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09/03/2018

Le livre de Anne Steiger "Une araignée dans mon ventre" reprend de façon erronée mon travail sur l'endométriose. Deux parcours et combats différents, voire opposés

Il s'agit de la partie "enquête" du livre de Anne Steiger "Une araignée dans mon ventre. Mon combat contre l'endométriose", paru chez Autrement le 7 mars 2018.

A la fin, je donne un exemple de propos et analyses repris à la page 253-254 dans ce livre, depuis cet article de 2009, anne steiger,une araignée dans mon ventre,endométriose psychologie,endométriose sexisme,business de l'endométriose,chronicisation endométriose,yellow-washing,enantone effets indésirables,decapeptyl,exérèse complète endométriose,endométriose traitement naturel,endométriose traitement médical,énergie plasma endométriose,chu rouen endométriose,horace roman,conflits d'intérêt endométriose,endométriose communication,plagiat livre endométriose,elena pasca,anne steiger business,marie-sophie germain,plagiat,marie-sophie germain endométriose"Chroniciser les maladies est plus rentable que de les guérir", à partir de ma référence au prix Nobel Richard J Roberts et de la traduction que j'ai faite d'un entretien à un journal espagnol. (Traduction dont un fragment est repris tel quel, sans que je sois citée comme auteure, ni dans le texte ni dans la note).  

Dans ce texte mis à jour, je réponds à certaines personnes ayant eu des réactions agressives à mon encontre et/ou ayant tenu des propos qui ne correspondent pas à la réalité de mon parcours d'engagement sur ces questions. Occasion de rappeler quelques étapes de mon parcours et de mon combat contre l'endométriose, pour obtenir des avancées bénéficiant à tout le monde. En regardant les plus de 700 articles sur Pharmacritique et en faisant une recherche sur mes activités, prises de position, interventions, etc., il est facile de voir mes engagements pour les droits des malades, dans la critique de toutes les formes de lobbying, de conflits d'intérêt en santé et en médecine, dans l'effort (commun aux milieux critiques) d'arriver à une recherche, une formation, expertise et information indépendante sur toutes les questions médicales, incluant la santé environnementale et la critique des mêmes procédés dans le complexe naturo-psycho-holistique. 

Ces personnes comparent Anne Steiger et moi, font de Anne Steiger la lanceuse d'alerte et autrice des analyses sur les points abordés dans mes écrits puis dans son livre, et donc autrice de l'"enquête qui manquait en France".

Je voudrais rappeler aussi l'enquête faite par Anne Steiger en 2006, à partir de ses propres activités de journaliste "psycho-sexo", "analyste du mental", incarnant divers personnages en fonction des demandes des rédacteurs, etc. Tout cela est relatée, à commencer par le travail consistant à "se payer le luxe de devenir une bombe sensuelle"  etc., dans son livre "La vie sexuelle des magazines. Comment la presse manipule notre libido et celle des ados" (Michalon 2006).

Il faut lire ce livre, car il nous apprend beaucoup sur ce que Anne Steiger a dû accepter de faire en tant que journaliste pigiste, sur les coulisses de la presse "féminine" et "masculine", sur la publicité, sur le trash et le X, sur les méthodes d'influence déployées pour nous persuader, sur l'étendue de leur influence sur les rédactions, à travers la régie publicitaire, donc à travers les intérêts économiques.

Sujets abordés selon une perspective et un engagement différents par Anne Steiger et par moi, dans nos parcours respectifs. Puis, dans son livre de 2018, Anne Steiger en vient à aborder ces sujets  de la même façon que moi quant à l'impact de la presse en matière d'endométriose, de misogynie  psychologisation  conflits d'intérêt  etc., tout en passant totalement sous silence ses activités en la matière et même l'existence du livre de 2006 et ce que l'on peut y lire de différent. 

Nos positions et engagements dans des camps opposés ont fini par converger. Vers mes critiques. 

