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28.09.2011

Surmédicalisation et conséquences: surprescription, surmédicamentation, surtraitement, iatrogénie, déficit de la Sécurité sociale…

L’émission C dans l’air du 22 septembre s’intitulait « Sécu : faut-il tout revoir ? » Mais le titre ne médecine libérale médicalisation surmédicalisation,paiement à l'acte médicalisation médicamentation,prévention abus de prévention dépistages cancer,surmédicalisation surmédicamentation surdiagnostic,iatrogénie surprescription surconsommation médicaments,médecine commerce profit,conflits d'intérêts médecine industrie pharmaceutique,etienne caniard surmédicamentation,déficit sécurité sociale cause surprescription médicaments,disease mongering façonnage de maladies surmédicamentation,corporatisme médical ordre des médecins,lobby médical influence conséquencesrésume pas la richesse des interventions, qui ont porté sur les logiques systémiques qui mettent en danger les comptes de la Sécurité sociale, et notamment la médicalisation abusive, cette logique du « tout curatif » et du « tout médicament », comme si tout problème avait une solution médicale – et surtout médicamenteuse et interventionniste.

Surmédicalisation, surdépistages, surdiagnostic, surprescription, surtraitement, surconsommation, abus de prévention… – ce qui les rend possibles, ce qui va avec et leurs conséquences, voilà le sujet de l’émission. Ce sont des sujets maintes fois abordés sur Pharmacritique.

Après les deux vidéos reproduisant l’intégralité de l’émission, je résume les grandes lignes des interventions, en intercalant des citations des intervenants, mais aussi des commentaires de mon cru, avec des informations et des liens permettant de compléter et d’approfondir.

Ce qui frappe dans cette émission – et j’insiste là-dessus parce que cela confirme mon point  de vue, pour lequel des médecins m’ont rudoyée plus d’une fois –, c’est que l’on aborde enfin le rôle crucial des médecins dans ce système perverti. Un système où ce ne sont pas les besoins réels des usagers qui créent la demande, mais l’offre médicale conçue comme un commerce et manquant totalement d’évaluation en terme de qualité et de pertinence des actes. Il n’y a ni rationalité, ni coordination, ni coût/efficacité. Juste un commerce qui s’entretient et se reproduit en actualisant son discours marketing. 

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12.09.2011

Pauvreté en hausse, accès aux soins en baisse. Les médecins gardent revenus et privilèges

Le 30 août 2011, l’Observatoire des inégalités a publié un point d’information sur la hausse de la pauvreté en France, revenus médecins,dépassement d'honoraires encadrement,pauvreté hausse 2011,insee hausse pauvreté,inégalités sociales en santé,accès aux soins inégalité pauvreté,déserts médicaux démographie médicale,médecine libérale loi fourcade,secteur optionnel honoraires tarifs,médecine générale revenus honoraires,médecine libérale droite clientélisme politique,lobby médecine libérale,michel chassang lobby médical libéral,assurance reposabilité médecins,cmu refus testing médecine libérale,loi hpst médecine libérale accès aux soinsbasé sur la dernière étude de l’Insee. (Dessin Rodho, entre la réalité et le rêve...). 

Je l’évoque dans ce billet d’humeur, spontané, en continuité avec tout ce que j’ai écrit sur la rupture du contrat républicain entre usagers et médecins, du fait des démarches corporatistes des médecins, à l’exception du mouvement des psychiatres contre la Nuit sécuritaire (Collectif des 39). Je ne peux plus lire la presse médicale gratuite, ces litanies continuelles où il n’est question que d’argent – celui des professionnels de santé uniquement - et de défendre des privilèges. Les syndicats médicaux savent parfaitement y faire. S'il faut lire les communiqués du CSMF, il faudrait penser à prendre un antiémétique en « prévention », mot à la mode.

Le lobby médical en général est très puissant et fort influent auprès des élus. On a vu ce que cela donne avec le détricotage de la loi HPST, et je rappelle plus bas en détail que tout ce qui pouvait aller dans le sens des droits des patients et d'un accès égalitaire aux soins a été éliminé.

La droite « responsabilise » les usagers, qui paient toujours plus ; par contre, les médecins, eux, ne sont jamais responsables de rien. Alors sont-ils irresponsables?

On commencera à vraiment changer le système et prendre des mesures concrètes pour empêcher la corruption ordinaire et les scandales sanitaires du genre du Médiator lorsqu'il n'y aura plus de corporations et autres ordres et groupes d'intérêts qui s'autorégulent (sic). Le premier pas, c'est l'abolition de l'ordre des médecins, rétabli sous Vichy en violation des principes républicains et de la loi commune, et l'obligation pour tous les professionnels et industriels de devenir enfin responsables de leurs actes et se soumettre à la loi commune.  

