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02/04/2014

"Gardasil: un scandale international ?" Conférence de presse avec des experts et des lanceurs d’alerte)

J'aurai le plaisir d'intervenir demain lors de la conférence de presse qui aura lieu le 2 avril à Paris, à la représentation du Parlement européen, au 288, Bd Saint-Germain. J'interviendrai sur les conflits d'intérêts. Le lien vers le dossier de presse (accessible en ligne, fort détaillé) sera rajouté après la conférence de presse.

Après le programme de la conférence de presse, je voudrais évoquer, dans un billet d'humeur, les difficultés que j'ai eu à faire entendre une voix critique sur le Gardasil, dès l'automne 2007, et parler pour la première fois d'un projet sur lequel j'ai beaucoup travaillé, qui a capoté à cause du Dr Alain Siary et de la SFTG. J'espère qu'ils assumeront ces actes. Et qu'ils réfléchiront aux conséquences, en pensant par exemple aux victimes qu'il y a eu depuis la fin 2011, à ces jeunes filles qui n'auraient peut-être pas eu le Gardasil si le projet que j'avais imaginé n'aurait pas capoté par la responsabilité du Dr Alain Siary et de la SFTG. Libre à eux de changer d'avis sur leur engagement, mais pas de tergiverser pendant 10 mois, puis de nier l'existence et l'intérêt même de cet engagement.


Mercredi 2 avril 2014 à 10h
 
Vaccin Gardasil : un scandale international?

 
A la Représentation du Parlement européen, 288 bd Saint Germain, 75007 Paris

                                                            

En présence de :
 
Christopher SHAW, neurologue, University of British Columbia, Canada
 
Lucija TOMLJENOVIC, PhD, Neural Dynamics Research Group, Dept. of Ophthalmology, University of British Columbia
 
Jean-Jacques BOURGUIGNON, père d'Océane, victime d'une SEP [sclérose en plaques] suite à une vaccination au Gardasil et Marie-Christine LOCHU, mère d’Orianne Lochu, victime d’effets secondaires graves du vaccin, Me Jean-Christophe COUBRIS, avocat de jeunes femmes victimes du Gardasil

François-Jérôme AUTHIER, professeur de neurologie à l'Hôpital Henri Mondor (avec le Pr Romain GHERARDI, sous réserve)

Laurent BELEC, virologue à l'Hôpital Georges Pompidou
 
Serge RADER, pharmacien, auteur d’une étude sur l'évolution des prix des vaccins
 
Elena PASCA, philosophe, membre du Conseil d’Administration de Sciences Citoyennes, créatrice du blog Pharmacritique

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30/08/2012

Documentaire "Vaccins : le virus du doute". Commentaires sur le principe de la vaccination

Le documentaire « Vaccins, le virus du doute », réalisé par Gaël Chauvin, a été diffusé sur France 5, dans l’émission « Enquête de santé » (dernière rediffusion le 23 août dernier).

C’est un documentaire plutôt équilibré, ce qui est rare ces temps-ci, puisque les réalisateurs ont souvent un parti pris, une opinion préconçue qu’ils tentent d’étayer en enquêtant uniquement à charge ou à décharge. Or cela ne me semble pas être le premier rôle du journalisme grand public, en particulier lorsqu’il ne s’agit pas d’investiguer, mais d’informer sur les positions et les forces en présence et de nous faire réfléchir, afin de contribuer à un débat public permettant une décision citoyenne en connaissance de cause. Une telle décision ne peut pas être prise dans un dialogue de sourds où chacun campe sur ses idées préconçues et où ce sont les passions et les intérêts particularistes qui prédominent, quelle que soit leur nature : idéologique, commerciale, habitus culturels et professionnels et autres.

Plus bas, après le rappel des grandes lignes du documentaire, j'ajoute des liens et des commentaires sur la santé publique, sur les conséquences de la polarisation en matière de vaccinations et de science en général, de même que sur les conséquences de la logique individualiste néolibérale, qui, aussi étonnant que cela puisse paraître au premier abord, sont visibles depuis les revendications de liberté vaccinale jusqu'aux pratiques de l'industrie pharmaceutique. Pour conclure en rappelant le principe de vaccination, à ne pas confondre avec des applications hasardeuses qui s'en réclament et à ne pas rejeter à cause de ces dernières. Question de logique...


