05.10.2011
Alli et Xenical: hépatotoxicité avec décès ou greffe et d’autres effets indésirables. Affaires louches de Roche
Inutile de revenir sur la publicité pour Alli (orlistat 60 mg de Roche), vendu comme un remède miracle à
prix d’or, sans ordonnance, dans toutes les pharmacies ("Alli, enfin la pilule contre l'obésité!" "Alli, pilule qui agit instantanément", "Alli, meilleur allié minceur"...)
Je reproduis un point d’information reçu le 23 septembre du centre Midi-Pyrénées de Pharmacovigilance, puis donne des extraits de la notice états-unienne de l’orlistat, parlant de nécrose hépatocellulaire, insuffisance hépatique aigue, avec certains cas ayant nécessité une greffe de foie, d’autres ayant entraîné la mort des patients. Puis je rappelle, liens à l’appui, d’autres effets indésirables graves listés dans la notice états-unienne, telle qu’elle est sur le site du laboratoire Roche, et je liste les symptômes annonciateurs de problèmes hépatiques, que tous les usagers et patients devraient connaître pour éviter le pire.
Enfin, je rappelle les suites des déboires de Roche en Grande-Bretagne, qui a conclu des contrats juteux de vente de Xenical dans des centres d’amaigrissement sans surveillance médicale. Ces affaires ont été jugées non conformes avec le code de conduite de l’association des industriels britanniques ABPI, qui a exclu Roche pour six mois. Or ce laboratoire fait des histoires et remet en cause même cette faible « autorégulation »… Rien ne doit se mettre sur le chemin des affaires, sur ce marché juteux de l’obésité réelle ou imaginée (au vu de l’image déformée et décharnée des femmes véhiculée par les media)…
10:15 Publié dans Effets secondaires, iatrogénie, erreurs médicales, Ethique déontologie des labos, code de conduite, Méthodes labos: corruption, fraude, pression... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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16.08.2011
Lobbying pour Sanofi et le Lantus, avec éviction et diffamation de Peter Sawicki, manipulation de Wikipédia…
Le Lantus (insuline glargine), prescrit dans le traitement du diabète insulinodépendant, a rapporté à
Sanofi plus de 2 milliards d’euros rien qu’en 2009. Et l’histoire a montré que lorsque l’un de ses médicaments est mis en cause, Sanofi peut recourir à divers stratagèmes pour le défendre, faisant appel à des agences de communication, mobilisant les leaders d’opinion qu’il paie, lançant des plans pour désinformer et/ou museler la presse, licenciant tel lanceur d'alerte... Sans parler d’autres méthodes peu catholiques pour augmenter ses profits, dont j’ai donné quelques exemples sur Pharmacritique...
Or le Lantus, soupçonné dès sa mise sur le marché en 2000 de favoriser les cancers, est de plus en plus critiqué depuis 2005. J’ai rendu compte, dans deux articles écrits en 2009, des études qui renforcent et actualisent le soupçon de cancers sous Lantus, puis évoqué la stratégie de désinformation de Sanofi.
Un article de Markus Grill paru le 11 juillet 2011 dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel nous
apprend qu’un homme politique de droite, Wolfgang Stock, a fait un lobbying intense pour Sanofi, manipulant Wikipédia à répétition : les articles sur le Lantus et celui sur son principal critique, le Pr Peter Sawicki (photo Die Welt) et l’institut IQWiG, de même que ceux sur Sanofi-Aventis, son PDG, etc.
Le diabétologue et ancien directeur de l’IQWiG, Pr Peter Sawicki, a été évincé sur demande du lobby pharmaceutique, dans le cadre de la politique clientéliste de la droite allemande, et surtout des libéraux de la FDP. Le Lantus fait partie des médicaments mis en cause par l'IQWiG, institut indépendant d’évaluation des médicaments. Dès 2005, il a contesté l’efficacité du Lantus par rapport aux insulines humaines. En 2009, il a été le premier à poser la question du risque accru de cancers sous Lantus.
Or Wolfgang Stock dirige un cabinet de lobbying ayant Sanofi parmi ses clients. Et c’est le même qui a fondé Wiki Watch, destiné à… améliorer la transparence dans l’usage de Wikipédia. Les détails illustrent parfaitement les méthodes auxquelles les lobbyistes et les industriels de la pharmacie sont prêts à recourir pour défendre leurs produits, ainsi que l’ampleur du réseau d’intérêts politico-médiatique et son influence sur la prise de décision.
