La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

02/04/2014

"Gardasil: un scandale international ?" Conférence de presse avec des experts et des lanceurs d’alerte)

J'aurai le plaisir d'intervenir demain lors de la conférence de presse qui aura lieu le 2 avril à Paris, à la représentation du Parlement européen, au 288, Bd Saint-Germain. J'interviendrai sur les conflits d'intérêts. Le lien vers le dossier de presse (accessible en ligne, fort détaillé) sera rajouté après la conférence de presse.

Après le programme de la conférence de presse, je voudrais évoquer, dans un billet d'humeur, les difficultés que j'ai eu à faire entendre une voix critique sur le Gardasil, dès l'automne 2007, et parler pour la première fois d'un projet sur lequel j'ai beaucoup travaillé, qui a capoté à cause du Dr Alain Siary et de la SFTG. J'espère qu'ils assumeront ces actes. Et qu'ils réfléchiront aux conséquences, en pensant par exemple aux victimes qu'il y a eu depuis la fin 2011, à ces jeunes filles qui n'auraient peut-être pas eu le Gardasil si le projet que j'avais imaginé n'aurait pas capoté par la responsabilité du Dr Alain Siary et de la SFTG. Libre à eux de changer d'avis sur leur engagement, mais pas de tergiverser pendant 10 mois, puis de nier l'existence et l'intérêt même de cet engagement.


Mercredi 2 avril 2014 à 10h
 
Vaccin Gardasil : un scandale international?

 
A la Représentation du Parlement européen, 288 bd Saint Germain, 75007 Paris

                                                            

En présence de :
 
Christopher SHAW, neurologue, University of British Columbia, Canada
 
Lucija TOMLJENOVIC, PhD, Neural Dynamics Research Group, Dept. of Ophthalmology, University of British Columbia
 
Jean-Jacques BOURGUIGNON, père d'Océane, victime d'une SEP [sclérose en plaques] suite à une vaccination au Gardasil et Marie-Christine LOCHU, mère d’Orianne Lochu, victime d’effets secondaires graves du vaccin, Me Jean-Christophe COUBRIS, avocat de jeunes femmes victimes du Gardasil

François-Jérôme AUTHIER, professeur de neurologie à l'Hôpital Henri Mondor (avec le Pr Romain GHERARDI, sous réserve)

Laurent BELEC, virologue à l'Hôpital Georges Pompidou
 
Serge RADER, pharmacien, auteur d’une étude sur l'évolution des prix des vaccins
 
Elena PASCA, philosophe, membre du Conseil d’Administration de Sciences Citoyennes, créatrice du blog Pharmacritique

Lire la suite

30/08/2012

Documentaire "Vaccins : le virus du doute". Commentaires sur le principe de la vaccination

Le documentaire « Vaccins, le virus du doute », réalisé par Gaël Chauvin, a été diffusé sur France 5, dans l’émission « Enquête de santé » (dernière rediffusion le 23 août dernier).

C’est un documentaire plutôt équilibré, ce qui est rare ces temps-ci, puisque les réalisateurs ont souvent un parti pris, une opinion préconçue qu’ils tentent d’étayer en enquêtant uniquement à charge ou à décharge. Or cela ne me semble pas être le premier rôle du journalisme grand public, en particulier lorsqu’il ne s’agit pas d’investiguer, mais d’informer sur les positions et les forces en présence et de nous faire réfléchir, afin de contribuer à un débat public permettant une décision citoyenne en connaissance de cause. Une telle décision ne peut pas être prise dans un dialogue de sourds où chacun campe sur ses idées préconçues et où ce sont les passions et les intérêts particularistes qui prédominent, quelle que soit leur nature : idéologique, commerciale, habitus culturels et professionnels et autres.

Plus bas, après le rappel des grandes lignes du documentaire, j'ajoute des liens et des commentaires sur la santé publique, sur les conséquences de la polarisation en matière de vaccinations et de science en général, de même que sur les conséquences de la logique individualiste néolibérale, qui, aussi étonnant que cela puisse paraître au premier abord, sont visibles depuis les revendications de liberté vaccinale jusqu'aux pratiques de l'industrie pharmaceutique. Pour conclure en rappelant le principe de vaccination, à ne pas confondre avec des applications hasardeuses qui s'en réclament et à ne pas rejeter à cause de ces dernières. Question de logique...


Vaccins , Le Virus Du Doute par 007ovni


Lire la suite

27/08/2012

Vaccins : pour une critique au cas par cas, sans dogmatismes ni préjugés (débat au Festival de l’Avenir au Naturel)

Le 1er et le 2 septembre aura lieu à l’Albenc la 16ème édition du Festival de l’Avenir au Naturel, Festival avenir naturel 16 affiche.jpgorganisé principalement par l’association Espace Nature Isère, avec le soutien de plusieurs communes et conseils généraux. Outre la « foire bio » avec ses 230 exposants, des conférences et des débats auront lieu tout au long de ces deux journées, sur des thèmes variés tels que les OGM, le nucléaire, le recyclage des déchets, les changements dans l’acception du travail, les questions bioclimatiques, la décroissance et l’action pour l’environnement, des questions de santé publique… Le programme des débats, le catalogue des exposants et toutes les informations pratiques (accès…) peuvent être téléchargés sur cette page. Contact pour plus d’informations : 04 76 36 50 10 et ce site.

Le dimanche 2 septembre à 16:00 aura lieu à la salle polyvalente un débat intitulé « Vaccins : pour une critique au cas par cas, sans dogmatismes ni préjugés », avec le Dr Jean DOUBOVETZKY et Elena PASCA.

Voici la présentation telle qu’elle figure dans le programme :

« Au vu de leur faible coût de production et de leur prescription massive, les vaccins, pris globalement, sont une source inépuisable de profit pour l'industrie pharmaceutique. Or la campagne de peur sur la grippe A H1N1, la contestation des vaccins contre l'hépatite B et contre les papillomavirus humains… montrent une méfiance grandissante des citoyens. Cette attitude tend à se généraliser, et d'autres vaccins sont mis en cause, en même temps que s'affirment de plus en plus des courants antivaccin. Mais peut-on tenir un discours généralisant sur les vaccins, éludant leurs différences ? La solution est-elle de passer d'une acceptation en bloc de tous les vaccins à un rejet en bloc ? Ne faut-il pas creuser la voie d'une argumentation rationnelle, d'une critique au cas par cas ?

Docteur Jean DOUBOVETZKY, médecin généraliste à Albi, rédacteur de la revue Prescrire, auteur de plusieurs livres et articles.

Elena PASCA, philosophe, animatrice du blog Pharmacritique et administratrice de la Fondation Sciences Citoyennes. »

**

Merci à Sébastien Goguet, d’Espace Nature Isère, pour l’organisation.

18/05/2012

La médicalisation de la santé et du mal-être (I). Par le Pr Claude Béraud

Contact: beraud-claude@wanadoo.fr

NdR: Voici la première partie de ce texte qui fait 60 pages en tout. La deuxième partie est sur cette page; la troisième est sur celle-ci.

Ce texte à la fois synthétique et détaillé traduit une réflexion critique sans aucun compromis, sans aucune faiblesse corporatiste ou autre, car le Pr Claude BERAUD a toujours agi et écrit en fonction de principes moraux qui n'admettent aucune concession issue de considérations et/ou de motivations empiriques. A noter aussi une richesse bibliographique rare, et j'invite les lecteurs à lire très attentivement les notes et références, tout aussi importantes que ce qui les précède. 