Vaccins , Le Virus Du Doute par 007ovni


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27/08/2012

Vaccins : pour une critique au cas par cas, sans dogmatismes ni préjugés (débat au Festival de l’Avenir au Naturel)

Le 1er et le 2 septembre aura lieu à l’Albenc la 16ème édition du Festival de l’Avenir au Naturel, Festival avenir naturel 16 affiche.jpgorganisé principalement par l’association Espace Nature Isère, avec le soutien de plusieurs communes et conseils généraux. Outre la « foire bio » avec ses 230 exposants, des conférences et des débats auront lieu tout au long de ces deux journées, sur des thèmes variés tels que les OGM, le nucléaire, le recyclage des déchets, les changements dans l’acception du travail, les questions bioclimatiques, la décroissance et l’action pour l’environnement, des questions de santé publique… Le programme des débats, le catalogue des exposants et toutes les informations pratiques (accès…) peuvent être téléchargés sur cette page. Contact pour plus d’informations : 04 76 36 50 10 et ce site.

Le dimanche 2 septembre à 16:00 aura lieu à la salle polyvalente un débat intitulé « Vaccins : pour une critique au cas par cas, sans dogmatismes ni préjugés », avec le Dr Jean DOUBOVETZKY et Elena PASCA.

Voici la présentation telle qu’elle figure dans le programme :

« Au vu de leur faible coût de production et de leur prescription massive, les vaccins, pris globalement, sont une source inépuisable de profit pour l'industrie pharmaceutique. Or la campagne de peur sur la grippe A H1N1, la contestation des vaccins contre l'hépatite B et contre les papillomavirus humains… montrent une méfiance grandissante des citoyens. Cette attitude tend à se généraliser, et d'autres vaccins sont mis en cause, en même temps que s'affirment de plus en plus des courants antivaccin. Mais peut-on tenir un discours généralisant sur les vaccins, éludant leurs différences ? La solution est-elle de passer d'une acceptation en bloc de tous les vaccins à un rejet en bloc ? Ne faut-il pas creuser la voie d'une argumentation rationnelle, d'une critique au cas par cas ?

Docteur Jean DOUBOVETZKY, médecin généraliste à Albi, rédacteur de la revue Prescrire, auteur de plusieurs livres et articles.

Elena PASCA, philosophe, animatrice du blog Pharmacritique et administratrice de la Fondation Sciences Citoyennes. »

**

Merci à Sébastien Goguet, d’Espace Nature Isère, pour l’organisation.

18/05/2012

La médicalisation de la santé et du mal-être (I). Par le Pr Claude Béraud

Texte retiré le 7 janvier 2016.

Je postera le vrai travail du Pr Claude Béraud, sans ma réécriture.

 

 

18/09/2011

La santé publique dans tous ses états: Questions au Dr Alain Braillon, un expert trop indépendant (II)

Ceci est la deuxième partie de l'interview que j'ai faite avec le Dr Alain Braillon pour Pharmacritique éducation thérapeutique rôle du patient,empowerment relation médecin patient,autonomie empowerment des patients,martin winckler claude béraud relation médecin patient,patients usagers esprit critique,médiator scandales sanitaires réactions,xavier bertrand médiator projet de loi médicament,sécurité sanitaire pharmacovigilance projet de loi sécurité médi,santé publique budget indépendance expertise,déontologie expertise indépendance experts,conflits d'intérêts lobbying industrie pharmaceutique,alain braillon santé publique,contrat d'amélioration des pratiques individuelles capi critique,médecine générale vaccination grippe a h1n1,médecine générale politique de santé publique,myofasciite à macrophages vaccin hépatite b,tarification à l'activité t2a hôpital public,cmu refus de la cmlui testing accès aux soins,médecine préventive abus de prévention,médicalisation surmédicalisation dr knock,médecine libérale médecine hsopitalière,hépatite b transmission mère enfantet la Fondation Sciences Citoyennes. (La première partie est sur cette page, car le format blog ne permet pas de textes longs). Photo: Magali Delporte / Viva.