J’évoque aussi les perquisitions et mises en examen touchant Sanofi-Aventis dans une affaire de corruption présumée en Allemagne.
Je réitère ma méfiance envers le web 2.0 sous toutes ses formes, facile à manipuler et instrumentaliser, pour faire de la publicité, désinformer, inciter à la médicamentation…
11:37 Publié dans Diabète, insuline, Avandia, Actos, Lantus..., Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique, Méthodes labos: corruption, fraude, pression... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : peter sawicki iqwig industrie pharmaceutique, lantus risque cancers, sanofi-aventis lobbying, sanofi-aventis corruption, institut für qualität und wirtschaftlichkeit im gesundheitswesen, wikipédia industrie pharmaceutique, web 2.0 manipulation, lobbying conflits d'intérêts industrie pharmaceutique, fdp parti libéral lobbying industrie pharmaceutique, lantus solostar cancer risque, lantus effets indésirables, insuline glargine cancer, lantus efficacité insulines humaines, wiki-watch wikipédia transparence, philip rösler lobbying industrie pharmaceutique, politique de santé droite, cdu fdp industrie pharmaceutique, assurance-maladie allemagne, chris viehbacher, hommes politiques lobbying industrie pharmaceutique |
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06.08.2009
Elsevier a édité neuf fausses revues médicales. Treize autres allaient sortir pour désinformer les généralistes dans plusieurs spécialités
Pharmacritique a rendu compte en détail du fait que Merck a payé l’éditeur Elsevier pour publier une fausse revue médicale comme s’il
s’agissait d’une vraie revue à comité de lecture (peer-reviewed journal). C’est l’un des moyens par lesquels l'industrie pharmaceutique va au-delà d'un marketing forcené, pour accomplir ce qu’il convient d’appeler ghost management : gestion fantôme, contrôle invisible mais omniprésent de toute la filière médicament et de l’information médicale, décrits en détail dans l'article cité ci-dessus.
Cette révélation faite par le journal The Scientist a été complétée le 7 mai, puis dernièrement le 4 juin dans l’article « Elsevier tweaks custom pub rules » (Elsevier tord le cou aux usages en matière de publicité pour ses clients), signé toujours par Bob Grant.
Il y a eu en tout neuf fausses revues fantôme éditées par Elsevier pour le compte de laboratoires que l’éditeur refuse de nommer, tout comme il refuse de dévoiler le montant des transactions. Et treize autres revues déjà enregistrées, mais pas publiées. Décidément, le monde médico-pharmaceutique est hanté...
01:10 Publié dans Méthodes labos: corruption, fraude, pression... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : fausse revue médicale, elsevier, édition scientifique, auteur fantôme, ghost management, ghostwriter, revue à comité de lecture, marketing pharmaceutique, désinformation médicale, recherche médicale, médecine générale, formation médicale continue |
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05.08.2009
Chroniciser les maladies est plus rentable que les guérir. Les conflits d’intérêts assurent la prééminence du profit sur la santé, selon le prix Nobel Richard Roberts
Richard J. Roberts, biochimiste et biologiste moléculaire britannique, est l'un des lauréats du prix Nobel de médecine 1993, pour ses travaux sur les introns ADN et l’épissage des gènes.
Dans le numéro du 27 juillet 2007 du journal catalan La Vanguardia paraissait une interview qu'il a accordée à Lluís Amiguet, sous le titre "El fármaco que cura del todo no es rentable" (Le médicament qui guérirait tout ne serait pas rentable). Pharmacritique vous propose une traduction de la partie du texte qui a trait aux sujets abordés dans ces pages.
On pourrait voir dans la chronicisation des maladies une autre forme de disease mongering - qui ne signifie pas seulement façonnage ou invention de maladies -, et je donnerai bientôt un exemple édifiant. De tels abus ne sauraient durer sans la complicité du monde médical et du monde politique, qui permettent et légitiment une telle dérive des recherches médicales et pharmacologiques vers des applications choisies uniquement en fonction des profits immédiats qu’elles peuvent apporter. Or un patient guéri n’est plus rentable. Par contre, les malades chroniques sont des sources de profits inépuisables. Les départements R&D (recherche et développement) des laboratoires semblent avoir orienté leur activité uniquement dans cette direction.
