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12/12/2012

"Putain de sclérose en plaques!" Janine est partie, mais elle continuera à être de tous nos combats

Quelques lignes pour ceux qui n'ont pas eu la joie de connaître Janine Thombrau, avant de publier janine thombrau,handicap revenus,sclérose en plaques,mots pour maux les coulisses d'une sep,janine thombrau décès,ni pauvres ni soumis,handicap militantisme associations,maladie fin de vie,sclérose en plaques symptômes traitement,vécu maladie invalidante,sclérose en plaques témoignage,protection sociale démantèlement,handicap pauvreté,handicap accès aux soins,santé inégalitésle texte de Bruno Perrin

Janine Thombrau, c’était la joie de vivre, le combat – mené avec Bruno Perrin, son compagnon dans les joies comme dans les galères – contre toutes les injustices sociales et économiques et leurs conséquences y compris dans la santé. Elle a protesté et s’est mobilisée jusqu’au bout contre les conditions de misère dans lesquelles survivent les handicapés, contre leurs difficultés d’accès aux soins et contre la galère administrative continue qui fait que le peu de droits que les handicapés ont restent souvent lettre morte ou demandent un combat épuisant, impossible à mener par des handicapés seuls et isolés.

Janine Thombrau et moi nous sommes vues une seule fois, lors de la manifestation « Ni Pauvres Ni Soumis » de 2008. J’étais « Violette » - à cause d’un signe de reconnaissance qui est resté source de blagues. Je garderai toujours en mémoire sa joie de vivre, son humour contagieux… Nous avons continué à rigoler ensemble, par mail ou dans des commentaires sur Pharmacritique et ailleurs. Nous n’avons eu besoin que d’une seule rencontre pour nous comprendre, comprendre qu’on était sur la même longueur d’onde, qu’on avait les mêmes idéaux, les mêmes combats.

Qu'il fallait combattre cette tendance de la médecine à se déshumaniser et à se bureaucratiser, oubliant, entre surmédicalisation, disease mongering et autres méthodes de faire de l'argent, que son rôle n'est pas celui d'une "industrie de santé" fonctionnant selon le principe du rendement et de la rentabilité. Janine Thombrau nous montre comment les malades deviennent le cadet des soucis de l'hôpital entreprise, de la médecine commerce, des administrations et assurances qui tuent à force de "maîtrise" comptable des coûts. Cette photo de Janine derrière les poubelles, qui occupent la place des handicapés devant une filiale de caisse primaire d'assurance-maladie, en dit plus long que tous les rapports... Elle a inspiré quelques coups de gueule tels que celui-ci: "Les malades non rentables n'intéressent personne en dehors des catastrophes médiatisées" et tous les billets sur la privatisation du système de santé, l'hôpital public tué par les marchands et les gestionnaires, la protection sociale en danger ...

 

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05/06/2012

"Santé, jusqu’où irons-nous?" Entrevue virtuelle avec Oscar Grosjean

NdlR : Pierre BIRON est professeur honoraire de pharmacologie à l’Université de Oscar Grosjean,pierre biron,surmédicalisation disease mongering,dépistage cancer surmédicalisation,prévention abus de prévention dépistage,sécurité sociale danger privatisation,disease mongering cholestérol ostéoporose hypertension,médecine générale rémunération qualité,elena pasca surmédicalisation,aide à l'observance,influence pharmaceutique médicalisation,surmédicalisation soins inutiles,sous-médicalisation pauvreté accès aux soins,acharnement thérapeutique,procréation médicalement assistée risquesMontréal, auteur et co-auteur de nombreux articles et d’un Alterdictionnaire médico-pharmaceutique anglais-français, critique et évolutif. J’ai fait une présentation détaillée de l’auteur, qui a publié plusieurs articles sur Pharmacritique, à la fin de son texte sur la « complicité médico-pharmaceutique [qui] dévoie le savoir médical ».

