06.04.2012
Le glas aurait-il sonné pour la mammographie de dépistage ?
Auteurs:
Pierre BIRON (Professeur honoraire de l’Université de Montréal, Canada) [1] Fernand TURCOTTE (Professeur émérite de l’Université Laval, Canada) [2] (photo)
LE GLAS AURAIT-IL SONNE POUR LA MAMMOGRAPHIE DE DEPISTAGE?
Les invitations au dépistage : une forme bien
particulière de loterie
Imaginons une boîte contenant 2000 billets. Tirer un billet de cette boîte équivaut à accepter l’invitation de subir une mammographie de dépistage tous les 2 à 3 ans durant 10 ans.
La boîte ne contient qu’un seul billet gagnant, qui fera de cette chanceuse une « grande gagnante » : elle évitera de mourir du cancer du sein grâce aux traitements reçus après un dépistage positif confirmé.
Aucun des 1 999 autres billets n’est un billet gagnant.
03:33 Publié dans Cancer, prévention, industrie du cancer, Médicalisation des femmes, ménopause, THS, prévention, abus de prévention, médecine préventiv, surmédicalisation, surmédicamentation, surconsomma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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30.03.2012
La collusion de Narcisse et des médias pour la désinformation. Par Jacques Testart
Avant-propos d’Elena Pasca :
"En 2009, lors d’un débat avec la psychanalyste Monette VACQUIN et Jacques TESTART au sujet de la procréation médicalement assistée, j’ai posé plusieurs questions dont celle portant sur le narcissisme de tous les acteurs qui interviennent dans ce processus et de l’impact que cela aura sur le narcissisme et l’image de soi de l’enfant. J’ai pris des notes et ferai un article là-dessus (narcissisme, complexe démiurgique et conséquences, mémoire et histoire, éthique et science…), qui renverra aussi aux textes cités par Jacques Testart, aux rôles respectifs, à ses activités en comparaison avec celles de René Frydman, qui n’a pas entamé le tournant éthique…
Après avoir lu la tribune de Jacques Testart dans Médiapart, je lui ai reposé cette question du narcissisme, du complexe démiurgique (omnipotence...) de René Frydman et de ce que l'industrie lui permet d'en faire pour traduire ses fantasmes en réalité... et suggéré d’autres aspects qui mériteraient d’être évoqués pour compléter cette tribune et placer certains accents différemment. Je suis contente qu’il ait accepté ma proposition. J’ai longuement présenté les activités, les écrits et la démarche réflexive et éthique de Jacques Testart dans l’introduction de son premier texte sur Pharmacritique : "Entre idéologies et industries, quelle place pour la décision citoyenne en bioéthique ?" Son site contient une page biographique et une liste
bibliographique très détaillées."
LA COLLUSION DE NARCISSE ET DES MEDIAS POUR LA DESINFORMATION
Par Jacques TESTART
"Ne prenons pas des airs de demi-dieux, ou même de démiurges, là où nous n’avons été que de petits sorciers" Jean Rostand
En réponse à la monopolisation médiatique organisée autour de René Frydman à l’occasion des 30 ans d’Amandine, premier bébé issu de fivète (fécondation in vitro et transfert d’embryon) français, Médiapart a publié mon texte [1] que la presse écrite avait refusé (« ça n’intéresse pas les gens »…). J’aurais souhaité m’en tenir là tant ma situation de partie prenante s’accorde péniblement avec une critique sereine. Mais plusieurs amis ont souhaité que je développe certains points et Elena Pasca m’a offert l’hospitalité de Pharmacritique pour une analyse plus approfondie d’un aveuglement médiatique qui mène à la désinformation.