Les analyses de diverses dimensions de l'endométriose sont dans mon livre  en libre accès et dans les autres écrits, eux aussi en libre accès, sur Pharmacritique comme sur le blog Victimes Enantone, Decapeptyl de l'association de victimes que j'ai fondée en 2006 (et les supports qui le complètent). Par exemple, non seulement j'ai analysé la psychologisation et la misogynie, et sans avoir jamais eu de pratiques allant dans ce sens, mais j'ai même obtenu des victoires concrètes, dès 2007-2008 (voir cette page, entre autres). Non seulement j'ai analysé les traitements de l'endométriose, leur efficacité et leurs effets indésirables, mais j'ai informé publiquement, en postant sur les deux blogs, sur les listes de discussion et partout où je pouvais pour alerter, éduquer, informer.

J'ai été lanceuse d'alerte auprès des autorités de pharmacovigilance très tôt, avec un militantisme que seul mon handicap limitait. Suite à une rencontre en septembre 2007 avec les hauts responsables de la pharmacovigilance - qui n'a pas été de tout repos, non plus, d'autant que j'ai toujours été seule dans ces démarches publiques - et grâce à la documentation très fournie et très rigoureuse, ce militantisme a abouti à ce que l'AFSSAPS / ANSM reconnaisse plusieurs dizaines d'effets indésirables et les introduise dans les notices officielles d'Enantone, Décapeptyl, Zoladex, Synarel et tous les autres analogues agonistes de la GnRH et leurs diverses formes d'administration.

Quant au business de l'endométriose, on trouve les articles (voir liens à la fin) sur les trois piliers (médico-pharmaceutique, naturo-psycho-holistique et communicationnel/ publicitaire/ médiatique) dès 2008, synthétisant ce qui était plus épars avant. Et beaucoup d'articles et interventions après. J'ai fait une autre synthèse des informations disponibles et de mes analyses et recherches (y compris scientifiques) dans le livre ouvert posté fin 2016/ début 2017. Soucieuse que des ressources de qualité, correctes, soient accessibles à toute personne qui ferait une recherche, qu'elle soit malade et/ou professionnel de santé. 

Je reçois beaucoup de sollicitations, à la suite de divers sujets abordés. Y compris quant à l'endométriose, pour donner des noms de chirurgiens sachant faire de l'exérèse complète conservant les organes, informer quant aux effets indésirables des médicaments, etc. Je n'ai plus répondu aux journalistes ces dernières années et jusqu'il y a quelques semaines.

C'est par solidarité que j'ai reçue Anne Steiger chez moi, touchée par son message, pour l'aider en tant que femme demandant de l'aide, cherchant à comprendre ce qui lui arrivait, ce qui nous arrivait, ce qui implique de lui exposer une construction sociale dont j'ai une approche globale particulière. Et faire ce que je fais d'habitude lorsque j'aide quelqu'un à comprendre: des analyses de toutes les dimensions fondamentales, telles que la misogynie, la psychologisation, allant de pair avec la standardisation des comportements dans une santé marchandisée, etc., analyses qui sont indispensables pour comprendre ce qui nous arrive, selon moi. Je n'allais pas refuser de l'aider parce qu'elle était journaliste... Et même lorsqu'elle m'a parlé de son intention d'écrire un livre - qu'elle voulait être de témoignage, et non pas technique, et dont elle m'a dit qu'il était en suspens à la lecture de mon travail -, j'ai continué mais en demandant que nos échanges privés et amicaux restent privés. Et sans jamais renoncer à mes droits d'auteur et en exprimant des réserves sur l'utilité d'un produit commercial, etc. 

Anne Steiger était évidemment libre de citer mes travaux publics, comme tout le monde. D'ailleurs, j'ai toujours dit à tous ceux qui s'y intéressent, qu'il fallait éviter de paraphraser et de transposer les propos oraux, car les risques d'erreurs sur un sujet aussi technique et pointu sont trop grands. Surtout de la part de quelqu'un de "novice" en santé en général et en endométriose aussi. Citer les travaux écrits, par contre, c'est sans risque.

Et moi aussi, j'étais libre de vouloir garder privés des échanges privés et amicaux qui ont eu lieu chez moi (or je n'y invite pas les journalistes) et en évoquant des aspects intimes sur mes maladies et mon dossier médical, en évoquant des démarches en cours dans l'intérêt de toutes les femmes malades, etc. Je lui ai fait confiance, sans oublier toutefois de demander, y compris par écrit, une "confidentialité totale" sur ces échanges de vive voix, ceux téléphoniques et les mails qui s'y rattachaient. Anne Steiger s'y est engagée, or elle a repris beaucoup de ces contenus privés, a repris mot-à-mot des propos oraux, en a paraphrasé d'autres, repris des tournures de phrase et façons de présenter les choses par comparaison, etc.; elle a aussi utilisé des matériaux évoqués dans les mails ainsi que des données de mon dossier médical, prises pour des généralités. Tout a été enregistré, car c'est une condition posée dès le départ, évoquée plusieurs fois, d'ailleurs, et elle l'a acceptée.  

