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27/03/2013

2ème colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements". Ateliers et appel à contributions (3 et 4 mai 2013 à Bobigny)

Le groupe Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas) organise les 3 et 4 mai 2013 le deuxième colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », à la Faculté de Médecine de Bobigny. Pour la logistique, le groupe Princeps collabore avec le Département de Médecine générale de la Faculté de Médecine de Bobigny et avec la SFTG.

A partir de cette page, vous pouvez accéder aux actes du colloque – textes complets, powerpoints, comptes-rendus, graphiques… - et à toutes les informations concernant le premier colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », qui a eu lieu les 27 et 28 avril 2012 à Bobigny, avec les mêmes organisateurs. Les introductions détaillées que j’ai faites sur plusieurs pages, portant sur la médicalisation et la surmédicalisation, restent toujours d’actualité, tout comme le communiqué de presse et les autres documents collectifs. 

Les thèmes proposés pour la deuxième édition – 3 et 4 mai 2013 - sont exposés en détail après mes remarques préliminaires, dans des textes introductifs faits par les modérateurs de chaque atelier. Ces textes présentent le cadre de référence thématique ; ils ne sont pas exhaustifs. Le programme final sera établi par le comité d’organisation en fonction des contributions proposées et acceptées.

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26/03/2013

A qui appartient la santé des Français ? Scandales sanitaires, recherche en panne… Débat le 28 mars à Tours (Sciences en Bobines)

Le festival Sciences en bobines, organisé chaque année par la Fondation Sciences Citoyennes, en est à sa 8ème édition, qui a lieu dans 13 villes. La dernière séance aura lieu le 28 mars à Tours ; elle s’inscrit dans les « jeudis du CNP », puisqu’elle est co-organisé par Sciences Citoyennes et le Cinéma National Populaire. Le CNP est une associatiation (voir son site) qui se veut « un lieu de remise en question citoyenne, d'explication et de décryptage d'une société aux enjeux multiples » ; les événements qu’il organise visent à « mettre à jour l'idéologie qui sous-tend les discours et les actes politiques, économiques, sociaux, culturels du pouvoir ».

Date et lieu : 28 mars à 20 h 00 au cinéma Les Studios, situé au 2, rue des Ursulines à Tours.

  • 20 h00 : projection du documentaire de Stéphane HOREL, « Les Médicamenteurs »
  • 21 h 00 : débat avec Elena PASCA, philosophe, membre du CA de Sciences Citoyennes, administratrice du blog Pharmacritique.

Elena Pasca fera d’abord une introduction complétant et actualisant les thématiques abordées dans le documentaire « Les Médicamenteurs ». Cette introduction sera suivie d’un débat avec la salle, au cours duquel Elena Pasca répondra aux questions et développera certains points. 

Sur cette page, vous trouverez des informations pratiques (plan d’accès au cinéma Les Studios…). Une participation aux frais de 4 euros est demandée par le co-organisateur, Le Cinéma National Populaire.

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Voici un court texte introductif que j'ai fait en reprenant certains leitmotivs de mes articles et interventions lors de débats et auditions ainsi que dans les media.

Je poserai les jalons de la discussion avec le public en identifiant les problèmes majeurs du système de santé et de soins, à commencer par la médicalisation (des émotions, des états physiologiques, des étapes de la vie), surmédicalisation, conflits d’intérêts, disease mongering/façonnage de maladies, rhétorique de la prévention…).

Puis je parlerai des spécificités de l'oligopole que forment les multinationales pharmaceutiques et esquisserai le contexte socio-historique et idéologique (surtout le néolibéralisme...) qui a rendu possible l'avènement d'un système déformé de part en part par la surmédicalisation. S'agissant plus spécifiquement de l'influence de l'industrie pharmaceutique - qui a atteint un degré tel que l'on parle désormais de "ghost management" (gestion invisible, mais omniprésente) du système de formation, de recherche et d'information médicale -, je reviendrai sur les changements structurels induits par l'évolution du marché: la panne de l'innovation et l'absence de progrès thérapeutique (exemples à l'appui pour ces dernières années), expiration des brevets de nombreux blockbusters, nécessité de s'adapter à l'explosion du nombre de maladies chroniques et de maladies neurodégénératives, nécessité de trouver d'autres façons de garantir les profits, d'où la prédominance du marketing et l'inversion entre marketing et recherche et développement. D'où aussi la publicité faite pour des médicaments et des actes médicaux sans utilité médicale, mais désormais acceptés socialement (médicaments de confort / lifestyle drugs), interventions de confort, médecine et chirurgie esthétique, interventions visant à booster/renforcer la performance, voire le corps tout entier, alors que la société est de plus en plus perméable à des thèses telles que celles des transhumanistes...

Nous sommes tous co-responsables de laisser se reproduire - au prix d'actualisations minimes, de surface, ce système qui traduit la logique mercantile et les dogmes de l'individualisme néolibéral, y compris dans ce segment de marché qu'est la santé marchandisée. Nous sommes tous responsables de nous conformer en acceptant la médicalisation de notre existence, en acceptant la "correction médico-pharmaceutique" qui nous uniformise, nous met au pas, nous normalise et extirpe la différence.

Passés par l'interventionnisme médical omniprésent, les individus - qui pensent, qui plus est, que la médicalisation est l'expression d'un droit et de la démocratisation de l'accès égalitaire aux soins, finissent potentiellement interchangeables; ils sont uniformisés en tant que force de travail dont la maintenance est assurée par la médecine, comme ils sont uniformisés par d'autres segments du marché néolibéral, qui les gardent et entretient leur force de travail (entertainment, Unterhaltung...) dans l'enclos de l'industrie des loisirs, elle aussi passive et ne demandant que de s'y conformer sans penser, sans exercer l'esprit critique qui pourrait permettre une distance critique par rapport au système. De fausses solutions sont créées par le système lui-même, comme les médecines alternatives (médecines douces, etc.), qui donnent l'impression d'être hors système, voire contre le système, alors qu'elles reposent sur la même logique de médicalisation (tout problème relève de la médecine (ou d'un substitut) et a donc une solution médicale (ou homéopathique, etc.).