 

Elena Pasca: L’un des objectifs en fonction desquels les médecins généralistes signataires du CAPI obtiendront leur prime à la performance, c’est le taux de mammographies. Qu’en pensez-vous ?

Alain Braillon: L’Assurance Maladie a décidé de donner un bonus financier aux médecins s’ils remplissent certains objectifs. C’est le CAPI [NdR : contrat d’amélioration des pratiques individuelles]. Parmi ces objectifs, il y a le pourcentage de femmes de 50 à 70 ans qui aura participé au dépistage du cancer du sein.

Cette initiative pose d’abord deux problèmes :

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02:40 Publié dans Education thérapeutique, Grippe A H1N1, Tamiflu, vaccins antigrippe A H1N1, Honoraires tarifs revenus dépassement d'honoraires, Lanceur d'alerte, whistleblower (infos, pétitions), prévention, abus de prévention, médecine préventiv, Projet de loi médicament réforme sécurité sanitair, Santé publique, médecine de santé publique, surmédicalisation surconsommation de médicaments, Système de soins, prise en charge, organisation, Vaccins (sauf vaccins anti grippe, cf. "grippe") | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : éducation thérapeutique rôle du patient, empowerment relation médecin patient, autonomie empowerment des patients, martin winckler claude béraud relation médecin patient, patients usagers esprit critique, médiator scandales sanitaires réactions, xavier bertrand médiator projet de loi médicament, sécurité sanitaire pharmacovigilance projet de loi sécurité médi, santé publique budget indépendance expertise, déontologie expertise indépendance experts, conflits d'intérêts lobbying industrie pharmaceutique, alain braillon santé publique, contrat d'amélioration des pratiques individuelles capi critique, médecine générale vaccination grippe a h1n1, médecine générale politique de santé publique, myofasciite à macrophages vaccin hépatite b, tarification à l'activité t2a hôpital public, cmu refus de la cmlui testing accès aux soins, médecine préventive abus de prévention, médicalisation surmédicalisation dr knock, médecine libérale médecine hsopitalière, hépatite b transmission mère enfant |  Facebook

16/03/2011

Le vaccin contre la poliomyélite n’est plus obligatoire en Belgique. Le droit du patient passe avant l’obligation vaccinale

Sur le site de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) on apprend que l’acquittement du couple de parents poursuivis pour avoir vaccin polio.jpgrefusé de faire vacciner leur enfant annule l’obligation vaccinale contre la poliomyélite inscrite dans la loi belge en 1966. C’était d’ailleurs le seul vaccin obligatoire chez nos voisins belges: trois doses d'IPV (Inactivated polio vaccine), qui a remplacé en 2001 l'OPV (oral polio vaccine), dont les mérites sont vantés dans la publicité qui illustre un article paru sur le site du College of Physicians of Philadelphia consacré à l'histoire des vaccins. L'OPV contenait des virus atténués qui pouvaient provoquer, certes très rarement, des cas de paralysie.

La vaccination contre la poliomyélite reste obligatoire dans seulement deux pays européens : la France et l’Italie. En France, Sanofi Pasteur commercialise Imovax polio, GSK commercialise Infanrix polio et, étonamment, des vaccins oraux contenant des virus atténués sont toujours autorisés... Mais une vaccination contre la poliomyélite rentre aussi dans la composition de plusieurs vaccins polyvalents: DTP, DTCP, Tétravac, Pentavac, Tétracoq...

L’article « Acquittement dans le procès du vaccin poliomyélite », daté d'aujourd'hui (16 mars 2011), précise que le jugement fait passer la loi de 2002 sur les droits du patient (à l’information détaillée, notamment) devant celle de l’obligation vaccinale (datant de 1966) et devrait faire jurisprudence :

« Si le parquet ne va pas en appel, l'affaire pourrait faire jurisprudence. Le tribunal a donc acquitté la maman du petit garçon, considérant que le droit du patient, était prioritaire sur la loi de 1966, la loi qui rend ce vaccin obligatoire. Le droit du patient lui est inscrit dans une loi de 2002, il consacre le droit à l'information nécessaire pour obtenir le consentement éclairé du patient ou de sa famille avant tout acte médical. Et c'est bien ce que demandait la maman d'Olivier, une information complète sur la nature du produit injecté et sur les conséquences, les effets secondaires du vaccin. Ce qu'elle n'a pas pu obtenir. Le tribunal ordonne aussi qu'on apporte des réponses aux différentes questions que les parents se posent légitimement. Cet acquittement pourrait donc mettre un terme à l'obligation de vacciner contre la polio, une maladie qu'on n'a plus détectée en Belgique depuis 1979. »