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08.07.2011

Menaces sur l’assurance maladie: entre fictions et réalités. Par Claude Béraud

Par le Pr Claude BERAUD Claude Béraud Charente Libre.jpg

Professeur honoraire à l’Université de Bordeaux (cardiologie, pharmacologie, hépatologie), ancien médecin conseil national de la Sécurité sociale, ancien vice-président de la Commission de transparence de la Mutualité française, auteur de plusieurs livres dont "Le Foie des Français" (1983), "Les médicaments sans tabou. Pièges, mensonges et vérités" (2005), "Petite encyclopédie critique du médicament" (2002). Pour une présentation plus détaillée et pour d’autres articles, voir son blog sur l'actualité médicale. Cet article est une version revue et complétée d’un texte paru dans le vol. 29 n° 1 (mars 2011) de la revue Sciences sociales et Santé sous le titre « Les menaces sur l’assurance maladie ». La photo illustre cet article de Charente Libre.

Contact auteur: beraud-claude@wanadoo.fr

Le vieillissement de la population est sans cesse évoqué par les décideurs politiques, les professionnels des soins et les médias comme la principale cause, avec les progrès médicaux, de la croissance des dépenses de soins et de son amplification dans l’avenir.

Pour de nombreux économistes, cette conception est un zombie, c'est-à-dire une idée morte que les politiques[i] ne veulent pas enterrer, ou un « red herring » (hareng rouge), c'est-à-dire un moyen de faire diversion, de parler d’autre chose et de noyer le poisson.[ii]

L’importance relative attribuée à deux causes, parmi d’autres, de l’augmentation des dépenses de santé : le vieillissement de la population, les pratiques médicales, explique ces points de vue différents.

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31.01.2009

Dessous-de-table, listes d'attente, accès restreint à certains soins, information limitée, autoritarisme... Le système de santé français n'est plus que 10ème en Europe

"Le système de soins de santé français a chuté pour se situer juste au-dessus de la moyenne de l’Union européenne dans le classement des Bachelot Sécu le blog de Fanch.jpgconsommateurs de soins de santé". Voilà l'intitulé du communiqué de presse en date du 13 novembre 2008, signé par Health Consumer Powerhouse, dont l'indice est calculé selon plusieurs critères listés à la fin du communiqué et dont la perspective est celle de l'usager / "consommateur".

Notons que la France était numéro un en 2006 et n'est que dixième en 2008... Quel ouragan est donc passé par là? Sarkozy - Bachelot ne se vantent pas du tout de cette chute, mais nous laissent penser que nous avons toujours "le meilleur système de soins au monde"... Ah, l'idéologie! Dessous-de-table, liste d'attente, système du médecin traitant qui filtre l'accès aux spécialistes inefficace, "factures des médicaments" plus importantes, information insuffisante des usagers (dont le médecin est la source unique), informatisation et transmission insuffisante des données, "résultats qualitatifs globalement bons", mais un système "légèrement autoritaire"...

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28.11.2008

Jean-Pierre Escaffre: Désorganisation technocratique en vue de la privatisation de l'Université, de l’hôpital public, de tous les services publics. Adieu la protection sociale!

Voici un texte de Jean-Pierre Escaffre, enseignant à l’Université de Rennes I, chercheur au CREREG (Centre de recherche rennois en Propriété privée.jpgéconomie et gestion), intitulé "Hôpital public et Université, le même processus à l’œuvre". L’article est paru dans la lettre de l’UFAL (Union des familles laïques) du 27 novembre. 

La conférence donnée en avril 2007 dans le cadre d’Attac Bretagne, consacrée à la protection sociale, vaut elle aussi le détour.

Extrait : "Les « réformes » (...) ressortent toutes de la même technique : technocratisation / privatisation, le premier terme facilitant le second. (…) Les réformes Fillon et suivants sont la copie conforme des recommandations du MEDEF. Désormais, c’est le ministère de la santé qui détient tous les leviers : nomination directe de tous les postes stratégiques, directeur de la Haute Autorité en Santé « qui peut être consulté », directeur de l’UNCAM, directeurs des Agences Régionales de l’Hospitalisation (plus puissants qu’un préfet dans le domaine sanitaire)…

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20.10.2008

Les inégalités en santé augmentent en France, lanterne rouge de l'Europe de l'Ouest

Le mythe du meilleur système de santé au monde en prend un autre coup…Une dépêche d’AFP rend compte des conclusions alarmantes du Pauvreté, Nike imaginaires, dessin de Dalcio, Courrier.jpgcongrès des observatoires régionaux de la santé (ORS) : « Les inégalités sociales face à la maladie et la mort s'aggravent, selon des experts ».

A noter que, contrairement à ce qu’on pensait, les inégalités commencent au niveau des soins primaires, en médecine générale. Ceux qui vivent aux prises avec la réalité sociale et non pas dans les nuages idéologiques ne seront pas surpris d’apprendre que « "Plus la condition socio-économique est basse, moins la santé est bonne" (…). "Notre pays n'a pas réussi à réduire les inégalités de santé et la France demeure le pays d'Europe de l'Ouest dans lequel les inégalités sont les plus marquées" (...). "Quand l'Etat fragilise l'accès à la santé en instituant des franchises médicales (...), en fermant les services hospitaliers de proximité, il aggrave les inégalités de santé, mais il le fait également quand il précarise le marché du travail" ».

