19.05.2008
Le façonnage de maladies / disease mongering légitimé par le DSM: médicalisation et marchandisation des émotions, pour le profit des pharmas
L’« enchevêtrement » d’intérêts financiers entre psychiatrie, DSM et industrie, dont nous avons parlé dans plusieurs notes, pose encore plus de problèmes que dans d’autres spécialités médicales, dans la mesure où la définition de beaucoup de « troubles » mentaux, dysfonctions ou troubles de la personnalité n’est que descriptive, floue et sans critères vérifiables. Ce qui laisse beaucoup de place à l’arbitraire, à l’invention ou au façonnage de maladies (disease mongering). Une telle affirmation ne peut paraître exagérée qu'aux personnes qui ne sont pas familiarisées avec les dernières trouvailles de la psychiatrie, dont on ne sait souvent pas si ce sont des gags, des parodies ou alors des états que des experts considèrent sérieusement comme pathologiques et nécessitant traitement...
05:04 Publié dans Conflits d'intérêts en psychiatrie; DSM, Dépression, antidépresseurs, Disease mongering, façonnage/invention de maladies, Médicalisation des femmes, ménopause, THS, Méthodes publicitaires, marketing; exemples, Normalité,contrôle social, culture psy, Pseudo-médicaments, bluffs publicitaires, Psychiatrie, psychotropes, culture psy, dérapages, surmédicalisation, surmédicamentation, surconsomma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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17.05.2008
"Marché des psychotropes: construction historique d'une dérive". Par la psychiatre Monique Debauche
Voici le texte d’une conférence de 17 janvier 2008, organisée par la revue Prescrire, donnée par Monique DEBAUCHE, psychiatre à la Free-
Clinic Bruxelles, membre du Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé (Belgique). Elle aborde certains des facteurs essentiels qui nous ont amenés dans la situation catastrophique de surconsommation d’antidépresseurs et de marasme d’une psychiatrie dominée, à travers le DSM, par l’industrie pharmaceutique. Une psychiatrie devenue une technique de contrôle social et de normalisation de comportements et/ou tempéraments conçus comme déviants par rapport aux standards économiques néolibéraux en vigueur et aux représentations sociétales qu’il détermine. M. Debauche analyse aussi l’invention de maladies ("façonnage" ou disease mongering) pour écouler un médicament ; la production de « preuves » par la recherche médicale, à travers des études randomisées facilement manipulables pour donner les résultats attendus et permettre les ventes ; l’écriture des articles "scientifiques" par des "ghostwriters" (auteurs fantôme) ; un contrôle quasiment inexistant par les agences du médicament ; le déclin de la psychiatrie en faveur d’entretiens directifs se soldant par la prescription de psychotropes, etc.
Marché des médicaments psychotropes : construction historique d’une dérive
08:24 Publié dans Psychiatrie, psychotropes, culture psy, dérapages | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : psychotropes, ghostwriting, marketing, psychiatrie, antidépresseurs, recherche, surconsommation |
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05.04.2008
La psychiatrie, outil de contrôle social et de mise au pas. Action Autonomie Québec dénonce des violations des droits de l'homme
Un audit réalisé par Action Autonomie (Collectif pour la défense des droits en santé mentale du Québec) sur la Loi canadienne c-75 (ou "Loi sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui") met en évidence l’existence et la persistance d’abus, de traitements humiliants et dégradants, de non respect des droits de l’homme en général dans les établissements psychiatriques. Le texte – comme la loi – porte sur les situations où la personne concernée refuse l’internement en institution psychiatrique et est internée (quel mot !) contre son gré. En France, cela s’appelle "hospitalisation à la demande d’un tiers" (HDT). Les auteurs questionnent entre autres le flou qui entoure la notion de "dangerosité", qui seule pourrait justifier une telle hospitalisation psychiatrique. Dans les faits, la dangerosité peut être comprise de façon totalement arbitraire, dans le sens d’une « inadaptation » sociale, de marginalité, de non conformité avec ce que les préjugés de la société considèrent comme « normal ». Lors de ses recherches et entretiens avec des anciens patients hospitalisés de force, le collectif Action Autonomie a pu ainsi constater que des personnes "ont été privées de leur liberté pour des raisons autres que la dangerosité telles que : refus de suivre les traitements du psychiatre (médicaments), difficultés ponctuelles dans leur vie, difficultés familiales, besoin d’écoute, affirmation de leurs droits, etc."
Le texte entier est édifiant et livre aussi des éléments historiques sur la réglementation juridique de la question au Québec : Pour la santé mentale : Une loi de contrôle social.
Et voici un communiqué d’Action Autonomie appelé "Une médecine à deux dignités ?", dénonçant l'existence d'un enclos soi-disant "médical" digne du Moyen âge: "la salle de débordement".
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| Tags : santé mentale, psychiatrie, droits de l'homme, internement, psychotropes |
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De l’enfer psy surmedicalisé à la gestion autonome des psychotropes. Un parcours initiatique exemplaire au Québec.
relate un parcours initiatique exceptionnel qui débouche sur la création d’une méthode novatrice de « gestion autonome des médicaments de l’âme ». Après l’enfer de l’enfermement et de la surmédicalisation, Luc Vigneault a repris possession de sa dignité et de sa capacité de décision par un acte d’ »empowerment » exemplaire, favorisé par la rencontre avec une institution qui n’a rien à voir avec l’hôpital psychiatrique habituel. Pour juger des résultats, il suffit de dire que Luc Vigneault est aujourd’hui conférencier international, consultant sur des projets en santé mentale, directeur général de l'APUR Québec (Association des personnes utilisatrices des services de santé mentale) et président du conseil d'administration de l'AQRP (Association québécoise pour la réadaptation psychosociale). L’article de Liliane Leroy - psychologue clinicienne, attachée auprès du groupe d’études "Femmes Socialistes Prévoyantes" – s’intitule Gestion autonome des médicaments de l’âme. Une expérience québécoise. Il nous apprend ce qui a rendu cet « empowerment » possible, et comment cette méthode de gestion autonome de psychotropes, popularisée d’abord au Québec dans les groupes d’entraide, etc. s’étend actuellement à la Belgique.
13:25 Publié dans Psychiatrie, psychotropes, culture psy, dérapages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : psychotropes, schizophrénie, maladie mentale, autonomie, DSM, surmédicalisation |
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