Cette jurisprudence est confirmée par une brève parue aujourd'hui sur le site Sudpresse.be, « Le vaccin contre la poliomyélite plus obligatoire en Belgique », qui pose la question des conséquences de ce verdict sur les recommandations vaccinales françaises: « La décision rendue par le tribunal de Tournai pourrait également avoir des répercussions en France, désormais seul pays où le vaccin est obligatoire. »

Notons que selon le site Vaccination-info, qui détaille les recommandations vaccinales belges, aucun cas de poliomyélite n'a plus été enregistré en Belgique depuis 1979 et en Europe depuis 2002.

Merci à la correspondante belge qui m’a donné l’information.

Elena Pasca

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11/03/2011

Sanofi et Daiichi Sankyo retirent 13 lots de vaccins Act-Hib au Japon. Rappel de quelques moyens de désinformation pharmaceutique…

Une dépêche de Reuters nous informe que le laboratoire DAIICHI SANKYO, qui distribue au Japon le vaccin Act-HIB (de Sanofi-Pasteur) a Sanofi act-HIB.jpgannoncé aujourd’hui (11mars) le retrait de 13 lots de ce vaccin autorisé dans la prévention de certaines infections à heamophilus B. La taille des lots varie de plusieurs dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers de doses. Cette décision fait suite à la découverte d’une "substance non identifiée" dans deux seringues préremplies d’Act-HIB, et notamment dans le solvant servant à reconstituer le vaccin.

Le communiqué de Daiichi Sankyo, qui énumère les numéros des lots et demande "la compréhension" du public, souligne que le contaminant en question n'est pas d'origine bactérienne et que le rappel est "volontaire".

Le 7 mars, le ministère de la Santé japonais avait décidé de suspendre la commercialisation de ce vaccin ainsi que du vaccin Prévenar 7 de Pfizer (distribué par sa filiale Wyeth en France), après le décès de 4 enfants dans les deux jours suivant la vaccination. Sachant que deux enfants avaient eu en même temps une dose de vaccin mixte contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Les doses de Prévenar 7 proviendraient de trois lots distincts.

Je rappelle que ce vaccin représente à lui tout seul 2,4 milliards de dollars de chiffres d’affaires par an pour Pfizer / Wyeth (selon Boursorama, qui notait aussi une forte baisse du cours de l’action de Sanofi suite à l’annonce japonaise du 7 mars).

Dès le lendemain (!), donc le 8 mars, un "panel d’experts" s’est prononcé contre un lien de causalité entre les vaccins et les décès. Toutefois, le ministère japonais maintient pour le moment sa décision, en attendant le résultat d’"investigations complémentaires". Le retrait des lots d’Act-HIB devrait être un argument supplémentaire.

Selon un point d'information de l'AFSSAPS, daté d'aujourd'hui, il s'agit de 6 décès, et non plus 4. Voici quelques précisions:

"Six décès ont été rapportés au Japon chez des nourrissons âgés de 3 à 19 mois, quelques jours après leur vaccination. Trois d’entre eux ont été vaccinés avec Prevenar 7® et Act-Hib®, dont 2 avaient également reçu un vaccin combiné contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos (DTP) ; un enfant a reçu le vaccin Prevenar 7®  et le DTP ; un enfant a reçu le vaccin Act-Hib® et le BCG, et un enfant a reçu le vaccin Act-Hib® et le DTP. Quatre nourrissons sur six présentaient des pathologies cardiaques ou pulmonaires pré-existantes, et une infection sous-jacente."

En Europe, la députée européenne Michèle Rivasi a demandé, dans un entretien avec le commissaire européen à la Santé John Dalli, l’annulation de l'aMM (autorisation de mise sur le marché) du vaccin Pandemrix (de GSK) suite à 162 cas de narcolepsie signalés dans plusieurs pays d’Europe (voir cet article). Il semblerait que ce soit l’adjuvant contenu dans ce vaccin – de même que dans sa variante canadienne Arepanrix - qui soit soupçonné.