03:01 Publié dans Méthodes labos: corruption, fraude, pression... | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
| Tags : profits santé pharmaceutique, lobby pharmaceutique influence biais, chronicisation des maladies, industrie du cancer pharmaceutique, conflits d'intérêts santé médecine, hommes politiques influence industrie pharmaceutique, pharmacommerce de la peur, financement privé de la recherche médicale, marché néolibéral santé pharmaceutique, médicalisation surmédicalisation surmédicamentation, rentabilité des médicaments, maladie chronique traitement guérison |
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04.06.2009
L'Express: conflits d'intérêts et corruption des médecins par le lobby pharmaceutique, qui contrôle toute l'information sur les médicaments
L’Express d’hier (3 juin) a publié sur son site un dossier qui fait la une cette semaine : "Tout ce que l’on ne vous dit pas sur les
médicaments". Il contient des extraits du livre du Dr Sauveur Boukris intitulé "Ces médicaments qui nous rendent malades" (Le Cherche Midi), à paraître aujourd’hui.
Sont abordés entre autres : "les effets secondaires gravissimes de médicaments consommés couramment; l'ignorance crasse de médecins formés, le plus souvent, à la seule école de l'industrie pharmaceutique; l'invention de maladies imaginaires pour l'unique profit d'entreprises florissantes; la partialité des experts; le laxisme d'autorités sanitaires bienveillantes; la force d'un lobby mieux organisé que jamais...", les interactions médicamenteuses, le nombre colossal d’hospitalisations et de décès dus aux effets secondaires, l’absence d’innovation thérapeutique, les risques de l’automédication, "les médecins téléguidés" par les laboratoires par le biais des visiteurs médicaux et autres financements créant des conflits d’intérêts...
La préface du livre est signée par le Pr Philippe Even, et le dossier contient un entretien avec lui, intitulé "Certains représentants de l’Etat sont corrompus". C’est sur celui-ci que je voudrais mettre l’accent dans cette note, parce que je pense qu’il a raison en disant qu’en France, le véritable changement ne peut venir que des patients, d’une prise de conscience qui pourrait faire suite aux scandales provoqués par les effets secondaires des médicaments et qui les poussera à taper du poing sur la table.
08:49 Publié dans Méthodes labos: corruption, fraude, pression... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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29.05.2009
Sanofi-Aventis: 95,5 millions de dollars d'amende pour une nouvelle fraude sur le dos des Américains les plus pauvres et les plus malades

La "moralisation du capitalisme" n'est pas pour demain, et les codes de bonne conduite et autres promesses ne sont que des écrans de fumée. Sanofi-Aventis pratique là une redistribution qui va toujours dans le même sens: des pauvres vers les riches. Pourquoi? Mais parce que "Le capital, c'est capital", dit ce dessin tiré d'UMA70. C'est à peu près le niveau intellectuel des explications qui nous sont données...
17:54 Publié dans Méthodes labos: corruption, fraude, pression... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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28.05.2009
La réévaluation d’ALLHAT comparé à d’autres essais cliniques confirme les bénéfices des diurétiques thiazidiques dans l’hypertension
Cette note fait suite à celle-ci: "L’étude ALLHAT enterrée par les firmes, puisque les diurétiques thiazidiques traitant l’hypertension
sont efficaces et bon marché".
La revue Archives of Internal Medicine a publié le 11 mai un article intitulé "ALLHAT Findings Revisited in the Context of Subsequent Analyses, Other Trials, and Meta-analyses" (Les résultats de l’étude ALLHAT réexaminés en fonction d’analyses ultérieures, d’autres essais cliniques et de méta-analyses).
Je citerai quelques fragments du texte original, en accès restreint, et rappellerai le destin de l’Hygroton (chlortalidone), mis sur le marché en 1959 par Novartis – ce qui veut dire que son rapport bénéfices / risques est bien connu - puis retiré du marché en 2001 parce que son prix très bas ne permettait pas les mêmes profits qu'avec les nouveaux médicaments, qui semblent pourtant moins performants pour une certaine catégorie de patients hypertendus. Le pharmacologue italien Silvio Garattini livrait en 2003 une analyse claire des enjeux financiers décisifs dans le devenir d’un médicament et donnait l’Hygroton comme exemple.