Le texte est structuré en deux parties: une première est consacrée aux "sujets en bonne santé", c'est-à-dire à la médicalisation des bien-portants (et surmédicalisation, puisque ce sont des actes inutiles). Le consumérisme des patients et l'offre médicale qui crée la demande sont les deux versants du même phénomène, qui se nourrissent l'un l'autre, dans un cercle vicieux infini. Cette surmédicalisation n'est pas perçue comme telle, parce qu'elle se fait sous prétexte de prévention: dépistages organisés de cancers, certaines vaccinations inutiles, bilans réguliers qui trouveront souvent des incidentalomes, donc des anomalies sans aucune traduction clinique... Mais le terme "prévention" a une signification déformée, conséquence du dévoiement de la fonction sociale de la médecine que j'ai souvent dénoncé sur Pharmacritique et ailleurs.

La deuxième partie est consacrée à la médicalisation et surmédicalisation des "malades sans maladie", ceux sui souffrent tout en étant "objectivement" en bonne santé, du moins selon les critères et les connaissances actuelles de la médecine et son domaine de compétences. On a là l'expression du même dévoiement de la fonction sociale de la médecine, dont l'intervention n'est pas légitime dans de tels cas non plus. Car les maux et les souffrances de ces personnes - que Claude Béraud ne veut aucunement nier - ne devraient pas relever de la médecine. Mais ces personnes sont quasiment toujours "médicalisées", d'une part à cause de la façon des médecins de concevoir la médecine, d'autre part parce qu'elles constituent un réservoir supplémentaire de consommateurs, permettant d'étendre de plus en plus le marché médico-pharmaceutique. 

Je conseille vivement les autres textes de Claude Béraud parus sur Pharmacritique, en particulier "Qualité de la relation médecin/patient et décision médicale" et "Menaces sur l'assurance-maladie : entre fictions et réalités". Une présentation détaillée de l'auteur - ses combats et alertes à propos des diverses formes de surmédicalisation et des défauts de notre pseudo-système de santé - figure au début de son article sur le ghostwriting. Je conseille vivement ses livres: "Le Foie des Français" (1983), "Petite encyclopédie critique du médicament" (2002), "Les Médicament sans tabou. Pièges, mensonges et vérités" (2005). Parmi ses nombreux autres écrits, je conseille d'abord le rapport qu'il a rédigé en sa qualité de médecin conseil national de la Sécurité sociale, paru en 1992 dans le Concours médical sous le titre "Le Rapport Béraud. La non qualité médicale et économique du système de soins". Il lui a valu des dizaines de plaintes et quatre procès de la part des syndicats médicaux...

Une autre introduction, qui revient sur certaines de ses nombreuses fonctions et activités, figure sur son blog, qui contient des articles toujours actuels.

Le format blog ne permettant pas les textes longs, je dois couper le texte en trois parties et trouver les moyens d'éclater les cadres techniques; chaque partie sera publiée avec ses notes, refaites manuellement, et avec les liens vers les autres parties. 

Elena Pasca

-----------------------------------------------------------------

La médicalisation de la santé et du mal-être (I)

Par le Pr Claude BERAUD


Pour conserver, entretenir, développer leur capital santé, des centaines de milliers de Français   consultent chaque jour des médecins dans le secteur libéral ou à l’hôpital. [1] Les uns sont en parfaite santé, d’autres éprouvent des symptômes banaux.

Les sujets en bonne santé

De nombreuses personnes, qui ne se plaignent d’aucun symptôme, entreprennent de leur propre chef, ou sur les conseils de leur entourage, des médias, des professionnels des soins, des autorités politiques, de consulter des médecins, une ou plusieurs fois chaque année. 

Beaucoup pensent que dépister une maladie, présente mais silencieuse, est une démarche utile et nécessaire, pour retarder l’apparition de symptômes, éviter ou réduire les risques d’une évolution grave. Ces sujets, à la fois inquiets et prudents, estiment qu’effectuer régulièrement  un bilan médical et biologique est une sage précaution.

D’autres, convertis à l’idéologie médicale, convaincus de l’omnipotence des médecins,  cherchent à se maintenir en bonne santé par des prescriptions médicales.

L’utilité réelle de ces démarches, encouragées par les responsables médicaux et politiques, est  mal connue du grand public. Contrairement à l’opinion générale, elle est souvent faible ou nulle  et comporte des risques non négligeables. La plupart des citoyens pensent que les procédures recommandées par l’État dans le domaine de la prévention sont saines et efficaces. Ils se trompent. Obtenir des prescriptions médicales - des médicaments, des prises de sang, des examens radiologiques - dans le but de rester en bonne santé est un moyen sûr pour devenir malade.

Pourquoi aller voir un médecin régulièrement lorsque l’on est en bonne santé ?

Des hommes et des femmes en excellente santé, ne se plaignant d’aucun symptôme, consultent, inutilement, leur médecin pour divers motifs.

Pour faire un bilan.

Une majorité des Français, en excellente santé, estime qu’il est raisonnable de demander à son médecin, au moins une fois par an, un bilan comportant divers examens biologiques.

Cette habitude est née en 1945, avec l’assurance maladie, qui invitait dans ses centres d’examens de santé  la population salariée, une fois par an, à faire un bilan. De nombreux Français, en bonne santé, entrent encore aujourd’hui dans ces centres dont le fonctionnement consomme chaque année le tiers du FNPEIS (Fonds National de Prévention, d’Education et d’Information Sanitaire (soit 152,5 millions d’euros sur un total de 461,2 en 2009).

Durant les décennies qui suivirent, l’habitude fut vite prise de demander des bilans, ou « check-up », aux médecins libéraux, d’autant que les non salariés étaient exclus des bilans de la sécurité sociale, mais remboursés des prescriptions faites en médecine libérale.

Depuis la fin des années 80, l’inutilité des 600.000 bilans qui étaient alors réalisés dans les centres d’examen de santé, sans compter ceux réalisés en médecine libérale et à l’hôpital (où des « automates » réalisaient 12 dosages chez tous les patients hospitalisés (soit un minimum de 200 millions de dosages), était évidente pour deux raisons. D’une part, l’état de santé des Français à la fin du 20° siècle ne pouvait être comparé à celui observé à la fin de la guerre et d’une longue période de privation. D’autre part, durant les trente glorieuses, multiplier les visites chez un médecin était devenue une coutume, répandue dans les plus petits villages de France, qui faisait double emploi avec les bilans de la sécurité sociale. La fermeture de ces centres aurait été une solution raisonnable, mais les administrateurs des caisses primaires s’opposèrent à l’abandon d’une « conquête sociale ». Les centres orientèrent alors progressivement leur recrutement vers des populations précaires qui, pour des raisons économiques, sociales ou administratives, n’avaient pas accès aux soins.