Je donnerai quelques pistes pour indiquer des solutions possibles.

J'insisterai particulièrement sur les dispositifs étrangers peu connus, voire inconnus en France (lois, réglementations et dispositifs permettant de réprimer et de dissuader la fraude, la corruption, les conflits d’intérêts, mais aussi d'autres lois protégeant les lanceurs d'alerte et servant de garde-fous pour garantir un minimum d'indépendance de l'expertise en médecine et en santé publique).

Puis je parlerai des médicaments essentiels et donnerai des exemples de campagnes telles que Choosing wisely, Essential Health Benefits, Selling Sickness…), qui tentent de résoudre certaines dimensions de la surmédicalisation et du mésusage (underuse, overuse, misuse…) des médicaments, bref, de tout ce qui s’oppose à un usage rationnel des médicaments et des actes médicaux dans le cadre d’une médecine raisonnée.

Tous ces thèmes sont abordés en détail dans les centaines d’articles que j'ai publiés sur le blog Pharmacritique et ailleurs. Le colloque qui a eu lieu les 27 et 28 avril à la Faculté de médecine de Bobigny, "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements", a été consacré à certaines de ces thématiques. La deuxième édiction aura lieu les 3 et 4 mai sous le même titre, organisé toujours par le groupe Princeps, dont je fais partie. J'aurai le plaisir d'animer un atelier sur le disease mongering/façonnage de maladies et d'y faire un exposé. Retenez la date. Je donnerai plus de détails sur les ateliers dans l'appel à contribution, posté bientôt.

Elena Pasca

12/12/2012

"Putain de sclérose en plaques!" Janine est partie, mais elle continuera à être de tous nos combats

Quelques lignes pour ceux qui n'ont pas eu la joie de connaître Janine Thombrau, avant de publier janine thombrau,handicap revenus,sclérose en plaques,mots pour maux les coulisses d'une sep,janine thombrau décès,ni pauvres ni soumis,handicap militantisme associations,maladie fin de vie,sclérose en plaques symptômes traitement,vécu maladie invalidante,sclérose en plaques témoignage,protection sociale démantèlement,handicap pauvreté,handicap accès aux soins,santé inégalitésle texte de Bruno Perrin

Janine Thombrau, c’était la joie de vivre, le combat – mené avec Bruno Perrin, son compagnon dans les joies comme dans les galères – contre toutes les injustices sociales et économiques et leurs conséquences y compris dans la santé. Elle a protesté et s’est mobilisée jusqu’au bout contre les conditions de misère dans lesquelles survivent les handicapés, contre leurs difficultés d’accès aux soins et contre la galère administrative continue qui fait que le peu de droits que les handicapés ont restent souvent lettre morte ou demandent un combat épuisant, impossible à mener par des handicapés seuls et isolés.

Janine Thombrau et moi nous sommes vues une seule fois, lors de la manifestation « Ni Pauvres Ni Soumis » de 2008. J’étais « Violette » - à cause d’un signe de reconnaissance qui est resté source de blagues. Je garderai toujours en mémoire sa joie de vivre, son humour contagieux… Nous avons continué à rigoler ensemble, par mail ou dans des commentaires sur Pharmacritique et ailleurs. Nous n’avons eu besoin que d’une seule rencontre pour nous comprendre, comprendre qu’on était sur la même longueur d’onde, qu’on avait les mêmes idéaux, les mêmes combats.

Qu'il fallait combattre cette tendance de la médecine à se déshumaniser et à se bureaucratiser, oubliant, entre surmédicalisation, disease mongering et autres méthodes de faire de l'argent, que son rôle n'est pas celui d'une "industrie de santé" fonctionnant selon le principe du rendement et de la rentabilité. Janine Thombrau nous montre comment les malades deviennent le cadet des soucis de l'hôpital entreprise, de la médecine commerce, des administrations et assurances qui tuent à force de "maîtrise" comptable des coûts. Cette photo de Janine derrière les poubelles, qui occupent la place des handicapés devant une filiale de caisse primaire d'assurance-maladie, en dit plus long que tous les rapports... Elle a inspiré quelques coups de gueule tels que celui-ci: "Les malades non rentables n'intéressent personne en dehors des catastrophes médiatisées" et tous les billets sur la privatisation du système de santé, l'hôpital public tué par les marchands et les gestionnaires, la protection sociale en danger ...

 

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08/06/2012

Actes du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements": les comptes-rendus des ateliers (causes, formes, enjeux, médicaments essentiels…)

Les 27 et 28 avril 2012 a eu lieu à la Faculté de médecine de Bobigny le colloque surmédicalisation,colloque surmédicalisation surdiagnostics surtraitements,disease mongering surmédicalisation,surconsommation médicaments médicalisation,cancer surdiagnostic dépistage,médicalisation surmédicalisation,sécurité sociale impact surmédicalisation,sous-médicalisation accès aux soins,psychiatrie médicalisation dsm,groupe princeps,elena pasca,surmédicalisation causes formes risque,néolibéralisme médecine contrôle social,biopolitique biopouvoir médecine,médicaments essentiels,médicalisation sciences sociales« Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements », co-organisé par le Groupe Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas), le Département de Médecine générale de la Faculté de Bobigny et la SFTG (voir le programme).