C'est mon approche globale originale que Anne Steiger a reprise, ainsi que des analyses de détails originales, une recherche inédite qui aurait dû rester dans l'ombre (car pas finie et  intégrée dans des démarches dans l'intérêt de toutes les femmes) ainsi que des façons originales d'aborder et expliquer diverses dimensions. En continuité avec mon travail sur d'autres sujets, traduit dans des centaines d'articles sur Pharmacritique et ailleurs ainsi que dans des prises de position médiatiques, débats, auditions par les pouvoirs publics, conférences, activités associatives diverses.

Par contre, les erreurs dans le livre "Une araignée dans mon ventre. Mon combat contre l'endométriose" ne viennent pas de moi. Et il y en a beaucoup, malheureusement. C'est ce que je craignais et le lui ai dit plusieurs fois, car c'est impossible de maîtriser tout cela en si peu de temps.  

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02/03/2018

La contestation sociale ne doit pas être bâillonnée ! Rappel de la pétition contre les poursuites-bâillon par l'Ordre des médecins. Urgence d'une loi anti-SLAPP

Commentaires et liens à la fin sur la pétition, l'alerte par le Dr Dominique Huez et les poursuites-bâillon à son encontre, etc. Il est urgent d’adopter une loi anti-SLAPP, anti-procédures bâillon, qui s’appliquerait évidemment dans tous les domaines, pour protéger lanceurs d'alerte, journalistes, etc. 

*

Communiqué de presse de l’organisation Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des Services publics 

convergencenationale.png

Paris le 1er mars 2018

Pour avoir relaté, témoignages et preuves à l’appui, un cas de discrimination syndicale au sein du groupe spécialisé dans le recyclage Paprec, deux journalistes de  "l'Humanité", Kareen Janselme et Cyprien Boganda, ont été mis en examen pour « diffamation » le 20 février.

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25/09/2011

Pétition contre la privatisation du journal 60 Millions de consommateurs !

Que nous nous concevions ou non comme des consommateurs, soyons 60 millions à signer cette 60 millions logo.jpegpétition !

Je reprends le texte disponible sur cette page du comité de soutien du journal 60 Millions de consommateurs, intégré à l’Institut national de la consommation (INC) et effectuant un service public, qui expose la situation et les prétextes officiels pour cette énième entrave à une information de qualité et indépendante des consommateurs.

L'une des enquêtes de ce mensuel a-t-elle provoqué l'indigestion d'un industriel dont les produits n'ont pas été vantés comme dans les publicités des autres media ? Lorsque tous les journaux seront dépendants des publicités des annonceurs, tout sera écrit par les services marketing... On voit ce que cela donne dans l'immense majorité des journaux médicaux, au service des laboratoires qui paient, où rien ne permet de distinguer l'information du publi-reportage et autre "avis d'expert" écrits par le service communication de l'industrie pharmaceutique... (Ces questions, allant au-delà de la presse médicale, sont abordées dans les notes de la catégorie "Media, sous-traitants des lobbies").

La pétition contre la privatisation du journal 60 Millions de consommateurs - qui entraînera la perte de son indépendance, voire son démantèlement définitif, et signera ainsi son arrêt de mort - peut (et doit) être signée sur cette page.

L’adresse de contact est soutenons60@yahoo.fr

Voici le texte :

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07/03/2011

La presse médicale: organe publicitaire de l'industrie pharmaceutique pour la dé-formation médicale continue...

Le 28 février 2011 paraissait sur le site du Canadian Medical Journal une enquête d’Annette Becker et al intitulée « The association Plantu presse médicale lèche-bottes.jpgbetween a journal’s source of revenue and the drug recommendations made in the articles it publishes » (L’association entre les sources de revenus des journaux médicaux et les recommandations de médicaments contenues dans les articles).