Tout au long des soixante dernières années, les parlementaires proposèrent et firent voter des lois destinées à protéger la santé des Français au moyen de bilans médicaux. Actuellement en France, l’Etat propose [2] 53 examens tout au long de la vie : examens prénatals, postnatals, examens obligatoires des enfants de moins de 6 ans, bilan de santé pour les enfants âgés de trois à quatre ans, visites médicales des sixième, neuvième, douzième et quinzième année, entretien personnalisé en classe de cinquième, examen bucco-dentaire de prévention, consultations annuelles des jeunes de 16 à 25 ans, certificat médical pour la journée d’appel et de préparation à la défense, examen préventif médical, social et psychologique des étudiants des universités, consultations prénuptiales, consultations de prévention pour les personnes de plus de 70 ans, etc. Ces bilans, trop nombreux pour être tous réalisés, ne sont jamais évalués. A l’évidence, leur utilité est aléatoire, comme le signale la Haut Conseil de la Santé Publique. [3]

Dans un système de soins correctement organisé, une grande partie de ces bilans disparaîtrait ; les quelques-uns qui resteraient, notamment chez les enfants et les adolescents, seraient assurés dans les cabinets de soins primaires, par les médecins généralistes et leurs collaborateurs, seuls capables d’assurer un suivi des soins.

Aux Etats-Unis, les citoyens cèdent parfois aux publicités des sociétés privées qui proposent des bilans incluant des techniques d’imagerie : scanners, IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), diverses radiographies, mais aussi des prises de sang, une échocardiographie, une ostéodensitométrie et une multiplicité d’examens qui inventorient le fonctionnement des systèmes physiologiques et précisent la morphologie des organes (foie, cœur, poumon, côlon, rein). Toutes les institutions scientifiques et gouvernementales déconseillent ces bilans qui n’ont aucune utilité pour les clients de ces sociétés, lesquels acceptent de payer des sommes élevées pour réaliser ces examens qui, pensent-ils, les mettront à l’abri de toutes les maladies graves, et surtout des cancers.

Ces bilans exposent à trois sortes de risques : celui, individuellement faible mais indiscutable, de cancer lié aux radiations ; celui d’une multiplication des examens en raison de la découverte d’une image considérée comme anormale ; celui d’inquiéter les sujets en raison de la découverte d’un cancer qui en réalité n’existe pas. [4]

Pour doser, comme chaque année, mon cholestérol

Doser régulièrement les diverses variétés du cholestérol sanguin, même lorsqu’un premier résultat n’a montré aucune anomalie, est un comportement banal. (En médecine libérale, hors médecine hospitalière, 19. 992.000 bilans lipidiques ont été remboursés par la sécurité sociale en 2009).

En prévention primaire, chez des sujets en bonne santé, indemnes de diabète, qui n’ont jamais souffert d’un trouble cardiovasculaire, cette demande n’est ni rationnelle ni utile, [5] car la prescription des statines, aujourd’hui devenue la conséquence automatique d’une hypercholestérolémie, même modérée, est parfois responsable d’effets secondaires (douleurs musculaires, affaiblissement cognitif (perte de mémoire) [6] …). Elle favorise l’apparition d’un diabète chez 9% des patients [7] et ne diminue pas leur mortalité. [8] 

Pour rechercher une ostéoporose

Après la ménopause, très nombreuses sont les femmes en excellente santé qui, sous la pression des médias, entreprennent un dépistage de l’ostéoporose en demandant à leur médecin la prescription d’une ostéodensitométrie. Cet examen mesure la densité minérale osseuse. Lorsque cette densité s’écarte d’une certaine valeur, des données moyennes observées chez les adultes jeunes, le médecin dit  à la patiente « Vous êtes atteinte d’ostéoporose ».

La raréfaction osseuse  est un phénomène physiologique observé lors du vieillissement. Cette évolution osseuse observée chez tous les sujets, et plus particulièrement chez les femmes, est devenue une maladie lorsque l’ostéodensitométrie a permis de la quantifier. Curieusement, cette maladie fut inventée et identifiée par l’OMS, alors que les laboratoires pharmaceutiques commercialisaient des médicaments pour lutter contre la déminéralisation osseuse. Aujourd’hui, en raison de la multiplication des articles sur cette maladie dans la presse féminine et la profusion des traitements médicamenteux disponibles pour réduire la perte osseuse, la plupart des femmes en bonne santé, mais récemment ménopausées courent chez leur médecin, pour dépister ce facteur de risque de fracture, puis consommer des médicaments qui n’ont pas fait la preuve de leur efficacité pour éviter une première fracture. Ce faisant, elles courent d’autres risques : celui  d’une fracture atypique du fémur, d’une nécrose du maxillaire inférieur et de lésions œsophagiennes. Même s’ils améliorent discrètement la densité osseuse, ces médicaments ont peu d’effets sur la fréquence des fractures des membres qui ne sont pas spontanées et toujours la conséquence d’un traumatisme, notamment d’une chute banale. Prévenir les chutes chez les personnes âgées est une attitude plus raisonnable et plus efficace, mais elle exige une participation des patients à un programme de prévention moins facile à mettre en œuvre que la prescription d’un médicament. [9]

Pour se faire vacciner

Certaines vaccinations sont conseillées par les responsables politiques et de la santé publique,  font l’objet d’une demande de la population, alors que leur utilité est soit discutable, soit nulle.

Vaccination antigrippale

La vaccination contre la grippe saisonnière repose sur des études dont la qualité est  contestée par de nombreux épidémiologistes. [10] Recommandée aux personnes âgées, cette vaccination ne semble pas avoir des effets secondaires graves. Il est possible qu’elle réduise la fréquence des infections grippales banales, mais elle est sans influence sur l’apparition de complications et ne réduit pas la mortalité, d’ailleurs très faible, de cette infection virale. La réduction des cas de grippe serait de 50%, mais cette expression d’un résultat en valeur relative cache la réalité des faits. Si sur 100 sujets vaccinés on observe un cas de grippe et sur 100 sujets non vaccinés deux cas, la réduction est bien de 50%, mais l’utilité faible. Faut-il vacciner 100 personnes pour éviter un cas de grippe, sachant que cette vaccination est sans effet sur la fréquence des complications et sur la mortalité ? On peut en douter. Cette vaccination est conseillée chez les personnes âgées, alors qu’aucune étude n’a démontré son efficacité sur cette population. Cette recommandation officielle est liée au fait que la mortalité de la grippe concerne presque exclusivement les personnes de plus de 65 ans, et surtout celles de plus de 90 ans qui constituent près de la moitié (43%) des cas graves par leurs complications.

Cette maladie bénigne est, pour les laboratoires, davantage qu’un marché : « une bulle marketing », entretenue par les politiques apeurés en raison des prédictions alarmantes de leurs collaborateurs, des médecins experts sous l’influence des industriels qui terrorisent la population, comme on a pu le vérifier lors de l’épidémie inventée de toutes pièces par les experts de l’OMS en 2009, [11] dont  le coût en France atteignit 662,6 millions d’euros, [12] sans compter les dépenses pharmaceutiques, notamment celles liée à un médicament, l’oseltamivir, dont l’efficacité reste à démontrer. [13]

Vaccination contre le cancer du col utérin

La vaccination contre le développement des cancers du col utérin est, aujourd’hui, une imposture, car son efficacité est hypothétique et les risques indirects plus élevés que les industriels veulent bien le reconnaître. On peut craindre en effet une augmentation du nombre de ces cancers dans les années à venir, car il est possible, et même probable, que les jeunes femmes vaccinées ne seront pas, tout au long de leur vie jusqu'à 64 ans, aussi attentives à la réalisation périodique (tous les trois ans, de 25 à 64 ans, après deux frottis normaux à un an d’intervalle) d’un frottis cervico-utérin, seule technique ayant largement prouvé son efficacité préventive.

