business" - est celui d’un article du Wall Street Journal, pas d’un brûlot gauchiste exécrant les multinationales…

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