Les résultats montrent sans aucun doute possible que la presse gratuite allemande – financée exclusivement par les publicités des laboratoires pharmaceutiques – recommande presque toujours les médicaments en question, alors que la presse indépendante se prononce généralement contre les mêmes médicaments… Les journaux médicaux ayant des sources mixtes de financement se situent entre les deux.

Cette enquête vaut tout autant pour la France et confirme, si besoin était, tout ce qui a déjà été dit quant à l’influence néfaste sur les prescriptions et à la désinformation résultant du financement industriel de la filière médicament, depuis la recherche clinique jusqu’à la formation et à l’information médicales des professionnels comme des associations de patients et du grand public.

Je rappelle les articles parus sur Pharmacritique sous la catégorie « Media, presse médicale, organes publicitaires des lobbies » et l’article détaillé traitant spécifiquement de la presse gratuite appartenant majoritairement à l’empire de Gérard Kouchner.

Avant de passer à l’article proprement dit, il me semble essentiel de rappeler quelques grandes lignes de ce que l’on sait sur les conséquences du "sponsoring" par l'industrie pharmaceutique – forme majeure de conflits d’intérêts – et des biais qui en résultent, à tous les niveaux de la filière médicament.

Cette caricature de Plantu - dont j'ai malheureusement perdu l'endroit original de parution - est éloquente...

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15/05/2009

Jean-Luc Hees à Radio France: retour sur ses ménages pour l’industrie pharmaceutique et l’éviction de Martin Winckler

Jean-Luc Hees, qui a fait au moins un "ménage" pour l'industrie pharmaceutique et a répondu illico presto à la demande de celle-ci de faire taire Martin Winckler, nous est présenté comme un "indépendant"… Le sens de ce mot a décidément pas mal involué sous le règne de Censure.jpgSarkozy 1er et de sa valetaille médiatique. Les industriels peuvent se frotter les mains : les intérêts privés seront bien défendus par les obligés du monarque, lui-même lié à ce petit monde, comme nous l'avons vu en regardant ses liens avec Sanofi (ici et surtout ici). Si l'on veut que cela change, il faudra attendre un changement de régime, car l’intérêt général ne fait pas partie du vocabulaire de la cour.

Mais restons-en à ce qui s'est passé en 2003, lorsque Hees à viré Winckler de France Inter. C'est une "affaire" qui en dit long sur les rapports de nos media, de nos journalistes avec le pouvoir politique et économique. Deux séquences vidéo et des extraits du site de Martin Winckler nous font comprendre, par-delà ce cas concret, comment les journalistes contribuent à la désinformation médicale, en tant que rouages du ghost management (gestion ubiquitaire et invisible) des laboratoires.

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06/10/2008

Presse médicale, moyen d'influence et de publicité pharmaceutique

La presse médicale adressée gratuitement aux médecins, en particulier aux généralistes, se vante d’être le premier pourvoyeur de CRO pharma dependant.jpgformation médicale continue (FMC).

« Chaque semaine, votre FMC au quotidien », dit Le Quotidien du médecin du 22 septembre. Et il ajoute qu’il « remercie pour leur soutien institutionnel dans la réalisation des pages spéciales du FMC du Quotidien du Médecin : Altana Groupe Nycomed, Amgen, Astra Zeneca, Bristol-Myers Squibb, Eisai, Galderma, Glaxo Smith Kline, Ipsen, la Ligue nationale contre le cancer (ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes handicapées, l’assurance-maladie, l’assurance-maladie des professions indépendantes), [Eli] Lilly France, Lundbeck, Merck Sharp & Dohme-Chibret, Roche Nicholas, Menarini, Novartis, Organon, Pfizer, Sanofi Aventis, Sanofi Pasteur MSD, Schering-Plough, Schwarz Pharma, Servier, Takeda, Thérabel Lucien Pharma, Urgo, Wyeth. » A noter que la firme Pierre Fabre a aussi offert son « soutien institutionnel » (sic) à la réalisation du supplément du 22 septembre sur les maladies parodontales.