Il importe en effet de ne pas oublier que les vaccins proposés (Gardasil, Cervarix) n’ont toujours pas démontré plusieurs années après leur mise sur le marché qu’ils étaient capables de réduire l’incidence dans la population vaccinée des dysplasies sévères ou graves qui peuvent évoluer vers un cancer. [14] Il est possible que cette démonstration soit faite dans les prochaines années, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui. [15] C’est la raison pour laquelle vacciner une jeune fille, avant le début de son activité sexuelle, est une décision qui doit être prise par la patiente après un entretien avec un médecin, conduit hors de la présence de sa mère qui, affolée par la publicité des laboratoires pharmaceutiques, veut souvent imposer cette vaccination à sa fille, dont elle ne connaît pas toujours la vie sexuelle.  Au cours de cette consultation, cette jeune fille sera informée de la nécessité d’un suivi régulier par un frottis cervico-utérin, sachant que cette vaccination n’a pas démontré son utilité pour éviter le développement d’un cancer.

Pour dépister un cancer

D’autres actions de prévention visent le dépistage des cancers.

L’une concerne le cancer de la prostate. Elle est déconseillée par les autorités médicales, mais recommandée par des médecins spécialisés qui interviennent des milliers de fois chaque année pour enlever une prostate cancéreuse. D’autres sont, en partie, organisées par le gouvernement et les organismes de sécurité sociale, sans que les informations indispensables à une prise de décision par les patients soient largement diffusées à la population. C’est le cas du dépistage du cancer du sein et du cancer colorectal.

Pour rechercher un cancer de la prostate

Dépister chez tous les hommes à partir de 50 ans un cancer de la prostate, en l’absence d’un symptôme permettant d’évoquer ce diagnostic, est une attitude que conseillent les urologues français, en dépit de toutes les recommandations internationales.

Ce dépistage est simple : une prise de sang mesure le taux des antigènes spécifiques de la prostate (PSA). Si ce taux est supérieur à la normale, divers examens radiologiques et des biopsies seront réalisés.

Si l’existence d’un cancer est prouvée, des traitements seront proposés, pharmacologiques, chirurgicaux ou radiothérapiques, dont il n’est pas démontré qu’ils prolongent la vie des malades, [16] mais dont on sait qu’ils sont à l’origine d’une fréquence élevée de troubles sexuels et urinaires ou digestifs (dans le cas d’une radiothérapie) qui diminuent beaucoup la qualité de vie.  La probabilité de ces risques est passée sous silence par les médecins. Plus récemment a été observé une augmentation des taux de suicide et d’accidents cardio-vasculaires dans les semaines qui ont suivi  le diagnostic. [17]

Si l’existence d’un cancer n’est pas prouvée par une biopsie, le patient sera convoqué régulièrement, une fois par an, et de nouveaux dosages, de nouvelles biopsies seront réalisés ;  ces dernières lui feront courir le risque d’une complication infectieuse. A la longue, sachant que la majorité des hommes de plus de 60 ans et les trois quarts des sujets âgés de plus de 75 ans ont des cellules cancéreuses dans la prostate, et ce cancer finira souvent par être découvert, puis après de nouveaux examens radiologiques, traité médicalement et surveillé ou  opéré ou irradié. [18] 

Pour dépister un cancer du sein

Les évaluations de ce dépistage ont concerné 600.000 femmes et suscité plus d’une dizaine d’essais cliniques. De nombreuses études épidémiologiques ont été publiées dans la presse scientifique depuis 2001. Leurs résultats commencent à peine à être divulgués dans les médias, mais ne le sont pas encore par les institutions médicales et par le gouvernement, chargés de promouvoir ce dépistage auprès de toutes les femmes âgées de 50 ans à 74 ans, qui sont invitées à réaliser une mammographie dans le cadre du dépistage organisé, ou à se présenter chez leur médecin pour réaliser cet examen.

L’efficacité du dépistage est incertaine. Sur 2.000 femmes qui  participent à un dépistage, une ou deux pourront en en bénéficier, car leur vie sera prolongée, mais en raison d’un nombre très élevé de résultats anormaux (plusieurs centaines), de nombreuses biopsies seront réalisées et plusieurs femmes subiront un traitement chirurgical pour un cancer du sein qui n’aurait pas évolué et dont elles n’auraient jamais eu connaissance.

Tout se passe comme si participer à ce dépistage était une loterie offerte aux femmes à partir de 50 ans avec trois possibilités dans les années à venir: 

  • dans un pourcentage élevé allant de 20 à 40% des patientes, être inquiétées à tort par la découverte d’une lésion qui, en définitive après de nouveaux examens et parfois une biopsie, se révélera être non cancéreuse ;
  • après 10 ans de dépistage et la réalisation de milliers de mammographies, éviter, pour une femme sur 2.500, de mourir d’un cancer d’un sein ;
  • enfin, sur 2.500 femmes ayant acceptées le dépistage, 5 à 15 seront traitées chirurgicalement en raison de la découverte d’un cancer qui serait resté silencieux jusqu'à la fin de leur vie. [19] 

Ces faits permettent de penser que si le cancer du sein est un problème de santé publique, en raison de sa fréquence - une incidence de 53.000 cas - et de sa gravité - une mortalité de 11.350 cas en 2011 -, le dépistage qui, en raison de ses risques et de sa faible efficacité ne peut  améliorer la santé de la population (et qui d’ailleurs ne réduit pas la mortalité globale, toutes causes inclues), n’est pas une action de santé publique. Participer à un dépistage est une décision individuelle qui exige une information claire et complète rarement donnée aux patientes. Le conseil de l’ordre des médecins, [20] le gouvernement, les conseils généraux  continuent d’inciter les femmes à réaliser une mammographie sans donner la moindre information sur les risques de ce dépistage. Les syndicats médicaux également, puisque le paiement à la performance, récemment adopté dans le cadre d’une convention avec la CNAM, récompensera financièrement les médecins qui prescriront des mammographies à 80% des femmes qui les consulteront. [21] Il n’est donc pas étonnant que les trois quarts des médecins soient très favorables à ce dépistage et le fassent savoir à leurs patientes.

Ce comportement paternaliste et intéressé est contraire à l’éthique médicale. Les médecins ne doivent pas avoir un discours qui reflète leurs opinions. Leur rôle est d’informer le plus précisément possible leurs patientes, puis mettre en œuvre les décisions qu’elles auront prises. [22]

En 1995, M Baum, un médecin hospitalier londonien, publiait dans The Lancet [23] une longue lettre intitulée : Screening for breast cancer, time to think and stop?, soulignant qu’il était « intellectuellement malhonnête » de rapporter au dépistage la baisse de la mortalité. Dix-sept   ans plus tard, nos connaissances  sur ce dépistage ont progressé, les bénéfices et surtout les risques sont mieux connus, mais il semble que les responsables - administratifs, médicaux et politiques - qui gèrent son organisation refusent de se poser la question de l’efficacité et de l’utilité des programmes financés par la collectivité et recherchent seulement le développement des institutions qu’ils dirigent. Dans une démocratie, ces comportements ne sont pas admissibles. Oui, il est temps de réfléchir.

Pour dépister un cancer colorectal

Un autre dépistage conseillé par les médecins et les autorités sanitaires, celui du cancer du côlon et du rectum, pose un vrai problème rarement abordé dans les médias et les revues médicales : celui du critère choisi pour évaluer son utilité. En effet, le dépistage de ce cancer réduit probablement de 10 à 15% la mortalité par cancer du côlon mais ne modifie pas la mortalité de la population et n’accroît pas son espérance de vie. Pour une raison simple : les essais réalisés pour évaluer l’efficacité de ce dépistage fournissent des résultats après une dizaine d’années. Les sujets qui, en raison du dépistage, évitent de mourir d’un cancer du côlon  meurent, après quelques années pour la plupart, d’une autre maladie. Au total, le bénéfice populationnel (le nombre des survivants) après un dépistage ayant duré 10 ans dans une population dépistée comparativement à une population non dépistée est nul ou réduit et n’a pas de signification statistique.