11:20 Publié dans Bioéthique, PMA, FIV, embryon, loi bioéthique, Ethique, morale, philosophie... vs. médecine, Médicalisation des femmes, ménopause, THS, Narcissisme pathologique des médecins? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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22.01.2012
Fractures atypiques du fémur sous bisphosphonates: effet indésirable reconnu par Santé Canada et l’AFSSAPS
Je rappelle le contexte de surmédicalisation et de disease mongering dans
lequel le sens du « dépistage » et de la « prévention » a été déformé, y compris pour ce qui est de la densité minérale osseuse et sa diminution physiologique au cours du vieillissement. Après cette introduction et les liens vers les articles dans lesquels ces questions ont déjà été abordées – avec les effets indésirables des bisphosphonates tels que l’ostéonécrose de la mâchoire, les fractures atypiques, des douleurs musculaires et articulaires, etc. -, je cite l’information donnée par les agences canadienne et française du médicament quant aux fractures atypiques du fémur comme effet indésirable de classe de tous les bisphosphonates. Les résumés des caractéristiques du produit (RCP) et les notices seront modifiés pour intégrer cet effet. Pour une fois, l’information donnée au public par les Européens est un peu plus détaillée ; cela dit, ce sont les Nord-Américains qui ont en premier abordé ouvertement l’impact de cet effet indésirable.
Les principaux médicaments prescrits en (« prévention » de) l’ostéoporose sont : l’acide alendronique (Fosamax) l'acide ibandronique ou ibandronate (Bonviva, Bondronat), l'acide pamidronique ou pamidronate (Aredia, Merck-Pamidronate), l'acide clodronique ou clodronate (Bonefos, Clastoban, Lytos, Ostac), l'acide étidronique ou étidronate (Didronel, Osteodidronel), l'acide risédronique ou risédronate (Actonel), l'acide tiludronique ou tiludronate (Skelid), l'acide zolédronique ou zolédronate (Aclasta, Zométa, Reclast).
L'image accompagne un article paru en 2010 dans le JAMA (Journal of the American Medical Association) sous le titre "Studies Probe Possible Link Between Bisphosphonates and Femoral Fractures". JAMA 2010;303(18):1795-1796.
04:47 Publié dans Médicalisation des femmes, ménopause, THS, prévention, abus de prévention, médecine préventiv, surmédicalisation, surmédicamentation, surconsomma, Traitement ostéoporose, bisphosphonate, ostéopénie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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08.03.2011
Misogynie culturelle et médicale. Le livre de Guy Bechtel "Les quatre femmes de dieu" et des exemples de surmédicalisation des femmes (endométriose, statines...)
L'une des fonctions essentielles de l'éclairage historique du présent est circonscrite par la formule de Vladimir Jankélévitch: "le
déniaisement par l'histoire"... Pourquoi? Pour apprendre comment des faits sociaux se sont agrégés de telle façon plutôt que d'une autre, apprendre à quoi les luttes des féministes nous ont arraché(e)s et dans quel nuit nous risquons de retomber peu à peu si nous ne prenons pas conscience du fait que la libération des femmes est un processus, une lutte de tous les jours, et non pas un état acquis une fois pour toutes.
On parle des femmes portant la burqa, torturées physiquement, éliminées... Et les images nous détournent de l'abîme tout aussi inacceptable qui existe toujours chez nous - qui prétendons pourtant être progressistes et éclairés, sortis de la barbarie - entre les droits des femmes et ceux des hommes. Le livre de Guy BECHTEL "Les quatre femmes de dieu: la putain, la sorcière, la sainte & Bécassine" (Plon 2000, puis rééditions chez Pocket) éclaire le présent en retraçant l'histoire des tortures morales, des humiliations et contraintes infligées aux femmes par le christianisme, particulièrement dans sa variante catholique. Elles sont une conséquence de la diabolisation des femmes, considérées comme des êtres maléfiques et impurs, comme la racine de tous les maux, ce qui justifierait qu’elles subissent à l'infini des punitions toujours plus sophistiquées, qu’elles restent à l'état de minorité et d'incapacité civile et fassent l'objet d'une surveillance et d'un contrôle omniprésents.
Pourquoi parler de ce livre de Guy Bechtel sur Pharmacritique? Parce que la médecine a de tout temps contribué à opprimer les femmes, et la féminisation du corps médical ne change rien à cette oppression fort bien enracinée dans la doctrine comme dans les pratiques conscientes ou pas, et qui s'exercent par l'instrumentalisation du corps des femmes et son contrôle.