 

Nous verrons ce que pense Gérard Kouchner - à la tête d’un empire de presse et de communication qui comprend aussi le journal susmentionné, ainsi que Le Quotidien du Pharmacien, Le Généraliste, etc. – des reproches faits à cette presse cadeau…

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21/07/2008

Rapport annuel du Vermont sur l’argent de la corruption des médecins. Les psychiatres sont en tête – et les psychotropes aussi…

L’Etat américain du Vermont est l’un de ceux dont la législation impose aux firmes pharmaceutiques de déclarer au parquet les sommes 1162912029.jpgpayées aux médecins à des fins de marketing (« Marketing Disclosure Law », dont le pionnier est l’Etat de Minnesota). Le parquet du Vermont a rendu public le 8 juillet son 5ème rapport annuel sur ces liens financiers qui placent toujours les psychiatres en tête des médecins les plus payés pour faire marcher le commerce. Le procureur général, William Sorrel, commente : « ce rapport montre de nouveau l’influence trop grande de l’industrie pharmaceutique sur la pratique de la médecine au Vermont. (…) Il est particulièrement troublant que l’industrie paye des sommes aussi élevées pour influencer la prescription de médicaments psychiatriques », ajoute-t-il dans sa déclaration. Tout cela nous aprrend à chausser des lunettes critiques, pour un bon décryptage faisant la part entre information et soupe publicitaire servie par citernes entières par les médecins inféodés.

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28/06/2008

Richard Smith du BMJ sur les revues médicales aux prises avec l'industrie pharmaceutique

Can the Public Trust Medical Journals? (Le public peut-il faire confiance aux revues médicales?). C’est la question centrale de ce podcast 265819442.pngd’un entretien avec Richard Smith, ancien directeur du British Medical Journal, auteur du livre The Trouble with Medical Journals ainsi que d’innombrables articles critiques sur la dépendance des revues médicales et de la médecine en général face à l’industrie pharmaceutique. Les conflits d’intérêts et les comportements contraires à l’éthique dans la recherche médicale comme dans l’édition mettent à mal tout le processus de création, de diffusion et d’application de l‘information et du savoir en médecine. La table de matières ainsi que quelques pages du livre sont reproduites sur cette page.

La rencontre avec Richard Smith a été enregistrée en novembre 2007 à l’université de Toronto, lors d’une rencontre organisée par la revue canadienne Open Medicine, que nous avons présentée dans cette note. En plus de Richard Smith lui-même, plusieurs intervenants abordent des questions liées à son – à leur – travail, son parcours, à l’histoire du journal BMJ, etc. Sur un ton décontracté et plein d’humour qui rend l’écoute très agréable.

Elena Pasca

Open Medicine: revue médicale canadienne à comité de lecture et en libre accès, exemple de médecine 2.0

Open Medicine existe depuis 2007 et est indépendante, à l’instar de celle que nous connaissons déjà : PLoS (Public Library of Science). Sa 878383842.jpgraison d’être est définie en une phrase : “Open Medicine fait partie d’un mouvement social qui cherche à assurer une large diffusion du savoir scientifique et à faire en sorte que ce soit ce savoir qui guide la relation de soin médecin – patient. Les recherches médicales publiées informent la pratique clinique et les politiques de santé, raison pour laquelle elles devraient être accessibles à tous gratuitement ». C’est le savoir qui doit être déterminant et non pas ce que veulent les firmes pharmaceutiques. Et qu’elles obtiennent en finançant à gogo des campagnes promotionnelles pour tel ou tel médicament.

Cinq numéros d’Open Medicine ont déjà vu le jour, dont le premier contenait une critique de livre faite par Jerome Kassirer, ce qui est de bon augure… Comme la présence d'Alan Cassels ou Joel Lexchin. Chaque article contient un encadré très bien visible pour les déclarations d’intérêts. L’éditorial du premier numéro est signé par James Maskalyk, actif au Soudan, aux côtés de « Médecins sans frontières », et qui tient un blog sur ses expériences de terrain.

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20/06/2008

L’Europe cherche un moyen de censurer la blogosphère. Ca tombe bien, la France aussi! Les lobbies auraient-ils peur?

Question rhétorique… Les sites et blogs restent le dernier espace d’expression libre, allant très souvent à contre-courant du « mainstream », 1530481473.jpgde la pensée unique qui domine les autres media. La Commission européenne, truffée de lobbies dont elle représente les intérêts, n’a pas encore réussi à mettre au pas la blogosphère, de façon à l'emprisonner dans le chœur de perroquets en cage qui reprennent inlassablement les dogmes bruxellois et autres vérités néolibérales. Ce rapport pourrait bien être le début de la fin pour les grandes gueules. Et surtout pour celles françaises, puisque Nicolas Sarkozy a déjà mis en route un chantier en ce sens...