Conceptualiser pour faire comprendre les enjeux pour tous les citoyens

A ceux qui n’en ont pas encore eu connaissance, je conseille de commencer par cette page de présentation du colloque et des ateliers, avec mon introduction détaillée sur les enjeux et l’importance d’une prise de conscience globale, par l’ensemble des citoyens, de l’omniprésence de la surmédicalisation, de ses causes, formes et conséquences, de ses risques pour notre santé individuelle et publique, tout comme pour le système public solidaire de santé et de soins. Cette compréhension est d’autant plus urgente que nous n’en avons pas conscience, parce que la surmédicalisation n’est pas un bloc ; son aspect systémique résulte d’une convergence de pratiques et d’intérêts d’acteurs divers, dans tous les champs du soin, acteurs qui lui donnent des justifications de santé publique (prévention…) et même des légitimations d'apparence éthique. Tous ces dérapages sont rendus possibles par le dévoiement de la fonction sociale de la médecine – thème de mon intervention -, et ils sont non seulement socialement acceptés, mais socialement valorisés… Parmi les distinctions que j’ai faites pour mieux expliquer le phénomène et ses justifications – car la conceptualisation et catégorisation est indispensable si l’on veut comprendre, expliquer et inciter à agir - figure celle entre médecine préventive, médecine prédictive et médecine prescriptive (au sens éthique du terme, illégitime).

Notre communiqué de presse, « La surmédicalisation : un dysfonctionnement majeur et systémique, à haut risque pour la santé publique comme pour notre système de soins », contient certaines formulations concises de nature à éveiller l’esprit critique sur l’étendue quantitative et les dégâts qualitatifs de la surmédicalisation et sur le fait que la médicalisation inutile (et les cercles vicieux qu’elle induit) ont pour contraire dialectique la sous-médicalisation. La tendance est à l’augmentation des deux, si cette thématique ne fait pas son chemin dans l’espace public, dans un débat public mené par l’ensemble des citoyens, car il concerne les choix de principe et les décisions à prendre sur nos modes de vie et sur le type de société dans laquelle nous imaginons notre avenir.

Sortir de l’entre-soi corporatiste pour un débat et des décisions citoyennes

Ce débat doit impérativement être soustrait aux corporatismes, et ce d’autant plus que les professionnels de santé se sont toujours trompés ou ont échoué, parce qu’ils n’ont pas su (ou voulu) sortir de l’entre-soi, ni aborder lucidement leur propre rôle et celui de leurs organisations (ordre des médecins, syndicats, associations, sociétés savantes…) dans la légitimation, la reproduction et même l’aggravation des structures systémiques qui ont pour résultat quasi automatique la surmédicalisation.

J’ai essayé de porter, parmi les organisateurs du colloque, ces idées et surtout la nécessaire sortie de l’entre-soi corporatiste, comme la sortie du petit cercle des convaincus. J’ai exprimé cela aussi lors du colloque et après, appelant à faire sauter les barrières (et les querelles de clocher) entre spécialités et entre professionnels de santé et usagers, à renoncer aux habitudes de décision et d’action exclusivement de médecins à médecins (et organisations médicales), à ne pas prendre des décisions autoritaires à la place des usagers, ni dans un sens ni dans l’autre, mais à leur apporter des catégories explicatives, des concepts et des exemples utiles et facilitant leur compréhension, les aidant à construire et exprimer leur esprit critique, leur subjectivité réflexive et délibérative, à faire un usage public de la raison, notamment dans les décisions qui leur reviennent de droit, de par les capacités juridiques qui sont leur apanage en République.

Ce danger d’entraver la création et l’essaimage d’un mouvement d’idées à cause des vieux réflexes corporatistes et de l’entre-soi médical est toujours présent. Je n’ai jamais agi dans un esprit opportuniste et cela ne changera pas. Je ne me limiterai pas à un rôle de perroquet et de panneau publicitaire et ne cautionnerai aucun acte qui risquerait d’entraver le mouvement citoyen et de limiter l’information et la possibilité d’appropriation de ces sujets par l’ensemble des citoyens. Eux seuls – et non pas quelques médecins et organisations bienveillants mais illégitimes s’ils veulent parler au nom de la majorité - peuvent mettre un terme à des pratiques aussi répandues et aussi fortement enracinées ; eux seuls peuvent y voir plus clair, car l’immense majorité n’a aucun intérêt à la reproduction de ce système et n’en vit pas. 

Les lecteurs de Pharmacritique ne seront pas dépaysés, puisqu’il s’agit de thèmes et d’éléments déjà abordés largement sur ce blog, dans les articles des catégories « surmédicalisation », « prévention, abus de prévention », « disease mongering » et ailleurs. Car toutes les structures de notre pseudo-système de santé, et même la moindre forme de désinformation médicale, le moindre biais et le moindre conflit d’intérêt – tout cela a pour conséquence l’augmentation du nombre de bien-portants devenus malades consommateurs de médicaments, sous prétexte de prévention, dépistages, bilans réguliers…

Un mot sur l’atelier N° 2

J’ai parlé plus longuement que les autres contributeurs, car outre l’introduction à l’atelier (la catégorisation des causes exposées lors de la présentation du colloque) et la modération, j’ai aussi fait une contribution (comme les autres contributeurs).

C’est après lecture des résumés qui nous ont été envoyés que j’ai décidé d’en faire une, afin que des causes majeures de la surmédicalisation (thème de cet atelier) soient évoquées au moins une fois : des explications prenant en compte le contexte global, des hypothèses plus osées, très critiques, donc risquant la controverse, mais argumentées. Plusieurs personnes m’ont dit avoir eu un véritable « déclic », avoir compris comment tout s’est mis en place aussi du point de vue socio-économique, historique et idéologique, et avec quelles conséquences essentielles pour la santé, mais aussi pour le modèle actuel de société, avec la médecine comme outil de contrôle social exerçant une correction en vue de la mise au pas et de l'extirpation de la différence. Alors je me dis que le risque – me voir reprocher moult fois la longueur – valait la peine. Selon les retours que j’ai eus, cette interprétation fait sens et contribue à la construction d'une explication théorique plus globale, un cadre logique de pensée dans lequel viennent s’inscrire les informations et les exemples concrets. 