Car c'est le corps des femmes qui est le plus médicalisé, surmédicalisé au profit de l'industrie pharmaceutique et à d'autres "industries de la santé". Ce corps, idéalisé pour mieux pouvoir le contrôler de multiples façons, est soumis à la dictature d'une « normalité » inventée de toutes pièces, pour le bénéfice de la domination de genre et de celle économique. Cette normalité n’a d’existence qu’au même titre que d’autres outils marketing – c’est un « standard » imaginaire avec tout son cortège de clichés et de préjugés très efficaces pour le pharmacommerce. On ne peut pas dénoncer la normalisation des femmes entreprise (aussi) par la médecine sans la situer dans le contexte, parce que la misogynie de la médecine a ses racines dans la misogynie culturelle et religieuse que Bechtel met en évidence avec toute la rigueur de l'historien qu'il est, et sans intention militante ni polémique. D'où l'efficacité du livre.
Je reprends ici ma critique du livre, parue en 2003 dans la revue de philosophie et littérature "Place aux Sens", précédée par quelques remarques préliminaires et exemples de misogynie traduite dans une psychosomatique à deux balles.
Je donne en particulier l'exemple du dérapage de l'élite de la gynécologie française, qui s'est laissée mener en bateau par un psychanalyste charlatan cherchant à faire parler de lui et à recruter. Les grands pontes et leurs revues ont avalisé des interprétations sectaires ahurissantes de l'endométriose (et d'autres maladies à prédominance féminine), dont la cause serait une "névrose hystérique" due à des viols et autres sévices sexuels... Ca dépasse l'entendement... Une campagne que j'ai initiée a heureusement réussi à obliger le Pr Patrick Madelenat, le Pr Charles Chapron, le Dr Jean Bélaisch et d'autres à faire marche arrière avant que cela aille trop loin. C'était en 2007 - 2008, mais des tendances déviantes existent encore... Décidément, les femmes doivent lutter tous les jours pour se faire respecter - et bien soigner...
Enfin, l'article finit par des extraits du livre de Bechtel.
03:24 Publié dans Disease mongering, façonnage/invention de maladies, Médicalisation des femmes, ménopause, THS, Normalité,contrôle social, culture psy, prévention, abus de prévention, médecine préventiv, Psychiatrie, psychotropes, culture psy, dérapages, surmédicalisation, surmédicamentation, surconsomma | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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24.10.2008
Conflits d’intérêts et surmédicalisation des femmes: le traitement hormonal substitutif, l'AFEM et l'industrie pharmaceutique
Il s’agit d’un montage mettant l’accent sur les conflits d’intérêts. La version intégrale de cette vidéo est ici : Le médecin, les hormones et la ménopause.
L'AFEM, c'est l'Association Française pour l'Etude de la Ménopause, avec le Dr Henri Rozenbaum parmi ses principaux leaders, largement bénéficiaire de l'argent pharmaceutique pour promouvoir le traitement hormonal substitutif et continuer à en vanter les mérites même longtemps après que les résultats tirés de la Women's Health Initiative ont mis en évidence une augmentation du risque de cancer du sein et l'inefficacité de ce traitement hormonal en prévention de désagréments d'une ménopause présentée comme une maladie. Cette étape physiologique normale dans la vie de chaque femme est dramatisée et, une fois passée par les cerveaux des publicitaires de l'industrie pharmaceutique, tout est fait pour qu'elle apparaisse comme une faillite - par rapport aux impératifs commerciaux qui exigent le jeunisme, la performance à tout instant, etc. -, comme une faiblesse et comme une maladie à traiter.
Car les femmes sont les principales cibles de la surmédicalisation et du disease mongering, incluant toutes les formes de prévention (dépistages...) inutile, mais fort lucrative, comme je l'ai expliqué et documenté en détail dans l'article "Misogynie culturelle et médicale. Le livre de Guy Bechtel, Les quatre femmes de dieu", et des exemples de surmédicalisation des femmes (endométriose, statines, psychotropes...)"