Pour comprendre ce fait, imaginons un sujet qui décide à 45 ans de ne plus jamais monter dans une voiture pour éviter de mourir d’un accident de la route. Sa vie sera-t-elle prolongée ? Rien n’est moins certain car le risque de mourir, chaque année, d’un accident de la route qu’il évite en partie seulement (car il pourrait être l’un des piétons victimes d’un conducteur imprudent ou encore être tué par une voiture en traversant imprudemment la route à la sortie d’un repas bien arrosé), ce risque est  de 1,793 sur 1.000 décès en 2010.  Ce qui lui  laisse 998,2/1.000 risques de mourir d’une autre cause. Cette probabilité peut aussi être exprimée sous une forme plus parlante. En 2010, 36 hommes de plus de 45 ans sur un million ont été tués dans un accident d’automobile et 20.310 sur un million sont morts d’une autre cause. Le risque mortel accidentel est réel, mais la probabilité de mourir d’une autre cause est beaucoup plus élevée. [24]

Ce dépistage, au même titre que de nombreuse action de santé publique, pose la question : Quel critère d’efficacité un décideur politique doit-il choisir ?

Si le critère choisi pour évaluer l’efficacité  de cette action de prévention est la mortalité spécifique par cancer du côlon, le dépistage peut être proposé (sachant qu’il ne sera d’aucune utilité pour 85% des citoyens qui accepteront de le réaliser). [25] Si le critère choisi est la mortalité globale, ce dépistage qui n’est pas sans risque (accidents de la coloscopie [examen le plus conseillé pour faire un diagnostic de polype ou de cancer colorectal], mortalité post opératoire) est inutile. Bien évidemment, les médecins, les institutions médicales, les responsables politiques, plus ou moins consciemment (car : soit leur information est incomplète ; soit résister à la pression des partisans du dépistage généralisé leur est impossible pour des raisons politiques), proposent à toute la population ce dépistage en n’explicitant jamais cette différence entre  mortalité globale et mortalité spécifique liée à une maladie.

Les résultats d‘une des 3 enquêtes randomisées concernant le dépistage du cancer colorectal compare deux groupes d’égale importance et dont l’état de santé est similaire. Chaque groupe est constitué de plus de 30.000 personnes. Toutes sont suivies durant 13 ans. Chez un groupe (30.967 sujets), un dépistage est réalisé tous les deux ans. L’autre groupe, non dépisté, sert de témoin (30.966 sujets). Le nombre des décès toutes causes est de 8.732 dans le groupe dépisté et de 8.724 dans le groupe non dépisté (groupe témoin). Le nombre des décès par cancer du côlon est plus élevé dans le groupe contrôle (341) que dans le groupe dépisté (292). Mais celui des décès d’une cause autre que le cancer colorectal est plus élevé dans le groupe dépisté (8.440 contre 8.383). Il faut bien mourir un jour, et si le dépistage peut nous éviter la mort par cancer du côlon, une autre cause nous emportera tôt ou tard. [26]

Lire la suite

18/09/2011

La santé publique dans tous ses états: Questions au Dr Alain Braillon, un expert trop indépendant (II)

Ceci est la deuxième partie de l'interview que j'ai faite avec le Dr Alain Braillon pour Pharmacritique éducation thérapeutique rôle du patient,empowerment relation médecin patient,autonomie empowerment des patients,martin winckler claude béraud relation médecin patient,patients usagers esprit critique,médiator scandales sanitaires réactions,xavier bertrand médiator projet de loi médicament,sécurité sanitaire pharmacovigilance projet de loi sécurité médi,santé publique budget indépendance expertise,déontologie expertise indépendance experts,conflits d'intérêts lobbying industrie pharmaceutique,alain braillon santé publique,contrat d'amélioration des pratiques individuelles capi critique,médecine générale vaccination grippe a h1n1,médecine générale politique de santé publique,myofasciite à macrophages vaccin hépatite b,tarification à l'activité t2a hôpital public,cmu refus de la cmlui testing accès aux soins,médecine préventive abus de prévention,médicalisation surmédicalisation dr knock,médecine libérale médecine hsopitalière,hépatite b transmission mère enfantet la Fondation Sciences Citoyennes. (La première partie est sur cette page, car le format blog ne permet pas de textes longs). Photo: Magali Delporte / Viva.

 

Elena Pasca: L’un des objectifs en fonction desquels les médecins généralistes signataires du CAPI obtiendront leur prime à la performance, c’est le taux de mammographies. Qu’en pensez-vous ?

Alain Braillon: L’Assurance Maladie a décidé de donner un bonus financier aux médecins s’ils remplissent certains objectifs. C’est le CAPI [NdR : contrat d’amélioration des pratiques individuelles]. Parmi ces objectifs, il y a le pourcentage de femmes de 50 à 70 ans qui aura participé au dépistage du cancer du sein.

Cette initiative pose d’abord deux problèmes :

Lire la suite

02:40 Publié dans Education thérapeutique, Grippe A H1N1, Tamiflu, vaccins antigrippe A H1N1, Honoraires tarifs revenus dépassement d'honoraires, Lanceur d'alerte, whistleblower (infos, pétitions), prévention, abus de prévention, médecine préventiv, Projet de loi médicament réforme sécurité sanitair, Santé publique, médecine de santé publique, surmédicalisation surconsommation de médicaments, Système de soins, prise en charge, organisation, Vaccins (sauf vaccins anti grippe, cf. "grippe") | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : éducation thérapeutique rôle du patient, empowerment relation médecin patient, autonomie empowerment des patients, martin winckler claude béraud relation médecin patient, patients usagers esprit critique, médiator scandales sanitaires réactions, xavier bertrand médiator projet de loi médicament, sécurité sanitaire pharmacovigilance projet de loi sécurité médi, santé publique budget indépendance expertise, déontologie expertise indépendance experts, conflits d'intérêts lobbying industrie pharmaceutique, alain braillon santé publique, contrat d'amélioration des pratiques individuelles capi critique, médecine générale vaccination grippe a h1n1, médecine générale politique de santé publique, myofasciite à macrophages vaccin hépatite b, tarification à l'activité t2a hôpital public, cmu refus de la cmlui testing accès aux soins, médecine préventive abus de prévention, médicalisation surmédicalisation dr knock, médecine libérale médecine hsopitalière, hépatite b transmission mère enfant |  Facebook

16/03/2011

Le vaccin contre la poliomyélite n’est plus obligatoire en Belgique. Le droit du patient passe avant l’obligation vaccinale

Sur le site de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) on apprend que l’acquittement du couple de parents poursuivis pour avoir vaccin polio.jpgrefusé de faire vacciner leur enfant annule l’obligation vaccinale contre la poliomyélite inscrite dans la loi belge en 1966. C’était d’ailleurs le seul vaccin obligatoire chez nos voisins belges: trois doses d'IPV (Inactivated polio vaccine), qui a remplacé en 2001 l'OPV (oral polio vaccine), dont les mérites sont vantés dans la publicité qui illustre un article paru sur le site du College of Physicians of Philadelphia consacré à l'histoire des vaccins. L'OPV contenait des virus atténués qui pouvaient provoquer, certes très rarement, des cas de paralysie.