Elena Pasca

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COMPTES-RENDUS DES SIX ATELIERS (par leurs modérateurs)

Atelier N°1: 27 avril matin : SURMEDICALISATION, MYTHE OU REALITE

Animation et compte-rendu par Jean-Claude SALOMON

Introduction - Jean-Claude SALOMON

Quelles hypothèses peuvent être explorées :

  • - La surmédicalisation est une tendance lourde associée au mouvement médical.
  • - La surmédicalisation fait progressivement obstacle au progrès médical et entrave le fonctionnement de l’action sanitaire et médicale.
  • - La surmédicalisation résulte de l’obligation de moyens plutôt que de l’obligation de résultats . Elle détourne les moyens de leurs fins.
  • - La surmédicalisation coexiste avec la sous-médicalisation et avec les inégalités de santé, sans parvenir à les réduire.

Quelles questions peuvent avoir des réponses :

  • - Quel rapport y a-t-il entre la surmédicalisation et la marchandisation de la santé?
  • - La démarcation entre le normal et le pathologique s’est-elle déplacée?
  • - La médicalisation des problèmes sociaux est-elle extensive ?
  • - Comment la surmédicalisation est-elle ressentie par les citoyens (bien portants ou malades), par les institutions, par les professionnels ?
  • - Quels dysfonctionnements provoque-t-elle ?
  • - Que peut-on mesurer avec méthode et rigueur?
  • - Quelles catégories professionnelles sont concernées : épidémiologistes, économistes, démographes, géographes etc. (IRDES, DRESS) ?
  • - Situation comparée entre pays et entre régions.
  • - La surmédicalisation est-elle un dysfonctionnement du système de santé ? Dans l’affirmative est-ce un dysfonctionnement systémique ?
  • - La surmédicalisation, les surdiagnostics et les surtraitements sont-ils seulement l’expression du consumérisme ordinaire commun à tous les pays industrialisés?
  • - Surmédicalisation et sous médicalisation : 2 faces de la même médaille ou expression des inégalités de santé ?

 

Sylvie FAINZANG - La surmédicalisation, entre médecins et malades : en mettant la surmédicalisation en perspective avec les réactions de résistance qu'elle engendre chez les patients et les diagnostics auxquels ces derniers se livrent dans le cadre de l'automédication, on montre que les individus ne sont pas les simples objets, passifs, de la surmédicalisation puisqu'ils peuvent y être réfractaires, ou au contraire en être les auteurs. Dans ces deux cas, la surmédicalisation va de pair avec une sous-médicalisation, par un effet de sélection des symptômes médicalisés.

Jacques BIRGE - La non prescription en médecine générale : enquête de pratiques chez les maîtres de stage et stagiaires Stage ambulatoire en soins primaires en autonomie supervisée (SASPAS) lorrains

Hypothèse : Il existe une dispersion de pratiques en terme de prescription ou de non-prescription. Un nombre non négligeable de médecins s’abstienne de prescrire, quand cela ne met pas en cause la qualité des soins.

Méthode : Enquête de pratiques, prospective.

Résultats : Dispersion de non-prescription : 0 à 34 %.

Conclusion : Hypothèse validée, La non-prescription est une pratique réalisable et acceptée que l’ont peut promouvoir en France. Ceci vaut aussi bien pour les médicaments que pour les examens complémentaires.

Bernard DUPERRAY et Bernard JUNOD - Dépistage du cancer : le modèle de prévention contredit par les faits

La justification du dépistage procède d’un mythe : le modèle linéaire de l’histoire naturelle du cancer. La confiance des médecins dans la valeur pronostique de l’examen au microscope d’un prélèvement de lésions suspectes a renforcé la perception d’efficacité de la destruction des cancers diagnostiqués tôt. Morbidité et mortalité consécutives au dépistage de masse prouvent aujourd’hui que le surdiagnostic – confusion entre maladie cancéreuse et « cancer » qui n’aurait pas eu de conséquence sur la santé – a illusionné soignants et patients. Contrairement aux espoirs suscités par l’extension du dépistage organisé, l’incidence des cancers avancés ne recule pas. La frontière entre le normal et le pathologique est un thème de recherche beaucoup trop négligé en cancérologie mammaire.

Etienne ANTOINE - Surmédicalisation ou contre-productivité : un regard contemporain sur Ivan Illich

Ivan Illich commençait Némésis médicale, l’expropriation de la santé, par ces mots: «L’entreprise médicale menace la santé.»

Il analysait l’effet paradoxal de cette médecine en plein essor, qu’il divisait en trois formes de iatrogénèse: clinique, structurelle et sociale.

Nous nous demanderons si ce livre polémique publié en 1976 reste d’actualité. La surmédicalisation n’étant actuellement envisagée que sous son aspect de iatrogénèse clinique, il nous faudra donc nous interroger sur ses aspects structuraux et sociaux.

 Débat et synthèse de l’atelier

Il est clair que les hypothèses et les questions formulées en introduction n’ont pas de réponse après la présentation des communications. Elles ne pouvaient en avoir, sinon de façon partielle. En partant des expériences et des observations rapportées, il n’est possible par induction de parvenir à la vision générale de la surmédicalisation que de façon progressive, par accumulation de résultats. Cet atelier ne pouvait prétendre à plus. Toutefois il est important que l’exploration de ce phénomène ait été amorcée. En ce sens le but recherché a été atteint. Il semble vain de dénoncer le consumérisme des patients ou les prescriptions abusives des médecins si on n’est pas capable de mesurer ce que l’on explore. L’économie et la politique de santé ne peuvent être évacuées ou être fondées sur des affirmations ou sur de simples intuitions. Alors que la médecine tente de se rebâtir sur des preuves scientifiques (Evidence Based Medicine – EBM), l’économie et la politique de santé doivent se construire sur des preuves d’une autre nature, mais aussi rigoureuses, pour enlever la conviction et aider à prendre des décisions (Evidence Based Policy – EBP).