Ici, Pierre Biron nous présente le livre d’Oscar GROSJEAN, Santé, jusqu’où irons-nous? Fabriquer des patients pour tuer la Sécu. Charleroi, Couleur livres, 2005, 120 pages, 13 euros.

Selon la présentation de l’éditeur, Oscar Grosjean est « chirurgien, maître de stage et diplômé en criminologie. Collaborateur de l’Université de Liège, il a poursuivi des travaux de recherche particulièrement en transplantation. Responsable du service de chirurgie à la Faculté de médecine du Rwanda de 68 à 71, il a aussi effectué une dizaine de missions chirurgicales en Afrique et au Proche-Orient ». L’introduction au livre, faite par l’éditeur, est sur cette page du site qui contient aussi les illustrations. [Elena Pasca]

 

« Santé, jusqu’où irons-nous? » Entrevue virtuelle avec Oscar Grosjean 

Par le Pr Pierre BIRON

Un ouvrage décapant qui décrit les choses telles qu’elles sont devenues en matière de santé et de médecine. Un ouvrage sur la médecine d’aujourd’hui, « débordant de constatations surprenantes et de questions impertinentes », comme de savoir si les examens et soins proposés aujourd’hui, de plus en plus nombreux et coûteux, sont utiles à notre santé. Son regard critique nous rappelle celui des Américains Nortin Hadler (Malades d’inquiétude ?) et Gilbert Welch (Dois-je me faire tester pour le cancer ?), tous deux traduits par Fernand Turcotte, aux Presses de l’Université Laval (Québec, CA).

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28/09/2011

Surmédicalisation et conséquences: surprescription, surmédicamentation, surtraitement, iatrogénie, déficit de la Sécurité sociale…

L’émission C dans l’air du 22 septembre s’intitulait « Sécu : faut-il tout revoir ? » Mais le titre ne médecine libérale médicalisation surmédicalisation,paiement à l'acte médicalisation médicamentation,prévention abus de prévention dépistages cancer,surmédicalisation surmédicamentation surdiagnostic,iatrogénie surprescription surconsommation médicaments,médecine commerce profit,conflits d'intérêts médecine industrie pharmaceutique,etienne caniard surmédicamentation,déficit sécurité sociale cause surprescription médicaments,disease mongering façonnage de maladies surmédicamentation,corporatisme médical ordre des médecins,lobby médical influence conséquencesrésume pas la richesse des interventions, qui ont porté sur les logiques systémiques qui mettent en danger les comptes de la Sécurité sociale, et notamment la médicalisation abusive, cette logique du « tout curatif » et du « tout médicament », comme si tout problème avait une solution médicale – et surtout médicamenteuse et interventionniste.

Surmédicalisation, surdépistages, surdiagnostic, surprescription, surtraitement, surconsommation, abus de prévention… – ce qui les rend possibles, ce qui va avec et leurs conséquences, voilà le sujet de l’émission. Ce sont des sujets maintes fois abordés sur Pharmacritique.

Après les deux vidéos reproduisant l’intégralité de l’émission, je résume les grandes lignes des interventions, en intercalant des citations des intervenants, mais aussi des commentaires de mon cru, avec des informations et des liens permettant de compléter et d’approfondir.

Ce qui frappe dans cette émission – et j’insiste là-dessus parce que cela confirme mon point  de vue, pour lequel des médecins m’ont rudoyée plus d’une fois –, c’est que l’on aborde enfin le rôle crucial des médecins dans ce système perverti. Un système où ce ne sont pas les besoins réels des usagers qui créent la demande, mais l’offre médicale conçue comme un commerce et manquant totalement d’évaluation en terme de qualité et de pertinence des actes. Il n’y a ni rationalité, ni coordination, ni coût/efficacité. Juste un commerce qui s’entretient et se reproduit en actualisant son discours marketing. 

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24/09/2011

La gestion de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris: non assistance à hôpital public en danger...