13.03.2009
Séisme en algologie et en anesthésie: fraude scientifique majeure de Scott Reuben, financé surtout par Pfizer, concernant l’efficacité antalgique de Lyrica, Celebrex, Effexor...
(Mise à jour importante à la fin)
Un pionnier de l’"analgésie multimodale" se révèle être "Le Madoff de la recherche médicale", un pur produit du système… Car l’anesthésiste
et algologue Scott S. Reuben n’est qu’un épiphénomène d’un domaine de la médecine – la recherche médicale financée par les laboratoires privés – structurellement encore plus vulnérable que les autres aux corruptions, mensonges, conflits d’intérêts et autres fraudes. Ses falsifications et inventions de données d'essais sur lesquels se sont basés tellement d'autres travaux risquent de remettre en cause une bonne partie de l'algologie, selon les dires d'un éditorialiste de la revue Anesthesiology : "il est possible que l'algologie se soit orientée dans une mauvaise direction ou risque du moins d'aboutir à des impasses dans ses tentatives d'améliorer les traitements de la douleur" (voir plus bas).
Méfions-nous des extensions hâtives d’indications qui font de tel médicament - pourtant peu et/ou mal testé en dehors de son indication d’origine - une panacée universelle. La fraude scientifique est facile et la tentation est grande, surtout dans un domaine aussi mal loti que l’algologie, et plus précisément dans la compréhension et le traitement des douleurs chroniques, neuropathiques (surtout post-opératoires), résistant aux antalgiques classiques (morphiniques, etc.). La mode des antiépileptiques détournés vers le traitement de la douleur prendra un sérieux coup avec le dévoilement de cette fraude, possible grâce aux financements illimités de l'industrie et ayant atteint une taille… industrielle.
11:21 Publié dans Méthodes labos: corruption, fraude, pression... | Lien permanent | Commentaires (48) | Envoyer cette note
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02.12.2008
L’étude ALLHAT enterrée par les firmes, puisque les diurétiques thiazidiques traitant l’hypertension sont efficaces et bon marché
Un article révélateur du New York Times du 27 novembre, intitulé “The Minimal Impact of a Big Hypertension Study” (L’impact minime d’une
grande étude sur les traitements de l’hypertension), revient sur l’étude ALLHAT (Antihypertensive and Lipid-Lowering Treatment to Prevent Heart Attack Trial). Cette étude à large échelle qui a eu lieu en 2002 a démontré que les diurétiques thiazidiques étaient les médicaments à la fois les plus efficaces et les moins chers pour traiter l’hypertension artérielle. Cependant, 6 ans après, les diurétiques sont beaucoup moins prescrits qu’ils ne devraient l’être, compte tenu de leur efficacité.
L’association australienne Choice arrivait à la même conclusion dans un rapport déplorant les méthodes perverses de l’industrie pharmaceutique et qui prenait pour exemple précisément le cas des médicaments antihypertenseurs, comparés sous l'angle coût / efficacité.
Le diurétique antihypertenseur chlortalidone, jadis commercialisé en France aussi sous le nom de Hygroton, est l’exemple-type de médicament très peu prescrit parce que efficace et pas cher (cf. notre note), donc peu profitable aux firmes qui produisent des antihypertenseurs pas plus efficaces, mais beaucoup plus chers, tels les inhibiteurs calciques ou les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC). L'Hygroton a fini par être retiré du marché français, comme nous l'a appris un lecteur de Pharmacritique, déjà suite à la note sur le rapport de l'association Choice. Il n'existe plus sous forme de spécialité unique. Il reste l'Esidrex [hydrochlorothiazide], efficace et pas cher, donc pas profitable...
Les firmes se sont unies contre l’ennemi commun - les médicaments bon marché - et ont tout fait pour le discréditer, par exemple en payant des leaders d’opinion (pantins du pharmacommerce) pour vanter les mérites des nouveaux médicaments antihypertenseurs. Par exemple, un membre d’un groupe d’experts américains a reçu 200.000 dollars de Pfizer, pour donner des conférences défavorables aux diurétiques, nous dit le New York Times.