On conçoit que cette démarche soit entourée d’un bruit de fond qu’il faut méthodiquement atténué.

Bien d’autres questions devront être l’objet des études pour les années à venir.

  • - La surmédicalisation peut elle être une réponse adaptative ?
  • - La prévention quaternaire permet-elle de réduire la surmédicalisation ?
  • - L’orientation vers les actes, les examens et les produits essentiels est-elle illusoire ?
  • - quels sont les avantages et les inconvénients des normes de médicalisation et de bonnes pratiques
  • - La «règle ou la norme» doivent-elles résulter de démarches simultanées  du terrain vers la conceptualisation (bottom up) et l’inverse (top down).
  • - Si la surmédicalisation est bien réelle; ses déterminants peuvent-ils être mieux analysés ?
  • - Dans l’affirmative sont-ils accessibles à l’action sanitaire et sociale?

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Atelier 2 : CAUSES ET SOURCES DE SURMEDICALISATION, vendredi 27 avril 2012, (9H30- 12H00), avec une cinquantaine de participants

Modération et compte-rendu: Elena Pasca

Contributions (par ordre de prise de parole) :

  • Elena PASCA : La surmédicalisation, conséquence du dévoiement de la fonction sociale de la médecine
  • Pierre-Guillaume PARIS: La santé, catégorie normative qui façonne les subjectivités
  • Luc PERINO : Surmédicalisation : un dysfonctionnement systémique habilement exploité
  • Laurent LETRILLIART, Denis POUCHAIN: Troubles cognitifs légers: une zone grise à risque de surmédicalisation
  • Monique DEBAUCHE: Les médicaments psychiatriques : modes et tendances
  • Edwige LE MOUEL, Olivier DECAUX, Antoinette PERLAT, Patrick JEGO, Bernard  GROSBOIS: Incidentalomes biologiques : étude prospective en consultation de médecine interne

Dans l’introduction, Elena PASCA (philosophe) a insisté sur la nécessité d’une catégorisation et d’une analyse globale du contexte, des causes, des formes et des conséquences de la surmédicalisation. Elle a exposé et exemplifié quelques catégories.

Dans son intervention sur le dévoiement de la fonction sociale de la médecine, elle a évoqué certains apports des sciences sociales permettant de comprendre les changements à tous les niveaux – droit, idéologie, économie, psychologie sociale et mentalités… - qui sont soit les prémisses, soit les conséquences de la surmédicalisation.

Ces changements systémiques ou ponctuels ont permis la reproduction du complexe médico-industriel au prix d’adaptations minimes ; ils ont rendu possible l’instrumentalisation de la médecine, puis le dévoiement de sa fonction sociale vers des rôles illégitimes où elle transforme des bien-portants en malades pour élargir le marché de l’industrie pharmaceutique, à l’aide de techniques de persuasion, de marketing et de disease mongering, sous des prétextes paraissant scientifiquement fondés tels que la prévention, réduite à la médicamentation. Cette médecine préventive se double d’une médecine prédictive aux fondements douteux (le tout génétique…) et d’une médecine prescriptive (au sens prétendument éthique : le médecin édicte des préceptes comportementaux pour des individus et des populations, à travers des politiques hygiénistes et des normes médicales qui deviennent des normes sociales de mise au pas).

Il y a danger d’une dérive irréversible vers une médecine outil de contrôle social imperceptible mais omniprésent, une médecine gardienne de l’ordre établi (voir la réforme de la psychiatrie...) et instrument d’ingénierie sociale aux mains d’une biopolitique qui uniformise les individus, les normalise selon des standards arbitraires et extirpe la différence. Les auteurs de l’Ecole de Francfort – largement cités – ont mis en garde contre ce nivellement et contre l’exclusion des différents (ceux qui n’acceptent pas la « correction » par le « traitement » médico-pharmacologique). Il est socialement valorisé de se dire malade – dépressif, bipolaire, hyperactif… -, mais disqualification et stigmatisation sociales guettent si l’on ne s’ajuste pas aux rôles socio-économiques, si l’on est différent, critique, marginal, inadapté au système et à son marché du travail. C’est soit l’identification à une case selon les normes néolibérales, soit un diagnostic de « trouble » selon le DSM (Manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux). La diversité humaine (psychodiversité…) risque de disparaître au profit d’individus devenus permutables, interchangeables, façonnés selon les mêmes standards biologiques, morphologiques et psychiques.

Sous l’influence d’un marketing pharmaceutique décuplé depuis l’avènement de la psychopharmacologie et de l’individualisme néolibéral qui accentue les droits subjectifs et défensifs, les individus revendiquent un droit à la santé conçue comme un vague bien-être (cf. définition de l'OMS). La « correction » médico-pharmaceutique qu’ils reçoivent annihile le potentiel de subjectivité réflexive et délibérative qui nous sortirait du cercle vicieux entre notre consumérisme et l’offre médicale qui crée la demande.

Il faut rendre cela conscient à l’aide de concepts critiques et porter le débat dans l’espace public politique, afin qu’un mouvement citoyen empêche le complexe médico-industriel d’achever la mutation anthropologique (K. Applbaum) et l’état de biopouvoir quasi-totalitaire anticipé par Foucault et d’autres.