Par Thérèse CLESMENT hôpital public PCF 13 appel.jpg

Un secteur privé qui se développe à l’hôpital public, des suppressions de postes itératives sans réflexion stratégique, un gouvernement incapable de fixer un budget… Ou les misères d’une grande dame… qui fait le grand écart : l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

Va-t-on, en douce, vers une forme d'euthanasie active, comptable et financière, de l'APHP ?

L'illustration, ajoutée par Pharmacritique, tout comme les phrases en italiques, accompagne un appel à défendre l'AP-HP et protester contre la supression de postes, repris sur le site du PCF. [EP]

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12/09/2011

Pauvreté en hausse, accès aux soins en baisse. Les médecins gardent revenus et privilèges

Le 30 août 2011, l’Observatoire des inégalités a publié un point d’information sur la hausse de la pauvreté en France, revenus médecins,dépassement d'honoraires encadrement,pauvreté hausse 2011,insee hausse pauvreté,inégalités sociales en santé,accès aux soins inégalité pauvreté,déserts médicaux démographie médicale,médecine libérale loi fourcade,secteur optionnel honoraires tarifs,médecine générale revenus honoraires,médecine libérale droite clientélisme politique,lobby médecine libérale,michel chassang lobby médical libéral,assurance reposabilité médecins,cmu refus testing médecine libérale,loi hpst médecine libérale accès aux soinsbasé sur la dernière étude de l’Insee. (Dessin Rodho, entre la réalité et le rêve...). 

Je l’évoque dans ce billet d’humeur, spontané, en continuité avec tout ce que j’ai écrit sur la rupture du contrat républicain entre usagers et médecins, du fait des démarches corporatistes des médecins, à l’exception du mouvement des psychiatres contre la Nuit sécuritaire (Collectif des 39). Je ne peux plus lire la presse médicale gratuite, ces litanies continuelles où il n’est question que d’argent – celui des professionnels de santé uniquement - et de défendre des privilèges. Les syndicats médicaux savent parfaitement y faire. S'il faut lire les communiqués du CSMF, il faudrait penser à prendre un antiémétique en « prévention », mot à la mode.

Le lobby médical en général est très puissant et fort influent auprès des élus. On a vu ce que cela donne avec le détricotage de la loi HPST, et je rappelle plus bas en détail que tout ce qui pouvait aller dans le sens des droits des patients et d'un accès égalitaire aux soins a été éliminé.

La droite « responsabilise » les usagers, qui paient toujours plus ; par contre, les médecins, eux, ne sont jamais responsables de rien. Alors sont-ils irresponsables?

On commencera à vraiment changer le système et prendre des mesures concrètes pour empêcher la corruption ordinaire et les scandales sanitaires du genre du Médiator lorsqu'il n'y aura plus de corporations et autres ordres et groupes d'intérêts qui s'autorégulent (sic). Le premier pas, c'est l'abolition de l'ordre des médecins, rétabli sous Vichy en violation des principes républicains et de la loi commune, et l'obligation pour tous les professionnels et industriels de devenir enfin responsables de leurs actes et se soumettre à la loi commune.  

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08/07/2011

Menaces sur l’assurance maladie: entre fictions et réalités. Par Claude Béraud

Par le Pr Claude BERAUD Claude Béraud Charente Libre.jpg

Professeur honoraire à l’Université de Bordeaux (cardiologie, pharmacologie, hépatologie), ancien médecin conseil national de la Sécurité sociale, ancien vice-président de la Commission de transparence de la Mutualité française, auteur de plusieurs livres dont "Le Foie des Français" (1983), "Les médicaments sans tabou. Pièges, mensonges et vérités" (2005), "Petite encyclopédie critique du médicament" (2002). Pour une présentation plus détaillée et pour d’autres articles, voir son blog sur l'actualité médicale. Cet article est une version revue et complétée d’un texte paru dans le vol. 29 n° 1 (mars 2011) de la revue Sciences sociales et Santé sous le titre « Les menaces sur l’assurance maladie ». La photo illustre cet article de Charente Libre.