La vaccination contre la poliomyélite reste obligatoire dans seulement deux pays européens : la France et l’Italie. En France, Sanofi Pasteur commercialise Imovax polio, GSK commercialise Infanrix polio et, étonamment, des vaccins oraux contenant des virus atténués sont toujours autorisés... Mais une vaccination contre la poliomyélite rentre aussi dans la composition de plusieurs vaccins polyvalents: DTP, DTCP, Tétravac, Pentavac, Tétracoq...

L’article « Acquittement dans le procès du vaccin poliomyélite », daté d'aujourd'hui (16 mars 2011), précise que le jugement fait passer la loi de 2002 sur les droits du patient (à l’information détaillée, notamment) devant celle de l’obligation vaccinale (datant de 1966) et devrait faire jurisprudence :

« Si le parquet ne va pas en appel, l'affaire pourrait faire jurisprudence. Le tribunal a donc acquitté la maman du petit garçon, considérant que le droit du patient, était prioritaire sur la loi de 1966, la loi qui rend ce vaccin obligatoire. Le droit du patient lui est inscrit dans une loi de 2002, il consacre le droit à l'information nécessaire pour obtenir le consentement éclairé du patient ou de sa famille avant tout acte médical. Et c'est bien ce que demandait la maman d'Olivier, une information complète sur la nature du produit injecté et sur les conséquences, les effets secondaires du vaccin. Ce qu'elle n'a pas pu obtenir. Le tribunal ordonne aussi qu'on apporte des réponses aux différentes questions que les parents se posent légitimement. Cet acquittement pourrait donc mettre un terme à l'obligation de vacciner contre la polio, une maladie qu'on n'a plus détectée en Belgique depuis 1979. »

Cette jurisprudence est confirmée par une brève parue aujourd'hui sur le site Sudpresse.be, « Le vaccin contre la poliomyélite plus obligatoire en Belgique », qui pose la question des conséquences de ce verdict sur les recommandations vaccinales françaises: « La décision rendue par le tribunal de Tournai pourrait également avoir des répercussions en France, désormais seul pays où le vaccin est obligatoire. »

Notons que selon le site Vaccination-info, qui détaille les recommandations vaccinales belges, aucun cas de poliomyélite n'a plus été enregistré en Belgique depuis 1979 et en Europe depuis 2002.

Merci à la correspondante belge qui m’a donné l’information.

Elena Pasca

© Copyright Pharmacritique

11/03/2011

Sanofi et Daiichi Sankyo retirent 13 lots de vaccins Act-Hib au Japon. Rappel de quelques moyens de désinformation pharmaceutique…

Une dépêche de Reuters nous informe que le laboratoire DAIICHI SANKYO, qui distribue au Japon le vaccin Act-HIB (de Sanofi-Pasteur) a Sanofi act-HIB.jpgannoncé aujourd’hui (11mars) le retrait de 13 lots de ce vaccin autorisé dans la prévention de certaines infections à heamophilus B. La taille des lots varie de plusieurs dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers de doses. Cette décision fait suite à la découverte d’une "substance non identifiée" dans deux seringues préremplies d’Act-HIB, et notamment dans le solvant servant à reconstituer le vaccin.

Le communiqué de Daiichi Sankyo, qui énumère les numéros des lots et demande "la compréhension" du public, souligne que le contaminant en question n'est pas d'origine bactérienne et que le rappel est "volontaire".

Le 7 mars, le ministère de la Santé japonais avait décidé de suspendre la commercialisation de ce vaccin ainsi que du vaccin Prévenar 7 de Pfizer (distribué par sa filiale Wyeth en France), après le décès de 4 enfants dans les deux jours suivant la vaccination. Sachant que deux enfants avaient eu en même temps une dose de vaccin mixte contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Les doses de Prévenar 7 proviendraient de trois lots distincts.

Je rappelle que ce vaccin représente à lui tout seul 2,4 milliards de dollars de chiffres d’affaires par an pour Pfizer / Wyeth (selon Boursorama, qui notait aussi une forte baisse du cours de l’action de Sanofi suite à l’annonce japonaise du 7 mars).

Dès le lendemain (!), donc le 8 mars, un "panel d’experts" s’est prononcé contre un lien de causalité entre les vaccins et les décès. Toutefois, le ministère japonais maintient pour le moment sa décision, en attendant le résultat d’"investigations complémentaires". Le retrait des lots d’Act-HIB devrait être un argument supplémentaire.

Selon un point d'information de l'AFSSAPS, daté d'aujourd'hui, il s'agit de 6 décès, et non plus 4. Voici quelques précisions:

"Six décès ont été rapportés au Japon chez des nourrissons âgés de 3 à 19 mois, quelques jours après leur vaccination. Trois d’entre eux ont été vaccinés avec Prevenar 7® et Act-Hib®, dont 2 avaient également reçu un vaccin combiné contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos (DTP) ; un enfant a reçu le vaccin Prevenar 7®  et le DTP ; un enfant a reçu le vaccin Act-Hib® et le BCG, et un enfant a reçu le vaccin Act-Hib® et le DTP. Quatre nourrissons sur six présentaient des pathologies cardiaques ou pulmonaires pré-existantes, et une infection sous-jacente."

En Europe, la députée européenne Michèle Rivasi a demandé, dans un entretien avec le commissaire européen à la Santé John Dalli, l’annulation de l'aMM (autorisation de mise sur le marché) du vaccin Pandemrix (de GSK) suite à 162 cas de narcolepsie signalés dans plusieurs pays d’Europe (voir cet article). Il semblerait que ce soit l’adjuvant contenu dans ce vaccin – de même que dans sa variante canadienne Arepanrix - qui soit soupçonné.

*

Je rappelle les mises en garde, dont Pharmacritique s’est fait l’écho dès l’été 2009 (voir la vingtaine d’articles de cette catégorie, en descendant sur la page), portant sur ces adjuvants sans évaluation digne de ce nom et pourtant inclus dans des vaccins administrés à des dizaines de millions d’Européens. Je rappelle aussi que les Etats-Unis n’ont pas pris ce risque, puisque tous les vaccins contre la grippe A H1N1 autorisés outre-Atlantique ont été fabriqués selon les technologies classiques antigrippe. Donc sans ces adjuvants nouveau, qu’il s’agisse du squalène, des cellules MDCK ou autres.

Sans vouloir être catastrophiste, il faut rappeler certaines choses, à commencer par la sous-notification chronique d’effets secondaires, puisque les estimations parlent de 1% à 10% (selon les auteurs) d’effets indésirables de médicaments et de vaccins signalés aux autorités de pharmacovigilance.

Il faut aussi dire que la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm a eu raison – comme toujours depuis 40 ans qu’elle existe – en affirmant que l’Europe a permis aux laboratoires de faire une « expérimentation grandeur nature » avant de proposer des vaccins adjuvantés aux autorités sanitaires nord-américaines (FDA : Food and Drug Administration). Preuves à l’appui, puisque la revue a cité des études de marché, une en particulier, dans laquelle des analystes ont conseillé aux firmes pharmaceutiques cette façon de faire. Pour éviter un refus par la FDA, qui aurait été catastrophique en termes de communication. On sait que lorsque la FDA autorise un médicament / vaccin, les autres suivent. Pour un refus, ce n’est pas automatique, mais l’influence de la décision se fait quand même sentir et celle-ci peut être utilisée par les contestataires.