Et nombre d’experts indépendants soulignent que l’influence de l’industrie est telle qu’elle empêche aussi toute volonté politique qui inciterait à l’organisation d’essais cliniques de grande envergure pour trouver les médicaments ayant le meilleur rapport coût / efficacité… Les firmes ont le bras long et n’hésitent pas à désinformer et à déformer la vérité, par exemple sur les effets secondaires de leurs antihypertenseurs, pour faire vendre un maximum, à l’exemple de Pfizer et de Novartis, cités dans l’article, qui contient d’autres détails intéressants.
A noter qu'une recherche rapide, faite suite aux remarques précieuses d'un lecteur, nous apprend que l'efficacité des diurétiques thiazidiques était bien connue parmi les médecins et dans la presse médicale bien avant l'article du New York Times, et c'est pourquoi le récent tapage médiatique, qui parle de l'étude ALLHAT comme d'un scoop, a de quoi étonner. Nous avons cité le rapport de l'association Choice, datant de mai 2008, avant de rendre compte de l'article du New York Times. Mais prenons deux exemples francophones, faciles à trouver lors d'une recherche et émanant de sources médicales sérieuses.
Ainsi, le numéro de décembre 2007 de la Lettre du GRAS (Groupe de Recherche et d’Action en Santé) précise à la page 61 : « On comprend mal par exemple les réticences françaises à la prescription des "vieux" thiazides dans le domaine de l’HTA, où leur indication de première intention, hors cas particuliers, reste aujourd’hui encore indiscutable. » De plus, le GRAS donne la marginalisation de l’étude ALLHAT - et l’occultation de l’efficacité des diurétiques tels la chlortalidone dans le traitement de l’hypertension artérielle – comme un exemple type des conséquences néfastes des conflits d’intérêts en médecine. Il reprend pour cela un article paru en… 2003 sur le site de l’UNAFORMEC, reproduit à la page 62.
Et le numéro de septembre 2004 de la revue Prescrire précisait clairement : « L'ensemble des données convergent pour utiliser en première intention un diurétique thiazidique : chlortalidone, ou à défaut hydrochlorothiazide [Esidrex], associé habituellement à un épargneur potassique. Chez les hypertendus sans complication ni diabète, certains bêtabloquants sont indiqués en deuxième ligne, certains IEC en troisième ligne et certains inhibiteurs calciques en quatrième. Les choix thérapeutiques diffèrent en cas de diabète ou de complications (p. 601-611) ».
Merci au Dr Siary pour les précieuses informations apportées; elles complètent parfaitement celles journalistiques que j’importe d’ailleurs. (Et je ne fais que creuser par la suite...)
Illustration: Knowledgebase-Script.com
Mise à jour: Voir la suite et d'autres détails sur la chlortalidone (Hygroton), l'étude ALLHAT et l'étude ACCOMPLISH dans la note "La réévaluation d’ALLHAT comparé à d’autres essais cliniques confirme les bénéfices des diurétiques thiazidiques dans l’hypertension".
Elena Pasca
12:17 Publié dans Méthodes labos: corruption, fraude, pression... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
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30.11.2008
L’industrie pharmaceutique et les assureurs lancent une campagne massive contre les projets d’Obama de réformer le système de santé
Cela rappelle étrangement la présidence de Bill Clinton et les tentatives de Hillary Clinton de réformer un système qui était loin d’être aussi
mauvais qu’aujourd’hui… Une campagne massive a complètement changé l’attitude de l’opinion publique, au départ favorable aux réformes et à l’introduction d’une assurance-maladie universelle publique. Les industriels ont présenté cela comme une dérive vers le... communisme, portée par « Hillary la rouge », « Billary », etc.
Huit ans d’administration Bush et des républicains, alliés traditionnels de l’industrie pharmaceutique, des assureurs et de tous les prestataires de services liés à la santé ont délabré le système de soins à un point difficilement imaginable. Or Obama ne s’est pas privé d’attaquer l’industrie pharmaceutique pendant sa campagne, par exemple sur la responsabilité des firmes en cas de médicaments défectueux, question très épineuse alors que les firmes cherchent à se mettre au-dessus des lois et à échapper à tout procès à travers la préemption fédérale.
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