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07/07/2009

Etats-Unis: les étudiants notent les facultés de médecine en fonction des conflits d’intérêts. D'autres se mobilisent, nos carabins dorment

La American Medical Students Association (AMSA: association des étudiants en médecine) a publié le 17 juin le troisième PharmFree AMSA.jpgScorecard : le classement 2009 des facultés de médecine des Etats-Unis en fonction de la qualité de leur politique de limitation des conflits d’intérêts, des liens financiers et autres avec l’industrie pharmaceutique. Cette évaluation est faite par l’AMSA en collaboration avec Prescription Project, une association qui milite pour une médecine intègre et basée sur le niveau de preuve (evidence-based medicine ou EBM) et non sur le marketing de l’industrie pharmaceutique. Cela suppose des réformes majeures de la réglementation concernant la recherche médicale ainsi que de tout le circuit du médicament et de l’information médicale.

La notation s’inscrit dans un projet plus large, appelé PharmFree Campaign, lancé par l’AMSA en 2002 pour promouvoir ces mêmes objectifs à l’aide de matériels éducatifs et d’autres moyens spécifiques décrits à partir de cette page.

Les initiatives allant dans le sens d’une restriction – ou du moins d’une plus grande transparence – des conflits d’intérêts sont tellement nombreuses outre-Atlantique qu’il est impossible de tout suivre dans le détail…

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04/06/2009

Ethique médicale: les médecins seraient-ils incapables de reconnaître la légitimité des philosophes?

Dans son numéro du 3 janvier 2009, le British Medical Journal publiait un article de Daniel K. Sokol, maître de conférences en éthique Fouetter en public.jpgmédicale à l’université St Georges de Londres, dont le travail est centré sur la relation médecin – patient et sur l’application concrète de l’éthique à l’hôpital. L’article intitulé "But you’re not a doctor!" (Mais vous n’êtes pas médecin! BMJ 2008;337:a3077) est représentatif du rejet de la philosophie et de l’interdisciplinarité par bon nombre de médecins, qui prennent non seulement la médecine, mais la santé en général, pour leur chasse gardée, pour un lieu d'autarcie médico-médicale où personne d'autre n'a une parole légitime. Surtout pas les patients, puisque ces médecins représentent tellement bien "l'intérêt de [leur] santé" que leur parole devient superflue, voire gênante, s'ils font autre chose qu'applaudir.

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23/04/2009

L’Odyssée du médecin : c’est par où, l’Ethique ?

Par Clarinesse, auteure du blog L'Oeil du vent

 

Johnny s'en va....jpg

 

Comme Ulysse avec Ithaque, l’odyssée qu’est l’exercice de la médecine part de l’éthique, formulée rituellement dans le serment d’Hippocrate, explore toutes les mers des possibles techniques et retrouve à l’arrivée un vestige d’îlot défiguré par les ambitions, délabré par des années de tâtonnements sans gouvernement moral comme Ithaque l’était par les prétendants de Pénélope.

Ou pourquoi science et conscience doivent penser de concert pour ne pas faire boiter l’humanité dans sa marche vers le progrès et lui faire éviter, entre Charybde et Scylla, les écueils qui menacent l’apprenti sorcier.

(Photo extraite du film Johnny s'en va-t-en guerre)

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03/02/2009

Progrès thérapeutique nul en 2008, dit Prescrire. Multiples critiques de l'autorisation de mise sur le marché de médicaments mal évalués

Le Monde reprend une dépêche AFP intitulée "Médicaments 2008 : pas de progrès thérapeutiques, selon la revue Prescrire". Nous irons au Prescrire_logo_RVB.jpgtexte original, mais il sera question aussi des critiques des procédures actuelles d'AMM (autorisation de mise sur le marché), accordée de plus en plus facilement à des médicaments qui n'apportent rien, pour la plupart d'entre eux. Nous citerons Prescrire, le Pr Claude Béraud, le Groupe de Recherche et d'Action en Santé (GRAS), le Collectif Europe et Médicament, le LEEM (L€€M) et des médecins américains, pour montrer comment la faiblesse des études avant AMM (autorisation de mise sur le marché) a son pendant dans la négligence coupable de l'évaluation des risques une fois que les médicaments sont sur le marché.

Et la Commission européenne, acquise aux industriels, comme nous le disions dans plusieurs notes de la catégorie "Autorités d'(in)sécurité sanitaire", veut affaiblir encore plus et les conditions d'AMM et le suivi post-commercialisation.

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18/04/2008

Arnold S. Relman: Ethique et valeurs médicales dans un monde marchand où la santé n’est qu’un commerce parmi d’autres

Arnold S. Relman est professeur émérite de médecine, spécialiste en médecine sociale à l’Université de Harvard. Il c7dc8b7b2dc3e10290f39eb5df328a2e.jpgest l’auteur de plusieurs articles et ouvrages décapants sur le thème des conflits d'intérêts et de la mainmise de l’industrie pharmaceutique sur le système de santé et de soins des Etats-Unis. Un article de 1980 publié dans le New England Journal of Medecine – revue dont Arnold Relman a été l’un des éditeurs – résume parfaitement la question et ses enjeux : « Le nouveau complexe médico-industriel ».

Dans tous ses écrits, Relman déplore les conséquences de cette agrégation entre médecine et industrie : la médecine devient un commerce comme un autre, le professionnalisme médical – les valeurs, l’humanité, l’altruisme, l’éthique et les préceptes moraux propres à la profession médicale – tout se perd dans cette course galopante à la technicisation et au profit. La médecine générale est en danger de disparition au profit des spécialités hautement technicisées et tout aussi hautement déshumanisées. Qui en profite? L’industrie pharmaceutique, les assureurs privés et ces médecins qui ont renié les préceptes de la morale appliqués à la médecine, qui piétinent allégrement la déontologie au sens véritable du terme (que les médecins feraient bien de se rappeler). Il la piétinent pour s’asservir aux industriels avec lesquels ils créent un réseau de conflits d’intérêts dont les tentacules étranglent le système de soins - sans parler des patients! - et nuisent à l'économie dans son ensemble. La pratique contredit tous les jours les spéculations théoriques de la vulgate néolibérale sur la santé d'une économie qui abandonne la santé aux intérêts privés.

Les professionnels de santé comme la société qui permet, voire encourage cette dérive marchande et déshumanisante oublient que seul l’intérêt de la santé du patient est légitime - et légitime la profession médicale en tant que telle. Les médecins asservis oublient trop souvent qu'ils sont là pour les patients, et non l'inverse! Et Relman de tirer la sonnette d’alarme : le système de santé pourrait s’effondrer complètement si des réformes majeures ne sont pas faites pour mettre fin à la grave crise qu’il traverse.

Le texte que nous traduisons ici est un commentaire publié dans le numéro du 12 décembre 2007 du Journal of the American Medical Association. Pour préciser le contexte, rappelons que la revue Annals of Internal Medicine avait fait une enquête sur le professionnalisme médical dont les résultats, publiés en décembre 2007, ont été largement commentés dans la presse médicale et généraliste ainsi que dans la blogosphère - anglophones, bien sûr. Qui s'intéresse à ces "détails" en France?

Le commentaire de Relman reprend les idées d’un exposé que l’auteur avait fait lors de la réunion du Conseil de Bioéthique de la présidence, le 28 juin 2007 à Washington, ainsi que certaines grandes lignes de son dernier ouvrage, paru en 2007 sous le titre "A Second Opinion: Rescuing America's Health Care" [Un deuxième avis: Sauver le système de soins américain]. New York, Perseus/ Public Affairs, 2007.

Merci de lire aussi les commentaires tout à la fin de la note: le coup de gueule du jour ;-)

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