18.09.2011
La santé publique dans tous ses états: Questions au Dr Alain Braillon, un expert trop indépendant (II)
Ceci est la deuxième partie de l'interview que j'ai faite avec le Dr Alain Braillon pour Pharmacritique
et la Fondation Sciences Citoyennes. (La première partie est sur cette page, car le format blog ne permet pas de textes longs). Photo: Magali Delporte / Viva.
Elena Pasca: L’un des objectifs en fonction desquels les médecins généralistes signataires du CAPI obtiendront leur prime à la performance, c’est le taux de mammographies. Qu’en pensez-vous ?
Alain Braillon: L’Assurance Maladie a décidé de donner un bonus financier aux médecins s’ils remplissent certains objectifs. C’est le CAPI [NdR : contrat d’amélioration des pratiques individuelles]. Parmi ces objectifs, il y a le pourcentage de femmes de 50 à 70 ans qui aura participé au dépistage du cancer du sein.
Cette initiative pose d’abord deux problèmes :
02:40 Publié dans Education thérapeutique, Grippe A H1N1, Tamiflu, vaccins antigrippe A, Lanceur d'alerte, whistleblower (infos, pétitions), prévention, abus de prévention, médecine préventiv, Projet de loi médicament réforme sécurité sanitair, Santé publique, médecine de santé publique, surmédicalisation, surmédicamentation, surconsomma, Système de soins, prise en charge, organisation, Tarifs, revenus, dépassements d'honoraires, Vaccins, recommandations vaccinales, Prévenar | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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16.03.2011
Le vaccin contre la poliomyélite n’est plus obligatoire en Belgique. Le droit du patient passe avant l’obligation vaccinale
Sur le site de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) on apprend que l’acquittement du couple de parents poursuivis pour avoir
refusé de faire vacciner leur enfant annule l’obligation vaccinale contre la poliomyélite inscrite dans la loi belge en 1966. C’était d’ailleurs le seul vaccin obligatoire chez nos voisins belges: trois doses d'IPV (Inactivated polio vaccine), qui a remplacé en 2001 l'OPV (oral polio vaccine), dont les mérites sont vantés dans la publicité qui illustre un article paru sur le site du College of Physicians of Philadelphia consacré à l'histoire des vaccins. L'OPV contenait des virus atténués qui pouvaient provoquer, certes très rarement, des cas de paralysie.
La vaccination contre la poliomyélite reste obligatoire dans seulement deux pays européens : la France et l’Italie. En France, Sanofi Pasteur commercialise Imovax polio, GSK commercialise Infanrix polio et, étonamment, des vaccins oraux contenant des virus atténués sont toujours autorisés... Mais une vaccination contre la poliomyélite rentre aussi dans la composition de plusieurs vaccins polyvalents: DTP, DTCP, Tétravac, Pentavac, Tétracoq...
L’article « Acquittement dans le procès du vaccin poliomyélite », daté d'aujourd'hui (16 mars 2011), précise que le jugement fait passer la loi de 2002 sur les droits du patient (à l’information détaillée, notamment) devant celle de l’obligation vaccinale (datant de 1966) et devrait faire jurisprudence :
« Si le parquet ne va pas en appel, l'affaire pourrait faire jurisprudence. Le tribunal a donc acquitté la maman du petit garçon, considérant que le droit du patient, était prioritaire sur la loi de 1966, la loi qui rend ce vaccin obligatoire. Le droit du patient lui est inscrit dans une loi de 2002, il consacre le droit à l'information nécessaire pour obtenir le consentement éclairé du patient ou de sa famille avant tout acte médical. Et c'est bien ce que demandait la maman d'Olivier, une information complète sur la nature du produit injecté et sur les conséquences, les effets secondaires du vaccin. Ce qu'elle n'a pas pu obtenir. Le tribunal ordonne aussi qu'on apporte des réponses aux différentes questions que les parents se posent légitimement. Cet acquittement pourrait donc mettre un terme à l'obligation de vacciner contre la polio, une maladie qu'on n'a plus détectée en Belgique depuis 1979. »
Cette jurisprudence est confirmée par une brève parue aujourd'hui sur le site Sudpresse.be, « Le vaccin contre la poliomyélite plus obligatoire en Belgique », qui pose la question des conséquences de ce verdict sur les recommandations vaccinales françaises: « La décision rendue par le tribunal de Tournai pourrait également avoir des répercussions en France, désormais seul pays où le vaccin est obligatoire. »
Notons que selon le site Vaccination-info, qui détaille les recommandations vaccinales belges, aucun cas de poliomyélite n'a plus été enregistré en Belgique depuis 1979 et en Europe depuis 2002.