Contact auteur: beraud-claude@wanadoo.fr

Le vieillissement de la population est sans cesse évoqué par les décideurs politiques, les professionnels des soins et les médias comme la principale cause, avec les progrès médicaux, de la croissance des dépenses de soins et de son amplification dans l’avenir.

Pour de nombreux économistes, cette conception est un zombie, c'est-à-dire une idée morte que les politiques[i] ne veulent pas enterrer, ou un « red herring » (hareng rouge), c'est-à-dire un moyen de faire diversion, de parler d’autre chose et de noyer le poisson.[ii]

L’importance relative attribuée à deux causes, parmi d’autres, de l’augmentation des dépenses de santé : le vieillissement de la population, les pratiques médicales, explique ces points de vue différents.

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30/07/2009

Les malades non rentables oubliés en dehors catastrophes sanitaires médiatisées

hôpital public rentabilité Blog Sergio de Rosemont.jpg
Combien de catastrophes sanitaires passent inaperçues? Que sait-on des catastrophes quotidiennes, silencieuses, qui se déroulent derrière la porte à côté? Que sait-on des conditions de vie des handicapés, des difficultés des malades chroniques, des personnes âgées vivant dans la misère et sans aucune aide? Mais que sait-on en fait de toutes ces personnes qui ne sont pas télégéniques: les chômeurs, les RMIstes et autres êtres humains vivant dans des conditions extrêmes, qu'on désigne par des euphémismes ("disqualification sociale", "déclassement", "en dessous du seuil de pauvreté", "exclusion", etc. Et puis par ce comble d'hypocrisie: "les personnes défavorisées"...).

Passer à la télévision, c'est devenu synonyme d'exister, et bon nombre d'individus se prêtent au jeu. Mais ceux qui forment le public des émissions sont des jeunes standardisés ou des sans âge liftés par la médecine esthétique et conservés par une médecine dont la fonction principale ne semble plus être de soigner des maladies, mais de les empêcher à tout prix, y compris au prix de la santé. S'occuper des bien portants, figer dans leur trentaine lisse ces jeunes cadres dynamiques, semblables à leurs voisins et désespérément normaux, voilà ce que fait de plus en plus notre médecine, puisque c'est cela qui est "rentable". A condition que les patients soient solvables, bien entendu, et aux tarifs voulus. Qu'il faudrait accepter sans moufter, puisque la santé n'a pas de prix, comme le laissait entendre un commentateur dans une pitoyable tentative de rationalisation des dérives commerciales de bon nombre de médecins.

Ces jeunes qu'on voit dans les media n'ont rien à voir avec "le peuple réel": celui qui peuple les coins d'ombre et illustre le revers de la médaille. Pourtant, ce sont ces personnes-là qui devraient être les vrais patients d'une médecine qui ne serait pas en train de perdre son âme et tout repère moral à force de ne plus penser qu'en termes de rentabilité et de profits. La médecine comme les media ont tendance à oublier la réalité et à la mesurer à l'aune d'une normalité fictive qui n'est qu'une représentation idéologique. Et gare à ceux qui n'entrent pas dans les cases... ou dans la boîte! Ne pas faire la une veut dire crever en silence, dans une longue déchéance, un silence et une solitude qui font douter du sens du mot "humanité". Aussi ce dessin et cette photo vont-ils bien au-delà de l'exemple concret des malades parqués dans des services hospitaliers non rentables ou littéralement traités comme des déchets.
Janine.jpg
Image: Blog de Janine Thombrau Mots pour maux
Ces images nous donnent à voir non pas la déchéance de telle personne du fait de la maladie ou de la pauvreté, mais notre déchéance morale à nous tous. C'est un miroir qui nous est tendu à nous qui formons ce qui devrait être une collectivité républicaine. Que nous sommes hideux, derrière tous les vernis, les masques esthétiques et le bling bling, et derrière cette représentation de plus en plus anachronique de mission publique et humaniste de la médecine et des hôpitaux publics!
 