A part pour quelques notes, je n'ai pas traité les femmes à part, mais souligné dans les diverses notes thématiques - par exemple sur l'ostéoporose, sur les antidépresseurs, sur le disease mongering, sur la surmédicalisation et la surconsommation de médicaments, sur la normalité et la culture psy, etc. - qu'elles étaient les plus malmenées, les premières victimes du marketing pharmaceutique et du pharmacommerce de la peur.Celui-ci est entretenu par un corps médical qui est partie prenante dans ce commerce, pour une bonne partie, et désinformé mais ne cherchant que trop peu à remédier à cela, pour une moindre partie. La médecine qui surmédicalise le fait parce que cela lui rapporte, même si ce n'était pas sa raison d'être. Elle est devenue préventive (préventions inutiles jouant sur la peur), prédictive (avec le tout génétique...), prescriptive (au sens éthique du terme, faisant passer ses prescriptions intéressées pour des préceptes éthiques).
Et maintenant que le traitement substitutif de la ménopause est moins prescrit et rapporte donc moins, l'accent s'est déplacé de plus en plus vers d'autres facteurs physiologiques conséquences du vieillissement, tels que l'ostéopénie et l'ostéoporose ou alors vers les états d'âme, médicalisés et présentés comme des troubles à soigner absolument par des médicaments (antidépresseurs, antipsychotiques (oui, eux aussi, car le diagnostic de "trouble bipolaire" a carrément explosé en fréquence) et autres psychotropes, allant des stimulants - il faut bien tenir le coup, pour la double, voire la triple journée de travail et pour être parfaite dans tous les rôles - jusqu'aux somnifères.
Toutes les activités et les réactions des femmes sont quantifiées, mesurées et devraient se passer selon des standards de "normalité" totalement artificiels, définis uniquement dans un but commercial... C'est un parfait exemple de contrôle social, de discipline des corps comme des esprits, à coups de médicaments. Ce n'est plus le corset visible, mais une camisole chimique moins visible, mais non moins présente. Bien au contraire, elle est partout; la surmédicalisation est partout dans la vie des femmes, avec ses diverses traductions: surmédicamentation et recours accru à d'autres techniques médicales, chirurgie esthétique et médecine esthétique, etc.
Elena Pasca
09:57 Publié dans Conflits d'intérêts / corruption, Disease mongering, façonnage/invention de maladies, Médicalisation des femmes, ménopause, THS, surmédicalisation, surmédicamentation, surconsomma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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19.05.2008
Le façonnage de maladies / disease mongering légitimé par le DSM: médicalisation et marchandisation des émotions, pour le profit des pharmas
L’« enchevêtrement » d’intérêts financiers entre psychiatrie, DSM et industrie, dont nous avons parlé dans plusieurs notes, pose encore plus de problèmes que dans d’autres spécialités médicales, dans la mesure où la définition de beaucoup de « troubles » mentaux, dysfonctions ou troubles de la personnalité n’est que descriptive, floue et sans critères vérifiables. Ce qui laisse beaucoup de place à l’arbitraire, à l’invention ou au façonnage de maladies (disease mongering). Une telle affirmation ne peut paraître exagérée qu'aux personnes qui ne sont pas familiarisées avec les dernières trouvailles de la psychiatrie, dont on ne sait souvent pas si ce sont des gags, des parodies ou alors des états que des experts considèrent sérieusement comme pathologiques et nécessitant traitement...
05:04 Publié dans Conflits d'intérêts en psychiatrie; DSM, Dépression, antidépresseurs, Disease mongering, façonnage/invention de maladies, Médicalisation des femmes, ménopause, THS, Méthodes publicitaires, marketing; exemples, Normalité,contrôle social, culture psy, Pseudo-médicaments, bluffs publicitaires, Psychiatrie, psychotropes, culture psy, dérapages, surmédicalisation, surmédicamentation, surconsomma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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