Si la médecine peut jouer un tel rôle, c’est que la santé est une catégorie normative en fonction de laquelle se construit la subjectivité et le rapport à soi. Pierre-Guillaume PARIS, philosophe de la santé, l’a montré par des exemples tirés du domaine des cancers – publicités et préceptes édictés à diverses époques -, qui illustrent l’évolution des représentations de la relation médecin/patient et des façons de concevoir la médecine. L’on comprend comment se forment historiquement les attentes des médecins, et notamment l’homo medicus : un patient idéal, qui serait capable d’objectivation et surtout de compliance, donc d’observance non critique des prescriptions. L’on comprend aussi comment se construisent les représentations de soi des usagers en tant que patients et au-delà, dans leur subjectivité, puisque le savoir médical joue un rôle de médiation dans cette construction. Le corps du patient tend à devenir un objet de la médecine, son autocompréhension et ses conduites étant en rapport avec les attentes des médecins et les médiations de ce type.

Cette construction est déterminée par le contexte économique et historique : celui d’une gouvernementalité et d’une rationalité libérales, avec toutes les conséquences sociales, sociétales et idéologiques. La médecine, qui paraît être transparente et dire la réalité telle qu’elle est, est un outil parfait. Ces dehors scientifiques appuient la demande implicite faite aux patients : entrer dans le monde tel qu’il est circonscrit par la médecine, regarder leurs corps comme des objets cliniques, se battre et « positiver », agir en « entrepreneur de soi », bref, se soumettre aux exigences et aux outils d’une médecine entrée en hybridation avec le management, la psychologie, la publicité, comme on peut le voir avec la psycho-neuro-immunologie, par exemple…

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20/05/2012

"La médicalisation de la santé et du mal-être" (III): "Les malades sans maladie". Par le Pr Claude Béraud

Texte retiré le 7 janvier 2016.

Je posterai le vrai travail du pr Claude Béraud, sans ma réécriture.

08/05/2012

La médecine générale à l’honneur dans "Profession: médecin de famille", livre de Marc Zaffran présenté par Pierre Biron

NdR : Pour nous immerger dans la réflexion de Martin WINCKLER, nom de plume de Marc médecine générale spécificités caractéristiques,profession médecin de famille zaffran,marc zaffran livres,relation médecin patient martin winckler,pierre biron,médecin de famille difficultés,école des soignants winckler,relation médecin patient écoute erreur médicale,martin winckler romans littérature médicale,médecine de famille québec,médecine générale empathie écouteZAFFRAN, Pierre BIRON utilise une forme plus originale que le compte-rendu classique, qui se révèle aussi plus appropriée : il s’agit d’une interview virtuelle, dont les réponses sont imaginées à partir du livre. Comme il ne s’agit pas de citations exactes, l’interprétation de l’intervieweur et son propre point de vue s’imbriquent avec ceux de Martin Winckler, comme dans une fugue où la deuxième voix non seulement alterne avec la première, mais souligne son sens et permet au lecteur d’accéder à plusieurs strates de signification. Cette forme est plus efficace, car au départ, elle déconcerte le lecteur, qui, intrigué, voudra en savoir plus à la fois sur la réflexion de l’auteur du livre et sur celle de l’auteur de l’entretien, pour mieux distinguer les deux voix. C’est le même procédé qui structure son texte « Entretien virtuel avec Jean Peneff : "La France malade de ses médecins" » (à lire sur cette page).

Lire aussi les commentaires d’Elena Pasca à la fin de cet article, en particulier sur « l'école des soignants ».

 

"Profession : Médecin de famille". Entretien virtuel avec Marc Zaffran

Par le Pr Pierre BIRON

Professeur honoraire de pharmacologie à l’université de Montréal [1]

 

Voici un livre, sorte de causerie au coin du feu qui se lit en moins d’une heure, où un ex-médecin de famille, écrivain par surcroît,  québécois d’adoption, nous livre sa vision de l’essence du bon médecin de famille, du praticien de la médecine à visage humain – alias omnipraticien, généraliste, médecin personnel – une espèce en voie de disparition et dont le Québec en particulier manque cruellement.

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01/03/2012

Collectif des 39 en meeting contre l’exclusion de la folie et l’évaluation unilatérale des pratiques psychothérapeutiques (17 mars à Montreuil)

Mise à jour à la fin, datée du 9 mars, avec le nom des intervenants au meeting

Le Collectif des 39 (psychiatres) contre la nuit sécuritaire m’a fait parvenir ce texte, invitant tout le collectif des 39 contre la nuit sécuritaire,collectif psychiatrie contre LOPPSI,exclusion de la folie,haute autorité de santé psychanalyse,meeting montreuil 17 mars collectif des 39,hospitalité pour la folie,maladie mentale prise en charge stigmatisation,maladie mentale traitement enfermement,soins sous contrainte psychiatres critiquesmonde à participer au meeting qui aura lieu le samedi 17 mars de 9 h à 18h, à Montreuil, à la Parole Errante. Adresse complète : La Maison de l'Arbre, 9 Rue François Debergue, 93100 Montreuil, tél. 01 48 70 00 76.

Outre les messages adressées aux hommes politiques – et notamment aux candidats aux élections présidentielles qui seront présents -, les orateurs rappellerons leurs positions de principe quant à l’hospitalité de la folie, leur rejet des lois promulguées récemment ainsi que des tendances qui se dessinnent à travers les décisions récentes prises par la Haute Autorité de Santé.

Je rappelle qu'il est toujours possible de signer la pétition "Réforme de la psychiatrie - une déraison d'Etat". D'autres billets présentant en détail le Collectif des 39, leur manifeste, leurs actions et revendications, y compris sous forme vidéo, sont accessibles en descendant sur cette page. J'ai largement développé cet aspect ailleurs, mais tenais à redire que, par les temps qui courent, où les divergences corporatistes font de plus en plus exploser la dyade médecin/patient, ces psychiatres donnent l'exemple de ce que devrait être l'engagement pour les patients, dans une convergence des intérêts qui devrait l'emporter sur tout autre type de considérations.

Extraits de deux textes reçus du Collectif des 39:

« A moins de 2 mois d’échéances électorales importantes, nous avons décidé de nous adresser aux candidats à l’élection présidentielle pour leur demander de préciser leur position et de répondre à nos demandes formulées dans notre manifeste. Les représentants du P.S., du Front de Gauche, d’E.E.L.V., du N.P.A., nous ont déjà assurés de leur présence.

 

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13/10/2011

"Pertinence des prescriptions médicamenteuses": des critères simples et efficaces. "Prescrire hors AMM ?"

Après quelques remarques de mon cru, sur la médecine organisée et la désorganisation d'un système de santé sans évaluation, la liberté de prescription, etc., je reprends deux textes avec l’aimable jean-louis montastruc,déprescrire surprescription,évaluation prescriptions actes médicaux,évaluation pratiques professionnelles,prescription hors amm encadrement,bip 31 pharmacologie,formation médicale continue prescription,surprescription industrie pharmaceutique,surprescription interactions iatrogénie,prescription effets indésirables iatrogénie,surmédicalisation surprecription surmédicamentation,évaluation système de santé et de soinsautorisation de leur auteur, le Pr Jean-Louis Montastruc. La photo accompagne une interview qu'il a donnée au Figaro et qui vaut elle aussi le détour: "Il faut revoir l'évaluation des médicaments" (28/09/10), comme ses autres écrits et prises de position.

Le texte intitulé « Pertinence des prescriptions médicamenteuses » est paru dans le N° 3 du Bulletin d’informations de pharmacologie (BIP 31) du Service de Pharmacologie clinique du CHU de Toulouse (BIP31.fr 2011, 18 (3), p. 26-27), dont je conseille vivement la lecture, y compris par les usagers. Le BIP 31 fait partie de l'ISDB (International Society of Drug Bulletins), l'union des revues pharmacologiques indépendantes. L'auteur est Jean-Louis MONTASTRUC, professeur de pharmacologie, chef de ce service et responsable du Centre régional de Pharmacovigilance de Midi-Pyrénées. (Je reviendrai en détail sur ses diverses activités dans un autre article).

Je reproduis aussi un autre article du Pr Jean-Louis Montastruc, paru dans le même numéro du BIP 31 (page 27) sous le titre « Prescrire hors AMM ? », puisqu’il est directement lié au premier et se rapporte aussi aux débats actuels sur l’encadrement de la prescription hors AMM [autorisation de mise sur le marché], c’est-à-dire en dehors des indications pour lesquelles tel médicament a été autorisé par l’agence du médicament AFSSAPS (future ANSM). 

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28/09/2011

Surmédicalisation et conséquences: surprescription, surmédicamentation, surtraitement, iatrogénie, déficit de la Sécurité sociale…

L’émission C dans l’air du 22 septembre s’intitulait « Sécu : faut-il tout revoir ? » Mais le titre ne médecine libérale médicalisation surmédicalisation,paiement à l'acte médicalisation médicamentation,prévention abus de prévention dépistages cancer,surmédicalisation surmédicamentation surdiagnostic,iatrogénie surprescription surconsommation médicaments,médecine commerce profit,conflits d'intérêts médecine industrie pharmaceutique,etienne caniard surmédicamentation,déficit sécurité sociale cause surprescription médicaments,disease mongering façonnage de maladies surmédicamentation,corporatisme médical ordre des médecins,lobby médical influence conséquencesrésume pas la richesse des interventions, qui ont porté sur les logiques systémiques qui mettent en danger les comptes de la Sécurité sociale, et notamment la médicalisation abusive, cette logique du « tout curatif » et du « tout médicament », comme si tout problème avait une solution médicale – et surtout médicamenteuse et interventionniste.

Surmédicalisation, surdépistages, surdiagnostic, surprescription, surtraitement, surconsommation, abus de prévention… – ce qui les rend possibles, ce qui va avec et leurs conséquences, voilà le sujet de l’émission. Ce sont des sujets maintes fois abordés sur Pharmacritique.

Après les deux vidéos reproduisant l’intégralité de l’émission, je résume les grandes lignes des interventions, en intercalant des citations des intervenants, mais aussi des commentaires de mon cru, avec des informations et des liens permettant de compléter et d’approfondir.

Ce qui frappe dans cette émission – et j’insiste là-dessus parce que cela confirme mon point  de vue, pour lequel des médecins m’ont rudoyée plus d’une fois –, c’est que l’on aborde enfin le rôle crucial des médecins dans ce système perverti. Un système où ce ne sont pas les besoins réels des usagers qui créent la demande, mais l’offre médicale conçue comme un commerce et manquant totalement d’évaluation en terme de qualité et de pertinence des actes. Il n’y a ni rationalité, ni coordination, ni coût/efficacité. Juste un commerce qui s’entretient et se reproduit en actualisant son discours marketing. 

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24/09/2011

La gestion de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris: non assistance à hôpital public en danger...

Par Thérèse CLESMENT hôpital public PCF 13 appel.jpg

Un secteur privé qui se développe à l’hôpital public, des suppressions de postes itératives sans réflexion stratégique, un gouvernement incapable de fixer un budget… Ou les misères d’une grande dame… qui fait le grand écart : l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

Va-t-on, en douce, vers une forme d'euthanasie active, comptable et financière, de l'APHP ?