Merci à la correspondante belge qui m’a donné l’information.
Elena Pasca
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18:16 Publié dans Vaccins, recommandations vaccinales, Prévenar | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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11.03.2011
Sanofi et Daiichi Sankyo retirent 13 lots de vaccins Act-Hib au Japon. Rappel de quelques moyens de désinformation pharmaceutique…
Une dépêche de Reuters nous informe que le laboratoire DAIICHI SANKYO, qui distribue au Japon le vaccin Act-HIB (de Sanofi-Pasteur) a
annoncé aujourd’hui (11mars) le retrait de 13 lots de ce vaccin autorisé dans la prévention de certaines infections à heamophilus B. La taille des lots varie de plusieurs dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers de doses. Cette décision fait suite à la découverte d’une "substance non identifiée" dans deux seringues préremplies d’Act-HIB, et notamment dans le solvant servant à reconstituer le vaccin.
Le communiqué de Daiichi Sankyo, qui énumère les numéros des lots et demande "la compréhension" du public, souligne que le contaminant en question n'est pas d'origine bactérienne et que le rappel est "volontaire".
Le 7 mars, le ministère de la Santé japonais avait décidé de suspendre la commercialisation de ce vaccin ainsi que du vaccin Prévenar 7 de Pfizer (distribué par sa filiale Wyeth en France), après le décès de 4 enfants dans les deux jours suivant la vaccination. Sachant que deux enfants avaient eu en même temps une dose de vaccin mixte contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Les doses de Prévenar 7 proviendraient de trois lots distincts.
Je rappelle que ce vaccin représente à lui tout seul 2,4 milliards de dollars de chiffres d’affaires par an pour Pfizer / Wyeth (selon Boursorama, qui notait aussi une forte baisse du cours de l’action de Sanofi suite à l’annonce japonaise du 7 mars).
Dès le lendemain (!), donc le 8 mars, un "panel d’experts" s’est prononcé contre un lien de causalité entre les vaccins et les décès. Toutefois, le ministère japonais maintient pour le moment sa décision, en attendant le résultat d’"investigations complémentaires". Le retrait des lots d’Act-HIB devrait être un argument supplémentaire.
Selon un point d'information de l'AFSSAPS, daté d'aujourd'hui, il s'agit de 6 décès, et non plus 4. Voici quelques précisions:
"Six décès ont été rapportés au Japon chez des nourrissons âgés de 3 à 19 mois, quelques jours après leur vaccination. Trois d’entre eux ont été vaccinés avec Prevenar 7® et Act-Hib®, dont 2 avaient également reçu un vaccin combiné contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos (DTP) ; un enfant a reçu le vaccin Prevenar 7® et le DTP ; un enfant a reçu le vaccin Act-Hib® et le BCG, et un enfant a reçu le vaccin Act-Hib® et le DTP. Quatre nourrissons sur six présentaient des pathologies cardiaques ou pulmonaires pré-existantes, et une infection sous-jacente."
En Europe, la députée européenne Michèle Rivasi a demandé, dans un entretien avec le commissaire européen à la Santé John Dalli, l’annulation de l'aMM (autorisation de mise sur le marché) du vaccin Pandemrix (de GSK) suite à 162 cas de narcolepsie signalés dans plusieurs pays d’Europe (voir cet article). Il semblerait que ce soit l’adjuvant contenu dans ce vaccin – de même que dans sa variante canadienne Arepanrix - qui soit soupçonné.
*
Je rappelle les mises en garde, dont Pharmacritique s’est fait l’écho dès l’été 2009 (voir la vingtaine d’articles de cette catégorie, en descendant sur la page), portant sur ces adjuvants sans évaluation digne de ce nom et pourtant inclus dans des vaccins administrés à des dizaines de millions d’Européens. Je rappelle aussi que les Etats-Unis n’ont pas pris ce risque, puisque tous les vaccins contre la grippe A H1N1 autorisés outre-Atlantique ont été fabriqués selon les technologies classiques antigrippe. Donc sans ces adjuvants nouveau, qu’il s’agisse du squalène, des cellules MDCK ou autres.