*

Je rappelle les mises en garde, dont Pharmacritique s’est fait l’écho dès l’été 2009 (voir la vingtaine d’articles de cette catégorie, en descendant sur la page), portant sur ces adjuvants sans évaluation digne de ce nom et pourtant inclus dans des vaccins administrés à des dizaines de millions d’Européens. Je rappelle aussi que les Etats-Unis n’ont pas pris ce risque, puisque tous les vaccins contre la grippe A H1N1 autorisés outre-Atlantique ont été fabriqués selon les technologies classiques antigrippe. Donc sans ces adjuvants nouveau, qu’il s’agisse du squalène, des cellules MDCK ou autres.

Sans vouloir être catastrophiste, il faut rappeler certaines choses, à commencer par la sous-notification chronique d’effets secondaires, puisque les estimations parlent de 1% à 10% (selon les auteurs) d’effets indésirables de médicaments et de vaccins signalés aux autorités de pharmacovigilance.

Il faut aussi dire que la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm a eu raison – comme toujours depuis 40 ans qu’elle existe – en affirmant que l’Europe a permis aux laboratoires de faire une « expérimentation grandeur nature » avant de proposer des vaccins adjuvantés aux autorités sanitaires nord-américaines (FDA : Food and Drug Administration). Preuves à l’appui, puisque la revue a cité des études de marché, une en particulier, dans laquelle des analystes ont conseillé aux firmes pharmaceutiques cette façon de faire. Pour éviter un refus par la FDA, qui aurait été catastrophique en termes de communication. On sait que lorsque la FDA autorise un médicament / vaccin, les autres suivent. Pour un refus, ce n’est pas automatique, mais l’influence de la décision se fait quand même sentir et celle-ci peut être utilisée par les contestataires.

Nous sommes donc vraisemblablement en train de découvrir les effets des adjuvants – ou du moins ceux rapides. Il n'y a ici aucun catastrophisme de ma part, car je ne suis pas antivaccinaliste.

Cette dépêche de Reuters donne d’autres détails de l’annonce faite le 7 mars au Japon, concernant le Prévenar 7 et Act-HIB. S’agissant de détails différents, j’avoue faire plus confiance à Reuters – et en général aux sources anglo-saxonnes, qu’au journal Le Figaro...

D’abord parce que le journalisme d’investigation est une espèce déjà disparue en France, car les journalistes se bornent à reprendre les communiqués de presse, qui émanent la plupart des laboratoires et autres industriels concernés. Ce sont ceux-ci - et les lobbyistes qui les représentent - qui ont les moyens de communication, à tous les sens du terme, à la fois parce qu’ils financent les supports médiatiques eux-mêmes et parce qu’ils paient une cohorte d’agences de communications, divisions marketing des laboratoires et/ou des sociétés de recherche sous contrat (SRC ; ou CRO en anglais: contract research organisations). Et ces dernières fonctionnent comme de véritables sous-traitants à la fois pour la recherche et pour la rédaction d’articles - donc pour la production de l’information. J’ai donné un exemple français toujours d’actualité dans une autre expérimentation grandeur nature, à savoir le Gardasil (voir la cinquantaine d’articles à partir des trois catégories de Pharmacritique consacrées à ce vaccin : celle-ci, celle-là ou encore celle-là).

Pour la recherche française et la rédaction de l’ « information » sur le Gardasil, Sanofi-Pasteur MSD (50% de Sanofi-Aventis et 50% de Merck) a utilisé la société de recherche sous contrat Thérapharm, comme on peut le lire en détail dans ce billet. Les articles ont été par la suite signés par des leaders d’opinion tels que le Pr Didier Riethmuller ou le Dr Jean-Luc Prétet. Sans que l’on sache s’il s’agit là d’auteurs au vrai sens du terme, ayant participé aux recherches et eu accès à toutes les données, ou alors simplement d’« auteurs invités » qui signent parce que c’est Sanofi pour lesquels ils sont consultant qui leur soumet une recherche et un article écrit peut-être par des "auteurs fantôme". Recherche qui confirme étonnamment pour la France les chiffres donnés par la firme Merck pour un pays des plus pauvres tels que Haïti…

C’est de ce type de producteurs d’information – qui ont pour seul et unique client les laboratoires pharmaceutiques et font tout ce que leurs clients leur demandent (c’est dit sur leurs sites) - que résultent ce qu’on voudrait appeler « connaissances ». Et donc aussi le « savoir » scientifique systématisé, qui est biaisé de part en part.