Voici d'abord un article traduit par le Courrier international et paru aujourd’hui sur son site. (La photo de Dario Castillejos est tirée d'un numéro plus ancien du Courrier).  

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11/05/2008

La presse médicale: extension du marketing pharmaceutique et publicité déguisée en science, dit Richard Smith

Nous parlions dans la note sur la dépendance au tabac (bombardée maladie chronique à traiter indéfiniment) du fait que c’est la revue Annals 1196220886.pngof Internal Medicine qui a donné l’onction scientifique à cette nouvelle invention (disease mongering) en se basant sur un seul cas supposé aller dans ce sens. Sans aucune preuve clinique, sans aucun argument valable. Qu’une revue - supposée sérieuse et ayant diligenté récemment une enquête sur le professionnalisme des médecins ( !) – fasse de la pub déguisée en science, en plus de la publicité directe, voilà qui confirme que rien n’a changé depuis le diagnostic de Richard Smith.

Cet ancien rédacteur en chef du British Medical Journal disait en 2005 que les revues médicales ne sont qu'une extension du service marketing de l'industrie pharmaceutique. Il s’agit manifestement d’une maladie chronique, non inventée, celle-là...

Le texte complet est accessible dans PLoS Medicine (revue indépendante et sans pub): Medical Journals Are an Extension of the Marketing Arm of Pharmaceutical Companies.

La presse médicale en est toujours à faire du "blanchiment" pour l’industrie pharmaceutique au lieu d’en critiquer les méthodes et les dérapages…

Une caricature parue sur le blog Scientific Misconduct qui pointe du doigt l’énorme quantité de publicité que contient le British Medical Journal montre bien l’équilibrisme perpétuel et sans garde-fous de la presse médicale entre science et merde. Oui, merde, "crap" en original; parce que les euphémismes, on les laisse à l'industrie qui est spécialiste dans leur utilisation! Mieux vaut parler vrai lorsqu'il s'agit de poser un diagnostic et essayer un traitement, non?

 

Et encore, le British Medical Journal n'est pas le pire. Il n'est même pas comparable à notre presse poubelle, dont beaucoup de titres font partie de l'empire de presse de Gérard Kouchner, frère de l'ancien ministre de la Santé. Remarquez l'énorme conflit d'intérêts...

En France, seules les revues Prescrire et Pratiques sont indépendantes. La dernière est presque confidentielle, et Prescrire est très chère - enfin, pas pour des revenus de médecins, d'autant plus que l'abonnement leur apporte des points de formation médicale continue.

Des journaux ou revues gratuits tels que Le Quotidien du médecin, Le Généraliste, Impact Médecine, La Revue du Praticien / Médecine générale et d'autres, livrés gratuitement chez bon nombre de généralistes en particulier, sont des organes de presse des laboratoires qui les financent et qui décident du contenu rédactionnel, réalisé en fonction des publicités voulues par les services marketing.

voir à ce sujet l'article édifiant paru sur Pharmacritique, qui décortique le phénomène et donne des détails sur l'organisation de Gérard Kouchner et ses accointances avec l'industrie pharmaceutique: "Presse médicale, presse poubelle, pour le lavage pharmaceutique du cerveau de nos généralistes"...

 

Elena Pasca / Pharmacritique

La presse médicale: extension du marketing pharmaceutique et publicité déguisée en science, dit Richard Smith

Nous parlions dans la note sur la dépendance au tabac (bombardée maladie chronique à traiter indéfiniment) du fait que c’est la revue Annals 1196220886.pngof Internal Medicine qui a donné l’onction scientifique à cette nouvelle invention (disease mongering) en se basant sur un seul cas supposé aller dans ce sens. Sans aucune preuve clinique, sans aucun argument valable. Qu’une revue - supposée sérieuse et ayant diligenté récemment une enquête sur le professionnalisme des médecins ( !) – fasse de la pub déguisée en science, en plus de la publicité directe, voilà qui confirme que rien n’a changé depuis le diagnostic de Richard Smith.