31/01/2009

Dessous-de-table, listes d'attente, accès restreint à certains soins, information limitée, autoritarisme... Le système de santé français n'est plus que 10ème en Europe

"Le système de soins de santé français a chuté pour se situer juste au-dessus de la moyenne de l’Union européenne dans le classement des Bachelot Sécu le blog de Fanch.jpgconsommateurs de soins de santé". Voilà l'intitulé du communiqué de presse en date du 13 novembre 2008, signé par Health Consumer Powerhouse, dont l'indice est calculé selon plusieurs critères listés à la fin du communiqué et dont la perspective est celle de l'usager / "consommateur".

Notons que la France était numéro un en 2006 et n'est que dixième en 2008... Quel ouragan est donc passé par là? Sarkozy - Bachelot ne se vantent pas du tout de cette chute, mais nous laissent penser que nous avons toujours "le meilleur système de soins au monde"... Ah, l'idéologie! Dessous-de-table, liste d'attente, système du médecin traitant qui filtre l'accès aux spécialistes inefficace, "factures des médicaments" plus importantes, information insuffisante des usagers (dont le médecin est la source unique), informatisation et transmission insuffisante des données, "résultats qualitatifs globalement bons", mais un système "légèrement autoritaire"...

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28/11/2008

Jean-Pierre Escaffre: Désorganisation technocratique en vue de la privatisation de l'Université, de l’hôpital public, de tous les services publics. Adieu la protection sociale!

Voici un texte de Jean-Pierre Escaffre, enseignant à l’Université de Rennes I, chercheur au CREREG (Centre de recherche rennois en Propriété privée.jpgéconomie et gestion), intitulé "Hôpital public et Université, le même processus à l’œuvre". L’article est paru dans la lettre de l’UFAL (Union des familles laïques) du 27 novembre. 

La conférence donnée en avril 2007 dans le cadre d’Attac Bretagne, consacrée à la protection sociale, vaut elle aussi le détour.

Extrait : "Les « réformes » (...) ressortent toutes de la même technique : technocratisation / privatisation, le premier terme facilitant le second. (…) Les réformes Fillon et suivants sont la copie conforme des recommandations du MEDEF. Désormais, c’est le ministère de la santé qui détient tous les leviers : nomination directe de tous les postes stratégiques, directeur de la Haute Autorité en Santé « qui peut être consulté », directeur de l’UNCAM, directeurs des Agences Régionales de l’Hospitalisation (plus puissants qu’un préfet dans le domaine sanitaire)…

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20/10/2008

Les inégalités en santé augmentent en France, lanterne rouge de l'Europe de l'Ouest

Le mythe du meilleur système de santé au monde en prend un autre coup…Une dépêche d’AFP rend compte des conclusions alarmantes du Pauvreté, Nike imaginaires, dessin de Dalcio, Courrier.jpgcongrès des observatoires régionaux de la santé (ORS) : « Les inégalités sociales face à la maladie et la mort s'aggravent, selon des experts ».

A noter que, contrairement à ce qu’on pensait, les inégalités commencent au niveau des soins primaires, en médecine générale. Ceux qui vivent aux prises avec la réalité sociale et non pas dans les nuages idéologiques ne seront pas surpris d’apprendre que « "Plus la condition socio-économique est basse, moins la santé est bonne" (…). "Notre pays n'a pas réussi à réduire les inégalités de santé et la France demeure le pays d'Europe de l'Ouest dans lequel les inégalités sont les plus marquées" (...). "Quand l'Etat fragilise l'accès à la santé en instituant des franchises médicales (...), en fermant les services hospitaliers de proximité, il aggrave les inégalités de santé, mais il le fait également quand il précarise le marché du travail" ».