Nous sommes donc vraisemblablement en train de découvrir les effets des adjuvants – ou du moins ceux rapides. Il n'y a ici aucun catastrophisme de ma part, car je ne suis pas antivaccinaliste.

Cette dépêche de Reuters donne d’autres détails de l’annonce faite le 7 mars au Japon, concernant le Prévenar 7 et Act-HIB. S’agissant de détails différents, j’avoue faire plus confiance à Reuters – et en général aux sources anglo-saxonnes, qu’au journal Le Figaro...

D’abord parce que le journalisme d’investigation est une espèce déjà disparue en France, car les journalistes se bornent à reprendre les communiqués de presse, qui émanent la plupart des laboratoires et autres industriels concernés. Ce sont ceux-ci - et les lobbyistes qui les représentent - qui ont les moyens de communication, à tous les sens du terme, à la fois parce qu’ils financent les supports médiatiques eux-mêmes et parce qu’ils paient une cohorte d’agences de communications, divisions marketing des laboratoires et/ou des sociétés de recherche sous contrat (SRC ; ou CRO en anglais: contract research organisations). Et ces dernières fonctionnent comme de véritables sous-traitants à la fois pour la recherche et pour la rédaction d’articles - donc pour la production de l’information. J’ai donné un exemple français toujours d’actualité dans une autre expérimentation grandeur nature, à savoir le Gardasil (voir la cinquantaine d’articles à partir des trois catégories de Pharmacritique consacrées à ce vaccin : celle-ci, celle-là ou encore celle-là).

Pour la recherche française et la rédaction de l’ « information » sur le Gardasil, Sanofi-Pasteur MSD (50% de Sanofi-Aventis et 50% de Merck) a utilisé la société de recherche sous contrat Thérapharm, comme on peut le lire en détail dans ce billet. Les articles ont été par la suite signés par des leaders d’opinion tels que le Pr Didier Riethmuller ou le Dr Jean-Luc Prétet. Sans que l’on sache s’il s’agit là d’auteurs au vrai sens du terme, ayant participé aux recherches et eu accès à toutes les données, ou alors simplement d’« auteurs invités » qui signent parce que c’est Sanofi pour lesquels ils sont consultant qui leur soumet une recherche et un article écrit peut-être par des "auteurs fantôme". Recherche qui confirme étonnamment pour la France les chiffres donnés par la firme Merck pour un pays des plus pauvres tels que Haïti…

C’est de ce type de producteurs d’information – qui ont pour seul et unique client les laboratoires pharmaceutiques et font tout ce que leurs clients leur demandent (c’est dit sur leurs sites) - que résultent ce qu’on voudrait appeler « connaissances ». Et donc aussi le « savoir » scientifique systématisé, qui est biaisé de part en part.

On le voit pour chaque dimension de la recherche, de la formation et de l'information médicales: dès qu’il y a financement industriel, il s’agit d’une entreprise de désinformation, comme je le dis et répète dans les articles accessibles à partir de catégories telles que "Désinformation médicale" ; "Media, presse médicale, organes publicitaires lobbies" ; "Ghost writing et ghost management", etc.).

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

08/03/2011

Les vaccins Prévenar 7 et Act-HIB suspendus au Japon après le décès de quatre enfants

Une dépêche de Reuters nous apprend que le ministère de la Santé du Japon a décidé hier (7 mars 2011) de suspendre l’utilisation Prévenar bienvenue.jpgde deux vaccins : le PREVENAR 7 de Pfizer et l’ACT- HIB de Sanofi-Pasteur, administrés en prévention de certaines formes de pneumonies par streptocoques, de méningites bactériennes et de certaines autres infections provoquées par l’haemophilus influenzae B. (A noter qu'en France comme dans d'autres pays, c'est Wyeth, une filiale de Pfizer, qui commercialise le Prévenar).

La décision a été prise suite à la mort de quatre enfants de moins de deux ans dans les deux jours suivant leur vaccination et restera en vigueur le temps d’une enquête approfondie. Des officiels américains de l’agence du médicament (FDA : Food and Drug Administration) et du centre spécialisé dans les maladies infectieuses (CDC : Center for Disease Control and Prevention) affirment suivre cela avec attention, tout en soulignant, dans un communiqué envoyé aux media, que de tels problèmes n’ont pas été enregistrés aux Etats-Unis. (Outre-Atlantique, le Prévenar est vendu sous le nom PREVNAR).

Trois des enfants japonais avaient reçu en même temps le Prévenar 7 et l’ActHIB ; trois autres ont été vaccinés le même jour aussi par des Sanofi aventis logo 2.jpgvaccins mixtes contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche.

Selon un porte-parole de Sanofi, le laboratoire a commercialisé plus de 3 millions de doses d’Act-HIB au Japon depuis 2008. Pfizer affirme quant à lui que plus de 2 millions de doses de Prévenar 7 ont été administrées depuis l’année dernière.

A noter que trois enfants sont décédés en février dernier aux Pays-Bas après avoir été vaccinés par Prévenar. L’enquête menée par les autorités a conclu qu’il n’y avait pas de lien de causalité avec le vaccin.

Sanofi-Aventis dit que "l'essentiel, c'est la santé" (voir son logo)...

11/02/2011

Antivaccin et scientistes prédisant l'apocalypse par les vaccins ou par la grippe A: autocritique ou rationalisations un an après?

J'ai écrit cet article d'une traite, le 22 décembre 2010. Il est resté dans un tiroir. Je le poste tel quel, sans relecture. Certains n'apprécieront Madame Soleil.jpgpas, mais je ne suis pas là pour me faire des amis. Le problème abordé est important, par-delà la forme brute et spontanée.

Le 22 décembre 2009, j'ai reçu (sur une messagerie privée (!)) un courriel furieux  que je trouve assez représentatif de l'ensemble de ce qu'on m'a jeté à la figure à cause du travail d'information de Pharmacritique sur la grippe AH1N1 et les vaccins. L'expéditrice me donnait rendez-vous un an après pour constater les conséquences "eugénistes" (et autres) des vaccins contre la grippe A H1N1, mais pas seulement, puisqu'elle citait aussi un vaccin contre l'hépatite B. Elle disait qu'un an après, l'irresponsabilité de mon argumentaire serait clairement démontrée dans les faits qui n'allaient pas manquer de se produire... (A l'époque, je ne voulais pas céder aux peurs ambiantes et avais aussi demandé aux commentateurs médecins de ne pas donner des conseils personnalisés qui inciteraient les gens à ne pas se faire vacciner par peur des effets secondaires. Ce n'est pas le rôle d'un blog / site internet de se substituer à la consultation médicale et d'aller au-delà d'informations générales, certes sourcées et référencées, données pour faire réfléchir et aider à la formation d'un esprit critique).

Je me demande où est l'hécatombe annoncée par des experts scientistes tels Antoine Flahault, d'une part (30.000 morts), mais aussi, d'autre part, par des antivaccinalistes tels Marc Girard (60.000 victimes des vaccins, de mémoire), sans parler des antivaccinalistes les plus extrêmes, ceux adeptes de la théorie du complot / conspiration mondiale, qui voyaient de l'eugénisme au bout de l'aiguille, décimant un quart de l'humanité.

Est-ce que les deux parties viendront reconnaître leurs erreurs et surtout les conséquences désastreuses que leurs approches - qui se nourrissent l'une l'autre, dialectiquement - ont sur la réaction des citoyens face à des éventuels problèmes réels de santé publique?