Sans vouloir être catastrophiste, il faut rappeler certaines choses, à commencer par la sous-notification chronique d’effets secondaires, puisque les estimations parlent de 1% à 10% (selon les auteurs) d’effets indésirables de médicaments et de vaccins signalés aux autorités de pharmacovigilance.
Il faut aussi dire que la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm a eu raison – comme toujours depuis 40 ans qu’elle existe – en affirmant que l’Europe a permis aux laboratoires de faire une « expérimentation grandeur nature » avant de proposer des vaccins adjuvantés aux autorités sanitaires nord-américaines (FDA : Food and Drug Administration). Preuves à l’appui, puisque la revue a cité des études de marché, une en particulier, dans laquelle des analystes ont conseillé aux firmes pharmaceutiques cette façon de faire. Pour éviter un refus par la FDA, qui aurait été catastrophique en termes de communication. On sait que lorsque la FDA autorise un médicament / vaccin, les autres suivent. Pour un refus, ce n’est pas automatique, mais l’influence de la décision se fait quand même sentir et celle-ci peut être utilisée par les contestataires.
Nous sommes donc vraisemblablement en train de découvrir les effets des adjuvants – ou du moins ceux rapides. Il n'y a ici aucun catastrophisme de ma part, car je ne suis pas antivaccinaliste.
Cette dépêche de Reuters donne d’autres détails de l’annonce faite le 7 mars au Japon, concernant le Prévenar 7 et Act-HIB. S’agissant de détails différents, j’avoue faire plus confiance à Reuters – et en général aux sources anglo-saxonnes, qu’au journal Le Figaro...
D’abord parce que le journalisme d’investigation est une espèce déjà disparue en France, car les journalistes se bornent à reprendre les communiqués de presse, qui émanent la plupart des laboratoires et autres industriels concernés. Ce sont ceux-ci - et les lobbyistes qui les représentent - qui ont les moyens de communication, à tous les sens du terme, à la fois parce qu’ils financent les supports médiatiques eux-mêmes et parce qu’ils paient une cohorte d’agences de communications, divisions marketing des laboratoires et/ou des sociétés de recherche sous contrat (SRC ; ou CRO en anglais: contract research organisations). Et ces dernières fonctionnent comme de véritables sous-traitants à la fois pour la recherche et pour la rédaction d’articles - donc pour la production de l’information. J’ai donné un exemple français toujours d’actualité dans une autre expérimentation grandeur nature, à savoir le Gardasil (voir la cinquantaine d’articles à partir des trois catégories de Pharmacritique consacrées à ce vaccin : celle-ci, celle-là ou encore celle-là).
Pour la recherche française et la rédaction de l’ « information » sur le Gardasil, Sanofi-Pasteur MSD (50% de Sanofi-Aventis et 50% de Merck) a utilisé la société de recherche sous contrat Thérapharm, comme on peut le lire en détail dans ce billet. Les articles ont été par la suite signés par des leaders d’opinion tels que le Pr Didier Riethmuller ou le Dr Jean-Luc Prétet. Sans que l’on sache s’il s’agit là d’auteurs au vrai sens du terme, ayant participé aux recherches et eu accès à toutes les données, ou alors simplement d’« auteurs invités » qui signent parce que c’est Sanofi pour lesquels ils sont consultant qui leur soumet une recherche et un article écrit peut-être par des "auteurs fantôme". Recherche qui confirme étonnamment pour la France les chiffres donnés par la firme Merck pour un pays des plus pauvres tels que Haïti…
C’est de ce type de producteurs d’information – qui ont pour seul et unique client les laboratoires pharmaceutiques et font tout ce que leurs clients leur demandent (c’est dit sur leurs sites) - que résultent ce qu’on voudrait appeler « connaissances ». Et donc aussi le « savoir » scientifique systématisé, qui est biaisé de part en part.
On le voit pour chaque dimension de la recherche, de la formation et de l'information médicales: dès qu’il y a financement industriel, il s’agit d’une entreprise de désinformation, comme je le dis et répète dans les articles accessibles à partir de catégories telles que "Désinformation médicale" ; "Media, presse médicale, organes publicitaires lobbies" ; "Ghost writing et ghost management", etc.).