L'illustration, ajoutée par Pharmacritique, tout comme les phrases en italiques, accompagne un appel à défendre l'AP-HP et protester contre la supression de postes, repris sur le site du PCF. [EP]

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18/09/2011

La santé publique dans tous ses états: Questions au Dr Alain Braillon, un expert trop indépendant (II)

Ceci est la deuxième partie de l'interview que j'ai faite avec le Dr Alain Braillon pour Pharmacritique éducation thérapeutique rôle du patient,empowerment relation médecin patient,autonomie empowerment des patients,martin winckler claude béraud relation médecin patient,patients usagers esprit critique,médiator scandales sanitaires réactions,xavier bertrand médiator projet de loi médicament,sécurité sanitaire pharmacovigilance projet de loi sécurité médi,santé publique budget indépendance expertise,déontologie expertise indépendance experts,conflits d'intérêts lobbying industrie pharmaceutique,alain braillon santé publique,contrat d'amélioration des pratiques individuelles capi critique,médecine générale vaccination grippe a h1n1,médecine générale politique de santé publique,myofasciite à macrophages vaccin hépatite b,tarification à l'activité t2a hôpital public,cmu refus de la cmlui testing accès aux soins,médecine préventive abus de prévention,médicalisation surmédicalisation dr knock,médecine libérale médecine hsopitalière,hépatite b transmission mère enfantet la Fondation Sciences Citoyennes. (La première partie est sur cette page, car le format blog ne permet pas de textes longs). Photo: Magali Delporte / Viva.

 

Elena Pasca: L’un des objectifs en fonction desquels les médecins généralistes signataires du CAPI obtiendront leur prime à la performance, c’est le taux de mammographies. Qu’en pensez-vous ?

Alain Braillon: L’Assurance Maladie a décidé de donner un bonus financier aux médecins s’ils remplissent certains objectifs. C’est le CAPI [NdR : contrat d’amélioration des pratiques individuelles]. Parmi ces objectifs, il y a le pourcentage de femmes de 50 à 70 ans qui aura participé au dépistage du cancer du sein.

Cette initiative pose d’abord deux problèmes :

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02:40 Publié dans Education thérapeutique, Grippe A H1N1, Tamiflu, vaccins antigrippe A H1N1, Honoraires tarifs revenus dépassement d'honoraires, Lanceur d'alerte, whistleblower (infos, pétitions), prévention, abus de prévention, médecine préventiv, Projet de loi médicament réforme sécurité sanitair, Santé publique, médecine de santé publique, surmédicalisation surconsommation de médicaments, Système de soins, prise en charge, organisation, Vaccins (sauf vaccins anti grippe, cf. "grippe") | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : éducation thérapeutique rôle du patient, empowerment relation médecin patient, autonomie empowerment des patients, martin winckler claude béraud relation médecin patient, patients usagers esprit critique, médiator scandales sanitaires réactions, xavier bertrand médiator projet de loi médicament, sécurité sanitaire pharmacovigilance projet de loi sécurité médi, santé publique budget indépendance expertise, déontologie expertise indépendance experts, conflits d'intérêts lobbying industrie pharmaceutique, alain braillon santé publique, contrat d'amélioration des pratiques individuelles capi critique, médecine générale vaccination grippe a h1n1, médecine générale politique de santé publique, myofasciite à macrophages vaccin hépatite b, tarification à l'activité t2a hôpital public, cmu refus de la cmlui testing accès aux soins, médecine préventive abus de prévention, médicalisation surmédicalisation dr knock, médecine libérale médecine hsopitalière, hépatite b transmission mère enfant |  Facebook

15/02/2009

La coordination des soins tient-elle ses promesses d’économies, de meilleur suivi pour une meilleure qualité des soins ? Résultats dégrisants d'une méta-analyse américaine

Habituellement, on expérimente en France des modèles de réorganisation des soins qui ont abouti à des impasses ailleurs… L’une des coordination chemistry CEA.gifidées en vogue aujourd'hui est la coordination des soins - le parcours coordonné - assurée par un professionnel de santé en contact régulier avec les patients et surtout avec ceux souffrant de maladies chroniques, afin d’assurer la bonne observance du traitement, de coordonner le recours à différents spécialistes et l'interaction de ceux-ci. Ce modèle est censé assurer un suivi de qualité, unifier les soins, veiller à la compatibilité des diverses prescriptions et interventions, et, bien entendu, aboutir à un rapport coût – efficacité qui ferait des économies à l’assurance-maladie. Sans préjuger des résultats de cette organisation française, il serait intéressant de voir quelles sont les expériences étrangères, d'autant plus que le JAMA vient de publier une méta-analyse de 15 essais randomisés de coordination de soins.

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09/03/2008

L'hôpital public tué par la privatisation et la recherche de rentabilité et de profit (Article du "Monde diplomatique")

Je reprends ici le texte intégral d’un article du Monde diplomatique de février 2008, qui se passe de commentaires. La privatisation à pas feutrés, exigence de rendement, tarification à l'acte, exclusion de plus en plus marquée des pauvres puis des classes moyennes de certaines spécialités... En somme, on passe d'abord par la variante allemande, avec la mutitude de réformes qui se sont toutes cassées la gueule, pour arriver peu à peu à la variante ultralibérale américaine, avec la part du lion qui revient à l'industrie des assurances (privées), qui investit et récolte des profits, et à l'industrie pharmaceutique. Vous avez dit "santé?" "Patient?" "Etre humain?" Connais pas. (S)ont-ils des espèces solvables?

« Traitement de choc pour tuer l’hôpital public » 

Auteurs : André Grimaldi : Chef du service de diabétologie-métabolisme du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière (Paris) ; Thomas PAPO : Chef du service de médecine interne, coordinateur du pôle médecine de l’hôpital Bichat (Paris) ; Jean-Paul VERNANT : Chef de service d’hématologie, coordinateur du pôle d’onco-hématologie (Pitié-Salpêtrière).

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