J'ai abordé ce sujet dans les catégories Inégalités sociales en santé, Néolibéralisme, l’idéologie qui vous veut du bien, Protection sociale en danger, Franchises médicales. La situation ne va certainement pas s'arranger avec le secteur optionnel et avec la lâcheté du gouvernement qui vient de céder quant aux dépassements d'honoraires... Sarkozy, Fillon, Bachelot - c'est que du verbiage et de la poudre aux yeux des pauvres ! Entre ceux qui chaussent des Nike et des Ray Ban et ceux qui n'ont rien, leur choix est vite fait...

 

Elena Pasca

17/10/2008

Système de santé: restons solidaires, car privatisation et dérégulation entraînent crise et destruction, dit Paul Krugman

Dans un éditorial paru le 5 octobre dans le New York Times sous le titre Health Care Destruction (Destruction du système de soins), Paul solidarité Alberta Employees.jpgKrugman, qui s’est vu décerner le Nobel d’économie pour sa clairvoyance, y compris à propos de la crise actuelle, analyse les programmes de John McCain et Barack Obama en matière de santé. Comme vous pourrez le voir en explorant les quelques liens à la fin de la note, Krugman prône la construction d'un service de santé qui serait au moins partiellement public, avec une assurance-maladie universelle, nationale et publique, elle aussi. De quoi faire de lui un socialiste, si ce n'est un communiste aux yeux des Américains...

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11/09/2008

Le financement de la Sécu : Bachelot avance d’autres pseudo-solutions à un problème mal posé

Avant même que le nouveau plan de financement de la Sécu soit rendu public, les journaux nous renseignent sur les tâtonnements du Manager - médecin.jpggouvernement en quête d’économies de bouts de ficelle. L’ampleur du déficit avive les tensions, note le Monde, par exemple. Parmi les propositions figure « un nouveau mécanisme, dit "stabilisateur économique", [qui] autoriserait le directeur général de l'assurance-maladie à "modifier les tarifs des honoraires, des rémunérations et frais accessoires" des médecins libéraux. »

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25/06/2008

Déremboursements et limitations touchant les affections de longue durée (ALD) : déclaration de guerre aux malades, accusent Act-up et les syndicats

C'est dans le journal Les Echos que Frédéric van Roekeghem, directeur de la CNAM, a annoncé son projet de déremboursements 1538862590.jpgtouchant les affections de longue durée (ALD) et de restriction d'accès d'un malade chronique au "statut" ALD. Le plan de redressement de l'assurance maladie suscite un tollé général, titrent Les Echos en date du 24 juin. Les grandes lignes du plan sont exposées dans cet article. Et voici l’interview de Van Roekeghem dans Les Echos : Plus les mesures seront mises en oeuvre vite, plus le retour à l'équilibre sera conforté.

Et voici le communiqué d’Act up Paris (suivi d'autres liens) : Fin du 100% : l’Etat déclare la guerre aux malades. "La fin de la prise en charge à 100 % des Affections de Longue Durée confirmerait la mort de l’assurance maladie".

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03/05/2008

La députée Catherine Lemorton estime la hausse des franchises médicales probable. Que penser de sa proposition d’une « tutelle » des médecins par l’assurance-maladie et la HAS ?

La députée PS Catherine Lemorton a donné une interview intéressante au Figaro. Elle est la rapporteure d’un texte présenté le 30 avril sur la surconsommation de médicaments en France, mentionné mais pas encore édité sur le site de l’Assemblée. Ce rapport qui sent plus le verbiage qu'une vraie connaissance du dossier et dont  le Figaro rend compte, met de nouveau en cause la stratégie marketing agressive de l’industrie pharmaceutique auprès des médecins et cherche des moyens de limiter cette consommation. Limitation ne veut pas dire couper mécaniquement tel médicament, selon les auteurs, mais encourager le bon usage. Ce qui implique beaucoup de choses, la première étant de résister aux sirènes des laboratoires qui veulent médicaliser tous les aspects de la vie et faire de tout le monde un consommateur chronique de médicaments, qu’il soit malade ou pas, d’ailleurs. On ne va pas limiter le profit pour un tel détail, quand même… Il faut que je retrouve la phrase exacte énoncée par le PDG d’une firme disant qu’il est à la tête d’une entreprise et que celle-ci a donc forcément pour but de faire vendre ses médicaments au maximum de personnes, malades ou pas. C’est cet aspect qui crée une bonne partie des catastrophes sanitaires. Exemple : une firme sort un médicament utile et bénéfique à une certaine catégorie de malades, mais, une fois qu’elle a eu l’autorisation, elle cherche à le faire gober à tout le monde. Mais tout le monde ne le tolère pas…

Ce rapport me laisse sceptique, je dirai pourquoi. Mais dans l'interview, il y a une remarque de Catherine Lemorton sur les franchises soi-disant « médicales ». C’est ce qu’on pouvait craindre dès le départ : une fois le « principe » des franchises médicales avalisé et mis en œuvre, elles ne peuvent logiquement qu’augmenter.

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10/04/2008

Le mythe du "trou de la Sécu". Extraits du livre de Julien Duval

Julien Duval est chargé de recherche au CNRS. Ses travaux portent sur le journalisme et sur la protection sociale. Coauteur du "Décembre" trou de la sécu.jpgdes intellectuels français (Raisons d'agir, 1998), il collabore aux Actes de la recherche en sciences sociales et enseigne la sociologie à l'Institut d'études politiques de Rennes et à l'École nationale de la statistique et de l'analyse de l'information (ENSAI).
Sur le site "Le choix des libraires", vous pouvez écouter un enregistrement de Julien Duval exposant les grandes lignes du livre Le Mythe du « trou de la Sécu » et les enjeux de l'analyse.

La note précédente contient une présentation générale de l'ouvrage dont voici quelques extraits (pp. 17-19 et pp. 21-24), tirés du Blog Goudouly.

Source de l'illustration: le blog de Didih.

[...] « Depuis une vingtaine d’années, quelques idées très répandues structurent le débat public en matière de protection sociale : les difficultés financières de la Sécurité sociale, ses sombres perspectives d’avenir, les effets négatifs sur l’économie d’un trop haut niveau des prélèvements... Si ces idées, qui reposent en partie sur des faits avérés, peuvent présenter une certaine cohérence logique, on ne saurait les comparer à des propositions scientifiquement validées.

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Le "trou de la Sécu": le néolibéralisme en fait une catastrophe pour justifier la casse de la protection sociale et la privatisation du système de santé

Le mythe du « trou de la Sécu », par Julien Duval. Ed. Raisons d’agir 2007, 6 euros.f573b29b4e2e43d6745eafb979664a24.jpg

Présentation par l’éditeur : « A en croire les médias et les débats politiques, la Sécurité sociale serait menacée de faillite par un déficit abyssal. Pour faire face à l'augmentation des dépenses et au vieillissement de la population, notre système de protection sociale, créé en 1945 pour donner « ta garantie à chaque homme qu'en toutes circonstances il pourra assurer sa subsistance et celle de personnes à sa charge », serait condamné à se «réformer» sans cesse : déremboursements, réduction des prestations, hausse des cotisations, voire privatisation. Chercheur au CNRS, Julien Duval renverse les termes du problème : il n'y a pas de « déficit de la Sécu » mais « un besoin de financement » que les gouvernements successifs ont décidé de ne pas satisfaire en multipliant depuis 1993 les exonérations de charges sociales. En effet, l'affaiblissement de la protection sociale découle non pas d'arbitrages techniques mais d'un choix politique : le transfert généralisé des « risques » du capital vers le travail. »

Suivent deux décryptages:

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08/04/2008

ALD en danger ! Sarkozy veut « réformer » le système au profit des assureurs privés. Autre coup mortel porté à l’assurance-maladie solidaire et à la protection sociale

Le "Collectif national contre les Franchises et pour l’Accès aux soins pour tous" est composé de plusieurs dizaines d’associations et syndicats, réunis pour protester contre les coups mortels portés à notre protection sociale par le président Sarkozy et son gouvernement. 