Elena Pasca
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18:25 Publié dans Vaccins, recommandations vaccinales, Prévenar | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : retrait lots vaccins act-hib, prévenar pfizer wyeth effets secondaires, act-hib sanofi effets secondaires, décès enfants japon act-hib prévenar, sanofi-aventis conflits d'intérêts désinformation médicale, ghost writing ghost management pharmaceutique, vaccins grippe adjuvant, pandemrix gsk narcolepsie, sociétés de recherche sous contrat recherche médicale, leaders d'opinion conflits d'intérêts, media lobbying pharmaceutique |
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08.03.2011
Les vaccins Prévenar 7 et Act-HIB suspendus au Japon après le décès de quatre enfants
Une dépêche de Reuters nous apprend que le ministère de la Santé du Japon a décidé hier (7 mars 2011) de suspendre l’utilisation
de deux vaccins : le PREVENAR 7 de Pfizer et l’ACT- HIB de Sanofi-Pasteur, administrés en prévention de certaines formes de pneumonies par streptocoques, de méningites bactériennes et de certaines autres infections provoquées par l’haemophilus influenzae B. (A noter qu'en France comme dans d'autres pays, c'est Wyeth, une filiale de Pfizer, qui commercialise le Prévenar).
La décision a été prise suite à la mort de quatre enfants de moins de deux ans dans les deux jours suivant leur vaccination et restera en vigueur le temps d’une enquête approfondie. Des officiels américains de l’agence du médicament (FDA : Food and Drug Administration) et du centre spécialisé dans les maladies infectieuses (CDC : Center for Disease Control and Prevention) affirment suivre cela avec attention, tout en soulignant, dans un communiqué envoyé aux media, que de tels problèmes n’ont pas été enregistrés aux Etats-Unis. (Outre-Atlantique, le Prévenar est vendu sous le nom PREVNAR).
Trois des enfants japonais avaient reçu en même temps le Prévenar 7 et l’ActHIB ; trois autres ont été vaccinés le même jour aussi par des
vaccins mixtes contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche.
Selon un porte-parole de Sanofi, le laboratoire a commercialisé plus de 3 millions de doses d’Act-HIB au Japon depuis 2008. Pfizer affirme quant à lui que plus de 2 millions de doses de Prévenar 7 ont été administrées depuis l’année dernière.
A noter que trois enfants sont décédés en février dernier aux Pays-Bas après avoir été vaccinés par Prévenar. L’enquête menée par les autorités a conclu qu’il n’y avait pas de lien de causalité avec le vaccin.
Sanofi-Aventis dit que "l'essentiel, c'est la santé" (voir son logo)...
00:23 Publié dans Vaccins, recommandations vaccinales, Prévenar | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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11.02.2011
Antivaccin et scientistes prédisant l'apocalypse par les vaccins ou par la grippe A: autocritique ou rationalisations un an après?
J'ai écrit cet article d'une traite, le 22 décembre 2010. Il est resté dans un tiroir. Je le poste tel quel, sans relecture. Certains n'apprécieront
pas, mais je ne suis pas là pour me faire des amis. Le problème abordé est important, par-delà la forme brute et spontanée.
Le 22 décembre 2009, j'ai reçu (sur une messagerie privée (!)) un courriel furieux que je trouve assez représentatif de l'ensemble de ce qu'on m'a jeté à la figure à cause du travail d'information de Pharmacritique sur la grippe AH1N1 et les vaccins. L'expéditrice me donnait rendez-vous un an après pour constater les conséquences "eugénistes" (et autres) des vaccins contre la grippe A H1N1, mais pas seulement, puisqu'elle citait aussi un vaccin contre l'hépatite B. Elle disait qu'un an après, l'irresponsabilité de mon argumentaire serait clairement démontrée dans les faits qui n'allaient pas manquer de se produire... (A l'époque, je ne voulais pas céder aux peurs ambiantes et avais aussi demandé aux commentateurs médecins de ne pas donner des conseils personnalisés qui inciteraient les gens à ne pas se faire vacciner par peur des effets secondaires. Ce n'est pas le rôle d'un blog / site internet de se substituer à la consultation médicale et d'aller au-delà d'informations générales, certes sourcées et référencées, données pour faire réfléchir et aider à la formation d'un esprit critique).