J'ai abordé ce sujet dans les catégories Inégalités sociales en santé, Néolibéralisme, l’idéologie qui vous veut du bien, Protection sociale en danger, Franchises médicales. La situation ne va certainement pas s'arranger avec le secteur optionnel et avec la lâcheté du gouvernement qui vient de céder quant aux dépassements d'honoraires... Sarkozy, Fillon, Bachelot - c'est que du verbiage et de la poudre aux yeux des pauvres ! Entre ceux qui chaussent des Nike et des Ray Ban et ceux qui n'ont rien, leur choix est vite fait...

 

Elena Pasca

17.10.2008

Système de santé: restons solidaires, car privatisation et dérégulation entraînent crise et destruction, dit Paul Krugman

Dans un éditorial paru le 5 octobre dans le New York Times sous le titre Health Care Destruction (Destruction du système de soins), Paul solidarité Alberta Employees.jpgKrugman, qui s’est vu décerner le Nobel d’économie pour sa clairvoyance, y compris à propos de la crise actuelle, analyse les programmes de John McCain et Barack Obama en matière de santé. Comme vous pourrez le voir en explorant les quelques liens à la fin de la note, Krugman prône la construction d'un service de santé qui serait au moins partiellement public, avec une assurance-maladie universelle, nationale et publique, elle aussi. De quoi faire de lui un socialiste, si ce n'est un communiste aux yeux des Américains...

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11.09.2008

Le financement de la Sécu : Bachelot avance d’autres pseudo-solutions à un problème mal posé

Avant même que le nouveau plan de financement de la Sécu soit rendu public, les journaux nous renseignent sur les tâtonnements du Manager - médecin.jpggouvernement en quête d’économies de bouts de ficelle. L’ampleur du déficit avive les tensions, note le Monde, par exemple. Parmi les propositions figure « un nouveau mécanisme, dit "stabilisateur économique", [qui] autoriserait le directeur général de l'assurance-maladie à "modifier les tarifs des honoraires, des rémunérations et frais accessoires" des médecins libéraux. »

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25.06.2008

Déremboursements et limitations touchant les affections de longue durée (ALD) : déclaration de guerre aux malades, accusent Act-up et les syndicats

C'est dans le journal Les Echos que Frédéric van Roekeghem, directeur de la CNAM, a annoncé son projet de déremboursements 1538862590.jpgtouchant les affections de longue durée (ALD) et de restriction d'accès d'un malade chronique au "statut" ALD. Le plan de redressement de l'assurance maladie suscite un tollé général, titrent Les Echos en date du 24 juin. Les grandes lignes du plan sont exposées dans cet article. Et voici l’interview de Van Roekeghem dans Les Echos : Plus les mesures seront mises en oeuvre vite, plus le retour à l'équilibre sera conforté.

Et voici le communiqué d’Act up Paris (suivi d'autres liens) : Fin du 100% : l’Etat déclare la guerre aux malades. "La fin de la prise en charge à 100 % des Affections de Longue Durée confirmerait la mort de l’assurance maladie".

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03.05.2008

La députée Catherine Lemorton estime la hausse des franchises médicales probable. Que penser de sa proposition d’une « tutelle » des médecins par l’assurance-maladie et la HAS ?

La députée PS Catherine Lemorton a donné une interview intéressante au Figaro. Elle est la rapporteure d’un texte présenté le 30 avril sur la surconsommation de médicaments en France, mentionné mais pas encore édité sur le site de l’Assemblée. Ce rapport qui sent plus le verbiage qu'une vraie connaissance du dossier et dont  le Figaro rend compte, met de nouveau en cause la stratégie marketing agressive de l’industrie pharmaceutique auprès des médecins et cherche des moyens de limiter cette consommation. Limitation ne veut pas dire couper mécaniquement tel médicament, selon les auteurs, mais encourager le bon usage. Ce qui implique beaucoup de choses, la première étant de résister aux sirènes des laboratoires qui veulent médicaliser tous les aspects de la vie et faire de tout le monde un consommateur chronique de médicaments, qu’il soit malade ou pas, d’ailleurs. On ne va pas limiter le profit pour un tel détail, quand même… Il faut que je retrouve la phrase exacte énoncée par le PDG d’une firme disant qu’il est à la tête d’une entreprise et que celle-ci a donc forcément pour but de faire vendre ses médicaments au maximum de personnes, malades ou pas. C’est cet aspect qui crée une bonne partie des catastrophes sanitaires. Exemple : une firme sort un médicament utile et bénéfique à une certaine catégorie de malades, mais, une fois qu’elle a eu l’autorisation, elle cherche à le faire gober à tout le monde. Mais tout le monde ne le tolère pas…

Ce rapport me laisse sceptique, je dirai pourquoi. Mais dans l'interview, il y a une remarque de Catherine Lemorton sur les franchises soi-disant « médicales ». C’est ce qu’on pouvait craindre dès le départ : une fois le « principe » des franchises médicales avalisé et mis en œuvre, elles ne peuvent logiquement qu’augmenter.

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