Le Collectif a émis un communiqué informant des intentions de Sarkozy d'attenter au système de prise en charge des affections de longue durée (ALD). Le texte apporte un argument supplémentaire à la nécessite de résister aux franchises et à tous ces coups portés contre la protection sociale, l’assurance-maladie, l’hôpital public, les services publics en général, au nom du profit des assureurs privés. Mettre l’intérêt privé des assureurs avant l’intérêt général d’un accès aux soins pour tous, d’une solidarité nationale et d’une éthique de la médecine qui ne doit pas se réduire à un commerce, c’est piétiner un par un les principes républicains. C’est pousser les plus malades et les plus faibles encore plus dans l’exclusion, du fait d’assurances privées inaccessibles et des nouvelles charges financières imposées aux patients. Charges que même les classes moyennes seront incapables d’assumer en plus de toutes les « responsabilisations » déjà existantes.

Quant à la prise en charge à 100% des affections de longue durée (ALD) - qui n’existe comme telle que sur papier, de toute façon, vu tout ce que ces malades doivent payer de leur poche -, elle disparaîtra complètement à terme. C’est une mort déjà annoncée. Toute la question est : allons-nous laisser faire ?

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18/03/2008

La mort annoncée de la Sécurité sociale, par franchises et « bouclier sanitaire » interposés…

Après les franchises dites "médicales" (contre lesquelles vous pouvez signer la pétition) et la destruction progressive de l'hôpital public, voici maintenant le « bouclier sanitaire ». C'est une idée de Martin Hirsch, qui, décidément, n’est pas pour rien dans un gouvernement de droite… Ou alors c’est l’ENA qui l’a pourri ? En tout cas, que ce soit par le RSA ("revenu de solidarité active") ou par le « bouclier sanitaire », c’est un démantèlement de la protection sociale et de l'assurance-maladie des plus pauvres qui se met en place avec le concours de celui que l'Abbé Pierre aurait du mal à reconnaître.

Décidément, on court après les Etats-Unis, où 40 millions de personnes n'ont pas d'assurance-maladie au moins pour une partie de l'année et où tout le système de santé suit une logique marchande. Aux dépens des malades, mais pour le grand bonheur de l'industrie pharmaceutique et de celle des assurances privées. De plus en plus de voix critiques s'élevent là-bas pour protester contre les coûts humains et socio-économiques de cette libéralisation outrancière. N'empêche, la droite française ne les entend pas et continue son chemin vers l'impasse.

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09/03/2008

L'hôpital public tué par la privatisation et la recherche de rentabilité et de profit (Article du "Monde diplomatique")

Je reprends ici le texte intégral d’un article du Monde diplomatique de février 2008, qui se passe de commentaires. La privatisation à pas feutrés, exigence de rendement, tarification à l'acte, exclusion de plus en plus marquée des pauvres puis des classes moyennes de certaines spécialités... En somme, on passe d'abord par la variante allemande, avec la mutitude de réformes qui se sont toutes cassées la gueule, pour arriver peu à peu à la variante ultralibérale américaine, avec la part du lion qui revient à l'industrie des assurances (privées), qui investit et récolte des profits, et à l'industrie pharmaceutique. Vous avez dit "santé?" "Patient?" "Etre humain?" Connais pas. (S)ont-ils des espèces solvables?

« Traitement de choc pour tuer l’hôpital public » 

Auteurs : André Grimaldi : Chef du service de diabétologie-métabolisme du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière (Paris) ; Thomas PAPO : Chef du service de médecine interne, coordinateur du pôle médecine de l’hôpital Bichat (Paris) ; Jean-Paul VERNANT : Chef de service d’hématologie, coordinateur du pôle d’onco-hématologie (Pitié-Salpêtrière).

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