Cet ancien rédacteur en chef du British Medical Journal disait en 2005 que les revues médicales ne sont qu'une extension du service marketing de l'industrie pharmaceutique. Il s’agit manifestement d’une maladie chronique, non inventée, celle-là...

Le texte complet est accessible dans PLoS Medicine (revue indépendante et sans pub): Medical Journals Are an Extension of the Marketing Arm of Pharmaceutical Companies.

La presse médicale en est toujours à faire du "blanchiment" pour l’industrie pharmaceutique au lieu d’en critiquer les méthodes et les dérapages…

Une caricature parue sur le blog Scientific Misconduct qui pointe du doigt l’énorme quantité de publicité que contient le British Medical Journal montre bien l’équilibrisme perpétuel et sans garde-fous de la presse médicale entre science et merde. Oui, merde, "crap" en original; parce que les euphémismes, on les laisse à l'industrie qui est spécialiste dans leur utilisation! Mieux vaut parler vrai lorsqu'il s'agit de poser un diagnostic et essayer un traitement, non?

 

Et encore, le British Medical Journal n'est pas le pire. Il n'est même pas comparable à notre presse poubelle, dont beaucoup de titres font partie de l'empire de presse de Gérard Kouchner, frère de l'ancien ministre de la Santé. Remarquez l'énorme conflit d'intérêts...

En France, seules les revues Prescrire et Pratiques sont indépendantes. La dernière est presque confidentielle, et Prescrire est très chère - enfin, pas pour des revenus de médecins, d'autant plus que l'abonnement leur apporte des points de formation médicale continue.

Des journaux ou revues gratuits tels que Le Quotidien du médecin, Le Généraliste, Impact Médecine, La Revue du Praticien / Médecine générale et d'autres, livrés gratuitement chez bon nombre de généralistes en particulier, sont des organes de presse des laboratoires qui les financent et qui décident du contenu rédactionnel, réalisé en fonction des publicités voulues par les services marketing.

voir à ce sujet l'article édifiant paru sur Pharmacritique, qui décortique le phénomène et donne des détails sur l'organisation de Gérard Kouchner et ses accointances avec l'industrie pharmaceutique: "Presse médicale, presse poubelle, pour le lavage pharmaceutique du cerveau de nos généralistes"...

 

Elena Pasca / Pharmacritique

12/02/2008

Les media ou Le premier pouvoir de désinformation au service des lobbies: "Orwell se retourne dans sa tombe"

Le documentaire "Orwell se retourne dans sa tombe", réalisé par Robert Kane Pappas, est en plein dans le sujet lorsqu’on Orwell Rolls in his Grave.jpgcritique les dérives du lobby pharmaceutique et des divers corporatismes qui participent de la désinformation (générale et médicale) que nous vivons et que nous contribuons à perpétuer par l’absence de réflexion critique. Le pouvoir corporatiste qui détient les media joue selon la même loi du plus fort et du marketing que les corporations/ multinationales pharmaceutiques. Déformation, censure, manipulation, mensonge, faiseurs d’opinion (leaders d'opinion / dealers d'opinion) au service des groupes d’intérêt privés – la situation américaine vaut bien la nôtre. Les lecteurs de Marianne, du Canard enchaîné et du Monde diplomatique retrouveront des thèmes familiers : concentration des media aux mains de quelques lobbies tels celui de l’armement, monopoles occultés par l’illusion du choix, avec la pléthore des titres et des chaînes… Occuper par tous les moyens le "temps de cerveau disponible", par une information préformatée, prémâchée - qui empêche les lecteurs / spectateurs d'appronfondir les choses pour se forger un avis éclairé - et par le divertissement...

Non, ce n’est pas une énième version de la théorie du "complot" – injure à la mode dès que quelqu’un ose sortir des vérités préfabriquées livrées par packs… Mais c’est le constat d’une évolution vers ce que décrivait George Orwell dans son roman "1984". Constat fait par des élus britanniques et américains - tels ce député du Vermont qu’on aimerait bien avoir en France... -, par un ancien procureur de Los Angeles, par des spécialistes des media (universitaires, anciens dignitaires médiatiques, producteurs), par des "chiens de garde" tels le Center for Public Integrity et d’autres. Il y a une fraîcheur, une spontanéité langagière et d’analyse qui tranche nettement avec ce qu’on peut lire ou entendre en France.

Le documentaire est sous-titré en français.

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