Je me demande où est l'hécatombe annoncée par des experts scientistes tels Antoine Flahault, d'une part (30.000 morts), mais aussi, d'autre part, par des antivaccinalistes tels Marc Girard (60.000 victimes des vaccins, de mémoire), sans parler des antivaccinalistes les plus extrêmes, ceux adeptes de la théorie du complot / conspiration mondiale, qui voyaient de l'eugénisme au bout de l'aiguille, décimant un quart de l'humanité.
Est-ce que les deux parties viendront reconnaître leurs erreurs et surtout les conséquences désastreuses que leurs approches - qui se nourrissent l'une l'autre, dialectiquement - ont sur la réaction des citoyens face à des éventuels problèmes réels de santé publique?
Le doute est primordial pour la méthode. La philosophe que je suis va encore plus loin. Mais le doute doit être fondé, argumenté, pas amplifié du fait de la transmission par les réseau sociaux - problème que je souligne à nouveau -, ni basé sur des idéologies et des convictions et modes de vie personnels qui permettent de présenter les faits dans la lumière voulue...
Peut-on admettre que - pour démontrer l'inefficacité et les failles du système - certains mélangent pommes et poires, par exemple en passant des vaccins antigrippe aux vaccins contre l'hépatite B et de celui-ci au Médiator, comme si c'était la même chose? Les antivaccinalistes le font, mais ce qui me paraît plus problématique, c'est qu'un expert désormais très médiatique et ayant beaucoup de suiveurs (sans trop de recul critique) tels que Marc Girard n'est pas loin de faire la même chose. En particulier dans son livre, qui passe confusément d'un dossier à un autre, d'une accusation à une autre, sur un ton de règlement de comptes que j'ai déjà critiqué (et il m'en a voulu, mais tant pis). Une certaine réserve idéologique et une certaine retenue devrait être de mise lorsqu'on parle en tant qu'expert.
Car autrement, quelle différence entre les faits déformés par les conflits d'intérêts matériels avec les industriels et ceux déformés du fait d'une vision idéologique qui oriente l'interprétation? Comme disait Nietzsche, il n'y a pas de faits, il n'y a que des interprétations. Comment sortir de ce relativisme qui rend impossbiles à la fois la science et la morale? Il faut d'abord distinguer entre foi et savoir. Puis s'en tenir à une méthode rigoureuse. Seule l'information issue d'études et interprétations faites selon des paramètres méthodologiques très stricts et rigoureux, vérifiables et reproductibles, exempts de sources de biais et de conflits d'intérêts - seule celle-là devrait être prise comme un argument valable - mais pas une certitude - dans une lecture critique aux sources multiples dont nous ne pourrons jamais nous dispenser.
Je n'adhère ni aux certitudes scientistes à la Antoine Flahault, Jean-François Delfraissy, Claude Hannoun ou d'autres experts ayant des conflits d'intérêts, ni aux certitudes presque inversement symétriques des antivaccinalistes. Tout cela - et surtout ce que je pense des conséquences de cet épisode symptomatique de la destruction de la raison - est détaillé dans l'analyse faite en décembre 2009: "Grippe A H1N1: valse des morts pour attiser les peurs. Dialectique des contraires entre l'apocalypse des scientistes et l'hécatombe des antivaccinalistes".
L'article est toujours d'actualité, parce que j'y ai posé le problème des conséquences de toutes ces exagérations dé-raisonnables, qu'elles soient scientistes ou irrationalistes, sur l'exercice même de la raison et les limites éthiques de la science, sur l'esprit critique des gens et les habitudes prises pour s'informer: des rumeurs juxtaposées et mâtinées de quelques éléments véridiques, des idéologèmes appliqués sans recul critique à des faits non analysés - cela suffirait pour être crédible de nos jours... Triste état de la raison! On se fie aux experts et aux idéologues de son camp, ou alors aux autorités - avec le même aveuglement dans les deux cas. Les préjugés, stéréotypes et autres biais de la connaissance jouent à plein et évitent de penser par soi-même... C'est certes leur rôle en tant que repères dans la connaissance, mais uniquement à un stade primitif, initial, le temps d'une première orientation. S'arrêter là, c'est s'aveugler volontairement, se poser non pas des limites, mais des bornes. Des oeillères. Or je n'en veux pas, quelle qu'en soit l'origine, quelles que soient les "compétences expertales" des leaders d'opinion de tous bords et de toutes castes.
C'est ainsi - et non pas comme une question de personnes - qu'il faut comprendre mon attitude, ici ou ailleurs. Pourquoi certains qui vantent les mérites de l'indépendance ne la supportent pas dans faits, surtout lorsqu'on l'applique à eux aussi ? Doit-on définir un camp, puis être indépendant du camp d'en face, mais dépendant des leaders d'opinion de son propre camp? Ce n'est même pas logique... Alors éthique, encore moins... Quant à la morale... Une telle attitude de partialité partisane la rend impossible.
02:39 Publié dans Grippe A H1N1, Tamiflu, vaccins antigrippe A, Vaccins, recommandations vaccinales, Prévenar | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
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07.12.2009
Grippe A H1N1: valse des morts pour attiser les peurs. Dialectique des contraires entre l'apocalypse des scientistes et l'hécatombe des antivaccinalistes
La raison et la science sont les grands perdants dans cette valse des morts revendiqués par les deux extrêmes. Mais au-delà
des réactions paranoïdes, comment s'étonner de la méfiance du public envers l'expertise et les autorités sanitaires, lorsqu'on lit certaines estimations apocalyptiques "prévoyant" (sic) 65.000 morts pour la Grande-Bretagne? 30.000 en France, 90.000 aux Etats-Unis. Comment s'étonner de ce rejet lorsqu'on apprend que le CDC (Centers for Disease Control and Prevention des Etats-Unis) a brusquement changé sa façon de compter les morts, ce qui a pratiquement triplé leur nombre?
Des 65.000 morts britanniques, il en restait 154 le 10 novembre, alors que l'activité épidémique commençait déjà à baisser. Cette baisse se confirme dans plusieurs pays.
Mais les estimations des décideurs politico-sanitaires conseillés par des experts manifestement plus fortiches en conflits d'intérêts qu'en science sont bien pâles par rapport à celles des complotistes antivaccinalistes, selon lesquels quelques puissants voudraient exterminer jusqu'à un quart de l'humanité - soit par une grippe produite en laboratoire soit par la vaccination... Avec la variante de l'introduction de nanoparticules et / ou puces RFID chez tout le monde, pour un contrôle de la population à distance...
Madame Soleil à l'honneur, en version apocalypse...
Une telle annihilation des capacités critiques de la raison par l'appel aux affects immédiats (sans médiation), aux peurs, aux réflexes des tripes n'est pas nouvelle et doit être située dans un contexte plus large. En réfléchissant au fait que son meilleur terroir nourricier est le scientisme. Je me demande si l'Ecole de Francfort n'est pas, en fin de compte, la seule dont le "savoir prévisionnel" - à ne pas confondre avec des chiffres, car il concerne les limites morales à imposer aux sciences - risque d'être confirmé par la réalité. Depuis les années 30, les Francfortois et leurs "descendants" renvoient dos à dos l'irrationalisme et le scientisme, comme autant de formes interdépendantes de destruction de la raison.
07:18 Publié dans Grippe A H1N1, Tamiflu, vaccins antigrippe A, prévention, abus de prévention, médecine préventiv, Scientisme technosciences technologie écologie, surmédicalisation, surmédicamentation, surconsomma, Vaccins, recommandations vaccinales, Prévenar | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
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29.07.2008
Trois institutions vaccinalistes américaines sur la sellette : elles sont à la solde de Merck, Wyeth et Sanofi
La résistance aux vaccinations augmente aux Etats-Unis. Et l’enquête de la chaîne américaine CBS, reprise le 28 juillet dans l’article du Wall
Street Journal intitulé Vaccine Proponents Not Immunised from Criticism ("Les promoteurs des vaccins ne sont pas immunisés contre la critique"), mettra de l'huile sur le feu… Il y est question d'énormes sommes d'argent payées par les firmes à l’Académie américaine de pédiatrie, à l’association de consommateurs "Every child by two" et au vaccinologue Paul Offit, fervent défenseur de tous les vaccins. Le soupçon touche trois institutions auxquelles le public faisait confiance s'agissant de la sécurité d'emploi des vaccins et de leur nécessité.
02:32 Publié dans Conflits d'intérêts / corruption, Vaccins, recommandations vaccinales, Prévenar | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
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