On le voit pour chaque dimension de la recherche, de la formation et de l'information médicales: dès qu’il y a financement industriel, il s’agit d’une entreprise de désinformation, comme je le dis et répète dans les articles accessibles à partir de catégories telles que "Désinformation médicale" ; "Media, presse médicale, organes publicitaires lobbies" ; "Ghost writing et ghost management", etc.).

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

08/03/2011

Les vaccins Prévenar 7 et Act-HIB suspendus au Japon après le décès de quatre enfants

Une dépêche de Reuters nous apprend que le ministère de la Santé du Japon a décidé hier (7 mars 2011) de suspendre l’utilisation Prévenar bienvenue.jpgde deux vaccins : le PREVENAR 7 de Pfizer et l’ACT- HIB de Sanofi-Pasteur, administrés en prévention de certaines formes de pneumonies par streptocoques, de méningites bactériennes et de certaines autres infections provoquées par l’haemophilus influenzae B. (A noter qu'en France comme dans d'autres pays, c'est Wyeth, une filiale de Pfizer, qui commercialise le Prévenar).

La décision a été prise suite à la mort de quatre enfants de moins de deux ans dans les deux jours suivant leur vaccination et restera en vigueur le temps d’une enquête approfondie. Des officiels américains de l’agence du médicament (FDA : Food and Drug Administration) et du centre spécialisé dans les maladies infectieuses (CDC : Center for Disease Control and Prevention) affirment suivre cela avec attention, tout en soulignant, dans un communiqué envoyé aux media, que de tels problèmes n’ont pas été enregistrés aux Etats-Unis. (Outre-Atlantique, le Prévenar est vendu sous le nom PREVNAR).

Trois des enfants japonais avaient reçu en même temps le Prévenar 7 et l’ActHIB ; trois autres ont été vaccinés le même jour aussi par des Sanofi aventis logo 2.jpgvaccins mixtes contre le tétanos, la diphtérie et la coqueluche.

Selon un porte-parole de Sanofi, le laboratoire a commercialisé plus de 3 millions de doses d’Act-HIB au Japon depuis 2008. Pfizer affirme quant à lui que plus de 2 millions de doses de Prévenar 7 ont été administrées depuis l’année dernière.

A noter que trois enfants sont décédés en février dernier aux Pays-Bas après avoir été vaccinés par Prévenar. L’enquête menée par les autorités a conclu qu’il n’y avait pas de lien de causalité avec le vaccin.

Sanofi-Aventis dit que "l'essentiel, c'est la santé" (voir son logo)...

11/02/2011

Antivaccin et scientistes prédisant l'apocalypse par les vaccins ou par la grippe A: autocritique ou rationalisations un an après?

J'ai écrit cet article d'une traite, le 22 décembre 2010. Il est resté dans un tiroir. Je le poste tel quel, sans relecture. Certains n'apprécieront Madame Soleil.jpgpas, mais je ne suis pas là pour me faire des amis. Le problème abordé est important, par-delà la forme brute et spontanée.

Le 22 décembre 2009, j'ai reçu (sur une messagerie privée (!)) un courriel furieux  que je trouve assez représentatif de l'ensemble de ce qu'on m'a jeté à la figure à cause du travail d'information de Pharmacritique sur la grippe AH1N1 et les vaccins. L'expéditrice me donnait rendez-vous un an après pour constater les conséquences "eugénistes" (et autres) des vaccins contre la grippe A H1N1, mais pas seulement, puisqu'elle citait aussi un vaccin contre l'hépatite B. Elle disait qu'un an après, l'irresponsabilité de mon argumentaire serait clairement démontrée dans les faits qui n'allaient pas manquer de se produire... (A l'époque, je ne voulais pas céder aux peurs ambiantes et avais aussi demandé aux commentateurs médecins de ne pas donner des conseils personnalisés qui inciteraient les gens à ne pas se faire vacciner par peur des effets secondaires. Ce n'est pas le rôle d'un blog / site internet de se substituer à la consultation médicale et d'aller au-delà d'informations générales, certes sourcées et référencées, données pour faire réfléchir et aider à la formation d'un esprit critique).

Je me demande où est l'hécatombe annoncée par des experts scientistes tels Antoine Flahault, d'une part (30.000 morts), mais aussi, d'autre part, par des antivaccinalistes tels Marc Girard (60.000 victimes des vaccins, de mémoire), sans parler des antivaccinalistes les plus extrêmes, ceux adeptes de la théorie du complot / conspiration mondiale, qui voyaient de l'eugénisme au bout de l'aiguille, décimant un quart de l'humanité.

Est-ce que les deux parties viendront reconnaître leurs erreurs et surtout les conséquences désastreuses que leurs approches - qui se nourrissent l'une l'autre, dialectiquement - ont sur la réaction des citoyens face à des éventuels problèmes réels de santé publique?

Le doute est primordial pour la méthode. La philosophe que je suis va encore plus loin. Mais le doute doit être fondé, argumenté, pas amplifié du fait de la transmission par les réseau sociaux - problème que je souligne à nouveau -, ni basé sur des idéologies et des convictions et modes de vie personnels qui permettent de présenter les faits dans la lumière voulue...

Peut-on admettre que - pour démontrer l'inefficacité et les failles du système - certains mélangent pommes et poires, par exemple en passant des vaccins antigrippe aux vaccins contre l'hépatite B et de celui-ci au Médiator, comme si c'était la même chose? Les antivaccinalistes le font, mais ce qui me paraît plus problématique, c'est qu'un expert désormais très médiatique et ayant beaucoup de suiveurs (sans trop de recul critique) tels que Marc Girard n'est pas loin de faire la même chose. En particulier dans son livre, qui passe confusément d'un dossier à un autre, d'une accusation à une autre, sur un ton de règlement de comptes que j'ai déjà critiqué (et il m'en a voulu, mais tant pis). Une certaine réserve idéologique et une certaine retenue devrait être de mise lorsqu'on parle en tant qu'expert.

Car autrement, quelle différence entre les faits déformés par les conflits d'intérêts matériels avec les industriels et ceux déformés du fait d'une vision idéologique qui oriente l'interprétation? Comme disait Nietzsche, il n'y a pas de faits, il n'y a que des interprétations. Comment sortir de ce relativisme qui rend impossbiles à la fois la science et la morale? Il faut d'abord distinguer entre foi et savoir. Puis s'en tenir à une méthode rigoureuse. Seule l'information issue d'études et interprétations faites selon des paramètres méthodologiques très stricts et rigoureux, vérifiables et reproductibles, exempts de sources de biais et de conflits d'intérêts - seule celle-là devrait être prise comme un argument valable - mais pas une certitude - dans une lecture critique aux sources multiples dont nous ne pourrons jamais nous dispenser.

Je n'adhère ni aux certitudes scientistes à la Antoine Flahault, Jean-François Delfraissy, Claude Hannoun ou d'autres experts ayant des conflits d'intérêts, ni aux certitudes presque inversement symétriques des antivaccinalistes. Tout cela - et surtout ce que je pense des conséquences de cet épisode symptomatique de la destruction de la raison - est détaillé dans l'analyse faite en décembre 2009: "Grippe A H1N1: valse des morts pour attiser les peurs. Dialectique des contraires entre l'apocalypse des scientistes et l'hécatombe des antivaccinalistes".

L'article est toujours d'actualité, parce que j'y ai posé le problème des conséquences de toutes ces exagérations dé-raisonnables, qu'elles soient scientistes ou irrationalistes, sur l'exercice même de la raison et les limites éthiques de la science, sur l'esprit critique des gens et les habitudes prises pour s'informer: des rumeurs juxtaposées et mâtinées de quelques éléments véridiques, des idéologèmes appliqués sans recul critique à des faits non analysés - cela suffirait pour être crédible de nos jours... Triste état de la raison! On se fie aux experts et aux idéologues de son camp, ou alors aux autorités - avec le même aveuglement dans les deux cas. Les préjugés, stéréotypes et autres biais de la connaissance jouent à plein et évitent de penser par soi-même... C'est certes leur rôle en tant que repères dans la connaissance, mais uniquement à un stade primitif, initial, le temps d'une première orientation. S'arrêter là, c'est s'aveugler volontairement, se poser non pas des limites, mais des bornes. Des oeillères. Or je n'en veux pas, quelle qu'en soit l'origine, quelles que soient les "compétences expertales" des leaders d'opinion de tous bords et de toutes castes.

C'est ainsi - et non pas comme une question de personnes - qu'il faut comprendre mon attitude, ici ou ailleurs. Pourquoi certains qui vantent les mérites de l'indépendance ne la supportent pas dans faits, surtout lorsqu'on l'applique à eux aussi ? Doit-on définir un camp, puis être indépendant du camp d'en face, mais dépendant des leaders d'opinion de son propre camp? Ce n'est même pas logique... Alors éthique, encore moins... Quant à la morale... Une telle attitude de partialité partisane la rend impossible.

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07/12/2009

Grippe A H1N1: valse des morts pour attiser les peurs. Dialectique des contraires entre l'apocalypse des scientistes et l'hécatombe des antivaccinalistes

La raison et la science sont les grands perdants dans cette valse des morts revendiqués par les deux extrêmes. Mais au-delà Danse macabre2.jpgdes réactions paranoïdes, comment s'étonner de la méfiance du public envers l'expertise et les autorités sanitaires, lorsqu'on lit certaines estimations apocalyptiques "prévoyant" (sic) 65.000 morts pour la Grande-Bretagne? 30.000 en France, 90.000 aux Etats-Unis. Comment s'étonner de ce rejet lorsqu'on apprend que le CDC (Centers for Disease Control and Prevention des Etats-Unis) a brusquement changé sa façon de compter les morts, ce qui a pratiquement triplé leur nombre?

Des 65.000 morts britanniques, il en restait 154 le 10 novembre, alors que l'activité épidémique commençait déjà à baisser. Cette baisse se confirme dans plusieurs pays.

Mais les estimations des décideurs politico-sanitaires conseillés par des experts manifestement plus fortiches en conflits d'intérêts qu'en science sont bien pâles par rapport à celles des complotistes antivaccinalistes, selon lesquels quelques puissants voudraient exterminer jusqu'à un quart de l'humanité - soit par une grippe produite en laboratoire soit par la vaccination... Avec la variante de l'introduction de nanoparticules et / ou puces RFID chez tout le monde, pour un contrôle de la population à distance...

Madame Soleil à l'honneur, en version apocalypse...

Une telle annihilation des capacités critiques de la raison par l'appel aux affects immédiats (sans médiation), aux peurs, aux réflexes des tripes n'est pas nouvelle et doit être située dans un contexte plus large. En réfléchissant au fait que son meilleur terroir nourricier est le scientisme. Je me  demande si l'Ecole de Francfort n'est pas, en fin de compte, la seule dont le "savoir prévisionnel" - à ne pas confondre avec des chiffres, car il concerne les limites morales à imposer aux sciences - risque d'être confirmé par la réalité. Depuis les années 30, les Francfortois et leurs "descendants" renvoient dos à dos l'irrationalisme et le scientisme, comme autant de formes interdépendantes de destruction de la raison.

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29/07/2008

Trois institutions vaccinalistes américaines sur la sellette : elles sont à la solde de Merck, Wyeth et Sanofi

La résistance aux vaccinations augmente aux Etats-Unis. Et l’enquête de la chaîne américaine CBS, reprise le 28 juillet dans l’article du Wall 1782237943.jpgStreet Journal intitulé Vaccine Proponents Not Immunised from Criticism ("Les promoteurs des vaccins ne sont pas immunisés contre la critique"), mettra de l'huile sur le feu… Il y est question d'énormes sommes d'argent payées par les firmes à l’Académie américaine de pédiatrie, à l’association de consommateurs "Every child by two" et au vaccinologue Paul Offit, fervent défenseur de tous les vaccins. Le soupçon touche trois institutions auxquelles le public faisait confiance s'agissant de la sécurité d'emploi des vaccins et de leur nécessité.

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