24/04/2012
"Politique de lutte contre le tabagisme en France: De la guerre au compromis et à la collaboration", par Alain Braillon
NdR : Une présentation détaillée du Dr Alain Braillon, de sa formation, ses activités et sa situation actuelle figure au début de la longue interview parue sur Pharmacritique sous le titre « La santé publique dans tous ses états ». La politique française de lutte contre le tabagisme faisait partie des sujets abordés dans cet entretien, mais avec ce texte, la méthode et la forme scientifiques viennent étayer les critiques exprimées. L’introduction plus générale est suivie du texte intégral d’un rapport co-écrit par le Dr Alain Braillon, le Dr Anne-Sophie Méreux et le Pr Gérard Dubois, intitulé « Politique de lutte contre le tabagisme en France: De la guerre au compromis et à la collaboration ». [EP]
En France, la politique de lutte contre le tabac est partie en fumée!
Par le Dr Alain BRAILLON
La France est une exception parmi les pays riches, elle est livrée au lobby du tabac.
Ces dernières années la consommation de tabac n’a pas baissé comme ailleurs et elle a même augmenté ! C’est d’autant plus surprenant que notre consommation est déjà élevée, 34 % de fumeurs, contre 21% au Royaume-Uni, 19% en Australie, et 17% au Canada. Pire, les adolescents sont de plus en plus nombreux à fumer comme l’a montré une récente enquête. Le tabac est la cause directe du décès prématuré de 60 000 personnes chaque année en France. C’est la première cause de décès évitable.
Cette situation est d’autant plus incroyable que les mesures pour réduire la consommation de tabac sont connues et efficaces. Elles ont été appliquées avec succès en 1991 (Loi Evin) et 2003 (plan Cancer I). Cela a permis de réduire de moitié la consommation de tabac et la mortalité par cancer du poumon des hommes de 35 à 44 ans. Mais depuis cinq ans, chaque arbitrage demandé au Premier ministre et au président de la République a été tranché en faveur des industriels du tabac ou des buralistes. C’est 12 000 morts qui n’ont pas été évitées.
La France a ratifié en 2004 la Convention-Cadre pour la Lutte Anti-Tabac (Organisation Mondiale de la Santé) mais elle n’applique pas les mesures nécessaires pour faire baisser la consommation. La France est aussi en infraction à l'article 5.3 de cette convention qui impose de protéger les politiques de santé publique de l'influence de l'industrie du tabac.
Le texte que j’ai co-écrit avec Anne Sophie Mereau et le Pr Gérard Dubois, président de la commission addiction à l’Académie Nationale de Médecine, est un rapport détaillé sur les politiques menées pour la santé publique et contre le tabac depuis les années 50. Il démontre comment depuis une demi douzaine d’années ces politiques publiques sont en faveur des industriels du tabac et contre la santé de la population. http://braillon.net/alain/rltabac.pdf
Ce rapport n’est pas isolé.
Le Pr Bertrand Dautzenberg vient aussi de publier un livre qui fait le même constat : La République enfumée, les lobbies du tabac sous Chirac et Sarkozy : du meilleur au pire. http://www.viva.presse.fr/Tabac-le-nombre-de-deces-chez-les_16835.html
Ces faits ont fait l’objet de publications dans les grandes revues médicales nationales et internationales :
- Tobacco control: up in smoke in Europe?Addiction 2012
- Industrial Epidemics Presse Médicale Dec 11(en français)
- An indicator of the influence of the tobacco lobby on politicians American Journal of Preventive Medicine. 2011;41:e29
- Framework convention on Tobacco Control. In search of outcomes. The R2P. Health Policy 2011;103:98-9.
- Is Your MP Concerned About Public Health?British Medical Journal 2011; 343:d4883
- Tobacco and pregnancy: France always bad pupil J Gynecol Obstet Biol Reprod. 2010;39:1-2 (en français)
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19/03/2012
"Santé: moraliser la politique du médicament". Conférence de presse d’Eva Joly. Commentaires sur le complexe médico-industriel, politique et médiatique
En raison des dramatiques événements de Toulouse (et Montauban), la conférence de presse est reportée. Je vous informerai le moment venu.
J’ai été sollicitée par trois femmes, Eva JOLY, Michèle RIVASI et Aline ARCHIMBAUD, dont j’admire
l’intégrité et l’engagement, pour apporter une dimension d’ « expertise citoyenne » et de voix de la société civile lors d’une conférence de presse le mercredi 21 mars (détails à la fin) sur les moyens de « moraliser la politique du médicament », c'est-à-dire dans un domaine où la société civile et le débat citoyen sont marginalisés, voire exclus.
Habituellement, les professionnels de santé considèrent la santé – et surtout le médicament – comme une chasse gardée, réservée aux « techniciens » et aux « industries » de la santé. (Le terme même, appliqué à la santé, devrait choquer et interpeller...) Et les hommes politiques basent leurs décisions sur des expertises exclusivement techniciennes… Il faut ajouter à cela les agences de communication et les media. Ceux-ci n’ont pas fait leur travail d’investigation sur les médicaments et les abus des industriels et des leaders d'opinion (professionnels ou associatifs), mais ont toujours excellé dans la présentation des « découvertes » scientifiques et médicales, divinisées comme si toute nouveauté technoscientifique était un progrès thérapeutique et un progrès humain. Maintenant, ces mêmes media chassent le scoop, faisant la une dès qu’on parle d’un effet secondaire, comme si c’était une découverte qu'un médicament - le tramadol ou un autre - était à prescrire avec prudence, par exemple… Ces mêmes media n’ont pas changé dans leur rôle de courroie de transmission au service des intérêts productivistes des lobbies qui les possèdent en majorité…
Prenez les hommes politiques avec leurs conflits d’intérêts (sur tous ces sujets, voir les articles à partir de la liste alphabétique à gauche), les chercheurs et médecins avec les leurs, les media oscillant entre ignorance et vulgarisation toujours irréfléchies, et placez-les dans un système structurellement construit de façon à profiter aux industriels, où l’industrie pharmaceutique exerce un ghost management sans faille (voir cet article et celui-ci), c’est-à-dire une gestion invisible, mais omniprésente de tous les aspects et à tous les niveaux du système de recherche, de formation et d’information médicales – et vous aurez les principaux acteurs du microcosme de marionnettes de l’industrie qui est responsable du marasme actuel des choses. C’est un état dont on commence à peine à deviner l’étendue (des dégâts), que j’essaie d’esquisser et de dénoncer depuis que Pharmacritique existe.
Cette sollicitation d'une expertise citoyenne de l'extérieur d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), sans instrumentalisation politique ou autre, car totalement désintéressée, rompt avec les « traditions » du petit cercle exclusif des décideurs politico-sanitaires, avec leurs communicants et leurs conseillers plus ou moins intéressés, qui se fréquentent, fomentent des plans de carrière et forment des chapelles. C’est pour cela que j’ai accepté, alors que je ne fais pas partie d’Europe Ecologie les Verts (et d’aucun parti politique, d’ailleurs).
Au fil des ans et de mes participations régulières à des débats et colloques – cinq ces mois-ci, que je n’ai pas eu le temps d’annoncer -, et sans parler des discussions sous une autre forme et des sollicitations auxquelles je n’ai pas pu donner suite, j’ai remarqué toutefois que les écologistes sont plus ouverts au débat. Je pense surtout à la dimension de démocratie participative, avec le débat citoyen, avec cette ouverture à l’« expertise citoyenne » et à une « science citoyenne » qui irritent les professionnels, prompts à les déclarer illégitimes…
Pourtant, je ne cesse de rappeler, dans une terminologie qui paraît surannée, qu'en République, c’est le débat citoyen dans l’espace public politique qui permet, par abstraction successives des particularismes (de type appartenance à un parti politique, etc.) de dégager des intérêts universalisables, donc des intérêts qui dépassent tout corporatisme. Aucun corps intermédiaire – de type « ordre » (des médecins, etc.) ou corporation… - ne doit confisquer ce débat et la décision, ni ne peut prétendre représenter les citoyens. Je l’ai dit et redit dans ces pages.
Certes, on ne fera pas les prescriptions à la place des médecins, ni les recherches à la place des chercheurs. L’expertise citoyenne, ce n’est pas cela, n’en déplaise à ceux qui sèment la confusion pour la discréditer et tenter de s’en débarrasser pour garder l’exclusivité des cercles « sachants » traditionnels, sans droit de regard des citoyens, réduits au rôle de cobayes pour les produits des éprouvettes des divers industriels, fabriqués selon les cahier de charges de ces derniers: brevets et profits immédiats, avec l’impératif de soigner la santé financière des multinationales.
Ce type de discours rejetant l’expertise citoyenne revient régulièrement, et je l’ai entendu, avec des arguments qui paraissent solides à première vue, aussi dans l’exposé de Denis ZMIROU-NAVIER, professeur de santé publique à la Haute Ecole de Santé publique de Nancy. Nous étions les deux seuls Français participant au colloque sur les moyens de renforcer l’indépendance de l’expertise en santé publique, organisé par les députés écologistes belges Thérèse SNOY et Jacques MOREL le 20 janvier au Parlement fédéral belge (voir le programme détaillé). J’y reviendrai en détail, car il est révélateur de voir comment son raisonnement arrive, de proche en proche, à banaliser les conflits d’intérêts, définis de façon très large, ce qui lui permet de dire que nous aurions tous des liens, des dépendances, des intérêts, des conflits d’intérêts, y compris par la simple adhésion à une association… On voit que le rejet de l’expertise citoyenne a des raisons autres que celles qui paraissent évidentes, ainsi que des conséquences. Lorsqu’on assimile et qu’on met sur le même niveau l’engagement bénévole et désintéressé, sans conflit d’intérêts, d’un citoyen au sein d’une association indépendante et le « lien » d’un expert payé par des industriels pour faire passer leurs intérêts avant ceux de la santé publique, cela revient à neutraliser le danger et les conséquences des conflits d’intérêts, à les banaliser et les légitimer, à assimiler lobbying et plaidoyer citoyen…
J’ai répondu à cela, non pas par des discours théoriques, mais par des faits et des arguments chiffrés. Je pense avoir montré qu’un citoyen de base peut parler médicament. Une fois dans mon exposé de la matinée, portant sur des lois étrangères – surtout aux Etats-Unis, mais aussi en Grande-Bretagne et en Allemagne - permettant de réprimer et de dissuader les abus des industriels en matière de corruption, de conflits d’intérêts et de leurs conséquences, en matière de produits défectueux, mais aussi à d’autres niveaux tels que l’accès à l’information, le recours des victimes, etc. L’exposé portait aussi sur certains dispositifs juridiques et institutionnels pouvant servir d’exemple pour améliorer plusieurs niveaux dans la chaîne du médicament. Puis en répondant à des questions, mais surtout dans mon intervention de l’après-midi, lorsque j’ai interpellé de façon argumentée Leo NEELS, dirigeant du syndicat patronal de l’industrie pharmaceutique belge (Pharma.be), l’homologue de Christian LAJOUX, patron du LEEM français (Les Entreprises du médicament) et PDG de Sanofi France. Je raconterai les détails, ils sont édifiants.
L’expertise citoyenne sur les médicaments ne consiste pas à vouloir en prescrire, ni mélanger les éprouvettes et se substituer aux experts, comme dans les cauchemars des scientifiques et des médecins grevés de conflits d’intérêts et craignant qu’on vienne leur demander des comptes, ou même dans les cauchemars de ceux qui n’ont pas de conflits d’intérêts, mais ont besoin d’invariants, d’un ordre bien défini, d’une hiérarchie et de cases que le « forum hybride citoyen » viendrait bouleverser comme l’entropie en thermodynamique…
Le citoyen de base peut – et doit – débattre et décider s’agissant du rôle du médicament et des industries de santé, s’agissant de tout ce qui biaise la chaîne du médicament (discours marketing sur le médicament, entre autres, qui pousse à la surmédicalisation et à la surconsommation), s’agissant de tout ce qui induit des conflits d’intérêts, des biais et des influences sur le comportement des prescripteurs et des patients…
Les sujets ne manquent pas, et nous ne devons pas rester dans le rôle de cobayes, subissant ce que d’autres ont décidé de nous faire consommer. Nous pouvons agir déjà par un bulletin de vote, par le soutien aux sources d’information indépendantes, par une autoréflexion et en développant notre esprit critique – ce qui nous sera utile au-delà de la préservation de notre santé face à toute cette « prévention » médicamenteuse et à une médecine dévoyée de son rôle et devenue de plus en plus, avec notre complicité tacite :
- prescriptive : au sens prétendument éthique, comme lorsqu’elle normalise les être humains, uniformise et standardise, extirpe la différence dans les comportements (la psychodiversité…), devient un moyen de contrôle social et un gardien de l’ordre, en utilisant divers moyens qui vont des camisoles chimiques aux préceptes comportementaux déplacés ;
- préventive : en particulier par la prévention réduite au médicament (donc dans l’intérêt des industriels), ainsi qu’à des dépistages réguliers dont bon nombre n’ont pas lieu d’être (cancer du sein, cancer de la prostate…) et font plus de mal que de bien. La médecine devrait soigner lorsqu’il y a maladie, pas imposer la consommation de médicaments au cas où, sait-on jamais, il y aurait maladie à l’avenir… Et la prévention devrait être limité au seul domaine où elle est efficace : éducation, information sur les comportements à risque, sur les modes de vie et les modifications à apporter en cas de problème, sur les expositions professionnelles ou autres à des produits dangereux, etc. Mais ici, on touche aussi aux inégalités socio-économiques en santé, car la vraie prévention devrait passer par là : l’amélioration des conditions de vie, d’habitat, d’alimentation, de travail… Et même l’accès égalitaire aux soins ne réglera pas ces problèmes-là. Et il est plus facile – et en plus rentable pour les industriels et moins coûteux pour l’Etat, mais seulement à première vue – de prescrire des médicaments que de résoudre les problèmes induits par la pauvreté…
- prédictive (au moyen du « tout génétique », par exemple, comme au moyen de divers marqueurs pour dépister des maladies de plus en plus tôt, même s’il n’y a pas de thérapeutique. Comme dans la maladie d’Alzheimer, où savoir à 20 ans que l’on souffrira (peut-être) plus tard de cette maladie ne peut qu’induire une énorme souffrance psychologique, voire détruire une vie… Bonne élève du marketing pharmaceutique et intéressée à l’être, la médecine a développé beaucoup de moyens de médicaliser des bien-portants et pousser à la consommation de médicaments aussi en jouant à Madame Soleil (puisque les moyens utilisés sont tout aussi scientifiquement fondés que le tarot de cette dernière, qui avait de plus l’avantage d’être plus poétique…).
Et lorsque ni la génétique ni les marqueurs ne permettent de transformer une personne en bonne santé en malade consommateur de médicaments, il y a toujours le disease mongering (façonnage de maladies, invention et redéfinition de maladies, voir les articles) : les médecins en inventent pour tous les goûts, pour tous les modes de vie (lifestyle drugs…, médicaments et actes médicaux de confort…), pour toutes les étapes de la vie (ménopause, baisse de la fonction érectile, vieillissement en général...), pour toutes les demandes sociales (dresser les enfants en les déclarant hyperactifs ou les adolescents en « trouble de désobéissance », camoufler le mal-être socio-économique en le psychologisant en dépression ou d’autres « troubles » mentaux. Le nombre de ces derniers est passé de 106 en 1952, lors de la première édition du DSM, à plus de 350 dans la quatrième édition du DSM (Manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux)…
La description de David SACKETT de la médecine préventive s’applique parfaitement aussi à son dévoiement en médecine prédictive et prescriptive. Son article paru en 2002 dans le CMAJ (Canadian Medical Association Journal) sous le titre The Arrogance or Preventive Medicine est une lecture fort instructive pour comprendre comment le système pousse structurellement la médecine vers des rôles qui ne sont pas les siens – et que nous ne devons pas accepter. Nous ne devons pas accepter son arrogance, son agir présomptueux et impérieux, les préceptes qu’elle n’a aucune légitimité à formuler, son incapacité à reconnaître ses limites et à accepter la critique, son rôle de rouage dans la machinerie du profit industriel, avec les médecins comme exécutants et victimes consentantes.
Or notre passivité rend possible la reproduction de ce système, avec des adaptations minimes et des mesurettes cosmétiques lorsque cela déborde : ainsi, la loi de Xavier BERTRAND sur le sécurité de la chaîne du médicament apporte quelques mesures dues de longue date, mais sans rien changer à la nature structurellement pharma-amicale de notre système de santé et de soins. Une excellente communication autour de cette loi l’a fait paraître révolutionnaire, alors que seules les apparences changent, comme je l’ai dit dans un communiqué détaillé de la Fondation Sciences Citoyennes, et dans un autre article détaillant les mesures et les sanctions prévues, ainsi que la position ambiguë l’Ordre des médecins. Paul JANIAUD a lui aussi souligné d’autres « oublis inquiétants » dans la loi.
Nul besoin d’être professionnel de santé pour parler de cela. Et le citoyen lambda a même l’avantage de ne pas vivre de ce système, de ne pas y contribuer, de n’avoir aucun conflit d’intérêts.
Elena Pasca
***
Voici l’annonce de la conférence de presse, qui aura lieu le mercredi 21 mars de 15 h à 16 h à cette adresse : IREMMO, 5, rue Basse des Carmes, 75005 Paris
SANTE : IL FAUT MORALISER LA POLITIQUE DU MEDICAMENT
En présence de :
- Eva JOLY, candidate Europe Ecologie Les Verts à l'élection présidentielle
- Michèle RIVASI, députée européenne EELV
- Aline ARCHIMBAUD, sénatrice EELV de la Seine-Saint-Denis
- Elena PASCA, philosophe, créatrice du blog Pharmacritique, membre du CA de Sciences Citoyennes
« Les coûts en santé ont explosé ces dernières années. Aujourd'hui, entre 25 et 35% de la population renonce à se soigner, faute de moyens. En cause : dépassement d'honoraires, franchises, tarifications à l'acte... Mais également médicaments de plus en plus chers. Les français dépensent en effet entre 4 et 8 fois plus qu'il y a 25 ans pour leurs médicaments, alors que ces derniers ne sont pas plus efficaces. En effet, le progrès thérapeutique stagne depuis une quinzaine d'années. En l'absence d'une analyse coût/efficacité et d'une autorisation de mise sur le marché exigeant la supériorité des nouveaux médicaments, l'on peut compter sur les doigts d'une main les médicaments vraiment novateurs, parmi les centaines autorisés chaque année en France. Et pourtant, les profits pharmaceutiques augmentent, et les restes à charge des patients, aussi...
Comment en sommes-nous arrivés là? Quel rôle jouent aujourd'hui les industries pharmaceutiques, leur marketing, leur lobbying et leurs stratégies? Pourquoi les citoyens sont-ils les premières victimes de cette politique opaque? Comment réaliser des économies dans ce secteur? En quoi le programme de la candidate écologiste pourra répondre à ces questions?
Réponses le 21 mars prochain. »
07:06 Publié dans Associations, programmes, sites anticorruption, Conflits d'intérêts / corruption, Figures de la résistance à l'influence des pharmas, Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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09/03/2012
"Sarkozy, bilan de la casse". "L’abécédaire des maux du sarkozysme". Constats et propositions de la Fondation Copernic
Les éditions Syllepse viennent de publier (en février 2012) l’ouvrage « Sarkozy : bilan de la casse »,
dans la collection « Les notes et documents de la Fondation Copernic » (144 pages, 7 euros) ; le même texte est disponible aussi sous forme de hors série de l’Humanité sous le titre « L’abécédaire des maux du sarkozysme ».
C'est un ouvrage à lire impérativement, afin de voter en connaissance de cause et de ne pas (ou ne plus) se laisser endormir par les berceuses d’une équipe à laquelle il faut reconnaître un grand mérite : elle est inégalée en communication. Cette communication se fait grâce à l’emprise sur des media serviles - soit par conflits d’intérêts, soit par autocensure -, où le journalisme d’investigation n’existe plus. Ces media nous désinforment en habillant (à peine) les communiqués de presse reçus des lobbyistes et autres agences de communication travaillant pour les industriels et autres « acteurs de la vie économique », acteurs de ce monde des affaires - dans tous les sens du terme - que Nicolas Sarkozy voulait promouvoir en allégeant le droit des affaires, par exemple pour ne plus embêter des entrepreneurs aussi exemplaires que les laboratoires Servier par des lourdeurs administratives et autres contrôles.
Cette communication fabrique l’opinion par des méthodes d’influence et de persuasion pourtant bien connues, mais néanmoins toujours aussi efficaces, dans un monde où, justement, c’est l’opinion qui domine, car l’avis en connaissance de cause ne peut plus se former, la citoyenneté ne peut plus se construire et s’exprimer, puisque cette emprise empêche l’espace public politique (la Öffentlichkeit des philosophes) de se construire.
Nous finissons par reprendre, comme si c’était notre avis mûrement réfléchi, l’essentiel de la désinformation que l’on nous sert à toutes les sauces : Nicolas Sarkozy aurait sauvé l’Europe... en cautionnant la pseudo-politique économique qui ne sert que les intérêts de l’Allemagne et finira par mettre l’Europe à genoux ; il aurait « moralis[é] le capitalisme »... d’une façon qui démonétise le mot « morale » tout comme le mot « réforme », jusqu’à les rendre synonymes de régression, d'involution sociale, de collusions, copinages, conflits d'intérêts... Et ainsi de suite.
[Parenthèse sans rapport avec le livre: j'ai essayé de contribuer un peu, sur ce blog et ailleurs, à l'analyse des exploits de Nicolas Sarkozy et de son équipe en matière de conflits d'intérêts, lobbying et collusions avec l'industrie pharmaceutique et les « industries de la santé » (le terme même en dit long...). Pour ce qui est des collusions avec les industriels intervenant dans tous les aspects de la prise en charge des personnes âgées (maladie, assurances et mutuelles, maisons de retraite...), j'ai publié en mars 2009 une longue analyse des relations étroites de Nicolas Sarkozy et de ses frères avec ceux qui font du profit sur le dos de nos grand-parents. L'article, largement repris depuis 2009 par les rares media indépendants, s'appelle "Conflits d'intérêts des frères Sarkozy, plan Alzheimer et mutuelles obligatoires pour le profit de Sanofi et des assurances".
Ce n'est que l'une des mailles du filet, en matière de santé, mais elle est typique et aide à comprendre quelle est la vraie raison de certains choix économiques - franchises médicales et autres ponctions des patients, maladie d'Alzheimer comme priorité de santé publique, partenariats public/privé, restructuration de la recherche publique... - qui favorisent les intérêts privés et les profits des industriels, mais nous sont présentés par la communication comme relevant des meilleures intentions de promouvoir la santé publique et d'un volontarisme politique inégalé. Il en va de même pour la loi de Xavier Bertrand, de réforme de la chaîne du médicament, introduisant certaines mesures cosmétiques dues de longue date, compte tenu du retard français en la matière, mais qui ne changeront en rien la nature structurellement pharma-amicale de notre système de santé et de soins, donc les risques pour la santé publique. (Voir les billets sur tous ces sujets à partir de la liste des catégories à gauche de la page.)]
Nous sommes désinformés en permanence. Aussi, lorsque des analyses indépendantes arrivent à voir le jour, il faut impérativement les lire. Lisons ce bilan de Nicolas Sarkozy, de son gouvernement et son administration, cet ouvrage que l'Humanité présente comme un « manuel de campagne » : « De A à Z, les principales mesures du quinquennat sont décryptées par 64 auteurs réunis par la Fondation Copernic. De AAA à Vidéosurveillance, en passant par Bouclier fiscal, Gandrange, Enseignants, Roms, RGPP ou encore Kadhafi, près de 130 mots sont rassemblés dans ce hors série que l’Humanité publie en partenariat avec la Fondation Copernic. Les auteurs, pour l’essentiel des responsables d’associations, de syndicats, des acteurs et chercheurs du mouvement social, passent au crible le bilan du quinquennat, de A à Z. »
14:55 Publié dans Initiatives citoyennes, Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique, Néolibéralisme, capitalisme, marché, profit | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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03/03/2012
Toxicité du maïs OGM de Monsanto MON 810 confirmée. Arrivera-t-il bientôt en France ?
Après l'extrait d'une chronique de Hervé Kempf ("Ubu président") sur la disparition de l'écologie du paysage préélectoral et des commentaires sur la mollassonnerie de la demande française de moratoire sur le maïs transgénique MON 810 de Monsanto, qui pourrait n'être que de pure forme, je reprends un communiqué de presse. Daté du 29 février 2012, il est signé par la Fondation Sciences Citoyennes et le
réseau ENSSER (European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility : Réseau européen des scientifiques pour une responsabilité sociale et environnementale). Plusieurs scientifiques de Sciences Citoyennes participent à ce réseau.
L’on voit à nouveau que les discours marketing de Monsanto sont infirmés jour après jour par les recherches : l’insecticide produit par la variété MON 810 ne tue pas seulement les insectes ciblées, mais aussi d’autres. La toxine Bt constitue un danger aux proportions inconnues, imprévisibles et incontrôlables.
Or la pression des lobbyistes qui promeuvent les intérêts de Monsanto auprès des décisionnaires nationaux et européens et très forte et la clause de sauvegarde française pourrait n’être bientôt qu’un souvenir. Certes, le 20 février, la France a demandé de nouveau à l’Union européenne de suspendre l’autorisation du MON 810 et précisé que le pays pourrait prendre des "mesures conservatoires" d’interdiction temporaire de la culture de ce maïs insecticide Bt.
05:42 Publié dans Environnement, toxiques, déchets, pollution, Lobby agroalimentaire agriculture pesticide chimie, Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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02/01/2012
Rétablir le programme CESA (contaminants et environnement) et le REMERA (registre des malformations du Rhône Alpes)
Mise à jour datée du 16 janvier 2012 à la fin de l'article
A l’heure où les études et les preuves scientifiques s’accumulent pointant dans le sens d’une
implication massive des toxiques environnementaux dans la survenue de diverses maladies, qu’il s’agisse de co-facteurs ou de corrélations à approfondir, la recherche française fait marche arrière. Elle est pourtant déjà très en retard par rapport aux pays anglo-saxons en particulier, sans parler du retard en matière de sensibilisation de la population et des professionnels de santé, évident lorsqu’on regarde la quasi inexistence de formations en santé environnementale et le mépris des leaders d’opinion pour cette problématique. Lors du Grenelle de l’Environnement, de la mise en place de la Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation et des Plans Nationaux Santé Environnement (PNSE) 1 et 2 comme du Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE), l’on a pu constater ce retard français, que ces dispositifs auraient dû permettre de rattraper. Or il n’en est rien.
Au niveau européen, c’est chaotique : un pas en avant, deux en arrière. La législation REACH sur les agents toxiques a été extrêmement difficile à obtenir, avec un résultat minimaliste. Et pourtant, les lobbies industriels ont fait en sorte d’obtenir de leurs porte-voix politiques des réglementations qui, dans les faits, détricotent REACH, en revenant à des notions tels que les seuls d’exposition ou la dose minime de nocivité, dépassées selon la toxicologie. D’autre part, la Commission européenne a lancé en août 2011 une campagne pour la mise en place d’études scientifiques des perturbateurs endocriniens, y compris dans leur effet nocif cumulatif, permettant une évaluation globale (voir cet article, qui donne aussi des références complètes et des liens).
En France, il y a eu des avancées quant au bisphénol A en particulier, confirmé par le vote, en octobre dernier et à la surprise générale, une loi interdisant le bisphénol A dans les récipients alimentaires, qui confirme le précédent vote sur d’autres perturbateurs endocriniens.
C’est dans ce contexte que le conseil d’administration de l’Agence nationale de la recherche (ANR) a voté le 27 octobre dernier l’arrêt du programme de recherche CESA («Contaminants et environnement: métrologie, santé, adaptabilité, comportements et usages»), à contre-courant de tout ce qui se fait dans les autres pays occidentaux et même des travaux lancés par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire).
Une pétition publique peut être consultée et signée sur cette page : « Pétition pour le rétablissement de l’appel d’offre de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) concernant les contaminants de l’environnement et leurs effets (CESA) ».
D’autre part, on apprend que le REMERA (Registre des Malformations congénitales de Rhône-Alpes)
s’arrêtera le 1er janvier 2012, privant ainsi les citoyens comme les professionnels de santé des données sur les effets tératogènes et autres toxicités des contaminants environnementaux et autres agents toxiques tels que des médicaments et autres substances chimiques de toute sorte…
Voici quelques détails sur ces décisions, suivis par des extraits de la réaction de plusieurs associations et des réflexions sur la manipulation de la recherche publique et le gaspillage des deniers publics dans des programmes de recherche finalisés imposés par les industriels à travers la nouvelle politique de partenariats (sic) public-privé, qui traduit l’ »économie de la connaissance » voulue par la « stratégie de Lisbonne » et par la politique de Nicolas Sarkozy, acquise aux intérêts industriels (voir détails et liens plus bas).
05:00 Publié dans Alzheimer, anticholinestérasiques, démence..., Désinformation médicale et pharmaceutique, Environnement, toxiques, déchets, pollution, Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique, Perturbateurs endocriniens bisphénol phtalates par | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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20/10/2011
LobbyPlanet Europe: Corporate Europe Observatory cartographie les lobbyistes auprès des institutions européennes et leurs méthodes

Corporate Europe Observatory (CEO) vient de publier le livre "Lobby Planet. Putting Brussels Lobbyists on the Map", dont je décris plus bas le contexte et les grandes lignes, avant de donner des extraits édifiants et de rappeler deux autres livres essentiels parus sur le même sujet. L'image, signée Khalil Bendib, accompagne la présentation de Lobby Planet sur le site du CEO.
08:34 Publié dans Lobby agroalimentaire agriculture pesticide chimie, Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique, Pantouflage, revolving doors privé-public | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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30/09/2011
Un système de santé pourri par les conflits d’intérêts et un lobby médico-industriel omniprésent
J’ai évoqué plusieurs fois l’excellent blog Health Care Renewal et aimerais remercier son fondateur et principal auteur, le Dr Roy Poses, d’avoir publié le 14 septembre mon texte « Mediator, symptom of a broken French system » (Médiator, symptôme d'un système français cassé / en faillite/ en ruines...).
Le scandale du Médiator est juste un point de départ, un épiphénomène de défaillances structurelles à tous les niveaux. Quelques jours après l’annonce du projet de loi d u ministre Xavier Bertrand, qui n’apporte aucune réponse structurelle, juridique et législative, donc ne changera rien à un système intégralement pharma-amical, j’ai voulu faire une description des grandes lignes du système français de santé et de soins. Montrant comment il est pourri entièrement par les conflits d’intérêts, depuis la tête de l’Etat (Nicolas Sarkozy) jusqu’aux acteurs individuels (professionnels de santé disposant d’un lobby très puissant qui influence les décisions, patients suivistes et sans esprit critique…).
Le texte est écrit pour des lecteurs nord-amérciains, en particulier des Etats-Unis, donc à l’aide de certains exemples et comparaisons des deux systèmes, avec aussi quelques exemples européens, surtout sur le plan des dispositifs législatifs et juridiques, qui seraient essentiels pour réprimer et dissuader les abus de toute sorte. Lors de nombreux échanges avec des professionnels de santé étrangers, de plusieurs pays, j’ai constaté à quel point ils se faisaient des illusions sur le système français de santé, tenu par beaucoup pour un modèle de « médecine socialisée ». L’existence d’une couverture-maladie (régime publique de Sécurité sociale et CMU) fait illusion et empêche une analyse approfondie, qui montrerait que la logique néolibérale et ses outils, la logique de compétition et de marché, l’emporte largement. Généralement, on ne la perçoit même pas, peut-être à cause des apparences républicaines et de protection étatique. Ou alors on la nie ou passe sous silence, par intérêt ou par passivité. Alors comment la contrecarrer ?
Or la couverture financière n’est en rien garantie de qualité des soins et de médecine socialisée. Le système français de santé et de soins, sans coordination, sans évaluation de la qualité, avec une influence extrême du lobby médico-industriel, etc. allie le pire de la logique de marché et de la médecine socialisée, sans en avoir les avantages.
En particulier, l’influence de la médecine organisée (ordre des médecins, syndicats…) maintient la désorganisation et organise une corruption quotidienne et banalisée. Elle rend impossible toute évaluation et toute réforme structurelle. La logique de surmédicalisation et de surmédicamentation a des conséquences multiples et est entretenue, dans un cercle vicieux sans issue, par le consumérisme de patients sans éducation à la santé et sans esprit critique.
Forcément, ce système extrêmement coûteux pour des résultats qui ne sont pas à la hauteur, ne peut pas tenir. Les industriels et autres groupes d’intérêts le casseront, en particulier au profit des assurances et autres cliniques et organisations privées, en disant qu’il est bien la preuve que la médecine socialisée ne peut pas fonctionner... Mais un tel terme n’est pas approprié pour définir ce qui se passe en France. Il faudrait des analyses structurelles et dépourvues de complaisance et d’intérêts pour le comprendre ; à quelques exceptions près – et le Pr Claude Béraud en est une –, de telles analyses systémiques ne me semblent pas pouvoir venir des médecins et autres professionnels de santé, trop désinformés, mais aussi intéressés et privilégiés par un système qui n'a de républicain que quelques apparences induisant en erreur. Et encore moins des organisations médicales.
Comme le disait le Dr Roy Poses dans son introduction, on voit que la problématique est globale, à quelques différences spécifiques près. Les solutions ne peuvent être que globales, et il me semble que la démystification des illusions et l’incitation à une réflexion sans complaisance, à une exterritorialisation et à un recul critique pour porter un jugement (ce qui est d’ailleurs le sens du mot « critique »), devrait être parmi les premiers pas à faire en ce sens. Je n'ai pas de telles prétentions, loin de là. Mais peut-être que l'exterritorialisation, la connaissance d'autres structures, les échanges internationaux, l'absence de conflits d'intérêts et de corporatisme et... les principes républicains m'ont permis d'avoir un regard un peu différent sur les (auto)mystifications des médecins comme des patients. Et les réactions majoritaires des médecins français, sous des prétextes détournés, me font penser que je vise plutôt dans la bonne direction.
Le texte, long, détaillé et avec des liens, parle de lui-même. Merci au Dr Roy Poses pour sa relecture. (Je présenterai en détail son blog et ses activités ; c’est au programme depuis longtemps).
Elena Pasca
05:37 Publié dans Autorités de sécurité sanitaire AFSSAPS ANSM, Conflits d'intérêts / corruption, Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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20/09/2011
Lobbying, conflits d'intérêts, corruption: La France sous influences (revue Territoires)
La revue Territoires, qui dispose aussi d'un blog, est "un mensuel de 50 pages pour plonger toujours
plus au coeur des initiatives citoyennes, être au fait de l'actualité de la démocratie locale en France et dans le monde, et avoir un autre regard sur les enjeux politiques et sociaux. Sans oublier, chaque mois, au centre du numéro, un dossier alliant pédagogie et présentation de multiples expériences de terrain qui permet d'approfondir une des multiples facettes de la démocratie locale."
La revue est co-éditée par ADELS (Association pour la démocratie et l'éducation locale et sociale).
Je voudrais signaler le numéro 513 (décembre 2010) de la revue Territoires, et notamment le dossier "Lobbying, conflits d'intérêts, corruption. La France sous influences", qui n'a rien perdu de son actualité. En voici le sommaire, suivi par un rappel de quelques-unes des activités de Sciences Citoyennes à ce sujet:
00:23 Publié dans Conflits d'intérêts / corruption, Initiatives citoyennes, Lobby agroalimentaire agriculture pesticide chimie, Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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18/09/2011
La santé publique dans tous ses états: questions au Dr Alain Braillon, un expert trop indépendant (I)
J'ai proposé un entretien au Dr Alain Braillon, à la fois pour Pharmacritique et pour la Fondation
Sciences Citoyennes, ce qui permet à l'association d'exprimer son soutien et sa solidarité en lui donnant directement la parole. Cette forme permet aussi de tendre un miroir à la santé publique, par des réponses à mes questions ciblées sur des actualités comme sur des problématiques plus globales. Voici la première partie de cet entretien, après une introduction faite par moi. La deuxième partie est ici.
Mis sur le banc de touche pour avoir trop bien fait son travail, le Dr Alain Braillon est un témoin privilégié de la démolition de la médecine de santé publique, parente pauvre d’une médecine calquée sur les demandes de l’industrie pharmaceutique, dans un système tout entier conçu pour être pharma-amical, faire non pas de la prévention rationnelle, mais de l’abus de prévention, réduite à son sens pharmacologique, faire de la médicalisation des états physiologiques comme des facteurs de risque, des états d’âme, du mal-être socio-économique… Avec ses conséquences de surmédicalisation, surdiagnostic et surmédicamentation et l’augmentation exponentielle des risques iatrogènes. Ces tares structurelles ont été exposées moult fois sur Pharmacritique et illustrées aussi par le « cas » représentatif d’Alain Braillon.
Un article récent épinglait la misère de la médecine de santé publique, première victime de coupes budgétaires et du désinvestissement de l’Etat, qui ne saurait être occultée par quelques vitrines bien lustrées telles que le mastère de santé publique annoncé par le Cnam, l’Institut Pasteur et l’EHESP (Ecole de Hautes Etudes en Santé Publique). Ces institutions devraient donner des garanties de leur indépendance et de la qualité de leur formation, par exemple en ayant recours à des experts indépendants et reconnus au niveau international. Proposer une chaire à Alain Braillon serait un bon début.
En posant un certain nombre de questions, au nom de la Fondation Sciences Citoyennes et de Pharmacritique, j’ai souhaité demander au Dr Alain Braillon de tendre un miroir à cette santé publique qu’il connaît désormais sous toutes les coutures : de l’intérieur, de l’extérieur et même en tant que « dommage collatéral » parmi d’autres induits par la politique du gouvernement actuel. Car c’est en pratique, sur de tels cas précis de démolition d’un service et d’éviction de l’un des rares médecins français à être une référence de niveau international, que l’on peut juger ce qu’il en est des annonces médiatiques et du projet de loi de Xavier Bertrand, présenté comme « radical » et à même d’introduire une coupure nette entre « l’avant et l’après Médiator ».
02:13 Publié dans Cancer prévention dépistage, industrie du cancer, Lanceur d'alerte, whistleblower (infos, pétitions), Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique, prévention, abus de prévention, médecine préventiv, Projet de loi médicament réforme sécurité sanitair, Santé publique, médecine de santé publique, surmédicalisation surconsommation de médicaments | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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31/08/2011
Julien Balkany fait pression sur les auteurs du livre 'Le vrai scandale du gaz de schiste'
Extraits de la lettre d’information de l'association Générations futures (ex MDRGF: Mouvement pour les droits et le respect des générations futures) : 
Pressions inacceptables sur les auteurs du livre 'Le Vrai Scandale du gaz de schiste'
« A la veille de la parution du livre de Marine Jobert et François Veillerette sur les gaz de schiste ( 'Le vrai scandale des gaz de schiste', Ed Les Liens qui Libèrent, http://www.gaz-de-schiste.fr ), l'avocat de Julien Balkany (ex Vice Président non exécutif de la société Toreador [Toreador Resources Corporation] et demi frère du fameux Patrick Balkany) vient d'écrire à l'éditeur et aux auteurs du livre en les menaçant à mots à peine couverts de poursuites judiciaires.
Pour mémoire Toreador s'est vu délivrer en 2009 un permis d'explorer les gisements d'hydrocarbures non conventionnels (ici pétrole de schiste) sur une surface de 779 km2 à cheval sur l'Aisne, la Seine et Marne et la Marne, dans le périmètre du permis dit "de Château Thierry".
Selon la lettre de l'avocat, Maître Fedida, notre livre (non encore publié, il sort demain le 31 août !) comporterait des éléments diffamatoires. L'avocat précise qu'il a reçu ordre de nous ‘mettre en garde’.
On ne saurait être plus clair : ce livre dérange et le trader Julien Balkany, très en pointe dans le développement de Toreador en France ces dernières années, essaye de faire pression sur les auteurs et l'éditeur de ce livre évènement en laissant planer la menace de poursuites judiciaires. Alors que les permis d'exploration avaient été accordés dans le plus grand secret, Monsieur Balkany voudrait maintenant sans doute que le secret continue à régner sur ce dossier...
Peut être espère t'il que l’éditeur et les auteurs cèderont aux pressions et modifieront le contenu du livre... ce en quoi il se trompe lourdement !
"Ce procédé est insupportable ! Il vise à restreindre notre liberté d'expression et la liberté d'information !", déclare François Veillerette, Porte Parole de Générations Futures, et co auteur du livre.
Nous avons besoin de votre soutien pour pouvoir repousser ces pressions et permettre au livre d'être diffusé dans les meilleures conditions afin de permettre à toutes et tous d'être réellement
informés sur ce dossier, comme c'est votre droit !! »
Toutes les informations sont sur le site http://www.gaz-de-schiste.fr, où vous trouverez « dans les jours qui viennent des extraits du livre, des témoignages exclusifs, des échos des médias, des interviews...pour compléter les informations du livre 'Le Vrai Scandale des gaz de schiste' en vente dés le 31 août 2011 dans toutes les librairies et en ligne sur les sites spécialisés. » Vous pouvez envoyer des messages de soutien à l'adresse levraiscandaledesgazdeschiste@yahoo.fr.
"Gaz de schiste: le combat continue".
Interview de François Veillerette sur le livre 'Le vrai scandale des gaz de schiste' sur Europe 1
http://info.sfr.fr/france/audios/gaz-de-schiste-combat-continue,688403/
19:17 Publié dans Environnement, toxiques, déchets, pollution, Initiatives citoyennes, Lanceur d'alerte, whistleblower (infos, pétitions), Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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16/08/2011
Lobbying pour Sanofi et le Lantus, avec éviction et diffamation de Peter Sawicki, manipulation de Wikipédia…
Le Lantus (insuline glargine), prescrit dans le traitement du diabète insulinodépendant, a rapporté à
Sanofi plus de 2 milliards d’euros rien qu’en 2009. Et l’histoire a montré que lorsque l’un de ses médicaments est mis en cause, Sanofi peut recourir à divers stratagèmes pour le défendre, faisant appel à des agences de communication, mobilisant les leaders d’opinion qu’il paie, lançant des plans pour désinformer et/ou museler la presse, licenciant tel lanceur d'alerte... Sans parler d’autres méthodes peu catholiques pour augmenter ses profits, dont j’ai donné quelques exemples sur Pharmacritique...
Or le Lantus, soupçonné dès sa mise sur le marché en 2000 de favoriser les cancers, est de plus en plus critiqué depuis 2005. J’ai rendu compte, dans deux articles écrits en 2009 (voir cette page), des études qui renforcent et actualisent le soupçon de cancers sous Lantus, puis évoqué la stratégie de désinformation de Sanofi, pour défendre le Lantus malgré tous les arguments scientifiques ( sur cette page).
Un article de Markus Grill paru le 11 juillet 2011 dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel nous
apprend qu’un homme politique de droite, Wolfgang Stock, a fait un lobbying intense pour Sanofi, manipulant Wikipédia à répétition : les articles sur le Lantus et celui sur son principal critique, le Pr Peter Sawicki (photo Die Welt) et l’institut IQWiG, de même que ceux sur Sanofi-Aventis, son PDG, etc.
Le diabétologue et ancien directeur de l’IQWiG, Pr Peter Sawicki, a été évincé sur demande du lobby pharmaceutique, dans le cadre de la politique clientéliste de la droite allemande, et surtout des libéraux de la FDP. Le Lantus fait partie des médicaments mis en cause par l'IQWiG, institut indépendant d’évaluation des médicaments. Dès 2005, il a contesté l’efficacité du Lantus par rapport aux insulines humaines. En 2009, il a été le premier à poser la question du risque accru de cancers sous Lantus.
Or Wolfgang Stock dirige un cabinet de lobbying ayant Sanofi parmi ses clients. Et c’est le même qui a fondé Wiki Watch, destiné à… améliorer la transparence dans l’usage de Wikipédia. Les détails illustrent parfaitement les méthodes auxquelles les lobbyistes et les industriels de la pharmacie sont prêts à recourir pour défendre leurs produits, ainsi que l’ampleur du réseau d’intérêts politico-médiatique et son influence sur la prise de décision.
J’évoque aussi les perquisitions et mises en examen touchant Sanofi-Aventis dans une affaire de corruption présumée en Allemagne.
Je réitère ma méfiance envers le web 2.0 sous toutes ses formes, facile à manipuler et instrumentaliser, pour faire de la publicité, désinformer, inciter à la médicamentation…
11:37 Publié dans Désinformation médicale et pharmaceutique, Diabète, insuline, Avandia, Actos, Lantus..., Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique, Méthodes labos: corruption, fraude, pression... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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11/08/2011
L’argent du lobbying: une "transparence" à géométrie variable, déplore ALTER-EU
Voici un court article que j’ai fait le 22 juin pour le site de la Fondation Sciences Citoyennes. Il
s’agissait de rendre compte d’un communiqué de presse d’ALTER-EU, tout en rappelant au passage les dernières actions et les livres disponibles.
J’ai eu le plaisir de faire la connaissance d’un certain nombre de membres des associations qui composent ALTER-EU lorsque j’ai représenté Sciences Citoyennes à l’assemblée générale de la coalition, fin avril 2010 à Bruxelles. J'ai des échanges réguliers en particulier avec Natacha Cingotti (Amis de la Terre/ALTER-EU) et tiens à la féliciter publiquement pour son excellent travail.
Sans oublier les rencontres de mars 2010, lors du colloque « L’expertise en question. Conflits d’intérêts en santé et défaillances de l’évaluation », co-organisé par Sciences Citoyennes et le CRIIGEN au Parlement européen (voir cet article et le résumé vidéo). Je reprendrai bientôt l’intervention du Dr Pierre Chevalier (rédacteur en chef de la revue Minerva) et la mienne, puisque c’est nous qui avons donné des exemples de conflits d’intérêts en matière de médecine / médicament.
"L’argent du lobbying: une « transparence » à géométrie variable, déplore ALTER-EU"
Par Elena Pasca
21:34 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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19/09/2010
Lobbying et conflits d'intérêts en santé: santé des hommes, santé de la planète. Séminaire du 21 septembre à l'Assemblée nationale
Le mardi 21 septembre aura lieu le deuxième d'une série de trois séminaires intitulés "La démocratie à l’épreuve du lobbying", prévus au Sénat et à l'Assemblée Nationale et organisés par les associations membres du comité d'animation du réseau de veille et d'action citoyenne ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying).
La Fondation Sciences Citoyennes fait partie de ce comité, donc des organisateurs, et elle a été représentée par Jacques Testart et moi-même (Elena Pasca) lors du premier séminaire, qui s'est déroulé le 22 juin à l'Assemblée nationale et a eu pour objectif la clarification sémantique du terme et de ses corrélats.
Nous avons tenté d'éclaircir certaines confusions qui se banalisent (ainsi, des associations et ONG se disent "lobbyistes", alors que ni les moyens ni les objectifs ne sont les mêmes et que le résultat est une légitimation du lobbying au profit des plus forts). Pour ce faire, il fallait tenter une délimitation plus rigoureuse du champ sémantique autour du mot lobbying, ainsi qu'identifier ses enjeux et son impact sur la démocratie en général. Cet impact intervient entre autres à travers les décisions politiques sous influence directe des lobbies - ou alors indirecte à travers les expertises biaisées par les conflits d'intérêts. Il faut sensibiliser l'opinion au fait que de telles décisions ont pour conséquence nombre de distorsions plus ou moins visibles de l'intérêt général.
Les détails de ce premier séminaire (programme, intervenants, animation, etc.) figurent sur cette page de Pharmacritique.
Le deuxième séminaire, consacré plus spécifiquement au lobbying et aux conflits d'intérêts en santé, aura lieu le mardi 21 septembre 2010, de 13 h à 18 h à l'Assemblée nationale, au 101 rue de l’Université à Paris.
A partir de cas pratiques du domaine de la santé (notamment l’industrie pharmaceutique, la médecine et les conflits d’intérêts…) et de l’environnement, ce séminaire se propose d'étudier l’impact des lobbyistes d’intérêt industriels et financiers sur la décision publique et les répercussions sur l’avenir de la société humaine et des biens publics mondiaux. Avec une recherche de solutions pour réduire l’influence des lobbyistes et rétablir un contrôle citoyen dans ces domaines.
09:26 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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22/06/2010
La démocratie à l'épreuve du lobbying. Séminaire du réseau ETAL (22 juin à l'Assemblée nationale)
Voici l'annonce du premier des trois séminaires sur les questions liées au lobbying organisés par le réseau ETAL (voir plus bas) à l'Assemblée nationale. La Fondation Sciences Citoyennes est membre du comité d'animation du réseau ETAL. J'aurai le plaisir d'intervenir sur un thème qui me tient à cœur, à savoir les enjeux politiques plus « profonds » du lobbying : ses conséquences sur le modèle universaliste / républicain (la quasi synonymie des deux termes n'est malheureusement plus évidente) et les (auto)contradictions dans l'argumentaire associatif, y compris au sein des associations qui refusent de se dire lobbyistes. Je persiste à penser qu'il faudrait faire une analyse politique qui montre à quel point penser dans les termes imposés par les lobbyistes / les multinationales, se cantonner dans cet enclos terminologique ne peut pas aboutir à un raisonnement valide, et encore moins à des conclusions valides.
Il faudrait prendre le temps d'exposer le tout, de clarifier le champ sémantique, de casser quelques évidences, de débattre... Ce ne sera pas demain...
Une remarque : Je ne suis pas une « spécialiste » du lobbying et n'ai aucune envie de le devenir. Ce n'est pas non plus un thème habituel du courant de pensée auquel je me rattache : la Théorie critique (Ecole de Francfort). Par contre, pour le dire vite fait, je suis une républicaine de la vieille école, grâce en particulier à Heinz Wismann, qui m'a ouvert les yeux sur ces questions, en apparence bien éloignées de mes « intérêts » de connaissance. Mais l'hyperspécialisation crée elle-même des enclos d'une autre nature...
Mes excuses pour l'annonce très tardive du séminaire. L'inscription est terminée depuis une semaine.
Elena Pasca
08/06/2010
Lobbying: significations et pratiques. Formation de la Fondation Sciences Citoyennes, le 9 juin
Les conflits d'intérêts (voir la présentation de la formation sur cette page) et le lobbying sont l'une des dimensions de plus en plus investies
par la Fondation Sciences Citoyennes depuis 2009. Ce sont deux facettes du même phénomène, comme je l'ai souligné dans cet article présentant la position de la Fondation. Ils font l'objet de formations séparées simplement pour qu'on puisse leur consacrer plus de temps.
J'aurai le plaisir d'intervenir lors de cette session de formation sur le lobbying, qui s'inscrit dans le cycle de formations organisé par la Fondation Sciences Citoyennes entre le 14 avril et le 30 juin, pour ses adhérents et les adhérents des associations partenaires.
La description, le programme du cycle de formations et la liste des intervenants figurent à la fin de ce texte. L'entrée est libre. Informations et inscription: contact@sciencescitoyennes.org. Merci à Glen Millot, coordinateur de la Fondation, qui a tout mis en place.
A noter que les intervenants font partie du comité d'animation du réseau de veille et d'action citoyennes ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying), qui s'est construit autour de l'"Appel citoyen pour un encadrement et une transparence des activités de lobbying en direction des instances de décision publique". Le réseau organise une série de trois séminaires sur le lobbying, à l'Assemblée nationale et au Sénat. Le premier aura lieu le 22 juin à l'Assemblée nationale; la présentation et le bulletin d'inscription - à remplir au plus vite - figurent sur cette page.
Précision afin de dissiper toute confusion: Le réseau ETAL aura bientôt un site indépendant. En attendant, les activités du réseau ETAL se trouvent sur le site de l'association Adéquations, qui bénéficie d'un financement pour en assurer la coordination.
9 juin, de 19h à 21h30: LOBBYING: SIGNIFICATIONS ET PRATIQUES
Adresse: AGECA, 177 rue de Charonne – 75011 Paris. Accès : M° Alexandre Dumas (ligne 2) ou Charonne (ligne 9). Bus 76 (Charonne-Bagnolet).
Intervenants:
- Claude Layalle, ATTAC
- Yveline Nicolas, Adéquations
- Elena Pasca, Fondation Sciences Citoyennes
19:24 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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24/12/2009
Conflits d'intérêts forme de lobbying: une filiation dénoncée par le réseau ETAL et la Fondation Sciences Citoyennes
Une table ronde consternante a eu lieu le 10 décembre 2009 à la Haute autorité de santé (HAS), sous le titre pourtant
prometteur "Expertise et conflits d'intérêts". Divers acteurs majeurs du système actuel de santé et d'expertise sanitaire - HAS, l'industrie pharmaceutique (LEEM), l'AFSSA (agence de sécurité alimentaire), des leaders d'opinion associatifs et médicaux (Nicolas Danchin, EURORDIS), Christian Vigouroux (Conseil d'Etat), Pierre Chirac (rédacteur de la revue "Prescrire") étaient là pour vanter l'excellence du système, banaliser les conflits d'intérêts, tenir des discours de congratulation réciproque et se renvoyer des politesses. A l'exception, mais à peine perceptible tant il était poli et sage, du rédacteur de "Prescrire".
Ce que je voudrais souligner ici, c'est une dimension absente du débat, à savoir le rapport intrinsèque entre conflits d'intérêts et lobbying. Le peu de fois où l'influence et le lobbying ont été mentionnés, c'était pour faire un acte d'équilibrisme (digne de cirques moins savants) visant à les distinguer des conflits d'intérêts, des liens financiers ou autres que les experts et autres gros pontes et associations ou sociétés savantes entretiennent avec l'industrie pharmaceutique. (Illustration tirée de ce site).
Or les conflits d'intérêts constituent la forme la plus répandue et la plus parfaite de lobbying, dans la mesure où les intérêts des lobbies sont transposés dans des expertises considérées comme scientifiques, donc neutres, qui fondent les décisions politiques. Les intérêts privés, particularistes, traduits en "science" par les experts payés par des industriels, se confondent, suite à la décision politique, avec l'intérêt général... Et la transparence n'y changera rien, n'en déplaise à Christian Vigouroux, conseiller d'Etat qui a défendu cette distinction lors de la table ronde et a légitimé l'existence des groupes d'influence, des activités de lobbying et de la recherche d'influence en général, pourvu que cela soit transparent et déclaré.
Je voudrais opposer à cela la position du réseau de veille et d'action citoyennes ETAL (Encadrement et transparence des activités de lobbying) et de la Fondation Sciences Citoyennes, rappelée ici à partir du compte-rendu d'une audition au Sénat fin septembre, dans le cadre d'un groupe de travail sur l'encadrement des activités de lobbying et des groupes d'intérêts. Le vice-président du Sénat, Jean-Léonce Dupont, a lui aussi essayé d'évacuer du débat cette question décidément très épineuse du rapport entre conflits d'intérêts et lobbying. L'exemple donné lors de cette audition pour tenter de dépasser ce saucissonnage des divers aspects du lobbying est précisément celui de l'industrie pharmaceutique influençant la décision politique à travers les travaux des experts qu'elle paye. J'ai réalisé lors de la table ronde de la HAS que ce texte garde toute son actualité et est pertinent pour Pharmacritique, de même que les critiques d'ETAL relatives au lobbying en général.
01:37 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
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24/09/2009
Roselyne Bachelot a passé au moins 12 ans au service de l'industrie pharmaceutique. Source de conflits d'intérêts, par exemple dans la vaccination massive contre la grippe A H1N1?
Dans une note en date du 3 mai 2008, j'ironisais sur l'interview donnée en février de la même année par Roselyne Bachelot au magasine de
l'industrie pharmaceutique PHARMAnetwork. Notre ministre de la santé pouvait se prononcer en experte sur le fait que "Le métier de visiteur médical doit évoluer", puisqu'elle est elle-même une ancienne visiteuse médicale.
De tels liens ne sont jamais anodins; ils peuvent induire des conflits d'intérêts même à distance, et on doit s'interroger lorsqu'un élu qui représente l'intérêt public, l'intérêt général, cache pendant quelque temps une partie de son passé, et notamment ses 12 ans de travail pour l'une des industries les plus puissantes qui soient: celle pharmaceutique. (Globalement, cela va de 1969 à 1989, avec un trou non explicité au milieu; peut-être 20 ans en tout?).
Industrie dont on sait qu'elle entretient aussi l'un des lobbies les plus actifs, les plus acharnés et qui ont le plus d'influence sur les hommes politiques, y compris au sommet de l'Etat, comme on peut le voir en lisant cette note, qui mentionne aussi la ministre de la Santé: "Plan Alzheimer et conflits d'intérêts: les Sarkozy, Sanofi, la recherche publique et les franchises médicales... Les deniers publics feront les profits privés".
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29/07/2009
La réglementation des lobbies à l'Assemblée nationale légitime les lobbies comme des interlocuteurs valables, avec des restrictions de façade
Le Réseau ETAL (pour l'Encadrement et la Transparence des Activités de Lobbying), animé par l'association Adéquations, rassemble 20
associations et syndicats parmi lesquels figure la Fondation Sciences Citoyennes, dont Pharmacritique est membre. ETAL a publié le 3 juillet un communiqué de presse sous le titre "Les règles d’encadrement des groupes d’intérêt décidées par l’Assemblée nationale sont insuffisantes". Le communiqué commente et critique le texte stipulant les conditions d'encadrement des "Représentants d’intérêts à l’Assemblée nationale".
Notons déjà qu'en plus de la nature dérisoire de ces mesurettes qui servent d'écran de fumée, ce texte légitime, sous couvert de transparence, les lobbies et les groupes de pression et d'intérêt dans leurs activités d'influence sur nos élus. Alors que, dans une perspective républicaine et citoyenne, il s'agirait de les faire disparaître, et il faudrait commencer par leur interdire l'accès aux lieux où se décide la politique de la nation, celle qui devrait être faite dans l'intérêt général, et non sous la pression des divers intérêts privés, dont le plus fort imposera sa loi... Les codes de bonne conduite n'imposent aucune obligation, comme on l'a vu avec le code d'éthique/ de déontologie (sic) du LEEM - dont vous trouverez la quintessence artistiquement stylisée dans cette note...
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| Tags : hommes politiques et lobbies, influence des lobbies sur les élus, groupes d'intérêts privés, groupes de pression, intérêt général, réseau etal, transparence du lobbying, interdiction des lobbies, réglement assemblée nationale, débat public, puissances publiques |
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16/06/2009
Conflits d’intérêts des sénateurs engagés dans la réforme du système de santé américain. Où sont les déclarations d’intérêts des politiques français?
Les déclarations d’intérêts d’un certain nombre de sénateurs des Etats-Unis ont suscité un grand émoi dans la presse américaine, qui a
largement repris la dépêche d’Associated Press "Key Health Care Senators Have Industry Ties". On y apprend que des sénateurs ayant un rôle essentiel dans l’élaboration de la réforme du système de santé et de soins ont des conflits d’intérêts par leurs relations financières directes ou familiales avec des sociétés prestataires de soins, des laboratoires pharmaceutiques ou d’autres intervenants commerciaux dans le système de santé.
Ces révélations feront-elle le jeu de la campagne de discrédit engagée par les industriels contre la réforme d’Obama ?
A la fin de la note, plusieurs liens parlent de la situation française, bien pire, compte tenu de l’absence de transparence sur les liens entre les divers lobbies et nos hommes politiques. Des exemples concrets illustrent les conflits d’intérêts et les influences à l’œuvre dans notre république bananière. (Ou monarchie? Difficile à dire, avec Sarkozy 1er et les grandes familles (Sarkozy, Kouchner, Kosciusko-Morizet...) qui remplacent la noblesse de l'Ancien régime et imposent leurs intérêts privés partout).
08:40 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : privatisation de la santé, conflits d'intérêts, déclaration d'intérêts, hommes politiques et lobbies, intérêt général, réforme de la santé, lobby pharmaceutique, néolibéralisme et santé, assurance-maladie privée, corporatisme médical, american medical association |
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05/03/2009
Conflits d'intérêts des frères Sarkozy, plan Alzheimer et mutuelle obligatoire pour le profit de Sanofi et des assurances
A cause d'innombrables plagiats et instrumentalisations, je précise que l'original est celui-ci et que je n'accepte aucune reproduction de ce texte (ou des autres) sans autorisation préalable.
L’un des principaux symptômes de la maladie d’Alzheimer, c’est une altération de la mémoire. Exerçons-la un peu, alors. Pour voir
comment les maillons de la chaîne politico-sanitaire s’enchevêtrent avec les gros intérêts privés de l’industrie pharmaceutique, et ce depuis la famille de Nicolas SARKOZY jusqu’à notre firme nationale, SANOFI-AVENTIS. L’imbrication est parfois directe, parfois par maillons interposés, comme il se doit dans tout réseau.
La maladie d’Alzheimer ne semble pas avoir été choisie par hasard par Nicolas Sarkozy, mais ce n'est pas la première fois que des initiatives présidentielles confortent les intérêts économiques privés de ses proches. Les conflits d'intérêts sont juste mieux cachés dans ce cas, occultés par des envolées lyriques et la posture du volontarisme politique (voir les discours).
Nous verrons l'implication de François SARKOZY et de Guillaume SARKOZY dans des secteurs clé, en rapport avec la maladie d'Alzheimer et d'autres dispositifs sur la dépendance des aînés. Eux et leurs sociétés bénéficient directement de l'argent public, de marchés publics et des changements intervenus récemment dans ce domaine.
Nous verrons aussi comment la structure scientifique (Fondation Alzheimer) mise en place actuellement, ainsi que les dispositifs de partenariat public - privé bénéficient directement à l'industrie pharmaceutique, en particulier à Sanofi-Aventis - et à ses sous-traitants et collaborateurs, parmi lesquels François Sarkozy.
Graphique: Journal des Finances, selon lequel Sanofi-Aventis devrait faire 7,2 milliards d'euros de profits en 2009.
09:24 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
| Tags : plan alzheimer sarkozy sanofi, nicolas sarkozy conflits d'intérêts pharmaceutique, longevitv publicité françois sarkozy, franchises médicales pharmaceutique alzheimer, partenariat public-privé profit sanofi, propriété intellectuelle brevets pharmaceutiques, jean-françois dehecq sanofi sarkozy, éducation thérapeutique conflits d'intérêts sanofi, guillaume sarkozy conflits d'intérêts assurances, associations alzheimer conflits d'intérêts, malakoff-médéric sarkozy dépendance alzheimer, mutuelle obligatoire malakoff sarkozy conflits d'intérêts, traitement alzheimer médicaments inefficaces |
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25/12/2008
Bush légalise les préjugés religieux en santé. Accès aux soins et droits des femmes sont en danger
03:37 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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20/10/2008
La députée Catherine Lemorton: influence malsaine du lobby pharmaceutique sur les élus, les journalistes, les médecins...
07:07 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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06/10/2008
Presse médicale, moyen d'influence et de publicité pharmaceutique
La presse médicale adressée gratuitement aux médecins, en particulier aux généralistes, se vante d’être le premier pourvoyeur de
formation médicale continue (FMC).
« Chaque semaine, votre FMC au quotidien », dit Le Quotidien du médecin du 22 septembre. Et il ajoute qu’il « remercie pour leur soutien institutionnel dans la réalisation des pages spéciales du FMC du Quotidien du Médecin : Altana Groupe Nycomed, Amgen, Astra Zeneca, Bristol-Myers Squibb, Eisai, Galderma, Glaxo Smith Kline, Ipsen, la Ligue nationale contre le cancer (ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes handicapées, l’assurance-maladie, l’assurance-maladie des professions indépendantes), [Eli] Lilly France, Lundbeck, Merck Sharp & Dohme-Chibret, Roche Nicholas, Menarini, Novartis, Organon, Pfizer, Sanofi Aventis, Sanofi Pasteur MSD, Schering-Plough, Schwarz Pharma, Servier, Takeda, Thérabel Lucien Pharma, Urgo, Wyeth. » A noter que la firme Pierre Fabre a aussi offert son « soutien institutionnel » (sic) à la réalisation du supplément du 22 septembre sur les maladies parodontales.
Nous verrons ce que pense Gérard Kouchner - à la tête d’un empire de presse et de communication qui comprend aussi le journal susmentionné, ainsi que Le Quotidien du Pharmacien, Le Généraliste, etc. – des reproches faits à cette presse cadeau…
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28/08/2008
Nominations pour les prix du lobby et du fonctionnaire ou élu les plus nocifs pour l’intérêt général européen (CEO)
Le chien de garde Corporate Europe Observatory (CEO) est une association internationale à but non lucratif basée à Amsterdam, qui dénonce
les atteintes à la démocratie, à la justice sociale, à l’éthique et à l’environnement venant des multinationales et de leurs lobbies. En collaboration avec trois autres chiens de garde critiques des lobbies, le CEO décerne depuis 2005 le prix du lobby le plus nuisible, attribué à l’organisme (entreprise, etc.) qui a le plus nui au bien commun européen et à l’intérêt général pendant l’année en question. L’heureux lauréat est élu par le grand public, qui propose d’abord son "préféré", puis vote pour lui sur internet. Les nominations 2008 sont ouvertes jusqu'au 12 septembre.
Cette année, le CEO propose de décerner un prix supplémentaire, en "reconnaissance" de l’impact néfaste des conflits d’intérêts. Le prix distinguera la personnalité officielle européenne dont les liens avec les intérêts privés et les lobbies créent les conflits d’intérêts les plus dévastateurs pour l’intérêt général des citoyens européens. Voici les propositions de Pharmacritique pour les deux prix.
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25/06/2008
La Commission européenne abandonne notre sécurité sanitaire/ pharmacovigilance à l’industrie pharmaceutique (Collectif Europe et médicament)
La Commission veut abandonner notre santé,
notre sécurité sanitaire aux firmes pharmaceutiques, et entériner cet abandon du rôle des services publics de chaque Etat par une directive sur la pharmacovigilance qui devrait être promulguée cet automne. On pourra dire adieux même aux infimes possibilités (et motivations…) qu’avaient les autorités sanitaires de réagir en cas de médicaments ayant un rapport bénéfices - risques défavorable. Les firmes, qui pourtant n’arrêtent pas de se faire taper sur les doigts (à l’étranger, pas en France !) parce qu’elles minimisent et occultent les effets secondaires, falsifient des données, etc. seront désormais chargées de la pharmacovigilance… Le renard gardera le poulailler, jugera de ce qu’il convient ou non d’en faire, l'informera sur les "soins" qu’il lui prépare et enregistrera ses plaintes…
Si cette directive voit le jour, médecins et usagers auront encore plus qu’avant intérêt à apprendre des langues étrangères, pour se renseigner ailleurs sur les risques et effets indésirables des médicaments...
00:55 Publié dans Autorités de sécurité sanitaire AFSSAPS ANSM, Initiatives citoyennes, Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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La Commission européenne sous influence des labos quant à l’information médicale (Collectif Europe et médicament)
J'ai parlé en traduisant l’éditorial du Lancet
des propositions de la Commission européenne d’autoriser les firmes pharmaceutiques à apporter des « informations » directes aux patients. Pour mieux comprendre comment le profit des multinationales pharmaceutiques l’emporterait sur la santé publique en cas d’adoption du projet de directive, voici la lettre de 18 organisations adressée aux ministres européens de la santé, aux représentants permanents des Etats membres, aux agences de sécurité sanitaire et à d’autres instances chargées de questions de santé. Merci au Collectif Europe et médicament, cosignataire, de nous l’avoir envoyée.
00:42 Publié dans Autorités de sécurité sanitaire AFSSAPS ANSM, Désinformation médicale et pharmaceutique, Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique, Publicité directe pour les médicaments | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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23/06/2008
La Commission européenne autorisera une publicité directe déguisée, accuse le « Lancet »
L’éditorial en date du 16 juin de la revue médicale britannique The Lancet s’intitule Direct-to-consumer advertising under a different name
(« Une publicité directe aux consommateurs qui ne dit pas son nom »). The Lancet, Volume 371, Issue 9629, 14 June 2008-20 June 2008, Page 1972. Il n’y a pas d’accès direct ni de résumé, alors en voici une traduction rapide. (La photo est tirée d'un site de Harvard. Elle devrait servir de logo à la Commission européenne: attention, toxique pour la santé. Elle pourrait remplacer les étoiles sur le drapeau, par exemple).
03:52 Publié dans Autorités de sécurité sanitaire AFSSAPS ANSM, Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique, Publicité directe pour les médicaments | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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02/06/2008
Une excellente parodie des liens entre hommes politiques et lobbies… Et quelques satires sur des sujets d’intérêt général en santé ;-)
Pour bien commencer la semaine et parce qu’il vaut mieux en rire… « The Onion » est un excellent site de parodies et satires vidéo ou écrites. Souvent de l’humour
noir… Les parodies vidéo sont d’excellentes imitations de débats télévisés. Dans celle-ci, il est question de ces pôvres lobbies qui n’en ont pas pour leur argent... A en pleurer!
La vidéo est sur cette page: Are Politicians Failing Our Lobbyists? (Nos hommes politiques trahissent-ils leurs engagements auprès des lobbies?) Voici les grandes lignes pour ceux qui ne parlent pas anglais. Et quelques autres liens pour rigoler…
10:49 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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05/05/2008
Acide sarkozyque : corrosif pour les drois sociaux, la santé, le droit du travail, l’environnement, la laïcité, la République…
L’acide sarkozyque est toxique pour les gueux, exclus, malades, étrangers, chômeurs, RMIstes et autres pauvres. Les patrons, les convives de Fouquet’s et autre Bolloré,
Lagardère et Bouygues, bref, tous les CACarentistes ont une réaction différente : l’acide sarkozyque les nettoye - comme au Kärcher - et les rend plus blancs que blancs. En faisant disparaître des pages entières du droit des affaires. Il semblerait que le solvant universel - l'argent - neutralise la toxicité de cet acide à valences patronales multipes.
Plus on descend dans l'échelle de solvabilité, plus l'acide sarkozyque devient toxique.
Merci à Janine Thombrau pour cette photo que je me permets de reprendre. Il y en à d’autres sur son très beau site Mots pour maux.
11:08 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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03/05/2008
Roselyne Bachelot prône une certaine transparence sur la visite médicale tout en revisitant son CV. Edulcorer la vérité: une règle du métier d'homme politique et de visiteur médical?
Dans la note concernant le rapport de Catherine Lemorton, je mentionnais le fait, relevé par le Figaro, qu’elle est pharmacienne et ménage sa
corporation. Source de conflits d’intérêts. Mais nous avons un exemple bien plus parlant et plus révélateur de la représentation de l’intérêt général et des intérêts privés… Remarquez au passage que les media de pub de l’industrie pharmaceutique savent à qui s’adresser pour parler de la visite médicale… Que trouve-t-on dans le numéro de février 2008 du journal PHARMAnetwork ? Un entretien avec Roselyne Bachelot, intitulé "Le métier de visiteur médical doit évoluer." Dit comme ça…
Mais que lit-on sous la plume de certains méchants détracteurs ? Ainsi dans cette note de 2002 du site Dissident Media : « La vie de Roselyne Bachelot ressemble parfois à une jolie légende. Née le 24 décembre 1946 "à minuit", à Angers, fille de chirurgiens-dentistes, elle fait des études de médecine, se marie, interrompt ses études, devient visiteuse médicale. Entrée au RPR dès sa création, en 1976, elle démarre sa carrière politique à l’âge de 30 ans, sous l’il de son père, l’ancien député gaulliste Jean Narquin. Ses ennemis politiques critiqueront dès lors la "fille à papa". La pharmacienne est élue conseillère générale en 1982. Battue aux municipales à Angers, en 1995, elle est élue députée en 1988 grâce à son père qui se désiste en sa faveur, au dernier moment. (…)
Ou encore sur le site Atoute, où l’on peut admirer les talents de Mme Bachelot en matière de retouches. De son CV et de son prénom (Roseline), par exemple. L’ancienne version, désormais démodée, indique ceci : « Déléguée à l’information médicale, laboratoire Ici Pharma – de 1969 à 1976. Chargée des relations publiques – Soguipharm – de 1984 à 1989. Titulaire d’une pharmacie de 1984 à 1991 ».
Toute trace de ces activités disparaît de son nouveau CV, repris sur la même page d'Atoute. Il faut bien savoir "se vendre", non ? N’est-ce pas ce que l’on sérine à longueur de journée à M. et Mme tout le monde ? En un sens, la ministre est exemplaire, donne l’exemple. Je parle de s’adapter en modifiant son CV, bien entendu.
Ce serait intéressant de savoir ce que pensent les visiteurs médicaux de cette façon inédite de valoriser leur travail, en niant jusqu'à son existence... Serait-il honteux? Incompatible avec l'image d'une élue censée représenter l'intérêt général, trop souvent malmenée par les firmes pharmaceutiques?
05:58 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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