Le doute est primordial pour la méthode. La philosophe que je suis va encore plus loin. Mais le doute doit être fondé, argumenté, pas amplifié du fait de la transmission par les réseau sociaux - problème que je souligne à nouveau -, ni basé sur des idéologies et des convictions et modes de vie personnels qui permettent de présenter les faits dans la lumière voulue...

Peut-on admettre que - pour démontrer l'inefficacité et les failles du système - certains mélangent pommes et poires, par exemple en passant des vaccins antigrippe aux vaccins contre l'hépatite B et de celui-ci au Médiator, comme si c'était la même chose? Les antivaccinalistes le font, mais ce qui me paraît plus problématique, c'est qu'un expert désormais très médiatique et ayant beaucoup de suiveurs (sans trop de recul critique) tels que Marc Girard n'est pas loin de faire la même chose. En particulier dans son livre, qui passe confusément d'un dossier à un autre, d'une accusation à une autre, sur un ton de règlement de comptes que j'ai déjà critiqué (et il m'en a voulu, mais tant pis). Une certaine réserve idéologique et une certaine retenue devrait être de mise lorsqu'on parle en tant qu'expert.

Car autrement, quelle différence entre les faits déformés par les conflits d'intérêts matériels avec les industriels et ceux déformés du fait d'une vision idéologique qui oriente l'interprétation? Comme disait Nietzsche, il n'y a pas de faits, il n'y a que des interprétations. Comment sortir de ce relativisme qui rend impossbiles à la fois la science et la morale? Il faut d'abord distinguer entre foi et savoir. Puis s'en tenir à une méthode rigoureuse. Seule l'information issue d'études et interprétations faites selon des paramètres méthodologiques très stricts et rigoureux, vérifiables et reproductibles, exempts de sources de biais et de conflits d'intérêts - seule celle-là devrait être prise comme un argument valable - mais pas une certitude - dans une lecture critique aux sources multiples dont nous ne pourrons jamais nous dispenser.

Je n'adhère ni aux certitudes scientistes à la Antoine Flahault, Jean-François Delfraissy, Claude Hannoun ou d'autres experts ayant des conflits d'intérêts, ni aux certitudes presque inversement symétriques des antivaccinalistes. Tout cela - et surtout ce que je pense des conséquences de cet épisode symptomatique de la destruction de la raison - est détaillé dans l'analyse faite en décembre 2009: "Grippe A H1N1: valse des morts pour attiser les peurs. Dialectique des contraires entre l'apocalypse des scientistes et l'hécatombe des antivaccinalistes".

L'article est toujours d'actualité, parce que j'y ai posé le problème des conséquences de toutes ces exagérations dé-raisonnables, qu'elles soient scientistes ou irrationalistes, sur l'exercice même de la raison et les limites éthiques de la science, sur l'esprit critique des gens et les habitudes prises pour s'informer: des rumeurs juxtaposées et mâtinées de quelques éléments véridiques, des idéologèmes appliqués sans recul critique à des faits non analysés - cela suffirait pour être crédible de nos jours... Triste état de la raison! On se fie aux experts et aux idéologues de son camp, ou alors aux autorités - avec le même aveuglement dans les deux cas. Les préjugés, stéréotypes et autres biais de la connaissance jouent à plein et évitent de penser par soi-même... C'est certes leur rôle en tant que repères dans la connaissance, mais uniquement à un stade primitif, initial, le temps d'une première orientation. S'arrêter là, c'est s'aveugler volontairement, se poser non pas des limites, mais des bornes. Des oeillères. Or je n'en veux pas, quelle qu'en soit l'origine, quelles que soient les "compétences expertales" des leaders d'opinion de tous bords et de toutes castes.

C'est ainsi - et non pas comme une question de personnes - qu'il faut comprendre mon attitude, ici ou ailleurs. Pourquoi certains qui vantent les mérites de l'indépendance ne la supportent pas dans faits, surtout lorsqu'on l'applique à eux aussi ? Doit-on définir un camp, puis être indépendant du camp d'en face, mais dépendant des leaders d'opinion de son propre camp? Ce n'est même pas logique... Alors éthique, encore moins... Quant à la morale... Une telle attitude de partialité partisane la rend impossible.

Lire la suite

07/12/2009

Grippe A H1N1: valse des morts pour attiser les peurs. Dialectique des contraires entre l'apocalypse des scientistes et l'hécatombe des antivaccinalistes

La raison et la science sont les grands perdants dans cette valse des morts revendiqués par les deux extrêmes. Mais au-delà Danse macabre2.jpgdes réactions paranoïdes, comment s'étonner de la méfiance du public envers l'expertise et les autorités sanitaires, lorsqu'on lit certaines estimations apocalyptiques "prévoyant" (sic) 65.000 morts pour la Grande-Bretagne? 30.000 en France, 90.000 aux Etats-Unis. Comment s'étonner de ce rejet lorsqu'on apprend que le CDC (Centers for Disease Control and Prevention des Etats-Unis) a brusquement changé sa façon de compter les morts, ce qui a pratiquement triplé leur nombre?

Des 65.000 morts britanniques, il en restait 154 le 10 novembre, alors que l'activité épidémique commençait déjà à baisser. Cette baisse se confirme dans plusieurs pays.

Mais les estimations des décideurs politico-sanitaires conseillés par des experts manifestement plus fortiches en conflits d'intérêts qu'en science sont bien pâles par rapport à celles des complotistes antivaccinalistes, selon lesquels quelques puissants voudraient exterminer jusqu'à un quart de l'humanité - soit par une grippe produite en laboratoire soit par la vaccination... Avec la variante de l'introduction de nanoparticules et / ou puces RFID chez tout le monde, pour un contrôle de la population à distance...

Madame Soleil à l'honneur, en version apocalypse...

Une telle annihilation des capacités critiques de la raison par l'appel aux affects immédiats (sans médiation), aux peurs, aux réflexes des tripes n'est pas nouvelle et doit être située dans un contexte plus large. En réfléchissant au fait que son meilleur terroir nourricier est le scientisme. Je me  demande si l'Ecole de Francfort n'est pas, en fin de compte, la seule dont le "savoir prévisionnel" - à ne pas confondre avec des chiffres, car il concerne les limites morales à imposer aux sciences - risque d'être confirmé par la réalité. Depuis les années 30, les Francfortois et leurs "descendants" renvoient dos à dos l'irrationalisme et le scientisme, comme autant de formes interdépendantes de destruction de la raison.

Lire la suite

29/07/2008

Trois institutions vaccinalistes américaines sur la sellette : elles sont à la solde de Merck, Wyeth et Sanofi

La résistance aux vaccinations augmente aux Etats-Unis. Et l’enquête de la chaîne américaine CBS, reprise le 28 juillet dans l’article du Wall 1782237943.jpgStreet Journal intitulé Vaccine Proponents Not Immunised from Criticism ("Les promoteurs des vaccins ne sont pas immunisés contre la critique"), mettra de l'huile sur le feu… Il y est question d'énormes sommes d'argent payées par les firmes à l’Académie américaine de pédiatrie, à l’association de consommateurs "Every child by two" et au vaccinologue Paul Offit, fervent défenseur de tous les vaccins. Le soupçon touche trois institutions auxquelles le public faisait confiance s'agissant de la sécurité d'emploi des vaccins et de leur nécessité.

Lire la suite

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu